Sommet de la Francophonie | Le Président Emmanuel Macron échange avec des jeunes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:30Mehdi AIT HABIBChiffre
« 300 millions de personnes parlent la langue française, selon les statistiques de l'OIF et, d'ici à 2050, on atteindra les 500 millions. »
- 10:00Emmanuel MacronFait
« Dans les pays du Maghreb, on parle moins français qu'il y a 20 ou 30 ans, c'est une réalité. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« La francophonie, c'est la langue du panafricanisme. »
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Merci beaucoup d'abord d'être là, au début de ce moment important pour la Francophonie. Je remercie Leïla de cheminer à mes côtés depuis cinq ans sur ce sujet et dans un moment qui est un peu compliqué pour le monde entier, où les crises se multiplient et viennent un peu secouer les choses. Je trouvais que c'était important, avant qu'on commence les travaux et qu'on puisse parler des sujets numériques et des sujets géopolitiques, de savoir quels étaient les grands choix que la Francophonie allait faire sur des questions qui structurent quand même nos vies et nos diplomaties.
Avant qu'on continue sur les sujets auxquels nous sommes attachés, la langue plus particulièrement, son enseignement, la création dans celle-ci et les initiatives que porte Leïla, sur lesquelles je pense qu'elle reviendra, je voulais un peu vous entendre, pour que vous puissiez à la fois présenter les projets que vous portez, et qu'on puisse voir aussi comment organiser ce réseau, et je remercie madame Leveau de l'engagement qui est le sien et d'avoir œuvré en ce sens, mais que les jeunesses francophones puissent pas simplement prendre le flambeau mais le pouvoir et dire voilà les projets qu'on a envie de pousser et quelle est la francophonie en quelque sorte d'action qu'on a envie de promouvoir. Je pense qu'un des défis qui est le nôtre, c'est qu'on ne tombe pas dans le ronron, si je puis dire, de sommets et de choses qui sont parfois trop convenues, de textes qui sont parfois écrits d'avance et que plus personne ne lit, et qu'on se dise on partage une langue, on la transforme chaque jour, on l'utilise pour écrire, chanter, créer, vivre, etc, qu'est-ce qu'on peut en faire et qu'est-ce qu'elle nous permet de faire dans nos vies et de faire en commun. Voilà, c'est ça qu'il m'intéresse d'entendre de votre part.
Moi je ne serai pas plus long, je veux surtout vous écouter et répondre si vous avez des questions. Vous me permettez, Monsieur le Président, juste pour permettre de remettre le contexte très rapidement de ces jeunes ambassadeurs francophones, d'abord parce qu'on a un rêve et on considère que ce rêve est réaliste, c'est la francophonie contemporaine, moderne et populaire. Voilà un peu ce qui rassemble les quatre jeunes aujourd'hui.
C'est un projet qu'on a démarré avec pragmatisme, c'est-à-dire que chaque jeune, on est à peu près une soixantaine aujourd'hui dans la période d'expérimentation, on arrive au bout, est parrainé ou marrainé par une structure, une association, une collectivité territoriale, une mairie, une école ou un lycée, au Liban, au Cameroun ou en France. C'est en train de vraiment s'installer dans une dynamique qu'ils vont vous expliquer parce que ce sont eux les stars ce matin. Voilà, ce que je voulais vous dire, c'est que ça faisait partie d'un rêve personnel en 2018, lorsque, chez eux, j'ai ouvert cet avis sur le rôle de la France dans une francophonie contemporaine, juste après Érevan, et ils sont en train de le réaliser.
Je pense que, pour eux, ils vont vous le dire, être jeune ambassadeur francophone est à la fois une conviction et en même temps ça leur donne des ouvertures pour avoir des stages et rentrer dans la vie active. Voilà, Monsieur le Président, je ne serai pas plus longue. Leurs parrains et leurs marraines, c'est important, c'est-à-dire qu'ils les suivent, c'est Jacques Krabal, c'est Benjamin Boutin pour Francophonie sans frontières, pour l'AFAL Jacques Godfrain, Nacer Kettane pour Beur FM, voilà, ce sont leurs parrains et leurs marraines, et je leur laisse la parole parce que c'est ça qui est important.
Allez, Vanessa, Mehdi, Jean-Daniel et Kodjo. Merci, Monsieur le Président. Je suis très heureuse d'être ici et de pouvoir vous parler de mon projet.
