Il y a 110 ans débutait la Bataille de la Somme : des "orages d'acier", selon l'historien Philippe Nivet
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Questions et réponses
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Comment se déroule cette journée du 1er juillet 1916 ?
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Est-ce que malgré le bilan nul, on peut considérer la bataille de la Somme comme un tournant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la bataille de Verdun du 21 février 1916 »
- 1:20InvitéFait
« le bombardement n'a pas été aussi efficace que ce que l'on pensait »
- 1:29InvitéFait
« les Allemands s'étaient enterrés dans des positions extrêmement bien aménagées »
- 1:47InvitéFait
« On pensait que le bombardement allait annihiler les forces allemandes et en fait ça n'a pas été le cas »
- 1:55InvitéFait
« le 1er juillet, c'est le jour le plus sanglant de l'armée britannique »
- 2:21InvitéFait
« cette bataille qui va être une bataille extrêmement sanglante avec un nombre de pertes important ne va avoir aucun impact stratégique »
- 3:00InvitéFait
« c'est un tournant dans la mesure où c'est une bataille qui marque un changement de la nature de la bataille »
- 3:55InvitéFait
« très longtemps, les manuels scolaires sur les batailles de 1916 ont mis en avant la bataille de Verdun et pas la bataille de la Somme »
- 4:10InvitéChiffre
« les deux tiers à peu près des combattants français ont combattu à Verdun »
- 4:39InvitéFait
« les autres lieux de mémoire sont des lieux de mémoire anglo-saxons, on pense à Thiepval en particulier »
- 4:52InvitéFait
« il y avait ce qu'on appelait après la guerre la zone rouge, c'est-à-dire des zones que les autorités souhaitaient ne pas reconstruire »
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Il y a 110 ans tout pile, enfin depuis tout juste un quart d'heure, l'une des batailles les plus sanglantes de la Première Guerre mondiale commençait. On revient sur ce 1er juillet 1916 avec Philippe Nivet. Il est professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Picardie-Jules Verne. Il répond à vos questions, les Amélias.
Philippe Nivet, bonjour. Bonjour. Vous êtes professeur d'histoire contemporaine à l'UPJV, l'Université de Picardie-Jules Verne. Alors déjà, comment se déroule cette journée du 1er juillet 1916 ? Il y a un événement qui est arrivé, qui a perturbé les objectifs, c'est la bataille de Verdun du 21 février 1916. Donc la bataille de Verdun, c'est une attaque allemande qui va nécessiter l'envoi de nombreuses troupes françaises sur le fraude Verdun. Donc de ce fait, les Français peuvent mettre moins d'hommes et de matériel à la disposition pour la bataille de la Somme.
Et donc cette bataille qui devait être, pour simplifier, une bataille française avec l'appui des anglo-saxons va devenir une bataille anglo-saxonne avec l'appui des Français. Et donc il va y avoir, la semaine qui précède le 1er juillet, toute une phase de préparation d'artillerie, de très nombreux bombardements. Pour aller vite, ce qui se passe, c'est que le bombardement n'a pas été aussi efficace que ce que l'on pensait. A la fois parce que les Allemands s'étaient enterrés dans des positions extrêmement bien aménagées et parce que la qualité et la nature des munitions qui avaient été utilisées pour ce bombardement n'étaient pas forcément adéquates.
On pensait que le bombardement allait annihiler les forces allemandes et en fait ça n'a pas été le cas. Au fond, le 1er juillet, c'est le jour le plus sanglant de l'armée britannique et ce qui se passe, c'est qu'il y a énormément de pertes à cause de cette résistance allemande. Et finalement, cette journée qui est un peu un échec, elle donne le ton de l'ensemble de la bataille ? Dans un sens, oui, puisque au fond, cette bataille qui va être une bataille extrêmement sanglante avec un nombre de pertes important ne va avoir aucun impact stratégique et la bataille se termine le 18 novembre, c'est la date que les historiens en général choisissent pour une avancée d'une dizaine de kilomètres.
Ici Picardie, il est 8h moins 10, notre invité est Philippe Niveil, il est professeur d'histoire à l'université Picardie-Jules Verne.
Est-ce que malgré ça, malgré le bilan nul, quasi nul de cette bataille, on peut considérer la bataille de la Somme comme un tournant de la première guerre mondiale ou pas ? Alors, c'est un tournant dans la mesure où c'est une bataille qui marque un changement de la nature de la bataille. C'est, on peut reprendre le titre d'Ernst Junger, les orages d'acier, c'est une bataille qui va être une bataille beaucoup plus de matériel avec une très forte utilisation des bombardements et donc cette bataille, c'est au fond un nouveau type de bataille.
On va voir également à la fin de la bataille, qui a employé pour la première fois des chars, avec un succès assez limité, mais on voit bien un seuil franchi dans la nature de la bataille. Cette bataille, vous lui avez consacré un ouvrage qui s'appelle la bataille de la Somme, l'hécatombe oubliée. Pourquoi cette bataille est moins bien inscrite dans la mémoire des Français comparée à Verdun, par exemple ? Alors, il y a plusieurs raisons qui peuvent être avancées, donc très longtemps, les manuels scolaires sur les batailles de 1916 ont mis en avant la bataille de Verdun et pas la bataille de la Somme.
Vous avez un peu donné l'explication, c'est-à-dire les deux tiers à peu près des combattants français ont combattu à Verdun. Il y a des Français qui ont combattu sur la Somme, on a trop souvent tendance à l'oublier, mais en moindre quantité qu'à Verdun. Il y a donc moins de lieux de mémoire français sur le territoire de l'ancienne bataille de la Somme. Il y a globalement la chapelle du souvenir français de recours, mais les autres lieux de mémoire sont des lieux de mémoire anglo-saxons, on pense à Thiepval en particulier. Et puis, si le territoire de la Somme, il y a des traces de la bataille, il a été beaucoup plus reconstruit que le territoire de la bataille de Verdun.
Il y avait ce qu'on appelait après la guerre la zone rouge, c'est-à-dire des zones que les autorités souhaitaient ne pas reconstruire, parce qu'ils considéraient que le sol était trop atteint. En Picardie, dans la Somme en particulier, il y a eu une très forte volonté de reconstruire quand même cette zone rouge. Donc, de ce fait, le territoire a moins été marqué. Par exemple, les villages abandonnés qu'on a autour de Verdun, on n'a pas ça dans la Somme, et donc ça parle moins en français. Philippe Nivet, je rappelle que vous êtes professeur d'histoire contemporaine à l'université de Picardie. Jules Verne, merci d'avoir été avec nous aujourd'hui. Merci à vous. Merci.
Merci. Merci.