Chine | Rencontre avec les acteurs économiques français et allemands à Shanghai
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- 1:00E. MacronFait
« Nous sommes dans un contexte international qui est de plus en plus bousculé, que les tensions commerciales sont aujourd'hui néfastes pour la croissance mondiale »
- 2:00E. MacronPromesse
« On va signer, à Pékin, dans 2 jours, ce qu'on avait lancé en mars dernier avec le président Juncker et la chancelière Merkel à Paris, c'est-à-dire, cet accord sur, justement, les indications géographiques »
- 4:00E. MacronFait
« La coopération sino-européenne revêt un atout tout particulier. Notre capacité à bâtir un agenda, à se donner ensemble de la visibilité est absolument décisif »
- 5:00E. MacronFait
« Il ne faut avoir ni stigmatisation ni naïveté, mais on a besoin d'avoir une vraie coordination européenne pour avoir un vrai dialogue et un vrai partenariat à établir en transparence »
- 12:00P. HoganChiffre
« Chaque jour, un échange de 1,7 milliards d'euros entre l'Europe et la Chine »
- 13:00P. HoganFait
« Nous avons besoin d'un jeu d'outils plus important qui nous permettra d'éviter d'être pris en sandwich, de faire en sorte que nous soyons respectés et que nous jouissions également de chances égales pour nos entreprises »
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-E. Macron : Mesdames, messieurs les ministres, mesdames messieurs, M. le commissaire, merci beaucoup d'être là, je vais pas être long, au contraire, l'idée, c'est d'avoir un échange avant la foire de demain, et je voulais vraiment remercier le commissaire Hogan et Mme la ministre d'être présents avec nous ce soir, parce que je pense que c'était utile d'avoir peut-être un moment, et on avait évoqué avec Jean Lemierre, de coordination européenne.
Il y a des agendas nationaux qui existent, on a, les uns et les autres, des échanges avec nos partenaires chinois. Et la veille de cette 2e édition de la Foire internationale, il était important de, évidemment, pouvoir se croiser, mais je pense que, plus on joue en Franco-Allemands et surtout en Européens, plus on a de la crédibilité et des résultats. Et, c'est, au fond, cette conviction avec laquelle je voulais commencer pour vous dire 2, 3 choses.
C'est pas à vous que j'apprendrai que nous sommes dans un contexte international qui est de plus en plus bousculé, que les tensions commerciales sont aujourd'hui néfastes pour la croissance mondiale, qu'elles ont, dans certains de vos secteurs, un impact direct, et qu'elles créent beaucoup de pression y compris, d'ailleurs, en Chine. Et donc, c'est l'occasion, je crois, pour le président, pour l'ensemble, aussi, de la communauté d'affaires chinoise d'envoyer un message, si je puis dire d'apaisement, de pacification, d'ouverture sur ce plan-là. Et je crois très profondément qu'à ce moment-là, la coopération sino-européenne revêt un atout tout particulier.
Notre capacité à bâtir un agenda, à se donner ensemble de la visibilité est absolument décisif. Moi, je vois 3 leviers pour la construire : le 1er sur le plan économique. On va signer, à Pékin, dans 2 jours, ce qu'on avait lancé en mars dernier avec le président Juncker et la chancelière Merkel à Paris, c'est-à-dire, cet accord sur, justement, les indications géographiques, bon.
C'est un accord qui était attendu depuis très longtemps. C'est une avancée dans le cadre de la relation qui est quelque chose de très important et qui est le résultat d'un jeu commun, d'une action commune. On doit poursuivre sur le plan économique, à mon avis, au moins sur 2 choses ensemble. 3 choses, pardon.
Les partenariats concrets et sectoriels, qui existent déjà et que vous structurez, mais à qui il faut donner de plus en plus de visibilité, la finalisation de l'accord d'investissement, qui est un point-clé pour la discussion Union européenne-Chine, et qui est à l'agenda économique de 2020, et qui a déjà... en particulier quand on regarde l'avancée depuis 2017, donné lieu à beaucoup d'avantages, et, 3e point, de poursuivre un agenda commun sur le plan multilatéral, commercial, c'est-à-dire la réforme de l'OMC.
Ca, pour moi, c'est le 1er pilier de notre action sino-européenne. Comment on stabilise, comment on pacifie l'économie mondiale, comment on continue l'ouverture entre nos économies, comment on arrive à créer un agenda commun. Il y a un 2e sujet très important sur lequel il faut qu'on continue à travailler, c'est le sujet de la coopération technologique.
C'est absolument fondamental. C'est, au fond, un tabou. C'est un sujet de peur, c'est en train de devenir un sujet géopolitique.
Et ça ne doit pas être un sujet de tensions inutiles. On sait la sensibilité de certains sujets technologiques, comme la 5G. Et il ne faut avoir ni stigmatisation ni naïveté, mais on a besoin d'avoir une vraie coordination européenne pour avoir un vrai dialogue et un vrai partenariat à établir en transparence.
Et, ça, pour moi, c'est un des points qu'on doit structurer dans les prochains mois. Il n'y aura pas de résultats à court terme, là, mais, sur le plan technologique, comme on a su le faire par le passé, dans des technologies diverses et variées, on doit poursuivre cette coopération et réussir à la faire avancer, mais, pour moi, c'est le 2e axe, après l'agenda économique, l'agenda technologique, qui est clé dans la structuration de la relation. Et le 3e, qui, à mon avis, vous concerne aussi hautement, parce que c'est un sujet à la fois d'innovation et de visibilité, c'est l'agenda climatique.
Je ne crois pas qu'il y ait d'agenda commercial durable sans agenda climatique partagé. Et nous avons des rendez-vous climatiques à venir, en particulier une COP biodiversité que la Chine va organiser, donc, en 2020. On a les agendas accords de Paris à respecter, qui, au niveau des évolutions de l'Union européenne, comme des choix que la Chine aura à prendre dans les prochains mois, sont décisifs.
Et c'est un des sujets sur lequel la coopération sino-européenne est structurante. Si nous arrêtons de coopérer ou, plutôt, si nous n'intensifions pas notre coopération, nous n'arriverons pas à avoir des résultats concrets sur ce sujet. Et c'est l'agenda mondial qui peut, par voie de conséquence, être ainsi, si je puis dire, déformé ou être ralenti.
L'économie, la technologie, le climat, 3 sujets absolument décisifs, mais les 3 ont un fil directeur, et je m'arrêterai là, c'est la capacité des Européens à faire ensemble, à se coordonner ensemble pour, ensuite, parler de manière efficace avec leurs partenaires chinois. Et je pense qu'on est à un moment du fonctionnement des entreprises européennes, des gouvernements, de l'Europe, en son sein, qui justifie qu'on passe sans doute une étape, qu'on arrive à structurer davantage les choses, parce que c'est comme ça qu'on est vus de manière crédible c'est comme ça qu'on arrive à peser de manière crédible dans cet agenda. Surtout dans le moment de tensions que j'évoquais.
Je serai pas plus long. L'idée, c'est surtout de laisser mes amis réagir, me compléter, de vous entendre, et puis, de pouvoir porter aussi vos messages, vos inquiétudes, vos préoccupations, durant ces 2 jours que nous passerons ici, à Shanghai, puis à Pékin. -Merci, M. le président. (Applaudissements) (...) (Propos en anglais traduits en français) Vous avez la parole.
Vous êtes ministre de l'Education et de la Recherche en Allemagne. -A. Karliczek : Merci. (Propos en allemand traduits en français) Cher président Macron, mesdames et messieurs, je ne vais pas répéter les nombreuses choses que vient déjà d'exprimer le président Macron sur lesquels nous partageons le même avis.
Je crois qu'aujourd'hui, nous sommes ensemble sur la route vers l'avenir, l'Allemagne et la France. Nous avons, l'Allemagne et la France, beaucoup de relations intenses, des recherches intenses dans le cadre de l'Union européenne et, également, nous avons des efforts communs aussi de développer les opportunités économiques, de les développer. Et le fait que nous voulions être présents en Chine est important également.
