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InterviewRadio France (sur Site radio)· 5 juin 2026 11 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéNumériqueSolidarités & familleInstitutions & élections

"L'absolue nécessité de démanteler les réseaux de narcotrafiquants", réagit la maire de Nantes après un quatrième mort

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Bonjour Johanna Roland. Bonjour.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    À Bautière, hier, comme à la Halvec, Port-Boyer, Pinsec, on a ces règlements de compte avec des tireurs qui n'hésitent plus à tuer, en plein jour. Hier, c'était à l'heure du déjeuner.

  • 0:51OuverteRéponse partielle

    Donc c'est un jeune homme de 18 ans. Est-ce que vous avez pu échanger avec ses proches, avec sa famille ? Est-ce que c'était un jeune du quartier Bautière ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Avec notamment cette expérimentation depuis un petit peu plus d'un an dans le quartier du Breil pour identifier les jeunes de 10 à une vingtaine d'années les plus vulnérables.

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Concrètement, cette expérimentation, c'est quoi ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Et Laurent Mignac, le ministre de l'Intérieur il y a trois semaines ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Nous avons sur Nantes un enchaînement de règlements de compte qui est aujourd'hui insupportable, avec une nécessité absolue. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Ce que les enquêteurs ont dit hier de manière nette, c'est que toutes les confirmations démontrent qu'on est clairement sur le champ du narcotrafic. »
  • 1:21Invité politiqueFait
    « Le premier, c'est évidemment la plus grande fermeté républicaine pour démanteler les réseaux de narcotrafiquants. »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « Parce que je constate qu'aujourd'hui, en France, c'est comme si on devait choisir entre la fermeté du démantèlement des réseaux de narcotrafique et la prévention. »
  • 2:57Invité politiqueChiffre
    « Le chiffre d'affaires du narcotrafic, c'est 7 milliards. »
  • 3:00Invité politiqueChiffre
    « Le fonds interministériel de prévention de la délinquance, c'est 46 millions. »
  • 3:10Invité politiqueChiffre
    « Dans le dernier budget, on a rogné le budget de 6 millions. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Oui, il faut des renforts policiers, il faut des renforts policiers dans la durée. »
  • 4:26Invité politiqueFait
    « Vous avez vu la situation chez nous à Nantes, vous avez sans doute vu ce qui s'est passé à Grenoble, ce qui s'est passé à Nice. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « Il est impératif que la France mène la pleine mesure des réalités aujourd'hui liées au narcotrafic. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « La vérité, c'est que les narcotrafiquants, ils se moquent bien de la couleur politique de la municipalité. »
  • 6:02Invité politiqueFait
    « Le jeune que vous évoquez, j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui après le drame de Port-Boyer. »
  • 6:27Invité politiqueFait
    « Le service public Nantais est présent. Nous ne sommes pas dans une ville où dans ces quartiers il n'y aurait plus d'écoles, plus de crèches, plus de maisons associatives. »
  • 9:45Invité politiquePromesse
    « J'ai, par exemple, appelé, il y a quelques semaines, à la création d'un service de renseignement dédié. »
  • 9:53Invité politiqueFait
    « Si on veut démanteler ces réseaux, la vérité, c'est que ce sont des enquêtes au long cours. Six mois, neuf mois, douze mois. »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 22 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ici matin, 7h47, Marion Fersigne, notre invitée ce matin, c'est la maire de Nantes, après le quatrième règlement de compte mortel en à peine plus d'un mois. Bonjour Johanna Roland. Bonjour. À Bautière, hier, comme ça a été le cas à la Halvec, à Port-Boyer, à Pinsec, on a donc ces règlements de compte avec des tireurs qui n'hésitent plus à tuer, avec aussi des tireurs qui n'hésitent plus à tuer en plein jour. Hier, c'était à l'heure du déjeuner.

0:25
Invité politique

Nous avons sur Nantes un enchaînement de règlements de compte qui est aujourd'hui insupportable, avec une nécessité absolue. Je le dis ce matin avec la plus grande des fermetés, que tous les moyens soient déployés pour mettre fin à ces règlements de compte.

0:44
Présentateur

Alors ces moyens, on va évidemment les évoquer, les évoquer en longueur. Je voulais revenir sur le règlement de compte d'hier. Donc c'est un jeune homme de 18 ans. Est-ce que vous avez pu échanger avec ses proches, avec sa famille ? Est-ce que c'était un jeune du quartier Bautière ?

0:58
Invité politique

Ce n'était pas un jeune du quartier Bautière en tant que tel des informations dont on dispose. Ce que les enquêteurs ont dit hier de manière nette, c'est que toutes les confirmations démontrent qu'on est clairement sur le champ du narcotrafic. C'est la raison pour laquelle j'appelle moi une mobilisation absolument totale sur deux champs. Le premier, c'est évidemment la plus grande fermeté républicaine pour démanteler les réseaux de narcotrafiquants. C'est une priorité pour la France. C'est une absolue nécessité. Et puis la deuxième, c'est de mobiliser aussi les questions de prévention.

Parce que je constate qu'aujourd'hui, en France, c'est comme si on devait choisir entre la fermeté du démantèlement des réseaux de narcotrafique et la prévention. Non, l'expérience qui est celle des maires démontre que nous avons besoin de mobiliser les deux.

1:52
Présentateur

Avec notamment cette expérimentation depuis un petit peu plus d'un an dans le quartier du Breil pour essayer d'identifier les jeunes de 10 à une vingtaine d'années qui seraient les plus vulnérables. C'est-à-dire ceux qui ont le plus de risques de se faire happer par les dealers et par cette envie d'argent facile.

2:09
Invité politique

Oui, on sait qu'aujourd'hui, il y a une partie de ces jeunes qui peuvent être attirés par le piège de l'argent facile. Concrètement, cette expérimentation, c'est quoi ? C'est l'ensemble de la communauté des adultes, les parents, les responsables de clubs de sport, les enseignants qui identifient à un moment donné un adolescent, un jeune qui a décroché scolairement, qui est en rupture avec sa famille, qui s'il travaille a perdu son emploi et qui est regardé comme dans le moment où il est susceptible de basculer. Et quand le ministre est venu à Nantes, je lui ai fait la demande...

2:42
Présentateur

Et Laurent Mignac, le ministre de l'Intérieur il y a trois semaines ?

2:44
Invité politique

Absolument. D'étendre cette expérimentation à deux autres quartiers de la ville et justement au quartier de la Bautière. Et je constate une chose aujourd'hui, c'est qu'on a quand même un problème de cohérence dans ce pays. Je donne deux chiffres. Le chiffre d'affaires du narcotrafic, c'est 7 milliards. Le fonds interministériel de prévention de la délinquance, c'est 46 millions. Donc déjà, on a un facteur 10.

3:06
Présentateur

Ça veut dire que c'est un combat qui est perdu ?

3:08
Invité politique

Non, ça veut dire qu'il faut se mobiliser davantage. Deuxième problème, non seulement à la base, il n'y a pas assez de moyens sur ce sujet, mais dans le dernier budget, on a rogné le budget de 6 millions. Donc oui, la cohérence est nécessaire parce que derrière, ce sont des vies qui sont broyées, ce sont des familles qui se sont endeuillées et c'est des habitants pour qui c'est absolument insupportable.

3:29
Présentateur

Vous parliez de ce volet prévention, il y a aussi le volet répression que vous avez évoqué. Est-ce qu'il faut encore davantage de renforts policiers ? On évoquait Laurent Nounia, sur le ministre de l'Intérieur, il a annoncé l'arrivée de 6 policiers supplémentaires spécialement dédiés à cette lutte contre le narcotrafic.

3:45
Invité politique

Oui, il faut des renforts policiers, il faut des renforts policiers dans la durée, parce que ce que nous disent les habitantes et les habitants sur le terrain, c'est qu'on n'a pas envie d'entendre des mots, on n'a pas envie d'entendre des paroles. On a envie de voir des actes, des actes très concrets, pour que dans nos quartiers, on puisse vivre sereinement. Ce matin, au moment où on parle, l'ensemble des élus de la ville seront présents dans les écoles de l'est de la ville, pour être auprès des habitants, pour proposer aussi du soutien psychologique à celles et ceux qui en auront besoin. Donc la nécessité de renforts policiers dans la durée, oui.

La nécessité de moyens sur la prévention, oui. Vous avez vu la situation chez nous à Nantes, vous avez sans doute vu ce qui s'est passé à Grenoble, ce qui s'est passé à Nice. Il est impératif que la France mène la pleine mesure des réalités aujourd'hui liées au narcotrafic.

4:40
Présentateur

Avec une mobilisation générale, quel que soit le bord politique ?

4:42
Invité politique

Oui, avec une mobilisation générale. Vous savez, vous parlez du bord politique, j'évoquais Nice, qui est sans doute une des villes en France où il y a eu plus de situations de ces types. La vérité, c'est que les narcotrafiquants, ils se moquent bien de la couleur politique de la municipalité, du territoire sur lequel ils agissent. Donc la mobilisation générale, prévention, investigation, répression, tous les leviers doivent aujourd'hui être mobilisés.

5:07
Présentateur

Johanna Roland, vous restez avec nous dans un instant. On va continuer de voir avec vous ce que peut faire la ville, notamment face aux habitants de ces quartiers qui sont eux aussi les victimes du narcotrafic. Ici Loire-Océan, 6h-9h, ici Matin. Ici Loire-Océan, 7h52. Nous sommes ce matin avec la maire de Nantes, Johanna Roland, Marion Fersigne. Johanna Roland, il y a les victimes évidemment, les morts de ces règlements de comptes liés au trafic de drogue. Il y a aussi les victimes, je vais dire collatérales, c'est-à-dire les habitants de ces quartiers.

On a eu beaucoup de témoignages sur notre antenne malheureusement ces dernières semaines de gens qui nous disent soit ils sont traumatisés parce qu'ils ont vu quelqu'un se faire tuer juste en bas de chez eux. On a eu notamment le témoignage d'un adolescent qui était aux côtés du jeune Elijah, 15 ans, quand il s'est éteint après avoir été visé par des tirs. On a aussi des parents qui nous disent, voilà mon enfant en sursaute pleure dès qu'il entend un scooter parce qu'il a peur que ce soit une nouvelle fois des tireurs.

6:02
Invité politique

Le jeune que vous évoquez, j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui après le drame de Port-Boyer. Je peux même vous dire que c'est une de mes adjointes qui l'a accompagnée personnellement jusqu'à la cellule de soutien psychologique. Donc oui, la détresse de celles et ceux qui étaient là au moment du drame est évidemment extrêmement importante. D'où la nécessité de proposer ce soutien psychologique. La deuxième chose que je voudrais dire, c'est que sur les quartiers que nous évoquons, le service public Nantais est présent. Nous ne sommes pas dans une ville où dans ces quartiers il n'y aurait plus d'écoles, plus de crèches, plus de maisons associatives dans les quartiers que nous évoquons.

Le service public est mobilisé. Et pour autant, les habitants nous disent, je le sais, je le mesure pleinement, qu'ils ont le sentiment que c'est la réalité de leur quotidien. Et ils ont raison de le dire, qui est aujourd'hui totalement bouleversé. C'est la raison pour laquelle nous ne renonçons à rien, que les services publics sont présents et bien présents, que je vous disais que les élus seraient aux côtés des habitants à nouveau aujourd'hui, que nous proposons un certain nombre d'actions concrètes sur le champ du soutien psychologique, sur le champ de la prévention.

Mais s'il n'y a pas dans le même temps le démantèlement clair et ferme des réseaux de narcotrafiquants, alors la question de fond n'est pas résolue.

7:20
Présentateur

Avec des habitants qui se sentent abandonnés, même si, voilà, quartier Bautière, encore hier matin, il y avait plein de policiers et à la mi-journée, malheureusement, ce jeune homme de 18 ans qui se fait tirer dessus et qui en décède.

7:32
Invité politique

Je crois qu'on est dans un moment où il y a une nécessité qui est de ne pas céder au redoncement. Une dame me disait hier, est-ce qu'on doit s'habituer ? Est-ce que quelque part, elle me disait, j'ai vu les informations, j'ai vu à Grenoble, j'ai vu à Nice, on voit que même maintenant dans des petites villes, c'est le cas. Moi, je considère que ça ne doit jamais, jamais devenir banal quand un homme est tué dans un quartier. Donc oui, j'appelle la France, je nous appelle collectivement à prendre toute la mesure. Est-ce que la ville prend sa part ? Est-ce que partout où on doit faire mieux, on le fera ?

Absolument, mais je le redis, face à des professionnels extrêmement organisés, face à des gens qui brassent des sommes d'argent considérables, face à des réseaux de narcotrafiquants dont parfois le centre de décision est en Europe, ailleurs à Bruxelles, on doit absolument monter d'un cran la mobilisation collective, on le doit aux habitants.

8:28
Présentateur

Joana Roland, qu'est-ce que la ville peut faire ? Vous avez annoncé notamment pour Port-Boyer l'accélération de l'installation de caméras de vidéosurveillance, notamment qui vont cibler les halls d'immeubles où, on le sait, se déroulent les trafics. Ça, c'est efficace. Est-ce que vous avez les moyens supplémentaires de faire votre part, en plus de ce que peut faire l'État, la police, la justice ?

8:46
Invité politique

La ville doit évidemment faire sa part. Elle doit le faire sur les moyens qui peuvent aider à la résolution de l'enquête. C'est le cas pour les caméras de vidéoprotection. Elle doit le faire pour l'aménagement de l'espace. Comment, quand on réaménage un quartier, on prend en compte la question du deal pour lutter contre ça ?

9:04
Présentateur

Ça, ça a été fait au quartier Bottière qui a été raménagé il y a peu ?

9:07
Invité politique

Ça a été le cas sur le quartier de la Bottière. C'est le cas sur le quartier de Bellevue où, par exemple, sur une des places, nous l'avons réaménagé pour contribuer à lutter contre les trafics. C'est, je le redis, la présence du service public. C'est le soutien aux acteurs associatifs qui, eux aussi, se retrouvent en première ligne. Mais je redis que si, dans le même temps, il n'y a pas des moyens supplémentaires sur la police d'investigation, sur celles et ceux qui font les enquêtes, sur celles et ceux qui peuvent permettre d'arriver à l'arrestation, d'abord de ceux qui ont commis ces crimes et au démantèlement de ceux qui dirigent ces réseaux.

J'ai, par exemple, appelé, il y a quelques semaines, à la création d'un service de renseignement dédié. Pourquoi ? C'est ce qu'a fait la Grande-Bretagne, il y a quelques années. Si on veut démanteler ces réseaux, la vérité, c'est que ce sont des enquêtes au long cours. Six mois, neuf mois, douze mois. On a besoin de deux choses. Les habitants, ils ont besoin de réponses immédiates, d'être rassurés maintenant, pas la semaine prochaine. Parce que quand vous avez votre enfant à l'école de la Bottière et que ce matin, vous vous dites « Est-ce que j'emmène mon enfant à l'école ? » Vous n'avez pas besoin d'attendre une réponse dans neuf mois.

Ça, c'est la nécessité de la présence et des réponses immédiates. Mais on doit aussi faire ce travail dans la durée pour aller au fond du démantèlement des réseaux.

10:22
Présentateur

Avec un travail collectif auquel tout le monde participe. On l'a bien compris avec vous ce matin. Merci beaucoup, Joana Roland. Merci à vous. Donc, la maire de Nantes, après cette quatrième série de coups de feu mortels en lien avec le trafic de drogue.

"L'absolue nécessité de démanteler les réseaux de narcotrafiquants", réagit la maire de Nantes après un quatrième mort · Pourquijevote