La grande interview : Hervé Morin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a appris des années Covid, Hervé Morin ? Est-ce qu'on est mieux préparé ?
- 0:35FerméeRéponse partielle
Suffisamment de masques ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Est-ce que la Chine peut être un acteur décisif pour faire cesser le conflit au Moyen-Orient ?
- 2:39ComplaisanteRéponse directe
On va parler d'Emmanuel Macron en Afrique.
- 2:58OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il faut faire plus, plus vite pour le pouvoir d'achat ?
- 7:17RelanceÉludée
Vous dites qu'il n'y a plus d'argent pour la culture. Est-ce que ce n'est pas aussi un problème d'idéologisation de la culture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurFait
« les cas contacts sont confinés à l'hôpital, 5 personnes sont à l'hôpital Bichat, dont une malade. »
- 2:09Invité politiqueFait
« Sinisme absolu. »
- 2:14Invité politiqueChiffre
« les États-Unis ont consacré 25 milliards ou 30 milliards à cette guerre, c'est-à-dire à peu près 1 milliard par jour »
- 3:31Invité politiqueFait
« Personne ne revendique l'idée de revenir à 62 ans ou à 60 ans dans le monde. »
- 3:50Invité politiqueFait
« On ne peut pas faire de chèques, c'est fini les chèques. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Le financement de la culture est de moins en moins assuré. »
- 4:15Invité politiqueFait
« On ne construit plus en France. »
- 4:40Invité politiqueFait
« les jeunes marocains ont des niveaux de mathématiques tellement supérieurs aux jeunes français. »
- 4:43Invité politiqueFait
« Le niveau de maths des maths sup, maths spé aujourd'hui, c'est le niveau de maths que vous aviez il y a 40 ans. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Il y a 30 ans, on avait le même pouvoir d'achat que les Américains. »
- 6:25Invité politiqueChiffre
« On met un point de pipe de moins que les Américains. »
- 10:20Invité politiqueFait
« On a, pour faire plaisir au Parti Socialiste, limité le cumul emploi-retraite. »
- 10:27Invité politiqueFait
« C'est qu'en septembre, quand il va falloir faire marcher les autocars du transport scolaire, nos entreprises nous disent « Je ne vais pas avoir de chauffeur ». »
- 17:48PrésentateurChiffre
« promesse non tenue du président Macron, la création du nombre de prisons, 15 000 a été promise. »
Temps de parole
- Hervé Morin78 %
- Présentateur22 %
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Et notre invité ce matin c'est Hervé Morin, bonjour à vous. Bonjour. Président des centristes et de la région Normandie, ancien ministre de la Défense. Un mot d'abord de l'antavirus, cette épidémie est prise très au sérieux par notre gouvernement, les cas contacts sont confinés à l'hôpital, 5 personnes sont à l'hôpital Bichat, dont une malade. Est-ce qu'on a appris des années Covid, Hervé Morin ? Est-ce qu'on est mieux préparé ?
Écoutez, les Argentins nous ont montré qu'il y avait des process à mettre en place, des procédures, l'isolement, etc. J'ai le sentiment que le gouvernement a fait le boulot, que les choses ont été prises très rapidement, qu'il y a suffisamment de transparence.
Suffisamment de masques ?
J'ai vu l'histoire des masques. Bon, j'ai entendu un gouvernement dire il n'y a pas de problème, maintenant on a des masques, et puis il y a 15 jours, et puis là on est en train de reconstituer les stocks. On peut se dire, c'est un peu curieux quand même qu'après le Covid, on serait en train de se demander s'il faut reconstituer les masques. Mais bon, allez, considérons que les choses sont faites et que très vite cette histoire-là sera derrière nous.
Et que tout est sous contrôle, comme l'a dit Emmanuel Macron depuis l'Afrique.
Oui, ça, Emmanuel Macron est en Afrique, Sébastien Lecornu est à Matignon. Je crois plus au gouvernement pour avoir géré ça au quotidien que lorsqu'on est à quelques milliers de kilomètres.
On va parler d'Emmanuel Macron en Afrique. Dans un instant, un tout petit mot de l'Iran, du conflit au Moyen-Orient. Donald Trump est en visite en Chine, il va arriver dans les heures qui arrivent. Est-ce que vous pensez que la Chine peut être un acteur décisif pour faire cesser ce conflit qui s'enlise ?
