Assurance chômage : Philippe Martinez dénonce une réforme "super injuste", qui va "accentuer les inégalités"
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse partielle
Est-ce que les salariés prioritaires pour la vaccination selon le Medef le sont aussi pour vous ?
- 1:07RelanceRéponse partielle
Mais l'idée de créer une priorité en commençant par ceux qui sont le plus au contact des autres et donc aussi au contact du virus potentiellement ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Vous organisez une nouvelle mobilisation contre la réforme de l'assurance chômage. Est-ce que le système actuel est juste ?
- 3:11OuverteÉludée
Le gouvernement affirme qu'il est prêt à remédier à cette situation-là, à revoir sa copie. Est-ce qu'il voulait confirmer sur la situation de ceux effectivement qui ont été en congé maladie, en congé maternité, en chômage partiel ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui va changer dans les prochaines semaines, le 1er juillet approche ? Est-ce que vous pensez inverser encore la tendance ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Le rapport de force, il est aussi chez EDF en ce moment. EDF a le choix aujourd'hui, Philippe Martinez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:19Invité politiqueFait
« La réforme, elle a déjà eu un premier effet au 1er novembre de l'année dernière. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Quand on est jeune et qu'on sort des études et qu'on n'a pas de boulot, on ne touche rien. »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« C'est 1,7 million de personnes qui vont être impactées et donc qui vont voir leurs indemnités baisser. »
- 2:47Invité politiqueFait
« C'est donc les plus faibles, les plus précaires qui vont être pénalisées. »
- 3:02Invité politiqueFait
« c'est notamment les femmes en congé maternité, puisque ces jours-là pénaliseront les indemnités et puis ceux qui seront en arrêt maladie. »
- 3:46Invité politiqueFait
« M. Macron a démarré son quinquennat en supprimant l'impôt sur la fortune, un vrai signe, les plus riches, favorisés. »
- 5:43Invité politiqueFait
« il a le choix de donner de l'argent, d'investir dans son entreprise comme le font des actionnaires privés d'ailleurs. »
- 5:52Invité politiqueFait
« on nous dit qu'on veut renforcer EDF en le découpant en morceaux. »
- 6:51Invité politiqueFait
« C'est une énergie écologique. »
Temps de parole
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France Info. Bonsoir à tous. Le secrétaire général de la CGT est l'invité éco de France Info ce soir. Bonsoir Philippe Martinez. Bonsoir. Le Medef propose d'accélérer la vaccination des salariés en commençant d'ailleurs par ceux qui sont physiquement présents dans leur entreprise au contact de leurs collègues. Selon le Medef, ces salariés sont prioritaires. Est-ce qu'ils sont prioritaires aussi pour vous Philippe Martinez ?
Je pense que tout le monde est prioritaire vu la situation sanitaire. La première chose c'est qu'il faut qu'il y ait des vaccins. Ça reste quand même un problème majeur. Et puis ça s'organise la vaccination en entreprise pour les salariés présents dans leur entreprise mais aussi pour les salariés qui sont nombreux en télétravail. Nous nous avons fait des propositions.
Évidemment les grandes entreprises où il y a une médecine du travail, il faut que ça soit pris en compte par l'entreprise, que du temps soit dégagé pour aller se faire vacciner et puis que ceux qui sont en télétravail on ne les pénalise pas sur leur temps de travail, sur leur paye pour qu'ils puissent se rendre sur le centre de vaccination le plus proche. Donc ça s'organise tout ça.
Mais l'idée de créer une priorité en commençant par ceux qui sont le plus au contact des autres et donc aussi au contact du virus potentiellement ?
Oui, oui, enfin, il y a un double discours. Le discours d'avant, parce que quand on n'avait pas de masque, etc., c'était mais ce n'est pas l'entreprise que ça se passe. Et puis aujourd'hui, on a un autre discours. Il faut que tout le monde soit vacciné. C'est bien qu'à la maison, avec le télétravail, les enfants, etc., tous les problèmes générés par le télétravail, c'est aussi potentiellement des situations à risque. Donc il faut qu'il y ait des vaccins et que la vaccination s'organise dans le cadre de respect du secret médical aussi, parce que ça, c'est un problème qui nous remonte de la part des salariés.
La semaine prochaine, à la CGT, vous organisez une nouvelle mobilisation contre la réforme de l'assurance chômage. Je rappelle que le 1er juillet, les allocations ne seront plus calculées de la même façon. Selon l'UNEDIC, plus d'un million de personnes toucheront des allocations plus faibles qu'avec les règles actuelles. En revanche, selon le gouvernement, le système amendé ces dernières semaines sera plus juste. Est-ce que le système actuel est juste ?
Le système actuel n'est pas juste, parce que les privés d'emploi sont déjà pénalisés. Je vous rappelle que la réforme, elle a déjà eu un premier effet au 1er novembre de l'année dernière. On parle de la deuxième partie de la réforme. Elle n'est pas juste, parce que quand on est jeune et qu'on sort des études et qu'on n'a pas de boulot, on ne touche rien. Comment on s'occupe de ces jeunes ? Mais la réforme dont on parle là, du gouvernement, va encore accentuer ces inégalités. C'est 1,7 million de personnes qui vont être impactées et donc qui vont voir leurs indemnités baisser. 1,7 million de personnes. C'est donc les plus faibles, les plus précaires qui vont être pénalisées.
Et puis, je crois l'avoir entendu sur votre antenne aujourd'hui, le ministère découvre, alors que ça fait six mois qu'on lui dit, que dans les pénalisés, il y en aura encore plus. c'est notamment les femmes en congé maternité, puisque ces jours-là pénaliseront les indemnités et puis ceux qui seront en arrêt maladie. Donc c'est une réforme super injuste.
Le gouvernement affirme qu'il est prêt à remédier à cette situation-là, à revoir sa copie. Est-ce qu'il voulait confirmer sur la situation de ceux effectivement qui ont été en congé maladie, en congé maternité, en chômage partiel ?
Je vous le répète, depuis six mois qu'on les alerte sur cette situation particulière, on n'a jamais eu de réponse. Il est, j'allais dire, mieux vaut tard que jamais. Mais ça ne règle pas le problème de fond. C'est-à-dire que le chômage augmente, la pauvreté augmente. Eh bien, sur qui on tape, si je puis dire, sur ceux qui en ont le plus besoin. Vous voyez, M. Macron a démarré son quinquennat en supprimant l'impôt sur la fortune, un vrai signe, les plus riches, favorisés. Eh bien, on est à sa quatrième année, à la fin de son quinquennat. Eh bien, il renforce les mesures contre les chômeurs, contre les privés d'emploi. Je crois que c'est un bon résumé de ce quinquennat.
Ça fait plusieurs mois qu'avec d'autres syndicats, avec la CFDT, avec Force Ouvrière, vous combattez cette réforme avec une mobilisation très faible. Qu'est-ce qui va changer dans les prochaines semaines, le 1er juillet approche ? Est-ce que vous pensez inverser encore la tendance ?
Premièrement, il faut de la mobilisation sur un sujet qui n'est pas le plus simple. Premièrement, les conditions sanitaires reconnaissent-le avec moi ne favorisent pas forcément les mobilisations, ce qui n'empêche pas qu'on en fasse. La deuxième chose, c'est que l'assurance chômage, contrairement aux retraites, par exemple, la retraite, tout le monde pense qu'il va y arriver à juste titre. Le chômage, tout le monde veut l'éviter. Et donc, il faut expliquer aux salariés qu'il y a besoin de solidarité, que ce n'est pas en pénalisant, on n'est pas chômeur professionnel, et donc que c'est une réforme injuste, et donc il faut élargir.
C'est l'objectif qu'on se fixe avec une mobilisation le 23 avril prochain dans certaines régions qui vont s'additionner à d'autres mobilisations. Je pense aux mobilisations dans les Fonderies, à la SAM, à Decazeville, à MBF, samedi prochain, à Saint-Claude. C'est l'accumulation de ces problèmes qui peut faire en fait un rapport de force suffisant qui, j'espère, se traduira encore plus fort le 1er mai.
Le rapport de force, il est aussi chez EDF en ce moment. Là aussi, réforme toujours contestée également, le gouvernement vient de communiquer son projet. La maison mère d'EDF resterait publique, mais une filiale serait en partie ouverte au privé. Elle inclurait la vente d'électricité, le réseau de distribution, les énergies renouvelables, les services. EDF, vous le savez, est très endetté. Est-ce qu'EDF a le choix aujourd'hui, Philippe Martinez ?
En tout cas, le gouvernement, oui. En tant qu'actionnaire pratiquement unique, il a le choix de donner de l'argent, d'investir dans son entreprise comme le font des actionnaires privés d'ailleurs. Mais ce qui est paradoxal dans ce projet, c'est qu'on nous dit qu'on veut renforcer EDF en le découpant en morceaux. Le nucléaire d'un côté, l'hydraulique, c'est-à-dire les barrages de l'autre, et puis en ouvrant au privé une troisième filiale.
Avec un public qui resterait majoritaire, c'est ce que répète
le gouvernement. On a quelques exemples depuis très longtemps d'entreprises où on dit que ce n'est pas une privatisation, c'est juste une ouverture. Prenons NJ, par exemple, ou d'autres. Est-ce que vous pensez que le gouvernement
prépare là la privatisation d'EDF ?
On a total ou en partie. Quand on éclate l'entreprise en trois et qu'on dit celle-là, sur les énergies renouvelables d'ailleurs, qui est l'avenir de l'énergie, on peut s'interroger. Donc oui, l'État, actionnaire, comme un actionnaire privé, doit investir parce que l'énergie...
Notamment dans le nucléaire, Philippe Martinez, ça c'est le grand argument d'EDF qui défend son parc nucléaire. Est-ce que la CGT défend toujours le nucléaire ?
Bien sûr. C'est ma dernière question. Bien sûr, parce que c'est une énergie écologique. Ce que disent
la plupart des écologistes.
En tout cas, tous les rapports montrent qu'en termes d'émissions de CO2, c'est quand même mieux... Sur le CO2. C'est quand même mieux que l'essence, le charbon ou d'autres. Donc, par contre, il faut rééquilibrer la part du nucléaire avec les énergies renouvelables. En tout cas, pour me résumer, c'est un bien fondamental, l'énergie, qui devrait être public. On ne spécule pas avec l'énergie et il y a besoin d'argent pour développer de la recherche dans le renouvelable comme dans le nucléaire. Il y a des projets qui ont été stoppés. Eh bien, la recherche a besoin d'argent. Philippe Martinez, merci. Merci à vous.
Le secrétaire général de la CGT, invité Éco de France Info.