François Baroin
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
On va y revenir. L'actualité, c'est d'abord ce combat de plus en plus âpre pour la présidence de l'UMP entre Jean-François Copé, dont vous étiez proche, et François Fillon, que vous soutenez.
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Il y a un risque pour l'unité de l'UMP ?
- 1:10RelanceRéponse partielle
Je vous ai demandé s'il y avait un risque pour l'unité de l'UMP ? Vous m'avez répondu en parlant de la responsabilité des deux acteurs, des deux candidats, mais moi je pensais aux lieutenants, aux troupes, aux militants, etc., qui pourraient ne pas se sentir bien représentés en cas de victoire de l'un ou de l'autre ?
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Dans votre livre, vous dénoncez les quelques mauvais génies venus de l'extrême droite qui ont conseillé à Nicolas Sarkozy de durcir sa ligne dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, ce sont les mêmes aujourd'hui auprès de Jean-François Copé ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Vous connaissez bien Jean-François Copé. Quelle est la part de sincérité dans son discours d'aujourd'hui ? Et quelle est la part de tactique, autrement dit ? Est-ce de la conviction ou de la stratégie électorale ?
- 3:55RelanceRéponse partielle
Et comment c'est-il que les erreurs se répètent ? Vous le rappelez dans votre livre, vous expliquez que c'est une stratégie perdante depuis 5 ans.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:25Invité politiqueFait
« Le Pen était en tête dans mon département face à Chirac. »
- 2:49Invité politiqueChiffre
« Et donc dans ce contexte, avec 30 000 chômeurs, c'était difficile de gagner. »
- 2:56Invité politiqueChiffre
« 3 millions plutôt que 30 000. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« 30 000 chômeurs par mois, pendant 6-7 mois, c'était très difficile de lutter contre ça. »
- 7:57Invité politiqueFait
« Je pense au traité budgétaire. »
- 8:02Invité politiqueFait
« C'est évidemment la décision du président de la Banque Centrale Européenne pour, en quelque sorte, sauver l'Italie. »
- 8:06Invité politiqueFait
« C'est-à-dire sauver l'euro. »
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Bonjour François Barouin, ministre du budget puis de l'économie pendant plus de deux ans. Vous publiez chez Jean-Claude Lattès, journal de crise, récite de votre action à Bercy et notamment de votre combat pour sauver l'euro. On va y revenir. L'actualité, c'est d'abord ce combat de plus en plus âpre pour la présidence de l'UMP entre Jean-François Copé, dont vous étiez proche, et François Fillon, que vous soutenez. Il y a un risque pour l'unité de l'UMP ?
Bon, c'est une campagne, il y a quelques mots qui s'échangent, je ne pense pas, je ne pense pas, parce que ce sont des gens de responsabilité. En revanche, le choix des militants doit être clair, et je fais campagne pour François Fillon, parce qu'il me semble, comme je l'ai dit, le mieux à même de rassembler la famille, le mieux à même de préserver le centre de gravité de notre famille politique, et puis son expérience de Premier ministre est tellement supérieure, évidemment, à tous les autres. Et dans ce contexte actuel, il sera utile, et je pense qu'on a besoin, en effet, de sa trajectoire, de son expérience, de sa responsabilité d'homme d'État à la tête de l'UMP.
On a une responsabilité majeure, le pays est en crise, on a donc un rôle de tonalité d'opposition adapté à la hauteur des enjeux que traverse actuellement notre pays.
Je vous ai demandé s'il y avait un risque pour l'unité de l'UMP ? Vous m'avez répondu en parlant de la responsabilité des deux acteurs, des deux candidats, mais moi je pensais aux lieutenants, aux troupes, aux militants, etc., qui pourraient ne pas se sentir bien représentés en cas de victoire de l'un ou de l'autre ?
C'est un phénomène démocratique, c'est déjà très bien qu'on ait ce processus, il n'y avait pas de président depuis que Nicolas Sarkozy était à l'Elysée, c'est un élément relativement nouveau dans cette affaire, donc il faut regarder le taux de participation, il faut regarder le degré d'engagement, il faut regarder évidemment globalement l'affaire, mais voilà, notre responsabilité à nous aussi c'est à la fois de faire campagne, et en même temps d'appeler au rassemblement, je crois vraiment que la vie politique a besoin d'une grande formation, que l'UMP est un grand parti de gouvernement, et que de ce point de vue notre responsabilité elle est aussi importante dans la vie interne des militants que dans notre capacité à parler à tous les français, et c'est la raison pour laquelle je pense que Fillon est le mieux à même à parler à tous les français.
Dans votre livre, vous dénoncez les quelques mauvais génies venus de l'extrême droite qui ont conseillé à Nicolas Sarkozy de durcir sa ligne dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, ce sont les mêmes aujourd'hui auprès de Jean-François Copé ?
Oui, je pense que ça c'est un problème, parce qu'il y a une différence d'interprétation, moi je ne fais pas l'analyse partagée par certains, Copé ou quelques autres, qu'au fond il est remonté Nicolas Sarkozy à la fin de sa campagne, parce qu'il est allé plus à droite, je ne crois pas.
La campagne était difficile, l'élection était probablement très difficile depuis plusieurs mois pour Nicolas Sarkozy, une crise sans précédent, ce que je raconte dans ce livre, qui n'est pas un livre pour refaire le match, les français ont tranché, ils ont choisi François Hollande, qui est un livre pour faire un témoignage d'une période de deux ans exceptionnelle sur le plan mondial, et pour comprendre pourquoi on a été amené à gérer cette crise, et pour comprendre aussi le précipice vertigineux au bord duquel on était. Et donc dans ce contexte, avec 30 000 chômeurs, c'était difficile de gagner. Il a fait une campagne exceptionnelle, il a été étourdissant d'énergie...
3 millions plutôt que 30 000. 30 000 chômeurs par mois, pendant 6-7 mois, c'était très difficile de lutter contre ça. Donc il a fait une campagne formidable, mais à la fin, il remonte, et certains interprètent cette remontée par le fait qu'il a durci son discours. Je pense précisément le contraire. Et c'est la raison pour laquelle je ne veux pas, à la lumière de ce qui est une défaite malgré tout, que l'on s'engage à nouveau sur ce terrain-là pour l'UMP. Et c'est la raison pour laquelle, il me semble que de ce point de vue, Fillon est le mieux placé.
Vous connaissez bien Jean-François Copé. Quelle est la part de sincérité dans son discours d'aujourd'hui ? Et quelle est la part de tactique, autrement dit ? Est-ce de la conviction ou de la stratégie électorale ?
Écoutez, ça je ne sais pas. Il faudrait lui poser la question. Moi je me suis déjà exprimé. On s'est dit ce qu'on avait à se dire. On va lui dire que c'est de la stratégie électorale. Oui, bon voilà, en tout cas c'est un mauvais positionnement. Et puis c'est une mauvaise analyse. Et ça n'est pas bon en effet pour, au fond le regard qu'une partie comme l'UMP peut porter sur les 5 dernières années.
Et comment c'est-il que les erreurs se répètent ? Vous le rappelez dans votre livre, vous expliquez que c'est une stratégie perdante depuis 5 ans. Vous arrivez au gouvernement juste après la débâcle des régionales de 2010, qui a suivi le débat, qui ont suivi ces régionales, le débat sur l'identité nationale. Comment se fait-il que les mêmes erreurs soient reproduites ?
Non, moi je ne suis pas l'arbitre des élégants. Je donne mon analyse et je peux me tromper comme tout le monde. Mais après tout, je fais quand même de la politique depuis un certain temps. J'ai une certaine expérience. Je suis dans un département qui a 20% de Front National. Le Pen était en tête dans mon département face à Chirac. J'ai été en triangulaire à trois reprises au municipal, donc je sais ce que c'est. Voilà, il ne faut pas varier de Nayota. On ne va jamais sur le terrain de ses adversaires. On ne va jamais utiliser les mots de ses adversaires. Et on se bat en étant soi-même sur ce qui nous semble être la priorité.
La priorité de mon point de vue aujourd'hui, c'est une réponse économique. C'est une réponse sociale. C'est une réponse à la crise. Ce sont des réformes de structure dont le pays a besoin. Ce n'est pas un positionnement tactique, politique, pour flatter je ne sais quel électorat, qui en réalité, au final, ne fait qu'être conforté par les positions puisque même des gens à l'intérieur de l'UMP peuvent utiliser ce type de mots. Donc ça n'est pas possible. Donc il faut lutter contre cela. Donc c'est effectivement un débat politique en profondeur que l'on doit avoir. Et c'est donc un choix qui n'est pas neutre, celui de dimanche prochain.
Est-ce que le problème aussi n'est pas celui précisément de ce vote au sein des militants, c'est-à-dire d'un petit groupe de partisans ? Est-ce que la campagne se mène devant 200 000 militants ? Est-ce qu'on gagne devant l'opinion avec les mêmes arguments que ceux qui plaisent à environ 0,5% du corps électoral ?
Oui, les militants c'est des sympathisants juste un peu plus engagés. Et les sympathisants un peu moins engagés sont des Français comme tout le monde. Ils traversent la crise, ils savent quelles sont les réponses, ils savent quels sont les positionnements. Le Fonds National, les extrêmes, à gauche comme à droite d'ailleurs, montent en période de crise, c'est un terreau qui est favorable. Et lorsque les chiffres économiques sont meilleurs, ils baissent.
Parce que naturellement, les populistes qui se trimballent un peu partout dans les médias ou dans les tribunes, ou pour faire des meetings ou des rassemblements, ont évidemment moins de prise, puisqu'elles peuvent moins flatter les bas instincts. Donc c'est évidemment des choix politiques, et ce sont donc des lignes politiques qu'on doit définir. Et c'est sur ces murs politiques, la restauration en quelque sorte d'un barrage absolument infranchissable, comme Jacques Chirac l'avait fait. Et d'ailleurs, l'UMP est né de la campagne présidentielle de 2002. Je crois qu'il ne faut jamais l'oublier.
Vous pensez que la droite française doit tirer les leçons de la réélection de Barack Obama et de la défaite de Mitt Romney aux Etats-Unis ?
Alors, le paysage politique américain n'est pas tout à fait la même chose. Le parti républicain américain n'a rien à voir avec l'UMP. Et évidemment, on était plutôt dans les 75 ou 80% des Français à l'UMP qui étaient plutôt séduits par Obama. C'est un personnage charismatique et il a un des leaderships mondiales qui est indiscutable. En revanche, ce qui est intéressant dans le parcours de Romney comme dans l'échec des Républicains depuis qu'Obama est arrivé et au fond depuis le départ de Bush, c'est le rétrécissement d'une base électorale.
L'émergence des types partis, le portage d'un discours politique qui se veut rassembleur autour de thèmes qui sont en réalité sclérousants n'a fait que réduire la base électorale. Ça, on doit le retenir. Ça, on doit le retenir pour la suite.
Donc, Roselyne Bachelot a raison quand elle dit « Copès et Romney » parce qu'il ne parle qu'à un cœur de cible. C'est ce qu'elle a dit hier soir, tandis que François Fillon, c'est plutôt Obama. Il parle à tout le monde.
Mais bien sûr, parce que l'UMP, comme je le disais, est un parti de gouvernement. On a été en responsabilité. Les Français ont tranché. On doit tirer des leçons de tout cela. Mais on a vocation à revenir. Et on a vocation à revenir sur un projet de rassemblement. On a vocation à revenir sur un projet de contestation responsable de ce que fait le gouvernement pour éclairer l'opinion publique. Et au moment des grands choix en 2017, les Français choisiront à nouveau, trancheront à nouveau. Mais notre responsabilité est de parler à tous les Français. Et pas à un cœur de cible. Et pas à une base rétrécite.
Barack Obama est élu président malgré la crise. Et qui réussit là où Nicolas Sarkozy a échoué. Oui, je pense qu'il a bénéficié.
Alors, je ne sais pas si ça a été largement dit dans les commentaires. D'abord, il y a six mois de plus, tous les outils qui ont été mis en place sous l'autorité de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel ont commencé à produire leurs effets. Je pense au traité budgétaire. Il s'est passé quelque chose de très important. C'est évidemment la décision du président de la Banque Centrale Européenne pour, en quelque sorte, sauver l'Italie. C'est-à-dire sauver l'euro. D'intervenir et d'offrir des liquidités suffisantes pour proposer un mur important, un mur très élevé contre les attaques de spéculation ou les attaques contre l'euro.
Et ce phénomène-là a évidemment calmé un peu le jeu sur les risques de l'euro. Comme toutes les économies sont liées, un peu moins d'interrogations sur l'euro, l'économie américaine étant un peu plus souple et plus véloce, il y a eu des résultats supérieurs à ce que l'on attendait à la fin du mois d'août. Et puis, il a probablement fait une bonne campagne. Il s'est adapté aussi à l'évolution de la société américaine. Il a bénéficié de six mois de plus.
François Barouin, invité de France Inter ce matin. Journal de crise chez Lattes. On va reparler d'économie dans quelques minutes avec ce que le gouvernement va faire ou a promis de faire du rapport galois notamment. Ce sera l'objet de l'édito de Nicolas Béthoud à la veille de la conférence de presse de François Hollande. François Barouin, vos questions au standard Inter 0145 24 7000 dans un instant, la revue de presse.
François Baroin