Bonjour chez vous ! du 5 février 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 49 %Attaque 30 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:54OuverteRéponse directe
François-Noël Buffet, bonjour. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, vous connaissez le principe de cette émission : je vais vous montrer trois unes de la presse régionale. Vous me dites laquelle de ces trois vous inspire le plus ?
- 5:32OuverteRéponse directe
De quoi avez-vous envie de nous parler ?
- 7:20OuverteRéponse directe
La France qui a enfin un budget depuis lundi, à la suite du rejet de deux motions de censure. Vous êtes dans quel état d'esprit ? Vous êtes soulagé ce matin ?
- 8:15RelanceRéponse partielle
Mais vous parlez, vous dites, ce n'est pas votre budget. Certains disent à droite, c'est un budget socialiste. Vous allez jusqu'à reprendre ces mots ?
- 8:26RelanceÉludée
De compromis ou de compromission ?
- 8:31OuverteRéponse directe
Quelle solution propose-t-il ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28InvitéFait
« Le Sénat dit oui à un renforcement des prérogatives des policiers municipaux. »
- 1:48InvitéFait
« Les policiers municipaux qui voient leur champ d'action s'élargir avec notamment la possibilité de verbaliser des délits pris sur le fait. »
- 1:56InvitéFait
« Leurs équipements sont également renforcés. »
- 2:35InvitéFait
« Le Sénat a notamment déjà adopté l'article 2 permettant aux policiers municipaux de constater et verbaliser 16 types d'infractions prises sur le fait, comme l'occupation illégale des hauts d'immeubles, la conduite sans permis ou encore le port d'armes blanches. »
- 3:05InvitéFait
« Si la majorité sénatoriale de droite et les groupes du bloc central soutiennent le texte, la gauche se montre plus nuancée et émet de nombreuses réserves. »
- 3:13InvitéFait
« Nous regrettons que ce projet de loi organise un glissement progressif des missions qui relèvent des compétences régaliennes de l'État vers les collectivités. »
- 3:22InvitéFait
« D'autant plus dans un contexte particulièrement alarmant, après des années de recul continu de la présence de l'État sur nos territoires. »
- 4:02InvitéFait
« Donald Trump a affirmé, je cite, que l'Alayatollah Aliramenei devait se faire beaucoup de soucis. »
- 4:15InvitéFait
« « substantielle et productive ». »
- 4:29PrésentateurFait
« – Poutine n'a peur que de Trump. C'est une réalité. »
- 5:40InvitéFait
« C'est un climat de violence qui est exceptionnel, qui continue de se développer sur le pays. Et singulièrement, le climat de violence des plus jeunes. »
- 5:52InvitéFait
« Cette jeune fille qui a été battue quasiment à mort par d'autres jeunes collégiennes. »
- 6:04InvitéFait
« Oui, on est à ce stade, on peut dire cela. Il faut réagir vite. »
- 6:18InvitéFait
« Bien sûr que l'école a son rôle, mais l'école ne peut pas avoir tous les rôles. La responsabilité des parents est essentielle. L'éducation est fondamentale. C'est les parents qui font cette éducation. »
- 6:45InvitéFait
« Je pense que notamment l'interdiction, vous savez, d'Internet, en tous les cas des réseaux pour les plus jeunes d'entre nous, peut aider, ce n'est pas la seule solution, peut aider quand on voit les images de violences permanentes qui sont banalisées sur les réseaux, à la télévision ou ailleurs. »
- 7:27InvitéFait
« Ce n'est pas une question de soulagement, c'est un moindre mal. »
- 7:30InvitéFait
« Nous savons tous que ce budget n'est pas celui que nous aurions aimé, qui était un budget utile à la France, en matière notamment de résorption du déficit, qui est fondamental. »
- 7:40InvitéFait
« Mais il fallait bien qu'on sorte de cette situation de blocage, qui est principalement liée d'ailleurs à la situation politique de l'Assemblée nationale, disons les fausses telles qu'elles sont. »
- 7:50InvitéFait
« Je rappelle que pour notre industrie de défense, et notre défense en général, nos forces armées ont besoin d'évoluer très très vite maintenant, compte tenu du contexte international que vous avez par ailleurs rappelé. »
- 8:01InvitéFait
« Nos policiers ont besoin d'équipements supplémentaires, de moyens supplémentaires. »
- 8:20PrésentateurFait
« Certains disent à droite, c'est un budget socialiste. »
- 8:22InvitéFait
« Non, c'est un budget de compromis dans lequel le Parti Socialiste a parfaitement joué sa carte. »
- 8:35InvitéFait
« Il y a un principe de réalité qui s'impose, et il y a l'intérêt du pays et des compatriotes. »
- 8:41InvitéFait
« Il n'est pas satisfaisant. On est d'accord là-dessus. »
- 8:44InvitéFait
« On n'aurait pas fait ce budget si on avait eu la majorité de l'Assemblée nationale. »
- 9:06InvitéFait
« Je dis qu'il a réussi à faire adopter un budget dans des conditions extrêmement difficiles. »
- 9:15InvitéFait
« On aurait pu mieux faire, bien évidemment. »
- 9:21InvitéFait
« Mais voilà, c'est fait. »
- 9:50PrésentateurFait
« C'est la première fois en 50 ans que l'exécutif le fait ? »
- 10:02InvitéFait
« Il exerce son droit. Il le fait. »
- 10:10PrésentateurFait
« Mais ça ne traduit pas une fébrilité sur certains dispositifs, notamment en matière fiscale ? »
- 10:12InvitéFait
« Il peut y avoir des points fragiles. Il faut les faire traiter. »
- 12:08PrésentateurFait
« Un mot sur le procès Marine Le Pen. Ce mardi, on a pris connaissance des réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen pour son procès en appel. »
- 12:12PrésentateurFait
« Réquisition identique à la peine prononcée en mars dernier en première instance, mais sans exécution provisoire. »
- 12:26InvitéFait
« Écoutez, c'était son choix de défense. Elle doit l'assumer, c'est une chose. »
- 12:32InvitéFait
« Les réquisitions sont identiques en première instance. »
- 12:44InvitéFait
« Le cas de l'ancien président Nicolas Sarkozy est un exemple. »
- 12:56InvitéFait
« Mais en tous les cas, le fait majeur, c'est que les acquisitions n'ont pas été modifiées et les reproches qui sont faits à Mme Le Pen ont été maintenus par la Cour. »
- 13:08PrésentateurFait
« Les avocats généraux parlent quand même, pour justifier cette absence d'exécution provisoire, disent pas de risque de récidive. »
- 13:22InvitéFait
« Sur le fond, je pense que c'est nous qui avons demandé, nous collectivement, que l'exécution provisoire puisse être prononcée dans ce type de situation. »
- 13:30InvitéFait
« Moi, ce qui me semble essentiel, ce n'est pas de remettre en cause la possibilité de prononcer l'exécution provisoire, c'est qu'à l'audience, il faut qu'il y ait un débat sur ce sujet-là. »
- 13:43InvitéFait
« Donc il faut rendre obligatoire à l'audience, dès lors que le parquet ou le tribunal envisage de la prononcer, un débat, parce que je rappelle que l'exécution provisoire, c'est d'avoir des garanties de représentation. »
- 13:50InvitéFait
« Donc la réforme, à mon avis, elle doit aboutir sur ce point. »
- 14:50InvitéFait
« Parmi les communes munies d'une police municipale, la très grande majorité, environ 80%, autorisent leurs agents à porter des armes, même si certaines, comme Bordeaux ou Nantes, n'autorisent que les armes non létales, comme par exemple des bâtons de défense. »
- 15:32InvitéFait
« Alors, jusqu'à présent, être autorisé pour un policier municipal à porter une arme ne pouvait advenir qu'à la suite d'une demande nominative du maire auprès du préfet. »
- 15:42InvitéFait
« Mais l'article 7 Terre, introduit par les rapporteurs du texte, prévoit qu'une fois obtenue, cette autorisation devienne nationale. »
- 16:05InvitéFait
« Et cette modification de la loi était une demande très forte des élus. »
- 16:11InvitéFait
« Oui, des équipements plus modernes, plus adaptés, comme par exemple des drones sous réserve d'une autorisation par le préfet. »
- 16:42InvitéFait
« Et d'une manière générale, ce qu'il faut dire, c'est que le texte est très attendu, notamment par les élus, mais la gauche s'inquiète. »
- 16:53PrésentateurFait
« Cette évolution, cette judiciarisation, porte en elle des dangers au-delà de la confusion des missions des polices. Celle aussi de créer des disparités, des inégalités trop importantes en fonction des moyens des communes qui peuvent ou non la mettre en place et qui seront incités de fait à le faire. »
- 17:25PrésentateurFait
« Monsieur le sénateur, est-ce que vous comprenez ces craintes ? Est-ce qu'effectivement, le renforcement des moyens de la police municipale ne fait pas craindre un désengagement de l'État ? »
- 17:30InvitéFait
« Non, nous avons veillé à cela. Quand nous avons préparé le texte à Iwono Rutaïo au gouvernement, nous avons bien surveillé le fait qu'il n'y ait pas ce glissement-là, car c'était une inquiétude des maires. »
- 17:41InvitéFait
« Moi qui ai été maire pendant 20 ans, je ne souhaite pas que la police nationale se désengage. »
- 17:52InvitéFait
« Principalement parce que nos policiers municipaux sont aujourd'hui les premiers au contact de la violence qui s'est fortement développée sur nos territoires. »
- 18:03InvitéFait
« Ayez en tête que la basilique de Nice en 2020, ce sont les policiers municipaux qui interviennent en premier. »
- 18:05InvitéFait
« Ayez en tête que Mulhouse, il y a un an, à la fin du mois, ce sont les policiers municipaux, les ASVP qui sont intervenus en premier. »
- 18:23InvitéChiffre
« Donc l'armement d'ailleurs, qui ne représente que 58% de nos polices municipales, seuls 58% de nos polices sont armées d'armes létales, d'armes à feu, bien sûr. »
- 18:33InvitéFait
« C'est la liberté du maire de faire ce qu'il veut. Il n'armera pas sa police municipale, il l'équipera de moyens nouveaux s'il le souhaite. »
- 18:46PrésentateurFait
« Mais justement, ça n'a pas créé ce que disait Guimet, un peu d'une commune à l'autre en fonction de l'idéologie ou de la politique du maire. »
- 18:51InvitéFait
« Après, le choix politique, c'est une chose. »
- 19:28InvitéFait
« Et puis on donne aux policiers municipaux, enfin, si le maire le désire, des capacités d'agir nouvelles, avec ces fameuses amendes forfaitaires délictuelles. »
- 19:33InvitéChiffre
« Le gouvernement en avait prévu, nous en avions prévu au texte d'origine 9. La commission des lois du Sénat et le Sénat a décidé d'en avoir plus. On est quasiment à 15 aujourd'hui. »
- 19:46InvitéFait
« Quel est le point fondamental ? C'était de ne pas être sous la coupe du procureur de la République. »
- 19:58InvitéFait
« Il n'y a pas besoin d'enquête. Donc, c'est un constat d'une infraction qui a un caractère délictuel qui se fait sans enquête. »
- 20:13PrésentateurFait
« Alors, justement, vous en parlez, les compétences s'élargissent, donc les responsabilités s'élargissent. En revanche, le salaire ne suit pas. »
- 20:23InvitéPromesse
« Ça viendra, évidemment. »
- 20:26InvitéFait
« Ce qui est très important, en revanche, dans le texte, c'est qu'on a renforcé la déontologie, la formation et la déontologie. »
- 20:31PrésentateurFait
« Ce que veulent les policiers, c'est un salaire amélioré. »
- 20:39InvitéFait
« La vocation était augmentation des compétences, liberté des maires de décider. »
- 20:47InvitéFait
« Je rappelle que c'est aux maires de décider, comment ils rémunèrent leurs policiers, comment ils le font. »
- 20:56InvitéFait
« C'est qu'on a renforcé la déontologie, le contrôle, plus de pouvoir, plus de contrôle, et on a assoupli un certain nombre de dispositions, vous l'avez rappelé tout à l'heure, notamment un gendarme ou un policier national qui intègre une police municipale, il n'est pas utile de lui refaire une formation extraordinaire en matière notamment d'armement, parce qu'il connaît. »
- 21:40InvitéFait
« C'est un sujet qui s'est posé, effectivement, de faire des constats, mais ils ne peuvent pas faire de contrôle. »
- 21:46InvitéFait
« Je pense qu'il va falloir travailler pendant la navette. »
- 21:57InvitéFait
« c'est-à-dire d'interroger les services pour pouvoir vérifier si ce que vous me dites est la vérité. »
- 22:04InvitéFait
« on a autorisé, enfin le Sénat a autorisé, notamment l'accès aux traitements anticipés, les antécédents judiciaires, l'accès au TAJ, qui est un fichier très particulier, il faut peut-être se poser la question, qu'ils puissent contrôler cette identité pour s'assurer que la personne qui est en phase 2 est bien celle qui a été condamnée. »
- 22:40InvitéFait
« On ne peut pas stopper, bien sûr que si, on peut les stopper. »
- 22:45InvitéFait
« Il y a même des pays qui acceptent de bousculer, de renverser les motos. »
- 22:50PrésentateurFait
« En Angleterre ? »
- 22:51InvitéFait
« Nous n'en sommes pas là. »
- 22:56InvitéFait
« En revanche, je suis pour une réaction, qu'on utilise tous les moyens possibles pour essayer de mettre hors de nuisance ces gens-là. »
- 23:04InvitéFait
« Ça fait partie de cette violence qui continue d'augmenter et du non-respect de tout. »
- 23:28InvitéFait
« Mais les sanctions doivent être, une fois de plus, les sanctions doivent être extrêmement fermes là-dessus. »
- 23:33PrésentateurFait
« Elles ne sont pas fermes. »
- 23:34PrésentateurFait
« Elles ne le sont pas suffisamment. »
- 23:36InvitéFait
« On ne va pas relancer le débat de la sanction pénale. »
- 23:43InvitéFait
« c'est un très objectif que les sanctions sont de plus en plus importantes. »
- 23:47InvitéFait
« Ce qui compte, c'est l'efficacité de la sanction pénale. Et le vrai sujet, c'est l'exécution de la peine. »
- 23:59PrésentateurFait
« Ils dénoncent un manque de moyens. Ils ont tort, on a déjà assez donné, ou il faut aller plus loin ? »
- 24:08InvitéFait
« D'abord, nous sommes tous, sans exception, en tous les cas pour ce qui nous concerne, solidaires de nos policiers et de l'engagement qui est le leur. »
- 24:14InvitéFait
« Il y a eu des évolutions ces dernières années, en termes de rémunération, c'est clair, en termes de moyens matériels, notamment véhicules, armements et autres dispositifs. »
- 24:24InvitéFait
« Il y a encore, il y en aura encore cette année, il y a encore des progrès à faire en matière d'immobilier. »
- 24:30InvitéFait
« Il y a eu des retards pris, notamment dans la gendarmerie, parce qu'il n'y avait pas de budget l'année dernière. »
- 24:37InvitéFait
« Il faut essayer de le rattraper. »
- 24:41InvitéFait
« Mais il est vrai que dans nos commissariats, il y a des très bonnes choses qui se font, mais il y a du retard. »
- 24:46InvitéFait
« Il faut se donner un plan pluriannuel en matière de réaménagement ou de reconstruction ou de travaux dans l'immobilier de la police nationale. »
- 25:19PrésentateurFait
« Ce qu'on apprend avec ce sondage, c'est qu'à Lyon, comme dans les autres villes tenu par des équipes écologistes, les maires sortants sont en difficulté. »
- 25:26PrésentateurFait
« À Lyon, c'est une série de sondages qui a été publiée et le nôtre confirme un petit peu cette tendance alors que nous sommes à un mois et demi du premier tour de scrutin. »
- 25:38PrésentateurFait
« Grégory Doucet est très en retard par rapport à son adversaire principal puisqu'il y a une nouveauté un petit peu originale dans cette élection, une personnalité qui est entrée de manière un peu fracassante dans cette élection, c'est Jean-Michel Aulas et il a plus d'une dizaine de points de retard sur lui aujourd'hui. »
- 26:26InvitéFait
« Oui, vous croyez bien, en 2020, ça ne s'est pas bien passé. Il y a plusieurs raisons à cela, mais ce n'est pas l'objet du débat. »
- 26:31InvitéFait
« Je pense que, moi, j'ai soutenu très très vite lorsque l'idée est venue que Jean-Michel Aulas puisse être candidat à Lyon. »
- 26:36InvitéFait
« J'ai soutenu cette idée très tôt, il y a pratiquement un an maintenant, parce que je pense qu'elle est de nature à être en capacité de pouvoir rassembler largement et de pouvoir gagner cette élection municipale et peut-être l'élection métropolitaine. »
- 26:48InvitéFait
« Donc, c'est une bonne chose. Avoir quelqu'un comme Jean-Michel, cette personnalité-là, qui a démontré sur le plan professionnel d'une part, sur le plan sportif, évidemment, d'autre part, sa capacité à porter des projets, à avoir une vision et à rassembler est absolument essentiel dans un monde qui a besoin, en réalité, un peu de retrouver confiance en lui, de retrouver des projets, de retrouver une sorte de destin collectif, et qui tire les conséquences du sondage que vous venez de publier, à savoir que l'exécutif élu en 2020 a voulu imposer les choses extrêmement fortement et il faut qu'on passe aujourd'hui d'une écologie punitive à une écologie vertueuse et de progrès. »
- 27:19InvitéFait
« C'est ça, l'essentiel. Et l'enjeu, c'est de rassembler, de ne pas opposer. Or, on a le sentiment, qui n'est pas qu'un sentiment, puisque le sondage le révèle, c'est que finalement, dans ces communes-là, au sens large du terme, on a plutôt opposé les gens plutôt qu'on a essayé de les rassembler. »
- 27:30InvitéFait
« C'est ça, l'essentiel. Et l'enjeu, c'est de rassembler, de ne pas opposer. »
- 27:34InvitéFait
« Or, on a le sentiment, qui n'est pas qu'un sentiment, puisque le sondage le révèle, c'est que finalement, dans ces communes-là, au sens large du terme, on a plutôt opposé les gens plutôt qu'on a essayé de les rassembler. »
- 27:42InvitéFait
« Or, nous avons besoin de rassembler. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir au cœur de nos dispositifs des politiques environnementales dynamiques. Ça, c'est absolument fondamental. »
- 27:51InvitéFait
« En revanche, il est question d'emmener tout le monde dans le bateau, si je puis dire, de façon cohérente et de ne pas opposer les gens, plutôt de les rassembler autour d'un projet lui-même. »
- 28:00InvitéFait
« Et c'est ça, l'enjeu. Moi, je pense que la politique, c'est d'abord de rassembler et de porter sur un projet et emmener tout le monde. »
- 28:06InvitéFait
« Ce n'est pas ce qui a été fait dans ces communes, manifestement, parce qu'on a voulu imposer les choses. »
- 28:10InvitéFait
« Et puis, il y a des désaccords de fond. Quand on vous dit, et qu'on l'assume d'ailleurs, qu'on est décroissant, ça a un sens. »
- 28:16InvitéFait
« Moi, je ne suis pas décroissant. Je suis, au contraire, pour la croissance, pas pour une croissance débridée, pas pour faire n'importe quoi, mais pour se mettre dans une démarche positive au service de nos habitants. »
- 28:20InvitéFait
« Nous sommes au service de nos habitants et pas d'idéologie de tout poil qui pourrait arriver parce qu'on est convaincu qu'on a raison et qu'on a raison tout seul. »
- 28:36InvitéFait
« En revanche, et ça se traduit dans le sondage. »
- 29:02InvitéFait
« Je n'ai pas dit que le bilan était à 100% négatif. »
- 29:07InvitéFait
« Il y a des choses qui ont été positives, mais il y a des choses qui créent des crispations extrêmement fortes et des rejets extrêmement forts parce que l'exécutif a parfois voulu imposer les choses de façon très puissante, j'allais dire dogmatique. »
- 29:20InvitéFait
« Et non, ça, ce n'est pas possible. Les gens ne veulent pas ça, les populations ne veulent pas ça. »
- 29:25InvitéFait
« Le rôle d'un maire, ce n'est pas d'opposer les gens, c'est de les rassembler justement pour emmener vers ce qu'on imagine étant l'idéal pour son territoire. »
- 30:13InvitéFait
« Celui pour le maire de la commune de Lyon avec une liste sur l'ensemble de la ville de Lyon, plus une élection dans les arrondissements, plus au même moment une élection métropolitaine. »
- 30:30InvitéFait
« Il va falloir que nos compatriotes appréhendent ce scrutin qui est un scrutin important. »
- 30:35InvitéFait
« Oui, ça va influencer parce que mécaniquement, vous n'avez pas le même résultat sur le plan des élections. »
- 31:56PrésentateurChiffre
« En préparant cette interview, je suis tombé sur ce chiffre. 400 000. 400 000 comme le nombre d'apparitions de cancers dépistés par an en France. »
- 31:57PrésentateurFait
« On est le pays champion du monde en matière de taux d'incidence. Pourquoi ? »
- 32:10InvitéChiffre
« Alors c'est même un tout petit peu plus que 400 000 parce qu'on est vers 460 000. »
- 32:13InvitéChiffre
« Donc c'est à peu près 1 200 diagnostics par jour et malheureusement ils ne sont pas tous dépistés. »
- 32:21InvitéFait
« Pourquoi ? C'est difficile à dire parce qu'il y a énormément de facteurs qui influencent l'augmentation des cas. »
- 32:26InvitéFait
« Il y a d'abord l'augmentation numérique de la population, le vieillissement de la population qui est un des facteurs et puis un certain nombre d'expositions dont on pense qu'elles peuvent avoir un rapport. »
- 32:36InvitéFait
« Le lien peut être plus ou moins démontré. L'exposition au microplastique, l'exposition aux pesticides, l'exposition à la pollution. »
- 32:43InvitéFait
« Mais on a quand même aussi un certain nombre de facteurs je dirais plus classiques dont on est certain qu'ils ont un lien avec l'apparition. Il y en a au moins 4 qu'on peut chacun essayer d'éviter. Tabac, alcool, la sédentarité et le surpoids. »
- 32:55PrésentateurFait
« Mais donc ça veut dire qu'on est plus en surpoids, qu'on fume plus, qu'on boit plus d'alcool en France par rapport aux autres pays ? »
- 33:01InvitéFait
« Alors ce n'est pas forcément un facteur en particulier, c'est une conjonction de l'ensemble de ces facteurs et des autres facteurs de risque qui peuvent faire qu'en France effectivement on ait cette petite surincidence. »
- 33:10InvitéFait
« Encore une fois, la comparaison est si complexe, il n'y a pas forcément des registres exhaustifs dans tous les pays avec lesquels on se compare. »
- 33:20InvitéFait
« Charcuterie, viande rouge aussi, j'imagine que ça fait partie des causes ? »
- 33:22InvitéFait
« Ça fait partie des éléments qui sont suggérés effectivement sur le plan pour certains types de cancers en particulier, notamment digestifs. »
- 33:29PrésentateurFait
« Vous êtes spécialiste je crois du cancer du poumon. »
- 33:33PrésentateurFait
« Là en l'espèce c'est clairement la cigarette qui... »
- 33:35InvitéChiffre
« Alors c'est la cigarette mais il ne faut pas oublier qu'on a quand même 15% des cancers du poumon qui surviennent chez des personnes qui n'ont jamais fumé et qu'en particulier chez les femmes, un tiers des femmes qui ont un cancer du poumon sont des non-fumeuses. »
- 33:44InvitéChiffre
« un tiers des femmes qui ont un cancer du poumon sont des non-fumeuses. »
- 33:48InvitéFait
« il faut être attentif aux symptômes et faire les examens nécessaires si jamais on a des symptômes thoraciques. »
- 33:54PrésentateurFait
« Et en termes de dépistage, alors je disais, voilà j'évoquais ces chiffres, c'est-à-dire qu'on dépiste plus que les autres pays, c'est peut-être pour ça aussi qu'on trouve plus de cancers, non ? »
- 34:04PrésentateurFait
« Il y a trois dépistages organisés aujourd'hui qui sont le cancer du sein évidemment pour les femmes, colon pour les deux sexes, cancer du col. »
- 34:12PrésentateurFait
« La ministre de la Santé a annoncé hier les expérimentations dans le cadre du cancer du poumon qui va devenir, je l'espère, rapidement généralisé. »
- 34:20PrésentateurFait
« Mais notre taux d'adhésion au dépistage n'est pas bon. »
- 34:22PrésentateurChiffre
« C'est un petit peu moins de 50% pour le cancer du sein. »
- 34:25PrésentateurFait
« Ce taux d'adhésion, c'est... »
- 34:26InvitéFait
« C'est-à-dire le nombre de personnes qui devraient le faire et qui le font réellement. »
- 34:30PrésentateurChiffre
« C'est une femme sur deux et c'est quasiment seulement une personne sur trois, voire un peu moins pour le cancer du côlon. »
- 34:37PrésentateurFait
« Or, il est démontré sans aucun doute possible que ces dépistages diminuent la mortalité par cancer de manière significative. »
- 34:50PrésentateurFait
« Comment vous expliquez cette... »
- 34:57PrésentateurFait
« Comment vous expliquez ça ? Il y a clairement l'angoisse que peut avoir chacun de dire si je fais cet examen et qu'il est positif, c'est un diagnostic qui est toujours difficile aujourd'hui, même si on guérit deux tiers des malades aujourd'hui. »
- 35:09InvitéFait
« Donc, il y a un peu cette angoisse. Il y a le fait de s'organiser dans une vie qui est parfois pas facile et de faire ses examens. »
- 35:15InvitéFait
« Il y a le fait pour le dépistage du cancer digestif, c'est un petit prélèvement de cède, ce n'est pas super glamour, mais il faut quand même le faire. »
- 34:41PrésentateurFait
« il est démontré sans aucun doute possible que ces dépistages diminuent la mortalité par cancer de manière significative. »
- 35:07PrésentateurChiffre
« on guérit deux tiers des malades aujourd'hui. »
- 36:46PrésentateurChiffre
« il y a eu une augmentation de 70% de ces cancers chez les sujets jeunes moins de 40 ans. »
- 39:11PrésentateurChiffre
« Le pancréas, c'est 16 000, je crois, 16 000 nouveaux cas par an. »
- 39:24PrésentateurChiffre
« Dans les années 90, c'était à peu près 4 000 cas par an. »
- 42:02PrésentateurChiffre
« on guérissait à peu près 50% des patients »
- 42:05PrésentateurChiffre
« dans les années 2020, on est à peu près à 2 patients sur 3 qui sont guéris. »
- 45:31PrésentateurFait
« Ces traitements ont un coût. »
- 45:54PrésentateurFait
« le Paris-Saclay Cancer Cluster a été créé pour essayer de répondre à cet enjeu. »
- 49:31PrésentateurChiffre
« Notre budget de recherche au global, c'est à peu près 83 milliards. »
- 49:35PrésentateurChiffre
« En Allemagne, c'est 107 milliards. Aux Etats-Unis, c'est plus de 200 milliards. »
- 49:45PrésentateurFait
« nos chercheurs peuvent aller n'importe où dans le monde pour travailler. »
- 56:42PrésentateurFait
« Les chiffres du ministère de l'Intérieur sur la question de la sécurité sont très mauvais. »
- 57:07PrésentateurFait
« Louis Alliot a été condamné à trois ans d'inéligibilité dans l'affaire des eurodéputés. »
- 1:07:13InvitéFait
« c'est pas si fréquent en fait, un tel désamour municipal en un mandat. »
- 1:07:22InvitéChiffre
« Jeanne Barséguian à Strasbourg qui est élue à 41% des voix il y a 6 ans »
- 1:07:27InvitéChiffre
« c'était 35% pour le candidat Macroniste et c'était 23% pour Catherine Trottmann »
- 1:07:33InvitéFait
« là il y a une inversion, honnêtement c'est quand même assez stupéfiant, assez violent en tout cas. »
- 1:09:38PrésentateurFait
« sur les cinq villes testées il y en a deux où en réalité quand même la majorité sortante paraît être reconduite assez facilement »
- 1:10:15PrésentateurFait
« la politique mise en place qui était très verte c'était certes un maire socialiste mais en matière d'aménagement urbain on composait avec une majorité largement écolo »
- 1:10:42PrésentateurFait
« Delanoé a été réélu dans un fauteuil et même là je note qu'en intention de vote encore une fois il y a un décalage »
- 1:15:33PrésentateurChiffre
« la liste du socialiste Emmanuel Grégoire est mesurée à 33% »
- 1:15:37PrésentateurChiffre
« celle de Rachida Dati à 26% »
- 1:15:42PrésentateurChiffre
« la France insoumise de Sofia Chikourou 12% »
- 1:15:47PrésentateurChiffre
« Sarah Knafow du parti Reconquête se qualifierait aussi en rassemblant 10% des suffrages »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Salut à tous, j'espère que vous allez bien. C'est l'heure de votre matinale, voici le programme de ce jeudi matin. Rien ne va plus pour les maires écolos à un mois et demi des élections municipales. Un sondage choc de nos partenaires des bras promet une débâcle dans plusieurs villes de France. Détails et analyses dans une heure. Se dirige-t-on vers un tsunami de cancer chez les moins de 50 ans. Certaines études le montrent. On posera la question au professeur Fabrice Barlazy.
Il est l'un des chercheurs les plus cités au monde pour son travail contre la maladie. Il dirige le centre Gustave Roussy. Il est mon invité dans une demi-heure. Le Sénat dit oui à un renforcement des prérogatives des policiers municipaux. La Chambre haute a adopté plusieurs dispositifs pour mieux lutter contre les incivilités du quotidien. Et on en parle dans un instant avec le sénateur François-Noël Buffet qui est à l'origine de ce tour de vis en la matière. Voilà pour le programme. Installez-vous confortablement. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence tout de suite avec les infos du jour. Elles sont préparées, présentées par Guy Mettallard. Bonjour.
Bonjour Stéphane. Le feuilleton budgétaire n'est peut-être pas terminé. Sébastien Lecornu qui a décidé de saisir le Conseil constitutionnel.
Oui, le Premier ministre va demander au Conseil d'étudier la taxe sur les holdings familiales et la restriction de la niche fiscale sur les transmissions d'entreprises. De son côté, le Rassemblement national a déposé aussi un recours sur le financement d'un permis via le compte formation.
Les sénateurs disent oui à un renforcement des pouvoirs de la police municipale, Guy Mettallard.
Oui, les policiers municipaux qui voient leur champ d'action s'élargir avec notamment la possibilité de verbaliser des délits pris sur le fait. Leurs équipements sont également renforcés. La gauche dit craindre un désengagement de l'État. Clément Guillenot.
La dernière réforme remonte à 1999. 27 ans que les compétences et l'organisation de la police municipale n'avaient pas été mises à jour. Pour les sénateurs, il était temps de dépoussiérer l'institution. Policiers municipaux comme Garde Champet sont aujourd'hui trop souvent freinés dans leur action sur le terrain par les contraintes résultant de ce régime à la fois ancien et inadapté. C'est tout l'enjeu de ce texte qui prévoit une réforme d'ampleur des compétences, mais aussi de l'organisation des moyens et du contrôle de ses forces.
