Brigitte Liso, députée Renaissance du Nord | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Vous êtes une députée plutôt discrète, mais lors du débat sur la réforme des retraites, on a vu une autre Brigitte Liso, très en colère. Pourquoi cette réaction ?
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Qu'est-ce que ce parcours professionnel atypique dit de vous ?
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La politique occupait quelle place dans votre vie avant 2017 ?
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Pourquoi avoir fait de votre inexpérience un argument de campagne ?
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Vos adversaires vous ont-ils prise de haut ?
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Vous avez été élue sur l'idée de faire de la politique différemment. Quel bilan en faites-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Brigitte LisoFait
« J'ai commencé à travailler à 18 ans, j'ai eu quatre métiers différents. »
- 8:00Brigitte LisoFait
« C'était aussi la réalité, je n'étais pas une politique attendue, ni formatée. »
- 10:00Brigitte LisoPromesse
« Je ne voterai jamais une loi avec laquelle je ne suis pas d'accord. »
- 12:00Brigitte LisoFait
« On a beaucoup parlé de la version de... Attendez. La version de... Pour quelqu'un comme moi qui est assez direct, qui va vite à l'essentiel, quelquefois, je suis un peu perdue... »
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-On accuse parfois les responsables politiques d'être hors-sol. Dur de faire ce reproche à mon invitée, elle a connu quatre métiers différents les uns des autres avant d'ajouter une dernière ligne à son CV, celle de députée de la majorité présidentielle. Générique ...
Bonjour, Brigitte Liso. -Bonjour, Clément Méric. -Vous êtes une députée plutôt discrète, vous cherchez pas la lumière mais lors du débat sur la réforme des retraites, on a vu une autre Brigitte Liso, très en colère quand un député communiste a reproché à la majorité de ne rien y connaître au travail.
On regarde. *-En termes de travail, je crois que nous n'avons pas de leçon à recevoir. J'ai commencé à travailler à 18 ans, j'ai eu quatre métiers différents.
Protestations vives ...
J'ai une mère qui a commencé à travailler à 15 ans, elle a aujourd'hui...
Elle s'est arrêtée à 65 ans. Si vous calculez, ça fait 55 ans de travail. Elle a aujourd'hui 90 ans, alors s'il vous plaît, les leçons, vous les gardez.
Merci. Applaudissements -On sent que cette attaque de l'opposition, elle a touché une corde sensible en vous. -Ah oui, là, c'est tout ce que je suis, tout ce que je représente, ma famille, la valeur travail est une valeur essentielle chez moi, et là, ils ont piqué juste là où il ne fallait pas. -Tout au long de votre vie, vous avez enchaîné des métiers très différents, vous commencez à 18 ans comme démonstratrice en supermarché pour Pernod Ricard, vous avez ensuite été commerciale chez Hachette, visiteuse médicale pour un grand laboratoire pharmaceutique, vous avez tenu un restaurant à Lille et ouvert une pâtisserie spécialisée dans les éclairs.
Qu'est-ce que ça dit de vous, ce parcours professionnel ? -Ca dit de moi que rien n'est impossible quand on a un peu d'audace et de courage, des opportunités de vie, aussi, puisque les choses sont venues progressivement à moi, je les ai remarquées et je me suis engouffrée à chaque fois dans une autre vie, un autre métier. -Y a aussi l'idée de relever des défis, sortir un peu d'une zone de confort ?
Ca vous plaît, ça ? -Oui, c'est exactement ça, peut-être aussi éviter la lassitude à un moment et aller là où on ne m'attend pas et où je ne pensais pas aller. -Là où on ne vous attendait pas, effectivement, c'est la politique.
Après ces vies professionnelles, vous avez répondu à l'appel lancé par Macron, appel à la société civile en 2017, et vous avez décidé de briguer l'investiture aux législatives, à Lille. La politique, avant cela, elle occupait quelle place dans votre vie ? -Alors, euh, une conscience politique de toujours, mais la politique, pour moi, je la faisais depuis mon canapé, avec des idées très précises et arrêtées, en me disant que c'était quand même fou qu'une telle décision ait été prise sans savoir ce que vivent les Français, etc., vous voyez. -Avec une sensibilité de gauche ? -Plutôt de gauche, oui. -Vous avez été investie pour La République En Marche à Lille aux législatives.
Face au vieux routier de la politique qui était face à vous, vous avez fait de votre inexpérience un argument de campagne. Pourquoi ? Vous avez senti que ça pouvait répondre à une attente des électeurs ? -Parce que c'était aussi la réalité, je n'étais pas une politique attendue, ni formatée, en revanche, j'avais mon expérience de vie pour moi et ça répondait aussi à une demande, à un désir d'Emmanuel Macron de changer un peu les comportements et de changer la politique. -Et ça répondait à une attente des gens ?
Vous l'avez ressenti ? -Ils étaient un peu déstabilisés car certains se disaient : si elle le fait, je peux peut-être aussi le faire. Et là, c'est aussi un message que j'ai pu envoyer, involontairement, mais aussi inconsciemment aux femmes, rien n'est impossible, et puis, y a aussi toute l'autre partie, les politiques locaux bien implantés qui ont vu débarquer une femme pas si jeune, en plus, qui a un peu bousculé quand même les habitudes. -Comment ça s'est passé ?
Vos adversaires vous ont prise de haut ? -Ah, ça, je peux vous dire qu'on m'attendait en ricanant. -Ouais. -Et puis j'ai donné ce que j'avais à donner, c'est-à-dire ma personne telle que je suis.
Et, bah, le résultat a été, effectivement, j'ai été élue, assez largement d'ailleurs. -J'ai lu que certains de vos adversaires vous appelaient la vendeuse d'éclairs de Lille. -C'est possible, ou la pâtissière.
Alors j'essayais de démentir tout simplement parce que je ne suis pas pâtissière et que c'est un métier tout à fait respectable, mais ça n'était pas le cas. Mais peu importe. -Vous avez été élue sur cette idée du renouvellement, mais pas seulement, aussi sur l'idée de faire de la politique différemment.
Si on devait faire le bilan, quelques années plus tard, est-ce que vous avez vraiment fait de la politique différemment ? -Euh, alors y a deux stades, enfin, deux points de vue, y a le mien et puis peut-être la politique nationale qui... -Mais vous, personnellement, qu'avez-vous apporté de différent ? -Moi, j'ai apporté mon passé de citoyenne lambda, et ça, c'est quelque chose que je n'oublie pas, quelque chose qui vit avec moi et j'ai encore quelquefois ce réflexe de dire : mais non, c'est pas comme ça, les Français ne réagiraient pas comme ça.
Alors après, effectivement, moi, je suis prise dans un grand groupe, donc, quelquefois, les idées que l'on émet ne sont pas retenues. Et puis, là, j'ai une certaine loyauté mais là aussi, je la tire de mes expériences professionnelles, vous savez, vous avez parlé d'un grand groupe pharmaceutique, en effet, on porte le groupe individuellement. -Une fois élue, vos premiers pas à l'Assemblée ont été un peu compliqués.
Une journaliste radio est venue vous interroger sur la première loi du quinquennat, la loi travail, en vous demandant ce que vous compreniez de cette réforme et votre réponse a été confuse. *-On a beaucoup parlé de la version de...
Attendez. La version de...
Pour quelqu'un comme moi qui est assez direct, qui va vite à l'essentiel, quelquefois, je suis un peu perdue...
Les salles de commission...
La version de la... *-C'est des échanges de textos ? *-Oui, ça, c'est la boucle Telegram.
Alors, là, c'est les députés du Nord...
Bon, écoutez, je ne trouve plus, donc on va laisser tomber. Alors, votre autre question ? -Vous dites vous-même que ça a été un baptême du feu un peu violent et douloureux. -Mais, vous savez, je ne l'ai pas réécouté depuis un bon moment et j'entends ça avec beaucoup de tendresse.
Alors, effectivement, je ne suis pas un grand tribun - je vais pas dire tribune ! -Absence totale de langue de bois, là, on est d'accord. -Voilà, y a pas de langue de bois et aussi, alors, je vais pas passer trop de temps sur ce sujet, mais aussi un contexte : on était venu visiter mon bureau, c'était mes... -Vous vous attendiez pas à être interrogée comme ça. -Pas du tout et la formule était de m'auto-poser des questions.
Ca faisait beaucoup de choses, voilà, et puis c'était un épisode. -Vous en avez tiré une leçon, vis-à-vis des médias en général ? -Oui, peut-être de la méfiance, j'étais quand même un peu piégée, c'est un sujet qui a été diffusé plusieurs mois après l'enregistrement, effectivement, au mois d'octobre, je n'aurais pas répondu de cette façon. -Ce qui peut ressortir aussi de ça, c'est que votre inexpérience a été un atout pendant la campagne, ça a pas été une faiblesse comme députée ? -Là encore, je vous dis, c'était les 15 premiers jours, mais probablement, comme entrer dans un nouveau monde, une nouvelle entreprise, y a des codes que l'on doit s'approprier.
C'était peut-être un peu tôt. -En 2018, vous expliquez que vous ne visiez pas de ministère et vantez votre absence d'ambition personnelle, hein, pas politique : "Je fais un travail de fourmi", expliquiez-vous. C'est louable mais, en politique, est-ce que c'est pas aussi une erreur que d'être toujours dans l'ombre ?
Est-ce qu'il faut pas s'affirmer, se montrer, pour avoir un peu de poids, dans les débats ? -Je crois que c'est une micro-société, le monde politique, et on peut pas tous prendre la lumière, on a pas tous ce désir-là. Moi, je ne fais pas partie de ces personnes-là, je pourrai aussi encore vous dire que je n'ai pas d'ambition politique, je n'attends pas de ministère. -Mais vous avez l'ambition de changer les choses. -Mais je suis une députée de terrain et les choses, je les change, même si elles n'apparaissent pas dans les vidéos TikTok, ou dans les émissions du soir.
On arrive à changer les choses en étant une députée de terrain et en remontant les sujets locaux à l'Assemblée. -Vous dites en 2017 : "Je ne voterai jamais une loi "avec laquelle je ne suis pas d'accord." Un an plus tard, léger changement de ton, vous dites n'avoir pas toujours été en adéquation parfaite avec les lois qui étaient proposées.
C'est le métier qui est rentré ? C'est l'apprentissage de... -Oui. -...de la politique ? -Y a certainement de ça et encore, là, je vous dis, quand on fait partie d'un groupe, on y va.
Après, y a toujours cette possibilité, dans le jargon de l'Assemblée, on dit qu'on a piscine, parfois, donc on est absent. -Ca, ça vous est arrivé, vous avez appris à vous fondre dans les codes de la politique à l'ancienne, finalement... -Finalement, c'est un peu ça mais, d'un autre côté, des lois, on en vote assez peu, on vote énormément au cours d'une session, mais des lois, y en a relativement peu.
Donc on peut aussi ne pas voter des articles, ne pas voter des amendements, c'est aussi une forme d'expression. -Aux législatives de 2022, vous pouvez plus jouer la carte du renouvellement, de l'inexpérience. Vous étiez plus la vendeuse d'éclairs qui se lance en politique mais la députée sortante.
L'expérience, ça a du bon ? Vous avez joué cette carte ? -J'ai joué la carte de l'expérience et j'ai eu aussi en retour cette expérience, c'est-à-dire que je n'étais plus regardée de la même façon et j'étais vraiment la sortante.
Effectivement, ça aide beaucoup. -On va passer à notre quiz, c'est pas compliqué, je vous explique, vous allez devoir compléter les phrases que je vais commencer. -Allez-y. -Un bon député, c'est comme un bon chef pâtissier, il doit ? -Il doit mettre la main à la pâte ! -Et respecter... respecter le dosage des ingrédients, aussi, en politique ? -Oui, peut-être, peut-être, mais on peut être aussi créatif. -A l'Assemblée, tout est devenu plus simple quand j'ai compris que ? -Quand j'ai compris que, euh, on ne jouait pas sa vie à tous les moments. -Parce que, au début, vous aviez peur... -C'était pas une peur, mais c'était vraiment, le rôle de député est très important pour moi, porter par exemple une écharpe, tous ces symboles-là... -Ca pouvait vous paralyser dans votre action ? -Bah j'avais un tel respect, une telle image de ce rôle que ça pouvait peut-être me déstabiliser. -Enfin, deux mandats, ça va, trois mandats ? -Ah, on verra ! -Bonjour les dégâts ?
Pourquoi pas ? -Pourquoi pas ? Pourquoi pas. -Très bien, on suivra ça.
Merci, Brigitte Liso. -Merci à vous. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA ...
Brigitte Liso