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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 février 2023 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleEurope & international

Macron dévoile son programme...nucléaire #cdanslair

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 24 %Attaque 46 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Pourquoi miser maintenant sur le nucléaire ?

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron en ce début de campagne ?

  • 0:46OuverteRéponse partielle

    Peut-il être gêné par les attentes des Français sur les questions énergétiques ?

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Doit-il craindre ce convoi qui doit converger demain vers Paris ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a lancé un programme nucléaire avec des annonces spectaculaires. Qu'en dit-on ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que dit le président de la République sur la prolongation des centrales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron à Belfort a annoncé la création de 6 EPR et envisage 8 autres supplémentaires. »
  • 2:07PrésentateurFait
    « On va prolonger la durée de vie de toutes les centrales jusqu'à 50 ans ou peut-être plus. »
  • 3:26Invité politiquePromesse
    « Je souhaite que 6 EPR 2 soient construits et que nous lancions les études sur la construction de 8 EPR 2 additionnels. »
  • 10:52PrésentateurFait
    « 6 plus 8, 14 nouveaux réacteurs qui doivent entrer en service à partir de 2035. »
  • 10:59PrésentateurPromesse
    « Le chef de l'État promet de quadrupler la production d'électricité renouvelable d'ici 2050. »
  • 12:22PrésentateurChiffre
    « Au total, un cinquième du parc sera donc mis sur pause cette année. »
  • 13:48InvitéFait
    « Il y a zéro EPR qui fonctionne aujourd'hui dans le monde, nulle part, nulle part. »
  • 14:00Invité politiqueChiffre
    « On a un EPR, 17 milliards d'euros de surcoût, 17 milliards, vous vous rendez compte ? »
  • 32:41PrésentateurChiffre
    « Des centaines de poids lourds, rejoints peu à peu par des milliers de manifestants anti-mesures sanitaires. »
  • 33:27PrésentateurFait
    « Le pass vaccinal pourrait être abandonné d'ici quelques semaines. »
  • 42:36PrésentateurChiffre
    « par rapport au même mois de l'année dernière, on considère en France qu'un plein, c'est environ 50 litres. C'est 17 à 18 euros de plus. »
  • 45:02InvitéFait
    « l'antimacronisme s'était calmé, mais c'est une réalité de ce quinquennat. »
  • 46:09InvitéChiffre
    « il y a 40% de Français dans la Cotifop qui approuvent son action. Il y en a 60% qui ne l'approuvent pas. »
  • 47:45Invité politiquePromesse
    « je demande la démission de Jean-Michel Blanquer depuis des mois et des mois. »
  • 47:51Invité politiqueFait
    « il méprise la communauté éducative, il méprise les enseignants, il méprise les parents d'élèves et les élèves. »
  • 48:24InvitéFait
    « les hausses de la violence, des atteintes aux personnes, homicides en hausse, coups et blessures volontaires en très nette hausse, violences sexuelles notamment en hausse, tellement en hausse qu'on parle même d'explosion. »
  • 48:48InvitéChiffre
    « il y a 30% de baisse sur les biens. »
  • 55:36PrésentateurFait
    « le fiasco de l'EPR de Flamanville est-il amené à se reproduire ? »
  • 1:00:50PrésentateurFait
    « la question du nucléaire suscite bien des remous dans l'opposition. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité15 %
  • Emmanuel Macron2 %
  • Auditeur2 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il a choisi donc d'occuper le terrain et de poursuivre les annonces à deux mois seulement de la prochaine présidentielle. Emmanuel Macron à Belfort a annoncé la création de 6 EPR et envisage 8 autres supplémentaires. Fidèle au en même temps, il souhaite par ailleurs installer 50 parcs éoliens en mer d'ici à 2050. C'est dire si Emmanuel Macron voit loin à quelques jours de son entrée officielle en campagne. Le président se projette donc dans la France d'après et tente de couper l'herbe sous le pied de ses adversaires.

En particulier Valérie Pécresse qui doit tenter de relancer sa campagne dimanche pour un grand meeting. Alors pourquoi miser maintenant sur le nucléaire ? Quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron en ce début de campagne qui ne dit pas son nom ? Peut-il être gêné par les attentes des Français sur les questions énergétiques et donc sur les questions liées au pouvoir d'achat ? Doit-il craindre ce convoi qui doit converger demain vers Paris ? Macron dévoile son programme nucléaire. C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po.

Citons votre livre, Le Populisme, publié aux éditions des presses universitaires de France. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Je cite votre édito du jour présidentiel. Y a-t-il une colère cachée ? Nous y reviendrons longuement ce soir. Astrid De Villene, vous êtes chef de service politique au Huffington Post. Enfin, Emmanuel Duteil, vous êtes journaliste spécialiste des questions économiques et sociales. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je commence avec vous, Emmanuel Duteil, sur les annonces. Je le rappelais, il y a quand même un vote dans deux mois.

Mais Emmanuel Macron a lancé un programme nucléaire avec des annonces assez spectaculaires. On peut dire que c'est la partie programmatique sur le nucléaire, peut-être, puisque là c'est effectivement très clair. Et c'est assez différent par rapport à ce qu'on avait eu en début de mandat. Parce qu'il faut se souvenir qu'en début de mandat, on programmait, alors c'est vrai que Nicolas Hulot était à l'époque ministre de l'écologie, ceci explique sûrement cela, mais on programmait plutôt la fermeture de réacteurs. Là aujourd'hui, qu'est-ce que dit le président de la République ?

C'est qu'on va prolonger la durée de vie de toutes les centrales jusqu'à 50 ans ou peut-être plus, si on arrive bien évidemment à respecter les normes de sécurité. Ça en France, c'est plutôt bien fait. Rien que ça, ça coûte des milliards d'euros. Parce que pour respecter les normes de sécurité, il faut les entretenir. Parce qu'une centrale, qu'elle ait 2 ans, 40 ou 50 ans, elle doit répondre aux mêmes normes de sécurité. Donc vous imaginez que si on prolonge, c'est beaucoup de dépenses. Qu'est-ce qu'il a annoncé par ailleurs ? 6 EPR de nouvelle génération comme on dit. Là, on estime que c'est environ 50 milliards d'euros.

Il faut au minimum du minimum 15 ans pour construire aujourd'hui un EPR de nouvelle génération, si tant est qu'on y arrive, puisque le prototype de Flamanville n'est toujours pas aujourd'hui en fonctionnement. Plus 8 autres EPR. Pourquoi il annonce ça ? C'est parce qu'aujourd'hui, très clairement, la France fait, dans le cadre d'un programme éventuel, fait le choix du nucléaire. C'est un choix extrêmement important et qui est sûrement validé, ou en tout cas qui est lié aujourd'hui, au choc énergétique que l'on est en train de vivre. Un choc digne du choc pétrolier des années 70, dit Bruno Le Maire.

Mais là-dessus, Bruno Le Maire a raison et je pense que tout ce que nous en sommes, on ne s'en rend pas véritablement compte aujourd'hui. Mais demain, l'énergie va coûter inévitablement beaucoup plus cher et on va en avoir besoin de beaucoup plus, ne serait-ce que pour le parc électrique, pour les voitures électriques. Donc aujourd'hui, Emmanuel Macron, dans cette campagne présidentielle, dit « Moi, ce sera le nucléaire avec une énorme partie de renouvelables qui va également monter en puissance.

» Oui, parce qu'il le fait après une décision européenne qu'il attendait, le fait que le nucléaire soit considéré comme une énergie verte et qu'il puisse y avoir des investissements financés aussi par l'Europe. Je me permets d'ajouter ça à ce que vous venez de dire. Ce qu'on appelle la taxonomie. La taxonomie, en effet. Il fait aussi du, en même temps, Cécile Cornudet, dans ses annonces. Il y en a un peu pour la droite qui est très allant sur le nucléaire et puis il y en a un peu aussi pour la partie plus écolo de son électorat. Alors, sur le nucléaire, c'est un virage à 180 degrés par rapport au début du quinquennat.

Et effectivement, le nucléaire, ce n'est pas par hasard non plus qu'il le présente là maintenant à trois jours du meeting de Valérie Pécresse. On est dans la semaine où on essaye de la déstabiliser. Le nucléaire, c'est un marqueur de droite en réalité. Donc il fait ce virage-là aussi pour la fragiliser. Et il mise en même temps, après il faudra voir comment on finance tout ça à la fois, sur le renouvelable. Parce que comme disait Emmanuel Duteil, il faut 15 ans pour construire ces EPR. Et donc, entre-temps, qu'est-ce qu'on fait ? On va avoir des besoins en électricité qui vont monter considérablement. Donc, dans la parenthèse, on va miser fort aussi sur les énergies renouvelables.

Le solaire et l'éolien. Oui, en mer. La création de l'éolien en mer, parce qu'on sait que sur le territoire, ça pose pas mal de problèmes. Donc, il se situe en fait, en même temps, radicalement différent des écolos qui sont eux très antinucléaires. Yannick Jadot a bougé de ce point de vue-là. Et la droite, très pro-nucléaire. Astrid De Villene, qu'est-ce que, à votre avis, les Français retiennent de ces annonces ? Effectivement, sur ce genre de projet, il faut voir loin. Parce qu'effectivement, il faut anticiper sur les besoins à 20, 30 ans. Et il faut une forme de vision.

Mais, à votre avis, qu'est-ce qu'on peut retenir d'annonces qui sont faites si près d'un vote aussi important qu'une présidentielle ? Je crois que c'est l'incarnation de ce qu'on appelle le président-candidat ou le candidat-président. C'est-à-dire que, d'un côté, Emmanuel Macron est président de la République. Donc, il est dans son rôle, finalement, que de parler de l'avenir, de la filière nucléaire en France, de ses choix pour l'avenir. Surtout qu'on sait qu'il y a aussi des réacteurs, en ce moment, qui sont à l'arrêt, parce qu'on doit les réparer. On a 11. Parce que, exactement, et qu'on utilise des centrales à charbon pour compenser, etc. Donc, là, il est dans son rôle de président.

Et comme le nucléaire, c'est une question qu'il faut voir loin, il faut voir à 50 ans, il se projette dans l'après. Il n'a pas arrêté de dire, je vois loin, donc je fais un plan à 50 ans, je me projette dans la France de 2030. Et surtout, il a mis en avant ses qualités de campagne. C'est de l'innovation, on fait un nucléaire nouvelle génération. J'appelle toutes les start-up du pays à venir, il y aura un appel à projet. Je fais du débat, j'annonce du débat à l'Assemblée nationale en 2028. Donc, en fait, il se projette dans son prochain quinquennat.

Et ça, je trouve que, finalement, c'est assez malin de sa part, parce qu'il fait du fond, et honnêtement, on en manque un petit peu dans cette campagne de fond. Et Emmanuel Macron, en tant que président, et en tant que président candidat, il a aussi cette capacité à imposer des thèmes. Vous vous souvenez de son interview aux Parisiens avec « emmerder les non-vaccinés », ça a duré la semaine. Là, s'il arrive à faire en sorte que le fonds sur le nucléaire et l'énergie, en France, arrive dans la campagne, que chaque candidat à la présidentielle, au lieu de s'envoyer des invectives, soit obligé de se positionner sur le fond, en fait, il rentre en campagne sans vraiment rentrer.

Et ça, c'est intéressant. Pascal Pérignot.

6:45
Invité

Oui, en effet, le président est en campagne et cherche à confisquer la dimension prospective à son seul profit. Parce que derrière tout cela, on l'a vu aussi lorsqu'il est allé visiter Moscou, puis l'Ukraine, il cherche à dire « moi, je suis le candidat des projets », celui qui se projette à 5 ans, 10 ans, 20 ans, avec le nucléaire, 50 ans. Et il cherche à créer, au fond, deux catégories de candidats. Lui, qui s'occuperait de l'avenir, et les autres. Voilà. Et on a bien compris, en effet, le sens de la manœuvre, même si, en effet, il est dans son rôle. Mais il y a bien, j'allais dire, avant de rentrer explicitement en campagne, la volonté de marquer.

Parce que, d'une certaine manière, Valérie Pécresse, elle s'est déjà prononcée sur le nucléaire. Elle s'est déjà prononcée.

7:36
Présentateur

Elle veut construire des opérations.

7:37
Invité

Éric Zemmour aussi. Mais bien sûr, Éric Zemmour aussi. Mais voilà, en termes d'effet d'annonce, l'effet d'annonce du président à Belfort est plus fort.

7:46
Présentateur

Est-ce que... Bravo. Bien joué. Bravo, Pascal Pérignot. Juste, est-ce que vous feriez un lien avec ce qu'a dit hier Éric Wehr dans son interview qu'il a accordée ? Alors, c'était ce matin dans les colonnes du Parisien où il dit, mon parti est un peu rabougrié, tourné vers le passé, obnubélé par des thématiques liées à l'islam, etc. Et l'idée qu'il faut être une force de projet et d'avenir. Est-ce que c'est la suite de ce ralliement ? Ou est-ce qu'à votre avis, ça n'a rien à voir ? Ou est-ce que le message est au fond un peu le même ?

8:16
Invité

Non, le message peut être le même, je ne crois pas que c'est la suite du ralliement d'Éric Wehr. Mais il faut voir, si vous voulez, qu'on sait très bien que cette élection présidentielle, on le dit depuis des semaines et des semaines, ça va jouer avec l'électorat du centre-droit. L'électorat du centre-droit sur la construction de nouvelles centrales, il est très proche de l'électorat Macron. Quand vous regardez, la France se divise en deux sur cette question. Sur le clair, c'est du 50, sur la construction des nouvelles centrales, c'est 52-48. Vous voyez, la France est divisée en deux. Et ça correspond à un clivage générationnel.

Les jeunes sont contre, assez massivement contre, la construction de nouvelles centrales. En revanche, l'électorat âgé est massivement pour. Et puis, il y a aussi une coupure, bien sûr, politique. Vous avez en effet la droite et la Macronie, sauf le Rassemblement national. Le Rassemblement national est partagé, n'est pas très, très pro-nucléaire.

9:15
Présentateur

Et on va en parler des positions des uns et des autres. Mais ce sondage que je voudrais vous donner, un sondage d'Odoxa pour le Figaro, 71% des Français reprochent à Emmanuel Macron de mener une campagne non officielle aux frais de l'État. Bon, il y a un petit fond de pression politique et peut-être un pression de l'opinion. Mais lui déroule son calendrier tel qu'il est prévu avec une annonce, sans doute, la semaine, autour de la semaine du 19. Oui, manifestement, ça c'est l'avant-dernier grand dossier de président qu'il voulait présenter. Après, il y a un sommet France-Afrique où peut-être il va annoncer un début de retrait de nos forces au Mali.

Et c'est à partir de là qu'il va être candidat, donc à peu près autour du 20-21, s'il n'y a pas de dégradation de la situation en Ukraine. La limite, c'est le 4 mars ? 4 mars, c'est ça. Avec la flambée des prix de l'énergie fossile, le sujet en tout cas est devenu un marqueur de la campagne. Emmanuel Macron fait le choix du nucléaire. Il a annoncé cet après-midi à Belfort la construction de 6 nouveaux EPR. Les écolos dénoncent une décision sans débat d'un président qui a revu son jugement sur la filière. Théo Manval et Michel Bouilly.

10:19
Invité

Un président sous le signe de la fierté nucléaire.

10:24
Présentateur

Au pied des turbines Arabel qui font tourner les centrales, le chef de l'État est venu annoncer à Belfort la renaissance, dit-il, du nucléaire français.

10:32
Emmanuel Macron

Je souhaite que 6 EPR 2 soient construits et que nous lancions les études sur la construction de 8 EPR 2 additionnels.

10:45
Présentateur

6 plus 8, 14 nouveaux réacteurs qui doivent entrer en service à partir de 2035. Au menu des annonces pour une France sans énergie fossile d'ici 2050, la prolongation aussi du parc actuel. Le chef de l'État promet de quadrupler la production d'électricité renouvelable d'ici 2050 via le solaire ou l'éolien, mais martèle que cela ne suffira pas.

11:08
Emmanuel Macron

Il nous faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France. A ceux qui affirment que nous n'aurions pas besoin de nucléaire, je veux exposer la situation en toute transparence.

11:23
Présentateur

Imaginons une France où il y aura d'ici 30 ans 40 000 éoliennes au lieu de 8 000 aujourd'hui et 90 parcs éoliens offshore quand notre pays a mis 10 ans pour en faire un. Emmanuel Macron, président de l'Atome, ça n'a pas toujours été le cas. Début du quinquennat, Nicolas Hulot entre au gouvernement, incarnant la caution verte,

11:44
Invité

censée mettre en pratique une promesse de campagne, très claire. Une réduction de la part du nucléaire à 50% en 2025.

11:55
Présentateur

Mais à peine 5 mois plus tard, revirement, l'objectif est finalement considéré comme irréaliste et la France reste l'un des pays les plus accros au nucléaire. Il produit toujours plus des deux tiers de notre électricité. Mais les réacteurs vieillissent et leur état inquiète. Cette semaine, EDF a annoncé que 3 d'entre eux allaient être arrêtés pour de possibles problèmes de corrosion. Ils viennent s'ajouter aux 8 autres réacteurs déjà à l'arrêt ou en maintenance. Au total, un cinquième du parc sera donc mis sur pause cette année. Résultat, la production d'électricité par les centrales nucléaires en France devrait tomber sous les 315 TWh, son plus bas niveau, depuis plus de 30 ans.

12:38
Invité

Alors ces nouveaux réacteurs annoncés permettront-ils de compenser ? Pas dans l'immédiat. Si on décide aujourd'hui de construire des EPR, le prochain arrivera en 2035. Si on fait les maths, le parc nucléaire aura en moyenne 49 ans de moyenne nage. Donc c'est sûr qu'on ne va pas remplacer tout le parc nucléaire avec 6 ou même 14 EPR. Avec ces annonces, le président, pas encore candidat, met en tout cas un pied de plus dans la campagne présidentielle, dont le nucléaire est déjà un thème majeur.

13:08
Présentateur

Mais à deux mois tout juste du premier tour, il offre aussi le flanc aux critiques, y compris de l'opposition pro-nucléaire, qui ne se fait pas prier pour dénoncer un revirement.

13:18
Invité

Ça fait 5 ans, 10 ans qu'on a besoin de ces EPR. Donc il n'a pas échappé à son bilan, qui est un bilan, où il a stoppé la filière nucléaire comme M. Hollande l'avait fait. Arrêter les sottises inouïes qui ont été faites par Emmanuel Macron, qui avaient annoncé la fermeture des réacteurs nucléaires, ce qui fait qu'on ne les a pas entretenus, et qu'aujourd'hui on est obligé d'en fermer parce qu'ils n'ont pas été entretenus.

13:38
Présentateur

Accusation d'électoralisme aussi à gauche, qui juge cette relance de la filière irresponsable avec un nom en boucle, Flamanville.

13:48
Invité

Il y a zéro EPR qui fonctionne aujourd'hui dans le monde, nulle part, nulle part. On est arrivé au bout, nulle part. Donc c'est aussi très ambitieux, voire même dangereux, quand on voit tout le fiasco y compris de Flamanville.

13:59
Emmanuel Macron

C'est une véritable ruine. On a un EPR, 17 milliards d'euros de surcoût, 17 milliards, vous vous rendez compte ? Et le président de la République, il prend un fiasco, 17 milliards de surcoût, et il va en faire 6, et ce sera un succès ?

14:14
Invité

Les enseignements des erreurs de Flamanville ont été tirés, assure ce soir le président, qui promet de rendre public les audits réalisés par l'État.

14:24
Présentateur

Nous allons venir sur ce chiffre donné par Yannick Jadot, 17 milliards de surcoût. Est-ce que c'est vraiment ça par rapport au projet initial du lancement de l'EPR ? Non, c'est moins que ça, mais ça a dérivé fortement. Ça a été multiplié par 3 par rapport à l'origine. Ça a des années et des années de retard. Après, je ne connais pas un seul prototype qui a respecté le coût d'origine. Donc il y a quand même ce point-là. C'est-à-dire que la France a mis au point une technologie qu'on n'avait jamais mis au point jusque-là. Qui ne marche toujours pas ? Qui commence un peu à fonctionner.

C'est-à-dire qu'il y a des EPR dont la France a été l'un des principaux architectes, qu'il y a Taishan en Chine. Alors récemment, il y a eu par ailleurs un petit problème technique, mais quand même, ils ont fonctionné. Et on est en train d'y arriver. Cette fois, c'était Areva qui était le maître d'œuvre en Finlande, où là, il y a le premier EPR européen qui va être mis en fonctionnement. Flamanville, un jour, devrait fonctionner. Logiquement, maintenant, le calendrier, c'est début, milieu de l'année 2023, pour être à peu près honnête. Ce qui se passe aussi, c'est que pourquoi on a tant d'échecs sur le nucléaire aujourd'hui en France ?

Parce qu'on n'avait pas construit de centrale depuis des années. La toute dernière centrale à avoir été raccordée en France, c'est la fin des années 90. Donc il y a eu, oui, quelques ouvriers qui ont continué de travailler pour les entretenir, mais on a tout perdu en compétences. Et c'est aussi pour ça, parce que certains des téléspectateurs peuvent se dire, mais pourquoi 6 ? D'où ça sort ce chapeau ? C'est qu'il en faut au moins 6, pour que ce soit à peu près rentable, pour relancer une filière nucléaire en France. On va les construire où, les 6 ? Alors, pour rassurer peut-être les téléspectateurs, là encore, ils vont être construits sur les sites des actuelles centrales.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'EDF a déjà envoyé son plan. Donc par exemple, à Panly, il pourrait y avoir des réacteurs installés. À Dunkerque également, il pourrait y avoir des réacteurs installés. Mais sur les terrains actuels. Parce que vous imaginez bien qu'en France, on n'arrive pas à construire un center park, donc on ne va pas réussir à construire une centrale avec tous les recours qui seraient mis en avant. Par ailleurs, c'est aussi pour ça que le président de la République a obligé, parce qu'il n'y a pas d'autre mot, EDF a racheté les turbines que lui-même avait vendues. Alors ça aussi, il y a un petit tour quand même, il y a un petit changement de pied sur ce sujet-là. Totalement.

Emmanuel Macron avait organisé la vente de la branche énergie de ce qu'on appelait à l'époque Alstom, qui allait du TGV jusqu'à tout ce qui permet de fabriquer une centrale nucléaire, parce qu'ils avaient identifié que cette activité allait perdre beaucoup d'argent dans les années à venir. Sur ce point-là, il a eu raison. Sauf qu'aujourd'hui, pour ne pas laisser à la main de pays étrangers ces turbines dont General Electric veut séparer, il a donc forcé la main à EDF de mettre la main à un portefeuille déjà bien troué pour pouvoir acquérir ces technologies arabelles, comme on dit. Cécile Cornidé ?

Oui, les deux mots importants politiquement, c'est le mot souveraineté, avec la crise énergétique, c'est de ramener en France ce qu'on sait faire, donc de produire nous-mêmes notre électricité, de moins être dépendant de la Russie par exemple. Donc ça, et l'autre mot, c'est le pouvoir d'achat, parce qu'on voit bien que quand l'électricité flambe, le portefeuille des Français va mal, mais c'est à rendre complètement en incohérence avec le coût astronomique de tout ce qui va être engagé. Ça sera auprès du contribuable, c'est ça que vous voulez dire ? Souvent ça finit, effectivement comme ça.

Et en termes de compétences, en fait, comme le message du début du quinquennat et déjà du quinquennat de François Hollande, c'était on va finir par arrêter le nucléaire, tous les meilleurs ingénieurs qui sortaient d'école, qui en France allaient dans la filière nucléaire, n'y sont plus allés. Donc ce n'est pas seulement la main d'œuvre au quotidien, c'est aussi tous les concepteurs et toute la matière grise de cette filière qui est à reconstruire et ça, ça va être long. Cette question de Christophe dans l'Aisne, pourquoi avoir fermé Fessenheim si on construit aujourd'hui de nouvelles centrales nucléaires ? C'est un changement de pied, c'est tout, on a changé d'alliée ?

C'était une centrale vieillissante aussi. Parce qu'il y avait quand même un engagement de François Hollande, parce qu'il avait fait venir Nicolas Hulot qui était absolument contre, parce qu'on était quand même moins loin de Fukushima et que du coup l'opinion était très hostile. Et avec la crise énergétique, tout ça a fini par se retourner, y compris dans l'opinion. Est-ce que ça veut dire du coup qu'il s'assoit sur la partie de son électorat qui venait des écolos ? Parce que là, pour le coup, il assume une ligne, c'est un peu du en même temps, parce qu'il fait naturellement aussi du renouvelable et du durable.

Il l'a annoncé cet après-midi avec de l'éolien, du solaire et des milliards d'investissements. Mais ça, c'est un clivage, vous nous le disiez tout à l'heure, Pascal Périnot a un clivage avec les écolos.

18:48
Invité

Il fait du en même temps, mais il faut bien voir que dans les annonces, l'annonce en effet de la relance de la filière nucléaire écrase tout le reste. Et je me demande si la partie sociale-écologique de l'électorat de gauche sera sensible, si vous voulez, à la partie qui est présente sur le développement durable, etc. Je me demande si même c'est audible pour ce type d'électorat, sachant qu'aujourd'hui, il y a le pragmatisme électoral, il se dit que ce qu'il y a à garder au centre-droit est nettement plus important que ce qu'il y a éventuellement à perdre de l'autre côté.

19:28
Présentateur

Astrid De Vilaine, peut-être peut-il s'appuyer sur un bilan en matière écologique ? Ça sera plus dur. Moi, je pense que le bilan... Ça vous fait sourire, du coup ? Non, mais le bilan écolo d'Emmanuel Macron, il n'est pas très bon. Lui qui s'était pourtant placé dès l'arrivée au pouvoir, comme vous vous souvenez, en opposition à Donald Trump, « Make our planet great again », ensuite a quand même fait rater sa promesse de sortir du glyphosate en trois ans, a eu un échec, à mon avis, considérable, dont on ne mesure pas encore tous les effets, je pense, sur la convention climat, cette fameuse assemblée de 150 citoyens qui ont travaillé sur des propositions.

Il avait promis de transmettre ces propositions au Parlement. Il ne l'a pas fait, ou alors à minima. Donc non, moi, je ne pense pas qu'il pourra jouer sur son bilan écolo. Et je pense que d'ailleurs, les écologistes ont plus intérêt à taper là-dessus que sur le nucléaire. Mais parce qu'il y a des écolos pro-nucléaire. Ce que me disait récemment une conseillère écologiste, elle me disait, en fait, on a perdu la bataille culturelle sur le nucléaire. Et elle en était désolée.

Parce qu'en fait, il y a ce sondage, en effet, sur le clivage générationnel, mais il y a d'autres sondages qui montrent que sur cette question de l'énergie qui est fondamentale pour les Français, c'est leur vie quotidienne la plus basique, eh bien, en fait, ils sont très pragmatiques. Et si on n'arrive pas à leur démontrer l'alternative au plan Macron, il est possible qu'ils s'y rallient. D'autres candidats essaient de le faire ? Oui, mais est-ce qu'on l'entend ? Est-ce qu'on le comprend ? Il va falloir être très pédago. L'état de la gauche actuelle, vous avez vu Fabien Roussel, il n'est pas du tout antinucléaire. Donc déjà, à gauche, il y a déjà une fissure.

En plus, Yannick Jadot a des problèmes en interne avec Sandrine Rousseau. Ils ne font que de se taper dessus avec le Parti Socialiste, etc. Donc la gauche, pour l'instant, elle est plus prise dans ses guéguerres internes et dans sa descente aux enfers dans les sondages, plus que dans l'opposition crédible à Emmanuel Macron. Et j'ajoute que de l'autre côté de l'échiquier à droite, on est en plus dans une droitisation anti-écolo. Vous avez vu le débat des Républicains sur les éoliennes. C'est des choses qu'on n'entendait pas il y a quelques années. C'était presque caricatural. Il y en a ras-le-bol des éoliennes, vous vous souvenez, Xavier Bertrand.

Donc Emmanuel Macron, en effet, il se positionne là-dessus de manière centrale, comme d'habitude. Il rejoue la campagne de 2017 en élargissant encore plus. Cécile Cornéda, vous voulez ajouter quelque chose ? Oui, je pense qu'en fait, le combat écolo de ces dernières années, c'était contre le réchauffement climatique. Et on sait bien que l'énergie la moins carbonée, c'est celle du nucléaire. Donc il y a quand même, même chez des gens qui ont une fibre écologique, l'idée que le nucléaire, c'est peut-être finalement un moindre mal que les productions classiques, le charbon, etc. Donc je pense quand même que, certes pas chez les verts, eux, ils restent très anti-nucléaires.

Mais il y a quand même toute une population qui se dit, après tout, il vaut mieux qu'on électrifie comme on va faire les voitures, tout ça. Et pour être logique, pour électrifier ces voitures, il va falloir produire beaucoup plus d'électricité. Et quelle est l'électricité la moins carbonée ? Et la plus constante, parce que l'éolien est alternatif, c'est le nucléaire. Donc il y a quand même une réflexion qui s'est engagée, une maturation, si vous voulez, de l'opinion sur ces sujets. Mais il y a, dès que l'opinion, on lui parle de sécurité sur le nucléaire, elle peut changer d'avis assez rapidement.

Ce que dit d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon, il dit qu'il faut sortir du nucléaire, pas par idéologie, mais juste parce que c'est dangereux. Et il y a eu un rapport de l'autorité de sûreté nucléaire il y a 15 jours, on n'a peut-être pas beaucoup parlé, mais qui est assez, non pas inquiétant, mais en expliquant que les installations françaises sont quand même en train de vieillir. Oui, c'est fait. Alors déjà, il faut se dire que l'ASN, notre autorité de sûreté nucléaire, est sûrement l'une des plus pointilleuses, et tant mieux, au monde. Donc quand ils disent quelque chose, c'est que c'est très travaillé et on a encore là-dessus une expertise extrêmement avancée.

Effectivement, on le disait tout à l'heure en introduction, nous avons 11 réacteurs à l'arrêt en ce moment. C'est jamais arrivé comme ça en plein hiver de l'histoire de la France. Pourquoi ? Parce que EDF, qui est en train de mener ce qu'on appelle le grand carénage, c'est-à-dire qu'ils sont en train de regarder toute leur centrale, de regarder comment on peut justement les faire durer dans le temps. Ils se sont rendus compte qu'il y avait des problèmes de corrosion. Ça parle à tout le monde, tout le monde qui a eu une vieille voiture, il voit à peu près ce que c'est un problème de corrosion. C'est très inquiétant, bien évidemment.

Alors, ça ne pose pas de question de sûreté, il ne faut surtout pas inquiéter les gens pour le moment, et qui plus est, parce que ces réacteurs sont à l'arrêt, EDF va trouver des solutions. Mais on voit bien qu'en faisant durer plus longtemps que ce qui était prévu, ce qu'à l'origine, ils étaient prévus pour durer 30, 40 ans, ces réacteurs. Donc, il faut continuer de les améliorer. On voit bien que ça va coûter beaucoup d'argent et qu'effectivement, il y a potentiellement des améliorations à faire. Mais vraiment, notre autorité de sûreté nucléaire, alors ça ne veut pas dire qu'il n'y aura jamais d'accident, ce serait fou de dire ça, mais on a un niveau d'exigence très élevé.

Mais c'est un débat qui n'existe pas dans cette campagne, très peu. On parle du nucléaire, effectivement, pour résoudre cette équation, pouvoir d'achat, on va en parler dans un instant, et puis transition écologique et le fait de, évidemment, limiter les émissions de gaz à effet de serre, etc. Mais la question de la sûreté, alors elle est portée par la France insoumise, la question des déchets est un peu portée aussi par les écolos. Mais sur ce point, Emmanuel Macron ne fait pas du en même temps. Sur la question du nucléaire, il y va clairement. Je crois que sur les déchets, Emmanuel Macron en a parlé un tout petit peu.

Je crois qu'il a prononcé une fois le mot cet après-midi, mais pour ne rien dire, évidemment, puisque c'est la question problématique quand même dans cette affaire. Et je pense qu'en effet, c'est un bon angle d'attaque pour les écolos et la gauche d'aller sur les déchets. Qu'est-ce qu'on en fait ? Comment ? Parce que les gens qui sont concernés par ça, par exemple, on peut prendre Abur, ils sont très en colère contre ça, évidemment, comme d'habitude. Donc là, je pense que c'est le seul angle d'attaque. Mais à mon avis, ça ne suffira pas parce que la gauche a souvent tendance à se mettre en opposition. Il faut maintenant une proposition.

Si on est contre les déchets nucléaires, on peut le comprendre. Mais qu'est-ce qu'on a à la place ? On est d'accord que le programme qui a été annoncé cet après-midi peut être absolument détricoté par le prochain candidat président, si ça n'est pas Emmanuel Macron ?

25:17
Invité

Oui, oui, bien sûr.

25:19
Présentateur

Même si vous disiez qu'à droite, c'était à peu près la même tonalité ?

25:21
Invité

Si Valérie Pécresse était la prochaine présidente de la République, au fond, la différence en termes de politique publique du nucléaire ne serait vraiment pas différente. En revanche, si c'était éventuellement un candidat de gauche, qui n'est pas l'hypothèse la plus probable, on aurait certainement un autre type de cap et un détricotage, en effet, de cela. Mais d'une certaine manière, Macron s'est détricoté lui-même là-dessus. Pourquoi ? Parce qu'il a changé complètement de pied par rapport au projet. Il est sûrement heureux de ce qu'il pensait réellement à la base. Par rapport au projet initial, en tout cas, on en est très, très loin.

25:55
Présentateur

Vous êtes d'accord les uns et les autres pour dire qu'avec cette annonce, cet après-midi, cette mesure, cet élément de campagne, de programme de campagne, il parle à la droite. Que dit-il en ce moment à la gauche ? Ou que prévoit-il de dire à la gauche ? Et a-t-il l'intention de parler à la gauche ? Oui, et vous savez, il a fait une grande émission, un peu bilan, en décembre. Ça, c'est jugé par les gens de droite de la Macronie comme un positionnement trop à gauche. Il avait notamment dit, il ne faut pas réduire le nombre de fonctionnaires, on a besoin de toute une ode aux fonctionnaires. Il y a aussi des petits cailloux qui sont posés sur les questions sociétales.

Il va y avoir l'allongement du délai pour l'IVG qui va être voté, alors contre l'opinion d'Emmanuel Macron, mais enfin, il l'a quand même laissé faire. Il est en train d'avancer manifestement dans sa campagne sur la fin de vie. Il pourrait y avoir une convention citoyenne sur la fin de vie. Il veut changer le dispositif d'aujourd'hui. Donc, c'est ça pour l'instant. Je n'y vais pas trop sur la dépense publique et des petits signaux sur le sociétal. Il y a une accélération, Cécile Cornudet, clairement, ces derniers jours ou pas ? On sent qu'en tout cas, ils ont identifié que le principal danger, c'était Valérie Pécresse.

Et donc, il y a une accélération dans la mesure où là, comme elle fait son grand meeting de dimanche, il y a eu le ralliement des river, il y a des choses comme ça. Il y a eu tout un bilan sur la sécurité qu'ils essayent beaucoup de vanter. Avec plus ou moins de succès ? Même si Gérald Darmanin n'est pas trop arrivé, mais manifestement, l'Elysée pousse à ce qu'on revoie ces chiffres et nous en fournit pour qu'on puisse vanter un bon bilan en matière de sécurité. Donc, ça s'accélère de ce point de vue-là. Astrid Éviline ?

Et puis, aujourd'hui, il était quand même accompagné de quelqu'un qui est une icône, enfin, en tout cas, quelqu'un qui incarne la gauche, une partie de la gauche, c'est Jean-Pierre Chevènement. Je trouve que ça, c'était un joli coup, en un sens politique. Ça parle encore aux électeurs, Jean-Pierre Chevènement, aux électeurs de gauche ?

Je ne suis pas sûre, mais en tout cas, sur cette question de la souveraineté économique qui revient depuis la crise sanitaire dans le débat, alors même qu'Emmanuel Macron était là pendant que la filière énergie d'Alstom a été vendue à Général Electric, maintenant qu'elle est rachetée par EDF, venir avec Jean-Pierre Chevènement, qui est élu de Belfort, qui lui-même était très opposé à cette vente et l'a fait savoir, là, c'est comme si Jean-Pierre Chevènement venait lui donner son pardon. Je ne sais pas ce qu'il a obtenu en échange, mais vraiment, c'est un joli coup de la part d'Emmanuel Macron, parce qu'il fallait le faire. Ça ressemble à un ralliement ou pas ?

Peut-être pas encore, et puis je ne suis pas sûre que ça pèse. En réalité, Jean-Pierre Chevènement ne fait pas grand-chose en électorat. Mais souvenez, par exemple, Arnaud Montebourg, qui est assez proche des idées souverainistes, qui lui, pour le coup, s'était opposé très frontalement à cette vente. Il a même quitté le gouvernement. Lui, il ne l'a pas encore dit, je n'ai pas vu encore sa réaction, mais il n'a pas dit que c'était formidable. Il faut voir, en fait, mais Jean-Pierre Chevènement, c'est quelqu'un de gauche. Donc, avec Éric Wirt hier, on voit qu'Emmanuel Macron élargit.

En tout cas, il reprendra la même stratégie que celle de la dernière fois, c'est-à-dire trianguler, comme on dit, c'est-à-dire des débauchages à droite et à gauche et occuper le plus possible une position centrale. Il élargit encore plus son socle. Et honnêtement, c'est assez impressionnant. Je ne pensais pas qu'il pouvait aller encore au-delà. Et jusqu'où va-t-il aller ?

29:07
Invité

Mais la gauche de Chevènement, c'est une gauche souverainiste, c'est une gauche même qui a des accents nationalistes, c'est une gauche industrialiste. Et sur le sociétal, ce n'est pas tellement, j'allais dire, la tasse de thé de Jean-Pierre Chevènement. C'est-à-dire que Jean-Pierre Chevènement, c'est la vieille gauche, vous voyez ? L'ancienne gauche républicaine, droite dans ses bottes. Ça n'a pas grand-chose à voir avec la nouvelle gauche qui est dominante aujourd'hui, bien sûr, chez les Verts, bien sûr, au Parti Socialiste ou même à la France Insoumise. Vous voyez, c'est tout de même une gauche d'antan.

29:41
Présentateur

Vous voulez dire un mot ? Oui, ça fait longtemps qu'Emmanuel Macron s'affiche quand même, en tout cas, en parle de Jean-Pierre Chevènement. Il a raconté aux journalistes qu'il avait voté pour lui, par exemple, quand il était en campagne. C'était en 2007, je crois. Donc, il aime bien cette gauche-là parce qu'elle est républicaine, elle est claire sur la sécurité et elle est industrielle. Et c'est ses thèmes pour la campagne, sans doute. En tout cas, en Conseil des ministres, mercredi dernier, hier, il a dit qu'il faut surveiller ça de très près. Il parlait de ce mouvement de mobilisation. C'est un mouvement dont personne ne sait encore s'il peut perturber la campagne.

Ils se font appeler les Convois de la Liberté et ambitionnent de bloquer Paris et Bruxelles sur le modèle de ce qui s'est fait au Canada. Ils dénoncent pêle-mêle les mesures sanitaires de la lutte contre le Covid, le pass vaccinal, les prix des carburants et, d'une manière générale, le système. Nos équipes les ont suivis. Juliette Vallon, Laszlo Gelaber et Maxime Liogier. Ce matin, ils étaient une petite centaine à se retrouver au parc des expositions d'Avignon. Petit point logistique pour cette première étape du Convoi de la Liberté, partie du Sud, avant une longue route vers Paris.

30:52
Emmanuel Macron

Ce camion est mis à disposition jusqu'à Paris, voire Bruxelles, en tant qu'assistance à ceux qui ont des besoins alimentaires.

31:02
Présentateur

Christian, 77 ans, et Annie, 68 ans, arrivés de Brignol dans le Var, ont loué spécialement un camping-car pour participer au mouvement et sont encouragés par les premiers dons de nourriture. Des billets, du cycle, même des boissons, et pour tout le Convoi, un pain bio, et vraiment...

31:26
Invité

Et ça vous fait quoi, ça ? Vous ressentez quoi ?

31:28
Présentateur

C'est énorme, c'est énorme. Les gens qui n'ont pas pu venir avec nous ont participé à leur manière. Le couple non vacciné refuse de se soumettre aux restrictions sanitaires. Le pass vaccinal, hors de question. Vous croyez qu'on est libre ? Est-ce qu'on peut aller au théâtre, au cinéma, au restaurant, boire un café, se poser sur une terrasse à l'hôpital ? Il faut montrer pour rentrer à l'hôpital. Mais dans quel monde on vit ? C'est plus possible. Selon le groupe Convoi de la Liberté sur Facebook, il serait plus de 340 000 à soutenir cette initiative, avec des cortèges venus de toute la France, comme le montrent ces itinéraires partagés par les organisateurs sur les réseaux sociaux.

Premier gros rendez-vous à Paris demain pour participer à la manifestation antipasse vaccinale de samedi, puis direction Bruxelles en Belgique pour un rassemblement européen lundi prochain. Objectif, reproduire le blocage géant instauré par les routiers canadiens dans le centre-ville d'Ottawa depuis maintenant 13 jours. Ce mouvement, qui vise à protester contre l'obligation vaccinale imposée pour franchir la frontière avec les Etats-Unis, a rapidement pris de l'ampleur. Des centaines de poids lourds, rejoints peu à peu par des milliers de manifestants anti-mesures sanitaires, anti-gouvernement.

32:47
Emmanuel Macron

Il n'y a pas eu de loi pour geler nos remboursements de prêts, et ils n'ont pas baissé les impôts. Donc des gens perdent leur maison, ils perdent leurs entreprises, ils n'ont aucun salaire, et on les contraint à se faire vacciner juste pour pouvoir garder leur emploi, afin qu'ils ne perdent pas leur logement.

33:06
Présentateur

Ce mouvement, parti du Canada, pourrait-il faire tâche d'huile en France ? Il rappelle en tout cas la crise des gilets jaunes en 2018, et est observée de près par l'exécutif, même si une note des renseignements généraux décrit pour l'instant un mouvement loin d'être structuré. Hasard ou non, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a expliqué hier que le pass vaccinal pourrait être abandonné d'ici quelques semaines, à deux mois de l'élection présidentielle, le sujet du convoi de la liberté s'immisce dans la campagne.

33:35
Invité

– Évidemment, on va tout de suite m'accuser de récupération, non, c'est pas de la récupération, je viens dire à ceux qui sont scandalisés par le pass vaccinal, ceux qui sont scandalisés par la hausse terrible du carburant, qu'il faut voter. – Voter plutôt que bloquer ? – Non mais, l'un et l'autre, mais pas l'un à la place de l'autre, c'est ça que je veux dire. – Il faut abroger maintenant le pass vaccinal, et en finir avec toutes ces mesures liberticides qui n'ont pas d'efficacité dans la jugulation. – Donc on verra des insoumis dans le convoi ? – Moi, s'il y en a qui souhaitent y aller, en effet, moi, je les encourage à y aller, en effet. Il faut arrêter avec cette logique-là.

34:11
Présentateur

Si les revendications du convoi de la liberté portent d'abord sur les restrictions sanitaires, elles tombent aussi autour de la vie chère, comme nous l'expliquent ces deux étudiantes prêtes à prendre la route.

34:21
Invité

– Aujourd'hui, pourquoi vous êtes ici ?

34:23
Auditeur

– Ici, un petit peu pour le pass sanitaire, mais surtout pour le prix du gasoil, pour le pouvoir d'achat, tout ça. – Ça coûte cher pour vous aujourd'hui ? – Ah oui, moi, je suis étudiante, et du coup, c'est vraiment compliqué pour payer le gasoil, je ne m'en sors pas.

34:38
Présentateur

Un cocktail de colère que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, compte bien arrêter aux portes de la capitale. En cas de blocage, il a prévenu. La réponse de l'État sera très ferme. – Pascal Perrineau, cette question de Sandrine dans le Haut-Rhin. Les convois de la liberté ne sont-ils pas au Canada, comme chez nous, le symptôme d'un ras-le-bol généralisé ?

34:59
Invité

– Bien sûr, ils s'inscrivent dans un phénomène de ras-le-bol qui n'est pas nouveau. On l'avait vu déjà avec les bonnets rouges, on l'avait vu ensuite avec les gilets jaunes. On l'a vu d'une certaine manière avec la structuration, même si elle reste faible, de ce mouvement anti-pass, anti-vax. Et quelque part, il semblait que cette colère sociale s'était refroidie. Mais elle ne s'est que refroidie. Elle n'a pas disparu. Elle est là. – Pourquoi vous dites ça ? – D'une certaine manière, certains éléments de conjoncture la réaniment. Je pense en particulier à la hausse drastique du coût de l'énergie.

Tout d'un coup, c'est exactement d'ailleurs comme ça que le mouvement des gilets jaunes avait commencé. Tout d'un coup, les gens s'aperçoivent qu'ils n'y arrivent plus, comme disait cette jeune étudiante. Ça pose des problèmes dramatiques de pouvoir d'achat dans des couples qui souvent ont deux voitures pour se rendre à leur travail, qui habitent dans les périphéries lointaines. Et on revient, j'allais dire, aux fameuses fractures territoriales qui recoupent la fracture sociale.

Et quand vous regardez ce mouvement qui est en train de se mettre en place, moi j'étais hier en Bourgogne, rencontrer justement des gens aux confins du réseau gilets jaunes et du réseau convoi de la liberté, et vous vous apercevez que ce sont les mêmes réseaux qui se réactivent. C'est exactement les mêmes réseaux qui se réactivent. Pourquoi ? Parce que la période d'affrontement avec le pouvoir de 2018-2019 est terminée, mais les réseaux sont restés. Parce que ces réseaux, les gens sont venus à ces réseaux pour des raisons de convivialité. Ils sont bien ensemble. Ce sont des gens très isolés socialement. Ils ont besoin de solidarité. Ils ont trouvé dans ces réseaux de la solidarité.

Et ces réseaux... Vous disiez même de l'amour. Ah oui, oui, oui. C'est le mot qu'ils utilisent. Hier soir, le mot qui était présent était le mot « amour », « rencontre », « partage », « justice ». Et ce sont des sentiments, bien sûr, positifs. Il y a aussi de la colère qui est une passion plus triste. Mais il y a ces mots-là. Et ces réseaux, aujourd'hui, se réactivent. Et je comprends très bien que le pouvoir suive attentivement cette affaire. Parce qu'une fois que ça a vraiment dégénéré, ça a fait trembler le pouvoir, souvenons-nous, de décembre 2018.

37:23
Présentateur

Ce qui est curieux, c'est qu'on est à deux mois d'un vote. Oui, voilà. Est-ce que c'est un moment propice ? Est-ce qu'ils se disent qu'ils veulent changer les choses par la mobilisation plutôt que le vote ? Ça sous-entendrait qu'ils ont renoncé à les changer par le vote.

37:36
Invité

Alors, il faut bien voir, et c'était une des limites du mouvement des Gilets jaunes, que ça n'a pas eu de traduction électorale. Et que beaucoup d'hommes et de femmes qui animent ces réseaux, aujourd'hui, sont parfois un peu en marge du système politique. Ils pratiquent beaucoup l'abstention, le vote blanc.

37:52
Présentateur

Ça veut dire qu'ils n'attendent rien des élections ? Peut-être. Peut-être qu'ils vont faire les deux, comme disait Marine Le Pen. Après, il faut voir. C'est vrai qu'il y a une inquiétude, une vigilance. Parce que le gouvernement, il a vraiment tremblé avec les Gilets jaunes. On ne sait pas, aujourd'hui, si ça peut être de cette ampleur. Il faut attendre de voir, quand même, samedi, combien ce sera. C'est vrai que tous les mouvements anti-vax, depuis un an, il y a une frange vraiment très en colère, très radicalisée. Mais ça n'a pas pris. On ne peut pas dire qu'il y a eu beaucoup de monde qui restait mobilisé, malgré tout. Qui restait mobilisé. Et ce sont les mêmes qu'on retrouve là.

Et la question du pouvoir d'achat se rajoute aujourd'hui. Et c'est un vrai souci pour les gens. Après, on ne peut pas dire que la colère sociale soit aussi visible qu'elle l'était il y a deux ans. Il y a quand même eu, d'abord, cette fatigue des gens après deux ans de restrictions et de Covid. Ils se sont quand même beaucoup retournés, recentrés sur leurs cellules familiales. Il y a eu le quoi qu'il en coûte, qui a quand même montré que l'État était là, globalement, en France, plus qu'ailleurs, souvent, pour aider les gens dans ces moments difficiles. Les Gilets jaunes, ils ont bénéficié comme des autres du chômage partiel. Bon, ça a pu un peu atténuer cette colère.

Mais, effectivement, est-ce qu'elle a complètement disparu ? C'est une grande interrogation. Moi, ce que je sens du gouvernement, c'est qu'il est moins inquiet pour maintenant que pour l'après, dès qu'il faudra réformer et réformer les universités. Donc, les étudiants, les retraites, et on a vu... Donc, tout ça, effectivement, à ce moment-là, peut repartir. Mais, aujourd'hui, pour l'instant, ça reste quand même limité. Et, Astrid De Vilaine, on a entendu dans le reportage que le porte-parole du gouvernement commence à donner des perspectives sur la levée du pass vaccinal, justement, avec l'idée qu'il ne faudrait pas que ce mouvement de colère s'installe et s'organise.

Oui, Gabriel Attal a dit qu'on pourrait peut-être, on verra, mais peut-être que début avril, donc quelques jours avant l'élection, on va lever le pass vaccinal. Dans le sens du calendrier. Oui, c'est un peu gros. C'est un petit peu gros. Je pense que tout le monde s'en rend compte. Mais, je pense que ça, ça donne plutôt des arguments à ces convois de la liberté qui se disent, si c'est en avril, pourquoi pas en mars ou en février. Je crois que le gouvernement regarde ça d'une manière assez... avec beaucoup de surveillance et d'inquiétude. Parce que, là, on ne sait pas du tout encore ce que ça va donner, mais il y a quand même du monde sur les routes.

Il y a quand même des gens qui sont là, qui ne disent pas seulement qu'ils sont contre le pass vaccinal, et en fait, c'est un discours bien plus global sur le vivre-ensemble, l'aspect festif, la grande solidarité. On regardait tout à l'heure sur le Web Post, on a vu qu'énormes... Des réseaux s'organisent en ce moment à Paris, sur des groupes Telegram, etc., pour accueillir ces habitants d'autres territoires, pour les loger gratuitement, les héberger pendant leurs manifestations.

Donc, le gouvernement qui voulait faire comme si ce n'était pas grand-chose, en fait, je trouve, met un peu d'huile sur le feu en disant « On interdit, préfecture de police de Paris qui a interdit, alors qu'ils sont en route, donc qu'est-ce que ça va donner ? » Gérald Darman a dit que ça allait être... Voilà, que ce serait très strictement appliqué, cette interdiction. On se souvient aussi des violences policières qu'il y a eu pendant les mouvements des Gilets jaunes. Vous imaginez, à deux mois d'une élection, si ça prend, c'est explosif comme dossier.

Surtout qu'en effet, il y a énormément d'abstentionnistes dans ces rangs, parce qu'en fait, souvent, ce qu'ils dénoncent, les Gilets jaunes, et là, j'ai beaucoup écouté les vidéos hier de ces convois de la liberté, c'est un rejet, en fait, de la classe politique dans son ensemble. Dans son ensemble, pas d'Emmanuel Macron en particulier ? Alors, Emmanuel Macron est très visé, et d'ailleurs, vous avez sans doute vu, je crois, on l'a peut-être vu dans votre reportage, les affiches commencent déjà à afficher le fameux « Macron, on t'emmerde ».

Et moi, je me suis toujours dit, quand j'ai vu cette interview dans Le Parisien, peut-être que là, on ne le voit pas encore, mais en campagne, tout le monde, tous ses opposants politiques, mais les Français aussi qui sont contre lui, vont lui renvoyer ça dans la figure. Donc, ça donne quand même un état de tension qui n'est pas de nature à faire une élection avec, comme on disait tout à l'heure, des débats de fonds, des projets contre projets, etc. S'il y a des blessés, s'il y a des problèmes de violences policières, vous imaginez le contexte explosif qui peut rebattre, d'ailleurs, les cartes d'une élection. Et avec ce terreau, ce qui alimente la colère, c'est la question du pouvoir d'achat.

Toujours, on y revient avec cette idée que l'énergie, de toute façon, que les énergies carbonées vont continuer à monter, et on voyait dans ce reportage, des étudiantes qui se mobilisent en disant qu'on n'y arrive plus, et en zone rurale, et ailleurs que dans les grandes métropoles, on a besoin de notre voiture. Il y a eu un geste aussi, peut-être qu'on peut y revenir avec vous, Emmanuel Duteil, du patron de Total, où il y a les gestes du gouvernement, et puis il y a Total Energy qui a annoncé un geste en faveur, notamment des personnes qui habitent dans les zones rurales. Oui, effectivement, mais il n'y a pas que les étudiants qui sont touchés.

Vous savez, tous ceux qui prennent leur voiture tous les jours pour aller au travail, vous savez qu'il y a, selon les chiffres de l'INSEE, un peu moins de 10 millions de personnes qui font chaque jour pour aller au travail entre 10 et 50 kilomètres. Aujourd'hui, depuis l'année dernière, si vous regardez votre plein, là, aujourd'hui, par rapport au même mois de l'année dernière, on considère en France qu'un plein, c'est environ 50 litres. C'est 17 à 18 euros de plus. Vous imaginez, pour un plein, si vous multipliez ça par deux voitures, et par deux à trois pleins parfois par mois, c'est une facture qui s'envole. À quoi s'ajoute à cela ?

La facture d'électricité, parce que le gouvernement a fait une très bonne com' pour dire on gèle. Non, il y a une hausse de 4%, là, qui est une hausse extrêmement conséquente. Si on roule, ça arrive de prendre les autoroutes, 2% de hausse. Et au 1er mars, il va y avoir une autre hausse extrêmement importante, c'est celle des produits de notre ticket de caisse, tout simplement au supermarché. Le patron de Lidl, qui est quand même celui qui doit le plus tirer les prix en France, dit que ça va augmenter de 3 à 3,5%.

Donc, vous imaginez, chez les jaunes, si vous ajoutez tout cela, je ne sais pas s'il y a un problème de pouvoir d'achat, mais ce qui est certain, c'est que le pouvoir d'achat est amputé. Et effectivement, vous l'avez dit, le patron de Total, mais qui lui, est aussi sûrement en campagne politique, puisque Total présentait par ailleurs, tiens, comme par hasard, ses résultats ce matin, des résultats records depuis 2007, je crois, 16 à 17 milliards d'euros de bénéfices. Donc hier, il a dit, je vais faire un geste, un geste important, qui n'est pas que symbolique.

Pour les 200 000 clients les plus fragiles de son offre au gaz, il y a une réduction notable, et puis il y a un chèque de 5 euros si vous faites un plein, justement, de 50 euros en zone rurale. Ce n'est pas neutre, c'est utile, mais moi, je pense que, et toutes les études, Pascal Perrineau le sait mieux que moi, mais toutes les études d'opinion montrent que le pouvoir d'achat est très nettement la première préoccupation des Français. Et je suis persuadé que dans les semaines à venir, c'est le sujet de préoccupation. Avec, vous avez raison, avec un gouvernement qui a sans doute ces chiffres-là, comme vous les avez, et qui a essayé d'anticiper, et qui a distribué des chèques énergie, etc.

Et la question que j'allais vous poser, c'est est-ce que tous ces efforts-là financiers, parce que, bon, malgré tout, on est dans le poids qui l'en coûte toujours, en réalité, ces efforts financiers ont été faits de la part du gouvernement. Vous diriez aujourd'hui que ça a été englouti, que ça n'a pas suffisamment aidé les employés français ? Moi, je pense que c'était indispensable de les faire, mais il faut juste avoir en tête le montant. 14 milliards d'euros ont été dépensés. Je pense que pas un Français qui a touché ce chèque énergie ou ce chèque inflation a le sentiment que ça lui a sauvé. C'est un peu comme quand on est augmenté au dernier moment.

On considère juste que l'augmentation, elle est normale et qu'on ne va pas en faire plus pour ça. C'est exactement ça. C'est que là, les gens considèrent qu'ils avaient sûrement besoin d'être aidés, mais qu'à la fin du mois, ils en ont quand même moins il y a quelques mois. Pascal Perino.

44:59
Invité

Et puis, vous parliez tout à l'heure de l'antimacronisme. L'antimacronisme s'était calmé, mais c'est une réalité de ce quinquennat, l'antimacronisme. Tout d'un coup, de multiples mouvements sociaux, un ras-le-bol. Un ras-le-bol de quoi,

45:11
Présentateur

pardon, Pascal Perino ?

45:12
Invité

Un ras-le-bol, beaucoup sur le terrain social, sur le terrain du pouvoir d'achat. Sur le terrain aussi, j'écoutais hier ces gens qui se réunissaient, du mépris. Ils se sentent méprisés. Ils se sentent méprisés. Ils se sentent invisibilisés. Ils ont l'impression, en effet, qu'ils n'existent pas aux yeux des puissants et en particulier du plus puissant d'entre eux, le président de la République, jupitérien, en haut de la pyramide.

45:40
Présentateur

Ça veut dire que les efforts financiers dont on parlait pour aider les plus défavorisés n'impactent pas. Voilà.

45:46
Invité

Il faut faire attention parce que tout ça peut être effacé dans une lutte sociale, un mouvement social. Tout ça peut être effacé du jour au lendemain. Parce que pour ces gens-là, les gens d'en bas, il y a un responsable, Emmanuel Macron. Et c'est très frappant dans les enquêtes. Je regardais la dernière cote de popularité du président de la République. Alors, il peut se rassurer, il y a 40% de Français dans la Cotifop qui approuvent son action. Il y en a 60% qui ne l'approuvent pas. Et surtout, parmi ceux qui ne l'approuvent pas, c'est 34%. C'est énorme. Ils disent, on ne l'approuve pas du tout.

Là, on voit bien qu'il y a, si vous voulez, une espèce de polarisation 1 Français sur 3 qui est dans une opposition mais radicale au président de la République.

46:33
Présentateur

En tout cas, son entrée en campagne, on est d'accord, ne sera une surprise pour personne. Mais la question est plutôt de savoir quelle campagne peut et va faire Emmanuel Macron et avec qui. Que reste-t-il de son parti, des marcheurs ? Qui seront les figures de son gouvernement qu'il mettra en avant alors que plusieurs de ses piliers ont été fragilisés ? Vous allez le voir ces derniers jours. Léa Dermidjan, Laszlo Gelabert et Emmanuel Bach.

46:56
Invité

C'est un sujet sérieux et je suis très ouvert aux propositions pour améliorer.

47:02
Auditeur

Jean-Michel Blanquer à l'oral de rattrapage, sa réforme du bac n'est pas un succès. Alors le ministre, rétropédale, il faudra plus de maths au lycée.

47:13
Invité

Donc 9h plutôt que 8h, c'est plus de maths.

47:15
Auditeur

Pour le ministre de l'Éducation nationale, tout semble difficile. Ses vacances à Ibiza, d'où il a annoncé le protocole sanitaire pour la rentrée de janvier, ne passent toujours pas. Ministres critiqués, moqués aussi par ses manifestants. Et pourtant, un record de longévité. Alors certains candidats à la présidentielle voudraient bien le voir partir.

47:41
Emmanuel Macron

Je demande, ce n'est pas la première fois, je demande la démission de Jean-Michel Blanquer depuis des mois et des mois. Il méprise la communauté éducative, il méprise les enseignants, il méprise les parents d'élèves et les élèves.

47:58
Invité

Ça ne changerait pas grand-chose à la pagaille que M. Blanquer a déjà semée, mais disons que moralement et symboliquement, ça aurait une portée qui montrerait qu'on est quand même quand même sensible aux questions de la morale.

48:10
Présentateur

En Macronie, autre ministre, autre reproche. Dans la tourmente cette fois, Gérald Darmanin. M. le ministre aurait préféré ne pas être interrogé sur son bilan.

48:23
Invité

Sur ces questions de sécurité, j'en veux pour preuve les chiffres qui viennent de votre propre ministère. Les hausses de la violence, des atteintes aux personnes, homicides en hausse, coups et blessures volontaires en très nette hausse, violences sexuelles notamment en hausse, tellement en hausse qu'on parle même d'explosion. Votre présentation, elle est très rapide et un peu populiste. Et c'est la difficulté. Allez-y, essayez de démontrer l'inverse. Ce sont vos chiffres. Calmez-vous, madame, ça va bien se passer. Je vous demande pardon. Comment vous parlez ? Ça va bien se passer, madame, vous allez voir. Il y a 30% de baisse sur les biens. Moi, j'en ai marre des discours populistes.

48:52
Auditeur

Une séquence aussitôt critiquée par l'opposition à l'Assemblée nationale. Vous allez accuser.

48:57
Invité

Le premier flic de France qui est votre ministre de l'Intérieur se doit de conserver en toutes circonstances calme et maîtrise de soi. Or, ce matin, surréaliste, sur l'antenne d'une chaîne d'info continue, M. Darmanin a perdu ses nerfs

49:19
Auditeur

et a tenu des propos agressifs. Moi, je pensais qu'on était à l'Assemblée nationale. Je n'avais pas compris qu'on était dans la rédaction de téléloisirs et qu'on était en train de commenter les émissions de télévision. Des ministres à la peine et un président, bientôt candidat, qui fait campagne tout seul ou du moins sans ceux qui dérangent. Ce jour-là, dans la Creuse, Emmanuel Macron, face aux doléances du monde rural, vante son bilan. Ce qu'on est en train

49:47
Présentateur

de faire, là, très fortement, c'est de réinvestir sur les actes routiers, autoroutiers et ferroviaires que j'appellerais de proximité, c'est-à-dire ceux qui vous permettent d'atteindre soit la métropole la plus proche, soit l'agglomération qui est la plus proche pour pouvoir travailler ou aller au lycée ou aller faire des études ou retrouver la famille.

50:08
Auditeur

À deux mois du premier tour, le président est donné en tête entre 23 et 26 % des intentions de vote.

50:18
Présentateur

Alors, juste sur les enquêtes d'opinion, ça risque de baisser un petit peu quand il va entrer en campagne. C'est mécanique et il faut s'y préparer, Pascal Perrineau ?

50:24
Invité

Oui, il devrait connaître une légère érosion parce qu'il n'aura plus uniquement l'aura présidentielle et il sera un candidat comme un autre. Il rentrera dans la bagarre. Mais enfin, l'avance du président candidat est confortable aujourd'hui.

50:40
Présentateur

Est-ce qu'il est seul ? Il veut être seul. Il veut être seul. Il fait une campagne, enfin, il prépare sa campagne dans le plus grand secret avec trois ou quatre personnes. Les ministres sont tenus à distance. Ils sont censés s'occuper de leur clientèle et on les occupe de temps en temps en leur disant réfléchis sur tel sujet mais en vrai... Et c'est pour ça qu'ils sont fébriles en ce moment. C'est qu'ils ne savent pas quel rôle ils vont jouer dans la campagne. Ils sont tenus au courant de rien. Ils ne savent pas quelle sera la campagne d'Emmanuel Macron et ils savent encore moins s'ils continueront à être ministres ou pas si Emmanuel Macron est réélu.

Mais est-ce qu'il veut s'appuyer sur certains des piliers de son gouvernement ? Ce n'est pas peut-être ce qu'on a vu dans ce reportage ? Il y a quelques ministres, oui. Il y a quand même Gérald Darmanin, il y a Bruno Le Maire, il y a Gabriel Attal, il y a Clément Beaune et il y a Sébastien Lecornu et Julien Denormandie qui devrait être le directeur de campagne. En fait, Julien Denormandie est très... Il illustre le ministre parfait selon Emmanuel Macron. Je pense que beaucoup de gens ne savent pas qui est Julien Denormandie. C'est le ministre de l'Agriculture quand même ? C'est le ministre de l'Agriculture.

Il a travaillé sa clientèle comme ils disent et manifestement moins d'agriculteurs hostiles après son passage au ministère de l'Agriculture. Il est très discret, il ne fait pas des matinales tous les quatre matins en parlant mal aux journalistes et en voulant être sur tous les sujets. Et il a été ultra loyal. Donc c'est ce type de ministre qu'il veut valoriser. Astrid De Vilaine, est-ce qu'il va pouvoir compter sur son parti ? Alors, ce parti est très décrié depuis qu'il est né. Beaucoup disent qu'il n'est pas assez ancré dans les territoires, que Stanislas Guérigny, le patron du parti, n'est pas assez visible. Ce qui est souvent le cas moi je trouve quand le président est là.

En revanche, moi ce que j'observe, mais ça ne se voit pas forcément, mais moi ce que j'observe, c'est que le parti travaille beaucoup sur les questions de rapport avec les Français, la Grande Marche. Ils ont refait une forme de Grande Marche, un peu sans son ababoui, mais ils sont allés à la rencontre des électeurs, mais à l'ancienne, porte à porte, questionnaires, qu'est-ce que vous retenez de l'action, de quoi vous avez envie qu'on parle pendant la campagne.

Ce qui en ressort, c'est, et à mon avis, c'est assez malheureux pour Emmanuel Macron, mais c'est l'écologie, c'est-à-dire que c'est les Français qu'ils ont rencontrés ont envie qu'on parle plus d'écologie, donc ça dit quelque chose du bilan. Et ils sont très structurés sur le plan numérique, c'est-à-dire des applications qui marchent très bien, etc., etc., les jeunes avec Macron qui s'agitent, etc. Bon, est-ce que ça va suffire ? Ce n'est pas sûr, mais en tout cas, moi je ne fais pas partie de ceux qui disent que le parti n'a rien fait, etc., alors qu'il est très souvent critiqué. Est-ce qu'il pourra s'appuyer sur Édouard Philippe ?

Cette question, Édouard Philippe et Emmanuel Macron sont-ils sur la même longueur d'onde ? Leurs chemins vont-ils se séparer ? Il y a un gros froid, en fait, entre les deux, parce qu'Emmanuel Macron ne comprend pas pourquoi Édouard Philippe prépare 2027, alors qu'il devrait être uniquement préoccupé de faire réélire Emmanuel Macron. Donc il y a un énorme malentendu entre eux, et Édouard Philippe considère qu'il a servi Emmanuel Macron, qu'il fera quand même sa campagne pour 2022 et qu'il a le droit, s'il veut, de faire un parti pour peser dans la prochaine majorité.

Donc il n'y a pas tant de ça de différence sur le fond, quoique Édouard Philippe est plus sur les questions de dette, il faut mettre fin au quoi qu'il en coûte, etc. Mais il y a un vrai malentendu aujourd'hui entre les deux hommes. Qui ne verra pas le jour ce malentendu publiquement d'ici à la campagne ? Je ne pense pas, non, il y a eu des petits agacements. C'est pour les législatives que ça va être tendu. Voilà, sans doute, c'est possible qu'Emmanuel Macron fasse une initiative politique. Si par exemple, Valérie Pécresse n'est pas au second tour, il voudra prendre une partie de LR. Les Émours voudra prendre l'autre.

Donc Emmanuel Macron pourrait créer un parti pour essayer de ramasser cette frange de LR. Mais c'est un peu ce que fait aussi Édouard Philippe. Donc à ce moment-là, ils peuvent être un peu en concurrence. Pascal Perrido ?

54:28
Invité

Oui, pour les législatives, vous savez, on en discute partout dans les régions. Et là, ici et là, voilà, entre, si vous voulez, La République en marche, Purjus et Horizon, vous voyez bien qu'il va y avoir des discussions, de saines discussions. On parle des gauches, on parle des droites, il faut parler des Macronis aussi maintenant.

54:48
Présentateur

Parce qu'Édouard Philippe l'avait dit clairement avec ses mots à lui, je ne suis pas là pour beurrer les tartines. Voilà.

54:53
Invité

C'est pas le genre d'Édouard Philippe.

54:54
Présentateur

C'est pas le genre d'Édouard Philippe. Et nous revenons maintenant à vos questions. Une question d'Éric. Crise sanitaire, présidence de l'Union européenne, Ukraine, n'est-ce pas trop pour un seul homme qui maintenant décide pour notre avenir énergétique ? Il a pas mal de faire au feu. Oui, mais il joue de ça. Il pouvait décaler la présidence française de l'Union européenne. Il pense que ça le présidentialise, que ça fait une vraie différence avec Valérie Pécresse qui, elle, apparaît plus, enfin, moins dans cette posture, plus Premier ministre ou quelque chose comme ça. Et on voit que dans les sondages, ça le sert. Donc, il joue ça jusqu'au bout. Une question d'Alain.

Plus de 10 ans de retard et un coût exorbitant pour le contribuable. Le fiasco de l'EPR de Flamanville est-il amené à se reproduire ? On peut le regarder plutôt avec le verre à moitié plein. C'est-à-dire que ce fiasco a tellement été gigantesque qu'au moins, ils ont eu à peu près tous les problèmes imaginables réunis dans un seul... C'est le pari. C'est le pari. Mais ils ont quand même beaucoup appris à ce moment-là. Et puis, comme je disais tout à l'heure, il y a un EPR en Finlande qui est quand même fini de construire. Et entre-temps, EDF a quand même regardé Donc, on peut se dire qu'il est certain que le calendrier ne sera sûrement pas respecté, que le coût ne sera pas respecté.

C'est bien pour ça que l'Elysée a lancé d'autres audits à côté des chiffres annoncés par EDF pour construire les 6 EPR annoncés aujourd'hui. Mais ça paraît quand même peu probable qu'on reproduise ce fiasco. Il n'a pas parlé de ce qu'on avait évoqué il y a quelques mois, les mini-EPR ? Si, si, si. Il a dit qu'il y aurait quelques SMR. C'est comme ça qu'on appelle les mini-réacteurs. Mais ça n'avait jamais été prévu qu'on en ait beaucoup en France. C'est-à-dire que ce que voulait Emmanuel Macron avec ses petits réacteurs, c'est en installer quelques-uns chez nous pour montrer que ça marche, pour faire de la France un showroom.

Venez voir comment ça marche et surtout vous les achetez à l'appel. Pourquoi n'y a-t-il pas, alors c'est Maxime qui est en Vendée qui est ingénieur énergéticien, merci de le préciser, pourquoi n'y a-t-il pas de débat national sur ces constructions qui engagent plusieurs générations de Français ? C'est vrai, c'est ce qu'il lui est reproché notamment par Yannick Jadot de dire qu'on prend des engagements pour les 30 prochaines années. À l'arrière-là, il y a une élection présidentielle. Oui, en l'occurrence, il y aura le débat.

Mais sur la façon d'aborder ces grands choix énergétiques, ces grands choix d'infrastructures pour la France, vous parliez tout à l'heure de la Convention citoyenne, des grands débats nationaux sur lesquels on se prononcerait. Je pense qu'Emmanuel Macron sait que c'est ce qui va lui être reproché, le fait de décider tout seul. Il a mis quelques garde-fous entre guillemets tout à l'heure dans son discours en disant qu'il y aura un débat à l'Assemblée nationale en 2028. On ne sait pas s'il sera là lui aussi. Il a dit qu'il a réactivé. Vous vous souvenez de cette commission nationale du débat public ? Enfin, voilà. Une instance, ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vue. Il l'a dit.

Mais avec Emmanuel Macron, il faut se méfier quand il dit quelque chose. Souvenez-vous, après les Gilets jaunes, il avait dit qu'on allait faire des grands cahiers de doléances. Il a fait ces remédients. Énormément de Français. Oui, mais où sont les doléances ? Ça, ça va être un sujet dans cette présidentielle. Encore une fois, ça va arriver très vite. Je rappelle les dates, les 10 avril et 24 avril, le premier et le second tour. La gouvernance, on se souvient de la démocratie participative de Ségolène Royal. Peut-être pour ramener ces gens qui sont mobilisés que vous avez rencontrés hier.

58:02
Invité

C'est un sujet, mais de fond. On est au cœur du malaise démocratique. On sait très bien que la démocratie représentative, qu'elle soit parlementaire ou présidentielle, a rencontré ses limites. Comment fait-on vivre, et c'est une demande en France, une démocratie davantage continue, en particulier entre les grands moments électoraux ? Et là, la démocratie participative qui a été mise en place, le grand débat national, après, en effet, cette convention citoyenne, ont été un peu des expériences qui ont déçu. C'est difficile de faire vivre la démocratie participative à l'échelle nationale.

Mais un grand débat qui engage l'avenir de la société française comme le débat sur le nucléaire mériterait, certes, un débat parlementaire, peut-être avant 2028, et certainement un débat citoyen.

58:49
Présentateur

Et on se souvient du vote sur Notre-Dame-des-Landes aussi, un vote qui n'avait pas du coup été respecté. C'est aussi ces expériences-là qu'ont les Français. Quand Emmanuel Macron se déclara-t-il enfin candidat ? C'est maintenant. Et c'est Cécile Candidat qui nous dit. C'est à Paris autour du 21. Allez, on ne vous reprochera pas si c'est un peu avant ou un peu après. Une question d'Alain. Gaz, électricité, carburant, logement, taxes foncières, alimentation, inflation, un cocktail explosif pour avril 2022 ? Réponse simple. Oui, plusieurs pourcents. Et du coup, une facture de tout ça qui va fortement augmenter. Et là, votre téléspectateur a à peu près cité tout ce qui va augmenter.

Sauf les autoroutes, mais vous nous l'avez dit tout à l'heure. Les autoroutes, 2%, je peux vous dire. Le convoi de la liberté interdit à Bruxelles et à Paris, ne va-t-on pas vers une nouvelle version des Gilets jaunes à Street Devillen ? Il faut faire la comparaison ou pas ? Ou c'est abusif ? Il est très tôt encore. Mais en tout cas, si on compare les démarrages des deux mouvements, je trouve ça en tout point quasiment similaire. L'innovation, le convoi de la liberté, les Gilets jaunes, c'était malin du point de vue de la communication. Tout le monde reprend ça. 500 000 personnes en quelques jours sur un groupe Facebook quand même.

Énormément de solidarité, de personnes qui se ressemblent finalement socialement et qui sont contentes d'être ensemble et qui se sentent en effet méprisées par tous les pouvoirs parisiens. Le fait même qu'elles soient bloquées à l'entrée de Paris, je trouve ça symboliquement très fort. Là, je voyais les images tout à l'heure, ils sont sur les routes comme le Tour de France. Moins de monde, je vous rassure, mais quand même. Comme le Tour de France, on les encourage, etc. Il y a quelque chose pour moi qui est de l'ordre du clivage de la France d'en bas et de la France d'en haut et qu'Emmanuel Macron n'a jamais vraiment cherché à résorber.

Vous avez vu toutes les petites phrases ce qu'il a dit pendant son quinquennat. Il n'y a qu'à traverser la rue. Il s'en est excusé. Il a fait un... Mais pour dire je vais vous emmerder... Enfin, j'ai envie d'emmerder les gens le lendemain. Moi, je pense que c'est resté en tout cas. En tout cas, ça revient souvent sur le terrain. Et donc, a-t-il gouverné pour tous ou a-t-il gouverné seulement pour ceux qui vont bien ? Je crois que c'est ce qui va lui être reproché ou en tout cas la question qui va lui être posée pendant cette élection. Une question de Catherine en Côte d'or. La question du nucléaire suscite bien des remous dans l'opposition mais que propose-t-elle de sérieux pour l'avenir ?

L'opposition. Beaucoup les verts et la France insoumise sont les plus opposés. Beaucoup les énergies renouvelables. C'est vraiment miser tout là-dessus sur l'éolien, le solaire et les océans pour Jean-Luc Mélenchon. Avec une sortie du nucléaire progressive. Oui. Et qui reste... Eux, ils ne changent pas cette trajectoire-là. En attendant 2050, comment fait-on pour se fournir en énergie pas trop chère ? Emmanuel Duteil. C'est l'énorme problème puisque ce qui se passe en ce moment et ce qu'on disait très rapidement tout à l'heure, on vit un choc énergétique plus qu'un choc pétrolier. Il y a plusieurs raisons à ça.

Je ne vais pas être trop long mais notamment on a sous-investi volontairement dans le pétrole ces dernières années. Et les résultats du groupe Total aujourd'hui en sont le meilleur exemple. Total gagne beaucoup plus d'argent aujourd'hui que quand le pétrole valait deux à trois fois plus cher. Pourquoi ? Parce qu'il investit beaucoup moins qu'à l'époque donc à la fin il lui reste beaucoup plus d'argent. Moins investir, ça veut dire que le pétrole va être tendanciellement un peu plus cher. Par ailleurs, l'Arabie Saoudite dit droit dans les yeux à Emmanuel Macron ou à Bruno Le Maire vous ne voulez pas payer le pétrole ? Vous ne voulez pas financer les investissements ?

Nous, on ne pompera pas plus et vous verrez ce qui est rare et cher.

1:02:02
Invité

Et donc les prix flambent.

1:02:03
Présentateur

Donc les prix flambent et donc les prix vont flamber sûrement encore pendant un bout de temps. Après, on peut espérer que grâce au nucléaire, grâce au gaz, grâce aux renouvelables, on arrive à trouver une souveraineté. Mais je pense qu'il faut que l'on se prépare collectivement à tous payer plus cher notre électricité demain et que la transition écologique dont on parle beaucoup, moi je pense à titre personnel qu'il faut l'avoir comme un investissement. Parce qu'au bout du bout, ça nous sera peut-être utile. Mais on est obligé d'être honnête et de dire que oui, les prix vont sûrement rester avec les bons. Avec l'idée qu'il faut aussi changer nos habitudes et consommer moins, etc.

Oui, il faut consommer moins mais vous savez, quand on nous dit qu'il n'y aura plus de voitures thermiques à un horizon de quelques années, acheter une voiture électrique pendant quelques années, ça va encore coûter très cher et du coup, il faudra financer tout ça. Très vite, une autre question. Chauffage, train, numérique, voiture, avec le tout électrique, y aura-t-il demain assez d'énergie pour tout le monde ? Si on construit des EPR et du renouvelable à tout va pendant des années, oui. Faut-il s'attendre à des heurts, manifestations violentes, troubles de l'ordre public dès que Macron sera candidat ? Cécile Cornudet. Ça avait été...

Les préfets se sont inquiétés de la petite phrase sur les emmerdés en se disant il ne va pas pouvoir faire campagne, il va avoir les antivax contre lui, donc on ne sait pas, mais c'est un risque. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h45. C'est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU. Bonsoir Anne-Elisabeth. Bonsoir Caroline. Les convois de la liberté prévoient de bloquer Paris à partir de demain. La préfecture de police a interdit la manifestation mais des cortèges sont déjà en route. Un mouvement essentiellement conspirationniste selon le spécialiste des fake news Thomas Huchon qui est notre invitée ce soir.

Et je vous rappelle que vous pouvez retrouver quand vous le souhaitez. C'est dans l'air en replay et en podcast et puis je vous donne rendez-vous dimanche en direct à 20h55 pour une nouvelle soirée spéciale présidentielle avec deux candidats Marine Le Pen puis dans une deuxième partie de soirée Fabien Roussel qui nous présenteront tous les deux leur vision de la France dans le monde. Belle soirée. Merci.

1:04:00
Locuteur

Merci. Merci.