Le Sénat a notamment déjà adopté l'article 2 permettant aux policiers municipaux de constater et verbaliser 16 types d'infractions prises sur le fait, comme l'occupation illégale des hauts d'immeubles, la conduite sans permis ou encore le port d'armes blanches. Ce sont des infractions qui sont des délits qui sont assez facilement constatables. Elles se constatent, il n'y a pas d'acte d'enquête à faire. Et en même temps, ce sont des infractions qui empoisonnent la vie de nos concitoyens. Les sénateurs ont rajouté un certain nombre de délits et le gouvernement n'est pas revenu sur ces ajouts.
Si la majorité sénatoriale de droite et les groupes du bloc central soutiennent le texte, la gauche se montre plus nuancée et émet de nombreuses réserves.
Nous regrettons que ce projet de loi organise un glissement progressif des missions qui relèvent des compétences régaliennes de l'État vers les collectivités. D'autant plus dans un contexte particulièrement alarmant, après des années de recul continu de la présence de l'État sur nos territoires.
L'examen du texte doit se poursuivre aujourd'hui au Sénat avant d'être transmis à l'Assemblée. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée et mise sur une adoption avant les municipales de mars. C'est officiel Yémeth, l'Iran et les États-Unis vont s'asseoir autour d'une table. Ce sera ce vendredi.
Oui, mais les deux parties divergent sur l'ordre du jour. Teheran ne veut parler que de son programme nucléaire. De son côté, Washington voudrait évoquer d'autres points. Par exemple, la répression actuelle en Iran ou encore le programme balistique iranien. La menace d'une intervention militaire américaine plane toujours. Donald Trump a affirmé, je cite, que l'Alayatollah Aliramenei devait se faire beaucoup de soucis.
Autre pour parler entre la Russie et l'Ukraine à Abu Dhabi cette fois.
Oui, une nouvelle réunion après celle d'hier qui, selon l'Ukraine, a été, je cite, « substantielle et productive ». L'Ukraine dit s'attendre à un nouvel échange de prisonniers dans un avenir proche. Et hier, Volodymyr Zelensky était au micro de nos confrères de France 2. Il a répété que le rôle du président américain était crucial. Écoutez.
– Poutine n'a peur que de Trump. C'est une réalité. Ce que Trump doit dire à Poutine, ça n'est pas à moi de le dire. Si le président Trump sait que Poutine a peur de lui, alors il ne peut pas accepter toutes les conditions que pose le président russe. Il ne faut pas aller sur toutes les actions. – Merci Guimet, on se retrouve tout à l'heure pour votre chronique parlementaire. François-Noël Buffet, bonjour. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, vous connaissez le principe de cette émission. Je vais vous montrer trois-unes de la presse régionale. Vous me dites, laquelle de ces trois vous inspire le plus ?
On commence avec bien un public qui titre sur deux incidents graves survenus dans un collège à Dijon. Mardi, une dizaine de jeunes ont débarqué au collège des lentillères pour en découdre avec un élève. La police municipale a dû intervenir. Le Parisien titre sur le grand déclassement du niveau de vie des Français. Pour la troisième année consécutive, le PIB par habitant est inférieur à la moyenne européenne. Et La Montagne se demande quelle réponse apporter à la délinquance, notamment en matière de narcotrafic. De quoi avez-vous envie de nous parler ?
– Les deux, si je puis me permettre. – C'est une normalement bien. – C'est un climat de violence. qui est exceptionnel, qui continue de se développer sur le pays. Et singulièrement, le climat de violence des plus jeunes. On peut évoquer un cas particulier. On peut évoquer aussi le cas de ce qui s'est passé hier dans le Rhône, sur la commune de Saint-Gilavale. Cette jeune fille qui a été battue quasiment à mort par d'autres jeunes collégiennes. Cette violence des jeunes est très préoccupante. Et la violence, d'une manière générale, liée au narcotrafic est tout aussi préoccupante.
– Vous parlez aussi, vous, d'ensauvagement de la société, comme dirait Bruno Retailleau.
– Oui, on est à ce stade, on peut dire cela. Il faut réagir vite. Alors la question, c'est de savoir réagir vite, le dire est une chose. Trouver les moyens de cette réaction en est une autre. Bien sûr que l'école a son rôle, mais l'école ne peut pas avoir tous les rôles. La responsabilité des parents est essentielle. L'éducation est fondamentale. C'est les parents qui font cette éducation. Nous avons besoin de les responsabiliser. Et puis revenir au partage de valeurs, qui sont le respect des gens, le respect des uns et des autres. La violence n'est pas une solution, nous le savons tous. Mais il faut avoir des mesures assez strictes, très dures.
Je pense que notamment l'interdiction, vous savez, d'Internet, en tous les cas des réseaux pour les plus jeunes d'entre nous, peut aider, ce n'est pas la seule solution, peut aider quand on voit les images de violences permanentes qui sont banalisées sur les réseaux, à la télévision ou ailleurs. Vraiment, les propos qui sont tenus dans des réunions publiques, ou y compris d'ailleurs parfois sur des supports de communication, tout ça contribue à alimenter cette violence-là, qui n'a pas besoin d'être alimentée. Donc on a un travail collectif.
Et puis on en parlera évidemment dans quelques instants de la police municipale, mais avant ça, un mot du budget. La France qui a enfin un budget depuis lundi, à la suite du rejet de deux motions de censure. Vous êtes dans quel état d'esprit ? Vous êtes soulagé ce matin ?
Ce n'est pas une question de soulagement, c'est un moindre mal. Nous savons tous que ce budget n'est pas celui que nous aurions aimé, qui était un budget utile à la France, en matière notamment de résorption du déficit, qui est fondamental. Mais il fallait bien qu'on sorte de cette situation de blocage, qui est principalement liée d'ailleurs à la situation politique de l'Assemblée nationale, disons les fausses telles qu'elles sont. Bon, tant mieux, il est voté. On en a besoin. Je rappelle que pour notre industrie de défense, et notre défense en général, nos forces armées ont besoin d'évoluer très très vite maintenant, compte tenu du contexte international que vous avez par ailleurs rappelé.
Nos policiers ont besoin d'équipements supplémentaires, de moyens supplémentaires. Nous avions veillé avec Bruno Retailleau, lorsque nous étions au gouvernement, à préparer un budget qui soit parfaitement adapté aux soucis et aux besoins de la police. Donc, il le fallait. Bon, ce n'est pas le meilleur.
Mais vous parlez, vous dites, ce n'est pas votre budget. Certains disent à droite, c'est un budget socialiste. Vous allez jusqu'à reprendre ces mots ?
Non, c'est un budget de compromis dans lequel le Parti Socialiste a parfaitement joué sa carte. De compromis ou de compromission ? Non, pas de compromis. Arrêtons.
Il y a certains élus à droite qui sont aujourd'hui au gouvernement.
Quelle solution propose-t-il ? Je veux bien tout ce qu'on veut, mais il y a un moment, il y a un principe de réalité qui s'impose, et il y a l'intérêt du pays et des compatriotes. Il n'est pas satisfaisant. On est d'accord là-dessus. On n'aurait pas fait ce budget si on avait eu la majorité de l'Assemblée nationale. C'est très clair. Mais la situation politique, elle est ce qu'elle est. Donc, on a un budget pour la France. Le débat majeur, il aura lieu l'année prochaine, au moment de l'élection présidentielle. C'est là que les choix fondamentaux se feront.
Vous dites quoi, Sébastien Lecornu, à qui on promettait l'enfer et la censure ? Vous dites chapeau l'artiste quand même ? Il est parvenu à faire adopter ce budget ?
Je dis qu'il a réussi à faire adopter un budget dans des conditions extrêmement difficiles. Il faut bien l'admettre. On aurait pu mieux faire, bien évidemment. Mais voilà, c'est fait. Je n'ose pas dire que c'est un événement. C'est un événement important. Mais maintenant, il faut passer à autre chose.
Le budget de l'année prochaine, vous voulez dire ?
Tout de suite. Il faut préparer le budget tout de suite parce qu'il arrivera très très vite en réalité. Puisque nous savons que les services de l'État, ils travaillent déjà. C'est normal. Donc tout de suite. Et en plus, il va venir au moment où on aura une élection présidentielle. Donc la situation n'est pas simple. On n'est pas sorti encore de la difficulté.
Et peut-être qu'on n'est pas encore sorti du budget puisque Sébastien Lecornu a annoncé une saisine du Conseil constitutionnel sur ce texte. Ça correspond à quoi ? À quoi ça sert cette saisine ? C'est la première fois en 50 ans que l'exécutif le fait ?
Oui, parce que d'abord, je crois que c'est prévu dans les textes, d'une part, que le Conseil constitutionnel soit saisi après le vote du budget. Il y a un point particulier qui est souhaité par le gouvernement. Il exerce son droit. Il le fait.
Mais ça ne traduit pas une fébrilité sur certains dispositifs, notamment en matière fiscale ?
Il peut y avoir des points fragiles. Il faut les faire traiter. Mais ça, une fois de plus, il ne faut pas en faire des événements extraordinaires.
C'est la première fois en 50 ans.
Oui, mais c'est le jeu normal de nos institutions et des capacités qu'ont les uns et les autres de pouvoir saisir le Conseil constitutionnel pour faire contrôler un acte majeur de notre vie politique au sens large du terme. Eh bien voilà, on respecte les procédures, on respecte les choses, on verra bien ce que dit le Conseil constitutionnel.
Un remaniement est annoncé dans les prochains jours. Vous en serez ?
Non, non, non, je n'en serai pas. Oui, je crois qu'il y a des ajustements qui sont prévus. Ça, c'est à la main.
C'est une nécessité selon vous maintenant de remanier ce gouvernement ? Maintenant que le budget est passé ?
Ce n'est pas anormal qu'il y ait dans un gouvernement, dans la vie de ce gouvernement, des ajustements. Je crois qu'il y a des raisons à cela. Certains membres du gouvernement sont candidats aux élections municipales. C'est un motif suffisant pour se consacrer pleinement à cette élection municipale lorsque l'on recherche leur mandat de maire. Ça ne me paraît pas illogique. Et ce n'est pas non plus un événement extraordinaire.
Non. Quelles sont les priorités ? Quelles doivent être les priorités aujourd'hui du gouvernement sur les textes qui doivent arriver notamment au Parlement d'ici 2027 ? Quelles sont les priorités que vous fixez ?
Les priorités de défense, c'est incontestable. Le pouvoir d'achat, c'est incontestable. Et je crois qu'un des enjeux majeurs, c'est de redonner confiance à nos compatriotes, d'essayer de trouver les moyens d'un apaisement en matière de politique parce que le monde est d'une violence incroyable. Il faut qu'on retrouve confiance, qu'on retrouve cet apaisement et quelques lignes directrices, en particulier sur la sécurité. Ça, c'est fondamental. On sent bien qu'on est sur un point de dérapage. Le narcotrafic, notamment, mais pas seulement, alimente tout ça. Donc, je crois qu'il faut se consacrer à ça en premier.
Mais le pouvoir d'achat, redonner aux Français la capacité de pouvoir vivre de leur travail, que le travail paye plus que l'assistance. C'est des lieux communs que de dire ça. Mais nous avons besoin de cela.
Un mot sur le procès Marine Le Pen. Ce mardi, on a pris connaissance des réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen pour son procès en appel. Réquisition identique à la peine prononcée en mars dernier en première instance, mais sans exécution provisoire. Est-ce que Marine Le Pen paye ses très fortes accusations contre les juges, contre la décision de première instance, selon vous ?
Écoutez, c'était son choix de défense. Elle doit l'assumer, c'est une chose. Les réquisitions sont identiques en première instance. Maintenant, c'est à la Cour de décider. Elle décidera peut-être l'exécution provisoire. Pas parce que le parquet ne la réclame pas, qu'elle ne peut pas être prononcée. On a des exemples. Le cas de l'ancien président Nicolas Sarkozy est un exemple. Donc, attendons la décision définitive avant de porter quelques jugements que ce soit, quelques conséquences que ce soit. Mais en tous les cas, le fait majeur, c'est que les acquisitions n'ont pas été modifiées et les reproches qui sont faits à Mme Le Pen ont été maintenus par la Cour.
Les avocats généraux parlent quand même, pour justifier cette absence d'exécution provisoire, disent pas de risque de récidive. Il y a quand même un sujet aujourd'hui sur cette exécution provisoire, exécution immédiate. Est-ce que, selon vous, il va falloir réformer les textes ?
Sur le fond, je pense que c'est nous qui avons demandé, nous collectivement, que l'exécution provisoire puisse être prononcée dans ce type de situation. Moi, ce qui me semble essentiel, ce n'est pas de remettre en cause la possibilité de prononcer l'exécution provisoire, c'est qu'à l'audience, il faut qu'il y ait un débat sur ce sujet-là. C'est notamment le cas du président Sarkozy, où, alors que le parquet ne réclame pas cette exécution, le tribunal décide de la prononcer, alors même qu'il n'y a pas eu de débat contradictoire sur cette demande à l'audience.
Donc, il faut rendre obligatoire à l'audience, dès lors que le parquet ou le tribunal envisage de la prononcer, un débat, parce que je rappelle que l'exécution provisoire, c'est d'avoir des garanties de représentation. Donc, il faut ce débat à l'audience. Donc, la réforme, à mon avis, elle doit aboutir sur ce point.
– Et elle doit intervenir avant 2027, selon vous ? – Il faut déposer un texte avant 2027 ?
– Alors, il peut être déposé, oui, je pense qu'il ne faut pas perdre de temps, c'est un aspect très important en matière de droit de la défense, en matière de débat contradictoire et de qualité des débats, donc il n'y a pas de raison d'attendre, on peut très bien déposer un texte, le faire procéder.
– Vous allez le faire vous-même, ou ce n'est pas encore tranché ?
– Ce n'est pas tranché, je ne suis pas posé la question, mais je pourrais le faire moi-même, bien sûr.
– L'actualité politique, elle vient aussi du Sénat, François-Noël Buffet. Un projet de loi pour réformer les polices municipales a été examiné ces dernières heures. On va faire le point avec Guimet Allard, qui va tout de suite tout nous expliquer. Guimet, le Sénat se penche depuis mardi sur le projet de loi pour renforcer les pouvoirs de cette police municipale. Un vote solennel aura lieu la semaine prochaine. Et dans ce texte, il est question notamment du port des armes pour les agents. Aujourd'hui, où en est-on ?
– Alors, parmi les communes munies d'une police municipale, la très grande majorité, environ 80%, autorisent leurs agents à porter des armes, même si certaines, comme Bordeaux ou Nantes, n'autorisent que les armes non létales, comme par exemple des bâtons de défense. Car l'éventail des armes possibles est très large. Cela va des armes de poing, comme par exemple des pistolets ou des revolvers, à des armes à feu d'épaule, que l'on tient donc sur l'épaule. Et les policiers peuvent aussi utiliser des matraques, des pistolets à impulsion électrique ou encore du gaz lacrymogène.
Les polices municipales non autorisées à porter des armes, comme c'est le cas par exemple à Paris, sont des cas bien plus minoritaires et sont en général situées dans des communes plus petites. Paris étant l'exception qui confirme la règle.
– Alors aujourd'hui, qu'est-ce que le texte prévoit de changer ?