Je suis Vanessa Lébéka, je suis conseillère municipale à la ville de Chelles en Seine-et-Marne. Ce programme de jeunes ambassadeurs francophones, j'étais très enthousiaste de le rejoindre parce qu'il me permettait de sortir ce projet que j'avais en rêve et, en tant que conseillère municipale et en tant qu'élue locale, j'ai constaté qu'il fallait travailler davantage sur la francophonie des territoires, qu'il fallait encourager les maires des petites communes comme des grandes communes et des villages en Afrique, etc, pouvoir les encourager et valoriser toutes leurs initiatives, petites ou grandes, pour le rayonnement de la langue française et des valeurs de la Francophonie. C'est pourquoi je porte ce projet de label de villes et villages amis de la francophonie, qui permettra de pouvoir faire émerger cette francophonie des territoires et surtout d'associer davantage les élus locaux au travail de promotion de la langue française et, par le corollaire des élus locaux aussi, la société civile, les jeunes et la population.
Je vais créer une association qui gèrera ce label et l'idée, c'est de pouvoir, d'ailleurs j'ai déjà commencé, aller à la rencontre des maires et des élus locaux pour leur proposer de rejoindre ce réseau. Il s'agira aussi, par ce biais, de pouvoir les fédérer pour qu'ils puissent créer des initiatives entre eux. Par exemple, il s'agira de mettre en place des campagnes de sensibilisation dans les écoles pour les jeunes, sur le " bien parler français " qui me tient particulièrement à cœur.
Vous êtes née où ? Je suis originaire du Congo-Brazzaville. Je suis née au Congo et j'ai grandi en France.
Je suis arrivée à l'âge de neuf ans en France. Effectivement, cette double culture est pour moi une richesse parce que, dès le Congo, j'ai effectivement cultivé cet amour pour la langue française parce que j'ai étudié à l'école française et ensuite je suis arrivée en France. C'est vrai que ma rencontre avec la francophonie s'est vraiment faite grâce à mon père qui était professeur de Lettres et Histoire, maintenant il est à la retraite, et aussi un peu par hasard, par un concours de dictée de ma ville que j'ai remporté et qui m'a permis d'aller, accompagnée de mon papa parce que j'étais mineure, à l'Académie française.
C'est là qu'effectivement j'ai nourri ce grand rêve d'une francophonie plus ouverte à tous. [ INAUDIBLE ] J'ai eu quelques contacts avec la ville de Yaoundé au Cameroun et donc Brazzaville aussi, d'où je viens, tout à fait, donc là c'est un appel que je lance, quelque part. Vous avez rencontré l'AIMF, l'Association internationale des maires francophones ?
En effet, oui. Monsieur Pierre Baillet a eu l'amabilité de m'accueillir et m'a donné beaucoup de conseils avec beaucoup de bienveillance, il a vraiment reçu mon projet avec bienveillance, je dirais, et il est tout à fait ouvert à m'aider dans ce projet, ainsi que monsieur Jacques Krabal, ancien député de l'Aisne, qui me soutient et qui est mon parrain. Voilà le badge de la Cité.
Oui, tout à fait, il m'a faite chevalière, hier, de la Cité internationale de la langue française. Mehdi ? Bonjour, Monsieur le Président de la République.
C'est vraiment un honneur pour moi de vous rencontrer tous. Je m'appelle Mehdi AIT HABIB, je suis étudiant algérien ici en France, fraîchement diplômé en Master 2 en études européennes internationales. J'ai grandi en Algérie, à Oran.
Dès ma tendre enfance, dans ma famille on parlait français. En tout cas on a vraiment un multilinguisme à la maison, on parle kabyle, arabe et français dans ma famille, c'est incroyable. Je suis actuellement en France parce que c'était un rêve pour moi d'étudier ici.
Avant de venir, j'étais aux États-Unis, mais j'ai toujours voulu étudier en France. C'était un rêve. J'ai comme projet de viser la jeunesse pour promouvoir la langue française et la francophonie dans le monde.
Avec mes camarades qui étaient aux États-Unis, nous regardions souvent des plateformes de vidéos à la demande telles que Netflix, Salto, Disney + etc, et on était très attristés de voir qu'il y avait beaucoup de contenus qui étaient proposés dans différentes langues, en portugais, brésilien, parfois en coréen, mais pas en français. C'était très étonnant pour nous et on s'est dit qu'on devait faire quelque chose pour promouvoir la langue française partout dans le monde, parce qu'on a une très grande diaspora aux États-Unis et en Amérique latine, qui a soif de langue française et de la culture francophone en général. Il n'y a pas assez de contenus originaires de pays francophones.
Du coup, on a eu l'idée de faire ce projet, si c'est possible de nous aider avec le ministère du numérique, d'avoir quelques contacts et de proposer à ces grandes entreprises des contenus en langue française partout, pour tout le monde. La jeunesse s'intéresse beaucoup à la langue française. Je l'ai vu aux États-Unis, il y a un engouement pour les alliances françaises partout.
