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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 15 juin 2021 27 minAutoproduitFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & international

Échanges avec les membres du collectif Scale-Up Europe | Conclusion du Président Emmanuel Macron

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « Si on prend simplement le Next 40 et le French Tech 120, c'est 160 000 emplois directs et indirects déjà créés et mesurés. »
  • 3:30Emmanuel MacronChiffre
    « On a multiplié par deux les montants levés par les startups, pour atteindre le record historique de 5,4 milliards d'euros en 2020. »
  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « Nous comptons aujourd'hui 15 licornes, dont cinq simplement depuis le début de l'année. »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a réussi, ça a été dit, avec le fonds Tibi, à mobiliser ces six milliards d'euros auprès des institutionnels. »
  • 5:30Emmanuel MacronFait
    « On a besoin d'un marché européen intégré pour les investisseurs, et qui permet d'offrir des liquidités à vos jeunes entreprises. »
  • 7:00Emmanuel MacronFait
    « Il faut accepter d'avoir un ou deux leaders de projets, ce qui veut dire pour le gouvernement français d'accepter de dire : voilà, le leader viendra de Finlande et l'autre leader d'Espagne. »
  • 8:30Emmanuel MacronFait
    « On fabrique de l'énergie nucléaire en France, est-ce qu'on pense aux startups aujourd'hui ? Non ! »
  • 9:30Emmanuel MacronFait
    « Il ne s'agit pas de créer un programme Erasmus Tech pour le moment, mais d'offrir un outil, à nos jeunes talents. »
  • 10:30Emmanuel MacronPromesse
    « Nous avons besoin d'un visa Tech européen pour être efficaces. »
  • 11:00Emmanuel MacronPromesse
    « On va y arriver, donc il faut tout de suite se redonner un objectif collectif. C'est le vôtre, donc endossons-le. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup pour votre temps, pour la qualité de votre engagement et vos recommandations, car il s'agit bel et bien de recommandations. Mais ces recommandations s'appliquent clairement à la fois au secteur privé et aux gouvernements. Ce qui est formidable dans cette approche, c'est précisément la collaboration des deux, comment construire un nouveau mode de coopération, de travail ensemble.

L'un d'entre vous a dit qu'en Europe, et en particulier en France, nous inventions un nouveau mode de coopération, que la Suède était notamment une réelle inspiration, et que la France le devenait. C'est tout à fait juste, parce que votre écosystème a totalement révolutionné la façon de travailler avec nos administrations. Ce que nous faisons ensemble dans ce secteur est totalement nouveau.

C'est une nouvelle approche. Lorsque nous parlons d'innovations et de tout ce qui a été mentionné, j'ai parfois dit qu'il s'agissait d'aider certains à devenir milliardaires, après tout, pourquoi pas, puisque c'est un rêve que nous devons aussi permettre à nos sociétés, mais il s'agit surtout de construire, de reconstruire mieux. Et là, c'est très important, parce que je pense que nous avons une co-responsabilité.

Comment transformer précisément la façon dont fonctionnent nos sociétés, comment traiter le changement climatique, la révolution numérique, l'éducation, la santé ? Et comment être à la fois plus efficace et plus inclusif ? Je connais bon nombre d'entre vous, et je sais que c'est véritablement votre ADN et au cœur de vos projets.

Et cela a totalement modifié la façon de travailler avec le gouvernement et l'administration, et contribué à l'adoption de nouvelles réglementations. C'est la raison pour laquelle vos recommandations, vos conclusions m'intéressent particulièrement, et j'aimerais ici les reprendre et inviter le gouvernement français, mais également tous les gouvernements d'Europe à travailler sur cet écosystème. Permettez-moi de transmettre une brève remarque, en français cette fois-ci.

Un message très simple au-delà de ce que je viens de dire à l'instant. Tout ce dont on parle aujourd'hui, qui est comment faire émerger des géants de la tech en Europe, c'est pour moi une question qui n'est pas simplement la vôtre, mais je la considère comme vraiment celle de la nation. Et les mots sont pesés !

D'abord, parce que ça contribue pleinement à créer de l'emploi. Les chiffres ont été très bien donnés tout à l'heure, mais je les faisais calculer pour ce qui est de l'avant. Si on prend simplement le Next 40 et le French Tech 120, c'est 160 000 emplois directs et indirects déjà créés et mesurés.

C'est en fait beaucoup plus si je suis plus large. Et c'est en plus 200 000 emplois au moins d'ici 2025. Je parle là d'emplois industriels directs et indirects.

Dans les faits, c'est déjà beaucoup plus, et ce sera beaucoup plus. Donc si on veut réussir ce qui est pour moi une bataille essentielle, celle de la sortie de pandémie, et redonner des perspectives de croissance et de création d'emplois dans notre société, vos secteurs et ce que vous représentez dans celle-ci, sont absolument essentiels. Et je ne mesure pas là tout ce que vous aidez à créer dans les grands groupes aussi, dans les stratégies de coopération.

La deuxième, et je le disais en parlant de vous, mais je le prends maintenant du côté du gouvernement, vos entreprises aident à bâtir le progrès par les innovations de rupture, les innovations d'usage qu'elles permettent justement de mettre en œuvre. On l'a encore vu dans la période récente, ce n'est pas un hasard si en Europe, ce sont des entreprises comme BioNTech, qui sont des startups, qui ont découvert quand même le vaccin. Je pense que ça doit tous nous remettre en question, tous !

Moi, ça me remet beaucoup en question. On est un pays qui a une tradition de vaccins. On a des grands groupes qui le font.

On a des instituts de recherche qui le font. C'est une startup, qui s'est mise sur ce segment il y a quelques années, qui trouve ! Et, de l'autre côté de l'Atlantique, c'est une autre startup qui est Moderna, on peut se glorifier que c'est dirigé par un Français, mais, [INAUDIBLE], qui a été créée il y a dix ans.

Ça montre qu'il y a quand même quelque chose qui se passe. Nos vaccinations en Europe ont été largement permises grâce à une autre startup devenue plus grande qui est Doctolib. On sait le rôle qu'Alan est en train de jouer justement dans la transformation du suivi médical, de la politique de prévention ou autres.

Et je ne vais pas ici parler d'Ynsect, InnovaFeed, Back Market pour l'économie circulaire, etc, je ferais trop de jaloux, et vous savez infiniment mieux que moi ce que, justement, vos entreprises aident à transformer. Mais qu'il s'agisse des secteurs justement de l'alimentation animale ou humaine et de sa transformation pour réduire les émissions de CO2, de l'économie circulaire, de la santé, de l'industrie, de la gestion de nos systèmes qui étaient jusqu'alors publics, si on veut continuer à bâtir du progrès, c'est-à-dire des choses qu'on propose à nos citoyens de manière plus efficace, si on veut continuer à permettre justement ces innovations de rupture, ce que représente la tech est vital, vital ! Et puis la troisième raison, qui encourage les deux premières, c'est cette notion de souveraineté, que vous m'avez souvent entendu répéter ces dernières années.

Ses débuts étaient un peu bizarres dans le champ européen, quand, j'en ai conscience, à l'été 2017, j'ai parlé d'une souveraineté européenne qu'on a collectivement maintenant endossée, on parle d'autonomie stratégique autour de la table européenne. Mais la souveraineté, c'est juste pouvoir se dire que les choix collectifs qui sont les nôtres sont bien les nôtres, et que demain, parce qu'on aura manqué les innovations ou pas pris les bonnes régulations, eh bien simplement, on n'aura plus la question à se poser, ce sera une offre complètement chinoise ou complètement américaine, qu'elle ne sera peut-être plus dans les standards européens, que vous, vous ne serez pas les principaux créateurs d'emplois et de valeur, et que moi, je ne pourrai plus garantir à nos concitoyens que leurs préférences collectives sont bien protégées, parce que je ne pourrai rien décider sur ces entreprises. Je pense que cette notion de souveraineté, quand on touche au fond à tout ce qui est cœur dans notre organisation humaine, est absolument décisive.

Et je pense que c'est l'un des sujets politiques, au sens noble du terme, les plus essentiels de notre siècle. On a ces derniers jours, à l'OTAN et au G7, beaucoup parlé d'ailleurs de tout ce qui en découle en termes de régulation internationale et autres, mais je pense que c'est une vraie transformation. Donc quand je parle de souveraineté, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

Il n'y a pas de souveraineté si les champions ne sont pas chez vous. C'est simple ! Si les grandes entreprises qui structurent un secteur ne sont pas européennes, l'Europe peut chercher à être souveraine, c'est fini, elle n'a déjà pas l'offre.

Donc la première souveraineté, elle est industrielle, elle est business, elle crée l'écosystème de talents, de financement, d'entreprises, qui permettent, sur toutes ces innovations, d'avoir une véritable offre. Donc c'est de créer le marché européen pertinent et d'accélérer sur ce domaine. La deuxième, c'est la régulation.

Et les deux vont ensemble ! C'est toujours une question de savant dosage, mais les deux vont ensemble, parce que s'il n'y a pas de régulation, il a pas de standardisation, il y a pas de normes. Et surtout, il n'y a pas de possibilité d'organiser démocratiquement le secteur et tout ce qui en découle.

On l'a vu pour le RGPD, on va le voir pour DMA, DSA et toutes les autres formes de régulation. Il faut qu'elle soit bien dosée, mais la régulation doit être européenne, sinon elle fragmente le marché, et elle crée justement des biais par rapport à vos compétiteurs américains ou chinois. Et en même temps, à partir du moment où on arrive à la faire, et à bien la faire au niveau européen, on l'a vu, elle peut devenir un standard mondial, et devenir elle-même un facteur de compétitivité et d'attractivité.

Parce qu'il serait faux de penser que des secteurs critiques pour la vie des gens peuvent durablement rester non régulés. C'est impossible ! Ça n'a jamais existé dans l'histoire de l'humanité, et ça n'existera pas, parce que personne n'a envie que la vie démocratique soit régulée par une plateforme pour savoir qui a le droit de parler et qui n'a pas le droit de parler, simplement dans une décision de dirigeants du secteur privé.

Personne n'a envie que sa santé soit uniquement dans les mains d'acteurs, même s'ils sont devenus dominants, du secteur privé. Tout le monde veut que ça puisse être des choix démocratiques, et donc qu'il y ait une régulation avec des règles démocratiques. Donc, en termes de souveraineté, ce que vous faites dans le secteur, ce qu'on fait collectivement, pour moi est essentiel, parce que c'est la condition de pouvoir continuer, au fond, à choisir nos vies.

Et c'est ce couple : Créer des champions et Trouver les bonnes régulations, qui est absolument vital. Alors pour réussir tout ça, banco, prenons votre ambition : 10 entreprises technologiques valant plus de 100 milliards d'euros d'ici 2030. J'avais posé un objectif, je m'en souviens, c'était il y a deux ans, qui est en train d'être explosé et je m'en félicite, j'avais dit : 25 licornes d'ici 2025 pour la France.

Certains disaient : on n'y arrivera jamais, c'est impossible. D'autres m'avaient dit, je m'en souviens : ce n'est déjà plus la bonne métrique, il faut les chercher peut-être moins nombreuses, mais de plus grosses cibles. En tout cas, on va y arriver, donc il faut tout de suite se redonner un objectif collectif.

C'est le vôtre, donc endossons-le. Je pense qu'on a, du côté français en tout cas, un bilan qui permet de dire que c'est crédible. Je vais y revenir en deux mots, et vraiment remercier tous les acteurs qui ont fait la French Tech, qui maintenant se déploie partout en région, Station F et tous ceux que j'ai cités tout à l'heure, mais la French Tech a en effet connu une accélération sans précédent sur les quatre dernières années.

Quelques chiffres le disent bien. On a multiplié par deux les montants levés par les startups, pour atteindre le record historique de 5,4 milliards d'euros en 2020, ce qui place pour la première fois la France en numéro un. Et je pense qu'on va largement battre ce chiffre en 2021.

Les levées de growth ont continué de sensiblement augmenter, on en a 21 en 2020, ce qui est trois fois plus qu'en 2017. Et nous comptons aujourd'hui 15 licornes, dont cinq simplement depuis le début de l'année. Ça a été évoqué tout à l'heure sur la fonction exponentielle.

On en a beaucoup parlé quand il s'agissait des cas d'infection Covid-19, donc je pense que si on pouvait oublier la fonction exponentielle pour la Covid, et l'avoir maintenant pour les financements, le nombre de startups, etc, ce serait super. Mais j'achète, c'est la bonne fonction, et c'est en tout cas celle sur laquelle il faut s'appuyer. Ce succès, pour moi, c'est vraiment celui de l'ensemble de l'écosystème, c'est-à-dire des entrepreneurs, des investisseurs, des grands groupes qui ont coopéré avec eux, et de toutes celles et ceux qui ont aidé en cela.

