Hantavirus : opération transparence ! | Chaque voix compte - 12/05/2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 34 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:26OuverteRéponse directe
Est-ce que ce soir, vous êtes inquiet ?
- 4:42OuverteRéponse directe
Antavirus, c'est quoi ?
- 11:12OuverteRéponse directe
Les symptômes de cet antavirus Andes ?
- 12:37OuverteRéponse directe
Chiffrable, c'est la létalité de cet antivirus ?
- 12:55OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des personnes plus à risque que d'autres ?
- 13:46OuverteRéponse directe
Il n'y a pas de traitement, pas de vaccin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52PrésentateurChiffre
« La France compte pour le moment un cas confirmé, 22 cas contacts identifiés. »
- 0:59PrésentateurChiffre
« Et au total il y a 11 cas avérés dans le monde. »
- 4:24Yannick NoderFait
« Elle a une circulation extra-corporelle pour pouvoir oxygéner son poumon. »
- 5:16Brigitte AutranFait
« On a de plus l'expérience de nos collègues argentins qui ont très bien pris en charge ces cas de maladie il y a 10 ans. »
- 13:01Brigitte AutranChiffre
« Ça peut aller jusqu'à 60%. »
- 14:53InvitéChiffre
« On sait que pour les Français, c'est 5 personnes plus 8, plus 14. »
- 15:56Yannick NoderFait
« Il faut pouvoir semer pour pouvoir récolter un jour. »
- 17:30Géraldine ZamanskiChiffre
« Sur le territoire français, on est à un seul cas positif connu. »
- 17:35Géraldine ZamanskiFait
« C'est cette patiente qui est dans un état très grave à Bichat. »
- 17:42Géraldine ZamanskiChiffre
« Et on est à quatre cas contacts qui sont avec elle, qui ont voyagé avec elle, qui étaient des passagers du bateau. »
- 17:55Géraldine ZamanskiChiffre
« 8 personnes qui ont voyagé avec la deuxième patiente décédée. »
- 18:09Géraldine ZamanskiChiffre
« Et dans ce vol, il y avait 8 Français. »
- 18:23Géraldine ZamanskiChiffre
« Et ensuite, il y a 14 personnes qui étaient dans un vol entre Johannesburg et Amsterdam. »
- 32:33InvitéChiffre
« Il y a eu 890 cas d'antavirus durant ces années-là qui ont été relevés sur le territoire américain. »
- 32:42InvitéChiffre
« avec un taux de mortalité quand même entre 35 et 50 %. »
- 40:17PrésentateurChiffre
« Le cinéma, la production audiovisuelle, les jeux vidéo, c'est 0,7% de notre PIB, notre produit intérieur brut. C'est plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 270 000 emplois. »
- 42:17InvitéChiffre
« En France, 2 millions de Français y auraient déjà eu recours. »
- 44:35InvitéFait
« La France est le seul pays d'Europe avec la Pologne où ces tests sont illégaux. »
- 47:36PrésentateurChiffre
« On risque une amende de 3 750 euros. »
- 51:38InvitéFait
« Aujourd'hui, des données personnelles sont déjà des outils de spéculation. »
- 1:01:45InvitéChiffre
« On est à moins 105 millions d'euros. »
- 1:02:08PrésentateurChiffre
« Selon Sébastien Lecornu, moins 30% sur les 10 premiers jours du mois. »
Temps de parole
- Présentateur89 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
- Invité 32 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée Nationale. Avec à mes côtés ce soir Fanny Guinochet, journaliste à France Info. Bonsoir Fanny. Bonsoir Adeline. Et Olivier Ravanello, bonsoir Olivier. Bonsoir Adeline. C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir, le jour où le antavirus, Anta l'hémicycle. Le gouvernement s'est retrouvé sous le feu des questions cet après-midi à l'Assemblée Nationale. Il a beaucoup été question de communication et de transparence. Alors que la France compte pour le moment un cas confirmé, 22 cas contacts identifiés.
Et au total il y a 11 cas avérés dans le monde. La France est-elle bien préparée ? Le protocole sanitaire est-il le bon pour casser la chaîne de transmission ? Et bien nous en parlons ce soir avec vous Yannick Noder. Bonsoir. Bonsoir. Députée LR de l'ISER, ex-ministre de la Santé. Merci d'être là aux côtés de Brigitte Autran. Bonsoir. Bonsoir. Professeure émérite d'immunologie. Merci d'être là et à vos côtés Géraldine Zamanski. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste au magazine de la Santé sur France 5. Merci à tous les trois d'être là ce soir. Quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir Olivier Ravanello ?
On va regarder la manière dont les Etats-Unis sont en train de gérer cette crise.
Avec, parce qu'on l'a tous en tête, un ministre de la Santé qui est profondément anti-vaccin. Fanny Guineau chez vous. Ce soir vous avez décidé de vous intéresser au cinéma. Oui, moi je vais aller faire un petit tour du côté du tapis rouge et on va parler de ces millions d'entrées dans les salles de cinéma. Dans la deuxième partie de chaque voix compte, ensuite place à la question qui fâche. Faut-il vraiment légaliser les tests ADN récréatifs ? C'est ce que demande la députée Renaissance Nathalia Pouzirev. Près de deux millions de Français ont déjà eu recours à ces tests qui sont pourtant interdits chez nous. Alors pourquoi faudrait-il les légaliser ? Quel serait le danger ?
On en débattra tout à l'heure avec Nathalie Pouzirev mais aussi avec Sandra Regol qui est députée écologiste du Barin et Valérie Dépad, maître de conférences en droit privé à la Sorbonne et à Sciences Po Paris. Vous pouvez bien sûr interroger vous-même nos invités ou nous faire part de vos réflexions. Vous flashez le QR code qui est là et c'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre vos questions. On n'oublie pas non plus Bourbon Express, le journal de l'Assemblée. Tout ce qui s'est passé aujourd'hui au Palais Bourbon, ce sera tout à l'heure avec Marco Pommier. Voilà pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti.
Décidément, tout commence toujours par un animal. Le Covid nous avait fait connaître le pangolin. Et bien l'antavirus nous fait découvrir au hasard le Caracara à gorge blanche. C'est un oiseau rare présent uniquement en Argentine et au Chili. Et c'est pour essayer de voir un Caracara qu'un couple de Néerlandais passionné d'ornithologie et qui faisait une croisière en Amérique du Sud s'est rendu dans une décharge près d'Ushuaïa. Le mari aurait été en contact avec des rongeurs. Et tous deux sont probablement les patients zéros de cette épidémie qui fait remonter en nous tant de souvenirs et tant de craintes aussi. J'ai une première question toute simple pour vous trois.
Est-ce que ce soir, vous êtes inquiet ? Yannick Noder. Je crois que la peur est mauvaise conseillère. Donc je crois qu'il ne faut pas être inquiet. Par contre, je crois qu'il faut être clair, transparent et prendre les bonnes décisions au bon moment. Et je crois que la priorité, en tout cas comme ancien ministre de la Santé, comme médecin et comme député, c'est de casser la chaîne de contamination, de donner les bonnes informations, d'adapter aussi la réponse en fonction de ce que l'on sait. Je pense que la mise en quarantaine, finalement, s'est accentuée du fait de la positivité du test de la patiente lundi matin.
Donc je crois qu'en l'état des connaissances de la situation, je crois qu'on souhaite déjà un bon rétablissement à cette patiente, qui est en réanimation, avec une réanimation extrêmement lourde. Elle a une circulation extra-corporelle pour pouvoir oxygéner son poumon. Donc rappeler aussi que c'est une maladie qui est grave, avec un taux de mortalité important. Et puis de pouvoir isoler les cas contacts et de pouvoir les avoir hospitalisés, me semble, une bonne mesure, parce qu'on sait très bien qu'un isolement, entre guillemets, chez soi, prêtait le flanc à le respecter ou pas. – Brigitte Autrand. – Oui, moi, je suis de cet avis aussi.
Je pense que c'est une maladie qui est extrêmement sévère, due à un virus qui est peu contagieux. Et c'est une maladie qui est connue. C'est-à-dire que ces maladies surviennent régulièrement partout dans le monde, sauf qu'habituellement, elles ne sont pas contagieuses d'un homme à l'autre. – Donc on n'est pas dans un état de connaissance qui est comparable au Covid que l'on découvrait et qui faisait son apparition. – Exactement.
Et on a de plus l'expérience de nos collègues argentins qui ont très bien pris en charge ces cas de maladie il y a 10 ans et qui ont fait un article remarquable dans un très grand journal médical où ils ont très bien expliqué la maladie, les conditions de transmission et les conditions de protection. Donc on n'est pas désarmés et il faut prendre les choses au sérieux. Mais il ne faut pas s'inquiéter outre mesure. Géraldine Zamansky, vous, vous percevez cette inquiétude ? – Ah ben je l'aperçois autour de moi, j'ai presque envie de dire heure après heure, parce qu'effectivement, comme je suis journaliste spécialisée dans la santé, est-ce qu'il faut mettre un masque dans le métro, Géraldine ?
Est-ce qu'on doit s'inquiéter ? Est-ce qu'on peut encore circuler normalement, aller à une fête ? Moi j'ai ces questions-là presque effectivement toutes les heures, ça s'aggrave. Mais à titre personnel, je ne suis pas inquiète, parce qu'effectivement c'est le jour et la nuit par rapport au Covid où des milliers de personnes sont parties d'une zone urbaine extrêmement dense où le virus, effectivement inconnu du virus, circulait et où eux, ils se sont disséminés vraiment à travers le monde. C'était les fêtes du Nouvel An chinois, ils en ont profité et ils sont arrivés partout, sans aucun contrôle.
Et là, c'était pour le coup, on l'a appris après, un virus extrêmement contagieux, y compris à la période où on n'avait aucun symptôme. Donc c'est sûr qu'on est quand même dans un contexte extrêmement différent dont on peut penser que ça va permettre de contrôler les choses vu toutes les mesures qui sont prises jour après jour. Alors on est six ans après le Covid, le gouvernement, l'exécutif est repassé en mode gestion de crise. Il y aura désormais chaque jour deux réunions de coordination interministérielle, gouvernement sous pression et sous le feu des questions cet après-midi à l'Assemblée nationale, puis en conférence de presse il y a quelques minutes.
Pour lutter contre la propagation de l'antavirus, le gouvernement ne veut prendre aucun risque. Hier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une quarantaine renforcée en milieu hospitalier pour les 22 cas contacts identifiés. Certains sont placés dans des chambres de confinement comme celle-ci. Cette chambre est une chambre standard mais à pression négative, c'est-à-dire que la pression dans la chambre est plus faible que dans le couloir,
donc l'air peut rentrer librement mais il ne peut pas sortir librement de la chambre.
La seule patiente française testée positive à l'antavirus est actuellement en réanimation. Elle fait partie des cinq ressortissants français évacués du bateau de croisière MV Ondus. Ils sont tous sous haute surveillance et à l'isolement total à l'hôpital Bichat à Paris. À l'Assemblée nationale cet après-midi, une grande partie de la séance de questions au gouvernement a été consacrée au virus. Monsieur le Premier ministre, vous avez l'obligation d'associer, de communiquer et d'informer. Ce sont les seuls gestes barrières contre une épidémie de panique et la prolifération des fausses informations.
Allez-vous tirer les leçons de la crise du Covid et garantir une stratégie transparente et cohérente ? Face aux députés, le gouvernement défend le protocole mis en place mais reconnaît qu'il reste des inconnus.
Il y a aussi, et vous l'avez dit, des choses qu'on ne sait pas sur ce virus. Par exemple, le lieu où la première personne décédée a eu le virus et où, par exemple, nous n'avons pas encore totalement l'entièreté du séquençage du virus
qui nous permet de dire avec certitude aujourd'hui, même si on est à ce jour plutôt rassuré, nous n'avons pas la certitude de dire que ce virus n'a pas encore muté. Une opération transparence qui s'est poursuivie plus tard dans l'après-midi avec une conférence de presse de la ministre de la Santé en présence de plusieurs spécialistes. C'est un virus qu'on connaît depuis 30 ans, même s'il y a encore des inconnus, mais on n'est pas dans les situations de janvier 2020. Le Premier ministre a annoncé que deux réunions de coordination interministérielle auraient lieu chaque jour à Matignon pour suivre l'évolution de la situation.
Le gouvernement entend ainsi montrer qu'il suit la situation heure par heure.
Brigitte Autron, si vous le voulez bien, on va bien tout remettre à plat pour donner un maximum de clés de compréhension à nos téléspectateurs. D'abord, Antavirus, c'est quoi ? Alors, c'est une famille de virus qui est très répandue sur la planète, qui est portée naturellement par des rongeurs sauvages, donc les musarènes, les campagnols en France ou des équivalents dans les autres pays. Et ces rongeurs portent ce virus en eux et ne sont pas malades. Ils peuvent transmettre le virus à des personnes qui rentrent en contact avec eux et qui rentrent en contact avec leur déjection, avec leur urine, etc. Et ces patients peuvent déclarer une maladie, ces personnes peuvent déclarer une maladie.
On sait qu'en Europe, il y a environ 3000 cas par an qui surviennent dans tous les pays européens, avec des pathologies qui peuvent être graves. Pas tout à fait aussi graves que celles que l'on voit en ce moment, mais qui peuvent être graves. Donc, on connaît. La particularité, c'est qu'en Amérique du Sud, dans le cône sud de l'Amérique du Sud, donc du Chili et de l'Argentine, il y a une espèce de rongeur qui porte un virus qui a muté il y a longtemps, il y a probablement plusieurs décennies, et ce virus est transmissible à l'homme. Donc, c'est de cela qu'on parle.
C'est-à-dire qu'on a une maladie qui est très particulière dans le sud de l'Argentine et qui est cliniquement la même que celle que l'on voit en France, mais cette maladie en France n'est pas transmissible habituellement. On parle de la souche Andes. D'ailleurs, tout à l'heure, en conférence de presse, plusieurs scientifiques disaient Andes. Andes, Andes ? Andes. On choisit de dire Andes ? Oui, on choisit de dire Andes. Les symptômes de cet antavirus Andes ? Oui, ce sont les mêmes que ceux des autres antavirus.
Et donc, on a une phase d'incubation où l'on n'a pas de symptômes, où l'on va bien, puis, qu'on appelle la phase prodromique dans notre jargon, c'est-à-dire deux, trois jours où on a quelque chose qui ressemble à la grippe, mais avec des vomissements, de la diarrhée, des troubles digestifs. Et puis, soit ça rentre dans l'ordre, soit ça s'aggrave de façon très brutale.
Le virus infecte les poumons, il se forme des phénomènes hémorragiques, et là, on a une pneumonie extrêmement sévère, qui peut être mortelle s'il n'y a pas de soins, et qui, grâce à un environnement médical comme ce que l'on peut avoir dans les meilleurs hôpitaux français ou européens, et aussi en Argentine d'ailleurs, on peut sauver ces malades. Mais il faut être là au bon moment, suffisamment tôt. Et là, dans le cas de cette patiente française qui est hospitalisée à Bichat, il y a eu une sorte d'alignement des planètes.
Malheureusement, elle est tombée malade et gravement malade, mais elle a eu, entre guillemets, la chance, si on peut appeler ça, et je suis désolée d'utiliser ce mot, mais elle a été transportée immédiatement à l'hôpital, et immédiatement en réanimation, et les meilleurs soins lui sont donnés, lui ont été donnés tout de suite. – C'est peut-être entre les meilleures mains possibles. – Voilà, c'est pas une chance. – Chiffrable, c'est la létalité de cet antivirus. – Alors, il faut savoir que ces virus qui sont portés par des animaux et qui passent brutalement à l'homme sont souvent très dangereux. Il faut aussi rappeler qu'il y a d'autres virus qui sont très dangereux, comme le virus Ebola.
– C'est comparable à la létalité d'Ebola ? – C'est presque comparable, pas tout à fait aussi comparable, mais presque comparable à la létalité d'Ebola, ça peut aller jusqu'à 60%. – Est-ce qu'il y a des personnes plus à risque que d'autres ? – Alors ça, on ne le sait pas. Il ne semble pas qu'il y ait des personnes plus à risque en termes de contagiosité ou de transmission. Il peut y avoir ce qu'on appelle des « super spreaders » en anglais, des disséminateurs, des super disséminateurs. On ne sait pas très bien à quoi ça correspond.
Par contre, comme dans toute maladie infectieuse, vraisemblablement le fait d'être plus âgé, le fait d'avoir des facteurs de risque, des maladies cardio-respiratoires, monsieur le ministre est cardiologue, un diabète, un surpoids, peut-être une grossesse, favorisent la gravité de la maladie. – Il n'y a pas de traitement, pas de vaccin ? – Non, il n'y a pas de traitement, pas de vaccin. Il y a des recherches, mais des recherches qui n'ont pas été très soutenues parce que la maladie n'était pas suffisamment présente dans le monde pour inciter des recherches au même niveau que des recherches contre le virus du sida ou d'autres choses. – En France, il y a de la recherche sur l'antavis ?
– Oui, il y a une équipe de chercheurs, mais il y a peu de recherches dans le monde, elle est peu soutenue financièrement, je pense que cet épisode va activer les recherches. – Oui, voilà, est-ce que ce n'est pas justement aujourd'hui une opportunité de lever toutes les zones d'ombre ? – Je vous propose d'écouter ce que disait il y a quelques instants votre confrère Antoine Flau lors de la fameuse conférence de presse du gouvernement.
– De mémoire de chercheurs, je n'ai pas retrouvé d'autres émergences épidémiques dans cette situation très particulière qui se trouve dans un bateau confiné, dénombrable. On peut aussi arriver à dénombrer toutes les personnes contacts aujourd'hui qui ont eu un contact avec une personne infectieuse. – On sait que pour les Français, c'est 5 personnes plus 8, plus 14. – On ne connaît pas d'autres situations où l'on pourrait intervenir de façon ferme, claire, humaine et efficace. On a cette chance.
– C'est une opportunité Yannick Noder en réalité ? – Je ne le traduirai pas comme ça, il y a quand même 5 patients, non, je ne pense pas qu'il faut parler d'une opportunité. Par contre, je pense que ce qu'on attend des politiques, c'est un langage de transparence et des décisions rapides. Donc je crois que voilà, après parler d'opportunité, non. Par contre… – C'était le point de vue d'Antoine Flau, il a dit c'est une chance, c'est une opportunité, mais pour la recherche aussi, parce que c'est contenu. – Je pense que, moi je vois deux niveaux de discussion.
Ma confrère a évoqué la recherche et je pense que c'est un signal fort de dire qu'effectivement, au pays de Pasteur, au pays des Lumières, on ne doit pas désinvestir le champ de la recherche. Et je sais que c'est toujours difficile de faire passer ces budgets, parce que ça peut être des coupes budgétaires un peu faciles, parce qu'en fait, vous recherchez, mais vous ne trouvez pas forcément. Il faut pouvoir semer pour pouvoir récolter un jour. Donc les budgets de la recherche sont toujours difficiles à sanctuariser. Et c'est des budgets qui sont gérés par le ministère de l'Enseignement supérieur. Par contre, ça amène quand même une réflexion, puisqu'on est sur une chaîne politique, LCP.
Je pense que nous sommes aussi à quelques mois d'une présidentielle. Et moi, ce que je dirais, c'est pas une opportunité, mais c'est une opportunité de réfléchir. Le pays peut être soumis à un certain nombre d'épisodes de ce type-là, puisqu'on sait bien que les zoonoses, les maladies qui vont venir du règne animal, vont être de plus en plus fréquentes. Donc on est potentiellement exposé à des futures pandémies. C'est le concept One Health, modification environnementale, santé humaine, santé animale. Eh bien, il faut pouvoir être à sa tête du pays, des personnes qui puissent prendre les bonnes mesures pour protéger les Français.
Et quand j'entendais les propos de Donald Trump tout à l'heure, qui minimisait quand même cette maladie, avec les propos qu'on sait qu'il a complotistes vis-à-vis de la vaccination, parce que là, on parle d'une transmission du virus, les États-Unis ont pris des mesures incroyables sur la rougeole, en dénigrant le vaccin, alors qu'elle est beaucoup plus transmissible. Je voudrais qu'on reste sur le protocole en France. Géraldine Zamanski, c'est un protocole qui a évolué entre dimanche et aujourd'hui. Ce soir, on est à combien de cas positifs, combien de cas contacts sur le territoire métropolitain ? Alors, sur le territoire français, on est à un seul cas positif connu.
C'est cette patiente qui est dans un état très grave à Bichat. Et on est à quatre cas contacts qui sont avec elle, qui ont voyagé avec elle, qui étaient des passagers du bateau. Donc, c'est quand même des cas à risque très renforcés. C'est pour ça qu'il reste à Bichat très surveillé. Mais négatif. Et il y a 22 autres personnes, 8 personnes qui ont voyagé avec la deuxième patiente décédée. On a parlé tout à l'heure des ornithologues. Donc, cette patiente, elle a voyagé de Sainte-Hélène à Johannesburg. Et dans ce vol, il y avait 8 Français. Et donc, on ne sait pas à quelle proximité ils étaient d'elle, mais ils sont considérés du coup comme contacts à cause de ça.
Et ensuite, il y a 14 personnes qui étaient dans un vol entre Johannesburg et Amsterdam. Où cette patiente est rentrée, on ne sait pas exactement combien de temps, probablement une demi-heure, une heure, parce qu'elle espérait pouvoir aller être soignée à Amsterdam. Et en fait, son état était tellement mauvais que du coup, ils ont décidé qu'elle reste à Johannesburg. Elle a été débarquée du vol. Elle a été débarquée du vol. Et donc, là, il y a 14 personnes qui étaient dans cet avion. Et ces 14 personnes sont considérées comme des cas contacts potentiels. Évidemment, il faudrait déterminer à quelle distance ils étaient de cette patiente. Mais tout ça va être fait.
Oui, quelle rangée dans l'avion. Voilà. Je pense que tout ça va être fait maintenant. C'est vrai que c'est sûrement difficile pour eux. Certainement stressant. Le professeur Lescure en a parlé pendant la conférence de presse. Certains d'entre eux sont aussi à Bichat. Et ils essayent de les accompagner au maximum pour les aider à comprendre, en fait, pourquoi est-ce qu'on leur demande d'être ici. C'est dur. Mais au moins, ils sont accompagnés, protégés. Quelque part, leurs proches aussi ne sont pas laissés seuls face à, en plus, un peu, quand même, cette explosion médiatique où on voit partout, dans la presse locale, quelqu'un en Bretagne, quelqu'un en...
Oui, il y a eu notamment un patient, un patient, pardon, un cas contact à Concarneau qui a dû être hospitalisé au CHU de Rennes, enfin, isolé au CHU de Rennes. C'est ça. Et à chaque fois, ça crée un peu des formes de psychose dans chaque lieu. Donc, au moins, c'est vrai que le professeur Lescure disait que là, ils vont pouvoir être accompagnés, un peu cocoonés et essayer de les réconforter au maximum. Parce que c'est des personnes pour qui la vie va s'arrêter pendant 42 jours. Ils sont confinés dans un hôpital. Alors non, non, pas 42 jours, puisque, eux, le contact remonte au moment où ils ont pris l'avion. Donc, ils ont déjà... Je crois que c'était le 28.
Donc, ils ont déjà entamé le temps d'incubation. Exactement. Donc, il ne leur reste pas 42 jours d'observation. Exactement. Non, mais c'est important de tout préciser, parce que c'est vrai qu'on a cette impression de déjà-vu que vous avez forcément un peu aussi Yannick Noder. Le gouvernement a donc tenu une conférence de presse comme au temps du Covid. C'est important, ce soir, de jouer la carte et de la communication et de la transparence ou est-ce qu'au contraire, ça peut créer aussi... Au contraire, une forme de psychose quand on voit réapparaître les visages du Covid, ils ont tous pris 5 ans comme nous. Ou même plus.
Mais je crois qu'il n'y a pas la bonne réponse parce que, de toute façon, les mêmes personnes qui trouveront qu'on ne communique pas assez seront les mêmes qui, dans une semaine, trouveront qu'on communique trop. Donc, je crois qu'il faut trouver le ton juste. Voilà.
Moi, je pense qu'une fois de plus, c'est une occasion aussi, une opportunité, pour reprendre le terme, de saluer aussi les professionnels de santé qui sont parfois un peu décriés, notamment dans les périodes budgétaires, que j'ai plutôt tendance, moi, à défendre, issus de leur milieu, parce que là, c'est encore des professionnels de santé en réanimation pour la patiente à qui on espère les meilleurs soins et la meilleure issue, plus tous les cas contacts. C'est quand même des professionnels de santé qui s'exposent malgré les équipements. Donc, je crois qu'il faut tenir compte aussi de ça. On a un système de santé qui est robuste, mais aussi grâce à ces professionnels.
Je ne sais pas si on peut revoir les images de la conférence de presse qui a eu lieu il y a quelques instants. Ce qui était étonnant, c'est que la ministre de la Santé est venue quelques minutes et ensuite, elle a très rapidement donné la parole à des scientifiques, à des infectiologues, à des immunologues. C'est important, Brigitte Autran, qu'à un moment, en fait, cette parole, cette transparence, elle se fasse par les scientifiques ? Oui, je crois que c'est très, très important qu'effectivement, les scientifiques puissent s'exprimer. Et il faut remercier effectivement la ministre d'avoir organisé les choses de cette façon-là.
Aujourd'hui, on est vraiment face à une maladie qui est un peu connue, mais pas très connue. Donc, le soutien scientifique à la gestion de crise est important. Gestion de crise, c'est un grand mot. Oui. On n'est pas vraiment dans une crise sanitaire. La gestion de cette perception de la crise est importante. Gestion de la perception de la crise. La ministre de la Santé, qui sera auditionnée demain matin par la Commission des affaires sociales, dont vous êtes membre. Oui, monsieur. Quelle question allez-vous lui poser ? Je pense que ça va dépendre. Pour l'instant, la question n'est pas programmée. Je pense que c'est à l'évolution des débats. C'est demain matin. Il faut préparer des questions.
Non, mais disons qu'on verra. On va voir aussi comment se passe, dans quel climat se passe effectivement cette audition. Moi, je crois que beaucoup de parlementaires ont des questions à poser, ce qui est bien légitime. Et le rôle du Parlement se trouve renforcé. Il contrôle l'action du gouvernement. Des questions à poser sur quoi ? Moi, je pense que la question de la gestion du stock de masques interviendra. interviendra sur le rôle de santé publique France interviendra également. Donc, je crois que ça fait partie des sujets. Après, ça fait partie des sujets d'une plus grande dimension. C'est-à-dire que là, tant mieux. Moi, je trouve que le professeur a bien resitué les choses.
Ne parlons pas non plus de crise, parce que pour l'instant, il y a potentiellement une patiente en réanimation. Et c'est de la surveillance de 22 plus 4 personnes qui, aux dernières nouvelles, n'ont pas de symptômes. Mais disons que ça permet aussi de montrer qu'il ne faut pas non plus désarmer nos hôpitaux. Donc, c'est une façon aussi de pouvoir passer le message que, attention, ces crises peuvent revenir demain. Et donc, attention au budget alloué chaque année. – Et est-ce que vous faites partie des parlementaires qui pensent qu'ils doivent être davantage associés à la gestion de cette perception de la crise, pour reprendre les termes de Brigitte Autranche ?
– Je crois que, dans la période où nous sommes, les Français veulent des politiques qui soient transparents, qui réagissent vite. On n'est pas dans une situation, pour l'instant, de crise. C'est des mesures de précaution. Le séquençage du virus sera terminé. Il faudra attendre que les 22 plus les 5 soient séquencés pour savoir s'assurer qu'il n'y a pas de mutation. Je pense qu'il y a encore quelques questions, mais qui sont plus du domaine scientifique que politique. C'est quel est le statut ? Est-ce qu'on peut être porteur sain de ce virus ? Ça, c'est une question sur laquelle je crois qu'on n'a pas tout à fait d'informations.
Et puis, moi, je vous l'ai redit tout à l'heure, parce que j'ai été ministre de la Santé, mais je reste un parlementaire, et je vois bien les échéances de 2027.
Et quand j'ai vu les déclarations de Donald Trump, je pense que c'est le moment quand même de rappeler qu'entre des partis de gouvernement responsables dont on peut avoir des divergences d'opinion politique et des partis très populistes qui, en fait, soutiennent le comportement de Donald Trump vis-à-vis notamment de sa réduction budgétaire vis-à-vis de la recherche, de son scepticisme vis-à-vis des vaccins, de son retrait vis-à-vis de l'OMS, je pense que je serais très content peut-être de poser des questions davantage au Rassemblement national qu'à la ministre. Ce qui est sûr, c'est que cette épidémie ravive nos souvenirs du Covid, et la population semble déjà être divisée en deux.
D'un côté, ceux qui sont inquiets, notamment dont vous parliez, Géraldine, et puis d'autres, phlegmatiques, disons. Reportage aux abords de l'hôpital Bichat, à Paris, avec Alicia Rog et Igor Fondi. À la sortie de l'hôpital Bichat,
où sont pris en charge les cinq Français présents à bord du navire de croisière, les allées et venues se multiplient. L'établissement ne désemplit pas, certains sont venus consulter aujourd'hui. Alors forcément, les patients du jour ne sont pas très rassurés.
Je suis très inquiète, oui. J'ai un peu peur. Ça m'inquiète vraiment, parce que ça me rappelle le début du Covid. D'autres ont gardé de vieux réflexes.
Oh tiens, ça. Ça vous rappelle le Covid ? Oh, oui, oui. Mais si l'appréhension monte, beaucoup disent aussi faire confiance aux protocoles mis en place. Les cinq patients ont été installés dans des chambres à pression négative où l'air est filtré pour limiter tout risque de propagation.
Un dispositif jugé rassurant.
On est en capacité aujourd'hui de prendre en charge correctement. Tous les protocoles sanitaires ont été appliqués. Les patients sont en isolement. Ils vont être traités.
Il n'y a pas de souci. Enfin, on sait faire en France. On a eu les bonnes informations. Des précautions ont été prises en amont, là sur le bateau. On a vu, entre guillemets, le déchargement des passagers. Franchement, ce n'est pas le Covid.
Et puis, de toute façon, des virus, il y en aura toujours. Le coronavirus, ce n'est pas l'unique et le seul virus qui est arrivé. Il y en aura d'autres. Donc, on est prêts.
Camille, elle, travaille directement à l'hôpital au service biochimie. Elle n'est pas inquiète non plus.
Moi, je ne pense pas qu'il y aura un confinement sur ça. Je sais qu'il y en a certains, ils peuvent paniquer dessus. Mais je peux comprendre. Moi, personnellement, ça ne m'inquiète pas forcément. Surtout que j'avais travaillé aussi pendant la période Covid. Je vois quand même une différence pour le moment de comment on traite la situation et tout ça. Pas de psychose, donc, pour l'instant. Mais une chose est sûre, ce nouveau virus fait rejaillir des peurs anciennes.
Et puis, la question aussi de la façon dont les autres États gèrent ce début d'épidémie, on a combien de cas positifs ce soir dans le monde entier, Géraldine ?
Neuf.
Neuf. Neuf plus deux. Oui. Neuf plus deux. Plus les deux décédés, le couple de néerlandais, c'est ça ? Donc, onze cas positifs. Moi, j'ai une question un peu bête. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas décidé de confiner le bateau pendant la durée d'incubation ? On ne pouvait pas les laisser mourir à bord. Vous voyez bien, il était moins une pour cette patiente. Cette patiente, si elle n'avait pas, comme disait le professeur Autran tout à l'heure, si elle n'avait pas été transférée dimanche soir... Très morte. Je crains que ce soit le cas. Il fallait d'urgence mettre en œuvre ces mesures de réanimation. Pour sauver les passagers. On a parlé tout à l'heure. S'ils développaient une pathologie. Oui.
Les passagers de la croisière ont donc tous regagné leur pays d'origine. Ça fait 122 personnes dans 23 pays différents. Avec 23 protocoles sanitaires différents ? Paradicalement, non. Il y a quand même des grandes proximités. Alors après, c'est vrai qu'il y a des différences culturelles. En Allemagne, ils ne sont pas tous obligés d'être à l'hôpital. Mais en Allemagne, il y a aussi des réflexes d'autocontraintes qui sont très différents de chez nous. C'est vrai que là-bas, par exemple, c'est très bête. On ne traverse pas si le petit bonhomme est rouge. Donc si on dit à des gens « Vous restez chez vous, faites extrêmement attention ». Et puis bon, ils sont peut-être aussi...
Alors ce qui doit être vérifié à chaque fois, et ça, je crois que tous les pays le font, y compris les Etats-Unis, c'est-à-dire c'est de vérifier que quand on dit à quelqu'un de rester chez lui, que l'environnement dans lequel il vit le permet, c'est-à-dire qu'il a un espace où il peut effectivement s'isoler, où il peut effectivement éviter des contacts avec les autres, ça, normalement, toutes les autorités sanitaires le font. Et en Europe, globalement, on est quand même sur des protocoles très homogènes. Sébastien Lecornu a demandé ce matin, dans un message sur X, un renforcement immédiat de la coopération avec les Etats voisins. Est-ce qu'il vise un pays en particulier en Europe ?
Non, je ne crois pas. Et comme ça vient d'être dit, les protocoles européens sont très proches les uns des autres et en gros respectent les recommandations de l'OMS. Alors il y a des petites différences effectivement culturelles et des différences organisationnelles, mais à peu de choses près, les protocoles sont identiques. Et c'est vrai qu'on souhaiterait qu'il y ait encore une plus forte coordination européenne. J'espère qu'elle viendra. Mais voilà, on a déjà une réponse assez univoque de l'Europe qui effectivement fait une différence avec la réponse américaine. La réponse américaine, je pense qu'il faut faire la différence entre la réponse politique et la réponse des professionnels.
Eh bien, merci Brigitte Autran pour la transition, puisque justement, on va se tourner vers les Etats-Unis avec Olivier Ravanello. Tout de suite, c'est Quelle Histoire ? Racontez-nous, Olivier, comment les Etats-Unis gèrent cet antivirus, parce qu'il y a des cas aussi là-bas. Eh bien oui, la bonne nouvelle, c'est qu'aux Etats-Unis, ce sont jusqu'à présent les médecins qui s'en mêlent et qui gèrent le problème. Sur les 18 passagers, 16 ont été transportés vers un centre spécialisé dans le Nebraska, le centre d'Omaha. Et puis deux autres sont dans l'hôpital universitaire Emory, à Atlanta, où là aussi, il y a une unité spécialisée dans le traitement de ces virus. Et selon le mot un peu du soir,
tout semble sous contrôle. L'hôpital Emory a eu la chance d'être appelé aujourd'hui pour accueillir ces deux passagers. Et nous pouvons affirmer avec une grande assurance que notre système a fonctionné, que notre préparation a fonctionné et surtout, que mes coéquipiers ont très très bien agi.
Alors c'est rassurant parce qu'on est quand même dans un pays qui est dirigé par une administration foncièrement antivax et avec à sa tête un ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr., qui lui est carrément antivax et qui, depuis son arrivée au pouvoir, ne cesse de démanteler le système de santé, notamment sur cette partie-là. Il y a eu des licenciements, des fermetures de départements de recherche. Il y a eu récemment une campagne de restriction des vaccinations, notamment sur les enfants. Le limogéage de membres d'un comité consultatif, toujours sur cette question de la vaccination, qui est un sujet qui l'obsède.
Et ces deux dernières décisions, il faut le noter, ont été retoquées par la justice et faits rares. La Maison-Blanche n'a rien dit. Trump n'est pas venu à sa rescousse, qui est peut-être le signe de certaines dissensions. Les États-Unis, ayant dû faire face à une épidémie assez inédite de rougeole, parce que beaucoup de parents suivent les conseils du ministre de la Santé, qui a expliqué sur toutes les ondes que ces vaccins pouvaient donner et être à l'origine de cas d'autisme. Donc, à ce stade, Kennedy n'a rien dit sur l'antavirus, et ça, c'est la bonne nouvelle du soir.
Au-delà de ça, il y a quand même une inquiétude, c'est sur les sept passagers et les sept croisiéris qui ont été débarqués à Saint-Hélène, avant même que le système de quarantaine soit lancé. Ils sont revenus aux États-Unis avec des vols commerciaux, ils sont rentrés chez eux. Aujourd'hui, ils sont en Californie, au Texas, en Virginie ou en Géorgie encore, mais sans protocole de suivi particulier. Et pourtant, ce antavirus n'est pas un inconnu aux États-Unis. Non, parce que depuis 35 ans environ, il a été identifié, il est répertorié, il est suivi.
Il y a eu 890 cas d'antavirus durant ces années-là qui ont été relevés sur le territoire américain, essentiellement sur la moitié ouest du pays, avec un taux de mortalité quand même entre 35 et 50 %, ce qui est extrêmement virulent, mais on l'a déjà expliqué. Les autorités sanitaires aux États-Unis sont plutôt sur une position assez soft en disant que certes, il est très virulent, mais qu'il n'est pas, enfin, qu'il se transmet assez difficilement, que la contagion est relativement faible. Donc, il n'y a pas beaucoup d'inquiétude, en tout cas du côté des autorités.
Et pourtant, dans l'opinion, cet antavirus, on en a entendu parler il y a un an, par exemple, au moment où on a découvert l'acteur Jen Ackman et sa femme, lui âgé de 95 ans, sa femme de 65 ans, retrouvés morts chez eux, dans leur maison à Santa Fe. Pas de traces d'effraction, pas de traces de vol, pas de traces de violence. Donc, les enquêteurs, pendant un moment, se sont demandés de quoi est-ce qu'ils étaient morts. Et la réalité, c'est qu'ils sont bien morts de l'antavirus.
L'épouse de Jen Ackman a fait, dans ses dernières heures, des recherches sur Internet qui ont aiguillé les enquêteurs sur que se passe-t-il quand j'ai énormément de fièvre, est-ce que ça ressemble à des symptômes du Covid. La réalité, c'est que ces mêmes enquêteurs ont découvert des rongeurs qui avaient fini par infester la maison. Brigitte Autran, la gestion américaine, c'est un point qui vous inquiète ? Alors, moi, j'ai parfaitement confiance dans les médecins américains. Nos collègues américains sont excellents, ils sont des équipements formidables, donc je pense que la gestion par les professionnels de santé va être très bonne.
Ce qui est inquiétant, effectivement, c'est la gestion politique de la situation et, comme ça a été dit, une gestion politique qui est dans le déni. Je vais me permettre de rappeler que pendant l'épidémie de Covid, il y a eu plus de morts chez les électeurs de M. Trump que chez les électeurs de M. Biden. Donc je crois que c'est un point important et malheureusement, les Américains ne se souviennent peut-être pas très bien de ce point-là. Donc, une grande confiance dans les professionnels de santé américains. Ils sont excellents, on travaille avec eux, on a travaillé avec eux tout le temps. Vraiment, il faut leur faire confiance et je pense que c'est eux qui vont...
Il y a une coupe du monde de football qui commence le 11 juin en Amérique. Là aussi, ça peut être un cluster ? Oui, s'il n'y a pas de confinement, enfin d'isolement des sujets contacts à condition que ces sujets contacts portent le virus, ce qui n'est pas du tout évident. Il y a une épidémie qui va beaucoup plus vite sur les réseaux sociaux, c'est l'épidémie de complotisme. Ah oui, bien sûr. Ils se sont bien réveillés depuis dimanche. Depuis le début. Oui. Et là, on a vraiment un énorme travail à faire.
C'est au moins, je pense aussi, la qualité de la conférence de presse de cet après-midi, c'est d'essayer de mettre en avant effectivement une parole scientifique hyper transparente, nuancée, où on avait effectivement des experts qui disaient on sait ça, on ne sait pas ça, on avance pas à pas, on est en train de progresser dans l'exploration de ce virus, y compris en enquêtant auprès des passagers sur le bateau, savoir ce qui s'est passé, qui était en contact avec qui, comment les choses ont circulé, en train de faire des...
Grâce aux prélèvements qui vont être faits sur ces patients, et ils ont bien dit aussi que c'était une recherche qui se faisait en ce moment au lit du patient qui vont permettre de savoir s'il y en a qui ont été au contact du virus sans jamais avoir de symptômes, qui auraient du coup des anticorps, on va permettre vraiment de mieux connaître les choses, et jusque-là, tant qu'on ne le sait pas, il faut rester prudent. Et on espère qu'effectivement des paroles comme ça, pédagogiques, ouvertes, transparentes, vont peut-être aider à lutter contre le complotisme.
Yannick Noder, je vous suis très engagée dans la lutte contre la désinformation en santé, je crois d'ailleurs que vous aviez un projet de création d'un observatoire de l'information en santé. Alors j'avais confié une mission pour justement enseignement de la crise Covid, cette désinformation, donc j'ai confié une mission au professeur Molinard, Casoglia et Maisonneuve qui ont remis un rapport et effectivement il y a la préconisation d'avoir un observatoire pour mesurer ce niveau de désinformation et pour pouvoir aussi avoir une cellule riposte et pour pouvoir lutter efficacement.
8 des 10 contenus les plus partagés sur Facebook depuis dimanche sont issus de la mouvance complotiste avec un rapprochement quasi systématique avec le Covid. Et combien même on peut rajouter que même 25% parfois des utilisateurs transmettent des fausses informations sans s'en rendre compte. Donc je crois qu'on a une culture de l'information, je l'évoquais encore ce matin avec le président de l'Inserm, de rappeler aussi de vérifier les sources et de vérifier aussi ce qu'on dit et de faire la rareté de la parole mais qu'on ait une cellule riposte avec l'ensemble de nos organismes de recherche, avec une labellisation de l'information me paraît importante.
Merci à tous les trois pour vos nuances. Merci d'avoir été là ce soir pour en parler sur le plateau de Chaque Voix Compte à suivre la question qui fâche. Tout autre sujet, ce soir on va parler des tests ADN récréatifs. Faut-il les autoriser, les légaliser comme le demande Nathalia Pouziref ? Elle sera notamment avec nous dans un instant pour en parler. Mais avant cela, c'est le chiffre du jour avec Fanny Guinochet. Fanny, on ne recule devant rien pour vous. Vous montez les marches ce soir. C'est la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes et c'est l'occasion de parler de l'industrie du cinéma. Oui, c'est en ce moment même et le chiffre du jour c'est 62 millions.
C'est le nombre d'entrées au cinéma depuis le début de l'année. C'est quatre premiers mois de l'année, 2026, selon les dernières données du ministère de la Culture. Et c'est plutôt une belle performance puisque par exemple sur le simple mois d'avril, la hausse est de 35%. Alors c'est dû à une météo pas terrible, Mossad, à de jolis films aussi qui attirent les spectateurs dans les salles. On peut citer juste une illusion. On peut aussi citer des rayons et des ombres ou encore des locomotives américaines comme Super Mario Galaxy ou le biopic sur Michael Jackson. Alors on espère que cette dynamique va se poursuivre cette année parce qu'en 2025, on était à 156 000 de spectateurs en salles.
Donc c'était un bilan demi-teinte. Encore avant, 182 millions. Encore, encore avant, 200 millions. Vous voyez, on compte un peu plus de 2000 cinémas, salles de cinéma en France. Mais c'est difficile puisque la fréquentation quand même baisse. C'est une histoire de prix ? Alors pas que. Même si ça compte en période de pouvoir d'achat contraint, il faut savoir qu'en moyenne, le prix d'une entrée d'un billet dans une salle de cinéma, c'est 7,40 euros. Ce sont les chiffres du ministère. Alors vous me direz, oui, mais à Paris, on paye plus cher dans les grandes salles. On paye deux fois plus cher. Mais dans les petites salles, c'est une moyenne. Il y a les abonnements aussi.
Et puis il faut dire aussi que les usages, ils changent. Ça fait déjà quelque temps que le cinéma est en pleine mutation, notamment avec l'arrivée des plateformes qui chamboulent cette industrie. Avant, on allait voir un film en salle et puis on le voyait ensuite à la télé. Aujourd'hui, en fait, on le regarde à la demande. Les réseaux sociaux aussi, TikTok, les algorithmes, viennent bousculer le cinéma puisque ça a un impact sur l'attention que l'on est capable d'accorder à un long format cinématographique. Et d'ailleurs, on le voit dans les chiffres, les jeunes délaissent les salles. En 2013, c'est pas si vieux, les 15-24 ans allaient 6 fois par an au cinéma.
Aujourd'hui, ça n'est plus que 4 fois par an. Ça représente quand même 20 millions d'entrées en moins dans les salles. Et pourtant, le cinéma reste une industrie importante. Deux premiers plans, le cinéma, la production audiovisuelle, les jeux vidéo, c'est 0,7% de notre PIB, notre produit intérieur brut. C'est plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 270 000 emplois. Et puis, ça fait vivre nos territoires parce qu'il y a beaucoup de tournages un peu partout en France. Par exemple, au Pays-Basque, une trentaine de tournages par an. On pourrait prendre aussi, je ne sais pas, Renal Pauvergne qui est très accueillante de ce point de vue-là.
Ou encore, en Ile-de-France où il y a des productions de tournages. Par exemple, le site du groupe TSF qui s'est mis en place du côté de la Seine-et-Marne. C'est sur une ancienne base de l'OTAN. Et c'est un mini-Paris qui a été reconstitué. C'est très bien fait, on voit les images. Un peu neutre pour pallier un peu les... En fait, l'idée, c'est de faire venir les tournages ici plutôt que dans Paris parce que dans Paris, il y a des problèmes... Ça perturbe la circulation ! D'autorisation, c'est très cher. Et c'est là, par exemple, que les rayons et les ombres ont été tournés, mais aussi les lupins avec Omar Sy. Et ce site, il est constamment demandé.
Et puis, il faut aussi parler de l'arrivée de l'intelligence artificielle qui bouscule aussi cette industrie. Alors, ça révolutionne, même ça bouscule vraiment parce que ça remplace des métiers de montage, de doublure, de traduction. Souvenez-vous, 2023, il y avait eu une grève historique des scénaristes et des acteurs américains qui avaient quand même paralysé Hollywood, ce qui n'est quand même pas si souvent que ça arrive. Les créateurs exigeaient des garanties contre l'usage massif de l'IA. Ils en ont obtenu des garanties, mais on voit bien que la progression est telle que c'est une véritable révolution qui est en marche. Merci Fanny. On passe à la question qui fâche.
Connaître ses origines en quelques clics, retrouver un cousin perdu, découvrir des aïeuses insoupçonnées, voir apprendre un secret de famille bouleversant. Les tests ADN généalogiques séduisent partout dans le monde. En France, 2 millions de Français y auraient déjà eu recours. Et pourtant, c'est interdit. Bonsoir Nathalia Pouziref. Merci d'être là. Vous êtes députée Renaissance des Yvelines et vous portez une proposition de loi visant à légaliser ces tests ADN récréatifs. À vos côtés, Sandra Regol, bonsoir. Députée écologiste du Barin, merci d'être là aux côtés de Valérie Despattes. Bonsoir.
Vous êtes maître de conférence en droit privé à la Faculté de droit de l'Université Sorbonne-Paris-Nord. Merci aussi d'être là. Vous allez être un peu mon arbitre ce soir. C'est Clément Perrault qui vous pose d'abord la question qui fâche.
Les tests ADN pour le grand public se trouvent facilement sur Internet. Les entreprises qui les proposent sont pour la plupart américaines ou australiennes. Pour 100 euros environ, elles vous envoient à domicile un kit de prélèvement ADN. Une fois les couvillons passés dans la joue et le test renvoyé, les résultats tombent au bout de 4 à 6 semaines. Ils concernent d'abord la généalogie. Vous découvrez des personnes qui présentent un patrimoine génétique commun. Elles peuvent être des parents proches comme des cousins très très éloignés. Ensuite, vous pouvez accéder à une carte de vos origines géographiques.
Ces données sont un peu moins fiables mais peuvent vous donner une région du globe dont sont probablement originaires vos ancêtres. Cette petite enquête, près de 2 millions de Français l'ont déjà réalisée. Souvent par simple curiosité, on parle alors de tests ADN récréatifs. Mais ces recherches peuvent aussi prendre une dimension bien plus sérieuse voire même existentielle par exemple pour ceux nés d'un don de sperme ou d'ovocytes. Elles peuvent permettre de remonter jusqu'aux géniteurs. C'est ce qui s'est produit pour Audrey Kermalvesen, avocate qui a monté l'association Origine.
À partir d'un pour cent d'ADN, on peut retrouver... Moi, j'ai eu un match avec une Américaine avec seulement un pour cent d'ADN. Il se trouve qu'elle a fait beaucoup de généalogie et donc elle avait une branche française. Elle m'a mise assez vite en lien avec cette branche française et cette branche française a fait des recherches et a fini par identifier qu'il y avait effectivement eu un donneur dans la famille. Ça a permis de resserrer les liens puisque mon donneur est effectivement décédé mais sa famille était très contente de découvrir mon existence et celle de mes demi-frères et soeurs biologiques que j'ai retrouvées aussi grâce à un test ADN.
La France est le seul pays d'Europe avec la Pologne où ces tests sont illégaux. Une proposition de loi est en étude à l'Assemblée pour régulariser cette pratique tout en l'encadrant. Paradoxalement, l'illégalité fait que les données des utilisateurs français ne sont pas bien protégées. Certaines voix, à gauche en particulier, s'opposent à cette régularisation en dénonçant une possible marchandisation des données par des groupes étrangers. La protection de l'anonymat des donneurs est aussi évoquée. Notre question qui fâche, faut-il légaliser les tests ADN ?
Nathalia Pouziref, votre idée, c'est quoi ? Puisque les Français le font déjà, autant légaliser pour contrôler ? Pour contrôler, tout à fait, puisqu'on sait que ce sont des données quand même précieuses. Et donc, toute entreprise qui vend des services en Europe et donc, ce serait le cas en France, serait soumise au RGPD et à la CNIL, à un contrôle de la CNIL. Donc, quelque part, les données seraient mieux protégées. mais c'est surtout parce qu'en fait, la France est le seul pays en Europe qui interdit ces tests. Avec la Pologne. Et alors, nous, on a vérifié. En fait, la Pologne ne légalise pas, mais n'interdit pas non plus. Donc, vous voyez, c'est vraiment la France qui serait le seul pays.
Et donc, moi, je me pose la question, puisque je considère qu'accéder à ses origines est un droit, un droit même fondamental, essentiel. et de quel droit l'État français peut-il justement nier ou dénier ce droit d'accéder à ses origines personnelles. Je réfute aussi le terme de test récréatif, parce que, pour les personnes qui sont nées sous X, comme ça a été dit, ou d'enfants issus d'un nom de gamètes, parfois, on ne cherche pas forcément à rencontrer le géniteur, mais on cherche à savoir d'où l'on vient. C'est très important.
C'est important aussi pour des petits-enfants qui recherchent un grand-père en Alsace, quand les familles ont été bouleversées par la guerre, ou bien du côté de la Normandie où de nombreux soldats américains étaient là. Donc, c'est remonter le fil de son histoire personnelle. Valérie Despad, un point juridique, d'abord. Pourquoi est-ce que c'est interdit en France ? Alors, c'est interdit pour plusieurs raisons, et notamment des raisons de protection, des raisons de protection des données, puisqu'actuellement, les tests se font via des entreprises étrangères. Américaines, essentiellement ? Américaines, essentiellement.
Les personnes qui s'y soumettent signent, sans bien les lire, des autorisations très larges, et les banques de données, dès lors qu'elles sont importantes, constituent un enjeu, un enjeu industriel, financier. Donc ça, on veut le protéger. Tout l'interdiction. Ensuite, il y a la crainte des discriminations, également, par les assurances, par les employeurs. Donc ça, on fait très attention aussi. Et puis, il y a les risques... Mais ce risque, pardon, on dit tout ça, et en même temps, 2 millions de Français ont déjà eu recours. Oui, parce que, bien sûr... Qu'est-ce qu'on risque ? Comment ? Qu'est-ce qu'on risque ? Ah, juridiquement, on risque une amende de 3 750 euros.
Donc si je multiplie par 2 millions, ça fait une petite somme ? Si ce n'est que le texte n'est absolument pas appliqué. C'est pour ça. Pour moi, en tant que juriste, un texte qui n'est pas appliqué, je pense que ce n'est pas bien. Maintenir des textes non appliqués, ça altère la cohérence du droit. Maintenant, il y a quand même des enjeux importants. Parce que vous parliez, et je le comprends vraiment, puisque je suis allée dans ce sens-là à l'époque, les personnes conçues par don de gamètes. Je suis vraiment plus que d'accord avec l'accès aux origines. Si ce n'est que les donneurs qui ont donné avant 2021, on leur a garanti l'anonymat.
Est-ce qu'on peut comme ça changer la règle du jeu en cours de jeu ? Et l'accouchement sous X qui est forcément dramatique, c'est toujours un drame pour la femme qui accouche, pour l'enfant aussi. Mais si on lui retire cette garantie d'anonymat, mais en quoi est-ce qu'avoir recours à ce test ADN permettrait de remonter à la femme qui a accouché sous X ? Encore faudrait-il qu'elle-même fasse un test ADN ? Non. Par la parenté. D'accord. On y arrive par là. C'est ce que disait Audrey, avec 1%, donc une moitié de cousine, je pense que ça suffit. Sandra Regol, pourquoi émettez-vous des réserves à cette légalisation de ces tests ADN ?
Alors, d'une part, pour rebondir sur votre dernière question, vous avez introduit en disant en un clic qu'on peut retrouver ses origines. Oui. Pas tout à fait vrai. Il faut avoir un peu de chance que des membres de la famille éloignés aient fait ces tests, ou proches, quand ce sont des membres de la famille éloignés, il faut avoir une chance extrême de tomber sur quelqu'un qui est fan de généalogie. Sur les 2 millions de Français qui ont fait ce test, beaucoup ont reçu des réponses pas satisfaisantes ou pas fiables ?
Pas satisfaisantes peut-être, pas fiables souvent, et notamment sur les origines dites ethniques, où là, c'est très sujet à caution, ne serait-ce que parce que l'être humain a la faculté et l'envie de bouger depuis à peu près l'aube des temps. C'est quand même très compliqué. Donc, première chose, vous disiez aussi que c'est interdit, mais effectivement, comme vous le rappeliez, ce n'est pas pratiqué, cette interdiction. C'est-à-dire qu'on a très peu de condamnations, je crois qu'il n'y en a aucune. Voilà, une, c'est l'exception qui confirme la règle. Et enfin, moi, je me pose la question, moi, je suis législatrice.
Donc, en fait, j'ai à la fois l'émotion d'avoir rencontré des gens soit qui ont dû abandonner un enfant sous X, soit qui sont nés sous X et qui aimeraient connaître leurs origines. Et cette émotion-là, elle est intense, elle est réelle et on doit leur apporter des réponses. Mais je suis aussi législatrice et je dois penser aux conséquences des lois qu'on vote pour l'ensemble de la population. et les conséquences sur des données hautement sensibles, celles qui nous définissent uniquement dans l'univers, en fait, celles de notre ADN, en fait, les laisser au marché en se disant que les entreprises qui vont faire beaucoup d'argent dessus vont interdire, non ?
Mais comment est-ce que vous pouvez encadrer ça ? Regardez vos smartphones. En fait, ce sont des outils à aspirer vos données personnelles en continu. C'est encadré, il y a des lois autour de ça et pourtant, on aspire vos données personnelles en continu. Mais qui va les tomber sans smartphone. Puisque vous n'appliquez pas l'interdiction,
ce n'est pas juste pour avoir bonne conscience qu'on maintient l'interdiction parce qu'elle n'est pas appliquée.
Alors moi, vous savez, je ne suis pas ni du côté du gouvernement ni dans la coalition qui gouverne. Donc, ce n'est pas moi qui décide que ce ne soit pas appliqué ni hier ni aujourd'hui. Pour comprendre votre position, Sandra Rogol, vous ne souhaitez pas la légalisation ? Vous souhaitez qu'on reste en l'État ? Alors, moi, ma position, elle est connue par les amendements que j'ai déposés notamment sur ce texte. C'est-à-dire que je souhaiterais qu'à minima, l'État soit garant de la sécurité de l'anonymat de ces données,
qu'on ait une véritable discussion dans le cadre d'une loi bioéthique revisitée dessus parce qu'il y a à la fois une demande
et un risque. Il est juridique mais il est plus global que ça. Aujourd'hui, des données personnelles sont déjà des outils de spéculation. Imaginez nos ADN. Ils sont déjà des outils de spéculation. Donc, on a besoin de s'assurer que tout ça soit bien protégé. Et après, oui, on pourra donner suite. J'insiste juste sur un dernier point. Les associations d'enfants, de nés sous X, de gens qui recherchent leurs origines ne proposent pas comme seule demande la libéralisation de l'ADN de tout le monde. Je pense qu'elles sont toutes en faveur de la légalisation des tests ADN. J'ai dit, elles ne demandent pas que ça comme solution. parce qu'en fait, ça fonctionne, c'est fiable.
Et comme on peut remonter à une parentèle via des cousins même très éloignés, jusqu'au quatrième degré, si vous voulez, ça peut aller assez vite. Et bien sûr que certains n'aboutiront peut-être pas. Mais quand on voit les statistiques de ceux qui ont demandé un accompagnement par la CAPAD ou le CNAOP pour retrouver un géniteur, si vous voulez, il y a un rapport de 1 à 500. Donc c'est fiable quand il s'agit de faire des correspondances de tests ADN. Et donc ça, c'est répondre à une demande, une attente. C'est vrai.
Et le législateur est tout à fait fondé non seulement parce que c'est une loi qui est inopérante en l'État, cette interdiction est inopérante, et deuxièmement parce que la société évolue. Il y a eu un comité consultatif citoyen qui est en faveur, avec des réserves, mais en faveur de la légalisation. Le CESE, qui a aussi donné un avis favorable. Le CNAOP qui est en charge... Elle n'utilise que des acronymes et des appréviations. Ça mouline. Le Conseil national d'accès aux origines personnelles ainsi que le Conseil national de l'adoption qui ont donné un avis favorable. Le CCNE en a fait un sujet central des États généraux de la bioéthique. Donc il y a une évolution.
La légalisation permettrait que des entreprises françaises proposent ces tests ADN. Aujourd'hui, on le disait, ce sont des entreprises américaines, donc ce sont des données que les 2 millions de Français qui ont eu recours à ces tests ADN ont accepté finalement de laisser aux mains des Américains. Là, il y aurait une façon de relocaliser ces données, mais comment garantir l'usage qui sera fait de ces données ? Comment est-ce qu'ils vont croiser les données surtout ? Comment est-ce qu'ils vont avoir accès à des ADN qui vont croiser ? Il faut obligatoirement... Je vais juste finir à ma phrase, après je vais terminer.
En fait, il va falloir croiser avec d'autres bases de données qui existent sans législation. Et donc, même si on protège en France, on n'a aucune assurance que la législation des autres pays dans lesquels on va pêcher des données ADN permette de protéger... Mais de toute façon, il y a un sujet pratique. Si on veut qu'on puisse remonter à ses origines personnelles, il faut faire un travail de généalogie. Les tests ADN sont souvent accompagnés de travails de généalogistes qui sont aussi en demande de la légalisation. Et effectivement, on va d'abord fonctionner, c'est la première étape, par correspondance, trouver des cousins éloignés. Ensuite, c'est un travail de généalogie.
Et ça, pour que ces correspondances soient trouvées, cela dépend de la base. Il se trouve que les bases, elles sont universelles. Elles sont détenues par des sociétés étrangères, la plupart américaines, nous sommes bien d'accord, mais les bases de données sont universelles. Prenez l'exemple de l'Allemagne où c'est tout à fait légal de pratiquer des tests avisés et généalogiques, des tests ADN. Eh bien, on a posé la question, pourquoi le législateur allemand n'a pas prévu de localiser les bases de données ? Ils ont dit, parce que c'est trop tard. C'est trop tard. Et donc, en France, moi, je pense qu'il y a une solution qui est possible, c'est par exemple sur les origines géographiques.
si les laboratoires français qui ont tout à fait les compétences de faire le séquençage de l'ADN trouvent que c'est intéressant pour eux de proposer de faire un recoupement parce que là, pour les origines géographiques, on fait un recoupement avec un modèle qui est probabiliste. Donc, c'est beaucoup moins fiable que les correspondances. Mais néanmoins, on peut obtenir, si vous voulez, une indication seulement sur son origine. Et ça, je sais que nos concitoyens ultramarins, ils sont très sensibles parce qu'ils peuvent trouver d'où ils viennent, par exemple, en Afrique ou dans d'autres parties du monde.
Eh bien, les laboratoires français pourront constituer petit à petit, peut-être, une base de données. Mais ça prendra 10 ans ou 20 ans. Donc, ce n'est pas répondre à la question et notamment, ça veut dire que la loi sera toujours contournée. Donc, les gens passeront par ces bases, les Français passeront par ces bases universelles et le RGPD garantit un nombre de choses importantes, un nombre de points importants sur la protection des données. Et notamment, il, bien sûr, il interdit tout usage à visée de discrimination.
Aucune de ces plateformes généalogiques, puisqu'elles sont basées sur la généalogie avant d'avoir recouru au test ADN, n'a intérêt à flouer ou à contrevenir au RGPD parce que ça détruirait leur business model. Valérie Dépade, il y a un risque juridique qui est réel ou exagéré ? Vous voulez dire aujourd'hui ? Dans le fait de l'égaliser et ensuite de créer des sociétés françaises mais qui font concurrence à des sociétés américaines sans doute moins chères ? Je ne pense pas qu'il y ait de risque à ouvrir, de risque plus grand que ce qui se passe actuellement.
Simplement, il faut réfléchir aux conséquences parce que quand une personne cherche, il y a une personne qui est cherchée et cette personne cherchée, si on lui a garanti l'anonymat il y a des années, elle, elle peut se défendre par une action en responsabilité tout simplement. Elle subit un dommage, c'est certain. Gérald Darmanin est favorable à cette légalisation pour une autre raison. Il affirme qu'elle permettrait de résoudre au moins une trentaine de cold cases de meurtres non résolus. Mais ça, ça signifie l'ouvrir à la police. Ce n'est pas l'ouvrir au grand public. Mais évidemment... Ça interpelle sur l'usage qui sera fait de ces données. Bien sûr. Mais il faut... Je pense que...
Moi, je crois beaucoup à l'accompagnement et à l'encadrement. On n'arrêtera pas ce mouvement qui s'inscrit de toute façon dans un mouvement d'ouverture de l'accès aux origines parce que les esprits sont prêts pour ça. On ne l'arrêtera pas. En revanche, il faut l'encadrer sérieusement et informer, informer, informer. Absolument. Et le but de cette proposition de loi, c'est aussi d'ouvrir le débat et d'en faire le mérite d'exister. Mais on est dans une forme d'américanisation du rapport à l'identité, là, non ? Oui, alors, si on considérait que toutes les modes importées d'Amérique devaient être implantées en France... Après, la mode de faire son âme généalogique, c'est pas...
Oui, mais on n'aurait plus de sécurité sociale, on n'aurait plus d'assurance chômage, on n'aurait plus de système de santé du tout. La France est le seul de vie en Europe. Alors, sur le garde de fou, est-ce que vous ne transnierez pas ? Non, j'ai pas beaucoup abusé, Sandra. Je vais essayer de terminer une phrase. Je ne suis pas opposée par principe. Je dois penser les conséquences. Avec une proposition de loi qui n'a pas permis d'avoir le débat... Sur quelle garde de fou est-ce que vous ne transigerez pas ?
La sécurité des données, celle de l'anonymat des personnes, comme ça a été rappelé, et celle du consentement au fait que ces données puissent être exploitées, alors pas dans un sens pléjoratif, par les personnes qui en demandent l'accès ou pas, par les structures qui en demandent l'accès ou pas, par les entreprises qui en demandent l'accès ou pas. On a à peine évoqué la question des discriminations aux assurances. On est un peu dans Bienvenue à Gattaca. J'ai pu dire l'interdit. Je vais y arriver. On est un peu dans Bienvenue à Gattaca. C'est ça le risque que je ne laisserai pas franchir. En revanche, la question de l'accès aux origines, on doit y répondre.
Merci à toutes les trois d'être venus en parler ce soir. On n'a pas fini d'en parler, je pense, dans chaque voix compte. Restez là parce que tout de suite, c'est Bourbon Express. Vous savez, c'est le journal de l'Assemblée nationale et c'est Marco Pommier. Bonsoir Marco. Bonsoir Adeline. Ce soir dans Bourbon Express, d'abord, cette proposition de loi pour que les victimes de violences sexuelles soient informées de la libération éventuelle de leur agresseur. Un texte inspiré par un terrible drame, le suicide de Yanis, 17 ans, en mars 2025. Le jeune homme n'avait pas été prévenu de la remise en liberté de son agresseur qui vivait pourtant à quelques kilomètres de chez lui, de son domicile.
Ce soir, les parents de Yanis sont présents dans les tribunes de l'Assemblée pour suivre l'examen du texte porté par Laure Miller. Objectif donc, permettre aux victimes d'être automatiquement informées de la sortie de prison de leur agresseur. C'est une épreuve, souvent pour les victimes, de savoir que leur agresseur sort de prison, qu'il sera entre guillemets dans la nature. Il faut qu'elles puissent être informées, s'y préparées. Alors évidemment, celles qui ne veulent pas être informées auront la capacité de le dire à tout moment pendant la procédure judiciaire.
Mais pour celles qui le souhaitent, il faut que ça puisse être automatique pour qu'elles puissent ensuite, comme je le disais, demander au magistrat s'il peut prendre des mesures de protection, vous le savez, les interdictions d'entrée en contact, les interdictions de résidence pour que la victime puisse continuer à vivre sereinement dans la ville dans laquelle elle vit. Et l'examen du texte vient tout juste de débuter dans l'hémicycle. On vous donnera le résultat demain soir. C'est bien noté. Merci Marco. Autre sujet à l'Assemblée cet après-midi, la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient.
La droite demande au gouvernement de rendre aux Français les recettes supplémentaires encaissées par l'État. Proposition formulée ce matin par Laurent Wauquiez, le président du groupe LR à l'Assemblée, est remise sur la table cet après-midi pendant la séance de questions au gouvernement.
Monsieur le ministre, êtes-vous prêt à répondre à l'attente de cette France qui travaille ? Par exemple, avec une mesure simple et immédiate d'allègement du prix à la pompe correspondante aux 10 centimes de TVA supplémentaires que l'État perçoit sur la hausse du litre du gazole.
Très bonne idée, entend-on dans l'hémicycle. Pas forcément.
C'est une groupe LR,
donc c'est normal qu'ils soutiennent. Exactement. Mais ce n'est pas une bonne idée pour le ministre de l'Économie parce que selon Laurent Lescure, Roland Lescure, l'État n'a pas gagné d'argent avec cette flambée des prix. Il en aurait même perdu.
Par rapport à l'année dernière, sur les mois de mars, avril et de début mai, on est à moins 105 millions d'euros. Pourquoi ? Parce que l'effet TVA légèrement positif lié à l'effet prix est largement compassé par l'effet volume. Les Françaises et les Français adaptent, consomment moins, roulent moins de manière à adapter leur comportement à cette hausse des prix.
Vous l'avez entendu, moins 105 millions d'euros pour les caisses de l'État en raison d'une baisse de la consommation et qui se poursuit à début mai, selon Sébastien Lecornu, moins 30% sur les 10 premiers jours du mois. Alors si l'État perd de l'argent, Total Energy, lui, en gagne avec des profits records et résultat, Patrick Poyané va devoir venir s'en expliquer à l'Assemblée.
Le patron de Total Energy accusé par la gauche de profiter de la guerre au Moyen-Orient, il sera auditionné le 17 juin prochain par la Commission des Finances, annonce faite sur X par le président de cette commission, l'insoumis Éric Coquerel, au programme notamment taxation des super-profits et fiscalité des multinationales. Pour rappel, Patrick Poyané avait prévenu la semaine dernière qu'en cas de taxes sur les super-profits, Total Energy pourrait mettre fin au plafonnement des prix dans ses stations-services en France. Voilà qui promet une audition sous tension. Que l'on suivra évidemment donc le 17 juin. Le 17 juin.
On termine Marco avec cette cérémonie aujourd'hui à l'Assemblée nationale en hommage à cinq illustres députés engagés pour l'abolition de l'esclavage en 1848. Oui, certains noms devraient vous dire quelque chose. Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Alexis de Tocqueville, Victor Schollcher ou encore Louisie Mathieu. En leur mémoire, des plaques commémoratives ont été apposées dans la cour d'honneur de l'Assemblée à l'endroit même où ces députés siégeaient à l'époque car en 1848, Adeline, l'hémicycle actuel était trop petit pour accueillir l'Assemblée constituante. Les débats se tenaient donc dans une pièce surnommée la salle des cartons dans cette cour d'honneur de l'Assemblée.
Une cérémonie présidée aujourd'hui par Yael Broun-Pivet en présence de députés et des descendants de ces grands noms du Parlement en faveur de l'abolition de l'esclavage. À l'heure où le venin raciste ressurgit, à l'heure où les haines se réveillent, il faut que perdurent les principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme signée à quelques pas seulement d'ici. Universalité, dignité, égalité entre tous, quel que soit notre genre, quelles que soient nos couleurs de peau. Rappeler ses principes et faire vivre tel est ce devoir impérieux qui incombe à chacun d'entre nous. Et désormais, ces plaques commémoratives, elles feront partie du parcours de visite de l'Assemblée.
200 000 visiteurs viennent découvrir le Palais Bourbon chaque année. Et ceux qui ne peuvent pas, heureusement, il y a Bourbon Express pour nous faire découvrir tous les recoins du Palais Bourbon. Ou les journées du patrimoine en septembre. Vous êtes là, Marco. Merci, merci à toutes les trois. Merci, Fanny Guinochet. On vous écoute demain matin sur France Info ? 7h50. Oh là là, il faut se révéler. Merci, Olivier. Et à demain. Merci à vous de nous avoir suivis chez vous. L'émission est diffusée tout à l'heure à 23h30. Vous la retrouvez aussi évidemment sur lcp.fr. Nous, on revient demain à 19h30. Passez une excellente soirée sur la 8. À demain. Sous-titrage Société Radio-Canada