Nous sommes présents ensemble. La Chine, si on regarde en arrière, quelques décennies, a fait une progression énorme, un développement énorme et je crois qu'elle a aussi beaucoup contribué à faire reculer la pauvreté dans le monde entier. Et c'est quelque chose que nous devons apprécier, bien sûr, et la Chine et l'Europe.
Et la Chine est devenue pour l'Europe un partenaire économique et commercial très important. Et je crois que cela montre bien combien la Chine est importante pour la Chine et pour l'Europe en général. C'est un partenaire important également dans le domaine des technologies d'environnement, pour la recherche polaire, la recherche climatique face à tous les défis planétaires.
Donc il faudrait dire, je crois, que nous pouvons uniquement nous attaquer à ces problèmes qu'ensemble. Je viens d'être récemment en Inde, et j'ai vu combien il y a de défis qui ne pourront être relevés que grâce à l'aide des grands pays ou plutôt des grands continents, si on peut le dire, qui pourront s'associer à l'Asie pour s'attaquer à ces problèmes. Il faut donc oser aussi et faire en sorte que nous ayons des relations multiples, multilatérales que nous considérions la Chine comme un partenaire, mais c'est également un concurrent auquel nous devons être confrontés maintenant.
Il y a beaucoup de choses à faire. Mais il faut que cela se fasse avec des marchés ouverts, avec une concurrence loyale. Il y a la question, bien sûr, des subventions d'Etat soulevée.
Et ce sont des aspects qu'il nous faut aborder. Pour nous, ce qui est important en Europe pour notre économie, il est important que la connaissance technologique soit protégée, que les données soient procédées, que nous travaillions et que nous coopérions avec les Chinois sur un pied d'égalité. Nous oeuvrons maintenant à un accord d'investissement avec eux et avec l'OMC également.
IL y a là de grandes possibilités qui se présentent pour pouvoir discuter de ces questions importantes et de négocier ces questions importantes avec la Chine. Et dans mon propre domaine, d'ailleurs, il y a 2 semaines, avec le collègue Wang Yang, que je rencontrerai de nouveau demain, nous avons abordé des sujets très importants relevant de la recherche, et notamment la liberté de recherche. Egalement la capacité de nos chercheurs à travailler également dans les différentes organisations et ici, en Chine.
Et pour l'Allemagne, nous voulons aussi qu'il y ait une très nette distinction entre la recherche civile et la recherche militaire. Et nous devons faire comprendre cela à la Chine, que c'est un point très important pour nous. Et si nous y parvenons, nous aurons une très bonne coopération et je crois aussi que nous pourrons aussi reconnaître les différences culturelles qui existent entre eux et nous, mais il faut que nous soyons des partenaires et des concurrents qui coexistent et qui fassent preuve d'une grande entente.
Et donc, il est important que la France et l'Allemagne les plus grands pays européens, ensemble, travaillent avec l'Europe et avec la Chine, et qu'ainsi, nos règles de multilatéralisme soient maintenues, soient entretenues, et que la France et l'Allemagne soient des pionniers, un peu, assument un rôle de pionniers, non seulement dans le domaine politique, mais également dans d'autres domaines, dans le cadre de l'Union européenne également, mais il faut aussi que politique et économie aillent la main dans la main et que nous ayons donc une bonne relation avec une si grande puissance industrielle comme la Chine. Et je crois que ce ne sera possible que si nous parvenons à réussir à établir ensemble, Allemagne et France, une position commune dans les domaines politiques, économiques, et c'est pour cela que je suis très heureuse d'être ici parmi vous aujourd'hui et d'avoir la possibilité de vous adresser quelques mots. (Applaudissements) (...) -Thank you, madame. (Propos traduits de l'anglais) Maintenant, M.
Hogan, vous avez la parole. Vous êtes commissaire à l'Agriculture et vous serez bientôt peut-être celui au Commerce. -P.
Hogan : Oui, peut-être. M. le président, Mme la ministre, chers membres des délégations françaises et allemandes du monde des affaires français et allemand, je tiens à vous remercier, en tout cas, de permettre ici à un Irlandais de venir prendre la parole devant vous à Shanghai.
Il y a beaucoup de gens que je reconnais ici dans le cadre de mes activités liées à l'agriculture. Mais j'espère qu'à l'avenir, nous ne nous limiterons pas à l'agriculture et aborderons toute une palette de domaines avec la France, avec l'Allemagne. En tout cas, c'est une tâche importante qui nous attend, difficile.
Je sais qu'en politique, on n'a jamais les carottes que l'on souhaite, mais le président Macron est quelqu'un qui mène, qui donne l'exemple dans bien des domaines qui ont été mentionnés au cours des 2 intervention précédentes. Et le rôle du commerce est énorme, bien sûr, quant à la réalisation d'un agenda plus vaste et nous n'attendons pas beaucoup de nos partenaires chinois, sauf tout simplement la possibilité d'être sur un pied d'égalité, d'échange égal. Et c'est ce sur quoi la communauté, l'Union européenne doit travailler, l'Allemagne, la France, que nous ayons donc un jeu d'outils plus fort qu'aujourd'hui et que nous ayons ainsi des moyens plus puissants lorsque nous discuterons, lorsque les choses ne se passent pas exactement comme nous le souhaitons parfois.
Nous avons, en fait, chaque jour, un échange de 1,7 milliards d'euros entre l'Europe et la Chine. Et je tiens à remercier le représentant présent ici pour tout le travail qu'il réalise pour nous tenir au courant des possibilités qui existent, des façons aussi dont nous pouvons apporter une aide, aider les entreprises européennes à davantage faire d'affaires en Chine. Et en fait, ils nous montrent quelle direction prendre parce qu'eux sont des praticiens sur le terrain.
On a peut-être de très grandes idées, de très belles idées en Europe, mais nous dépendons également des personnes qui sont sur le terrain et qui nous apportent leurs idées. Donc, j'attends beaucoup de cet engagement futur, des échanges intenses que nous aurons de façons à ce que nous puissions régler les questions qui sont les bonnes questions à régler dans notre relation avec la Chine. Il y a aussi bien des incertitudes dans le monde d'aujourd'hui, notamment la relation Etats-Unis/Chine, et parfois l'Europe est prise entre les deux.
Et c'est pour cela que nous avons besoin d'un jeu d'outils plus important qui nous permettra d'éviter d'être pris en sandwich, de faire en sorte que nous soyons respectés et que nous jouissions également de chances égales pour nos entreprises. Et enfin, je terminerai en disant que je suis également un pays du rugby, tout comme la France, et d'ailleurs, l'Allemagne apprend aujourd'hui un peu le rugby. Mais il nous faut marquer un petit peu quelques essais pour pouvoir approfondir notre relation.
Il nous faut aider l'OMC à assurer le multilatéralisme et veiller à ce que tout le monde respecte les règles et les disciplines. Mais il nous faut montrer aussi que nous continuons à travailler. Et cette semaine, je suis très heureux, très confiant de voir que l'Union européenne et la Chine vont, en fait, marquer au tableau en réglant la question des indications géographiques.
Et c'est un signal fort, non seulement pour l'Union européenne et la Chine, mais également pour les relation avec les Etats-Unis. Nous sommes prêts à faire des affaires, nous Europe, et j'espère que cette semaine sera une semaine qui sera un catalyseur de notre relation, qui veillera à ce que nous ayons une bonne protection pour nos produits, qui démontrera que nous avons des produits de très haute qualité, excellence et qualité que souhaitent acheter, justement, les consommateurs chinois auprès des agriculteurs, des entreprises agroalimentaires de l'Union européenne. J'espère donc que nous aurons marqué, peut-être, un 1er point, mais qui en appellera d'autres à l'avenir si nous réussissons à nous attendre et à faire comprendre à nos amis à l'est et à l'ouest que nous ne sommes pas des ennemis, que nous sommes des amis et que nous voulons simplement un ordre mondial où il y ait une libre concurrence sur un pied d'égalité.
Merci.
Emmanuel Macron