Sur vos quatre items, je vais ici insister, sur le financement. On a réussi, ça a été dit, avec le fonds Tibi, à mobiliser ces six milliards d'euros auprès des institutionnels. On en a 3 milliards et demi déjà investis, qui ont permis, au total, des montants de levées de plus de 20 milliards.

Donc c'est une vraie transformation qui a été faite ces dernières années, par une mobilisation collective et ces changements réglementaires. Sur la Deep tech, Bpifrance a lancé un plan dédié, au début du quinquennat, des investissements du plan de relance qui permettent aussi maintenant d'accélérer le soutien des domaines émergents. Ça a été très bien redécrit : le quantique, l'hydrogène, cyber, et j'en passe, santé également.

Donc les chiffres commencent à poindre, même si, je vais y revenir, j'ai bien noté vos ambitions et je les partage. Sur les talents, l'élargissement du French Tech Visa à toutes les startups installées en France et l'amélioration du dispositif BSPCE sont quelques éléments clés qui répondent à ces objectifs qui ont très bien été rappelés tout à l'heure, de même que la politique de formation, ce qui a été fait par des acteurs privés déjà mentionnés, ou publics, et qu'on doit continuer de dérouler. Enfin, sur l'environnement réglementaire et administratif, de la loi PACTE sur les seuils à la création des correspondants French Tech dans les administrations et services publics, en particulier pour le Next 40 et le FT120, ce sont des éléments qui ont vraiment permis de transformer les choses et de contribuer à tout cela.

Maintenant, je vous prends au mot. Sur vos recommandations, continuons à y aller, et donc à avancer sur plusieurs chantiers. D'abord, on voit, au niveau français, ce sur quoi on peut s'améliorer, et Cédric, je crois, a très clairement sa feuille de route avec vous par rapport à tout ce qui a été dit.

Mais j'ai noté quand même qu'à chaque fois, vous avez insisté sur la dimension européenne, et c'est celle qui est évidemment au cœur de Scale-Up Europe, et je vous remercie d'y avoir donné de votre temps. Je ne vais pas revenir sur tous les points que vous avez mentionnés, les propositions, mais en résumé, sur le Scaling-Up, il est clair que maintenant, nous avons besoin d'une échelle et d'un cadre européens, cadre commun et échelle commune, pas seulement pour l'industrie technologique, mais pour tout, pour tout le monde. Mais c'est encore plus difficile de ne pas l'avoir, de ne pas avoir un marché unique pour vous, pour le tech.

Donc ce que nous lançons maintenant avec nos collègues, c'est le renforcement du marché unique, la construction d'un système réglementaire européen qui s'applique aux entreprises numériques, et qui permet un marché unique. Tout ceci est sur la table maintenant grâce à la Commission européenne et à la proposition de réglementation. Évidemment, les deux ou trois années à venir vont être critiques sur ce point.

Ensuite, nous devons terminer la tâche pour ce qui est du financement, du marché des capitaux. Notre système, aujourd'hui, est encore trop fragmenté pour ce qui est des entreprises numériques et leur financement. Nous avons réussi à finaliser une union bancaire, ce qui est un bon point de départ.

Mais, en particulier pour vos industries et le monde de l'entreprenariat, ce n'est pas suffisant. On a besoin d'un marché européen intégré pour les investisseurs, et qui permet d'offrir des liquidités à vos jeunes entreprises, et d'avoir un écosystème qui permet des stratégies d'exit. Nous savons quelles sont les réglementations que nous voulons passer pour lever les obstacles entre les systèmes nationaux, et pour finaliser le marché européen.

C'est critique ! Par ailleurs, ce que nous voulons promouvoir sur la base de vos propositions, c'est l'équivalent de l'initiative Tibi, mais à un niveau européen. Comment proposer de réorienter une partie des épargnes, par exemple du secteur bancaire, du secteur financier et des investisseurs institutionnels pour qu'elles soient réinvesties dans le private equity, les capitaux propres et selon les besoins, dans les Smart Tech ?

Soyons clairs, notre réglementation après la crise de 2008 à 2010 était en fait quelque chose qui a tué l'innovation et le cycle de croissance, parce que ça a généré des messages contraires et les mesures d'incitation n'étaient pas puissantes avec tous ces besoins de liquidités. Donc, de la même manière dont nous avons fait l'expérience en France, et puisque ça a bien réussi, nous devons construire ceci à un niveau européen. On doit mobiliser les conseils financiers européens et créer des mécanismes de flow initial si nous voulons réengager des investisseurs.

Mais diriger tous ces investissements vers des late-stage funds est absolument critique, en plus de l'évolution de notre réglementation. Deuxièmement, sur la Deep tech, même chose. Nous allons travailler dur, tous ensemble, après la crise de la Covid-19, dans un plan de relance.

Nous allons travailler à créer un Conseil européen de l'innovation. Et nous essayons de travailler, ou nous commençons à travailler tout doucement à un niveau européen pour financer un programme conjoint et des manières de financer conjointement des programmes européens, comme Viera par exemple. Ce n'est que le début.

Nous avons besoin de trois choses dans les prochains mois pour faire réussir cette ambition européenne, et ce suivant les recommandations que vous avez évoquées. Un, la vitesse. Nous sommes trop lents, nous sommes beaucoup plus lents que les Américains.

Deux, l'échelle. Nous sommes trop divisés, nous devons nous unir. Et l'échelle n'est même pas suffisante quand on la compare à [INAUDIBLE], ou à une autre échelle.

Si on prend le secteur spatial par exemple, si on prend les investissements communs civils et de défense, nous sommes encore nulle part. C'est un miracle que notre industrie soit encore compétitive. Nous devrons accepter de mettre des gros chèques et de gros montants sur quelques projets.

C'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir de parts égales d'un pays à l'autre. J'accepte d'abandonner certains projets français, parce que je crois que quand on a une stratégie d'investissement et qu'on investit sur un projet, si on fait vingt-sept petits projets, ça n'a pas de sens. Il faut prendre des risques, il faut accepter d'avoir un ou deux leaders de projets, ce qui veut dire pour le gouvernement français d'accepter de dire : voilà, le leader viendra de Finlande et l'autre leader d'Espagne.

Et dans un autre secteur, par exemple, il y aura un leader belge ou un leader français. Ce n'est que juste ! Mais il est impossible de construire de l'innovation et des projets industriels si on garde les mêmes contraintes que nous avons actuellement.

Et nos gros projets, quand on voit ce qu'on en avait fait dans le domaine spatial, avec tous ces ajustements, ces parties proportionnelles d'un pays à l'autre, ça n'a pas de sens. Donc ces trois éléments sont critiques pour l'avenir si nous voulons y arriver, et si nous voulons ce que le Conseil européen de l'Innovation veut faire et ce qu'il propose. Mais la Deep tech est essentielle.

Je crois très sincèrement que c'est une des manières les plus intelligentes d'accélérer le processus. Si aussi bien les gouvernements, et je parle pour nous, que la Commission européenne prennent des risques sur les politiques publiques essentielles pour travailler avec les startups, alors ce sera utile. On fabrique de l'énergie nucléaire en France, est-ce qu'on pense aux startups aujourd'hui ?

Non ! La tendance naturelle est de travailler avec les quelques grosses entreprises qui existent déjà. Par exemple, quand je regarde l'industrie spatiale, je me souviens qu'il y a une décennie, ou même cinq ans, pas mal de gens m'avaient dit : SpaceX ça ne va jamais marcher.

C'est trop difficile, c'est trop compliqué. Vous avez besoin de grosses structures, et SpaceX ne va jamais marcher. Eh bien ils ont marché beaucoup mieux, beaucoup mieux que nous l'espérions.

On s'est trompés, on s'est tout simplement trompés, parce qu'on ne travaillait qu'avec quelques acteurs, quelques parties prenantes, et toujours les mêmes, ce qui est une erreur. Je crois que pour la Deep Tech, prendre ce genre de risques, ce sera un des défis les plus importants à mener pour les mois à venir. Sur les talents, je dois dire que vos mots a été une inspiration, c'est-à-dire de pousser ce modèle encore plus loin.

Je partage votre engagement pour la diversité et votre désir de promouvoir l'attractivité. Parce qu'il y a des talents, il y a la mise en place de programmes d'enseignement avec les talents techniques, mais ensuite, il faut tirer parti de ce que nous avons déjà fait au niveau européen avec le visa, le visa Tech. Nous avons besoin d'un visa Tech européen pour être efficaces.

C'est essentiel. C'est tout à fait faisable. Après, il faut du temps pour le mettre en place en France et que ça fonctionne, parce que, vous ne le savez que trop bien, mais il y a eu beaucoup de résistance, pas au au sein de la Deep tech, mais au sein de l'État.

Mais au final, on a réussi quand même à y arriver. Il ne s'agit pas de créer un programme Erasmus Tech pour le moment, mais d'offrir un outil, à nos jeunes talents. Mais on a besoin de quelque chose de plus structuré et de beaucoup plus puissant.

C'est un des points clé que nous devons réussir à mettre en place très vite. Ce que vous avez dit sur la manière dont l'industrie tech change, et travaille dans le temps, avec les facteurs temps et espace, je suis tout à fait d'accord avec vous. Je crois que c'est un modèle extrêmement puissant, qui peut vraiment améliorer notre attractivité.

Il faut faire en sorte que l'espace européen soit un des meilleurs espaces de travail au monde. Quatrième et dernier point, la coopération. Je ne vais pas répéter ce que vous avez dit, mais nous avons une approche très culturelle et ce que vous avez proposé est très intéressant.

C'est intéressant d'avoir très précisément une approche sur les achats, la collaboration, les fusions et acquisitions, d'avoir des engagements mutuels entre les startups et les Large caps et de travailler main dans la main, de collaborer. En France, ce n'était pas naturel, ça ne faisait pas partie de notre ADN. Mais si je regarde ce que font nos entreprises, comment elles travaillent avec les startups, je crois que les choses ont changé en très peu d'années.

Je crois que ceci est une preuve de la validité du concept, parce que quand vous y arrivez, vous créez de la valeur. Donc ce que nous devons faire maintenant au niveau européen, c'est très nettement nous baser sur ces initiatives nationales, et de mobiliser tous les partenaires pour créer ce que vous avez mentionné, c'est-à-dire de changer un petit peu les choses, de pousser un peu l'organisation des achats publics, pas seulement des grandes entreprises, les Large caps, mais aussi des gouvernements et de l'Europe. C'est la meilleure manière d'accélérer cette coopération.

En résumé, voici les quelques points que je voulais mentionner après vous, pour partager avec vous mes convictions. Je crois vraiment qu'on peut y arriver. Mais on n'a d'ailleurs pas le choix !

On n'a pas le choix de faire autrement, parce que si on n'y arrive pas, quelqu'un d'autre va le faire. Je crois que nos intérêts sont totalement alignés. En quelques mois, on travaille avec la présidence portugaise, avec la présidence slovène, et début 2022, nous allons avoir la présidence française de l'Union européenne.

Et nous allons avoir ces quatre piliers basés sur vos recommandations, c'est d'essayer d'arriver à faire passer un maximum de nouvelles réglementations. C'est tout à fait faisable pour la plupart d'entre nous. Il faut arriver une étape plus loin, puis une étape plus loin sur cette ligne qui permet l'arrivée de l'industrie tech européenne.

Il faut organiser au niveau européen quelque chose qui a encore plus de réalité qu'il n'en a aujourd'hui. Alors, c'est possible tout simplement parce que vous avez accepté de consacrer plusieurs jours, plusieurs nuits, en plus de votre travail habituel, à ces sujets, parce que vous avez travaillé tous ensemble sur ces sujets. Je crois que c'est une des meilleures occasions que nous avons aujourd'hui, d'avoir cette coopération.

C'est un état d'esprit conjoint qui est beaucoup plus important qu'une réglementation, parce que s'il n'y a pas de désir de collaborer et s'il n'y a pas d'inspiration commune de votre part d'avoir un écosystème conjoint, un écosystème commun, et un écosystème européen avant tout, il sera impossible d'y arriver. Donc je suis très optimiste, parce que vous êtes qui vous êtes, parce que vous avez un comportement très puissant, très fort, et que cette dernière année de travail a été le meilleur exemple que notre avenir et notre capacité à relever les défis est quelque chose d'européen. Merci encore pour votre travail, pour votre engagement, et soyez assurés de mon engagement et du soutien du gouvernement français.

Je sais aussi que je peux me tourner vers les différents gouvernements des pays de l'Union européenne, et je remercie d'ailleurs les ministres qui sont présents ici aujourd'hui pour travailler sur ce sujet avec nous. Merci beaucoup à tous.