– Alors, jusqu'à présent, être autorisé pour un policier municipal à porter une arme ne pouvait advenir qu'à la suite d'une demande nominative du maire auprès du préfet. Mais l'article 7 Terre, introduit par les rapporteurs du texte, prévoit qu'une fois obtenue, cette autorisation devienne nationale. En clair, en cas de mutation de l'agent en question dans une autre commune, celui-ci aura immédiatement le droit de porter une arme et n'aura plus besoin d'effectuer une nouvelle demande d'autorisation, sous réserve évidemment que la commune en question ait le droit et autorise ses agents. Et cette modification de la loi était une demande très forte des élus.
– Le texte prévoit l'accès à d'autres équipements, Guimet.
– Oui, des équipements plus modernes, plus adaptés, comme par exemple des drones sous réserve d'une autorisation par le préfet. Alors, les drones pourront être utilisés pendant 5 ans à titre expérimental et dans des circonstances très définies, comme par exemple la sécurisation de grands rassemblements, la régulation de flux de transport, le secours aux personnes ou encore en cas de risque naturel. Les policiers seront également autorisés à utiliser des lecteurs automatisés de plaques d'immatriculation, par exemple pour des contraventions du code de la route ou encore relatifs à l'abandon d'ordures.
Et d'une manière générale, ce qu'il faut dire, c'est que le texte est très attendu, notamment par les élus, mais la gauche s'inquiète. Elle estime que ce texte fait porter le poids de la sécurité aux collectivités locales. Écoutez.
Cette évolution, cette judiciarisation, porte en elle des dangers au-delà de la confusion des missions des polices. Celle aussi de créer des disparités, des inégalités trop importantes en fonction des moyens des communes qui peuvent ou non la mettre en place et qui seront incités de fait à le faire. Ce glissement est aussi, quoi qu'on en dise, un nouveau signe de désengagement de l'État qui pourrait justifier sa moindre présence sur le terrain, par exemple, par l'action des polices municipales.
– Monsieur le sénateur, est-ce que vous comprenez ces craintes ? Est-ce qu'effectivement, le renforcement des moyens de la police municipale ne fait pas craindre un désengagement de l'État ? – Non, nous avons veillé à cela. Quand nous avons préparé le texte à Iwono Rutaïo au gouvernement, nous avons bien surveillé le fait qu'il n'y ait pas ce glissement-là, car c'était une inquiétude des maires. Et on le comprend bien. Moi qui ai été maire pendant 20 ans, je ne souhaite pas que la police nationale se désengage. En revanche, la demande est forte de la part des élus des maires et pour leur police municipale, pour quelles raisons ?
Principalement parce que nos policiers municipaux sont aujourd'hui les premiers au contact de la violence qui s'est fortement développée sur nos territoires. Ayez en tête que la basilique de Nice en 2020, ce sont les policiers municipaux qui interviennent en premier. Ayez en tête que Mulhouse, il y a un an, à la fin du mois, ce sont les policiers municipaux, les ASVP qui sont intervenus en premier. Donc la violence a changé, la proximité des policiers municipaux les place dans leur tenue en première ligne. Il faut donc qu'eux-mêmes puissent se protéger aussi.
Donc l'armement d'ailleurs, qui ne représente que 58% de nos polices municipales, seuls 58% de nos polices sont armées d'armes létales, d'armes à feu, bien sûr. Donc ce n'est pas non plus la majorité. C'est la liberté du maire de faire ce qu'il veut. Il n'armera pas sa police municipale, il l'équipera de moyens nouveaux s'il le souhaite.
– Mais justement, ça n'a pas créé ce que disait Guimet, un peu d'une commune à l'autre en fonction de l'idéologie ou de la politique du maire.
– Après, le choix politique, c'est une chose. Moi, je suis allé sur le terrain, j'ai fait beaucoup de visites, nous avons beaucoup travaillé dans le cadre du Beauvau, des polices municipales. Vous avez toutes les situations, mais tout le monde s'adapte. Dans les milieux, on va dire, moins urbains, les plus ruraux, périurbains, on mutualise, on travaille ensemble, ça fonctionne. Dans les grandes villes, effectivement, on développe parfois de façon très importante les polices municipales, il y a des coopérations avec les polices nationales. Donc laissons cette liberté au maire. Mais veillons à ce qu'effectivement, il n'y ait pas un désengagement de l'État.
Ça, c'est très important, mais je crois qu'il n'y a pas de risque de ce point de vue-là. Les collaborations fonctionnent. Et puis on donne aux policiers municipaux, enfin, si le maire le désire, des capacités d'agir nouvelles, avec ces fameuses amendes forfaitaires délictuelles. Le gouvernement en avait prévu, nous en avions prévu au texte d'origine 9. La commission des lois du Sénat et le Sénat a décidé d'en avoir plus. On est quasiment à 15 aujourd'hui. Tout le monde est d'accord là-dessus, pas de problème. Quel est le point fondamental ? C'était de ne pas être sous la coupe du procureur de la République.
Donc, quand on a rédiger le texte, j'ai veillé à ce qu'il n'y ait pas nécessité, dans ces constats, de besoin d'enquête. C'est le point juridique majeur. Il n'y a pas besoin d'enquête. Donc, c'est un constat d'une infraction qui a un caractère délictuel qui se fait sans enquête. Donc, ça, c'est une souplesse supplémentaire très importante. Alors, justement, vous en parlez, les compétences s'élargissent, donc les responsabilités s'élargissent. En revanche, le salaire ne suit pas. Alors, on n'a pas le volet social dans cette affaire, parce qu'il y a déjà eu des négociations, il y avait quelques années, en matière de rémunération de nos policiers. Ça viendra, évidemment.
Ce qui est très important, en revanche, dans le texte, c'est qu'on a renforcé la déontologie, la formation et la déontologie. Vous avez évoqué… – Ce que veulent les policiers, c'est un salaire amélioré. – Bien sûr, mais je comprends, mais l'objet du texte n'était pas d'avoir une vocation, dans un premier temps, à caractère social. La vocation était augmentation des compétences, liberté des maires de décider. Donc, il appartiendra aux maires. Je rappelle que c'est aux maires de décider, comment ils rémunèrent leurs policiers, comment ils le font. Mais je voudrais revenir sur un point qui me paraît, moi, absolument essentiel.
C'est qu'on a renforcé la déontologie, le contrôle, plus de pouvoir, plus de contrôle, et on a assoupli un certain nombre de dispositions, vous l'avez rappelé tout à l'heure, notamment un gendarme ou un policier national qui intègre une police municipale, il n'est pas utile de lui refaire une formation extraordinaire en matière notamment d'armement, parce qu'il connaît. – Donc des économies. – Donc on gagne du temps pour le maire, et en même temps, on ne fait pas des choses qui sont inutiles. Ça ne veut pas dire que sur d'autres points, il n'y aura pas cette formation.
Et ce fichier national, avec le RIO d'ailleurs, va permettre effectivement des mobilités beaucoup plus faciles et des efficacités plus grandes, c'est clair.
– De nouvelles compétences pour les policiers municipaux. Laurent Nunes, au micro de Quentin Calmet, hier disait qu'il était opposé au droit accordé à ces policiers municipaux de faire des contrôles d'identité. Qu'est-ce que vous en pensez ?
– C'est un sujet qui s'est posé, effectivement, de faire des constats, mais ils ne peuvent pas faire de contrôle. Je pense qu'il va falloir travailler pendant la navette.
– Expliquez-nous la différence.
– Vous pouvez constater, si je vous demande, monsieur, comment vous appelez-vous, vous me dites, je m'appelle, voilà, mon nom, mon adresse, mais vous n'avez pas le moyen de vérifier, c'est-à-dire d'interroger les services pour pouvoir vérifier si ce que vous me dites est la vérité. C'est ça le sujet. Bon, à partir du moment où, dans le texte, on a autorisé, enfin le Sénat a autorisé, notamment l'accès aux traitements anticipés, les antécédents judiciaires, l'accès au TAJ, qui est un fichier très particulier, il faut peut-être se poser la question, qu'ils puissent contrôler cette identité pour s'assurer que la personne qui est en phase 2 est bien celle qui a été condamnée.
Donc, il faut profiter de la navette pour ça. On souhaite que ce soit… Moi, je n'ai pas d'hostilité de principe, bien évidemment, je suis plutôt à la limite favorable, mais il y a des conditions très claires à déterminer.
– Sujet toujours poli, c'est avec ces refus d'obtempérer, qui font encore la une de l'actualité. Deux nouveaux cas en début de semaine, on ne peut rien faire contre ce phénomène ? On ne peut pas stopper ces chauffards ?
– On ne peut pas stopper, bien sûr que si, on peut les stopper. Il y a même des pays qui acceptent de bousculer, de renverser les motos. – En Angleterre ? – Notamment en Angleterre. Nous n'en sommes pas là. – Ça vous y est favorable ? – Moi, je suis très prudent là-dessus, mais je suis très prudent là-dessus. En revanche, je suis pour une réaction, qu'on utilise tous les moyens possibles pour essayer de mettre hors de nuisance ces gens-là. – Ça fait partie de cette violence qui continue d'augmenter et du non-respect de tout. Donc le travail d'éducation, d'une part, le travail de répression sur ces gens-là est absolument nécessaire.
Les services le font, ne nous trompons pas, les services le font. Et nos gendarmes, comme nos policiers, sont équipés désormais pour pouvoir empêcher ces comportements. C'est un travail de longue haleine.
– Les policiers qui sont en colère…
– Mais les sanctions doivent être, une fois de plus, les sanctions doivent être extrêmement fermes là-dessus.
– Elles ne sont pas fermes. – Elles ne le sont pas suffisamment.
– Elles le sont aussi.
– Il faut musculer encore le dispositif.
– On ne va pas relancer le débat de la sanction pénale. On constate depuis des années, en réalité, c'est un très objectif que les sanctions sont de plus en plus importantes. Ce qui compte, c'est l'efficacité de la sanction pénale. Et le vrai sujet, c'est l'exécution de la peine.
– François-Nord Buffet, les policiers qui sont en colère en ce moment, le week-end dernier, 45 000 personnes ont participé à une manifestation à l'appel du syndicat Alliance Police Nationale. Ils dénoncent un manque de moyens. Ils ont tort, on a déjà assez donné, ou il faut aller plus loin ?
– D'abord, nous sommes tous, sans exception, en tous les cas pour ce qui nous concerne, solidaires de nos policiers et de l'engagement qui est le leur. Il faut redire les choses. Il y a eu des évolutions ces dernières années, en termes de rémunération, c'est clair, en termes de moyens matériels, notamment véhicules, armements et autres dispositifs. Il y a encore, il y en aura encore cette année, il y a encore des progrès à faire en matière d'immobilier. Ça, ce n'est pas faux. Il y a eu des retards pris, notamment dans la gendarmerie, parce qu'il n'y avait pas de budget l'année dernière. Donc ça a décalé l'ensemble des projets, c'est exact. Il faut essayer de le rattraper.
On sera un peu pareil dans cette année. Mais il est vrai que dans nos commissariats, il y a des très bonnes choses qui se font, mais il y a du retard. Il faut se donner un plan pluriannuel en matière de réaménagement ou de reconstruction ou de travaux dans l'immobilier de la police nationale. Ça, oui, c'est nécessaire.
On va aller chez vous, François-Noël Buffet. On va retrouver Francis Ziegelmayer, rédacteur en chef adjoint au Progrès. Bonjour, Francis, en direct depuis Lyon. Vous avez réalisé donc un grand sondage dans cinq grandes villes de la région et vous êtes notamment intéressé à Lyon et au maire écolo Grégory Doucet. Qu'est-ce qu'on apprend avec ce sondage ? Bonjour, bonjour, monsieur Buffet. Ce qu'on apprend avec ce sondage, c'est qu'à Lyon, comme dans les autres villes tenu par des équipes écologistes, les maires sortants sont en difficulté.
À Lyon, c'est une série de sondages qui a été publiée et le nôtre confirme un petit peu cette tendance alors que nous sommes à un mois et demi du premier tour de scrutin. Grégory Doucet est très en retard par rapport à son adversaire principal puisqu'il y a une nouveauté un petit peu originale dans cette élection, une personnalité qui est entrée de manière un peu fracassante dans cette élection, c'est Jean-Michel Aulas et il a plus d'une dizaine de points de retard sur lui aujourd'hui. Vous avez une question pour le sénateur, je crois, Francis. Oui, je crois que, monsieur Buffet, vous aviez été candidat la dernière fois à l'élection métropolitaine. Ça ne s'était pas très bien passé.
Comment vous jugez, comment vous voyez la candidature aujourd'hui de Jean-Michel Aulas puisqu'une grande partie, il est soutenu par LR, notamment par Horizon, par l'UDI, par le Centre. Il a réussi à faire une unité là où ça avait été quand même excessivement difficile les années précédentes.
Oui, vous croyez bien, en 2020, ça ne s'est pas bien passé. Il y a plusieurs raisons à cela, mais ce n'est pas l'objet du débat. Je pense que, moi, j'ai soutenu très très vite lorsque l'idée est venue que Jean-Michel Aulas puisse être candidat à Lyon. J'ai soutenu cette idée très tôt, il y a pratiquement un an maintenant, parce que je pense qu'elle est de nature à être en capacité de pouvoir rassembler largement et de pouvoir gagner cette élection municipale et peut-être l'élection métropolitaine. Donc, c'est une bonne chose.
Avoir quelqu'un comme Jean-Michel, cette personnalité-là, qui a démontré sur le plan professionnel d'une part, sur le plan sportif, évidemment, d'autre part, sa capacité à porter des projets, à avoir une vision et à rassembler est absolument essentiel dans un monde qui a besoin, en réalité, un peu de retrouver confiance en lui, de retrouver des projets, de retrouver une sorte de destin collectif, et qui tire les conséquences du sondage que vous venez de publier, à savoir que l'exécutif élu en 2020 a voulu imposer les choses extrêmement fortement et il faut qu'on passe aujourd'hui d'une écologie punitive à une écologie vertueuse et de progrès. C'est ça, l'essentiel.
Et l'enjeu, c'est de rassembler, de ne pas opposer. Or, on a le sentiment, qui n'est pas qu'un sentiment, puisque le sondage le révèle, c'est que finalement, dans ces communes-là, au sens large du terme, on a plutôt opposé les gens plutôt qu'on a essayé de les rassembler. Or, nous avons besoin de rassembler. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir au cœur de nos dispositifs des politiques environnementales dynamiques. Ça, c'est absolument fondamental. Il n'est pas question de le remettre en cause. En revanche, il est question d'emmener tout le monde dans le bateau, si je puis dire, de façon cohérente et de ne pas opposer les gens, plutôt de les rassembler autour d'un projet lui-même.
Et c'est ça, l'enjeu. Moi, je pense que la politique, c'est d'abord de rassembler et de porter sur un projet et emmener tout le monde. Ce n'est pas ce qui a été fait dans ces communes, manifestement, parce qu'on a voulu imposer les choses. Et puis, il y a des désaccords de fond. Quand on vous dit, et qu'on l'assume d'ailleurs, qu'on est décroissant, ça a un sens. Moi, je ne suis pas décroissant. Je suis, au contraire, pour la croissance, pas pour une croissance débridée, pas pour faire n'importe quoi, mais pour se mettre dans une démarche positive au service de nos habitants.
Nous sommes au service de nos habitants et pas d'idéologie de tout poil qui pourrait arriver parce qu'on est convaincu qu'on a raison et qu'on a raison tout seul. Ça, c'est faux. En revanche, et ça se traduit dans le sondage.
