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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 décembre 2018 9 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Karl Olive : "Nous les élus, on ne peut plus supporter d'être mis devant le fait accompli"

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez une idée de ce que le Président va annoncer ce soir ?

  • 2:07RelanceRéponse directe

    Méthode catastrophique, ça c'est vos mots, vous, c'est pas les siens ?

  • 2:30RelanceRéponse directe

    Mais vous aviez l'impression qu'il n'était pas au courant de tout ça, des élus locaux il envoie, l'association des maires de France le dit régulièrement, il y a plein de messages qui lui parviennent quand même, vous avez l'impression qu'il ne se rend pas compte de la colère qu'il y a sur le terrain ?

  • 3:02RelanceRéponse directe

    Comment c'est possible ça ?

  • 3:42OuverteRéponse partielle

    Et du coup, il a reconnu des erreurs ou pas ?

  • 4:53RelanceÉludée

    Mais est-ce qu'il y a une mesure qu'il vous a dit très clairement, très explicitement, regrettée d'avoir mise en place ? Et je pense notamment à l'ISF dont tout le monde parle. Est-ce qu'il vous l'a dit pour cette mesure ou pour une autre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:18Invité politiqueFait
    « nous les élus et je pense qu'il y a les Français aujourd'hui, on le voit avec les gilets jaunes, on ne peut plus supporter le fait d'être mis devant le fait accompli par des décisions qui émanent de l'État et pour lesquelles nous ne sommes jamais consultés. »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « Je vais vous donner un exemple, l'augmentation du gaz, on apprend tout simplement que c'est quelque chose, il le voit à peine parce que c'est la technostructure qui s'empare de cela. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « Les emplois aidés, dont on savait évidemment que ce n'était pas la panacée, pour autant apprendre juste avant l'été, que deux mois après, il n'y a plus d'emplois aidés, c'est comment mettre effectivement les associations, les élus, certaines mairies petites et moyennes, dans la panade complète. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Si, je pense qu'on est tous, encore une fois, je crois qu'il faut le dire, il faut être logique par rapport à ça. Finalement, le président, l'État, fait exactement ce pourquoi, en tout cas, le président Macron a été élu. »
  • 4:24Invité politiqueFait
    « la taxe sur les carburants, ça a été vraiment la goutte qui a fait déborder le réservoir. »
  • 5:19Invité politiqueFait
    « il y a un certain nombre de réformes qui peuvent peut-être un tout petit peu attendre, des choses qui ont excité les Français. Je pense aux 80 km heure. »
  • 5:45Invité politiqueFait
    « Je pense notamment, encore une fois, à toutes ces gens dont on matraque fiscalement le travail, cette armée de gens qui passent sa vie à travailler. »

Temps de parole

  • Karl Olive74 %
  • Présentateur26 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h19, après 8 jours de silence, le Président va enfin s'exprimer depuis son retour d'Argentine. En effet, Emmanuel Macron a réduit sa communication à de simples tweets. Le chef de l'État prendra la parole ce soir à 20h, une déclaration solennelle qu'il fera de l'Élysée. Emmanuel Macron doit annoncer des mesures pour répondre aux attentes des gilets jaunes. Bonjour Karl-Olive.

0:31
Karl Olive

Bonjour Mme Munoz.

0:32
Présentateur

Vous êtes maire Les Républicains de Poissy, vice-président du conseil départemental des Yvelines. Et vous êtes l'un des derniers élus locaux à l'avoir rencontré, Emmanuel Macron. C'était vendredi, avec une quinzaine de maires de votre association Génération Terrain. C'est une association qui regroupe environ 200 maires de tous bords politiques. Vous avez été reçu pendant 3 heures à l'Élysée. Vous avez vraiment discuté longuement, une discussion sans tabou. Est-ce que vous avez une idée de ce que le Président va annoncer ce soir ?

1:00
Karl Olive

Le ressenti que nous avons en tout cas, c'est que nous sommes parvenus à avoir un Président en face de nous, pour lequel nous avions des échanges directs, je dirais sans tabou, vous l'avez dit, Mathilde, sans filtre. Et vraiment la sensation d'avoir pu lui faire remonter simplement le ressenti du terrain. Parce que nous sommes des maires de terrain dans la concertation au quotidien, en prise directe avec la réalité des gilets jaunes, de celles et ceux qui ne sont pas gilets jaunes mais qui le portent.

Et qu'il était important de faire comprendre au Président que cette concertation qu'on a au quotidien, c'est exactement l'inverse de ce qui se passe actuellement et qu'il faut absolument que ça change. Je pense que le Président en a conscience. La relation et le ressenti qu'on a, vous l'avez dit, toutes obédiences confondues dans l'association Génération terrain, c'est qu'en face de nous, on avait quelqu'un qui était très à l'écoute. Pendant une heure et demie, on n'a absolument pas été interrompu. Je dis une heure et demie parce qu'il a commencé par nous écouter chirurgicalement sur la méthode catastrophique qui était mise en place pour un objectif pourtant commun connu de tous en 2017.

