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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 22 janvier 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & élections

"Je quitte ma fonction de membre du collège directeur de la Ciivise", annonce Solène Podevin Favre

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « La parole des victimes n'est plus la boussole des travaux de la CIVISE actuellement. »
  • 1:42Invité politiquePromesse
    « Il s'agit de suivre la mise en place, la mise en œuvre des 82 recommandations qui ont été déposées dans ce rapport de 2023 par le juge Édouard Durand. »
  • 2:37Invité politiqueChiffre
    « 90% des Français sont pour l'imprescriptibilité dans les cas d'inceste. »
  • 4:21PrésentateurFait
    « C'est novembre 2023. »
  • 4:37Invité politiquePromesse
    « Il nous avait dit, on vous croit, vous ne serez plus jamais seuls. Et il avait promis de faire évoluer les lois pour plus de protection, de l'inceste, des violences sexuelles faites aux enfants. »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « On a deux lois, la loi Billon en 2021, la loi Santiago en 2024. On est très, très loin des promesses qui ont été faites. »
  • 6:31Invité politiqueChiffre
    « Près de 30 000 témoignages. »

Temps de parole

  • Invité politique65 %
  • Présentateur29 %
  • ?6 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 6h21, la civise n'est-elle plus désormais qu'une coquille vide ? La commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, elle a été créée il y a tout juste 5 ans, et elle enchaîne les crises de gouvernance et les démissions. Bonjour Solène Potvin-Favre. Bonjour Mathieu Munoz. Vous êtes la présidente de l'association Face à l'inceste, et vous êtes membre du collège directeur de la civise, ou plutôt vous étiez membre parce que vous nous l'annoncez ce matin, vous démissionnez.

0:33
Invité politique

Effectivement Mathieu Munoz, on peut démarrer comme cela, je l'annonce aujourd'hui. Je quitte ma fonction, mon mandat de membre du collège directeur de la civise, et Face à l'inceste, se retire de la civise.

0:48
Présentateur

Votre association quitte aussi la structure ? Exactement. Et vous êtes loin d'être la première, il y a eu une dizaine de démissions en 2023, dans la foulée du départ du tout premier président de la civise, le juge Édouard Durand. Les co-directeurs qui ont suivi ont tous aussi démissionné, puis au sein du collège directeur actuel, il y a Thierry Bobet qui a aussi annoncé sa démission avant-hier. Vous, ce matin, ça fait deux sur trois. C'est quoi le problème ?

1:10
Invité politique

On a au sein de la civise de graves dysfonctionnements. La parole des victimes n'est plus la boussole des travaux de la civise actuellement. Donc nous ne sommes plus en mesure de confirmer cette promesse que nous avons faite aux victimes, de plus de protection et d'agir pour que les réformes soient mises en place et que leur parole soit au cœur des travaux de la civise.

1:33
Présentateur

Mais ça veut dire quoi ? La parole des enfants n'est plus la boussole ? C'est quand même ce qui semble l'essentiel, non ? Je ne comprends pas bien.

1:38
Invité politique

Alors écoutez, nous avons dans cette deuxième phase de la civise une lettre de mission qui est très claire. Il s'agit de suivre la mise en place, la mise en œuvre des 82 recommandations qui ont été déposées dans ce rapport de 2023 par le juge Édouard Durand. Et aujourd'hui, c'est de constater que certains, au sein de cette commission, remettent même en cause ces 82 recommandations dans un climat qui est absolument délétère. C'est-à-dire que vous n'arrivez pas à vous parler ?

2:06
Présentateur

C'est-à-dire que le climat est très tendu. D'accord. Et alors, quelles recommandations font débat, en tout cas, au sein de la civise ? Alors, des recommandations comme l'imprescriptibilité, par exemple. L'imprescriptibilité des crimes sexuels sur les mineurs de l'inceste.

2:19
Invité politique

Voilà. L'imprescriptibilité des crimes sexuels faits sur les enfants, dont l'inceste, évidemment. Notre association a réalisé, avec l'Institut de sondage Ipsos, en juin 2025, un sondage auprès des Français. 90% des Français sont pour l'imprescriptibilité dans les cas d'inceste. Eh bien, aujourd'hui, au sein de cette commission, cette recommandation est remise en cause. Alors que notre mission est d'assurer la mise en œuvre des 82 recommandations. Donc, voilà où nous en sommes. On a, effectivement, un climat de travail qui est délétère, une mise en silence de notre association. Nous ne sommes pas autorisés, par exemple.

Nous avons été exclus arbitrairement d'un groupe de travail, justement, qui s'occupait de ces réformes, du suivi de ces réformes juridiques. Notre association travaille depuis 25 ans à ces réformes. Nous portons ces réformes depuis 25 ans. Et nous continuerons à les porter, évidemment.

3:14
Présentateur

Mais Solène Potvin-Favre, j'ai lu dans une interview que vous avez accordée vraiment très récemment que ce qui vous motive le plus dans la vie, c'est de relever des défis qui, a priori, semblent impossibles. Donc là, c'est plus qu'impossible. Là, vraiment, vous ne pouvez rien faire. Si vous claquez la porte, c'est que vraiment, ce n'est plus possible.

3:27
Invité politique

Le combat, le combat contre l'inceste, le combat contre les violences sexuelles faites aux enfants, j'y crois. J'y crois vraiment. Je crois aujourd'hui qu'il ne passe plus par la civile, en tout cas en ce qui nous concerne. Et c'est aussi parce que vous n'êtes pas soutenue par le pouvoir politique ? Alors, effectivement, ça n'a pas forcément aidé. La civile, dans cette nouvelle phase, depuis avril 2024, manque de moyens, manque de budget. Il faut rappeler que tous les membres sont bénévoles. Nous, en tant que membres du collège directeur, nous sommes bénévoles. Ça veut dire que moi, j'ai un travail. Je prends des congés payés pour pouvoir mener ces travaux-là.

Nous n'avons plus de moyens de personnel. On a un secrétariat général avec un secrétaire général. Au mieux, un autre salarié au secrétariat général. Là, clairement, on a maintenu la civile, mais on l'a vidé de moyens.

4:17
Présentateur

Et pourtant, ces 82 recommandations, elles ont été faites, donc il y a quand même déjà pas mal de temps. C'est novembre 2023. À l'époque, le gouvernement avait promis de les suivre. Aujourd'hui, entre-temps, il y a eu beaucoup de gouvernements. Peut-être aussi que ça a rendu les choses difficiles et votre communication aussi avec les pouvoirs politiques difficiles.

4:31
Invité politique

Clairement, ça n'a pas aidé. Maintenant, il y a cinq ans, le président de la République nous avait fait une promesse à nous, victimes. Il nous avait dit, on vous croit, vous ne serez plus jamais seuls. Et il avait promis de faire évoluer les lois pour plus de protection, de l'inceste, des violences sexuelles faites aux enfants. Cinq ans après, on peut constater que les réformes se comptent sur les doigts d'une seule main. On a deux lois, la loi Billon en 2021, la loi Santiago en 2024. On est très, très loin des promesses qui ont été faites.

4:57
Présentateur

Mais aujourd'hui, c'est qui votre interlocuteur au gouvernement ? C'est Stéphanie Risse, c'est ça ? Stéphanie Risse, effectivement. La ministre de la Santé. Mais est-ce qu'il y a un échange avec elle ou pareil, la ligne est coupée ? La ligne n'est pas coupée. Elle vous dit quoi ?

5:08
Invité politique

Elle vous dit, oui, je vais le faire. Oui, je vais faire en sorte. Je l'ai informée hier soir de notre décision suite à notre conseil d'administration hier soir. Elle a eu une réaction immédiate. Et pour tout vous dire, je la rencontre dans quelques heures à huit heures. Donc, cette réaction immédiate nous conforte dans le sens où la politique publique s'intéresse à l'inceste et a envie de faire évoluer les choses. Peut-être que le canal tel qu'il est aujourd'hui n'était plus le bon. En tout cas, nous, notre combat continue. Notre association s'investit auprès des parlementaires avec d'autres associations pour porter ses 82 recommandations.

5:44
Présentateur

Donc, il faudrait quoi ? Fermer complètement la civise et prolonger ce combat ? Il faudrait faire quoi, en fait, pour que ça se fasse, pour que ça fonctionne ?

5:51
Invité politique

En tout cas, il faut une mobilisation interministérielle. Il faut un engagement avec des moyens pour porter ces 82 recommandations. Elles existent. Il s'agit d'une politique publique transversale qui prend le problème dans toute son ampleur. Le repérage, la protection, mais aussi l'accompagnement des victimes. Il faut la mettre en place. Il faut en accorder les moyens. Il faut une mobilisation interministérielle et un plan d'action avec des moyens pour pouvoir les mettre en place.

6:18
Présentateur

Et sur ces 5 ans d'existence de la civise, est-ce que vous, vous mettez quelque chose à son actif, quand même ? Ou finalement, ça n'a servi à rien ?

6:25
Invité politique

Non. La civise s'est créée en 2021. Vous la rappelez, ça fait 5 ans maintenant. Près de 30 000 témoignages. On a une vérité, une réalité qui est apparue. 160 000 enfants, 160 000 enfants. Mathieu Munoz, si vous imaginez, 160 000 enfants chaque année qui sont victimes de violences sexuelles et d'incestes. Cette réalité, elle est sur la table maintenant. Je crois que la civise a permis de faire connaître. Elle a permis, avec tous ces témoignages, de faire ses recommandations. 82 recommandations pour une politique publique transversale. Maintenant, il faut les mettre en place.

7:03
Présentateur

Civise, donc, dont vous ne faites plus partie désormais. Vous venez de nous l'annoncer. Merci beaucoup, Solène Potvin-Favre. Vous étiez l'invité du 5-7. Sous-titrage ST' 501

7:10
Locuteur

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