Merci beaucoup, François. Ce qui se traduit, très rapidement, ce qui se traduit dans le sondage aussi, c'est qu'il y a une satisfaction importante du travail qui a été fait par la municipalité dans plusieurs items, notamment les transports en commun, l'environnement, l'image de la ville à l'extérieur, la propreté. Donc, le bilan n'est peut-être pas aussi…
Je n'ai pas dit que le bilan était à 100% négatif. Personne ne dit ça. En tout cas, moi, je ne le dis pas. Il y a des choses qui ont été positives, mais il y a des choses qui créent des crispations extrêmement fortes et des rejets extrêmement forts parce que l'exécutif a parfois voulu imposer les choses de façon très puissante, j'allais dire dogmatique. Et non, ça, ce n'est pas possible. Les gens ne veulent pas ça, les populations ne veulent pas ça. Et le rôle d'un maire, ce n'est pas d'opposer les gens, c'est de les rassembler justement pour emmener vers ce qu'on imagine étant l'idéal pour son territoire.
On a bien compris. Je rappelle le nom des autres candidats quand même à la mairie de Lyon. Anaïs Belouaïssa, Chérifi, candidate insoumise, Georges Kepenekian, sans étiquette, Alexandre Dupalais, candidat UDR, Nathalie Perrin, Gilbert, candidate d'Hiver gauche, Delphine Bridet, candidate lutte ouvrière. Merci beaucoup, Francis. On reparlera du sondage Ebra dans une vingtaine de minutes. Petite dernière question, François-Noël Buffet, toujours sur ces municipales, municipales qui sont marquées par l'entrée en vigueur de cette loi PLN, Paris-Lyon-Marseille. Qu'est-ce que ça va changer ? Qu'est-ce que ça change même au niveau de la campagne ?
Ça change beaucoup de choses et notamment au moment du vote puisqu'à Lyon, à Lyon même, sur la ville, nous aurons trois scrutins en même temps. Celui pour le maire de la commune de Lyon avec une liste sur l'ensemble de la ville de Lyon, plus une élection dans les arrondissements, plus au même moment une élection métropolitaine. Donc, on a un risque, ça va être compliqué. Il va falloir que nos compatriotes appréhendent ce scrutin qui est un scrutin important.
Ça va changer un peu quelque chose en matière de résultats. Oui, sans doute. Oui, ça va influencer
parce que mécaniquement, vous n'avez pas le même résultat sur le plan des élections. Dès lors, vous avez une circonscription unique sur la ville de Lyon pour élire le maire, ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant puisqu'il était issu les élections des arrondissements. Oui, donc, c'est un changement important.
On suivra ça avec attention. Merci beaucoup, François Noël. Merci à vous d'avoir été avec nous ce matin. Guimet, on se retrouve tout à l'heure. On parlera de quoi ?
Oui, d'un nouveau scandale qui vise des établissements en scolaire. C'est un scandale qui, selon les victimes, serait dix fois plus fort que Guimet Aram.
On passe tout de suite à l'invite du jour. Merci Guimet, à tout à l'heure. C'est un grand chercheur qui nous rejoint tout de suite sur ce plateau. Et bonjour, Fabrice Barlazy. Bonjour. Très heureux de vous accueillir. Vous êtes professeur de médecine, directeur général de Gustave Roussy, le premier établissement de lutte contre le cancer en Europe. On a souhaité vous recevoir pour plusieurs raisons. Un, parce que vous êtes une star de la recherche, une star de la médecine. Vous êtes l'un des scientifiques les plus cités au monde en matière de lutte contre le cancer et aussi parce que Public Sénat est partenaire du prix Gustave Roussy.
On est très contents et puis on en parlera évidemment dans quelques instants de ce prix. Vous publiez le livre « Guérir le cancer commence aujourd'hui ». C'est à retrouver aux éditions Priva. En préparant cette interview, je suis tombé sur ce chiffre. 400 000. 400 000 comme le nombre d'apparitions de cancers dépistés par an en France. On est le pays champion du monde en matière de taux d'incidence. Pourquoi ? Pourquoi on est aussi haut dans ce classement ? Alors c'est même un tout petit peu plus que 400 000 parce qu'on est vers 460 000. Donc c'est à peu près 1 200 diagnostics par jour et malheureusement ils ne sont pas tous dépistés.
C'est parfois des maladies à un stade plus avancé qui sont diagnostiquées. Pourquoi ? C'est difficile à dire parce qu'il y a énormément de facteurs qui influencent l'augmentation des cas. Il y a d'abord l'augmentation numérique de la population, le vieillissement de la population qui est un des facteurs et puis un certain nombre d'expositions dont on pense qu'elles peuvent avoir un rapport. Le lien peut être plus ou moins démontré. L'exposition au microplastique, l'exposition aux pesticides, l'exposition à la pollution. Mais on a quand même aussi un certain nombre de facteurs je dirais plus classiques dont on est certain qu'ils ont un lien avec l'apparition.
Il y en a au moins 4 qu'on peut chacun essayer d'éviter. Tabac, alcool, la sédentarité et le surpoids. Mais donc ça veut dire qu'on est plus en surpoids, qu'on fume plus, qu'on boit plus d'alcool en France par rapport aux autres pays ? Alors ce n'est pas forcément un facteur en particulier, c'est une conjonction de l'ensemble de ces facteurs et des autres facteurs de risque qui peuvent faire qu'en France effectivement on ait cette petite surincidence. Encore une fois, la comparaison est si complexe, il n'y a pas forcément des registres exhaustifs dans tous les pays avec lesquels on se compare. Charcuterie, viande rouge aussi, j'imagine que ça fait partie des causes ?
Ça fait partie des éléments qui sont suggérés effectivement sur le plan pour certains types de cancers en particulier, notamment digestifs. Vous êtes spécialiste je crois du cancer du poumon. Là en l'espèce c'est clairement la cigarette qui... Alors c'est la cigarette mais il ne faut pas oublier qu'on a quand même 15% des cancers du poumon qui surviennent chez des personnes qui n'ont jamais fumé et qu'en particulier chez les femmes, un tiers des femmes qui ont un cancer du poumon sont des non-fumeuses. Donc le diagnostic existe aussi, il faut être attentif aux symptômes et faire les examens nécessaires si jamais on a des symptômes thoraciques.
Et en termes de dépistage, alors je disais, voilà j'évoquais ces chiffres, c'est-à-dire qu'on dépiste plus que les autres pays, c'est peut-être pour ça aussi qu'on trouve plus de cancers, non ? Il y a trois dépistages organisés aujourd'hui qui sont le cancer du sein évidemment pour les femmes, colon pour les deux sexes, cancer du col. La ministre de la Santé a annoncé hier les expérimentations dans le cadre du cancer du poumon qui va devenir, je l'espère, rapidement généralisé. Mais notre taux d'adhésion au dépistage n'est pas bon. C'est un petit peu moins de 50% pour le cancer du sein. Ce taux d'adhésion, c'est...
C'est-à-dire le nombre de personnes qui devraient le faire et qui le font réellement. C'est une femme sur deux et c'est quasiment seulement une personne sur trois, voire un peu moins pour le cancer du côlon. Or, il est démontré sans aucun doute possible que ces dépistages diminuent la mortalité par cancer de manière significative. Donc, il faut vraiment le faire. Et comment vous expliquez cette... Alors... C'est quoi ? C'est la peur de se retrouver face à face avec la maladie ? C'est un problème aussi de communication politique, publique ? Comment vous expliquez ça ?
Il y a clairement l'angoisse que peut avoir chacun de dire si je fais cet examen et qu'il est positif, c'est un diagnostic qui est toujours difficile aujourd'hui, même si on guérit deux tiers des malades aujourd'hui. Donc, il y a un peu cette angoisse. Il y a le fait de s'organiser dans une vie qui est parfois pas facile et de faire ses examens. Il y a le fait pour le dépistage du cancer digestif, c'est un petit prélèvement de cède, ce n'est pas super glamour, mais il faut quand même le faire. Alors, pendant longtemps, le cancer a été une maladie de vieux, en tout cas perçue comme telle.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui, vous allez nous expliquer pourquoi, mais d'abord, je voudrais vous faire écouter ce témoignage de Solène, 23 ans. Écoutez-la.
Sportive, non fumeuse et sans antécédents familiaux, rien ne prédestinait Solène à être atteinte d'un cancer. Quand on a 23 ans, on a un peu l'impression que notre vie démarre et en fait, elle s'arrête déjà alors qu'on est confronté à la mort quand même. ça fait se poser beaucoup de questions et on ne le vit certainement pas de la même façon quand on a 20 ans que quand on en a 75 ans. Je me suis vraiment interrogée sur le est-ce que c'est des choses que j'ai pu respirer, est-ce que c'est des choses que j'ai pu manger, est-ce que c'est un cocktail de plein de choses, est-ce que c'est parce qu'il y a telle usine proche de là où j'ai grandi et du coup, ça a pu avoir un impact.
Oui, après, je pense que je vais me faire 50 000 scénarios mais pour l'instant, je n'aurai jamais la réponse.
Un témoignage poignant de Solène en s'est extrait d'un super documentaire de Flora Sauvage à retrouver sur le site public sénat.fr. Vous lui répondez quoi à Solène ? Alors, je dirais d'abord, le cancer reste toujours une maladie associée au vieillissement. La majorité des cancers survient dans une tranche d'âge qui est plus élevée que celle de Solène. Mais il est vrai qu'entre les années 90 et 2020, il y a eu une augmentation de 70% de ces cancers chez les sujets jeunes moins de 40 ans. C'est une réalité, il n'y a aucun doute. Pourquoi ? Il y a eu probablement des changements dans les expositions de cette génération par rapport aux générations précédentes.
Et elle le dit très bien, c'est possiblement des changements dans l'alimentation, peut-être une alimentation plus basée sur des aliments ultra transformés. c'est l'exposition peut-être effectivement à des pesticides, c'est l'exposition à la pollution, c'est que la pollution peut être un promoteur de la maladie cancéreuse, c'est-à-dire qu'elle favorise la multiplication d'anomalies qui seraient survenues par hasard. C'est aussi les microplastiques. Avec certaines études qui montrent un chiffre extrêmement surprenant, on ingérerait chacun à peu près l'équivalent de 15 sacs plastiques par an.
Et ces microplastiques qui restent à l'intérieur de notre organisme, qui n'est pas fait pour les éliminer, entraînent un certain degré d'inflammation. Donc c'est probablement, elle le dit très bien, peut-être une conjonction de ces facteurs auxquels ont été exposées ces générations. Il y a des liens qui sont aujourd'hui démontrés, on sait qu'il y a une corrélation, mais il faut qu'on fasse la preuve mécanistiquement pourquoi ces facteurs peuvent entraîner la maladie, qu'on le démonte, qu'on sache exactement quels vont être les bonnes cibles thérapeutiques et comment éliminer évidemment ces expositions. Ça peut être effectivement quelque chose de générationnel, sans prédisposition génétique.
C'est peu probable qu'il y ait une modification des prédispositions génétiques dans une génération comme ça. C'est très probablement des facteurs exogènes. Certains chercheurs parlent de tsunamis à venir, d'épidémies à venir de cancer chez les moins de 50 ans. Vous partagez cette analyse ? En tous les cas, si vous voulez, l'idée est quand même de sensibiliser, je dirais à la fois la population, mais aussi nos collègues médecins. Aujourd'hui, si vous avez l'âge de solène, que vous avez une douleur abdominale et que vous allez chez votre médecin traitant, le cancer n'est évidemment pas le premier diagnostic qui va avoir à l'esprit.
L'idée n'est pas de dire que c'est le plus fréquent, c'est juste de dire ayons-le quand même à l'esprit. S'il y a un symptôme qui ne passe pas, on sait que ça peut quand même arriver et donc il faut déclencher les examens pour ne pas avoir de retard diagnostique. Chaque retard diagnostique impacte la probabilité de guérison. Il y a une explosion des cancers digestifs chez les jeunes. Est-ce qu'on sait pourquoi ? Alors, chez les jeunes, on a une augmentation d'un certain nombre de cancers. Il y a effectivement les cancers digestifs. On sait qu'on a une augmentation importante des cancers du pancréas notamment, mais c'est aussi le cancer du sein.
Le pancréas, c'est 16 000, je crois, 16 000 nouveaux cas par an. Alors, on n'est pas tout à fait à 16 000 aujourd'hui, mais on est sur cette courbe ascensionnelle en effet. C'est en effet aujourd'hui une pathologie qui était relativement rare. Dans les années 90, c'était à peu près 4 000 cas par an. Ça augmente extrêmement vite et on ne sait pas exactement pourquoi. Donc, il y a ces cancers digestifs, cancer du côlon, enfin cancer du côlon aussi. On a aussi des cancers du sein, cancer de la thyroïde, cancer du rat.
Donc, il y a, je dirais, plusieurs types de cancers qui sont plus importants semble-t-il chez ces juges et jeunes et c'est pour ça qu'il est hyper important de comprendre pourquoi. Alors, on va essayer de parler des traitements pour avoir quelque chose, une petite note positive. Pour la deuxième année consécutive, je le disais, Public Sénat est partenaire du prix Gustave Roussy. Déjà, très simplement, à quoi sert cette récompense ? Expliquez-nous. Alors, l'objectif, le prix a été créé pour montrer qu'il y a aujourd'hui des progrès sensibles en termes de traitement des cancers. On a voulu montrer deux choses. La première, c'est l'importance de la recherche.
Il n'y a pas de progrès sans recherche. Et la deuxième chose, c'est qu'il y a une recherche aujourd'hui qui est celle que l'on conduit à Gustave Roussy qui est une recherche de solution. L'objectif étant rapidement de faire passer les fruits de notre recherche vers les malades. Et c'est exactement l'ambition de ce prix qui a récompensé hier un grand chercheur américain, Louis Diaz, qui a démontré comment les analyses moléculaires que l'on peut réaliser sur les tumeurs et notamment dans des cancers digestifs qu'on appelle les instabilités microsatellitaires prédit une réponse à l'immunothérapie de 100%.
Et ce sont des malades qui ont pu du coup échapper à des chirurgies parfois très délabrantes notamment pour des cancers colorectaux. Et bien on va écouter ce professeur, professeur Louis Diaz. On va l'écouter tout de suite.
Ces recherches à lui,
elles vont pouvoir changer quelque chose concrètement dans la vie des patients ? Elles ont changé de manière extrêmement importante. Juste pour essayer d'illustrer, auparavant, ces patients qui avaient un cancer rectal avaient une chimio-radiothérapie, en général une chirurgie qui pouvait être une amputation rectale. Grâce à ces travaux, pour une proportion de ces malades qui ont cette anomalie moléculaire, cette instabilité microsatellitaire, ils reçoivent de l'immunothérapie. 100% des malades répondent, 100% des malades ne sont pas opérés, pas amputés. C'est un changement évidemment colossal, à la fois dans l'efficacité des traitements, mais aussi dans le retentissement des traitements.
Le taux de guérison des cancers a progressé, je crois, ces dernières années. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu quels progrès ont été faits ? Si on regarde entre les années 90, où on guérissait à peu près 50% des patients, dans les années 2020, on est à peu près à 2 patients sur 3 qui sont guéris. Et l'ambition du fait de l'accélération des connaissances, l'accélération du développement des médicaments est d'arriver à 80% de patients guéris, c'est-à-dire augmenter encore de 15% dans les 15 ans qui viennent, c'est-à-dire 80% en 2040, et se dire sur le chemin d'une guérison totale des pathologies cancéreuses dans le siècle.
C'est possible qu'on arrive à une guérison totale des patients du cancer sur un moyen long terme. Je ne sais pas quel est l'objectif. qu'arriver à 80% et se dire que dans ce siècle on arrivera à guérir le cancer, je pense que c'est un objectif qui est atteignable du fait de la rapidité avec laquelle on est aujourd'hui plus armé pour comprendre les maladies, s'adapter précisément. Ça impose quand même que pendant ce temps-là, on continue à investir dans la recherche, on continue à investir dans les talents et on continue à investir dans le développement des médicaments qui sont évidemment une des armes très importantes dans le traitement.
