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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 9 mars 2023 9 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Chapeau Marcel Amont - Bertrand Dicale - Le 5/5 - C à Vous - 09/03/2023

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:33InvitéFait
    « Des gens croyaient me vexer, mais on dit un jour que je n'apportais rien à la chanson française. »
  • 5:38InvitéFait
    « Je m'inscris dans une tradition. »
  • 6:23InvitéFait
    « Il était socialiste. Il ne s'en est jamais caché. »
  • 6:25InvitéFait
    « Il disait qu'un des plus grands moments de sa vie, c'était 1936, le Front populaire, place des quinconces à Bordeaux, sur les épaules de son père, un discours de Léon Blum. »
  • 7:12InvitéFait
    « Lorsqu'on devient une petite lumière, on voit rappliquer de tous les coins un tas de papillons qui se mettent à tourner autour de vous. »
  • 8:13InvitéFait
    « Je trouve que c'est un très joli cadeau, ce chapeau de Mireille. »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité 219 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 39 %
  • Invité 45 %
  • Invité 54 %
  • Invité 64 %
  • Présentateur 23 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Mathieu, on a donc appris la mort de Marcel Hamon, le chanteur, s'en est allé la nuit dernière. Après 75 ans de carrière, Marcel Hamon, vedette du musical, le chanteur, comédien, il est mort la nuit dernière. Chez lui à Saint-Cloud, il avait 93 ans. On va lui rendre hommage ce soir en commençant par la fin. Il avait 93 ans mais sa carrière n'était pas terminée. Vous allez regarder, apprécier ces images du concert de ses 90 ans à l'Alhambra à Paris en 2019.

0:25
Invité

Je sais toutes les paroles par cœur, quand j'ai besoin de vacances. Je m'embarque dans tes yeux. Je suis le vachet de la montagne. When I swim in the Mississippi River, je me baigne les pieds dans la doldone. Les amoureux de Pené vivent sur un nuage. Ils ont cette air désuée, des amants de notre âge.

0:56
Présentateur

Bonsoir Bertrand Dicale.

0:57
Invité

Bonsoir.

0:58
Présentateur

Journaliste à Radio France, spécialiste de la chanson française. On vient de voir des images de Marcel Amon sur scène, joyeux, à 90 ans. Quelle énergie ! Jusqu'au bout.

1:09
Invité

Jusqu'au bout et puis on a envie d'être comme ça en fait. Il avait réussi à démontrer toute sa carrière à quel point c'était facile. Je veux dire qu'il faisait des crues qui jonglaient avec son chapeau, le fameux numéro de monter sur une chaise comme si c'était un escabeau et de retomber en douceur. Il faisait toutes ces choses en nous démontrant à quel point c'était facile, c'était simple, c'était évident, c'était fluide. C'était un vrai magicien.

1:38
Présentateur

Alors on va revenir sur sa carrière ce soir avec le plaisir aussi des images d'archives. La chanson, la clonerie, la comédie, le musical. Je vais commencer avec son titre qui est sans doute le plus connu écrit par un certain Charles Aznavour. 1965, le Mexicain.

1:51
Invité

J'ai voulu qu'on garde l'intro.

2:35
Présentateur

Bertrand Dicale parce que c'était amusant. Ce n'était pas que de la chanson, Marcel Ham.

2:40
Invité

Ce n'est pas que de la chanson, il sait tout faire. Il est acrobate, il est musicien, il est jongleur. Et ça, c'est la grande école du musical. Et il fait ce qu'il faut faire pour la chanson. C'est-à-dire que bon, effectivement, le petit cri de mariachi, avant que Aznavour et Jacques Plante lui donnent le Mexicain, il ne savait pas le faire. Et puis, il l'a appris à tout le monde et peut-être même au mariachi. Il ne savait pas ce qu'était un poncho et un sombrero. Il l'a appris pour la chanson. Et c'est ça, en fait, qui est extraordinaire. C'est cette école du musical, parce qu'il est quand même de la génération de Juliette Gréco et Serge Gainsbourg.

Voilà, c'est un peu décalé dans le temps, quand même. Et le musical, c'est ça. On sait tout faire pour la chanson et on invente des petits films, des petites comédies de trois minutes.

3:27
Présentateur

Finalement, Bertrand Dical, ces artistes du musical, vous l'évoquiez, dont Marcel Hamon était toute figure. S'il faut définir le musical, c'est une époque, le spectacle, le divertissement de juste avant la télé ?

3:38
Invité

C'est juste avant la télé et évidemment, ça colonise la télé parce qu'il a passé un temps et il a passé des centaines d'heures d'antenne à la télé. Mais c'est le spectacle d'avant et c'est surtout le spectacle de la candeur. C'est-à-dire qu'on va au musical, on s'en fout de savoir d'où vient Marcel Hamon, on voit un mexicain. Et c'est cette culture, cette éthique, j'allais dire, du spectacle. Pierre, vous l'avez vu sur scène ? Oui, je l'ai vu sur scène, surtout à cette époque-là, celle qu'évoque Bertrand.

C'est que les affiches de musical de l'Olympia, vous pouviez avoir un dresseur de phoque, un pressé-digitateur, puis il y avait Marcel Hamon et quand j'y suis allé, en vedette, il y avait Bilalé et il y avait tout ça. C'était un chanteur fantaisiste magnifique. Patrick ? Il a fait aussi, dans ses multiples talents, il a fait votre métier Bertrand Dicale parce que dans le milieu de sa traversée du désert, il a écrit un livre qui s'appelle « Une chanson qu'y a-t-il à l'intérieur d'une chanson » où il est allé voir tout le gratin du musical, les compositeurs, les paroliers, etc. Et c'est un bouquin formidable, une base incroyable sur tout l'univers de la chanson française.

C'est un formidable bouquin parce que c'était un extraordinaire amoureux de la chanson. Il était nostalgique comme tous les gens qui ont eu du succès et qui ont eu moins, comme tous les gens qui ont vécu leur jeunesse et qui avancent en âge. Il a été nostalgique, mais il avait cet amour complètement fou des jeunes chanteurs et de la continuité du musical. Et donc, il parlait de Delerme, il parlait de Jeanne Chéral, il parlait génération après génération des gens qui le suivaient après. Il disait surtout « Mais ça, c'est vachement bien. » Et je me souviens avoir parlé avec J.P. Nataf des Innocents de Marcel Amon. Parce que J.P.

Nataf des Innocents, c'était un jour trouvé devant Marcel Amon qui lui a dit « Mais dites donc, cette chanson, elle est vachement bien, ce que vous avez fait. »

5:23
Présentateur

Alors, justement, c'est amusant ce que vous disiez sur les générations d'après. Je voudrais que vous écoutiez la réflexion de, finalement, un homme assez simple, assez modeste aussi. 1986, il parle de sa musique. Écoutez.

5:33
Invité

Des gens croyaient me vexer, mais on dit un jour que je n'apportais rien à la chanson française. C'est vrai. Je m'inscris dans une tradition. Voilà. Je m'inscris dans une tradition. Et il serait dommage, à mon avis, que cette tradition disparaisse avec nous. J'aime ce que fait Berger, j'aime ce que fait Balavoine. Et bon. Mais il faudrait que tout ça... Enfin, il faudrait. Il serait peut-être dommage que tout un pan de la chanson française, traditionnel, disparaisse. Moi, je suis pour l'œcuménisme, y compris dans le domaine de la chansonnette.

6:04
Présentateur

Et puis, il y a un côté très politique. Marcel Amand était un homme de gauche, assumé de gauche. On va le voir en 1981, aux côtés de François Mitterrand, qui l'a soutenu. Un président de gauche. Et puis, d'une certaine manière, qu'il l'a déçu après.

6:19
Invité

Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'il a fait la campagne de François Mitterrand. Il était socialiste. Il ne s'en est jamais caché. Il disait qu'un des plus grands moments de sa vie, c'était 1936, le Front populaire, place des quinconces à Bordeaux, sur les épaules de son père, un discours de Léon Blum. B6. C'est un peu fondateur. Et donc, il a fait la campagne présidentielle de 1981. Il a chanté dans des meetings. Il a même enregistré un 45 tours, je crois. Et puis, après, la télé a changé. Donc, il fallait changer. Et on a viré la variété à paillettes de l'ancien régime. Il a disparu. Marcel Amon, Dalida en premier, qui étaient deux des artistes qui s'étaient le plus engagés à gauche.

Ils ont été les premiers à se faire flinguer. Et il a été des années et des années sans passer à la télé.

7:04
Présentateur

En fouillant dans les archives de l'INA, aujourd'hui, on a aussi découvert cette réflexion de Marcel Amon sur la célébrité. On est en 1965. Il parle de son rapport à sa célébrité. Écoutez.

7:12
Invité

Lorsqu'on devient une petite lumière, on voit rappliquer de tous les coins un tas de papillons qui se mettent à tourner autour de vous. Alors, quoi que vous disiez ou quoi que vous fassiez, vous êtes toujours le point de mire d'une foule de gens. Et comme il est impossible de contenter tout le monde et son père, il y a toujours des gens qui sont contre. Si on veut être Alceste, on n'a qu'à être mineur de fond ou bûcheron. Moi, j'ai choisi ce métier-là. Il y a une part d'exhibitionnisme, peut-être. J'ai choisi un métier public, c'est vrai. Mais je n'ai pas pu encore me résoudre à accepter tout ce qu'on dit de moi lorsque je ne suis pas d'accord.

Je suis obligé d'accepter tout au bout du compte, de toute façon.

7:53
Présentateur

Très simple. Finalement, je voulais absolument qu'on passe cet extrait. On a évoqué aussi, Charles Aznavour, tout à l'heure, une autre collaboration, un autre grand qui lui a offert une chanson. Regardez, c'est Georges Brassens.

8:04
Invité

J'étais chez lui et il me dit, voilà quelques-unes de mes prochaines chansons. Il l'a attaqué par celle-là, comme à la bourse, et dit, je prends. Je trouve que c'est un très joli cadeau, ce chapeau de Mireille. Comment ? Comme il est très faible, comme chacun sait, il n'a pas su résister. Ça m'a fait plaisir. On va t'entendre aujourd'hui, chantez Chapeau de Mireille, accompagné par Georges. Je pense que ce sera assez unique. On y va ? Allez, vas-y, je joue. Le chapeau de Mireille, quand en plein vol je l'ai rattrapé, entre cette et Marseille, quel est le bon vent qui l'avait chippé ?

8:46
Présentateur

J'aime beaucoup le « Allez, vas-y, Jojo ». Marcel Abond disait que c'était la plus belle chanson de Georges Brassens et il lui a offerte.

8:53
Invité

Il n'a pas tort. C'est vraiment une des plus belles chansons de Brassens. Tous les brassensistes sont d'accord. C'est vraiment une chanson exceptionnelle. Et là où c'est complètement fou, c'est que Brassens le sait. Il sait très bien. Il se trouve que l'album que prépare Brassens, c'est le dernier album de Brassens, celui de 1976. Mais il lui a offert cette chanson en sachant personnellement que c'était un chef-d'oeuvre et que son copain avait quand même besoin d'une bonne chanson pour son prochain album.