Je l'ai vu dans mon pays natal, en Algérie. C'est incroyable cette langue, cette culture et la richesse de la francophonie. Mehdi, nous accueillons là, depuis dix jours, une quinzaine de jeunes Américains qui ont voulu rejoindre le réseau des jeunes ambassadeurs francophones.
Exactement. Du coup, on est très excités par le fait de lancer notre projet et on y tient vraiment. Les valeurs de la francophonie sont universelles et la langue française a sa place dans le monde.
On le voit car actuellement 300 millions de personnes parlent la langue française, selon les statistiques de l'OIF et, d'ici à 2050, on atteindra les 500 millions. C'est exceptionnel, ce sera la troisième langue la plus parlée sur la planète. La langue française a de l'avenir et, grâce à la jeunesse, elle se maintiendra et on est sûrs que ça créera des liens entre nos pays francophones, mais aussi bien au-delà.
De manière concrète, comment vous voulez pousser cela auprès des plateformes ? On croit que ces plateformes pourraient en tirer bénéfice aussi, car la diaspora et beaucoup de gens qui veulent apprendre la langue française utilisent ces plateformes pour pratiquer ou pour se renseigner sur la langue et sur la culture francophone. Ils peuvent avoir plus d'abonnés.
On est sûr que, si on les persuade de mettre plus de contenus, ça sera gagnant/gagnant pour tout le monde. Merci. Non, mais j'ai des réactions sur cette idée et cette proposition.
Oui, c'est un projet sur lequel on réfléchit depuis longtemps, mais c'est assez complexe parce qu'on se retrouve face à des géants que vous avez cités tout à l'heure, je ne vais pas répéter leurs noms. Il y a les moyens, aujourd'hui, d'avoir des contenus francophones, notamment par TV5 Monde qui est une plateforme sur laquelle vous pouvez trouver beaucoup de contenus. La question, c'est moins de créer aujourd'hui des plateformes qui ont du contenu que d'informer les gens sur la possibilité d'y accéder et que les gens aient envie d'aller vers ces contenus, que ce soient des contenus de qualité qui répondent à des besoins.
Je pense que, par exemple, il faut beaucoup insister sur les contenus pour la petite enfance. Il est prouvé aujourd'hui sur le plan linguistique que, quand on touche les enfants tout petits, regarder des dessins animés tout petit en français, par exemple, c'est une ouverture sur la langue qui est extrêmement importante. En tout cas, pour moi, j'ai appris la langue française grâce à la télévision française.
Moi aussi, au Maroc c'est comme ça que ça a commencé, en regardant des dessins animés à la télévision. Je crois qu'aujourd'hui il faut beaucoup se soutenir. Il y a pas mal d'initiatives, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, de jeunes qui veulent monter des chaînes de télévision à destination des enfants en français.
Cela, à mon avis, c'est une des initiatives d'avenir donc je vous incite à aller regarder vers ces initiatives-là. Je pourrais vous donner quelques infos à ce propos. Merci beaucoup.
Je vous en prie. Jean-Daniel ? Il fonctionne, ne touchez pas au micro.
Bonjour à toutes et à tous, Je me nomme Jean-Daniel. C'est aujourd'hui en ma qualité de jeune ambassadeur francophone de Villers-Cotterêts, que je suis membre de ce Sommet. C'est un honneur d'être à vos côtés, Monsieur le Président de la République, Emmanuel Macron.
J'ai longuement réfléchi à la manière dont je commencerai ce discours, et je pense que c'est tout d'abord des remerciements que je devrai adresser, à vous, Monsieur le Président de la République, à toutes les personnes aujourd'hui m'entourant, au lycée européen de Villers-Cotterêts et tous les jeunes ambassadeurs francophones. Nous, à Villers-Cotterêts, nous défendons les valeurs de la République. À cet effet, nous prévoyons plusieurs projets : notre exportation sur les réseaux sociaux, l'entreprise du Grand Prix littéraire francophone avec la collaboration de plusieurs institutions.
C'est un concours qui réunit plus de 300 participants annuellement, dont certains au Liban. Très prochainement, nous créerons certaines vidéos et plusieurs podcasts réunissant nos actions passées et futures. En effet, à Villers-Cotterêts, ville porteuse de notre magnifique projet, nous soutiendrons la Cité internationale de la langue française.
Nous présenterons donc ce projet à tout le monde. Nous communiquerons autour. Nous serons présents dans les stands, nous serons présents dans les établissements, dans les mairies, et partout où nous serons acceptés.
Merci à tous. Jean-Daniel a 16 ans, il est en Première. Bravo.
Excellent. Comment cela s'articule avec le projet de Villers-Cotterêt et de la Cité ? Nous, ça nous a beaucoup aidés.
Plusieurs collaborations au centre de ce projet qui se lance et qui est en très grande avancée. Je citerai Jacques Krabal, qui a beaucoup contribué à tout ce projet et qui nous motive quotidiennement. Aujourd'hui, Madame [ INAUDIBLE ] et Madame Gérard sont toutes chargées de cette présentation.
On recrute beaucoup de personnel pour présenter ce projet. Nous avons déjà entrepris la visite du chantier qui avance très rapidement. C'est splendide.
Voilà une belle perspective. C'est vrai qu'il y a une trentaine de jeunes ambassadeurs francophones maintenant engagés au Lycée européen de Villers-Cotterêts, qui a été un des premiers à démarrer sur le projet [ INAUDIBLE ]. Philippe, vous voulez dire un mot sur l'avancée du projet ?
Volontiers, Monsieur. Le projet suit son cours. Nous pourrons vous confirmer au mois de janvier la possibilité d'une ouverture au printemps.
Les travaux de restauration du château touchent à leur fin et le déploiement du programme scientifique et culturel également. Comme vous le savez, il ne s'agit pas d'un musée, mais d'un lieu vivant. Non pas qu'un musée ne puisse pas être un lieu vivant, mais l'idée c'est, au-delà des connaissances évidemment sur la façon dont la langue française s'est formée et s'est diffusée, de faire de Villers-Cotterêts un lieu de rayonnement de toutes celles et tous ceux qui travaillent sur la construction de nouveaux outils pour la diffusion de la langue française, notamment dans le domaine du numérique.
La porte sera très largement ouverte aux intellectuels et aux artistes, pour faire de Villers-Cotterêts un lieu de référence pour toutes celles et tous ceux pour qui le français est plus qu'un outil de communication, un véritable porteur de valeur et de rayonnement. Merci, Monsieur le Président. Nous sommes particulièrement heureux d'être ici.
Merci de votre invitation, Monsieur le Président de la République, parce que ce projet qui est un projet qui est très ancré localement dans cette magnifique enveloppe patrimoniale qu'est le château de Villers-Cotterêts a vocation effectivement à s'ouvrir au monde, et nous sommes très heureux d'avoir conclu un certain nombre de partenariats ces derniers mois, avec notamment TV5 Monde avec laquelle nous construisons d'ores et déjà une web série, on parlait des contenus numériques sur internet, une web série qui valorise les métiers du chantier et qui propose aussi des ressources pédagogiques pour apprendre la langue. Donc c'est d'ores et déjà disponible. Nous travaillons avec France Éducation International qui est présente aussi aujourd'hui au Sommet, pour créer une formation pour les enseignants et les formateurs de français à l'international.
Une première promotion viendra en novembre 2023, 50 formateurs de tous les pays du monde, et aussi localement de Villers-Cotterêts, puisqu'on connaît aussi les difficultés linguistiques qui sont propres à ce territoire, pour échanger sur leurs pratiques et créer ensemble de nouveaux outils pour l'éducation à la langue française. Donc c'est aussi une dimension très importante du projet que de vraiment créer des espaces de dialogue entre la dimension locale de la langue française dans ses interactions ainsi que les langues régionales, bien sûr et, à l'échelle internationale, la cité accueillera, cela a été dit également, des artistes de tous pays. Nous allons lancer un appel à projets pour des artistes qui créent des nouvelles typographies.
Nous travaillons beaucoup avec le Québec également. Nous allons accueillir des premiers artistes québécois à l'automne 2023, enfin beaucoup de choses à venir et le projet devient maintenant tout à fait concret. Et le lycée de Villers-Cotterêts est évidemment un partenaire de premier plan géographique et nous sommes très heureux d'avoir Jean-Daniel à vos côtés, Monsieur le Président.
Qui a gagné un concours d'éloquence. Cela se voit. Kodjo ?
Oui, Jean-Daniel ? En effet, j'ai donc remporté le concours d'éloquence à Maupas ainsi que celui de mon lycée. C'est une très grande fierté et, je le clamerai toujours, c'est ma porte d'accès à la francophonie.
La première fois, j'ai été invité à rejoindre les jeunes ambassadeurs francophones à l'Assemblée nationale. C'est un grand honneur que je tacherai d'assumer toute ma vie. Merci Jacques. [ INAUDIBLE ].
Cela a été dit à deux reprises. Kodjo, qui va faire un pont entre France Volontaires et les jeunes ambassadeurs francophones. Monsieur le président de la République, c'est un honneur pour moi aujourd'hui de me tenir ici et de vous parler de mon projet.
Moi, c'est Kodjo Kokou, je suis togolais résidant en France, et je suis juriste en Droit de la protection des données personnelles à la RATP, en alternance. Aujourd'hui, je suis également jeune ambassadeur francophone. Moi, j'ai connu le français ou j'ai vécu avec le français depuis le bas âge parce que la langue française est la langue officielle de mon pays, le Togo.
J'écris beaucoup parce que ma mère m'a inculqué l'écriture. Je suis poète, artiste, compositeur et interprète également. À travers mes écrits et la lecture également, j'ai pris goût à la langue française et ça m'a suivi jusqu'alors, dans mon parcours de juriste aussi.
J'ai eu la chance d'effectuer un volontariat international en France, où je me suis rendu compte de la chance que j'avais de pouvoir parler français parce que ça a été ma première porte d'intégration en France, la langue. Je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de jeunes qui n'avaient pas connaissance de l'ampleur qu'avait le monde francophone des frontières francophones. J'étais désarmé, je ne pouvais rien faire mais, quand j'ai eu écho de ce projet des Jeunes ambassadeurs francophones, je l'ai vécu comme un appel personnel de nos anciens qui nous appellent, nous la jeunesse, à venir porter le flambeau de la francophonie.
J'ai répondu tout de suite et je suis parrainé par Monsieur Jacques Godfrain, qui est président de l'AFAL et de France Volontaires. De cette expérience de volontariat international, nous avons initié un projet qui s'intitule " Raconte ton volontariat ", qui est un projet d'écriture francophone à destination des volontaires qui font de la mobilité internationale parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas francophones mais qui viennent en volontariat dans des pays francophones, et vice versa. Nous nous sommes rendu compte que, sur le terrain, ces volontaires qui vous tiennent tant à cœur, vous l'avez encore démontré à la Journée du volontariat français du 12 octobre, sont des ambassadeurs sur le terrain de la langue française parce que, s'ils se retrouvent dans les pays non francophones, ils inculquent quand même les premières notions de français et ils étendent la francophonie.
Ce sont des ambassadeurs de la mobilité francophone donc ce concours est destiné à ces volontaires. Il raconte leur expérience de volontaires et ça incite d'autres jeunes à faire du volontariat et, en même temps, ça permet le partage de la langue française, et c'est notre objectif aujourd'hui. Moi, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier, on ne le dira jamais assez, nos parrains et marraines parce qu'il y a monsieur Jacques Krabal qui est là, il y a l'AFAL qui est représentée par madame Lebeau qui est là, il y a monsieur Jacques Godfrain qui n'a pas pu faire le déplacement.
J'aimerais les remercier parce que je vais citer un auteur français qui dit : " Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants " et nous voyons plus loin qu'eux, pas parce que nous sommes plus géants qu'eux mais parce qu'ils ont accepté de nous porter. Donc aujourd'hui nous portons ce projet, nous avons des projecteurs et des caméras et nous parlons de nos projets, nous avons la scène pour parler de nos projets, nous avons un cadre, mais c'est parce qu'ils sont derrière et qu'ils nous portent. Merci, Kodjo.
Monsieur le Président, je vais vous remettre, pour ces quatre qui représentent tous les autres, un petit cahier d'activités où vous aurez l'occasion de regarder tous les autres jeunes ambassadeurs et leurs projets. Voilà. Yseult, vous allez bosser un peu.
Voilà. Je suis hyper heureuse de vous rencontrer et de participer à cette rencontre avec vous tous et vous toutes. Je me présente, je m'appelle Yseult, je suis une artiste française et je fais de la variété française vraiment dans les règles de l'art parce que j'adore ça.
J'adore la chanson française, j'adore Céline Dion, je l'aime d'amour, et je partage aussi cet amour pour la langue française mais en musique. Du coup je partage des émotions sur scène, actuellement en studio d'enregistrement. Cela me fait plaisir de pouvoir aussi penser potentiellement à la partager à l'étranger parce que, du coup, je sors d'une tournée et j'ai fait des concerts en Angleterre et en Espagne, je m'apprête aussi à développer mon profil aux États-Unis et je tiens à chanter en français, de A à Z, parce que pour moi c'est super beau.
J'adore la langue française et j'ai super hâte de pouvoir partager cet amour ici à l'étranger, et je suis super contente de vous rencontrer, Monsieur le Président Macron. Donc je suis très contente. On va vous embarquer dans cette affaire.
Allez-y. Leïla, sur tout ce qui a été fait et les projets qu'il y a ? D'abord, je suis très contente d'entendre ces jeunes ambassadeurs parler comme ça de la francophonie parce que, quand tu m'as confié cette mission il y a cinq ans, on faisait quand même le diagnostic d'un espace dont on avait un peu peur que ce soit un espace fatigué, d'un mot même, la francophonie, dont il nous semblait qu'il était un peu abîmé et un peu galvaudé.
J'ai l'impression qu'au bout de cinq ans, je fais plutôt un bilan positif. J'ai plutôt l'impression qu'aujourd'hui il y a de nouveau un débat qui existe autour de ce mot, mais que ce mot est redéfini. On l'a très bien vu, d'ailleurs, parce que j'ai participé à un projet avec la Cité internationale où on a fait parler des artistes, des écrivains, des poètes et des metteurs en scène autour de ce mot francophonie qui retrouve un sens, même si ce sens peut être aussi l'objet de débats.
Mais je crois qu'il y a vraiment quelque chose qui est en train de renaître. Dans la chanson en français, pas forcément la chanson française, mais la chanson en français, l'humour en français, la poésie, la littérature venant de partout retrouvent aussi leurs lettres de noblesses et ont un très grand succès, partout dans le monde. Je le vois, par exemple, dans mon domaine qui est celui de de la littérature donc il y a des raisons d'être très optimiste.
Je crois que c'est surtout la jeunesse, et on l'a toujours dit depuis cinq ans, qui permettra à cette francophonie de continuer à vivre et à rayonner, et des projets concrets. C'est pour ça que je vous disais que j'étais à vos côtés pour ce projet des jeunes ambassadeurs francophones qu'on voudrait démultiplier. Je crois qu'il faut absolument insister sur la diversité des profils et la diversité de la façon de parler français.
Vous venez d'horizons et de pays différents, et c'est ce qui fait aussi le sel et l'intérêt de ce qu'est la francophonie. Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on voit ces ambassadeurs et qu'on les entende parler. On a cette idée de créer des capsules d'ici à 2024, des capsules vidéo avec des gens qui parlent français de manière différente, bien, parfois avec des erreurs ou avec des accents qui viennent de partout dans le monde, et qu'on entende aussi cette diversité du français, qu'on entende un français qui n'est pas arrogant, qui n'est pas forcément parfait, qui n'est pas un français de salon, mais qui est un français qui peut être celui de quelqu'un qui a appris le français pour cuisiner, qui a appris le français parce qu'il aime la chanson française ou qu'il aime Céline Dion, qui a appris le français parce qu'il est tombé amoureux ou je n'en sais rien, mais qu'on entende en tout cas ces différentes façons de parler français et qu'on décomplexe aussi des gens qui ont le sentiment que c'est une langue difficile à apprendre mais que c'est surtout une langue difficile à parler, parce qu'on a le sentiment que, si on ne la parle pas parfaitement, les gens vont vous juger et du coup on renonce.
Je vous vois hocher la tête. Cela, on le voit beaucoup dans nos pays, ce sentiment que, si on a un accent ou qu'on ne le parle pas parfaitement, on va renoncer à le parler. Je crois que c'est aussi ça votre rôle d'ambassadeur, quand vous rencontrez des gens qui sont en train de commencer à apprendre, que vous leur disiez qu'il n'y a pas de complexe à avoir, tout comme, quand on commence à parler l'anglais, souvent on n'a pas de complexe à parler l'anglais avec au début un vocabulaire qui peut être un peu limité.
Je crois que c'est très important aujourd'hui de décomplexer les jeunes sur l'usage du français et de leur dire qu'on n'est pas obligés, dès le départ, de le parler parfaitement. C'est à mon avis un des projets sur lequel on va s'investir avec les jeunes ambassadeurs. Monsieur le Président, si vous le permettez, je sais qu'on a plein d'enjeux pour 2024.
J'ai lancé, il y a un an et demi, peut-être que c'était une folie mais je ne pense pas que ça le soit aujourd'hui, l'idée des 1 000 ambassadeurs pour 2024. Si vous l'acceptez tous et toutes, j'ai demandé à Yseult, éventuellement d'accepter d'être la marraine des 1 000 jeunes ambassadeurs francophones, et je voulais vous montrer ce petit logo. Ce petit logo a été fabriqué de toutes pièces, pas revu, par les jeunes lycéens de Villers-Cotterêts.
Ils ont décidé de s'appeler Promotion Senghor 2022-2023. Oui, c'est un petit clin d'œil à vous deux. Je vous le remets, si vous le souhaitez, Monsieur le Président.
Vous le remettrez à Yseult pour qu'elle parraine et qu'elle marraine peut-être cet enjeu de 2024. Je vous laisse la parole. D'accord.
Je dis oui. Il n'y a pas la bague mais je dis oui quand même, mais c'est la bague. Merci beaucoup.
Merci à vous. D'abord, merci d'être là et engagés. Comme Leïla l'a dit, ça fait maintenant cinq ans qu'on avance et qu'on chemine.
Pour vous dire comment moi je vois les choses, vous avez eu des propos très positifs, très beaux et très forts sur le français. Moi, je les partage et on y croit. On défend cette langue à la fois dans ce qu'elle a d'académique et dans son pluriel, si je puis dire, c'est-à-dire dans le fait que c'est une langue qui doit être aussi hospitalière, et je crois beaucoup à cette idée.
Ce que Leïla a dit est très important, c'est-à-dire qu'il y a des Français et il y a une francophonie qui charrient des patois, d'ailleurs la France s'est constituée ainsi. Il y a toujours eu une volonté d'uniformiser la langue, il y a toujours eu des résistances de mots qui se sont d'ailleurs ensuite invités dans la langue française et qui sont devenus académiques après beaucoup de résistances. Cette langue, elle s'est confrontée à d'autres continents par les hasards, les blessures ou les morsures de l'histoire.
D'ailleurs, chaque continent ensuite injectait ses mots dans la langue française, et des mots qui viennent de tous vos pays d'origine que vous avez évoqués sont là, dans la langue française, et sont devenus des mots français. Beaucoup de gens d'ailleurs, quelles que soient leur idées, les ont adoptés et les utilisent chaque jour, etc. Cela va continuer de se faire comme ça.
C'est la force de la langue française qui n'est pas suffisamment mise en lumière, mais elle doit continuer à être inventive, et elle l'est à travers les usages du quotidien, le travail, la création et la chanson, etc. Après, il y a une réalité, c'est que le français, la francophonie, s'étend si je puis dire par la démographie de certains pays qui sont dans la francophonie, mais qu'il y a aussi des vrais reculs qui sont là, ces dernières décennies. Il faut être lucides.
Dans les pays du Maghreb, on parle moins français qu'il y a 20 ou 30 ans, c'est une réalité, parce qu'il y a eu parfois des formes de résistances quasi politiques ; il y a eu cette union qui a pu paraître plus difficile ; il y a eu une volonté de réhabiliter d'autres langues en se disant c'est comme ça qu'on trouve notre chemin politique ; parce qu'il y a aussi un anglais qui, si je puis dire, est le nouvel esperanto qui s'est développé avec cette facilité d'usage, et où finalement les gens ont accepté un espace linguistique où on se dit qu'avec quelques mots et un usage imparfait, on se retrouve entre nous, personne ne nous juge et on arrive à communiquer partout. Ce qui fait que la francophonie a un peu reculé à cet égard. Mais voir votre génération qui le porte est très important.
Moi, je pense qu'on doit avoir un projet derrière, qui est un projet de reconquête, qui passe par créer en français. Je pense que c'est très important parce que, quand on a un imaginaire, des héros ou des héroïnes, des chansons qu'on aime et qui nous touchent, des livres qui nous ont bouleversés, c'est comme ça qu'on va vers une langue et qu'à ce moment-là tous les efforts sont possibles. Ensuite, c'est, comme ça a été dit, de rendre à nouveau cette langue hospitalière par vos générations et de montrer, dans tous les pays, qu'on peut parler un français qui n'est pas forcément le français académique, mais qui est la langue qui va nous permettre de faire du commerce, de parler et de nous retrouver.
Je pense, en particulier pour le continent africain, que c'est la vraie langue universelle du continent africain. C'est celle qui permet de créer l'unité à laquelle je crois beaucoup. La francophonie, c'est la langue du panafricanisme, si je devais faire un combat politique à l'envers, si je puis dire, mais c'est vrai.
Je crois que c'est celle qui porte aussi des vraies valeurs universelles, d'Haïti au continent africain, en passant par une partie du continent sud-américain, l'Asie du sud-est et le Pacifique. Donc c'est ce combat qu'on doit mener mais ça suppose d'avoir une stratégie, et c'est celle que vous devez porter, Leïla l'évoquait très bien, donc on doit aussi l'assumer et la poursuivre. Donc il y a la création dans des contenus, cela on doit absolument le porter et je pense qu'il faut trouver des artistes de toutes générations qui sont prêts à s'y engager.
Il y a l'éducation, on a pris des engagements et d'ailleurs on en prend ici qui sont forts, pas simplement pour développer notre propre réseau, mais aider au renforcement du français et de la francophonie dans les réseaux éducatifs, ici tunisiens mais on veut le faire un peu partout, je pense que c'est un élément très important, et le faire en lien, vous l'avez fait, avec des systèmes de parrainages et de connexions qui existent depuis très longtemps mais ont des succès divers et ont parfois été un peu oubliés, et pouvoir le faire à travers le réseau de nos volontaires ou nos jeunes qui, par des concours ou des initiatives, peuvent le promouvoir, est une très bonne chose. Donc oui pour les 1 000 ambassadrices et ambassadeurs pour 2024, parce qu'en 2024 on a proposé qu'on puisse accueillir le Sommet de la Francophonie en France. Donc on fonce, merci à la marraine d'avoir accepté.
Merci à vous. On va lancer d'autres initiatives et Leïla va porter plusieurs autres initiatives pour ce sujet qui, en même temps, va mettre la francophonie à quelques semaines d'intervalle avec les Jeux Olympiques et les Jeux paralympiques, ce qui va être aussi une manière de rayonner et de montrer, on parle beaucoup de l'éducation et de la culture, qu'il y a aussi le sport qui est un formidable levier pour la francophonie, et d'utiliser la Cité à Villers-Cotterêts comme l'épicentre de tout cela parce que moi, ce que j'aime dans Villers-Cotterêts, pour tout vous dire, c'est son histoire et ce qu'on est en train de réinventer. C'est-à-dire que c'est un lieu où un roi français a décidé que la langue française serait la langue des textes administratifs, et il a en quelque sorte fait de la langue un instrument politique pour unifier le pays.
Ensuite, ça a été une cité qui a abrité un grand soldat napoléonien mulâtre, qui était le père d'Alexandre Dumas, Alexandre Dumas qui est un de nos plus grands auteurs et qui a fait rayonner dans le monde entier. Beaucoup de gens sont venus au français en lisant Dumas, fils d'esclave libéré et affranchi, et qui était devenu un grand soldat dont la statue trône à Villers-Cotterêt. Mais la statue ne dit pas la couleur du père, et donc c'est un magnifique symbole.
Je crois que cette ville qui a ce château sublime qu'on a réhabilité, on ne l'a pas simplement restaurée, même si ça a été un immense travail de restauration, on veut en faire là une cité qui va montrer le voyage parce que la langue française, c'est un voyage. C'est un voyage à travers le temps. C'est un voyage à travers les continents et c'est un voyage qui est continu.
Moi, c'est ça qui m'importe. Des ambassadrices et ambassadeurs, ce sont celles et ceux qui, utilisant ce projet, vont aussi contribuer à le transformer en permettant aussi à des artistes, des créateurs, des lycéennes et des lycéens venant d'un peu partout dans le monde de montrer que cette odyssée se poursuit. Merci beaucoup d'avoir été là ce matin, mais moi, ce qui m'importe, c'est qu'on soit conscients de la responsabilité qui est la nôtre.
Il faut porter une volonté de reconquête, parfois de résistance mais aussi de reconquête. J'ai oublié, il y a un sujet qui me tient à cœur, qu'il faut qu'on avance aussi, c'est celui de la traduction et de la diffusion de livres à très bas prix, parce qu'en particulier dans tout le Maghreb, c'est beaucoup plus cher d'acheter aujourd'hui des livres en français. D'autant plus aujourd'hui, où le papier coûte très cher.
Exactement, et où il y a des projets, si je puis dire, alternatifs, pour rester pudique, qui diffusent à très bas prix voire à 0 des livres dans d'autres langues qui portent d'autres valeurs, si on se dit les choses, qui ne sont pas forcément celles de l'ouverture, de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la dignité de tous les êtres humains, parce que c'est aussi ça que charrie la francophonie, parce qu'elle a aussi été ce voyage, ça n'a pas toujours été vrai, mais je pense que c'est très important, il ne faut pas l'oublier. Voilà, merci infiniment. Avant que le Sommet ne commence, ce qui m'importait, c'était aussi d'envoyer le message que la francophonie ne doit pas être un espace institutionnel.
Ça doit être un espace vivant qui est tout à la fois un espace de résistance et de reconquête, très important. Ce mot a été parfois pris par d'autres, à mes yeux, à mauvais escient, mais c'est un vrai mot d'ambition portée et de voyage qui doit se poursuivre, et je suis très heureux que vous preniez ce flambeau et que vous le fassiez avancer. Il y a un énorme travail entre maintenant et 2024, soyons-en conscients.
On est tout à fait d'accord. Donc je compte sur vous. Merci beaucoup.
Merci infiniment. Merci à toutes et tous.
Emmanuel Macron