2:07
Présentateur

Méthode catastrophique, ça c'est vos mots, vous, c'est pas les siens ?

2:09
Karl Olive

Ah oui, oui, c'est nos mots à nous. Je crois qu'il les a bien entendus, nos mots à nous, sur cette méthode catastrophique parce qu'encore une fois, on le dit et ça ne date pas d'hier, nous les élus et je pense qu'il y a les Français aujourd'hui, on le voit avec les gilets jaunes, on ne peut plus supporter le fait d'être mis devant le fait accompli par des décisions qui émanent de l'État et pour lesquelles nous ne sommes jamais consultés.

2:30
Présentateur

Mais vous aviez l'impression qu'il n'était pas au courant de tout ça, des élus locaux il envoie, l'association des maires de France le dit régulièrement, il y a plein de messages qui lui parviennent quand même, vous avez l'impression qu'il ne se rend pas compte de la colère qu'il y a sur le terrain ?

2:40
Karl Olive

Je pense qu'il y a finalement, comme parfois dans des grandes entreprises et là dans une grande machine qui est l'État, aussi des effets qui parfois passent au-dessus du président de la République. Je vais vous donner un exemple, l'augmentation du gaz, on apprend tout simplement que c'est quelque chose, il le voit à peine parce que c'est la technostructure qui s'empare de cela.

3:02
Présentateur

Comment c'est possible ça ?

3:03
Karl Olive

Et bien voilà, comment c'est possible ? Et comment le président peut-il opérer pour que cela change ? C'est aussi paradoxal que cela. Et puis derrière, des formes je dirais de communication, peut-être de la précipitation, parce que c'est vrai que la France doit aller vite, mais attention à la précipitation, comme on le dit, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Je vous donne quelques exemples, Mme Munoz.

Les emplois aidés, dont on savait évidemment que ce n'était pas la panacée, pour autant apprendre juste avant l'été, que deux mois après, il n'y a plus d'emplois aidés, c'est comment mettre effectivement les associations, les élus, certaines mairies petites et moyennes, dans la panade complète.

3:42
Présentateur

Et du coup, il a reconnu des erreurs ou pas ?

3:44
Karl Olive

Il a reconnu effectivement peut-être des maladresses, peut-être un manque de logiciel pour pouvoir avoir une méthode qui soit plus claire et des règles qui soient peut-être plus respectées.

3:54
Présentateur

Donc il a reconnu des erreurs de méthode, pas des erreurs ou des maladresses sur des réformes qu'il a prises ?

4:00
Karl Olive

Si, je pense qu'on est tous, encore une fois, je crois qu'il faut le dire, il faut être logique par rapport à ça. Finalement, le président, l'État, fait exactement ce pourquoi, en tout cas, le président Macron a été élu. Et c'est un maire républicain qui vous le dit. Nous, ce qu'on souhaite, c'est tout simplement que la France gagne. C'est le message qu'on lui a passé. Simplement, peut-être que dans ce qu'on considère, nous, comme dans la précipitation, la taxe sur les carburants, ça a été vraiment la goutte qui a fait déborder le réservoir. Mais est-ce qu'il fallait aller aussi vite que cela ? Est-ce qu'il fallait mettre les Français devant le fait accompli par rapport à ça ?

Par rapport à ces petites retraites ? Par rapport à ce type de population ? Cette France, entre guillemets, moyenne, ce n'est pas du tout péjoratif. qui fait qu'elle n'est pas suffisamment pauvre pour obtenir de l'aide, un peu de solidarité comme cette France pauvre, et puis pas suffisamment riche pour, en fait, elle le prend pleine face.

4:53
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a une mesure qu'il vous a dit très clairement, très explicitement, regrettée d'avoir mise en place ? Et je pense notamment à l'ISF dont tout le monde parle. Est-ce qu'il vous l'a dit pour cette mesure ou pour une autre ?

5:03
Karl Olive

Non. En fait, d'abord, on n'était pas là pour entendre la messe. Deuxièmement, moi, je ne suis pas le porte-parole du président Macron. Ce que je suis, en tout cas, intimement convaincu, c'est que le fait de remettre un peu le barysandre, d'avoir un nouveau logiciel, de prendre conscience qu'effectivement, il y a un certain nombre de réformes qui peuvent peut-être un tout petit peu attendre, des choses qui ont excité les Français. Je pense aux 80 km heure. Alors, c'est certainement, et le Premier ministre Edouard Philippe a certainement pris une bonne décision. Fallait-il qu'elle soit prise ici ? Nous en sommes moins convaincus.

D'autres, les réformes de fond, il n'y a pas de sujet par rapport à ça. En revanche, derrière, oui, il y a des choses qui ont été excitées et que les Français ne peuvent pas comprendre. Je pense notamment, encore une fois, à toutes ces gens dont on matraque fiscalement le travail, cette armée de gens qui passent sa vie à travailler. Vos parents, les miens, nos grands-parents qui ne se sont jamais arrêtés de bosser et qui, aujourd'hui, perpétuellement, sont matraqués fiscalement. Et à côté de ça, peut-être moins de réciprocité par rapport à toutes celles et ceux, et il n'y a pas de sujet par rapport à ça, Mme Munoz, qui obtiennent de la solidarité sans forcément contrepartie.

6:13
Présentateur

Et donc, avec tout ce que vous lui avez dit, est-ce que vous avez quand même une idée de ce qui a fait mouche chez lui et de ce qu'il peut-être pourrait nous annoncer ce soir ?

6:22
Karl Olive

Oui, je pense qu'il y a trop de taxes, il y a trop d'impôts. Peut-être qu'il y aura... Je ne suis pas dans la tête du président, encore une fois, il faut qu'on soit très clair. En tout cas, c'est le message que les 15 collègues élus...

6:32
Présentateur

N'êtes pas dans le secret des dieux, il ne vous a rien dit de ce qu'il allait annoncer.

6:35
Karl Olive

Parce qu'en plus, ce n'était pas le deal. Nous, on voulait vraiment lui faire... Non pas conscience, mais vraiment lui faire des remontées de terrain, encore une fois, sans concession. En revanche, ce que je pense, oui, trop de taxes brutalement, trop d'impôts brutalement, ça, je pense que ça peut effectivement changer. Un nouveau logiciel, d'aller sur le terrain, et dans un deuxième temps, certainement, une concertation nationale dont il faut s'appuyer sur les maires. La démocratie de proximité, on en entend beaucoup parler, c'est les maires qui la font. Donc, il faut que ça parte de la base.

7:04
Présentateur

Du terrain. Carl Olive, est-ce que c'est vrai que le président vous a dit vous n'imaginez pas comme je ne suis pas aidé ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Il vous en a dit plus ? Il a ciblé quelqu'un ? C'est quoi ses conseillers ? Les ministres, le gouvernement ? Les députés qui n'ont pas, pour beaucoup, une expérience politique très grande ?

7:18
Karl Olive

Je crois qu'on a fait prendre conscience... Enfin, pas conscience, mais on a vraiment dit au président que finalement, en 2017, c'est un peu comme le jour de bowling. Il va faire une partie de bowling. Il se dit, je vais gagner cette partie de bowling. C'est la présidentielle. Non seulement il la gagne, mais en plus, il fait strike sur strike. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de qui à gauche, il n'y a plus de qui à droite. Ce n'est pas un beau mot, mais c'est un peu le cas. Sauf qu'effectivement, ses propres équipes, elles n'étaient pas structurées. Donc, elles ont découvert ce qui s'est passé.

7:45
Présentateur

Mais ces équipes, c'est quoi ? Ce sont ces conseillers qui le visent ? Est-ce que c'est le Premier ministre ?

7:48
Karl Olive

C'est l'équipe... Non, je ne crois pas que ce soit le Premier ministre. C'est les équipes globales. Il n'y a pas de sujet par rapport à ça. Sauf qu'aujourd'hui, on s'aperçoit qu'on a quand même affaire à un président qui nous donne l'impression qu'il est hors sol, alors que ce n'était absolument pas le cas dans les échanges que nous avons eus. et qu'effectivement, les Français n'ont pas de relais sur le terrain et nous autres n'avons pas de relais non plus. Pourquoi ? Aujourd'hui, on a des députés qui n'ont cumulé des mandats. Donc, on a des députés qui ne sont pas forcément sur le terrain. On ne leur en veut pas. C'est la loi qui est cela.

Mais nous, des députés qui n'ont pas forcément de permanence. Donc, les administrés, vers qui ils viennent ? Vers les maires. Et comme on n'est pas consultés, concertés, c'est le poisson qui se mord la queue.

8:29
Présentateur

Karl-Olive, juste un dernier mot à propos du président de votre parti, Les Républicains. Laurent Wauquiez a dit qu'il n'avait jamais mis de gilet jaune. Tout le monde a vu l'image. Pourquoi il a dit ça ? Il est mal entouré, lui aussi ? Mal conseillé ?

8:40
Karl Olive

Vous savez, Coluche disait quelque chose. Quand on n'a rien à dire, il vaut mieux se taire. Moi, le défilé des partis politiques, c'est un peu ce qui m'a aussi fait sortir de mes gonds. Le défilé des partis politiques où c'était un peu la Samaritaine, dissolution, démission, référendum. C'est ça, faire avancer le schmilblick. On n'a pas eu cette démarche avec les collègues élus. On est venu aussi apporter des propositions. Mon petit doigt me dit que bon nombre d'entre elles pourraient être reprises ce soir dans les prises de parole du président de la République.

9:06
Présentateur

Merci beaucoup, Carl Olive. Maire Les Républicains de Poissy, vice-président du Conseil départemental des Yvelines. Vous étiez l'invité du 5-7 de France Inter.