Parmi les nouveaux traitements, je suis tombé sur les thérapies cellulaires. Est-ce que vous pouvez nous expliquer brièvement ce que c'est ? Alors l'idée est qu'aujourd'hui notre système immunitaire est en fait armé, programmé pour détruire ces cellules cancéreuses qui sont bien identifiées comme étant des cellules anormales et nous avons tous quelques cellules cancéreuses qui se promènent qui sont détruites de manière normale. Mais parfois, la tumeur arrive à contourner ce système de protection.
Et l'idée est de prélever dans la thérapie cellulaire de prélever ces cellules du système immunitaire, de les doper, on va dire, de les modifier au laboratoire, de les multiplier à l'extérieur du corps du patient et de les réinfuser pour leur permettre d'attaquer la tumeur de manière extrêmement précise. Donc il y a plein d'armes différentes dans la thérapie cellulaire. Ça regroupe plusieurs stratégies thérapeutiques. Mais l'idée est que nous avons aujourd'hui la capacité, ce qu'on ne pouvait pas faire auparavant, à modifier à l'extérieur du corps humain nos propres cellules immunitaires pour s'attaquer à la tumeur. Quels sont les traitements les plus prometteurs aujourd'hui ?
Donc vous évoquez effectivement les thérapies cellulaires. Il y a d'autres traitements particulièrement efficaces, particulièrement prometteurs pour aboutir à ce zéro malade, je ne sais pas, à l'horizon du siècle ? Alors, je dirais que avant les traitements, il y a quand même la prévention. On peut essayer d'être meilleur déjà, comme on en a discuté tout à l'heure, on peut quand même prévenir 40% des cancers. Deuxièmement, le dépistage, le diagnostic précoce qui sera certainement aidé par des tests sanguins qui vont arriver. Sur le plan thérapeutique, c'est nous adapter le plus précisément possible.
On a toutes les thérapies ciblées, on a l'immunothérapie, on a les stratégies plus sophistiquées dans le domaine de l'immunothérapie, si on veut, qui sont la thérapie cellulaire, mais il ne faut pas oublier aussi les vaccins qui sont extrêmement importants avec la capacité de développer des vaccins sur mesure. On a aussi des armes thérapeutiques qui sont issues de la médecine nucléaire, ce qu'on appelle les radioligants thérapeutiques, c'est-à-dire une petite molécule qui va apporter sur la tumeur un petit composé radioactif qui va détruire les cellules cancéreuses.
Et puis, on a tout un, je dirais, des arsenales de nouveaux médicaments, notamment des anticorps bispécifiques, trispécifiques, des molécules qui transportent des petites molécules de chimie-thrapie, ce qu'on appelle les anticorps chargés. Et donc, il y a énormément de molécules en développement aujourd'hui de plus en plus précises et qui vont s'adapter à chaque stade de la maladie. Et tout ça coûte très cher, ces traitements, j'imagine. Ça a un coût pour la sécurité sociale ? Est-ce que, selon vous, alors sans rentrer trop dans la politique, mais est-ce que selon vous le système actuel est paré pour faire face à la prise en charge de tous ces traitements ?
Il est clair que ces traitements ont un coût. Ils ont d'autant plus un coût si on n'est pas indépendant sur le plan sanitaire, c'est-à-dire si on n'est pas capable, nous, de les développer et de les fabriquer en France. C'est un vrai enjeu et le Paris-Saclay Cancer Cluster a été créé pour essayer de répondre à cet enjeu. Maintenant, le coût du médicament n'est pas le seul coût dans la prise en charge d'un patient.
Si vous avez un traitement qui permet à un patient, et on a vu l'exemple de Solène tout à l'heure, de continuer sa vie normale, éventuellement une vie de maman, de continuer à être intégrée, de continuer à travailler, la société va aussi, je dirais, bénéficier globalement de ces traitements-là, plutôt que des traitements qui sont plus invalidants, qui ont un retentissement plus important, qui empêchent le retour au travail, etc. Donc, c'est quelque chose qui est global et on a certainement à adapter notre système pour pouvoir continuer à bénéficier, à payer ces innovations.
Et puis, professeur, il y a quand même une question qui revient souvent dans la bouche de nos concitoyens, l'intelligence artificielle. Est-ce que c'est en train de révolutionner votre pratique ? À vous. Clairement, l'intelligence artificielle, elle est déjà intégrée dans les parcours de soins de beaucoup de malades. Si on regarde tous les examens d'imagerie, le plus souvent, les scanners, les IRM embarquent des logiciels d'intelligence artificielle qui peuvent aider nos collègues radiologues.
L'anatomopathologie, c'est-à-dire l'examen au laboratoire des biopsies que l'on réalise, là aussi, nous avons développé un certain nombre de logiciels d'intelligence artificielle qui peuvent aider à être plus précis sur quel va être le risque d'un patient, quelle est sa probabilité de répondre à certains traitements. On parlait des patients MSI du professeur Louis Diaz. On a aujourd'hui sur une simple lame numérisée des logiciels capables d'identifier cette altération sans plus avoir besoin de faire d'analyse moléculaire et puis dans tout le suivi des parcours, c'est évidemment très important, ça va permettre de guider les malades, faciliter, fluidifier les parcours.
C'est l'eldorado, mais ça va aussi peut-être faire disparaître certains métiers, je ne sais pas comment ça. Il va falloir apprendre. On en parle pour d'autres métiers, de ses fonctions, chez vous aussi peut-être ? Ce qui est important, c'est de se dire comment on va arriver à faire en sorte que l'intelligence artificielle fasse de nous des professionnels de santé augmentés et non pas des professionnels de santé qui n'auront plus la capacité à faire ce qu'ils faisaient avant, avant l'art de l'intelligence artificielle. J'ai vu passer cette histoire de jumeaux numériques avec l'intelligence artificielle. Qu'est-ce que c'est ?
Alors l'idée, c'est d'arriver à modéliser, si vous voulez, les maladies. C'est un travail qu'on fait avec nos collègues de Centrale Supélec et c'est d'avoir une espèce de jumeaux numériques, c'est-à-dire avec lequel on va matcher ce qu'on va trouver chez le patient.
Et ça va nous permettre de dire notre patient a ses altérations biologiques dans le jumeau numérique, voilà ce que ça donne comme activation d'un certain nombre de voies biologiques et du coup, de demander à ce jumeau numérique quelle voie je dois bloquer pour permettre de contrôler la maladie du patient et en bloquant ces voies avec des médicaments sur mesure d'avoir évidemment une efficacité qui va être plus importante qu'en faisant ça de manière empirique.
Alors vous en parliez tout à l'heure, question de budget évidemment, mais Emmanuel Macron a annoncé cette semaine la reconduction du budget consacré à la lutte contre le cancer à l'identique jusqu'en 2030, je crois que c'est 1,7 milliard d'euros sur 5 ans. C'est suffisant selon vous ou vous demandez plus de moyens ? Bien sûr qu'on peut d'abord se féliciter que dans les conditions économiques actuelles, le président de la République continue à impulser cette stratégie décennale de lutte contre le cancer.
1,7 milliard, c'est beaucoup d'argent, c'est, je dirais, quand on couvre l'ensemble des missions de l'Institut national du cancer, ça reste malheureusement relativement peu puisque c'est 1,7 milliard sur 5 années avec l'ensemble des missions qui sont à développer, qui sont à la fois des missions de proximité dans le contexte du soin, d'organisation, mais aussi de recherche. Et encore une fois, la recherche aujourd'hui coûte de plus en plus cher. Notre budget de recherche au global, c'est à peu près 83 milliards. En Allemagne, c'est 107 milliards. Aux Etats-Unis, c'est plus de 200 milliards. Donc, si vous voulez, il faut se dire qu'on est dans une compétition mondiale.
Il faut vraiment, nos chercheurs peuvent aller n'importe où dans le monde pour travailler. Il faut qu'on soit les meilleurs pour les attirer, pour les garder. Et c'est ça, notre indépendance sanitaire. Et ils peuvent aller partout, mais ils viennent à Gustave Roussy. C'est quoi le secret de Gustave Roussy ? C'est à la fois un environnement, c'est aussi une mission, une vision qui est celle d'une recherche qui doit le plus rapidement possible retourner aux patients avec des solutions concrètes. C'est aussi le fait que nous avons une réelle coopération permanente entre les médecins, les chercheurs, des échanges réguliers.
C'est un institut intégrant complètement soins et recherches, et notamment aussi la recherche clinique et le développement de médicaments. Donc, nos chercheurs sont capables de travailler sur les médicaments les plus récents avec, je dirais, la capacité d'accéder à toutes les nouvelles générations de molécules. Il nous reste une petite minute. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui nous regardent en termes de dépistage, de prévention, peut-être un message d'espoir ou pas, enfin quelque chose pour mobiliser, puisque vous le disiez tout à l'heure, le dépistage n'est pas si suffisamment fait ?
Je pense que la première chose qu'on peut dire, c'est aujourd'hui, même si l'annonce de ce diagnostic reste un événement extrêmement compliqué, la majorité des patients va être guéri de sa maladie. Deuxième chose, plus on va prendre la maladie précocement, plus on a de probabilités de guérir les patients. Donc, n'importe quel symptôme est important et le dépistage est évidemment extrêmement important. Et puis, troisièmement, nous avons en France un système qui nous permet d'accéder à l'innovation, notamment au travers des essais cliniques.
Si on vous propose de participer à un essai clinique, n'hésitez pas à poser des questions, à être ouvert à ces possibilités parce que c'est une manière d'accéder à l'innovation aussi. Merci beaucoup, Fabrice Barlézi, c'était passionnant. Merci beaucoup de nous avoir éclairés et donc de nous avoir donné des espoirs peut-être pour l'avenir. Je rappelle, votre livre « Guérir le cancer » commence aujourd'hui. C'est à retrouver aux éditions privées. Et puis, il y a aussi cette bande dessinée « La vie en plus » ensemble, « Guérir le cancer ». On peut la lire chez Gléna. Merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation. On passe tout de suite à l'actualité en région. On va prendre le large.
C'est l'heure de notre reportage au plus près de chez vous. Aujourd'hui, on a voulu s'intéresser aux jeunes ces derniers jours. La question de l'emploi des jeunes est revenue dans le débat avec le MEDEF qui propose, vous le savez, d'instaurer un CDI jeune. On a souhaité se pencher sur une filière d'excellence. Les compagnons du devoir, chaque année, ils forment 10 000 apprentis au métier de l'artisanat. Gros plan sur un dispositif qui marche. C'est un reportage d'Alexandre Crouzet pour nos partenaires de TL7. Regardez. Métallerie, mécanique de précision, plomberie, menuiserie. À la maison des compagnons de la Talaudière, tous les métiers se découvrent sous vos yeux.
Mais au-delà des techniques, c'est le fonctionnement unique de l'institution qui est présenté. Une structure ouverte à tous, du poste collège au master, des jeunes en formation, aux adultes en reconversion.
Les métiers de l'artisanat, les métiers qu'on propose chez les compagnons, c'est des métiers avec beaucoup de débouchés, avec des possibilités d'évolution qui sont assez importantes et avec un moyen de formation qui est aussi très chouette.
C'est transverses, on a des liens qui se créent un peu partout et c'est ça la richesse des compagnons, c'est que oui, on arrive pour un métier, on est d'accord, mais demain, si je veux faire un peu de chaudronnerie, si je veux faire un peu de menuiserie, je peux aller demander aux gens qui font ce métier-là de montrer, de pouvoir réaliser d'autres pièces dans d'autres métiers et de pouvoir un peu ouvrir le champ des possibles et toujours être dans cette perspective d'évolution, de formation et de transmission.
Ici, les étudiants sont accompagnés par leurs pères, eux-mêmes anciens compagnons. Plus qu'une simple formation, c'est un mode d'apprentissage unique en France, basé sur l'alternance et la mobilité. Chaque apprenti peut voyager de maison en maison à travers le territoire pour découvrir différentes régions, différentes méthodes de travail et ainsi se perfectionner. On propose quelque chose qui est un peu particulier chez les compagnons, c'est le Tour de France à la suite de notre formation initiale, après un CAP ou un bac pro. Le Tour de France, c'est des jeunes qui voyagent dans différentes maisons de compagnons chaque année et qui continuent à se former tout au long de leur tour.
Rencontrer d'autres personnes, différentes entreprises, que ce soit entre Lille et Marseille, ces différentes façons de travailler et différentes expériences, que ce soit aussi sociales dans les régions, la découverte de toute la France et on propose aussi notre année à l'étranger. La maison des compagnons forme des artisans passionnés, reconnus pour leur savoir-faire et leur savoir-être. Un institut qui ouvre de nombreuses portes et fait vivre l'excellence artisanale française. L'actualité en région, c'est sur Public Sénat et c'est avec vous, Guimet, vous avez fait le tour des quotidiens régionaux ce matin et en Corse, le mouvement des marins se durcit dans les ports de Bastia et d'Ajaccio.
Oui, Steve, et c'était la une de Corse matin, les navires de la Corsica-Férise retardés. Hier, le syndicat autonome des marins de la marine marchande a décidé à son tour de se mobiliser après le mouvement de grève lancé par la CGT. Lundi, les marins dénoncent du dumping social et une concurrence déloyale de la part des opérateurs étrangers. Une réunion ce matin est prévue avec les syndicats, les directeurs des deux compagnies en grève, le cabinet du ministère des Transports et les préfets.
En Normandie, le scandale serait dix fois plus lourd qu'à Bétarame.
Au cœur de la tourmente, titre Paris-Normandie, après la révélation il y a quelques jours de violences physiques et sexuelles dans l'établissement chrétien Jean-Baptiste Delassalle. Partout en France, à Rouen, certaines victimes ont accepté de témoigner auprès du quotidien des anciens élèves qui dénoncent des abus et des humiliations institutionnalisées. Un collectif national a été créé.
Et puis, quelle réponse à la délinquance c'est la question que pose au quotidien la montagne aujourd'hui.
Oui, car dans le puits de Dôme, l'hyperviolence liée au narcotrafic a augmenté en 2025. C'est ce qu'a révélé la présentation hier des chiffres de la délinquance dans le département. Alors, les services de l'État assurent que la réponse, je cite, va être ferme et les autorités qui affichent la stratégie du harcèlement.
Merci Guimet, on se retrouve dans un instant. On va ouvrir une page municipale. Le scrutin qui aura lieu 22 mars, toute la rédaction de Public Sénat est mobilisée pour vous faire vivre cette campagne au plus près. On va tout de suite prendre la direction de Perpignan pour retrouver Bruno Nougarène. Bonjour, vous êtes candidat d'hiver droite à cette mairie tenue par le RN. Louis Alliot, candidat à sa réélection. On évoquait hier le cas de la ville sur ce plateau. Je voulais vous demander si cette affaire des assistants parlementaires du RN venait un peu percuter la campagne. Je crois que le maire sortant, il est d'abord jugé sur son bilan.
et le bilan de Louis Alliot à Perpignan, il n'est pas bon. Les chiffres du ministère de l'Intérieur sur la question de la sécurité sont très mauvais. Il a fait exploser les dépenses publiques. Il y a vraiment tout un tas d'éléments qui sont mauvais. Mais c'est évident que cette affaire, elle va obliger les Perpignanaises et les Perpignanais à se poser la question de savoir pour qui ils vont voter quand ils vont mettre le bulletin Alliot dans les urnes. Est-ce qu'ils vont choisir un maire ou est-ce qu'ils vont choisir un éphémère ? Ça va évidemment avoir un impact sur le scrutin. Je vous rappelle que Louis Alliot a été condamné à trois ans d'inéligibilité dans l'affaire des eurodéputés.
Il a fait appel, décision attendue d'ici cet été et ce mardi, donc au terme des réquisitions du parquet, Louis Alliot est toujours menacé de trois ans d'inéligibilité. Mais donc, ce que je comprends, c'est que vous en faites un peu un argument de campagne aussi. Vous savez, sur le terrain, tous les jours, on entend beaucoup de défiance vis-à-vis de la classe politique et à Perpignan, malheureusement, on est habitué à cette défiance. La première décision qu'avait prise Louis Alliot au début de son mandat, c'était d'augmenter sa rémunération.
Au mois de juin dernier, la mairie de Perpignan était perquisitionnée dans le cadre d'une enquête préliminaire autour de soupçons sur des marchés publics. Moi, en tant qu'opposant au Conseil municipal, ça fait quatre ans que je lui réclame ces notes de frais qu'il n'a pas fournies. Donc, ce manque de transparence, cet état de fait, il contribue à miner la confiance qu'ont les habitants dans la classe politique et je trouve ça malheureux. Donc, moi, je défends au quotidien un projet pour la ville mais c'est évident qu'on est confrontés tous les jours à cette défiance et je le regrette. Perpignan qui compte, je crois, les deux quartiers les plus pauvres de France.
Quel est votre programme en la matière ? Vous savez, à Perpignan, effectivement, on connaît d'assez grandes difficultés. En même temps, c'est une ville qui a beaucoup d'atouts et beaucoup de richesses. Moi, mon programme, il est de tout faire pour que demain, les Perpignanaises et les Perpignanais soient fiers d'habiter dans cette ville. Nous avons de nombreux atouts. Il faut lui rendre de l'attractivité, il faut redonner de l'avantage concurrentiel au fait d'habiter Perpignan.
On a un tissu industriel qui est en train de se développer, on peut recréer de l'emploi, on peut développer tout ça et c'est ces conditions-là qui permettront demain aux habitants de Perpignan d'être vraiment fiers de leur ville et c'est tout l'enjeu de cette élection. – Merci beaucoup, Bruno Nougarède. Je rappelle qu'à Perpignan, cinq candidats ont déclaré leur candidature. Louis Alliot, vous-même, Bruno Nougarède, il y a aussi Agnès Langevin, candidat de place publique, le socialiste Mathias Blanc à la tête d'une liste d'union de la gauche et Mickaël Hidrac qui est, lui, à la tête d'une alliance LFI, écologiste et génération. Merci beaucoup, Bruno Nougarède.
Guillemette, dans la presse régionale, il est aussi question des élections municipales.
– Oui, avec un petit séisme à Carpentras hier après-midi, le candidat RN a été désinvesti à cause de tweets à caractère raciste et injurieux publiés sur son compte, notamment en 2017, des messages révélés par le quotidien Libération. Mardi soir, Christian Richo Simonide n'est donc plus la tête de liste du Rassemblement national dans ses messages. Il visait notamment la députée insoumise Daniel Obono, le comédien Omar Sy ou encore l'ancienne ministre de la Culture Rima Abdulmalak. Le parti nommera bientôt une autre tête de liste, le Vaucluse et Carpentras qui constituent un territoire marqué par un fort vote d'extrême droite.
– À Montpellier, l'humoriste Rémi Gaillard annonce sa candidature.
– Oui, il se définit, je cite, comme un clown, mais il avait presque atteint les 10% en 2020 lors des dernières élections municipales. Il avait donc manqué de peu la qualification pour le second tour malgré les 14 listes. sur la ligne de départ. Et cette année, Rémi Gaillard entend bien bousculer la campagne. Il pense faire même encore mieux qu'il y a 6 ans. Le maire sortant, le socialiste Michael Delafosse est pour l'instant le favori avec 38% des intentions de vote dès le premier tour contre 16 pourtant pour la candidate insoumise Nathalie Oziol.
– Et puis à Lyon, la candidate insoumise s'engage pour la fermeture du zoo de la tête d'or.
– Oui, c'est Anaïs Belouassa-Scherifi qui est donc la première à signer cette charte, une charte de l'Association de défense des animaux projet animaux Zoopolis. Alors le cadre landrier qu'elle propose prévoit l'arrêt immédiat de la reproduction et des nouvelles acquisitions, le placement des animaux en sanctuaire et une date de fermeture durant la mandature. La candidate s'engage aussi à ne pas autoriser la pêche au vif sur le lac du parc de la tête d'or, de ne pas tuer les pigeons et surtout d'expérimenter des méthodes non létales en ce qui concerne les rats.
– Merci beaucoup Guimet pour toutes ces informations. On va continuer à parler de ces élections municipales. On retrouve Fabrice Vesserredon. Bonjour Fabrice, vous êtes rédacteur en chef du bureau parisien du groupe EBRAS. Avec vous, on va décortiquer ce grand sondage sur les municipales réalisés dans cinq grandes villes écologistes de votre zone. Racontez-nous comment vous avez procédé Fabrice. – Bonjour Steve, bonjour à tous. Écoutez, c'est un sondage qui s'est déroulé sur la deuxième quinzaine de janvier sur les cinq principales villes écologistes de la zone EBRAS, à savoir Lyon.
On vient d'en parler avec mon collègue de Lyon, Strasbourg, Grenoble, qui a eu un deuxième mandat de maire écologiste avec Éric Piolle, Besançon et Annecy. C'est un sondage qui a été fait en collaboration avec Ipsos sur la base de 600 personnes par ville entre le 13 et le 27 janvier. Notre initiative, clairement, c'est de participer au débat démocratique, au débat public de qualité avec une approche citoyenne. Il se trouve qu'EBRAS a sur sa zone, donc EBRAS, pour rappel, c'est l'ensemble des journaux de la face-est de la France et nous avons sur notre territoire les principales villes, grandes villes tenues par les écologistes en France.
Quels sont les principaux enseignements de ce sondage, Fabrice ? Les principaux enseignements, c'est que ce matin, c'est la douche froide pour les sortants, très froide même, qui se traduit à la fois par... On a travaillé
sur à la fois le bilan et les intentions de vote qui intéressent toujours beaucoup les électeurs. Le principal point
qui ressort dans ce sondage, c'est le mécontentement et c'est à peu près étal d'une ville à l'autre autour de l'évolution de la qualité de vie. Par exemple, à Annecy, vous avez 59% des sondés qui considèrent que la qualité de vie s'est dégradée dans leur ville. C'est 40% à Besançon, c'est d'ailleurs là où le taux est le plus bas. C'est 52% à Grenoble, 42% à Lyon et 41% à Strasbourg. Donc ça se traduit d'abord par un fort mécontentement lié à la dégradation de la qualité de vie. Rapidement Fabrice, à quoi faut-il s'attendre en termes d'intention de vote, de rapports de force dans ces villes ?
Vous avez raison, ça annonce des duels, voire davantage, parfois même des quadrangulaires, assez sévères. Celle qui sera certainement la plus observée, c'est celle de Lyon où on va vers un duel d'Oussé-Olas, l'ancien patron de l'Olympique lyonnais qui devance assez largement l'opinion à l'heure qu'il est. En même temps, le maire sortant écologiste se bat et entend continuer à se battre. à Strasbourg, c'est un petit peu différent, c'est une bataille à gauche qui s'annonce avec le retour de Catherine Trottmann, l'ancienne ministre de la Culture, toujours très présente sur la ville et qui devrait affronter donc Jeanne Bargesian qui, quant à elle, en était à son premier mandat de maire.
Il en résulte d'ailleurs quand on regarde par rapport à ces maires qui sont implantées depuis essentiellement un mandat, disais-je, à l'exception de Grenoble, l'analyse qui est faite par nos collègues d'Ipsos, c'est qu'ils ont eu beaucoup de mal à s'implanter, à s'enraciner. C'est ce qui ressort principalement de ce sondage et qu'ils ont eu du mal à faire passer leurs idées. Du coup, ça donne cette fois une élection très ouverte. On évoquait Grenoble où là, la succession d'Éric Piolle est assez ouverte comme vous le savez puisqu'il ne se représente pas, il l'avait annoncé.
Là, on va vers un face-à-face assez inhabituel entre Laurence Ruffin qui devrait, qui est la sœur d'eux, qui devrait avoir derrière elle. Terminé, terminé Fabrice. Ah, ben c'est... Merci beaucoup pour toutes ces précisions, Fabrice, rédacteur en chef du groupe Ebra. La une, tenez, la une des DNA par exemple revient aujourd'hui sur ce très grand sondage, ce sondage explosif, vous l'avez dit Fabrice, sur lequel on va tout de suite revenir, on va en débattre avec mes camarades du jour, Bérangère Bonde, bonjour.
Vous êtes journaliste politique, auteur de plusieurs biographies, dont la dernière sur Gabriel Attal, l'ange exterminateur, c'est à retrouver aux éditions de l'Archipel et vous animez aussi un podcast, le podcast L'Hémicycle, c'est à retrouver dans l'Hémicycle, pardon, sur toutes les plateformes. Merci Bérangère. Bonjour Mathieu Souquer, vous êtes essayiste, votre dernier livre s'intitule Un dimanche en France, on peut le lire aux éditions de l'Aube. Merci à tous les deux d'être là. Bon, vous avez entendu Fabrice, vous avez vu ce sondage explosif, lui il parle carrément de douche froide pour les écologistes, est-ce que ces résultats sont une surprise Bérangère ?
Alors c'est que
des intentions de vote.
Pour eux sans doute, c'est des intentions de vote et c'est un bilan aussi. Moi j'entends Bristin Turier chez Ipsos qui dit franchement c'est pas si fréquent en fait, un tel désamour municipal en un mandat. et quand vous avez une Jeanne Barséguian à Strasbourg qui est élue à 41% des voix il y a 6 ans avec 41% c'était 35% pour le candidat Macroniste et c'était 23% pour Catherine Trottmann, là il y a une inversion, honnêtement c'est quand même assez stupéfiant, assez violent en tout cas. Moi ce que je retiens c'est que vous avez une foule d'autres études y compris encore ce matin qui montrent que l'écologie est là dans les préoccupations des gens.
Enfin honnêtement mais alors donc ils ont envie d'écologie mais pas avec eux, pas avec les Verts. Et là où moi je m'interroge c'est sur la sincérité entre guillemets de cette envie d'écologie parce que évidemment quand on veut la transition écologique au moment où elle arrive
c'est violent. Vous dites on est d'accord pour la transition mais pas chez nous et en fait
dans les municipalités où ils vont peut-être un petit peu plus vite qu'ailleurs et notamment sur les questions de transport, de circulation etc. et bien ça coince un peu. voilà et puis il faudrait peut-être parler c'est pas dans le sondage mais de Bordeaux où il y a manifestement le maire Pierre Urmic qui s'en sort différemment manifestement et qui a réussi par ses qualités humaines manifestement mais aussi par une écoute différente par une politique voilà il s'est emparé de sujets de sécurité et autres que les écolos du Grand Est là n'ont peut-être pas totalement perçu il y a différentes raisons mais c'est pas comment dire les verres ne sont pas condamnés à se planter dans le municipal
Mathieu comment vous analysez ces chiffres ce bilan qu'est-ce qu'on leur reproche c'est quoi c'est un excès d'idéologie qu'est-ce qu'on leur qu'est-ce qu'on reproche à ces verres écologiques je ne reprendrai pas l'expression douche froide je relativiserai un petit peu les choses d'abord en rappelant que les élections municipales de 2020 elles se sont déroulées dans un contexte très particulier le Covid est une abstention massive donc effectivement à un certain nombre d'endroits des élections des scrutins qui se sont déroulées de façon un peu un petit peu inédite un peu différente parfois décorrélée d'une forme de sociologie électorale locale donc il y a eu des surprises en 2020 et rien ne garantissait que ces surprises-là de 2020 en fait se reproduisent aujourd'hui c'est la première dimension deuxième chose on parle de villes qui sont quand même en fait dans des situations elles-mêmes tout à fait différentes et avec des résultats qui sont contrastés je note que sur les cinq villes testées il y en a deux où en réalité quand même la majorité sortante paraît être reconduite assez facilement je mets de côté la ville d'Annecy qui depuis toujours a une sociologie plutôt à droite et qui n'est pas sociologiquement donc favorable à l'écologie et je mets y compris à part la ville de Lyon avec l'espèce de candidature un peu spectaculaire de Jean-Michel Aulas qui fait le buzz local et qui effectivement rend l'affaire un peu difficile pour Grégory Doucet et un troisième élément de relativisation quand j'étais bébé ou un peu plus jeune en tout cas je fus un collaborateur à l'hôtel de ville de Paris du temps où Bertrand Delanoé était devenu maire et j'étais là dès la campagne de 2000-2001 et l'installation de cette nouvelle majorité à l'hôtel de ville je me souviens que la politique mise en place qui était très verte c'était certes un maire socialiste mais en matière d'aménagement urbain on composait avec une majorité largement écolo et avec une ambition très forte en matière environnementale pour Paris et donc le tramway les couloirs de bus les voies sur berge toutes ces choses-là qui en termes d'aménagement effectivement ont créé des nuisances avec une impopularité assez forte et un mécontentement très vivement exprimé à Paris Delanoé a été réélu dans un fauteuil et même là je note qu'en intention de vote encore une fois il y a un décalage il y a eu une insatisfaction très marquée à Grenoble par exemple à l'issue de deux mandats d'Éric Piolle et manifestement Laurence Ruffin elle va passer Juste parce que vous vous relativisez quand même beaucoup cher Mathieu c'est pas la fin d'un moment écolo municipal est-ce qu'on n'assiste pas à ça selon vous ?
Alors je pense que si c'est-à-dire qu'il y a eu une vague vraiment une vague très forte en 2020 et manifestement cette vague ne va pas se reproduire je pense que ça dit deux choses effectivement ça dit quand même que la société française continue de se droitiser ou en tout état de cause que la gauche qui a lâché le pouvoir en 2017 ne s'est pas du tout reconstituée politiquement ni dans sa frange socialiste ni dans sa frange écolo et deuxième dimension on voit bien qu'en matière d'écologie on parle de backlash il est à relativiser dans l'opinion de retour de bâton je sais pas comment on traduit oui absolument il est à relativiser dans l'opinion parce que Bérangère avait raison de dire que l'écologie restait une préoccupation forte aujourd'hui chez nos concitoyens pour autant dans le débat public qu'en France et ailleurs elle est largement conspuée à Bruxelles-Strasbourg elle recule donc on voit bien que la bataille idéologique la bataille culturelle qui paraissait gagner elle est perdue non je dirais pas qu'elle est perdue mais aujourd'hui on voit bien qu'il y a une tentation du retour arrière et encore une fois les écolos ont eu du mal à transformer cette bataille culturelle gagnée en une victoire électorale ils y avaient réussi ponctuellement en 2020 rien dit effectivement que là ils confirment les choses au contraire même question Bérangère vous voulez réagir
oui juste réagir d'abord sur les villes la tradition de droite elles ne sont pas fermées définitivement au vert exemple Bordeaux précisément Bordeaux était à droite depuis l'après-guerre depuis Chabon-Helmas Juppé etc et là Pierre-Humyx semble avoir vraiment installé quelque chose deuxième chose moi une des grandes questions que ça pose je trouve c'est cette fameuse écologie politique introuvable alors là vous entendez oui mais l'écologie il faut que ce soit dans tous les partis quand on regarde l'histoire de l'écologie c'est l'éternelle question ça pose la question de cette façon de faire de la politique autrement aussi ce qui est quand même ce que mettent en avant en permanence les écologistes depuis toujours et quand vous regardez ce qui se passe là pour ces municipales au niveau national où vous avez un parti qui est en train d'exclure toute une partie de ses sympathisants et de ses élus une trentaine de personnes là ont été suspendues parce qu'elles ne sont pas dans la ligne du parti qui veut dans l'association avec le PS ou plutôt avec les insoumis ou pas mais à Paris et ailleurs il y a une vraie je pense qu'il y a une c'est une question qui est posée depuis des décennies à l'écologie politique mais que les écologistes vont devoir se poser sérieusement et notamment en prévision de la présidentielle de 2027 et la question se pose à chaque fois de est-ce qu'il faut recréer un autre parti écologiste parce que celui-là est définitivement fermé verrouillé j'ai l'impression entendre ça à chaque fois à chaque échange électorale avec un nouveau nom je dis ça parce qu'on parle beaucoup de brutalité aussi dans l'étude d'Ipsos et Bra des individus qui sont cités les maires de ces différentes communes et c'est quand même assez frappant
ce qui est quand même intéressant si on prend du recul c'est que depuis 50 ans qu'est-ce qui a changé dans le champ politique français deux batailles culturelles ont été gagnées la bataille sur l'environnement on ne parlait pas d'environnement il y a 50 ans désormais quand même la question environnementale s'est imposée au cœur du débat public et la bataille identitaire ça pour le coup on ne parle plus que d'environnement et d'identité ce sont les deux changements majeurs et qui sont portés incarnés par des partis qui depuis longtemps dans l'opinion ont un vrai déficit de crédibilité en matière de compétences les écolos et l'extrême droite étaient les deux courants politiques qui étaient en queue de peloton sur la crédibilité quant à occuper le pouvoir gouverner au niveau national comme au niveau local on voit bien que du côté de l'extrême droite tous les indicateurs augmentés se sont améliorés et y compris désormais la crédibilité quant à la capacité à gouverner alors que pour les écolos ça n'a pas bougé en partie parce que l'écologie est incarnée au niveau national par des figures qui paraissent radicales trop radicales aux yeux de beaucoup alors que je le redis dans les exécutifs municipaux depuis longtemps depuis au moins les municipales de 2001 en particulier les écolos sont dans les exécutifs avec les autres c'est ce qu'on a appelé la gauche plurielle et quand ils sont aux affaires ils sont aussi compétents que les autres en réalité on va parler de ce qui se passe à Paris je ne sais pas si vous avez eu ce sondage qui fait beaucoup parler il a été fait par Cluster 17 pour nos confrères de Politico il nous dit la chose suivante il existerait actuellement 5 candidats 5 candidats capables susceptibles de se qualifier pour le second tour à Paris au premier tour la liste du socialiste Emmanuel Grégoire est mesurée à 33% celle de Rachida Dati à 26% Pierre-Yves Bournazel récolterait 14% des voix la France insoumise de Sofia Chikourou 12% et puis surprise surprise Sarah Knafow du parti Reconquête se qualifierait aussi en rassemblant 10% des suffrages Mathieu 5 candidats au second tour comment vous vous appelez ça vous c'est qu'incangulaire comment vous un peu de mots alors je vois bien qu'il y a des débats syntaxiques autour du sujet en réalité ce qu'on observe à Paris c'est ce qu'on observe de plus en plus au niveau national c'est à dire un morcellement un éparpillement en fait politique on pourrait se retrouver avec un conseil municipal un conseil de Paris dans quelques semaines qui soit aussi ingouvernable ou aussi difficile à gouverner que ne l'est l'Assemblée nationale aujourd'hui en réalité c'est conforme à ce qu'est devenu le paysage politique alors pour ce qui est de Paris quand même un point la difficulté d'Emmanuel Grégoire elle est double il est l'héritier d'un système installé à Paris depuis 2001 donc depuis 20 ans et donc démocratiquement un désir ou une demande d'alternance ça existe toujours et c'est légitime et je dirais que caracoler malgré tout à 33% des intentions de vote avec ce besoin ou ce désir d'alternance c'est pas si mal et deuxième dimension quand même là où Bertrand Delanoé était un maire très populaire qui avait réussi à faire partager ses convictions politiques à une majorité de Parisiens Anne Hidalgo alors qu'elle a prolongé pour partie la politique de Bertrand Delanoé a dans son style de gouvernance et dans sa personnalité davantage crispée donc Emmanuel Grégoire est l'héritier de cette double il y a ce double héritage à porter et je dirais que de ce point de vue-là lui s'en sort pas si mal par rapport aux sondages sur les écolos qu'on vient de voir c'est pas cata Bérangère 5 candidats au second tour qu'est-ce que ça vous inspire ?
ça m'inspire exactement ce qui vient
d'être dit mais c'est quand même incroyable je sais pas si c'est inédit mais c'est quand même incroyable mais effectivement
ça va donner quand même un conseil municipal potentiellement quand même compliqué à gérer mais après tout c'est ce qui s'est passé c'est ce qui se passe à l'Assemblée nationale vous parliez de douche froide pour les écolos je pense que là ça commence à ressembler à une douche froide pour Rachida Dati en fait parce qu'elle espérait justement profiter de la fin d'une époque de la Noé Hidalgo de cette longue page et après tout ça peut se comprendre l'envie d'alternance et de changement en tout cas elle était soutenue par Emmanuel Macron dans ce qui s'avère finalement pas forcément une bonne chose mais ces équipes continuent à dire que c'est la seule qui pourra rassembler c'est la seule à pouvoir gagner mais ce qui se passe à droite notamment avec la montée en puissance de Sarah Knafow qui accessoirement dans tous les la plus rare à jeunes la ringardise un peu réseaux sociaux et autres c'est honnêtement c'est plus la candidature d'alternance de renouveau qu'attendait même peut-être la droite et donc il reste six semaines
Sarah Knafow qui se maintient au second tour qui dépassent les 10% est-ce que vous parlez de phénomène Sarah Knafow on parle beaucoup d'elle on voit ce sondage qui pour la première fois la donne au second tour comment vous analysez ça Mathieu ?
alors deux choses quand même pardon mais dans les cinq susceptibles de se maintenir au deuxième tour ce qui me frappe d'abord c'est qu'il y en a deux quand même qui sont lestés d'affaires judiciaires et que donc manifestement l'électorat parisien si on en croit ces sondages en tout cas est prêt quand même à créditer d'un volume de voix significatif et Sophia Shikiru et Rachida Dati qui ont quand même maille à partir avec la justice je fais référence à la façon dont Delanoé avait pris l'hôtel de ville en 2000-2001 on sortait effectivement d'un moment un peu dur en matière de probité de moralité avec Jean Tibéry la fin du système Chirac et il y avait eu une volonté d'alternance et en même temps une volonté de moralisation des pratiques à Paris là on a deux candidats qui ne me paraissent pas impeccables de ce point de vue là et quant à Sarah Knafow c'est pas du tout une surprise en réalité si vous reprenez les résultats des élections aux européennes et aux législatives vous voyez qu'à Paris l'extrême droite qui avait été pendant très longtemps quantité négligeable c'est-à-dire quelques pourcents au maximum l'extrême droite revient à Paris avec des scores à deux chiffres et la spécificité de l'extrême droite à Paris c'est que c'est une extrême droite bourgeoise qui plaçait Éric Zemmour ou le parti reconquête devant le RN vous regardez le 16ème le 17ème arrondissement en fait l'extrême droite additionnée c'est pas loin de 25% des voix et c'est systématiquement aux européennes c'était très net c'était Marion Maréchal Le Pen loin devant Jordan Bardella donc c'est une extrême droite qui revient à Paris qui est quand même la version non pas dédiabolisée mais rediabolisée ou radicalisée de l'extrême droite souvenons-nous qu'Éric Zemmour a été plusieurs fois condamné par la justice quand même pour incitation à la haine raciale l'endroit où Éric Zemmour vend le plus de livres en France quand il en sort c'est la FNAC d'Etern dans le 17ème arrondissement de Paris je pense que ça dit assez clairement ce qu'est devenue la sociologie électorale de cet Ouest Paris Ces élections municipales auront des conséquences à l'échelle nationale à quelques mois des sénatoriales et de l'élection présidentielle évidemment mais conséquences peut-être immédiates un remaniement gouvernemental devrait avoir lieu dans les prochains jours alors je crois qu'il ne faut pas dire remaniement gouvernemental l'érangère ajustement gouvernemental on a le droit de dire remaniement franchement ça va mais c'est quoi la différence c'est l'ampleur
du coup de balai mais qui sera peut-être minime encore que Rachida Dati c'est quand même un ministère important Alors out Rachida Dati s'en va candidate elle part même tard je veux dire à son arrivée souvenez-vous quand elle a été nommée ministre de la culture elle a tout de suite parlé de sa candidature et donc on imaginait qu'au plus tard fin décembre début janvier bon donc elle a un peu joué les prolongations Rachida Dati c'est une évidence Charlotte Parmentier-Lecoq qui était aux handicapés députée Horizon du Nord qui veut récupérer son siège parce que son suppléant lui-même va sans doute être élu à Templeuve en Pével je dis ça parce que je connais le coin mais voilà là c'est un jeu aussi accessoirement c'est un soutien d'Edouard Philippe assez important et donc elle veut sans doute récupérer sa liberté de parole en vue d'une candidature d'Edouard Philippe qui va s'accélérer si tant est qu'il est élu lui-même au Havre après il y a plusieurs cas il y a Michel Fournier qui est dans une petite commune rurale des Vosges ministre de la ruralité oui je ne sais pas ce qu'on connaît Mathieu mais dont on comprend qu'il a lui aussi un petit souci de liberté de parole et de place dans ce gouvernement mais outre le fait qu'il va y
ce n'est pas un ministre qui est le plus connu des Français non
est-ce qu'il y a un sujet Gérald Darmanin
qui sera sur la liste à Tourcoing
qui est deuxième de liste donc ce n'est pas lui qui serait maire mais qui laisse apparaître des envies présidentielles de plus en plus clairement et il a beau avoir une très grande proximité avec le Premier ministre Sébastien Lecornu est-ce que c'est le moment de s'en séparer alors je ne suis pas sûre que ce soit forcément une bonne idée pour Sébastien Lecornu parce qu'il vaut mieux de l'avoir avec lui mais ça peut être l'occasion je ne sais pas ce qu'en pense Mathieu
Je vais vous demander tout de suite je vais vous poser la question tout de suite mais d'abord on va écouter Maude Bréjon qui nous dit que ce remaniement n'aura pas vraiment de conséquences dans la vie des Français écoutez-la
Ce budget n'est pas parfait mais il permet au pays il permet à la France d'avancer il contient des mesures essentielles pour nos concitoyens il nous a donc invité à le faire avec je cite humilité et volontarisme en invitant le gouvernement à être là encore une fois je cite à la tâche au service concentré et uni estimant que c'était ce qui distinguait le gouvernement de l'atmosphère
ambiante Voilà Emmanuel Macron à ses ministres donc Maude Bréjon qui retranscrit s'il s'est passé en Conseil des ministres donc le gouvernement est à la tâche il va y avoir ce remaniement mais en fait pas grand chose ne va changer dans la vie des Français c'est ce qu'on comprend et quels vont être les grands projets qui vont arriver sur la table du Conseil des ministres au Parlement Alors sincèrement on a compris ce qui est déjà un acquis qu'a priori Sébastien Lecornu avait gagné quelques semaines voire quelques mois en fait de survie politique à Matignon ce qui n'était pas gagné jusqu'à une période récente on avait compris quand même que les forces parlementaires n'avaient pas spécialement envie de faire chuter le gouvernement et de repartir éventuellement dans un cycle législatif de nouvelles élections législatives mais bon désormais on a confirmation qu'a priori Sébastien Lecornu qui pour Sébastien Lecornu avait encore une fois incarné le gouvernement le plus éphémère de la Ve République c'était donner de l'oxygène donc c'est une première dimension pour autant même si on a gagné de la stabilité politique on voit bien qu'elle s'est faite au prix d'un débat parlementaire que les Français ont assez mal compris et assez peu approuvé Ils ont décroché je pense à partir du mois de décembre ils ne suivaient plus trop vraiment ce qui se passait Plus personne n'a rien compris plus personne ne s'y intéressait et à la fin quand même on a compris que la stabilité politique se faisait au prix d'un déficit budgétaire très important et d'une cohérence politique difficilement lisible Et en gros chacun a compris que la prochaine haie c'était la présidentielle et qu'il n'allait pas se passer grand chose hormis une forme de stabilité politique jusqu'à la présidentielle Le remaniement dont on parle ne tient qu'à un ajustement technique dans un gouvernement qui est objectivement faible et composé de personnalités de second rang à part quelques-uns Vous parlez de la présidentielle cher Mathieu vous m'avez fait la transition je vais vous proposer d'écouter Jérôme Gage qui était ce matin au micro de France Inter lui clairement il est sur la prochaine haie comme vous dites écoutez-le Je suis aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle pour porter la voix d'une gauche républicaine la voix d'une gauche
européenne la voix d'une gauche universaliste laïque d'une gauche sociale écologiste Je ne me résous pas à la victoire annoncée du Rassemblement National
je souhaite qu'un candidat de gauche
porteur de ses valeurs
et de cette orientation
soit présent au deuxième tour et puis séduire au-delà des rangs de la gauche
Un de plus Bérangère un de plus candidat à l'élection présidentielle
C'est le moment allons-y Jérôme Gage il a ces derniers mois une place singulière à gauche dans les différents débats et il porte je pense une voix qui s'entend au sein de la gauche après il n'est pas tout seul C'est ça
c'est un peu embouteillage de candidature non Mathieu ? sur l'intégralité de l'échiquier politique il y a à peu près une dizaine de profils sur l'étagère une trentaine de profils mais est-ce qu'il y a un responsable politique qui ne pense pas à la présidentielle aujourd'hui ?
On se demande chaque jour une déclaration Jérôme Gage a tout à fait raison puisqu'ils sont déjà une trentaine pourquoi pas être le 31ème il a tout à fait raison dès lors que rien n'est agrégé rien n'a coagulé et qu'on ne sait pas de quoi sera faite la présidentielle je note quand même deux choses malgré tout en sa défaveur un la gauche c'est ce que je disais tout à l'heure n'a pas progressé d'un pouce depuis 2017 elle a quitté le pouvoir depuis bientôt une décennie elle n'a pas réussi politiquement à se refaire et deuxième chose pour être un candidat crédible à l'élection présidentielle il faut être capable de faire l'union de la gauche je ne sais pas dans quelle mesure Jérôme Gage a le meilleur profil pour cela Cette émission vous savez c'est que de l'amour Bérangère Mathieu on va terminer comme tous les jours par la belle histoire et aujourd'hui j'ai eu envie de vous parler de Ricardo un enfant de 11 ans qui vit en Italie on l'a expulsé d'un bus Manu Militari pourquoi ?
car il n'était pas en possession d'un ticket au tarif olympique vous savez que les JO d'hiver débutent demain les prix explosent dans tout le pays et Ricardo n'avait pas d'argent alors il a dû parcourir 6 km à pied seul dans le froid sous la neige pour entrer chez lui l'histoire a ému toute l'Italie résultat le comité d'organisation des JO a décidé de l'inviter à la cérémonie d'ouverture il y participera et devrait même être mis en avant à cette occasion c'est beau non ?
Magnifique Donc les JO qui commencent la cérémonie d'ouverture c'est demain vendredi c'est la fin de cette émission merci à tous les deux merci Bérangère merci Mathieu merci d'avoir répondu à cette invitation merci à vous derrière votre écran demain ce sera Alexandre Poussard au net de cette matinale je vous souhaite une très belle journée sur Public Sénat Bye bye Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada