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interviewLCP (sur YouTube)· 12 décembre 2025 26 min

Budget de la sécu adopté à l'Assemblée : victoire ou compromis ? | Parlement Hebdo - 12/12/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour un nouveau numéro de "Parlement hebdo", l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine au Parlement. - Comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur, et aujourd'hui nous accueillons Emmanuel Maurel, bonjour, vous êtes député du Val-d'Oise, membre du groupe la droite républicaine, et face à vous, Olivier Paccaud, sénateur les républicains de l'Oise. - Vous reviendrez tous les deux sur l'adoption de justesse du budget de la Sécurité sociale par l'Assemblée nationale.

Un première pari remporté par le Premier ministre Sébastien Lecornu qui doit maintenant voter le budget de l'Etat au Parlement. Ca s'annonce compliqué. On parlera aussi des bijoux volés du Louvre.

Il y a un mois, les sénateurs ont dissuadé les auteurs de l'enquête administrative sur ce cambriolage. Selon eux, à 30 secondes près, les policiers auraient pu empêcher la fuite des voleurs. - D'abord, le budget de la Sécurité sociale votait de peu.

Compte rendu d'une séance à suspense. - Votants 574, exprimés 481, majorité de 141, pour 247, contre 234. L'Assemblée nationale a adopté. - Une adoption un peu moins serrée qu'attendu.

Le vote "pour" des socialistes a été déterminant. - Nous avons cherché à être utiles aux Français et je crois que nous n'avons trahi personne, et au contraire, nous sommes de ceux qui n'attendent pas un grand soir hypothétique pour obtenir une victoire. - 18 députés de la droite républicaine ont également fait pencher la balance du côté de l'adoption.

La consigne de Bruno Retailleau, président du parti était pourtant de ne pas voter le texte. Le bloc central est apparu désuni. L'ensemble a soutenu à l'unanimité le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le groupe Horizons a choisi majoritairement l'abstention. - Un compromis oblige chacun à faire des concessions.

C'est uniquement à sens unique et au mépris des équilibres budgétaires. Nous l'avons dit dès le 16 octobre, nous ne voterons pas n'importe quoi. Et personne ici ne peut feindre la surprise. - Neuf députés ont bravé la consigne d'Edouard Philippe et ont voté pour.

Les écologistes sont en grande partie abstenue sans cacher leur opposition au texte. - Si j'écoutais mon coeur et mes tripes, je vote contre ce texte. Je ne supporte pas ce que vous avez fait de l'hôpital depuis tant d'années. - Il reste à confirmer l'adoption au cours d'un ultime vote la semaine prochaine.

Puis viendra la Commission mixte paritaire sur le budget de l'Etat, cette fois. - Emmanuel Maurel, Vous avez voté pour ce budget. Vous êtes le seul de votre groupe à avoir voté pour.

Vous soutenez le Gouvernement ? - Absolument pas. De la même façon que si un camarade de gauche vote la même chose qu'un membre du RN, ne devient pas Lepeniste pour autant.

Je ne suis pas là pour sauver Lecornu. un budget nous avait été présenté avec des horreurs. Le gel des prestations sociales...

Une menace sur le modèle social. On a fait ce qu'on devrait toujours faire. Un débat parlementaire.

Dans les groupes de gauches, on est parvenu à avoir des victoires mais des garanties aussi, il n'y aura pas de gel des prestations sociales. C'était important pour nous. Il y a la suspension de la réforme des retraites pour la génération 64 68.

C'était une demande forte. J'ai voté pour 40 dernières minutes, à la fin du débat, le Gouvernement a accepté notre revendication du début. Pour l'hôpital, on est passé à 3 %.

C'est 8 milliards de plus. Ce qu'on a acquis, ce qu'on a gagné, ce n'est pas l'idéal, ce n'est pas un budget de gauches mais pour les Français, ça me paraît nécessaire de le voter. - Ce compromis, est-ce que vous reconnaissez que ça apporte un peu de stabilité politique au pays ? - Je ne sais pas.

La stabilité politique, on verra bien l'arrivée. Après le vote du budget. Si elle est entre guillemets maintenus.

Ce que je vois, c'est que ce budget, un mot n'a pas été prononcé, c'est qu'il était en déficit grave. Il est en déficit aggravé. Quand on fait un budget, on essaye, logiquement, le mot comptable est un mot refusé.

Le système est en péril. Je comprends que Emmanuel Maurel soit satisfait. Mais je suis en désaccord avec la suspension de la réforme des retraites, parce que, qu'on le veuille ou non, dans la situation démographique, la démographie est une science dure, vouloir ne pas travailler plus, c'est une idée la réalité et c'est une erreur que périront les générations futures. - Pour répondre à ce que dit le sénateur, 24 milliards d'euros de déficit, ce sera le niveau après ce budget voté, c'est le prix du compromis politique ? - Ce ne sont pas 24 milliards.

L'Etat doit de l'argent à la Sécurité sociale. Les exonérations de la cotisation sociale, il y en a de plus en plus, et l'Etat doit la rembourser. Il ne le fait pas.

On a obtenu un mérite de ce vote, que l'Etat s'engage à rembourser. Ainsi que la rémunération des heures supplémentaires. On parle de 19 et demis.

C'est beaucoup. Face à l'augmentation de la dépense en santé...

Ca fait que oui, on a dépensé beaucoup d'argent pour la santé. C'est un problème ? Non.

On peut revenir sur les retraites, la démographie...

Les choses peuvent changer. Il peut y avoir des boums démographiques inattendues. Je ne suis pas sûr qu'on soit dans une science dure.

Ca ne va pas durer 50 ans. Le déficit, il n'est pas aggravé. Il est continu.

La vérité, c'est que notre dépense de santé a un coût. - Le président du parti, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter ce budget. 18 ont voté pour.

Il y a une fracture chez les républicains ? - Il y a une incohérence incontestable. Je rebondis sur les affirmations d'Emmanuel Maurel, le déficit s'aggrave par rapport à 2022 et 2023.

C'est incontestable. Vous dites qu'au niveau de la démographie, il y aura peut-être un rebond. Il faut en prendre compte.

Ca ne me fait pas plaisir de demander plus Mais on n'a pas d'autres solutions. Il faut travailler plus. Soit on baisse les pensions, soit on augmente les cotisations.

Tous les pays au monde ont abouti à cette conclusion. Il n'y a qu'en France, qu'on pense qu'on peut s'en passer. - C'est au coeur des débats.

Il n'y a pas que le travail qu'il faut faire cotiser. Il y a aussi le capitalisme. Et le capital.

La droite ne peut pas l'entendre. Dans le débat sur le budget de la Sécurité sociale, une proposition portée par la gauche et par d'autres élus était de dire qu'il faut faire cotiser le capital et l'épargne au financement de la protection sociale. On avait une proposition pour que l'épargne...

On dit l'épargne populaire mais tous les Français n'ont pas d'un plan d'épargne. Tous les Français n'ont pas 70 000 EUR en assurance-vie. L'idée était d'augmenter la CSG et de la mettre à niveau pour le patrimoine que pour le travail.

Ca n'a été accepté qu'à moitié. Le Sénat a bloqué, l'Assemblée nationale a un peu débloqué. - C'est le coeur du débat budgétaire entre la gauche et la droite.

Je voudrais qu'on parle du budget de l'Etat. Le Sénat a examiné le projet de loi de finances. La majorité de l'ensemble de ce texte, les républicains ont supprimé les hausses d'impôt exceptionnel prévu pour les grandes entreprises qui font des bénéfices.

Les sénateurs LR ont enlevé cela. Ils ne sont pas dans une démarche de compromis ? - Faire de la politique, c'est défendre mes idées.

Le mot "Compromis ", Je trouve qu'il peut être vicieux. Quelle est la philosophie de la droite sénatoriale ? On fait un budget.

Il y a trois données de base. On part d'une situation de 300 milliards de dettes. On est l'un des pays les plus fiscalisés d'Europe et du monde.

La création de richesses, c'est l'entreprise, par l'Etat. L'Etat met en place un biotope fiscal ou de loi sociale qui permet de créer de la richesse. Mais c'est l'entreprise qui créait de la richesse.

Nos amis députés rejettent le projet c'était transformé... seule la taxe Zucman a échappé à leur créativité.

Le Sénat, dans sa logique, depuis des années, a décidé de ne pas encore plus à alourdir la fiscalité des entreprises. Ca ne veut pas dire qu'on est contre les impôts. La taxe sur les petits colis, parce qu'ils viennent de Chine, c'est un problème environnemental, c'est une concurrence déloyale pour nos entreprises, on l'a augmenté.

On n'est pas contre la fiscalité. Mais il ne faut pas pénaliser les entreprises. - C'est surtout que vous ne voulez pas pénaliser les riches. - Non ! - C'est pas seulement...

On ne parle pas de toutes les entreprises. La vérité, c'est que ce qui a été proposé dans le débat parlementaire, c'était d'augmenter les grandes entreprises qui faisaient beaucoup de bénéfices. Et également, les gens qui bénéficiaient de cet argent.

Surtout via les dividendes. Quel est le problème, c'est que quand une grande entreprise faite des bénéfices, elle distribue plus de 50 % des bénéfices en dividendes. Ca va dans la poche des actionnaires.

C'est de l'enrichissement. On proposait, parce que c'est en train de changer un peu, il y a 10 ans, la droite sénatoriale disait que c'était un peu pour l'investissement, un peu pour le travail est un peu en dividendes. Là, on a 50 % en dividendes... c'est la droite traditionnelle dans toute sa splendeur.

Vous avez aujourd'hui des patrimoines qui explosent, majoritairement la droite, je veux dire. Ces gens ne paient quasiment pas d'impôts. Il faut que tout le monde cotise.

C'est ce qu'on propose. C'est une mesure de bon sens. N'importe quel électeur, même de droite, il comprend ça. - Mesure de bon sens... - Tout le monde est pour l'impôt mais pas trop...

C'est un outil de justice. Vous ciblez les ultra riches. Si c'était la réalité, votre discours serait accepté par tout le monde.

Or, le compromis est difficile à accepter. La dernière idée de vos amis de la Cour des Comptes, c'est par le conseil des prélèvements obligatoires, d'aller taxer les livrets A. Ca touche qui ?

Non pas les classes moyennes...

La Cour des Comptes, il y a un doux parfum de socialistes qui règnent. Cette atmosphère anti riche, aboutie à faire payer tout le monde. Les Français le savent bien. - On voulait taxer le livret dans le cadre des débats parlementaires. - Ce serait normal... - Comment vous voyez l'issue de ce budget de l'Etat ?

Est-ce qu'on va vers une loi spéciale ? - S'il n'y a pas d'mesure de pouvoir d'achat, je pense à la baisse de la TVA sur l'électricité, pas de mesures sur la justice fiscale, que les très riches ne soient pas épargnéss par l'impôt s'il n'y a pas ça, il n'y aura pas de compromis. - Comme l'a dit Emmanuel Maurel, certains appellent au 49.3. loi spéciale, ordonnance, personne ne sait.

La seule chose qu'on sait, c'est que ce qu'il s'est passé à l'Assemblée sur le PLF qui a été rejeté, les semaines vont être attractifs. - On va parler des vols de bijoux du musée du Louvre. Le Sénat a auditionné les enquêteurs.

Une enquête qui révèle les énormes failles de sécurité de l'établissement. - 30 secondes, c'est le temps qui a manqué pour empêcher le vol des bijoux. C'est la conclusion choc de l'enquête présentée au Sénat. - Un temps de résistance à la fenêtre supérieure à celui constaté, une information précise donnait aux agents de sécurité, - Le rapport confidentiel mais consulté par les sénateurs pointe le manque de transmission entre l'ancienne direction et la nouvelle nommée en 2021.

En particulier sur des failles pointées en 2019. - Cet audit avait montré les faiblesses du point de vue de la fenêtre, et avait fait des préconisations précises, de pose d'une caméra auprès des fenêtres, de barrières à ultrasons au niveau de la fenêtre...

Aucune de ces mesure n'a été appliquée. - Certains sénateurs veulent des responsables et réclame des décisions fortes. - La président du musée du Louvre aurait dû démissionner ou présenter à nouveau sa démission.

C'est une simple question de responsabilité. - La présidente du musée, et reconvoquer comme son prédécesseur pour s'expliquer sur leur passation particulièrement ciblée dans ce rapport administratif. - Olivier Paccaud, quand on voit les failles de sécurité du musée, avec cette enquête administrative, comment vous réagissez ? - Il y a de l'étonnement, de l'agacement, le Louvre est un des plus beaux et grands musées du monde avec une richesse patrimoniale extraordinaire.

La sécurité du site, des oeuvre a été négligé. Il y a des auditions en cours, mais on peut d'ores et déjà pointer des défaillances. C'est incontestable.

On n'en parle pas mais il y a quelques jours, il y a eu une inondation très regrettable. Les malédictions viennent. Il y a un problème de gouvernance.

On ne pourra jamais retirer cela de notre patrimoine il ne faut pas l'abîmer. - Comment vous expliquez ces négligences ? - Il y a manifestement une sous-estimation des risques.

Il y a un sous-équipement en matière de sécurité. Alexis Corbière disait hier, il a visité le site, il dit que c'est moins protégé que ce le supermarché en bas de chez lui. On n'en revient d'discussion budgétaire.

Le dans le budget de la culture, il y a tout ce qui est restauration et entretien du patrimoine. Ca demande beaucoup d'argent. La France est l'un des pays avec la plus grande richesse patrimoniale du monde.

On n'en est fier. - C'est l'illustration de manque de moyens dans ce secteur culturel ? - Le Louvre a son propre budget.

Il a fait d'choix regrettable. Ce n'est pas de la faute de l'Etat macroniste. Je ne sais pas qui est le principal responsable mais c'est évident...

On a parlé de rapport qui a été fait, qui alertait sur la galerie Apollon...

L'opération de vol qui a eu lieu, ça aurait pu être dans un film ridicule. Ils ont réussi à partir avec quelques beaux bijoux, en en faisant tomber... - Devant les yeux de touristes ébahis. - C'est assez pathétique.

Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux. - Est il n'y a pas aussi un problème de la culture de la sécurité ? On a l'impression qu'elle était trop faible. - Il ne faut pas accabler le personnel.

Ils ont fait leur job. Ils ont protégé les gens, les visiteurs. C'est leur travail.

J'ai l'impression, en effet, le Louvre a son propre budget, il a ses propres ressources, il y a un problème de hiérarchie. C'est important que le Louvre ait besoin d'argent pour l'acquisition de nouvelles oeuvre, bien sûr, mais il faut hiérarchiser. Sur la sécurité, ça n'a pas été le cas.

Il y a une forme de désorganisation structurelle qu'il faut régler. C'est la vitrine de la France. C'est sérieux. - Le budget du Louvre n'est pas donné. 10 millions d'entrées... 22 EUR...

Voire 32 ...

Ils ont les moyens. - Le moyen c'est de mettre moins d'argent dans l'acquisition des oeuvre est plus dans la sécurité ? - Ca peut se faire.

Il manque beaucoup de choses-là. - La directrice et l'ancien directeur vont être auditionné. Est-ce que l'actuelle directrice doit démissionnait selon vous ? - J'ai l'impression que ce problème est structurel.

Ca ne date pas de la directrice. Il y a sûrement une responsabilité dans l'affaire mais ses prédécesseurs aussi. Il faut réorganiser. - On a entendu votre homologue sénatrice, demander la démission de la directrice care elle aurait des responsabilités dans ces failles. - Elle est assez grande pour savoir ce qu'elle doit faire. - Elle avait présenté sa démission et ça été refusé. - La personne qui a refusé, elle sait ce qu'elle a à faire.

A partir du moment où elle avait jugé qu'il était responsable, je pense que sa démission aurait dû être acceptée. - Rachida Dati n'a pas voulu de la démission de la directrice. - C'est pas le problème principal.

Mais c'est bien que les gens assument leur responsabilité. - Il n'y a pas de transmission d'informations entre les différentes équipes d'informations. Il n'y a pas d'archives au musée du Louvre. - Quand c'est trop grand, gros n'est pas beau.

C'est facile de faire une passation mais sans laisser de dossier vide, c'est compliqué. La passation n'a peut-être pas été aussi fructueuse qu'elle aurait dû l'être. - Un mouvement social, lundi, ils ont raison de se mobiliser ? - Ils ont raison.

Ils aiment le lieu dans lequel ils travaillent. Ils veulent changer les conditions actuelles d'organisation, d'entretien...

Je les soutiens. Je ne doute pas un instant que les parlementaires sont à l'unisson de ces travailleurs, que les choses doivent changer. - Quelle question vous poserez à Jean-Luc Martinez, ancien directeur ? - Je n'en fais plus parti.

Mais on peut poser des questions sur le renforcement de la sécurité et le développement de la vidéo protection du palais. - Merci beaucoup. C'est le mot de la fin.

Merci d'avoir animé ce débat. A la semaine prochaine.

Budget de la sécu adopté à l'Assemblée : victoire ou compromis ? | Parlement Hebdo - 12/12/2025 — Emmanuel Maurel · Pourquijevote