Mayotte s'écroule sous le poids de l'immigration ! - Sébastien Chenu (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Vous êtes vice-président du Rassemblement National, député du Nord.
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Vous n'avez pas suivi la locution du chef de l'État le 5 décembre dernier ?
- 0:10RelanceRéponse partielle
Ça veut dire que vous n'y croyez pas ?
- 0:52FerméeRéponse directe
Donc pas 30 mois ? Vous pensez que ça ne tiendra pas 30 mois ?
- 1:32OuverteRéponse directe
La situation politique, justement, on a reproché à François Bayrou d'être allé à Pau, plutôt que sur l'archipel de Mayotte.
- 3:13OuverteRéponse directe
L'urgence pour François Bayrou, c'est aussi de composer un gouvernement. Vous avez été les premiers à reçus le Rassemblement National. Vous avez fixé des lignes rouges.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« le seul point de déblocage possible devient la démission du président de la République. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Ça fait six mois, en vérité, depuis les élections européennes, pas depuis la censure, ça fait six mois qu'il ne se passe rien pour le pays. »
- 5:31Invité politiqueChiffre
« il y a officiellement 300 000 maorais. En réalité, il y a 500 000 personnes sur le territoire de Mayotte, c'est-à-dire en France. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Mayotte ploie sous l'immigration. Les services publics s'écroulent sous le nombre. »
- 6:25Invité politiqueChiffre
« l'Union européenne donnait 50 millions d'euros pour le réseau d'eau potable à Gaza. On pourrait peut-être donner 50 millions d'euros pour le réseau d'eau potable à Mayotte. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Il faut renvoyer les clandestins, madame. Les gens qui n'ont rien à faire sur notre sol doivent être renvoyés chez eux, évidemment, partout. »
Temps de parole
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Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
Vous êtes vice-président du Rassemblement National, député du Nord. Vous n'avez pas suivi la locution du chef de l'État le 5 décembre dernier ?
Si, si.
Il a dit, répété, qu'il irait au bout de son mandat. Ça veut dire que vous n'y croyez pas ?
Non, non, ça veut dire que je crois qu'Emmanuel Macron croit ce qu'il dit au moment où il le dit. Au moment où il dit qu'il irait jusqu'au bout de son mandat, je pense qu'il en a la volonté, il le souhaite, il le dit. Mais en revanche, il y a un moment où les conditions de la vie politique, de la vie démocratique de notre pays font que la situation se bloque et qu'il est le seul point, le seul capable de la débloquer, le seul point de déblocage possible devient la démission du président de la République. Donc pour l'instant, Emmanuel Macron considère probablement que les choses ne sont pas bloquées, elles ne le sont pas totalement, mais enfin, on s'y achemine peu à peu.
Et donc par conséquent, je pense qu'à un moment, il aura la lucidité, puisqu'il ne l'a pas lui-même, ses amis auront la lucidité de lui dire qu'il est le point de blocage de ces situations.
Donc pas 30 mois ? Vous pensez que ça ne tiendra pas 30 mois ?
J'ai du mal à imaginer comment notre pays peut avancer ainsi pendant les 30 mois qui viennent. Regardez, ça fait six mois, en vérité, depuis les élections européennes, pas depuis la censure, ça fait six mois qu'il ne se passe rien pour le pays. Ça fait six mois que notre pays est en état depuis la dissolution, est en état d'arrêt de vie politique. On n'a pas voté de grand texte, il ne s'est rien passé. C'est une gestion au jour le jour, au fil de l'eau. Les Français en sont victimes. Les Français, les entreprises, les collectivités, notre pays mérite mieux que ça.
La situation politique, justement, on a reproché à François Bayrou d'être allé à Pau, plutôt que sur l'archipel de Mayotte. Vous, au Rassemblement National, vous avez été les plus indulgents, je dis bien les plus indulgents de l'équation politique, avec le nouveau Premier ministre, François Bayrou.
D'abord, pour deux raisons. Moi, je vois bien ce que François Bayrou voulait dire, c'est-à-dire qu'il disait « je vais à Pau pour montrer que je suis un élu enraciné par rapport à Paris ». Je pense que c'était une erreur.
Vous faites de la psychologie maintenant, vous s'y êtes...
Non, mais c'est ce qu'il a dit, c'est ce qu'il a voulu dire hier aux questions du gouvernement. Je pense que c'est une erreur. Il n'a pas pris la mesure de la gravité de ce que nos compatriotes de Mayotte vivaient, traversaient. Donc, il aurait dû au moins terminer la réunion à Beauvau, et notamment, puisqu'il l'a quitté avant la fin, plutôt que de faire le conseil municipal de Pau. Je pense qu'il s'est trompé. Mais je ne veux pas faire naître de... Mais vous ne l'avez pas dit comme ça ? Si, je l'ai dit comme ça. Moi, je ne l'ai pas dit comme ça, vous avez été très bienveillant avec lui.
Je vous dis les choses telles qu'elles sont, mais je pense que par rapport à la situation de Mayotte, on n'a pas besoin de faire naître des polémiques accessoires. Les Mahorais, moi, c'est tout ce qui m'obsède. J'ai une pensée pour les deux députés de Mayotte, Estelle Youssoufa et notre député Rassemblement National en Chiabamana. Les Mahorais traversent un moment excessivement critique. Le pays doit être à l'unisson. On doit appeler à l'aide internationale. On doit mobiliser toutes les forces de l'État. C'est vrai que François Bayrou doit être sur le pont et devrait s'y mettre un peu davantage. Il a essayé de rattraper vaguement la situation ces dernières heures.
Mais sincèrement, on voit un Premier ministre, comme à l'Assemblée Nationale, qui est un peu décalé par rapport aux réalités économiques, sociales, politiques du pays.
