Covid-19 : "La situation à l'école est la plus complexe qui nous attend cet automne", juge Arnaud Fontanet
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Vous nous alertiez sur le risque d'une quatrième vague de même ampleur que les précédentes.
- 2:07OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est, comme certains le disent, une épidémie de non-vaccinés ?
- 3:30RelanceRéponse partielle
On ne meurt pas du Covid quand on est doublement vacciné, Arnaud Fontanet ?
- 4:32FerméeRéponse directe
Donc on n'aura pas besoin de reconfiner par exemple ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez une explosion des contaminations à l'école ?
- 7:08OuverteRéponse directe
Le protocole sanitaire dans les écoles à la rentrée de niveau 2 sur 4, vous en pensez quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« début juillet, ce que nous disions, c'était qu'il était très difficile de savoir où nous emmènerait cette prochaine poussée qui est liée au variant Delta. »
- 1:04Invité politiqueFait
« un état d'équilibre qui s'est installé entre un variant Delta très transmissible, son R0 serait jusqu'à 6, avec certains niveaux de mesure de contrôle de la circulation du virus en population, et puis avec une couverture vaccinale. »
- 1:25Invité politiqueChiffre
« on est maintenant depuis quelques jours à un niveau de 23 000 cas par jour, d'à peu près 1 000 admissions à l'hôpital. »
- 2:21Invité politiqueChiffre
« en tout cas, ce que l'on peut voir, c'est qu'il y a une différence significative entre ce que l'on observe en métropole, où le taux de vaccination pour au moins les premiers vaccinés est au-delà de 70%. »
- 2:58Invité politiqueFait
« il est quand même l'élément moteur du frein de l'ensemble des formes graves qui sont celles qui impactent l'hôpital. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« la vaccination diminue de 90 à 95% des formes graves, ce qui est considérable. »
- 3:44Invité politiqueChiffre
« elle diminue aujourd'hui de 60% votre risque d'être infecté. »
- 4:06Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, il y a plus de 80% de la population en France qui a été immunisée contre le SARS-CoV-2, que ce soit par vaccination ou par infection naturelle. »
- 5:51Invité politiqueFait
« la vaccination, en fait, elle est aujourd'hui ouverte à tout le monde, mais à partir de l'âge de 12 ans. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Et quand vous avez affaire à un variant Delta qui a le rythme d'infection qu'il est capable de tenir, avoir 50% de vacciner, ça a un impact, mais ça n'empêche pas le virus de diffuser. »
- 7:46Invité politiqueFait
« les modélisations qui ont été faites à l'Institut Pasteur ont montré que la moitié des nouvelles infections auront lieu chez les enfants à partir de l'automne. »
- 13:36Invité politiqueChiffre
« un enfant sur mille infecté est hospitalisé. »
- 13:50Invité politiqueChiffre
« le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté est deux à trois fois supérieur avec le variant Delta comparé au variant Alpha. »
- 14:15Invité politiqueChiffre
« les décès en France, je crois qu'on en est à six actuellement depuis le début de l'épidémie. »
- 17:53Invité politiqueFait
« le schéma de vaccination chez les personnes comme Chantal était un schéma à trois doses. »
- 19:36Invité politiqueFait
« on parle actuellement d'un rappel pour les personnes de plus de 80 ans. »
Temps de parole
- Invité politique45 %
- Invité politique 232 %
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- Invité4 %
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Nous avons passé notre deuxième été sous Covid, masqué parfois, vacciné ou pas. A l'aube de la rentrée, nous faisons le point ce matin avec nos deux invités, deux membres du conseil scientifique. Chers auditeurs, vous avez des questions, n'hésitez plus, on vous attend au standard. 01 45 24 7000. A mes côtés en studio, Arnaud Fontanet, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes épidémiologiste à l'Institut Pasteur, vous dirigez l'unité de recherche d'épidémiologie des maladies émergentes. Et puis en duplex de Lyon avec nous, Bruno Lina, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes virologue, professeur au CHU de Lyon, chercheur en infectiologie. Début juillet, Arnaud Fontanet, je vais commencer avec vous. Vous nous alertiez sur le risque d'une quatrième vague de même ampleur que les précédentes. Si on regarde les chiffres, 10 000 patients hospitalisés, dont un petit peu plus de 2 000 en réanimation, on est loin quand même des pics d'avril et de novembre.
Oui, alors début juillet, ce que nous disions, c'était qu'il était très difficile de savoir où nous emmènerait cette prochaine poussée qui est liée au variant Delta. Parce que la nouvelle donnée, c'est la vaccination. Et ce qu'on observe aujourd'hui, finalement, c'est un état d'équilibre qui s'est installé entre un variant Delta très transmissible, son R0 serait jusqu'à 6, avec certains niveaux de mesure de contrôle de la circulation du virus en population, et puis avec une couverture vaccinale, et un vaccin qui arrive à protéger très bien contre les formes sévères, les hospitalisations, un peu moins bien contre l'infection, mais tout de même.
Et finalement, on est maintenant depuis quelques jours à un niveau de 23 000 cas par jour, d'à peu près 1 000 admissions à l'hôpital. C'est un équilibre qu'il va falloir surveiller. Il va y avoir des éléments perturbateurs à court terme, qui vont être la rentrée scolaire, universitaire, professionnelle. Peut-être un refroidissement, comme on l'avait eu l'année dernière, fin septembre, qui avait été à l'origine du démarrage de la deuxième vague. Et puis, voir comment tient finalement l'immunité qui est liée au vaccin, parce qu'on se rend compte dans quelques pays qu'elle diminue avec le temps, une fois de plus contre les infections.
Heureusement, elle reste forte contre les formes sévères, contre les hospitalisations. Et c'est ce dernier paramètre qui va probablement nous permettre de passer un automne qui sera moins dur que ce qu'on a pu vivre jusqu'à présent.
Bruno, Lina, à propos de la vaccination et des cas graves, la quatrième vague est meurtrière, on le voit dans les Outre-mer, explosion des cas aux Antilles, en Polynésie, les hôpitaux sont saturés, on en voit du renfort. Est-ce que c'est, comme certains le disent, une épidémie de non-vaccinés ?
Alors, en tout cas, ce que l'on peut voir, c'est qu'il y a une différence significative entre ce que l'on observe en métropole, où le taux de vaccination pour au moins les premiers vaccinés est au-delà de 70%. Il est pratiquement à 57-58% pour les doubles vaccinés. Et on voit que dans certains territoires d'Outre-mer, on est à 22-25% de vaccinés. Et effectivement, c'est ça qui fait la différence.
Parce que, même si ce vaccin n'est pas parfait, dans le sens où ce n'est pas un vaccin stérilisant, ce n'est pas un vaccin qui empêche complètement toute transmission et toute infection, il est quand même l'élément moteur du frein de l'ensemble des formes graves qui sont celles qui impactent l'hôpital. Donc là, on voit effectivement qu'en Outre-mer, du fait de ce retard de vaccination, qu'on espère pouvoir rattraper le plus vite possible, eh bien, les services de santé sont sous pression, les réanimations sont saturées. Et je veux dire que ça permet de rappeler un tout petit peu ce qui pourrait se passer s'il n'y avait pas un niveau de vaccination suffisant en France métropolitaine aussi.
Vous voulez dire qu'il n'y a aucun double vacciné parmi les cas graves aujourd'hui à l'hôpital ? On ne meurt pas du Covid quand on est doublement vacciné, Arnaud Fontanet ?
Non, je ne pense pas qu'on puisse dire cela. Il y aura, mais la vaccination diminue de 90 à 95% des formes graves, ce qui est considérable. Elle diminue aujourd'hui de 60% votre risque d'être infecté. Et si vous êtes infecté et vacciné, vous êtes moins contagieux pour votre entourage, vous allez moins transmettre à votre entourage. Donc la vaccination reste un outil absolument très précieux pour nous et qui change complètement la donne. Et maintenant, on se retrouve avec des variables d'ajustement. Comme je le disais, on a un équilibre.
On peut dire qu'aujourd'hui, il y a plus de 80% de la population en France qui a été immunisée contre le SARS-CoV-2, que ce soit par vaccination ou par infection naturelle. si bien que les mesures de contrôle qu'on doit appliquer pour ajuster quand il y a des poussées épidémiques sont beaucoup plus efficaces finalement. Si on devait être amené à renforcer les mesures, l'impact sera beaucoup plus rapide parce que justement, on a déjà quand même un réservoir de personnes immunisées beaucoup plus important que ce que l'on avait précédemment.
Donc on n'aura pas besoin de reconfiner par exemple ?
Alors on peut tout à fait espérer sur cette base qu'empêcher des reconfinements. On aura les moyens quand même d'être beaucoup plus actifs. Maintenant, il faut continuer sur la vaccination. Là où on est encore un peu faible et notamment par rapport aux autres pays occidentaux, c'est la vaccination des plus de 60 ans. On a à peu près 85 à 95% sur les tranches d'âge au-dessus de 60 ans de personnes vaccinées. C'est vraiment là qu'il faut gagner parce que c'est dans ces tranches d'âge qu'il y a les populations les plus vulnérables et d'autres pays ont réussi à aller jusqu'à 95-100% de vaccinés chez les plus de 60 ans.
C'est beaucoup ce qu'on appelle le aller vert et qui est en train de se mettre en place en France. C'est vraiment cette démarche qui consiste à aller trouver des personnes, les vacciner. Parce que ceux qui ne sont pas vaccinés aujourd'hui ne sont pas seulement des personnes qui sont contre la vaccination, c'est aussi des personnes, surtout dans les tranches d'âge au-dessus de 80 ans, qui n'ont pas eu accès à l'information ou qui ont des difficultés pour se déplacer ou prendre un rendez-vous.
On entend que c'est un enjeu. La rentrée scolaire dans 10 jours, c'est un enjeu, ça aussi, y compris en métropole, Bruno Olina. Est-ce que vous craignez une explosion des contaminations à l'école ? Ou bien alors, comme le ministre Jean-Michel Blanquer, vous dites qu'il n'y a pas de contamination particulière en milieu scolaire.
Alors, ce qui va se passer, c'est qu'on a parlé de la vaccination. La vaccination, en fait, elle est aujourd'hui ouverte à tout le monde, mais à partir de l'âge de 12 ans. Donc, ce qui signifie qu'au bout du compte, le nombre de vaccinés parmi les enfants de moins de 12 ans va être extrêmement faible, forcément. Et là, c'est un espace où le virus peut circuler. Et on voit aussi que dans le milieu scolaire un peu plus âgé, qu'il s'agisse du collège ou du lycée, on a des taux de vaccination qui ne sont pas suffisamment élevés pour empêcher complètement la circulation.
La moitié vaccinée, un primo vacciné.
Et quand vous avez affaire à un variant Delta qui a le rythme d'infection qu'il est capable de tenir, avoir 50% de vacciner, ça a un impact, mais ça n'empêche pas le virus de diffuser. Donc, il y a effectivement une certaine pression sur la rentrée scolaire de façon à pouvoir maîtriser tout risque épidémique. Et d'ailleurs, au titre du Conseil scientifique, on a fait quelques suggestions, quelques recommandations, de façon à ce qu'on combine deux choses. Premièrement, éviter la circulation de ce virus dans les milieux scolaires, parce qu'il est extrêmement important que les enfants puissent aller à l'école.
Et deuxièmement, c'est ce que je viens de vous dire, c'est que les enfants aillent à l'école. C'est-à-dire qu'on ne ferme pas de façon trop importante des classes trop longtemps, alors qu'il y a peut-être d'autres solutions que l'on pourrait tester pour essayer de maîtriser la circulation du virus et éviter des fermetures de classes qui pourraient l'être évitées.
Le protocole sanitaire dans les écoles à la rentrée de niveau 2 sur 4, détaillé par le ministre hier, pas de passe sanitaire, le masque en classe, mais pas en extérieur, une semaine en distanciel pour les élèves qui, à partir d'un cas de Covid dans la classe, sauf au collège et au lycée, pour ceux qui sont vaccinés qui pourront rester à l'école. Vous en pensez quoi, Arnaud Fontanet ? C'est quoi vos solutions au Conseil scientifique ? Est-ce que c'était ce que vous préconisiez ou est-ce que ça ne va pas assez loin comme le disent certains médecins, certains enseignants, certains syndicats qui parlent du talon d'Achille, l'école talon d'Achille de la politique sanitaire ?
Alors je pense qu'on est devant la situation la plus complexe qui nous attend pour l'automne, qui va être celle de l'école parce que les modélisations qui ont été faites à l'Institut Pasteur ont montré que la moitié des nouvelles infections auront lieu chez les enfants à partir de l'automne, puisque c'est la population non vaccinée comme le disait Bruno Lina. Et personne n'a la vraie recette miracle pour empêcher et freiner complètement la circulation du virus dans les écoles.
Je pense qu'il est extrêmement important, rapidement, que nous ayons une concertation multipartite avec le ministère de l'Éducation, le ministère de la Santé, les syndicats enseignants, les associations de parents d'élèves, je rajouterais Santé publique France, des experts des conseils, des pédiatres. Donc ce protocole, vous le suivez, vous l'approuvez ou pas ? Il faut qu'on travaille tous ensemble parce que la situation, une fois de plus, est nouvelle. On a un variant qui se transmet beaucoup plus que les virus qu'on avait connus dans les années précédentes.
On a pour la première fois une population beaucoup plus à risque puisque c'est la seule non vaccinée comparée au reste de la population française. Donc on ne peut pas appliquer les mêmes recettes que celles qu'on avait utilisées jusqu'à présent. Il y a des éléments qui me paraissent extrêmement importants au vu de l'expérience internationale qui ont été accumulées, qui est par exemple l'importance de la ventilation, de l'aération des locaux, le port du masque, peut-être les purificateurs d'air également dans les endroits où la ventilation n'est pas possible. Là, il n'y a pas vraiment les moyens encore. En tout cas, il faut aller dans ces directions.
C'est vraiment des éléments qui sont importants. Et puis, il sera important aussi de rajouter de la surveillance avec des Anglais, par exemple, surveillent systématiquement 100 écoles sur le territoire. Il faudrait qu'on ait ces repères pour savoir quel est le niveau de circulation du virus dans les écoles. Et puis, il y a un élément supplémentaire qu'on aimerait au moins tester à l'échelle pilote, voir si ça marche ou pas parce qu'une fois de plus, personne n'a la recette, personne ne peut arriver en vous disant voilà ce qu'il faut faire. Mais il faut tester.
Une des propositions, c'est ce qu'ont fait des Autrichiens, des Allemands, ce qu'ont fait des Anglais, qui est pour les primaires, parce que c'est là où on est chez les moins de 12 ans. Et les non-vaccinés. Un dépistage deux fois par semaine qui, s'il remporte au moins 50% d'adhésion, permettrait non seulement de dépister rapidement les cas, mais surtout de renvoyer les cas à la maison sans fermer l'école. Parce que pour nous, la priorité, c'est de garder les écoles ouvertes. Bruno Lina peut vous parler d'une expérience qu'ils ont eue en région lyonnaise avec un dépistage biobdomadaire célibaire.
Et ça, ce sont des choses qui, je pense, méritent d'être testées sans pouvoir vous dire si c'est ce qui sera la solution miracle.
Bruno Lina, à partir de quoi, de quand, est-ce qu'on passe d'un niveau à un autre en milieu scolaire ? Le taux d'incidence, le nombre d'hospitalisations Covid ? Vous, vos conseils scientifiques, quels seront vos critères ?
Oui, de toute façon, il n'existe pas de chiffre magique qui permet de dire là, on franchit un seuil. C'est une dynamique qu'il faut regarder. Il y a des indicateurs. Les indicateurs, c'est le nombre de cas, c'est éventuellement l'arrivée d'un foyer en classe, c'est le fait que plusieurs classes soient touchées. Tout ceci doit apporter un niveau d'alerte supplémentaire et entraîner...
Je vous interromps juste une seconde. On a quand même là un schéma, un protocole pour l'ensemble de la France alors qu'il y a quand même des grosses différences entre la Creuse, par exemple, et les Bouches-du-Rhône. Est-ce qu'on n'aurait pas pu faire un protocole différencier ? Ce que demandent certains syndicats encore une fois. Bruno Lina ?
Alors, vous savez, c'est quand même extrêmement difficile. Enfin, moi, je ne veux trouver d'excuses à personne, mais c'est difficile d'avoir quelque chose qui soit vraiment du coup humain, qui permette de faire face à toute situation pour une école de 12 élèves, une école de 35 élèves dans la Creuse, dans Bouches-du-Rhône ou dans le fin fond de la Bretagne. Donc, il y a un cadre général qui est proposé. À partir de ce cadre général, il est probablement possible de décliner un petit peu des applications ou de décliner quelques ajustements qui permettent de rendre le protocole réaliste en fonction de la situation qu'on a à voir.
Ça relève du bon sens et puis de la discussion qu'il peut y avoir avec les différents partenaires de ce protocole sanitaire. Ce n'est pas quelque chose qui tombe d'en haut et qu'il faut appliquer strict au sensu. Bien évidemment, il faut...
De la souplesse.
Exactement. Il faut surtout du pragmatisme, c'est-à-dire le rendre faisable et surtout entraîner une adhésion à ce protocole de façon à ce que... L'enjeu, il est que les élèves restent en classe. C'est vraiment ça. C'est à ça qu'on pense. Et on a des outils qui doivent permettre de maintenir l'activité scolaire dans les meilleures conditions possibles en évitant qu'il y ait trop de classes fermées pour des raisons qui ne seraient pas valables.
Vous pouvez nous raconter en quelques secondes votre expérience dont nous parlait Arnaud Fontanet à Lyon ?
Alors, oui, très rapidement, en fait, conjointement avec l'Académie de la région, on a travaillé et essayé de regarder quelles étaient les conditions qui permettaient de faire des prélèvements réguliers chez les enfants avec une acceptabilité. Et ce dont on s'est rendu compte, on a testé plusieurs choses, on a testé les autotests, on a testé les prélèvements nasopharyngés et on a testé le prélèvement salivaire.
Et très rapidement, on s'est rendu compte que le prélèvement salivaire testé par PCR était celui qui permettait d'avoir une adhésion régulière qui marchait le mieux et qui permettait d'avoir justement dans la continuité des indicateurs qui permettent de dire qu'il y a zéro élève infecté ou il y en a un ou deux.
Et grâce à ce suivi, on pouvait voir premièrement que quand il y avait un élève infecté et qu'il était sorti de la classe, il n'y avait pas de dissémination du virus, donc on ne voyait pas de foyer d'infection arrivée et de temps en temps, on voyait qu'il y avait des groupes classe où il y avait à la fois l'enseignant et les élèves qui étaient contaminés donc là, il y avait des mesures un peu plus strictes. Mais globalement, c'est la faisabilité qu'on a testée et ça marche plutôt pas mal.
Arnaud Fontanet, on parle beaucoup de la contagiosité du virus parmi les jeunes. Pourtant, le Covid n'est pas mortel pour nos enfants.
Alors, le Covid, effectivement, la bonne nouvelle qu'on a quand même depuis le début de cette épidémie, c'est que finalement, les enfants sont relativement épargnés. Je pense que ça aurait été une épidémie effroyable si on avait eu des taux de morbidité sévère ou de mortalité importants chez les enfants. Aujourd'hui, ce qu'on sait, c'est qu'à peu près un enfant sur mille infecté est hospitalisé. Ça, c'était avec les virus de 2020. Il serait important de voir si ces chiffres n'ont pas changé avec le variant Delta.
Il y a par exemple aujourd'hui une étude au Canada qui laisse entendre que le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté est deux à trois fois supérieur avec le variant Delta comparé au variant Alpha. Et ça, c'est quelque chose qu'on a aussi observé chez les adultes. Donc, il faut là encore rester prudent sur ce qu'on a appris en 2020 avec les autres virus avant de l'appliquer au variant Delta. Mais globalement, on peut retenir l'idée que le risque d'hospitalisation restera faible. Il y a des formes inflammatoires un peu particulières qu'on appelle PIMS aussi qui restent extrêmement rares. Les décès en France, je crois qu'on en est à six actuellement depuis le début de l'épidémie.
Il y a une situation très différente aux Etats-Unis qui aujourd'hui est inquiétante dans les Etats du Sud qui sont les plus touchés. Mais il faut savoir qu'aux Etats-Unis, le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté est dix fois supérieur à celui qu'on a observé en France. Et c'est probablement dû aux comorbidités des enfants aux Etats-Unis, à type d'obésité et diabète, qui font que jusqu'à présent, en tout cas en France, on a été relativement préservé de ce côté-là.
Donc, vacciner les plus de 12 ans ou en tout cas ouvrir la réflexion aussi sur les moins de 12 ans, en quoi c'est nécessaire s'ils ne sont pas en danger ? Comment est-ce que... Vous voyez ce que je veux dire ? On entend beaucoup de critiques, on entend beaucoup d'angoisse. Est-ce que ça se justifie ?
Alors, il y a un des arguments qui pour moi reste extrêmement important, c'est éviter au maximum l'interruption de la scolarité des enfants et leur permettre de reprendre une vie sociale le plus normale possible. Ce dont souffrent beaucoup les enfants aujourd'hui, c'est les troubles mentaux qui sont liés justement à tout ce qu'ils ont dû vivre sous la période de cette épidémie. assez bien supportés en 2020. C'est en 2021 qu'on a vu les indicateurs concernant les troubles psychiques et mentaux des enfants se détériorer. Et le vaccin est une des façons de leur garantir le plus vite un retour à une vie quasi normale. Donc, à ce titre-là, je pense qu'il est très important.
Il n'est pas exclu et ça, une fois de plus, on ne le sait pas encore. Comme je vous le disais, qu'il déforme plus grave avec le variant Delta comparé au variant précédent et de là, le vaccin aurait certainement un intérêt. Et puis, il y a des questions autour de ce qu'on appelle le Covid long. Vous savez, ces formes chroniques qui suivraient une infection par le SARS-CoV-2 dont on sait qu'elles existent chez les adultes avec une fréquence qui va de 10 à 30% sur les études. Les chiffres sont plus difficiles à obtenir chez les enfants. Certaines études vont jusqu'à 10% des enfants qui seraient touchés, d'autres 2%. Donc, la question n'est pas tranchée là-dessus.
Mais il y a quand même une certaine incertitude. Donc, ce qu'on sait aujourd'hui, je pense que c'est une excellente nouvelle qu'on ait la moitié des enfants qui est entre 12 et 17 ans et qui a été déjà reçu leur première dose. Et il faut continuer dans cette direction et l'école peut beaucoup aider à favoriser la vaccination des adolescents. Pour les moins de 12 ans, on aura la réponse plus tard. La LIA et la autorité américaine ont décidé de prolonger les essais pour avoir le plus possible de données sur la tolérance et l'inocuité des vaccins chez les moins de 12 ans. La réponse, ce sera en novembre-décembre. Donc, le vaccin, s'il arrive chez les 5-12 ans, ce sera qu'en 2022.
Et c'est pour ça qu'on a vraiment besoin de s'emparer du sujet de la circulation dans les écoles parce qu'il va nous accompagner à l'automne et à l'hiver.
On va faire un tour au standard si vous le voulez bien. Beaucoup d'appels ce matin. Nous accueillons Chantal. Bonjour Chantal. Bonjour. Bienvenue sur France Inter. Nous vous écoutons.
Eh bien, moi, je suis dialisée. Je prends chaque jour des immunodépresseurs et j'ai déjà été vaccinée trois fois. Je voudrais savoir, au vu de tout ce que j'entends, si j'aurais besoin d'une quatrième injection, puisqu'on en est à parler d'une troisième pour les gens qui en ont eu déjà deux. Et je voudrais savoir pourquoi, alors qu'il est, la troisième injection n'apparaît pas sur mon pass sanitaire.
Merci Chantal pour cette question. Je ne sais pas si Bruno, Lina, vous allez pouvoir répondre sur la toute dernière question du pass sanitaire, mais en revanche, cette histoire de rappel pour les plus vulnérables, Chantal devra-t-elle avoir une quatrième dose alors qu'on parle pour l'instant d'une troisième à partir du mois prochain ?
Oui, le schéma de vaccination chez les personnes comme Chantal était un schéma à trois doses. Alors, cela s'explique parce que certaines maladies entraînent une difficulté pour monter la réponse immunitaire. Et donc, pour être avec des niveaux de protection en termes d'anticorps qui vraiment soient protecteurs, il fallait faire trois injections. On a vu que lorsqu'on ne faisait que deux doses, ces personnes s'infectaient quand même et après la troisième dose, elles ne s'infectaient plus. La question pour la quatrième dose, je n'ai pas la réponse aujourd'hui. Ce qu'il va falloir probablement regarder, c'est quelle est justement l'évolution des taux d'anticorps.
Il y a une deuxième chose qu'il faut regarder qui est peut-être un peu compliquée à expliquer, c'est quel est le niveau de la protection des virus variants vis-à-vis des vaccins qui sont utilisés. On sait aujourd'hui, par exemple, que les variants Delta sont plutôt pas trop mal ciblés par la vaccination puisque, en fait, il n'y a pas de différence, même s'il y en a mineurs, elles ne sont pas très importantes. Donc, le vaccin reste très efficace. Mais si jamais on a un virus qui évolue un petit peu, il faudra peut-être actualiser la vaccination comme on le fait avec le vaccin contre la grippe.
Et dans ces conditions, il sera plus utile d'utiliser un vaccin qui sera une souche différente de celle qui a servi pour vacciner la première fois parce que ça permettra de donner un panel d'anticorps un petit peu plus large qui permettra de continuer et de protéger contre les autres virus et qui sera protégé consul. Donc, on a besoin d'un petit peu de temps pour répondre à la question.
Arnaud Fontanet, on parle du rappel. 5000 personnes seraient concernées à partir du mois prochain. Un rappel, quand on voit, vous nous en parliez, que 20% des plus de 80 ans sont toujours sous les radars. Quand on voit aussi que plus des deux tiers de l'humanité n'est toujours pas vaccinée, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose d'indécent ?
Alors, on parle actuellement d'un rappel pour les personnes de plus de 80 ans. D'abord, je suis tout à fait d'accord avec vous que la priorité, c'est déjà de donner une première dose aux personnes de plus de 80 ans qui n'ont toujours pas été vaccinées. Ça, ça doit être la priorité. Maintenant, c'est vrai que c'est difficile. C'est ce qu'on racontait tout à l'heure avec le Allévert. Les chiffres dont on parle restent à l'échelle française relativement limités et même à l'échelle mondiale. Les plus de 80 ans, c'est une population relativement réduite. Donc, l'impact qu'aura une troisième dose pour les plus de 80 ans à l'échelle mondiale sur les stocks de vaccins restera limité.
La vaccination à l'échelle planétaire est effectivement une priorité, mais ça demandera un effort d'une toute autre échelle. Et je suis tout à fait d'accord qu'il y a une réflexion à avoir par rapport à est-ce qu'on va faire une troisième dose à tout le monde versus est-ce qu'on ne devrait pas garder des doses pour les pays qui en ont plus besoin aujourd'hui. Là, je crois qu'il y a un vrai débat qui existe. Il ne faut pas sous-estimer le fait que le jour où on va s'engager et j'aimerais qu'on s'engage sérieusement vers la vaccination de la planète, l'effort à réaliser va être colossal. Ce n'est pas simplement d'avoir les doses nécessaires mais les capacités de production vont exister.
C'est aussi l'acheminement et la distribution de ces doses et l'organisation de la vaccination dans les pays les plus défavorisés. Là, c'est vraiment un effort très très important mais qui est effectivement un enjeu mondial à la fois pour ces pays mais aussi pour nous protéger contre l'émergence de nouveaux variants.
Bien sûr. Retour au standard. Nous accueillons Maya. Bonjour Maya. Oui, bonjour. Nous vous écoutons.
Alors, en fait, c'est très basse comme sujet. J'ai plusieurs réflexions. La première, c'est... Moi, je suis soignante à domicile. Actuellement, je suis vacataire. Je fais des remplacements à l'hospitalisation à domicile et on est en sous-effectif depuis tout le temps. Voilà. Sucane, par exemple, on était six au lieu de neuf. Les tournées sont par allonge et j'ai plein de collègues qui ne veulent pas se faire vacciner. Donc, comment ça va se passer à la rentrée à partir du 15 septembre ? Ça va être la merde, quoi. Voilà. Moi, je me suis fait vacciner. J'ai fait une première dose alors que j'allais avec mon bébé.
Le médecin qui m'a vaccinée m'a demandé pourquoi mon médecin traitant ne m'avait pas fait une contre-indication. Je lui ai répondu que vous savez comme moi que ce n'est plus une contre-indication. Elle m'a dit que c'est vrai qu'à ce sujet-là, on patauge encore dans la semoule. C'est super rassurant et sachant que les deux nuits qui ont suivi, mon bébé m'a réveillée toutes les heures. Donc, ça fait un peu cogiter et voilà.
Deux questions en une, Maya. La première, c'est l'obligation vaccinale. On a déjà vu des soignants mis à pied pour avoir refusé cette vaccination. Est-ce qu'il n'y a pas autre chose à faire ou le faire autrement ? Et puis, l'autre question, c'est sur les femmes enceintes. Doivent-elles se faire vacciner sans crainte ? On a beaucoup de questions là-dessus. Bruno Lina ?
Alors, oui, les femmes enceintes doivent se faire vacciner. Elles doivent se faire vacciner parce qu'en fait, elles sont même plus fragiles que lorsqu'elles ne sont pas enceintes. Donc, là, le consensus est très clair. Les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse, doivent se faire vacciner si elles ne le sont pas encore ? Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, l'allaitement n'est pas une contre-indication à la vaccination, c'est clair. Maintenant, effectivement, lorsqu'on est vacciné et qu'on allaite, on développe au cours de la vaccination une réponse à la vaccination et cette réponse protectrice.
Passe aussi dans le lait, peut-être que ça a pu impacter l'allaitement, mais c'est transitoire et c'est finalement des molécules qui protègent l'enfant aussi. Toujours le facteur bénéfice-risque. Exactement. Sur l'obligation vaccinale pour les soignants, les choses ont été décidées. Je crois qu'il y a un travail d'explication à faire vis-à-vis de l'ensemble du personnel médical non vacciné parce que c'est beaucoup plus par une méconnaissance de l'intérêt de la vaccination et de ses atouts et l'absence d'innocuité que cette hésitation existe.
Rapidement, pourquoi si le vaccin fonctionne, les vaccinés ne vivent pas normalement aujourd'hui ? Un auditeur nous pose la question, on voit qu'en Israël, champion de la vaccination, on parle déjà de reconfiner. Un an et demi que le Covid impact notre quotidien. On va se terminer avec cette question. Arnaud Fontanet, à quand la fin ? Il y en aura-t-il une ? Un jour ?
Oui, je pense qu'il y aura une fin. Elle va être accompagnée de sous-bresseaux. C'est quelque chose qu'il va faire de façon progressive. Comme je vous le disais en débutant cette émission, on est sur une nouvelle phase maintenant de l'épidémie où on ne va plus prendre de plein fouet les vagues liées à des nouveaux variants en pleine figure comme ça a été le cas jusqu'à présent. On a la vaccination qui nous protège. Peut-être qu'effectivement l'effet des vaccins diminue avec le temps. Une fois de plus, ils protègent contre les formes graves mais ils n'empêchent pas la transmission.
C'est pour ça qu'il faut continuer à porter des masques dans les lieux notamment fermés qui sont vraiment ceux à risque de transmission. Et simplement, on va avoir une succession maintenant d'épisodes avec peut-être une poussée hivernale parce que le virus va circuler plus vite pendant l'hiver sur lesquels il faudra jouer un peu plus sur les mesures de contrôle mais une fois de plus avec beaucoup plus d'efficacité que par le passé et puis éventuellement des rappels vaccinaux chez les populations les plus fragiles et c'est une succession de ces événements-là qui va nous permettre à terme de sortir de cette crise.
Ça ne disparaîtra pas complètement mais on vivra avec de façon moins grave pour résumer. Merci Arnaud Fontanet épidémiologiste à l'Institut Pasteur Bruno Lina virologue professeur au CHU de Lyon tous les deux membres du conseil scientifique quelque chose me dit qu'on se reverra. Merci à vous. Au revoir. France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada