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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 avril 2020 18 min

Aurélien Pradié : « Cela fait 15 jours que je vois le Président se déguiser ! »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour viendra dire bonjour merci beaucoup d'être avec mon député du lot général et à marseille le professeur est ce que c'est le rôle du président de la république est ce qui prend pas un risque en donnant l'impression de crédibiliser un chercheur c'est sûrement le rôle d'un président de la république que d'aller voir ce qui peut fonctionner c'est le rôle d'un président de la république d'accepter potentiellement une prise de risque pour le bien de ses concitoyens je me demande juste si c'est le rôle du président de la république d'aller se promener à marseille je le dis très sincèrement depuis le début de la crise j'ai évité tout esprit de polémique et donc je n'ai pas l'intention d'y rentrer aujourd'hui mais je dois vous dire que je me lasse un peu toutes les 48 heures de voir un nouveau déplacement un nouveau déguisement pour le chef de l'état s'est pas tout à fait le moment la communication dans une période comme celle ci allait sûrement importante mais pour moi elle est secondaire pas de communication politique j'espère donc qu'ils hier c'était pas seulement un acte de communication politique mais bien un acte politique oui bapt et moi j'ai l'habitude de dire les choses mais je pense qu'on a prié trop l'habitude de ne pas les dire ça fait 15 jours que je vais le président de l'adil se déguiser allez ici ou là parfois au mépris de toutes les règles sanitaires vous allez on passe notre temps y compris nous les politiques à dire à nos concitoyens restez chez vous ne faites pas d'attroupement ne vous mettez pas à proximité les uns des autres et donc je vous le dis comme je le pense à magas dans un moment comme celui ci où moi je me retiens de faire la polémique de voir le président a admis qu céder à des tentations de communication quand on va dans un hôpital faire semblant de se faire applaudir quand on va dans un quartier de la banlieue parisienne créer un attroupement pour faire des selphy moi je suis désolé mais si on est en guerre on n'est pas en guerre lorsqu'on veut laisser les filles voilà donc je dis les choses très clairement comme je les pense d'autant que véritablement depuis le début ces cris je n'ai fait je n'ai jamais pris le chemin de la polémique politicienne donc j'attends que ce soit aussi le cas du président la république et du gouvernement faut que nous soyons tous à la hauteur vous attendez de cette histoire j'attends que le chef de l'état fixe le cap et je le redis je n'aurai aucune critique politicienne à son égard parce que c'est pas le moment et c'est pas le propos j'attends qui fixe un cap clair à la fois sur les questions de confinement moi je pense que le confinement doit durer aussi longtemps que nécessaire et qu'il est temps de le dire clairement aux français quitte à fixer une date lorsque je pense qu'aujourd'hui des esprits sont prêts les français sont responsables et sont capables d'entendre cela l'incertitude c'est ce qu'il ya de pire j'attends des réponses claires sur la question des masques du port des masques généralisée pour nos concitoyens de la généralisation des tests aussi et autant de questions qui méritent pas nécessite pas des opérations de communication mais des résultats très concrets est ce que oui ou non notre pays va enfin ans passés à la généralisation du port des masques est ce que oui ou non on va enfin passer une étape supérieure dans les tests comme d'autres pays voisins ou du monde l'ont fait sur ces questions là il faut qu'on ait une réponse claire et le temps du blabla politique pardon de vous le dire ce sera pour une autre fois j'attends lundi que la parole soit clair précise brève et qu'elle ne soit pas de la dentelle je ne sais pas ce que je sais simplement c'est que la situation actuelle démontre la faillite de l'état je cible pas le gouvernement en particulier mais au fond pourquoi les maires prennent ces initiatives parce que les mères sont au contact direct du terrain et qu'ils n'ont pas l'habitude de rester spectateur de la situation pourquoi est ce que les collectivités commandes des masques qui sont réquisitionnés de force sur le tarmac des aéroports par par les préfets représentant l'état un gouvernement parce que l'état a failli sur toutes ces missions là et si aujourd'hui les collectivités lancent des initiatives pour protéger leurs concitoyens avec le port du masque c'est parce que l'état tourne autour du pot refuse de prendre une décision sur ces sujets c'est simplement la démonstration que les collectivités prennent la place que l'état n'a pas su prendre et donc j'invite le ministre de l'intérieur avant de faire la leçon aux collectivités a assumé son rôle de ministre de l'intérieur que l'état fixe le cap sur les basques et alors je pense que toutes les collectivités s'y mettront j'ajoute par ailleurs que pour moi le port du masque même s'il est controversée dans la communauté scientifique ne peut faire de mal à personne on n'est pas sur un traitement médical on est sur un port de masques et qui permet de protéger et de préserver donc ce principe là de précaution ne paraît pas inutile et je trouve que franchement c'est beaucoup d'énergie consacrée par le ministre de l'intérieur a à ce sujet là si les collectivités et font bien qu'il les laisse faire l'autre question qui se pose c'est celle du traçage numérique vous vous y êtes opposé pourquoi je me suis opposé pour une raison de principes alors je sais que ça paraîtra peut-être passé moi l'expression un peu vieux con de vous dire que c'est une question de principe mais pour moi c'est l'essentiel je considère que c'est dans les moments de crise dans les moments de turbulence que l'on teste la solidité ou la volatilité des grands principes républicains et la liberté individuelle c'est un grand principe républicain et moi j'attends des responsables politiques et des députés de la nation qui sont d'abord les garants des libertés individuelles qu'il ne faiblissent pas dans cette période là et donc pour moi cette porte ouverte vers le pistage numérique de nos concitoyens je ne le souhaite pas ça fait partie des principes auxquels je ne souhaite pas déroger et donc je le dis comme un élément de prêt ainsi par ailleurs j'ajoute que je ne comprends pas à quoi ça sert le vrai sujet c'est pas le tracking c'est pas le pistage nos concitoyens le vrai sujet c'est la généralisation du port du masque c'est la généralisation des tests une fois qu'on aura traité ces deux questions fondamentales pardonnez moi de vous lire on pourra se payer le luxe de gadgets numériques qui permettent de suivre et de piste et nos concitoyens mais ne nous trompons pas de sujet et je veux bien le gouvernement tenté de faire de la mousse autour de cette question là mais on traitera de cette question là une fois qu'on aura été capable de traiter de la question des basques et des tests ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui une étape après l'autre votre position j'ai d'abord toujours l'habitude de plus n'auraient pas des positions qui ne sont personnelles défaut parfois mais je tâche d'être conforme à mes convictions intimes donc c'est d'abord une prise de position personnelle ce que j'observe c'est que nous en avons beaucoup discuté au sein du groupe est républicain et que je pense pour le dire aujourd'hui une bonne majorité de nos collègues auront cette extrême méfiance sur ce sujet faut pas qu'on cède aux effets de mode je le redis c'est dans les moments où le bateau chahutent dans les moments de guerre pour reprendre l'expression du président de la république que l'on voit si les valeurs ce bronze ou se brise pour reprendre une citation célèbre et donc je vois beaucoup de mes collègues peut-être l'avoir regardée au début sans trop de méfiance aujourd'hui se dire que finalement il ya quand même un vrai sujet et que le danger c'est de détourner notre attention des vrais questions je le redis les masques et les tests et après on verra le reste je ne sais pas s'il y aura une position de groupe en tous les cas moi je m'y opposerai personnellement je les dis très librement et je n'ai pas l'habitude de tourner autour du pot sur sur des questions aussi aussi essentiel à mes yeux et je pense par ailleurs que le débat sera très ouvert au parlement vous savez nous on n'est pas le groupe la république hermarch talent petit doigt sur la couture du pantalon donc ça nous arrive parfois d'avoir des convictions différentes au sein du groupe et elles s'exprimeront le moment venu justement sur le confinement vous avez parlé on peut avoir le débat je suis tenté de faire confiance à celles et ceux qui pilotent je me lasse de débats inutiles je reviens en commission à l'assemblée c'est très heureux on discute de tout depuis une semaine parfois pardon de le dire mais j'ai un peu le sentiment que c'est pour amuser la galerie y compris sur la mission d'information autour de ce sujet bon on parle on parle beaucoup on écoute beaucoup est ce que pour autant en avant j'en sais rien moi je fais confiance au gouvernement sur la question de déconfinement je lui demande simplement de me dire clairement les choses je vais pas jouer le ministre de l'intérieur j'ai pas joué le ministre la santé ou pour ministre je souhaite simplement qu'il nous dise où est ce qu'ils veulent aller parce que c'est ça le problème c'est qu'on a objectivement le sentiment que le cap n'est pas très précis une fois qu'on saura où ils veulent conduire notre pays alors on ira ce que nous en pensons mais on peut pas laisser cette période d'incertitude aussi vaste de la même manière je redis que pour moi le confinement doit être aussi durable que nécessaire il n'est pas question de des conflits nés trop tôt pour céder à je ne sais quelle pression l'urgence est de conserver les bénéfices du confinement aussi longtemps que nécessaire vous dites que la mission de suivi à l'assemblée parfois vous avez l'impression que c'est pour amuser la galerie est ce que ça veut dire que les républicains vont maintenir leur demande de commission denquête je l'imaginais nous savons qu'il ya des questions de calendrier il faut pas annoncer ce que ne met pas capable de tenir sur sur ces sujets donc il faut qu'on soit extrêmement rigoureux et vigilant pour l'instant participent à cette mission d'information et je le redis l'heure n'est pas à la polémique le temps viendra de tirer les enseignements et demander des comptes sur cette situation c'est pas encore le moment moi je crois au fait que nous devons respecter nos concitoyens respectent et non soignants respecter celles et ceux qui sont engagés en ne créant pas des polémiques inutiles durant cette période il n'empêche que l'on doit tirer tous les enseignements et que la mission d'information telle qu'elle est organisée aujourd'hui au fond c'est plus une mise en scène du gouvernement que les réponses à ce véritable question que les parlementaires peuvent avoir d'autant que les questions on les tire à après c'est pas en pleine crise que l'on tire toutes les leçons d'une situation je crois que c'est après qu'il faut en effet si cette mission d'information ne suffit pas que les républicains utilisent tous les outils parlementaires en leur possession pour faire la lumière sur tous les sujets non je ne sais pas il avait sûrement quelque chose en tête et si notre président de groupe a exprimé cette position c'est parce qu'il était aussi je crois soucieux que nous puissions faire la lumière sur la situation on verra comment les choses s'annoncent que je peux simplement vous dire c'est que on sent dormira pas après la crise et que en effet on tirera tous les enseignements pas seulement de vendre des comptes au gouvernement mais tirer les enseignements sur l'organisation d'etats sur la manière dont notre pays s'est affaiblie sur bien des sujets sans toutes ces questions qu'il faut poser qui ne concerne pas que ce gouvernement il le concerne mais pas seulement ancien aussi quelques décennies d'organisations nationales il ya de plus en plus de voix qui s'élèvent contre le maintien du premier tour ne porte pas une écoutez franchement le gouvernement arrête de nous prendre pour des idiots ce serait bien la première fois qu emmanuel macron écouterez l'opposition en maintenant en ayant maintenu le premier tour des élections c'est une décision qui a été prise par le président de la république personnellement j'ai insisté la première réunion qui est lui à matignon je représente et christian jacob le président des républicains et à cette époque là la question a été posée clairement au point ministre de savoir si nous devions envisager de l'annulation du premier tour et il a répondu je le dis clairement assez goguenard d'ailleurs en nous disant qu'il n'était pas question que s'il le faisait on l'accuserait je cite deux changements changer de régime politique donc déjà à cette époque là c'est le premier ministre lui-même qui a tamponné la feuille en dix ans il y aura le maintien du premier tour des élections municipales dont conviennent pas à porter accusations auprès des oppositions de l'avoir fait d'autant que à cette époque là je le redis nous nous avions des informations données par le gouvernement qui nous disaient qu'il n'y avait aucune raison d'annuler le premier tour des élections municipales si le gouvernement nous avait dit que pour des raisons sanitaires il fallait annuler vous imaginez bien que le sens des responsabilités que nous avons fait primer la santé de nos concitoyens avant les enjeux électoraux jeudi au gouvernement attention je dis aux curieux présents la république attention on veut bien vous faire confiance on veut bien considérer que les questions sanitaires évidemment prime sur tout le reste mais pas d'entourloupe pas d'entourloupe sur ces sujets et donc il faut pas tirer la corde trop fort dès la rentrée d'octobre nous devons pouvoir tenir le deuxième tour des élections comme on bidouille pas un machin avec des élections municipales regroupés au départemental puis régional qui arrangerait politiquement le pouvoir c'est dans des moments comme ça si on veut être à la hauteur nous les oppositions mais aussi la majorité et l'exécutif il faut pas tenter de profiter des situations d'en profiter politiquement je dis donc à l'exécutif ne tentait pas de profiter de la situation des chiffres hier à ces bâtis gino un déficit prévu à 7 6% une dette à 112 % en 2020 on sait les républicains attachés à la dette au déficit est ce que il faut faire une croix sur la réduction de la dette et du déficit je n'ai jamais cru aux solutions magiques je n'ai jamais été obsédé matin midi et soir par les chiffres budgétaires lit clairement je me réveille pas le matin en regardant l'état de nos comptes publics c'est sûrement une erreur de ma part mais pour autant je suis attentif et je considère pas qu'on puisse passer l'ardoisé magique tout effacer et et repartir comme 1,40 pour que dans quelques décennies on refasse la même chose la dette publique s'est pas c'est pas un objet politique en soi la dette publique c'est le risque de voir affaiblir la souveraineté notre nation l'indépendance de notre nation et dans la période que nous connaissons nous voyons à quel point cette indépendance a dit ultra précieuse et que nous l'avons perdue donc si je dis que la dette de l'état est un sujet majeur c'est pas pour la dette de l'état lé même moi je suis pas un contrôleur de gestion je suis un responsable politique mais c'est simplement parce que les conséquences de cette date là sont des conséquences lourdes politique sur la souveraineté sur l'indépendance de notre nation voilà pourquoi je ne crois pas en l'effacement des dettes dans le cas je ne crois pas dans cette piste là si elle n'ouvrait pas vers des changements radicaux là qu'on peut pas effacer l'ardoisé et repartir avec les mêmes méthodes cette réflexion elle serait acceptable remettre la politique au coeur de tout savoir ce que l'on veut faire de ce pays arrêtez de chercher simplement à faire des réglages alors même qu'il s'agit de redonner un cap à notre relation je considère par exemple que sur les sujets industriels 6 2 mais nous disons qu'il ya des secteurs stratégiques pour notre relation c'est lequel l'éducation c'est lequel la santé c'est le cas de plusieurs autres sujets qu'il faut identifier si ces sujets sont stratégiques alors on doit pouvoir y consacrer de la dépense publique des dépenses publiques utiles si vous ne s'appellera plus tout à fait de la dépense publique qui s'appellera de l'investissement public voilà ce que ce que je dis simplement mais tant qu'on n'aura pas fait notre notre révolution sur ces questions politiques stratégiques c'est pas la peine de modifier les outils mai outil on les ajuste au choix politique que nous voulons faire je pense qu'il faut qu'on réinterroge notre modèle rien de révolutionnaire dans ce que je dis réinterrogée ça veut dire se poser de bonnes questions est ce que notre modèle fonctionne je pense que non est ce qu'il est arrivé à bout de souffle sur bien des sujets je pense que oui je pense qu'ils n'apportent plus notamment de notre modèle économique aujourd'hui autant de d'émancipation humaine qu'il a pu apporter durant des décennies et donc je ne suis pas un révolutionnaire en dix ans je disant cela je dis juste qu'on ne peut pas subir cette crise et se dire en se lavant les mains on repartira comme en 40 donc on devra se poser les vraies questions et sûrement modifier notre modèle notre modèle social notre modèle économique et à partir de là on dira aux français quels efforts doivent être faits et quelle méthode budgétaire doivent être appliquées comment positionner écologistes je pense qu'il ya un vrai chemin pour la droite républicaine quelle est la famille politique qui a été la plus audacieuse du rang des décès c'est la droite républicaine est au fondement de la droite républicaine il ya le général de gaulle il y à cette idée du gaullisme qui était une idée incroyablement audacieuse le gaullisme c'est d'abord l'audace la capacité à apporter des réformes que beaucoup n'auraient pas imaginé à l'époque le gaullisme c'est l'idée que la france doit être indépendante sur des sujets stratégiques le gaullisme c'est audi aussi l'idée selon laquelle l'économie ne fait pas tout qu'elle est essentielle et vitale et que l'on n'est pas commandé par le capitalisme financier qu'on ait commandé par la volonté de voir progresser une certaine idée de la nation bref tous ces sujets y compris des sujets environnementaux y compris les sujets sociaux ce sont des sujets sur lesquels la droite durant des décennies a imprimé sa marque a durablement transformé le pays et je pense qu'il faut que nous résignerons la droite pas que nous la d re assignons pas que nous les inventions un mode de pensée qui ne serait pas le sien non que nous en revenions simplement à nos fondamentaux et je pense donc que cette crise est une belle opportunité pour la droite républicaine de redevenir ce grand mouvement populaire ce grand mouvement réformateur ce grand mouvement audacieux qui donne du sens à la politique je pense que c'est le vrai retour du politique de la politique et ce retour là le nouveau monde celui d'emmanuel macro et la république est en marche et est capable de le porter parce qu'ils sont l'incarnation de tous même verse de la bureaucratie de la technostructure des experts plus ou moins crédibles et de la fin du politique alors même que l'époque qui nous arrive est celle je crois du retour du politique merci beaucoup merci à vous