C'est la réalité. Alors, on pouvait se dire il y a 15 jours, la Chine va être en effet un acteur qui va faire pression sur l'Iran pour qu'on trouve les conditions d'un accord. Mais maintenant, la Chine peut jouer aussi le fait de se dire Trump est en difficulté et plus la crise dure, plus il est affaibli. Et dans le cadre de cette rivalité qui va être une rivalité centenaire commerciale, géostratégique entre la Chine et les États-Unis, l'affaiblissement de Trump, au bout du compte, ça va nous arranger.
Mais est-ce qu'il n'y aurait pas une forme de troc cynique entre on règle le problème en Iran et on peut prendre Taïwan ?
Voilà, ça c'est pas possible. Sinisme absolu. Ah oui. Alors, ce qui est sûr, c'est que, bien entendu, quand vous voyez que les États-Unis ont consacré 25 milliards ou 30 milliards à cette guerre, c'est-à-dire à peu près 1 milliard par jour, ça veut dire qu'ils ont utilisé des stocks de missiles absolument considérables, qu'ils ont dû récupérer notamment tous les missiles qui sont dans la zone Asie-Pacifique pour participer à cette opération, et que ça affaiblit, bien entendu, la présence militaire américaine et la puissance américaine, notamment pour protéger Taïwan, ça ne fait pas de doute.
Parlons de les répercussions économiques en France, pour les prix des carburants notamment. Le gouvernement, pour l'instant, a pris les villes et les aides ciblées. Est-ce qu'il faut faire plus ? Que vous disent, encore une fois, les normands ? Est-ce que les problèmes de pouvoir d'achat sont gigantesques aujourd'hui pour les Français qui n'arrivent pas à faire leur plein et pas à finir leur fin de loi ?
Il faut faire plus, plus vite ? Oui, mais vous voyez, j'avais cette conversation dernièrement avec des structures, des régions qui me disaient, mais l'État est en train de nous réduire les crédits et vous, vous réduisez les crédits parce que l'État vous a réduit les vôtres. Bon, très bien. Et je dis à un de mes interlocuteurs, je dis, mais monsieur, je suis sûr que vous avez manifesté contre la réforme des retraites. Il m'a dit oui. Ça n'a pas manqué. J'ai dit, mais il y a un moment, il va falloir pour nous faire des choix. On ne pourra pas demander à la fois de maintenir un système de retraite qui n'existe nulle part au monde aujourd'hui.
Personne ne revendique l'idée de revenir à 62 ans ou à 60 ans dans le monde. Bref, et donc il y a un moment, il va falloir faire des choix. Et quand on n'a plus un rond comme nous, qu'est-ce que vous voulez faire de plus quand vous êtes à la tête d'un pays qui est au bord de la ruine complète ? On ne peut pas faire de chèques, c'est fini les chèques. Non, mais le système, plus gravement, je ne veux pas être pessimiste et je ne le suis pas par nature, mais notre système est en train de s'effondrer. Il s'effondre. Le financement de la culture est de moins en moins assuré. La crise du logement crée d'ailleurs des conditions sur le pouvoir d'achat de nos compatriotes qui sont considérables.
On ne construit plus en France. Notre système public est un système qui est devenu totalement handicapé, inefficace, impuissant. Et vous pouvez le faire sujet après sujet. Notre niveau de maths, notre niveau de mathématiques, les jeunes africains qui arrivent dans nos écoles d'ingénieurs, les jeunes marocains ont des niveaux de mathématiques tellement supérieurs aux jeunes français. Je discutais avec le directeur d'une grande école d'ingénieurs en Normandie qui me disait « Le niveau de maths des maths sup, maths spé » aujourd'hui, c'est le niveau de maths que vous aviez il y a 40 ans. Vous n'êtes pas très optimiste, Hervé-moi. Non, mais je veux dire, tout ça, nos compatriotes le ressentent.
Et donc, il y a un moment, il faudra faire des choix. Les choix qui doivent être des choix avec de l'optimisme, avec de l'enthousiasme, en se disant « On est un grand pays capable de se redresser ». Et d'ailleurs, on s'est toujours redressé dans la crise, quand on regarde l'histoire. C'est à chaque fois quand le pays s'effondrait qu'on a trouvé les moyens de se redresser. Mais, moi, cette élection présidentielle de 2027, elle ne se jouera pas sur simplement « Vous aurez du sang et des larmes ». Elle se jouera d'abord sur un projet, mais un projet dans lequel il y a de l'ambition.
Les Français ont envie d'avoir quelqu'un d'ambitieux pour son pays, capable de rassembler, et qui en même temps va dire « On ne va pas pouvoir raser gratis encore pendant des décennies ». La question du pouvoir d'achat du pétrole, c'est celle-ci. La question, elle est simple. Regardez les chiffres. Il y a 30 ans, on avait le même pouvoir d'achat que les Américains. Vous avez la différence aujourd'hui ? Mais pourquoi ? L'Europe et les États-Unis… Le travail ne paye plus dans notre pays ? Bien sûr, vous pourriez vivre, vous, avec 1 600 balles par mois ? Eh bien, pas moi, je vous le dis.
Et donc, très clairement, la question, c'est celle de donner les moyens au pays de redevenir un pays prospère. Produire des richesses. Travailler plus. L'enseignement supérieur, fondamental, on n'en parle jamais. La recherche, fondamentale. On met un point de pipe de moins que les Américains. Faire en sorte que l'innovation soit au cœur de notre projet industriel et de notre projet économique. Débureaucratiser. Je vous donne un exemple de la folie dans laquelle on est. On est étouffé par les normes. La bureaucratie, la région Normandie, investie dans l'extension d'un port à Cherbourg, qui est l'endroit où il s'est créé le plus d'emplois industriels en France dans ces dernières années.
L'extension du port, 49 hectares, repris sur la mer. Donc, une artificialisation complète. Une entreprise part, une autre va arriver. Les services de l'État nous disent « Attention, on arrête tout ? » Non, non, non, non. Compensation environnementale, on dit « Mais c'est quelque chose d'artificialisé, c'est créé par l'homme. » Compensation, il nous faut 20 hectares de compensation environnementale pour réinstaller une entreprise. Vous imaginez le monde dans lequel on vit aujourd'hui.
Hervé Morin, on est sur CNews et sur Europe 1. Vous avez évoqué le financement de la culture. Vous dites qu'il n'y a plus d'argent pour la culture. Est-ce que ce n'est pas aussi un problème d'idéologisation de la culture ? Michel Onfray, qui est à l'une du J.D. News, Oui, je sais. Stop à l'idéologie de gauche dans la culture. Est-ce que ce n'est pas aussi le problème ?
Ce n'est pas une question d'idéologie. Souvenez-vous de ce que disait De Gaulle. De Gaulle disait « La culture prime tout », je crois, quelque chose de ce genre. Moi, je suis très attaché à l'accès à la culture. Quand on est dans une région comme la mienne, où il y a besoin d'avoir des structures culturelles dans toute une série de villes moyennes, de permettre à des personnes d'aller au théâtre, de pouvoir aller à l'opéra à Rouen, de pouvoir accéder à des concerts, etc. Il faut bien qu'à un moment ou à un autre, il y ait des gens qui s'y collent pour financer ces structures. Et moi, j'ai veillé à ne pas baisser d'un centime les crédits sur la culture.
Mais vous ne me répondez pas sur l'idéologie.
Mais c'est autre chose. Mais non, moi, je... Et puis, la liberté de création, ça a toujours existé. Voilà. Bon, il faut aussi l'accepter. La culture est de gauche. Elle est de gauche, mais elle est su parfois de droite. Elle n'est pas aussi caricaturale que ça.
Un mot sur Emmanuel Macron, qui est toujours en Afrique, qui rentre, qui a évoqué la langue française. Belle langue française que nous aimons le temps. Elle se trouve aujourd'hui sur les bords du fleuve Congo et non sur les quais de Seine. Vous dites Banco, vous dites c'est vrai ?
Je n'ai pas vu qu'il... Oui, en même temps, comme me disait Jean-Claude Juncker, je suis le seul à Bruxelles à encore parler français quand tout est ministre aujourd'hui, par l'anglais.
Et le fait que le président enchaîne en disant que la deuxième langue la plus parlée en France sur notre territoire, c'est la langue arabe. Pareil, c'est une réalité incontournable.
Je n'ai pas vu ces déclarations, mais bon, le sujet quand même, quand on est en Afrique, c'est que la France a été foutue dehors d'Afrique. C'est quand même ça le sujet.
C'est un peu différent. Mali, Burkina, Niger. Et donc, il n'y a plus de présence française ? C'est le territoire des Russes et des Chinois désormais ?
C'est-à-dire qu'on a laissé la place aux Russes et aux Chinois et qu'Emmanuel Macron a joué sur l'évacuation des Français d'Afrique un rôle majeur. C'est-à-dire ? Fait d'humiliation, fait... Souvenez-vous... Repentance. Repentance. Souvenez-vous de ses déclarations dans une université, je ne sais plus où, où il avait dit au président du pays...
Il a réglé la clim.
Il allait régler la clim. Enfin, tout ça nous a...
C'est passé de l'arrogance ?
Oui, mais c'est l'arrogance qu'on lui connaît. C'est son... L'arrogance française, elle est générale. Parce que le sentiment français, il est présent sur le continent. C'est aussi le narcissisme d'un chef de l'État qui fait qu'aujourd'hui, le divorce avec les Français est complet.
Donc, il lui reste un an, quand même, de pouvoir, Emmanuel Macron ?
Est-ce qu'il a vraiment le pouvoir ? Il n'a plus le pouvoir. Bah, écoutez, vous voyez bien comment ça se passe. Qu'est-ce qu'il ne se passe rien ? On est en train d'attendre 2027. On perd un an ? On perd un an, ça ne fait pas de doute. Pire que ça, on recule. On recule sur les retraites. On recule sur un sujet... Je vous donne un exemple très simple. On a, pour faire plaisir au Parti Socialiste, limité le cumul emploi-retraite. Vous voulez savoir la conséquence ? C'est qu'en septembre, quand il va falloir faire marcher les autocars du transport scolaire, nos entreprises nous disent « Je ne vais pas avoir de chauffeur ».
Parce qu'il y a beaucoup de retraités qui, pour améliorer leur fin de mois, conduisaient des cars le matin et le soir. Eh bien, on empêche les Français de travailler. On empêche les Français qui veulent produire, créer de la richesse, de le faire. C'est tout de même démentiel.
Encore un mot, Hervé Morin d'Emmanuel Macron, qui multiplie les nominations au poste-clé. Marc Guillaume, on a... Vous n'a rien proposé ? Non, Dieu merci. Mélène Montchalin à la Cour des comptes, écharferant au Conseil constitutionnel, Emmanuel Moulin à la Banque de France. Il s'agit de tout verrouiller pour empêcher que s'il y a une alternance en 2027...
Il y aura alternance.
Oui.
Personne ne... C'est un candidat macroniste. Oui, enfin, personne... Écoutez, même les candidats macronistes, c'est quand même ça qui est extraordinaire. C'est que le bilan est tellement mauvais qu'il n'y a aucun candidat d'Emmanuel Macron, aucun de ses anciens premiers ministres qui fait référence à Emmanuel Macron. C'est extraordinaire. Non, mais Gabriel Attal fait tout pour, grosso modo, se détacher. Vous vous souvenez de l'éclaration d'Edouard Philippe il y a quelque temps. Il lui demandait de démissionner. Bon, voilà. Et sur ce point, il avait raison. Et donc, on est quand même dans un truc assez surréaliste.
Et ceux qui ont été à la tête du pays avec Emmanuel Macron pendant 10 ans font tout pour être le moins entaché. C'est un grand classique, Hervé Morin. Oui, mais attends. Un grand classique de la 5e. Non, non, c'est pas vrai. C'est pas vrai. On n'a pas vu ça pendant des décennies où, grosso modo, il y avait un chef d'État, il y avait une majorité.
Et c'est les anciens premiers ministres
qui se détachent de lui. Oui, mais ils ne se détachaient pas comme ils peuvent se détacher là.
Édouard Philippe et Gabriel Attal, vous avez fait votre choix.
Non, mais ce que je veux dire, c'est que pour l'instant, les Français n'ont pas fait de choix. Que c'est trop tôt. Mais il faut... David Lysnard ne cesse de le dire depuis des mois et des mois. Il faut une primaire. Parce qu'on ne va pas choisir un candidat à l'élection présidentielle. sur des sondages. Vous, comme moi, vous avez vu des gagnants à l'automne qui étaient des grands perdants quelques mois plus tard. Et donc, clairement, ce dont on a besoin, c'est qu'il y ait une première épreuve du feu. Cette première épreuve du feu, c'est la primaire. Machine à perdre, dit-on. Mais c'est faux ! François Fillon avait gagné s'il n'avait pas eu toutes ces conneries. Oui, mais il a perdu.
Enfin, ce n'est pas pour les mêmes raisons. Donc, très clairement, on a besoin d'avoir un système qui ne se limite pas à trois sondages pour dire, ah, mais tiens, celui qui a gagné le sondage à l'automne sera le candidat à l'élection présidentielle.
Elle va de où à où, votre primaire ? Elle va de Gabriel Attal à Bruno Retailleau ? De Taracnafo à Édouard Philippe ?
Elle va, moi, je dis très clairement qu'elle va de Knafo à Gabriel Attal. Si certains ne veulent pas y participer, ils n'y participent pas. Mais, clairement, il faut proposer à celles et ceux innombrables candidats à l'élection présidentielle de pouvoir avoir un premier temps. Vous n'en êtes pas, rassurez-moi. Je vous assure, ma région, ça me va très bien.
Ok, donc vous n'êtes pas candidat à l'élection présidentielle. Est-ce que tout est en place pour un second tour, un affrontement, un rassemblement national, France insoumise, selon vous ?
Non, je ne crois pas à ça. C'est l'affiche qui n'arrivera pas ? Non, non, je pense qu'il y a aujourd'hui suffisamment de nos compatriotes qui souhaitent tout de même un projet politique responsable.
Donc, qui était responsable ?
Les deux sont irresponsables.
Vous renvoyez dos à dos ?
Je renvoie plus encore Mélenchon que Le Pen, mais...
C'est-à-dire qu'au second tour, si c'est le RN et les filles votés ?
Oui, ça, je gérerais ça pour moi. Voté quoi ? Ah bah bon ? Écoutez, c'est le... Voté blanc ? Non, je verrai ce que je... Je ne voterai pas Mélenchon, ça c'est sûr.
Et vous voterez RN ?
Non, je pense que je voterai blanc. Donc, vous ne le gardez pas pour vous, vous ne le gardez pas pour vous. Je pense.
Mais les deux projets sont les mêmes ? Encore une fois, est-ce qu'on peut renvoyer dos à dos un parti, le RN, et un autre parti, la France Insoumise, qui dit qu'il ne respectera le résultat, pas le résultat des urbains, qui appelle à la mode insurrection populaire ?
Moi, je pense qu'il y a suffisamment de nos compatriotes qui se disent, on doit rester dans un projet européen complètement refondé, on doit bâtir une Europe de la sécurité et de la défense, on doit revoir les lois sur l'immigration et bâtir un modèle dans lequel on retrouve de la sécurité. Quand on voit que le grand responsable du ministère de l'Intérieur dit qu'il n'y a pas de zone de non-droit, en France, ce n'est même pas la peine de lire l'article, c'est d'office, vous dites que tout ça n'a aucun crédit. Mais qu'il y a des Français qui disent qu'il faut produire de la richesse, il faut nous permettre de travailler,
d'innover et de vivre.
Et ce qui veut dire qu'il faut baisser la dépense publique et les prélèments obligatoires.
Et sur l'immigration, vous dites aussi qu'il faut faire attention, il faut faire les frontières.
Bien sûr, le regroupement familial, bien sûr qu'il faut revenir là-dessus, ça ne fait pas doute.
Vous avez évoqué les questions de sécurité, effectivement, pas de zone de non-droit en France, ça pose question. Il y a des territoires perdus. Nice, encore une fusillade qui a fait deux morts si blessés. Des jeunes qui se battent à 9 ans sur les terrains de foot. On a l'impression qu'il y a une violence généralisée. C'est par quoi ? Par manque d'autorité, manque de fermeté en haut d'État ou pas, Hervé Morin ?
Il y a un peu de tout. Il y a d'abord une question qu'on oublie.
Laquelle ?
L'éducation.
Mais de qui ? Des parents ?
La famille. C'est quand même là où commence l'autorité. C'est là où commencent les règles. Les défaillances, la fragmentation des familles, l'absence de repères. Bon, il y a d'abord quand même... Il faut qu'à chaque fois, on se dise qu'on doit revenir dans un modèle dans lequel on remet la responsabilité au cœur du système. Et la responsabilité, elle est d'abord personnelle, individuelle. Donc il faut des écoles de parents ? Je ne sais pas s'il faut des écoles de parents. Il faut d'abord faire en sorte qu'on se dise que quand il y a des enfants qui sont violents, c'est qu'il doit y avoir déjà un problème dans la famille.
Gérald Darmanin, justement, défend son projet de loi de réforme de la justice des mineurs, Hervé Morin, avec pour mesure principale la possibilité de faire passer un jeune par la case-prison des 13 ans au lieu de saison actuellement. Est-ce que c'est une solution pour vous ?
Oui, mais tout ça, vous le faites comment ?
Prévention, répression.
Non, mais c'est voté. Bon, vous le faites comment ensuite ? Vous les avez où, les places de prison ?
Créer des centres spécifiques pour les mineurs.
Vous les avez où ?
Il faut les créer, dit-il.
Mais c'est combien d'années ?
Il dit que ça peut se faire rapidement. Oui, bien sûr.
Les structures transitoires. Ça a été fait, on le voit, ça a été terriblement fait. Aujourd'hui, il n'y a déjà pas de place dans les prisons. Il n'y a pas de place pour les majeurs. Non, mais même dans les sentiers, il n'y a pas de place. Ça n'existe pas. Donc, on fait voter une loi que les magistrats ne peuvent pas appliquer. C'est aussi simple que ça. Parce qu'il n'y a aucune capacité de détention, d'accompagnement judiciaire de ces membres. Donc, on va faire plaisir, considérer qu'en effet, la responsabilité pénale est abaissée. Mais derrière, comment on l'applique ? Dans un pays, on revient sur le même sujet, toujours le même.
C'est que comme on n'a pas fait de choix et qu'on a dépensé avec des transferts sociaux gigantesques, etc. On a une justice qui a, je crois, de mémoire, le 26e budget en Europe.
Et là encore, promesse non tenue du président Macron, la création du nombre de prisons, 15 000 a été promise.
C'est-à-dire que là, quand on parle de loi Notre-Dame, s'il y a bien un sujet sur lequel il devrait y avoir une loi Notre-Dame, c'est la capacité de pouvoir construire des établissements pénitentiaires rapidement.
Hermé Morin, dernière question. Le Sénat a rejeté la proposition de loi sur l'aide à mourir. C'est le gouvernement qui va désormais retourner vers l'Assemblée nationale. Le président des Républicains, Bruno Retailleux, appelle à un référendum. Est-ce que vous êtes favorable ? Est-ce qu'il faut donner la parole aux Français sur ce sujet éminemment ?
C'est un sujet éminemment intime. Moi, j'étais favorable, pour tout vous dire, au nom de la liberté. Euthanasie. J'y étais. J'ai beaucoup, beaucoup lu, j'ai beaucoup écouté. Et maintenant, j'ai d'énormes doutes sur le sujet. Parce que... Voir que vous y êtes opposé. Oui, je ne voterai pas à l'heure actuelle. Pourquoi ? Parce que la capacité de mettre fin à ces jours sur une infection grave, en phase avancée, vous vous dites, mais ça s'arrête où et quand ? Et ça commence où ? Et ça commence où ? Les pressions sociales, les pressions familiales, le fait que dans tous les pays où ça a été ouvert, on constate qu'il y a des différences absolument gigantesques en fonction de votre milieu social.
Plus vous êtes pauvre, plus on fait appel à l'euthanasie. Et qu'au bout du compte, quand vous interrogez beaucoup de personnes, notamment des médecins, qui vous disent, mais les gens sont toujours favorables tant qu'ils sont en bonne santé. Et puis le jour où ils ont des problèmes de santé, voilà, on se bat, quoi. On ne veut pas mourir. Et donc, en fait, derrière tout ça, derrière tout ça, il y a un sujet. Est-ce qu'on est capable d'accompagner les soins palliatifs qui sont malades ? Et on a le sentiment que cette loi a été votée parce qu'on n'a pas les moyens, là non plus, de pouvoir assurer des soins palliatifs dans tous les départements de France.
Ce qui est inacceptable. Merci beaucoup Hervé Morin. C'était votre grande interview sur CNES et sur Europe 1. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada