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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 19 juin 2024 9 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleImmigration & asile

Législatives : la rupture d’Éric Ciotti divise les électeurs LR - Reportage #cdanslair 18.06.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 10 %

Questions et réponses

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  • 0:27OuverteÉludée

    Une fidèle très en colère contre le ralliement du président des Républicains au Rassemblement National.

  • 0:51OuverteÉludée

    Marine Le Pen, Jordan Bardella, beaucoup de promesses et un programme économique qu'elle ne juge pas fiable.

  • 1:14OuverteÉludée

    Elle aussi a toujours voté pour l'UMP, les Républicains. Et elle aussi a des doutes sur la capacité du parti d'extrême droite à gouverner.

  • 1:22OuverteÉludée

    Pourtant, Gabriel comprend l'alliance de la droite avec le RN, pour une raison.

  • 1:59OuverteÉludée

    Pour elle, en cas de second tour RN Nouveau Front Populaire, ce sera une voie pour le parti de Marine Le Pen.

  • 2:20OuverteÉludée

    Aux dernières législatives en 2022, c'est la majorité présidentielle qui était arrivée en tête au second tour à Versailles.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57PrésentateurFait
    « comme l'abrogation de la réforme des retraites. »
  • 1:32InvitéFait
    « Et les gens qui viennent en France, ils ont quand même de sacrés avantages, au bout du compte. »
  • 1:40InvitéFait
    « qu'un garçon, ça ne se voit pas près d'une fille. »
  • 1:52InvitéFait
    « Dans les hôpitaux, il faut être soigné par des femmes et pas par des gens. »
  • 3:23InvitéFait
    « Pourquoi Emmanuel Macron avait pris le temps d'intégrer l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. »
  • 3:31InvitéFait
    « Pourquoi l'Assemblée nationale avait, je cite, perdu du temps à travailler sur un projet de loi sur la fin de vie. »
  • 4:45InvitéFait
    « ce que le regretté Laurent Bouvet appelait l'insécurité culturelle. »
  • 5:57InvitéFait
    « « Tu m'as ramené que des pipes », je cite, et Marine Le Pen a dû intervenir pour calmer le jeu »
  • 6:43InvitéFait
    « il y a eu un vote unanime pour dire non à l'alliance avec le RN. »
  • 6:55InvitéFait
    « Moi, si j'ai le choix entre un LFI et un RN, je vote RN. »

Temps de parole

  • Invité22 %
  • Invité 217 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 314 %
  • Présentateur 211 %
  • Présentateur 310 %
  • Invité 47 %
  • Invité 54 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

C'est une ville conservatrice, catholique, à l'image de celui qui est arrivé en tête aux élections européennes et réside dans la cité royale, François-Xavier Bellamy. À Versailles, les Républicains ont recueilli 23,5% des voix, dont celle de Josette, retraitée, fidèle entre les fidèles du parti.

0:18
Invité

Voilà, il n'y a plus de noix. Non. Les noix, c'est surtout en hiver, parce qu'après, on était à ce... Oui, à la France 6. Le printemps, ça rentre.

0:27
Présentateur

Bien sûr. Une fidèle très en colère contre le ralliement du président des Républicains au Rassemblement National.

0:34
Invité

Ça, il ne faut pas m'en parler, dire que ceci, je ne veux pas me souffrir. J'ai jamais pu me souffrir, alors ce n'est pas aujourd'hui. Parce que lui, c'est un prêtre. On ne s'en va pas. On est blanc et puis le secours va noir. Ça ne va pas. Non, non.

0:49
Présentateur

Le RN pour elle, c'est non. Marine Le Pen, Jordan Bardella, beaucoup de promesses et un programme économique qu'elle ne juge pas fiable, comme l'abrogation de la réforme des retraites. Ce n'est pas faisable.

1:01
Invité

Les grands patrons, ils m'en fichent le pas à l'étranger. Ils vont dire, oui, c'est pas possible. C'est pas possible. Vous vous rendez compte ce que ça coûte ? Non, c'est pas possible.

1:14
Présentateur

Elle aussi a toujours voté pour l'UMP, les Républicains. Et elle aussi a des doutes sur la capacité du parti d'extrême droite à gouverner. Pourtant, Gabriel comprend l'alliance de la droite avec le RN, pour une raison.

1:27
Invité

Ce qu'eux disent, ce que tout le monde pense. On est en France, on vit en France. Et les gens qui viennent en France, ils ont quand même de sacrés avantages, au bout du compte. Alors, ils adaptent leur religion, leur façon de vivre, à notre façon de vivre. C'est inadmissible qu'ils se permettent dans les écoles, qu'un garçon, même au lycée, je l'ai entendu dire, qu'un garçon, ça ne se voit pas près d'une fille. Non, mais je rêve, là. Dans les hôpitaux, il faut être soigné par des femmes et pas par des gens. C'est inadmissible. Non, ça ne va pas.

1:59
Présentateur

Pour elle, en cas de second tour RN Nouveau Front Populaire, ce sera une voie pour le parti de Marine Le Pen. Tout pour faire barrage à l'alliance de la gauche qu'elle considère irresponsable.

2:08
Invité

C'est le sommet de la souter gratuite, on va dépenser des millions. Ça, c'est le... Alors, le laisser-aller, le laxisme, comme il n'en est pas possible. Tout gratuit, c'est étonnant.

2:20
Présentateur

Aux dernières législatives en 2022, c'est la majorité présidentielle qui était arrivée en tête au second tour à Versailles. Et nous sommes en direct avec vous, Anne Macignon. Vous êtes toujours sur place et à Versailles. Pendant ce reportage, on vous a beaucoup parlé d'un sujet qu'on a assez peu évoqué depuis le début de cette campagne. Très courte, mais quand même, c'est la question des valeurs qui est revenue dans les discussions.

2:44
Invité

Pour avoir discuté avec beaucoup d'électeurs des Républicains ici à Versailles, on se rend compte finalement qu'ils ont assez peu de divergences avec le parti du Rassemblement national. On l'a entendu dans le reportage. Il y a une divergence sur le programme économique du RN. Et il y a aussi une question qui se pose pour ces électeurs. C'est la question de l'Ukraine. Il faut absolument qu'on continue à soutenir l'Ukraine, me disait une retraitée sur le marché, bien consciente que le Rassemblement national de Marine Le Pen se range finalement derrière la Russie de Vladimir Poutine.

Mais finalement, ces deux préoccupations, ces deux inquiétudes sont assez vite balayées par les électeurs de droite parce que ce qui compte pour eux dans cette élection, ce sont les valeurs. C'est une question de vision de la société, me disait une commerçante. Elle, par exemple, n'a pas compris pourquoi Emmanuel Macron avait pris le temps d'intégrer l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Pourquoi l'Assemblée nationale avait, je cite, perdu du temps à travailler sur un projet de loi sur la fin de vie. Ces deux questions ne sont pas existentielles, me disait-elle. Il y a tellement de sujets beaucoup plus importants pour les Français.

On s'est rendu compte ici à Versailles, après avoir parlé à beaucoup d'électeurs, ils sont finalement assez conservateurs et donc assez frileux de l'évolution de la société sur certaines questions. Et c'est pour ça que même s'ils sont proches du programme économique du parti présidentiel, ce qui compte pour eux, c'est la société dans laquelle ils vivent et la manière avec laquelle cette société va évoluer dans les prochaines années. Et c'est pour ça qu'ils sont assez favorables, du moins pour la plupart, à un rapprochement avec le Rassemblement national et à une union des droites prônée également par le président du parti Les Républicains, Éric Ciotti.

4:11
Présentateur

Merci beaucoup Anne Macquignon. On va rebondir sur ce que vous étiez en train de nous expliquer. Avec vous, vous écoutiez attentivement ce développement d'Anne. Et vous me disiez que c'est aussi une des motivations du vote.

4:22
Invité

C'est très intéressant d'avoir ce reportage et d'entendre ces personnes. Parce que qu'est-ce que l'on découvre ? On découvre que l'éventuel rapprochement avec le Rassemblement national, sa dynamique, est nourrie par des gens qui ne souffrent pas économiquement. Ce n'est pas simplement l'insécurité économique et sociale qui pousse des Français à rejoindre le Rassemblement national. C'est aussi ce que le regretté Laurent Bouvet appelait l'insécurité culturelle. C'est-à-dire qu'un mode de vie, des valeurs auxquelles on croit, une société dont on considère, à tort ou à raison, ce n'est pas le problème, qu'elle bouge trop vite.

Et voilà, beaucoup de ces électeurs ne supportent plus cette espèce de changement extrêmement trop, peut-être à leurs yeux, rapides des valeurs, de la manière de vivre. Ce que l'on dit sur l'euthanasie, sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution, oui, c'est peut-être des mesures qui ont coûté cher à une majorité, qui s'est séparée à ce moment-là des électeurs de droite, qui sont d'accord au fond avec Emmanuel Macron sur le terrain social et économique, mais qui sur le terrain des valeurs se sentent à des années-lumière de ce qu'ils représentent.

5:34
Présentateur

Ce qui était intéressant dans ce que disait Anne aussi, c'est que dans les personnes qu'elle a rencontrées à Versailles, il y avait plutôt un soutien sur la stratégie d'Éric Ciotti, alors que quand on regarde au bout du compte avec combien de députés il arrive, ce n'est pas grand-chose, il arrive avec deux personnes, lui et une autre élue.

5:51
Invité

D'ailleurs, on m'a rapporté une scène assez édifiante qui montre qu'Éric Ciotti n'a pas forcément fait un super choix de carrière, c'est qu'il y a quelques jours, Jordan Bardella l'a interpellé en lui disant « Tu m'as ramené que des pipes », je cite, et Marine Le Pen a dû intervenir pour calmer le jeu, en lui disant « Tu ne lui parles pas comme ça », de ce qu'on m'en a raconté en tout cas. Et effectivement, il n'a pas été suivi, il est parti globalement assez seul, c'est un attelage totalement hétéroclite, où ils ont pris un petit peu des gens de chez Marion Maréchal, etc., des gens du Sud, bon bref, tout ça est une espèce de petite mayonnaise.

Ce qui est intéressant, vous étiez à Versailles, c'est la ville de François-Xavier Bellamy. Au sein des Républicains, aujourd'hui, on se dit « Est-ce qu'il y en a d'autres, des jaunes, là, dans le tas ? » Des jaunes, des traîtres ? Des jaunes, des traîtres. Et tout le monde regarde François-Xavier Bellamy avec inquiétude en se disant « Est-ce qu'il n'est pas capable de riper lui aussi à un moment pour devenir ministre d'Éducation nationale d'Arjordan Bardella ? » Pourquoi ?

Parce qu'au lendemain de la décision unanime du bureau politique des Républicains, canal historique, parce que maintenant il faut, donc, canal historique, non Ciotti, je précise, il y a eu un vote unanime pour dire non à l'alliance avec le RN. Le lendemain, François-Xavier Bellamy est à la radio et dit « Moi, si j'ai le choix entre un LFI et un RN, je vote RN ». Ça, ça a été extrêmement mal vécu, et sur les boucles des députés et les Républicains, il s'est fait exploser, pardon de dire comme ça.

7:07
Présentateur

Cette question de Gilles Angironde, ne sommes-nous pas dans un contexte où l'émotionnel a pris le dessus sur le rationnel ? C'est un peu ce que vous nous disiez tout à l'heure, Pascal Perrineau.

7:16
Invité

Bien sûr, vous savez, un collègue américain a écrit il y a quelque temps un ouvrage qui est très intéressant, il s'appelle « Le citoyen sentimental ». Nous sommes des citoyens sentimentaux, ben oui, avec des affects, et parfois notre rationalité, la lecture des éléments objectifs qui devraient fonder notre choix, n'est pas au premier plan. Et on peut voter même contre nos intérêts sociaux et économiques. Peut-être, au fond, que des ouvriers vont voter contre leurs intérêts sociaux et économiques pour le RN, peut-être que des bourgeois bohèmes vont voter contre leurs intérêts sociaux et économiques en choisissant le nouveau Front populaire.

Donc, c'est à ce moment-là, en effet, le citoyen sentimental, l'électeur affectif, qui l'emporte, et on ne peut pas lui reprocher dans la vie, on fonctionne beaucoup avec des affects.

8:07
Présentateur

Le patron sentimental, je ne sais pas. Oui, mais parce que je pense qu'on peut filer la métaphore jusqu'à ce que l'on vit dans les transformations économiques. Parce que quand vous entendez toute la journée dans votre entreprise, quelle que soit la taille de l'entreprise, que l'IA peut vous remplacer demain, que vous n'allez plus obéatoirement servir à grand-chose, que dans les territoires, malgré tout, les usines ne sont pas encore revenues bien loin de là, puisqu'on vit un frémissement de réindustrialisation. Et ça avait été très bien exprimé au moment des Gilets jaunes. Et on est toujours là-dedans. On est dans cette peur du déclassement. Alors, est-ce que cette peur est un sentiment ?

Je ne sais pas. Mais en tout cas, je pense que ça joue aussi beaucoup. Et c'est très intéressant de traverser vraiment la France et de regarder tout ce qui peut être écrit un peu partout. Qu'est-ce qui nourrit aujourd'hui le vote des extrêmes et les doutes ? L'absence de services publics, les postes qui ferment, les dépôts de pain qui ne sont même plus ouverts dans des petites communes. Et c'est ce sentiment de déclassement et d'être maltraité par la métropole, par les grandes villes, toute la politique de la voiture qui a été menée pour des raisons qui peuvent totalement se justifier d'un point de vue économique, d'un point de vue sociétal, d'un point de vue santé.

Mais aujourd'hui, ça a des impacts dans le vote. Alors, c'est un sentiment ou non, mais tout ça, ça joue. Oui, je pense que cette peur du déclassement et de la nouvelle société, mais pas que sociétale, elle pose question sur qu'est-ce que demain nous devrons faire pour en faire partie, d'une certaine manière.