Hervé Juvin : "Les Français n'ont pas à faire des sacrifices pour l'absence de préoccupation d'autres pays"
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Vous êtes député européen sur la liste du Rassemblement National, également conseiller régional des Pays de la Loire.
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Donc ça veut dire, Marine Le Pen au pouvoir, pas de sevrage sur les énergies fossiles ?
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Mais le GIEC dit qu'on n'y arrivera pas, en plus il dit qu'il faut vraiment faire ça dans les trois prochaines années, très vite.
- 2:21RelanceRéponse partielle
Mais comment vous faites à court terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
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Donc on arrête l'agriculture intensif et on passe tout en bio ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Hervé Juvin, j'aimerais qu'on revienne juste sur le mix énergétique puisque vous l'avez évoqué d'un mot.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Nous maintiendrons l'engagement de la France à respecter les accords de Paris. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Nous serons attentifs à ce que la France définisse sa propre trajectoire. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Il faut diminuer les énergies fossiles, nous nous y sommes engagés. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Ce que nous contestons, ce sont les dispositions européennes qui figurent dans le Green Deal, qui d'ailleurs sont en train d'être revues. »
- 1:53Invité politiqueFait
« La France est l'un des pays les plus vertueux au monde, comme d'ailleurs beaucoup des pays européens en matière d'environnement. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Nous n'avons pas à imposer aux Français des sacrifices pour les fautes et pour l'absence de préoccupations environnementales d'autres pays. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Fessenheim serait resté ouvert. »
- 2:40Invité politiquePromesse
« Il faut évidemment activer les choses vers l'hydrogène. »
- 2:43Invité politiquePromesse
« Il faut activer les choses vers les micro-centrales. »
- 2:47Invité politiquePromesse
« Il faut activer les choses vers la quatrième génération de réacteurs nucléaires. »
- 4:00Invité politiqueFait
« La situation et l'invasion de l'Ukraine va nous confronter à des pénuries alimentaires. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Il faut qu'on arrête de les gaver d'entrants chimiques. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Marine Le Pen s'est exprimé sur ce sujet en indiquant à juste titre que nous déciderions d'un moratoire sur les constructions de nouvelles éoliennes. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Bien sûr, pour les sites dont les riverains ne veulent pas, pour les sites qui polluent gravement les paysages, pour les sites qui provoquent des troubles, notamment auprès des agriculteurs. »
- 6:41Invité politiqueFait
« L'Allemagne s'est engagée dans l'irresponsabilité totale du gouvernement de Mme Merkel vers le tout renouvelable. »
Temps de parole
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Notre invité est souvent présenté par Marine Le Pen comme son futur ministre de l'Environnement en cas d'élection à l'Elysée. Bonjour Hervé Juvin. Bonjour. Vous êtes député européen sur la liste du Rassemblement National, également conseiller régional des Pays de la Loire. Marine Le Pen propose une baisse de la TVA sur l'essence, le gaz et l'électricité de 20% à 5,5%. Cette mesure aura plutôt tendance à encourager la demande. Donc ça veut dire, Marine Le Pen au pouvoir, pas de sevrage sur les énergies fossiles ?
Nous maintiendrons l'engagement de la France à respecter les accords de Paris. Nous serons attentifs à ce que la France définisse sa propre trajectoire. Nous n'avons pas dans le passé fait les mêmes choix en matière d'énergie qu'un pays comme l'Allemagne, dont vous savez qu'aujourd'hui il est contraint de réouvrir des centrales à charbon, grâce au choix du nucléaire fait à l'époque par le général de Gaulle, mais grâce aussi à la diversité des sources d'énergie, l'énergie hydraulique, les barrages, le gaz, etc. Dorénavant le biogaz, sans doute l'hydrogène. Nous avons un mix énergétique qui nous permet d'avoir une énergie abondante à prix contenu disponible pour tous.
Mais le GIEC dit qu'on n'y arrivera pas, en plus il dit qu'il faut vraiment faire ça dans les trois prochaines années, très vite. Il dit qu'on n'y arrivera pas si on ne diminue pas les énergies fossiles.
Il faut diminuer les énergies fossiles, nous nous y sommes engagés. Nous respecterons les engagements dans l'accord de Paris. Ce que nous contestons, ce sont les dispositions européennes qui figurent dans le Green Deal, qui d'ailleurs sont en train d'être revues. Elles sont en train d'être revues tout simplement parce que l'invasion de l'Ukraine par la Russie nous oblige à placer au premier plan nos obligations de sécurité. Et évidemment, il faut sortir la défense de la taxonomie, ce dispositif bruxellois qui vise à empêcher le financement des activités polluantes, par exemple des activités fossiles.
Le deuxième point qui me paraît tout à fait majeur par rapport à ce que vous venez d'indiquer, c'est que la France est l'un des pays les plus vertueux au monde, comme d'ailleurs beaucoup des pays européens en matière d'environnement. Et j'aurais assez envie de dire que nous n'avons pas à imposer aux Français des sacrifices pour les fautes et pour l'absence de préoccupations environnementales d'autres pays. Donc oui, nous restons dans les accords de Paris. Oui, la France aura à choisir sa propre trajectoire parce que nous n'avons pas, par exemple, à payer les fruits des non-choix ou des mauvais choix de l'Allemagne.
Mais comment vous faites à court terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Puisque l'accord de Paris, c'est ce qu'il dit, il faut le faire dès aujourd'hui.
L'accord de Paris dit qu'il faut le faire dès aujourd'hui. Nous avons une solution. Fessenheim serait resté ouvert. Nous aurions moins de problèmes à nous passer du gaz russe. Et nous aurions déjà avancé vers une économie plus décarbonée. Il faut évidemment activer les choses vers l'hydrogène. Il faut activer les choses vers les micro-centrales. Il faut activer les choses vers la quatrième génération de réacteurs nucléaires.
Mais ça, ça ne peut pas se faire dans les trois prochaines années.
On aurait pu ne pas fermer Fessenheim. Oui, de fait, mais sauf que c'est fait, quoi, maintenant, Fessenheim fait fermé, même si vous le voulez de l'ouvrir. Vous savez bien que dans ce domaine, je vais prendre l'exemple du gaz russe. Pour nous doter des capacités d'accueil portuaire pour le gaz naturel liquéfié que les Etats-Unis veulent nous imposer, nous n'y arriverons pas avant 2024 ou 2025. Nous avons en France, et je le répète, la chance d'avoir un mix énergétique qui est déjà relativement performant, que nous pouvons naturellement améliorer. Nous travaillerons à l'améliorer, mais pas d'illusion.
Ce ne sont pas les renouvelables qui nous permettront d'arriver à une économie décarbonée très vite. Et de toute façon, le temps ne nous est pas donné. Nous devons aller vite. Mais prenons bien en compte le fait qu'il nous faudra des années pour parvenir à nous réinscrire dans la trajectoire vertueuse que vous évoquez. Je voudrais dire autre chose, si vous me permettez. Oui, le réchauffement, le dérèglement climatique est une réalité. Non, ça n'est pas la seule et peut-être pas la première préoccupation. Je pense que les questions de santé humaine sont aussi importantes. Je pense que les questions de biodiversité sont aussi importantes.
Et je voudrais ajouter une chose que je trouve très peu dans les débats écologiques actuellement. La situation et l'invasion de l'Ukraine va nous confronter à des pénuries alimentaires. La sécurité de l'alimentation des Français passe par des terres vivantes. Elle passe par des terres où règne la biodiversité. La biodiversité, c'est notre bouée de sauvetage. C'est tout simplement la vie. Il faut que nos terres vivent. Ça veut dire qu'il faut qu'on arrête de les gaver d'entrants chimiques. Il faut qu'on arrête de tuer la terre à force de les gaver de produits chimiques.
Donc on arrête l'agriculture intensif et on passe tout en bio ?
Je ne dis pas qu'on passe tout en bio. Il faut inciter. Il faut revoir les incitations dont certaines ont été détruites. Il faut en finir avec une agriculture qui tue la terre. Ça n'est pas moi, c'est le président de Nestlé qui l'a dit. Une partie très significative des terres françaises sont des terres mortes qui ne produisent plus qu'à coup d'engrais chimiques et à coup d'intrants multipliés. Il faut finir avec cette agriculture qui nous mène nulle part et dont on sait qu'elle provoque des problèmes graves pour la santé humaine. C'est un problème pour moi au moins aussi important que le seul dérèglement climatique.
Hervé Juvin, j'aimerais qu'on revienne juste sur le mix énergétique puisque vous l'avez évoqué d'un mot. L'éolien et le solaire, vous n'en voulez plus. Ça veut dire que non seulement on ne construit plus d'éoliennes, mais on les démonte toutes. Il y en a 9000.
Certainement pas. C'est pourtant ce qui est écrit dans le programme. Marine Le Pen s'est exprimé sur ce sujet en indiquant à juste titre que nous déciderions d'un moratoire sur les constructions de nouvelles éoliennes. Et pour le reste, et pour ma part, je souhaite qu'on en revienne un peu de démocratie. Vous savez qu'un des gracies de ce quinquennat, c'est d'avoir détruit les enquêtes d'utilité publique et la consultation des riverains. Je proposerais pour ma part, notamment dans le cadre du référendum d'initiative locale, que l'on consulte les riverains. S'ils sont à l'aise avec des panneaux solaires et s'ils sont à l'aise avec des éoliennes, évidemment on les gardera.
Mais ce n'est pas ce qui est écrit dans le programme. Je suis allée voir le programme de Marine Le Pen, il y a écrit « Pour l'éolien, je cite, nous lancerons le démantèlement progressif des sites en commençant par ceux qui arrivent en fin de vie. » Donc ça veut dire que vous les démantlez.
Bien sûr, pour les sites dont les riverains ne veulent pas, pour les sites qui polluent gravement les paysages, pour les sites qui provoquent des troubles, notamment auprès des agriculteurs. Hier, j'étais dans la région du Mans, j'ai vu une retraitée, j'ai vu une jeune femme perturbée parce qu'on installe un méthaniseur et un parc éolien à 200 mètres de leurs habitations sans qu'elles soient consultées. C'est tout simplement ce que nous ferons. On leur demandera leur avis.
Et si ça leur va bien, et s'ils trouvent que les avantages, qui sont notamment les revenus pour la commune, sont supérieurs aux désavantages, naturellement que nous garderons les parcs éoliens et naturellement que nous garderons les installations solaires.
J'en reviens au dernier rapport du GIEC qui dit pourtant qu'on a besoin du solaire et de l'éolien pour décarboner rapidement nos économies.
Mais je vous l'ai dit, il ne s'agit pas du tout d'en finir avec les renouvelables. Les renouvelables ont leur place à prendre et leur place à trouver. Ce que nous disons tout simplement, c'est qu'il y a une grande escroquerie intellectuelle en pensant que l'on pouvait aller vers le 100% renouvelable. Vous voyez d'ailleurs, désolé d'y revenir, l'exemple de l'Allemagne. L'Allemagne s'est engagée dans l'irresponsabilité totale du gouvernement de Mme Merkel vers le tout renouvelable. Aujourd'hui, l'Allemagne est massivement obligée de réouvrir des centrales à charbon et d'avoir recours aux carburants fossiles. C'est une impasse totale.
Félicitons-nous qu'en France, nous avons un mix énergétique qui, oui, fait sa place aux renouvelables, oui, fait sa place à l'hydraulique, au biogaz, demain à l'hydrogène, et nous permet de combiner les différentes énergies. Nous en avons grand besoin.
Une dernière question, Hervé Juvin, les plus personnelles. Le fait que vous soyez actionnaire de multinationales, notamment des multinationales de l'énergie, comme Total ou Shell, est-ce que ce n'est pas gênant ? Est-ce qu'on peut être actionnaire comme ça et défendre l'environnement en même temps ?
D'abord, c'est mon épouse qui est actionnaire. Il se trouve que mon épouse est actionnaire d'un certain nombre d'entreprises.
Sur le site de la Haute Autorité de la Transparence, c'est votre nom, de l'avis public.
Je sais tout à fait, parce que les choses sont telles que j'ai déclaré, nous avons déclaré ceci, dans notre patrimoine commun. Je vous dirais simplement que je suis fier de participer à la vie des entreprises.
Je pense que ce qui peut me donner compétence et ce qui peut me donner un certain savoir dans le domaine de l'économie qui n'est pas séparable de celui de l'écologie, puisque je pense que les préoccupations environnementales doivent venir en tête dorénavant de la gestion de l'économie, de la gestion de la société, c'est bien d'être proche des entreprises, c'est bien d'être proche de la manière dont les entreprises sont dirigées, de leurs grands enjeux stratégiques, et peut-être quelquefois de contribuer à leur évolution.
Hervé, vous avez contribué à leur évolution, justement ? Vous avez changé des choses depuis que...
Vous savez que j'ai toujours... J'ai passé une vie de consultant et de conseiller, donc j'ai abordé la vie des grands groupes et j'espère avoir fait évoluer, notamment dans le cadre des banques coopératives, j'espère avoir fait évoluer leurs pratiques environnementales vers des pratiques plus respectueuses et plus saines.
Hervé Juvin, député européen sur la liste du Rassemblement National et vous êtes le conseiller écologie de Marine Le Pen. France Inter Sous-titrage FR ?
Hervé Juvin