L'urgence pour François Bayrou, c'est aussi de composer un gouvernement. Vous avez été les premiers à reçus le Rassemblement National. Vous avez fixé des lignes rouges. La présence de Xavier Bertrand, par exemple, ça suffirait pour vous à voter la censure demain ?
Écoutez, en tous les cas, ce serait vécu chez nous comme une sorte de provocation. Un pied de nez, Xavier Bertrand est probablement l'homme politique à droite qui est le plus excessif, le plus insultant envers les électeurs du Rassemblement National, envers les élus du Rassemblement National. L'idée même que Xavier Bertrand puisse faire partie d'un tel gouvernement, même s'il lui en rêve, comme il rêvait d'être Premier ministre, nous mettrait dans de très mauvaises dispositions. Maintenant, nous privilégions le fond à la forme. C'est-à-dire pour faire quelle politique ? Ça m'intéresse davantage que de savoir si Xavier Bertrand est secrétaire d'État au tourisme.
Emmanuel Macron est attendu à Mayotte, alors que les secours peinent à se déployer. Le ministre des missionnaires de l'Intérieur met déjà sur la table la question de l'immigration. On ne pourra plus faire comme avant. Il promet d'ailleurs d'être plus dur vis-à-vis des comores, des voisins des comores. Vous, vous réclamez au RN, tout simplement, la fin du droit du sol.
Oui, d'ailleurs, on n'était pas les seuls. La fin du droit du sol à Mayotte, mais pas seulement d'ailleurs à Mayotte, avait été suggérée, je crois, de mémoire par Gérald Darmanin aussi. Donc, Rien Nouveau Sous-le-Soleil, ça n'a pas avancé. Ça n'a toujours pas avancé. Darmanin en a parlé il y a plus de six mois, c'était avant la dissolution, ça n'a toujours pas avancé. Si Bruno Retailleau veut la fin du droit du sol à Mayotte, Banco, mais si c'est comme pour les accords de l'Algérie qui régissent notre relation avec l'Algérie depuis 1968, rien ne bouge, à un moment, il va falloir passer des paroles aux actes.
Juste, pardon Sébastien, je suis sur le droit du sol, parce que c'est vrai qu'on en entend beaucoup parler ces derniers jours en expliquant que les femmes viennent accoucher à Mayotte pour que leur enfant soit français, c'est plus automatique du tout. Il a déjà été aménagé sur le droit du sol, sur le territoire maoré. On rappelle aux auditeurs, il faut que l'un des deux parents soit présent légalement depuis trois mois, au moins au moment de la naissance, pour que l'enfant puisse être français.
Vous avez raison, ça a été aménagé. Ça a été aménagé, mais allons au bout de la démarche. Je pense que ça reste une des pompes aspirantes.
Mais même ça, ce n'est pas vérifié. Et c'est ça que je veux vous dire, c'est qu'en fait, on peut aller plus loin dans les lois, des lois qu'on n'applique déjà pas.
Oui, enfin pour l'instant, on ne fait rien. Pour l'instant, on ne fait rien. Et pour l'instant, il y a officiellement 300 000 maorais. En réalité, il y a 500 000 personnes sur le territoire de Mayotte, c'est-à-dire en France. Donc, Mayotte ploie sous l'immigration. Les services publics s'écroulent sous le nombre. Il faut immédiatement cesser cela.
Et alors Sébastien Chenu, là, aujourd'hui, que faut-il faire de ces bidonvilles qui ont été littéralement ravagées, dévastées, détruites ? Faut-il reconstruire à l'identique ? Ou faut-il construire, avec l'argent de l'État, la puissance publique, des logements, ne serait-ce que provisoires, mais en dur, pour ces populations qui vivent dans une extrême précarité ? Il y a deux choses.
Ça a été l'échec de Wambouchou. Wambouchou, c'était le démantèlement des bidonvilles et l'expulsion des clandestins. Je pense qu'il faut continuer à aller dans ce sens-là. Mais réellement, expulser vraiment les clandestins et remonter, et pour cela, il faut de l'argent. D'ailleurs, je me souviens que l'Union européenne donnait 50 millions d'euros pour le réseau d'eau potable à Gaza. On pourrait peut-être donner 50 millions d'euros pour le réseau d'eau potable à Mayotte.
Très concrètement, Sébastien Chenu, ça veut dire que ces personnes sinistrées, si elles sont en situation illégale, dans 15 jours, on les met dans des bateaux, on les renvoie aux Comores ?
Il faut renvoyer les clandestins, madame. Les gens qui n'ont rien à faire sur notre sol doivent être renvoyés chez eux, évidemment, partout. Qu'ils soient en métropole ou qu'ils soient à Mayotte, ils doivent être renvoyés de là d'où ils viennent, s'ils ne viennent pas d'un pays qui est en état de guerre, qui est un pays dans lequel leur vie est risquée en termes du droit international.
Pas d'exception au regard de la situation dramatique. C'est une question.
Oui, parce qu'expulser les clandestins à Mayotte, comme nous le demandent d'ailleurs les Mahorais, c'est une question de vie ou de mort. Sinon, Mayotte va mourir. Sinon, Mayotte va se désagréger. Donc, il y a cette nécessité. Et en parallèle, il faut une impulsion très forte de l'appareil d'État à travers des financements. J'ai dit qu'il fallait solliciter l'aide internationale, qu'il fallait solliciter l'aide européenne, qu'il fallait solliciter les pays autour pour mettre des moyens, pour aider Mayotte à avoir un système d'eau potable, une habitation digne de ce nom. Les Mahorais sont des Français à part entière et doivent être traités comme les autres.
Merci Sébastien Chenu.
Bonjour Romain Dolchin, qui nous écoute dans ma circonscription.
Sébastien Chenu