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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 2 avril 2017 93 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Pierre Laurent : je souhaite "un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Attaque 42 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Pierre Laurent, à trois semaines du premier tour, vous espérez encore réussir à mettre la gauche d'accord.

  • 12:49OuverteRéponse directe

    Pierre Laurent, avec sincérité, réponse à ce portrait de Karine Bécard.

  • 23:54OuverteRéponse directe

    Pierre Laurent, la CGT a été dépassée par la CFDT. C'est désormais la CFDT qui est le premier syndicat chez les salariés du privé.

  • 26:34RelanceRéponse partielle

    Pierre Laurent, vous parlez d'un syndicalisme de lutte à propos de la CGT. Est-ce que, justement, à force de trop de radicalité, ce n'est pas justement ça que les salariés du privé ne veulent plus voir dans le syndicalisme ?

  • 28:45OuverteRéponse directe

    Pierre Laurent, Sophie a trouvé les militants communistes un peu mous du genou quant à porter la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

  • 32:36OuverteRéponse directe

    Vous parlez de sincérité, on va mettre votre sincérité à l'épreuve avec Athème.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 13:05Invité politiqueFait
    « Jean-Luc Mélenchon, qui est le candidat que nous soutenons, est aujourd'hui le candidat qui porte les espoirs de la gauche. »
  • 13:21Invité politiquePromesse
    « Je souhaite un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour de l'élection présidentielle. »
  • 13:35Invité politiqueFait
    « Et la deuxième, c'est que si nous l'emportons, il faut construire une majorité. »
  • 15:32Invité politiqueFait
    « Ceux qui gouvernaient ont décidé d'engager le sabordage du Parti Socialiste. »
  • 25:23Invité politiqueFait
    « Ce syndicalisme de lutte, il est en échec. »
  • 26:53Invité politiqueFait
    « Tout ce qui existe dans notre pays de progrès social a toujours été obtenu par des luttes. »
  • 29:52Invité politiqueFait
    « Pour être à l'aise dans une campagne, il faut être respecté. »
  • 30:23Invité politiqueFait
    « Initialement, les cadres du Parti communiste n'ont pas voté en faveur d'une candidature de Jean-Luc Mélenchon. »
  • 35:08Invité politiqueChiffre
    « Il y avait 10 députés communistes et du Front de Gauche à l'Assemblée nationale. Il en faut beaucoup plus pour constituer une majorité. »
  • 36:24Invité politiqueFait
    « Nous ne voulons pas une République présidentialisée. Nous nous battons pour la VIème République. »
  • 36:42Invité politiqueFait
    « D'où l'usage du 49-3 qui a court-circuité des députés de la majorité. »
  • 39:08Invité politiqueFait
    « Non, mais ce n'est pas comme ça que la question se pose. »
  • 41:48Invité politiqueFait
    « Ou le Front National avec des conséquences catastrophiques sur le pays, avec des replis nationalistes et xénophobes extrêmement problématiques qui menaceront probablement la sécurité du continent et peut-être celle du monde. »
  • 42:02Invité politiqueFait
    « Imaginons ce que serait le monde avec Trump dirigeant les États-Unis, Marine Le Pen en France, le Brexit en Grande-Bretagne, Erdogan et Poutine. »
  • 43:27Invité politiqueFait
    « la CFDT au pouvoir dans l'entreprise. »
  • 43:43InvitéFait
    « La CFDT, elle se droitise comme se droitise le PS. »
  • 48:22Invité politiqueChiffre
    « Les 50 premières fortunes françaises cumulent 245 milliards de patrimoine. »
  • 48:23Invité politiqueChiffre
    « Les 10 premières, 160 milliards d'euros de patrimoine. »
  • 56:03Invité politiqueFait
    « En réalité, j'ai été trop gentil avec certains individus que nous avons recrutés. »
  • 56:41Invité politiqueFait
    « une subvention pour ça, du sénateur que j'étais et que je suis, une subvention pour l'association dans laquelle elle est, paraît-il, bénévole, c'est-à-dire les restaurants du cœur »
  • 58:50Invité politiqueFait
    « Les 500 000 euros qu'on m'a reproché d'avoir rendus à Jean-Claude Godin, eh bien, je ne le lui ai pas rendu. Il me les a pris et il a pris le double, le double à Samia Ghali »
  • 1:08:32Invité politiqueChiffre
    « la dévaluation de la livre Sterling, si l'on en croit l'INSEE anglais, eh bien, a entraîné une croissance en 2016 en Grande-Bretagne de 1,8% pendant que la France est à 1,1%. »
  • 1:14:07Invité politiqueChiffre
    « une politique d'immigration massive qui coûte aux Français environ 70 milliards d'euros par an »
  • 1:14:12Invité politiqueChiffre
    « nous avons estimé que nous pouvions déjà économiser une quinzaine de milliards d'euros sur la première année »
  • 1:14:44Invité politiqueFait
    « les allocations familiales pour les étrangers »
  • 1:15:10Invité politiqueFait
    « Je le confirme »
  • 1:15:07Invité politiquePromesse
    « nous supprimerons vos allocations familiales »
  • 1:15:13Invité politiqueFait
    « Si ces gens travaillent les allocations familiales ça dépend de la fiche de paye je travaille j'ai droit »
  • 1:15:45Invité politiqueFait
    « en France c'est la politique une politique tournée non pas vers la couleur de peau mais vers la couleur du drapeau »
  • 1:16:33PrésentateurFait
    « la retraite à 60 ans »
  • 1:16:49PrésentateurFait
    « vous souhaitiez augmenter les seuils sociaux par exemple encadrer l'activité syndicale »
  • 1:16:55PrésentateurFait
    « défiscaliser les heures supplémentaires »
  • 1:19:02Invité politiqueChiffre
    « 6 millions de chômeurs 9 millions de pauvres dans ce pays »
  • 1:21:36Invité politiqueFait
    « l'alternative patriote incarnée par Marine Le Pen »
  • 1:24:17Invité politiqueFait
    « chaque pays doit prendre sa part de lutte contre la pollution »
  • 1:25:34Invité politiqueFait
    « des études ont démontré que puisque la voie n'est pas couverte il paraît qu'on n'a pas d'argent et bien que 58 logements il y aurait un taux de pollution et de bruit largement supérieur aux normes »
  • 1:27:16Invité politiqueFait
    « je confirme oui je t'en foutrai du vivre ensemble »
  • 1:28:51Invité politiqueFait
    « la réalité veut qu'il y ait un communautarisme effréné qu'il y ait une violence et une insécurité qui en découle »
  • 1:31:37PrésentateurChiffre
    « 100 000 étrangers qui basculent chaque année dans la nationalité française »
  • 1:31:48PrésentateurPromesse
    « ils mettront fin »

Temps de parole

  • Présentateur92 %
  • Présentateur 23 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Soyez les bienvenus dans Questions politiques, questions politiques spéciales élections présidentielles avec deux invités aujourd'hui. De midi et quart à 13h, Pierre Laurent, premier secrétaire du Parti communiste français et sénateur de Paris. Puis de 13h15 à 14h, Stéphane Ravier, sénateur Front National, maire du 7e secteur de Marseille. Vous pourrez les interroger dès midi 30 au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr ou via Twitter, mot-clé, questions Paul, questions au pluriel. France Inter, questions politiques, Frédéric Métisot. Et avant de retrouver Pierre Laurent, notre semaine politique et pour commencer le regard des humoristes d'Inter sur la campagne.

Jeudi matin, dans le 7-9, Charline Von Anacker constatait que les ralliements vers Emmanuel Macron commençaient à être embarrassants. Et pourtant, il est l'un des candidats les plus accueillants envers les réfugiés. Mais il n'est pas encore au pouvoir qu'il doit déjà fermer les frontières de son parti pour éviter l'affluence des migrants socialistes. On dirait que seul Ferrino va fermer son site de production et qu'on demande au preneur Macron de reclasser les salariés. Il va y avoir des déçus. Tout le monde veut en être. Le candidat d'En Marche est obligé de filtrer l'entrée. Bientôt, pour être un soutien, il faudra porter un bracelet comme en soirée.

Le candidat est devenu ferme et il demande aux membres du PS de quitter leur étiquette socialiste s'ils intègrent le mouvement. Une injonction qui épargne le modem. Les centristes ont droit à un traitement de faveur. Eux peuvent conserver leur étiquette et ça c'est bien la première fois que c'est hyper classe d'être au modem. Bayrou, Kayre, VIP, c'est inattendu. Sinon pour les autres, il faut passer à un barrage filtrant. Désormais, quand on veut entrer au QG d'En Marche, c'est fouille au corps obligatoire pour tout le monde. La dernière fois qu'ils ont chopé Bertrand Delanoé avec une photo de Jaurès dans la poche intérieure, je peux vous dire que ça a chauffé.

A partir de maintenant, tous les membres du PS qui voudront rejoindre En Marche devront montrer qu'ils ont effacé le numéro de Christiane Taubira de leur téléphone. Sage précaution, parce que le pire est à venir pour Macron. Attendez un petit peu que François Hollande soit au courant qu'il y a une élection présidentielle dans trois semaines. Là, à tous les coups, il va lui apporter son soutien. Non, puis avec tous ces ralliements, il y a de moins en moins de place au QG. Déjà que Laurence Haïm doit partager son bureau avec Catherine Laborde. Alors, concernant Emmanuel Valls hier, arrêtez de faire vos effarouchés. Vous vous attendiez à quoi ? Qu'il soutienne Jean Lassalle ?

Non, moi ce qui m'a surpris, c'est qu'il y a encore des gens pour croire que Valls était socialiste. C'est quand même le type du 49-3, il s'en foutait déjà pas mal du Parlement. Alors, deux millions d'électeurs à la primaire, vous pensez ? Quant au choix de combat d'hélices, vous cassez pas la tête, un combat, il apporte son soutien au Lexomil. Et puis de toute façon, Macron prône un renouvellement des visages. Quand tu sais que le sport préféré des personnes âgées, c'est la marche, tu réfléchis un petit peu avant. Si vous voulez des jeunes, il fallait appeler ça en skate. Vraiment bizarre cette campagne. On se dispute pour ne surtout pas recevoir l'héritage de François Hollande.

En 2012, on se disputait l'héritage de Liliane Bettencourt et là c'était déjà plus logique. Charline Vannanacker, tous les jours du lundi au vendredi à 7h57 dans le 7-9 d'Inter. Le zapping politique à présent, zapping signé Elodie Fauret cette semaine. « Mettez vos Stetson et vos Santiago ». Attention, ce film comporte certaines scènes de violence. C'est une grande bourgeoise qui se prétend femme du peuple. Sérieusement, Fillon, Macron, la rupture ? Mais une belle escroquerie, oui, car hier, ils ont abandonné les Français. Et ils recommenceront demain, soyez-en convaincus.

3:33
Invité

Ça devient l'usine de recyclage des opportunistes de tous bords de la politique française.

3:37
Présentateur

Et si la campagne était un western, ce serait sans doute un western spaghetti. Comme dans un Sergio Leone, les héros seraient complexes, à la fois bons, bruts et truands. Et comme dans un Sergio Leone, les balles ne seraient pas à blanc.

3:55
Invité

Est-ce que vous imaginez être exclu du Parti Socialiste ? Parce que vous soutenez Emmanuel Macron ?

3:59
Pierre Laurent

Non. Moi, je serais exclu par ceux qui n'ont respecté aucune règle pendant 5 ans. Non, mais c'est vrai. Le Parti Socialiste ne sera plus comme il a été jusque maintenant, après cette élection présidentielle.

4:11
Invité

Le Parti va exploser ? Ça ne sera plus comme avant.

4:14
Présentateur

Manuel Valls, ex-premier ministre, ex-candidat à la primaire, fait feu de tout bois et de tout bord.

4:20
Invité

Liberté et loyauté sont conciliables, pleinement. Loyauté avec ses valeurs, liberté de prise de parole, oui, quand c'est nécessaire. Et c'est pour ça qu'on est respecté.

4:30
Présentateur

Bialès a le profil type de serial killer. Petit costume cintré, ses airs supérieurs, une espèce de petite main manucurée, sa manière de dire « Oui, c'est la police qui a son travail ! »

4:41
Invité

Oui, effectivement, malheureusement, parler d'un acte de trahison. Je n'ai pas été surpris par la position de Manuel Valls, car j'ai dit qu'ils se ressemblent, s'assemblent. Je suis plus nette que M. Benoît Hamon, car je pense que quand on ne respecte pas la parole donnée, quand les valeurs et les idées passent au second plan, quand les intérêts personnels et l'envie du pouvoir pour le pouvoir sont en premier lieu,

5:06
Présentateur

eh bien on se ressemble et on s'assemble. Trahi par sa droite, Benoît Hamon tend la main à gauche, propose à Jean-Luc Mélenchon une valse sans valse, une danse à deux temps, un pas en arrière, un pas en avant. J'appelle désormais tous les électeurs, les sociodémocrates, mais aussi le Parti communiste, les communistes et Pierre Laurent, les Insoumis et Jean-Luc Mélenchon à réunir leurs forces aux miennes.

5:39
Pierre Laurent

Emmanuel Macron, lui non plus, ne valse pas ni à deux temps, ni à mille temps. Il marche et entend bien marcher seul pour le moment.

6:02
Invité

L'agenda caché des politiciens, je m'en méfie. Nous n'avons pas fait tout cela depuis le 6 avril 2016 pour continuer à faire pareil ou à faire avec les mêmes. Je ne trie pas les soutiens, pas plus qu'on ne trie les bulletins de vote. Mais un soutien vaut une voix, pas une investiture, pas une participation à la campagne, pas une modification de notre programme. Notre liberté, elle tient aujourd'hui au fait que nous ne devons rien à personne d'autre qu'aux Français. Tu vois, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses.

6:37
Présentateur

Valls, soutien de Macron, propose des compromis avec Fillon. En réalité, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette qui les sépare. Ils font l'aveu que l'UMPS que nous dénonçons depuis des années est une réalité. Comme Bandit, Valls, bientôt vite pas. Même d'avoir gagné l'élection. Le zapping politique western signé Elodie Forêt. Alors, dans questions politiques, nous avons nos bons, nos bruts et nos truands. Je vous laisse décider qui est qui. Bonjour Jean-Baptiste Marteau. Bonjour Frédéric. France 2. Bonjour Arnaud Leparmentier. Bonjour Frédéric. Du journal Le Monde. Bonjour Karine Becker. Moi, je suis le truand. C'est vous qui l'avez dit.

Tiens Karine, qu'est-ce que vous retenez de cette semaine politique encore fort chargée, fort animée ? Moi, j'ai envie de revenir sur la rencontre hier entre Christian Estrosi et Emmanuel Macron. La grande bataille de Christian Estrosi, en tout cas ce qu'il essaie toujours de mettre en scène, c'est son combat contre le Front National, depuis bien sûr les dernières régionales. Voilà officiellement la raison pour laquelle il a reçu hier le candidat d'En Marche.

Sauf que ce n'est pas du tout la stratégie de François Fillon, ça on l'a bien compris, qui ne mord pas tellement les mollets d'ailleurs de Marine Le Pen depuis le début de cette campagne, et qui a confié ses dires la riposte contre le FN à NKM, à Nathalie Kosciusko-Morizet. Donc, grosse divergence de vue entre François Fillon et Christian Estrosi, mais la question c'est de comprendre pourquoi Fillon préfère taper sur Macron, tout simplement parce qu'il pense que ses électeurs à Emmanuel Macron sont influençables, sont récupérables, j'ai presque envie de dire, bien plus que ceux de Marine Le Pen. Le problème, ce sont bien sûr les conséquences que tout cela va avoir sur le second tour.

Si Fillon rate la marche de la qualification, j'ai envie de dire, et Dieu sait que c'est quand même plutôt le scénario en ce moment qui se dégage, on voit mal comment ses électeurs, ceux de François Fillon, iront le 7 mai voter Macron, et donc autant vous dire qu'il y en a une qui doit déjà pas mal se frotter les mains. François Fillon qui a été sifflé d'ailleurs, et Christian Estrosi qui a été sifflé au meeting de François Fillon à Toulon. Mais il a dit qu'il avait été pris dans un guet-apens. Voilà, c'est ce qu'il a dit. Jean-Baptiste Marteau, votre semaine politique. Oui, c'est peut-être de plus en plus la campagne des stratégies surprenantes, pour ne pas dire des erreurs de stratégie.

On le voit à droite avec François Fillon qui s'est un peu enferré dans cette stratégie de la victimisation. On occulte complètement son programme depuis des mois. Mais surtout peut-être erreur de stratégie de Benoît Hamon qui apparaît de plus en plus au grand jour.

9:16
Invité

On voit qu'il s'est enfermé dans une campagne de primaire, qu'il n'a jamais vraiment su ouvrir sa campagne au centre, aux tous les courants du PS.

9:22
Présentateur

Et puis là, ça se voit de plus en plus parce qu'il est non seulement doublé par Jean-Luc Mélenchon dans tous les instituts de sondage et même donné sous les 10% dans certaines enquêtes. Et maintenant, qu'est-ce qu'il fait ? Il appelle de nouveau Jean-Luc Mélenchon à se retirer. Mais derrière lui, alors qu'évidemment la logique voudrait maintenant que ce soit l'inverse, c'est vrai qu'on se demande quand même à trois semaines du premier tour comment tout cela va terminer. Merci Jean-Baptiste. Et Arnaud Leparmentier, comme à votre habitude, vous nous sortez de nos frontières. Je vous sort exactement de nos frontières.

La nouvelle de la semaine pour moi, c'était le Brexit, donc l'activation de l'article 50 par Theresa May. Officiellement, dans deux ans, les Britanniques ne sont pas là. Je dois noter que déjà, le poison du Brexit, comment dire, rentre en Angleterre avec dévaluation, inflation. Ça rend le pouvoir d'achat des gens, ça va continuer. En réalité, ça va durer très longtemps, à mon avis, beaucoup plus que deux ans. Ça peut durer dix ans, comme dit Pascal Lamy. D'habitude, en Europe, on casse des œufs pour faire une omelette. Et bien là, il faut, à partir de l'omelette européenne, retrouver l'œuf britannique. Ça sera de la cuisine anglaise absolument épouvantable.

Quid des expatriés des deux côtés du Channel ? Que va-t-on faire pour acquitter la facture de copropriété ? 60 milliards d'euros, dit la Commission. Quid de la City ? Qu'est-ce qui se passe si on n'est pas d'accord dans deux ans ? Que va-t-il se passer en Irlande ? Je reste persuadé que le Brexit a encore une chance de ne pas avoir lieu quand les Britanniques reprendront leurs esprits et verront ce qu'ils font. Merci Arnaud. Une actualité que va commenter dans quelques instants notre invité Pierre Laurent.

10:46
Invité

Question politique sur France Inter.

10:50
Présentateur

Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Vous êtes sénateur de Paris, vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français et c'est Karine Bécard du service politique de France Inter qui dresse votre portrait. Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Pierre Laurent, à trois semaines tout juste du premier tour de l'élection présidentielle, vous espérez encore réussir à mettre la gauche d'accord. Certes, vous pouvez toujours souhaiter et même rêver d'une vraie discussion entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Pour autant, concrètement, Pierre Laurent, vous savez très bien que matériellement et financièrement, il n'est plus possible d'imaginer le moindre rassemblement.

Le problème, c'est que depuis des semaines, que dis-je, des mois, vous y travaillez et donc ça n'a pas voulu marcher.

11:29
Invité

Pourquoi ? Parce qu'il aurait fallu peut-être parler un peu plus fort, un peu plus vite aussi. Vous, Pierre Laurent, qui après cette année passée à la tête du PC, continuez à vous montrer si humble et si discret.

11:42
Présentateur

Vous apparaissez pourtant, paradoxalement, plutôt solide sur vos idées et intraitable quand il s'agit d'amitié, de solidarité et surtout de sens des responsabilités. C'est ce qui a d'ailleurs guidé tout votre parcours de militant communiste comme de journaliste. Vous, l'ancien directeur de l'Humanité, devenu sénateur, avez toujours été un homme d'écoute et de compromis. Mais que voulez-vous concrètement ? Contrairement à votre père, Paul Laurent, l'ancien bras droit de Georges Marchais, il est incontestablement trop tard pour parvenir, comme lui, à négocier un programme commun avec toute la gauche réunie.

Et cela, Pierre Laurent, d'autant que même avec Jean-Luc Mélenchon, vos relations ne sont pas vraiment très claires et ça fait un moment que ça dure.

12:26
Invité

C'est vrai, vous vous êtes beaucoup investi il y a neuf ans maintenant dans la création du Front de Gauche. Mais la proximité que vous avez eue tous les deux est aujourd'hui abîmée. Et ce ne sont pas vos embrassades publiques il y a qu'un jour pour célébrer une sixième république qui ont pu rassurer. Tout cela avait l'air trop bien huilé.

12:44
Présentateur

Et vous ne direz pas le contraire, Pierre Laurent, vous qui aimez tant la sincérité. Pierre Laurent, avec sincérité, réponse à ce portrait de Karine Bécard. Non, le portrait est assez fidèle à ce que je suis. La situation, elle est très simple aujourd'hui, alors qu'il est. Avec Jean-Luc Mélenchon ? Non mais Jean-Luc Mélenchon, qui est le candidat que nous soutenons, est aujourd'hui le candidat qui porte les espoirs de la gauche. Alors effectivement, moi je souhaite un accord des forces de gauche, si possible, avant le premier tour de l'élection présidentielle. Pourquoi ? Pour deux raisons. La première, c'est que je m'en voudrais qu'on rate la marche de la qualification au deuxième tour.

Alors que je pense qu'aujourd'hui, les conditions d'une victoire qui paraissait improbable il y a quelques mois sont en train de se réunir. Et la deuxième, c'est que si nous l'emportons, il faut construire une majorité. Et cette majorité politique, à moins qu'on me démonte le contraire, elle rassemblera les communistes, la France insoumise, des socialistes qui ont fait le choix de la rupture avec la période Hollande-Waltz, des écologistes, des citoyens de toute la gauche qui se réinvestiront. Donc vous appelez Benoît Hamon à se rallier à Jean-Luc Mélenchon puisqu'il est devant. Vous savez, moi j'ai toujours contesté la notion de ralliement.

Je l'ai contesté pour moi-même et pour mon parti et je la conteste pour toutes les forces de gauche. Je pense que qui veut construire une majorité doit respecter les uns et les autres. Alors qui doit se retirer. Je pense qu'aujourd'hui, effectivement, s'il y a une candidature commune, on voit bien que la dynamique est en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Mais ça doit passer pour moi par un accord politique. C'est pour ça d'ailleurs que cette semaine, j'appelais, bon manifestement ça n'aura pas lieu, j'appelais à une rencontre à quatre pour en créer les conditions. On ne va pas comme ça aller à l'élection présidentielle puisque chacun campe sur ses positions.

Donc moi je vais porter le plus haut possible la candidature de Jean-Luc Mélenchon en espérant qu'elle franchisse le cap de la qualification deuxième tour et créer les conditions d'une majorité politique autour de lui. Jean-Baptiste, vous parlez encore de rencontre, peut-être que quelqu'un retire sa candidature. Nous sommes à trois semaines du premier tour. D'accord, mais la vie ne va pas s'arrêter le 23 avril. Et comme je viens de le dire, il faudra construire, il faudra de toute façon, si nous ambitionnons de gagner, je crois que c'est l'ambition qui est de plus en plus à l'ordre du jour, eh bien il faut bien construire une majorité politique.

15:19
Pierre Laurent

Vous parlez déjà de la reconstruction de la gauche.

15:21
Présentateur

Donc ces forces politiques-là, diverses, doivent se parler. On va manifestement vers, on voit bien l'éclatement du Parti Socialiste. Certains ont décidé de le saborder. Ça n'est pas pour moi une surprise parce que j'ai toujours pensé que ceux qui gouvernaient ont décidé d'engager le sabordage du Parti Socialiste. Quand Manuel Valls a été nommé Premier ministre et j'avais diagnostiqué cette situation, j'étais même allé le dire très directement aux militants socialistes réunis à l'université d'été du Parti Socialiste qui avaient suivi. Et je les appelais déjà à travailler avec nous à une nouvelle majorité politique.

Eh bien nous y sommes et je pense que ces forces doivent se causer plus que jamais. Vous savez très bien qu'aucun candidat ne se retirera à gauche. Benoît Hamon, le Parti Socialiste ne vont pas mettre fin à leur aventure et Jean-Luc Mélenchon non plus. Donc la vraie question c'est, est-ce que la gauche sera qualifiée au second tour pour cette élection ? Vous avez raison, la question est celle-là, parce que moi je souhaite vraiment que nous évitions un piège pour les femmes et les hommes de gauche et pour ceux qui souhaitent du progrès social, qu'il soit un deuxième tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui priverait les femmes et les hommes de gauche d'un vrai choix.

Donc pour éviter cela, il faut effectivement travailler à la qualification de la gauche. C'est pour ça que je pense que vu que la dynamique forte qui se confirme ces jours-ci en faveur de Jean-Luc Mélenchon est là, et à laquelle nous travaillons, eh bien je pense qu'un accord nous aurait aidé à franchir cela. Si cet accord n'est pas possible, et manifestement il ne va pas l'être, eh bien nous aiderons à ce que la gauche soit malgré cela le plus haut possible. Alors effectivement, il y a une dynamique en ce moment, Mélenchon, il a changé de style, il a plutôt changé de ton. On apprend même ce matin dans le JDD qu'il a changé de nature. Vous le reconnaissez toujours Jean-Luc Mélenchon ?

Mais Jean-Luc Mélenchon, je crois, n'a pas changé. Vous le connaissez aussi bien que moi. Il ne chante plus d'international à la fin du meeting. Vous avez tort. À la grande marche de la Bastille, l'international a été chanté à la fin de ce rassemblement. Mais manifestement, je pense que vous n'étiez pas à la marge de la Bastille. Est-ce que rassembler la gauche ? Est-ce que l'ambition de Mélenchon, c'est de rassembler la gauche ou de rassembler le peuple ? Mais est-ce qu'il y a une différence si grande entre les deux ? La gauche n'a été forte dans ce pays et n'a entraîné le progrès social que quand elle avait les forces populaires avec elle.

Donc moi, je crois que ça n'est pas contradictoire. Je ne vois pas pourquoi on opposerait. Une gauche véritable, c'est une gauche qui est soucieuse des intérêts populaires et donc effectivement qui fédère le peuple autour d'un projet d'égalité, de justice sociale, de paix, qui sont les grandes valeurs de la gauche, de fraternité, qui sont plus que jamais à l'ordre du jour. Quand même, quand j'entends votre discours de paix, etc., on a un Jean-Luc Mélenchon qui se... Alors, réjouit, le mot est sans doute un peu fort, mais qui se satisfait largement de l'éclatement du PS, qui aimera bien l'éclatement du PC, qui va même jusqu'à souhaiter l'éclatement du parti de gauche.

On voit bien qu'il veut reconstruire complètement quelque chose. Donc comment vous réussissez, vous encore, à être derrière lui ? Je le répète parce que je crois que chacun peut avoir son idée sur l'après-présidentiel. Il est peut-être un peu tôt pour en parler. Parce qu'il faut d'abord quand même gagner l'élection présidentielle et ensuite les élections législatives. Parce que sans majorité législative, je ne vois pas comment on pourrait mettre en œuvre la politique qu'on prétend pouvoir mener. C'est d'ailleurs une question à laquelle, actuellement, ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen ne répondent.

Donc moi, je crois que la question de la nouvelle majorité politique que nous voulons constituer est importante. Et dans cette majorité, pour moi, il est clair que le parti communiste, mais sans prétendre à aucune hégémonie, mais le parti communiste est une force qui comptera avec des députés, avec des élus locaux, avec des militants qui sont sur le terrain et qui sont beaucoup en ce moment, et puis d'autres forces compteront. Je ne sais pas comment elles seront composées, parce qu'on voit bien que tout est en train de bouger. Mais est-ce que le leader naturel de la gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon ? Mais moi, les leaders naturels, ni à gauche ni à droite, ça n'existe pas.

C'est mieux pour gagner le pouvoir. Le leader est doublé par le premier tour. Moi, ma conception de la politique n'est pas celle qui s'organise autour d'un chef. Je sais bien que c'est très à la mode, que c'est très porté par la présidentialisation de la vie politique, mais moi, ma conception de la politique est différente. Je pense que la France peut être intelligente si elle sait mettre en œuvre l'énergie collective de ses citoyens. Moi, je parcours le pays en ce moment. Il y a beaucoup d'intelligence citoyenne. Il y a beaucoup d'innovation démocratique. Il y a beaucoup de gens qui ne se résignent pas à cette situation.

Celui qui saura gouverner la France et en faire un pays qui se hissera au-delà de la crise actuelle et qui peut-être peut redonner du sens aussi à l'Europe, eh bien, c'est un pays qui comptera sur cette énergie collective. Et si nous voulons des processus démocratiques, nous qui sommes, avec Jean-Luc Mélenchon, pour une sixième république, ce n'est pas pour reproduire la culture du chef. Parce que c'est précisément cette culture-là, la culture de la cinquième république qui a mis notre pays en crise démocratique grave. Pierre-Laurent, on a deux minutes avant la pub. Qu'est-ce qui ne marche pas avant la coupure ? Qu'est-ce qui ne marche pas en cette année 2017 ?

Sauf à considérer qu'Emmanuel Macron est un candidat de gauche. Il n'y a pas plus de candidats de gauche qu'en 2012. Pourquoi cette année, c'est si difficile pour la gauche ? Pourquoi ? Donnez, je ne comprends pas votre question. On avait François Hollande pour le PS, on a Emmanuel, on a Benoît Hamon, on avait Jean-Luc Mélenchon, on a toujours Jean-Luc Mélenchon, on n'a même pas de candidats verts. Il n'y a pas plus de candidats de gauche revendiqués en 2017.

Oui, mais ce qui se passe, il y a dans la situation un fait nouveau qui est le très haut niveau du Front National, qui est une menace grave et qui, je crois, pousse les femmes et les hommes de gauche, très naturellement, à chercher une voie rassemblée et non pas la dispersion. Mais elle n'est pas plus dispersée qu'il y a cinq ans, la gauche. Donc moi, je crois que cette voie rassemblée, elle aurait pu se construire, et se construire autour d'un pacte de majorité. Elle est en train de se construire par élimination des uns et des autres, par le forçage de la présidentialisation de la vie politique. Mais, je le répète, il faudra derrière construire la majorité nécessaire.

Mais c'est certain que chez les femmes et les hommes de gauche, je les rencontre tous les jours en ce moment, j'étais encore sur un marché dans le 20ème hier matin, cherchent la voie du rassemblement, parce que chacun comprend que face à la menace qu'il y a en face, il faut aller à la bataille rassemblée. C'est pour ça que je crois que la dynamique qui vient de se cristalliser ces dernières semaines autour de Jean-Luc Mélenchon, je crois, maintenant, va s'amplifier. Un petit mot sur cette dynamique. On a connu la même, il y a cinq ans, autour de Jean-Luc Mélenchon, qui, dans les quelques dernières semaines, juste avant le premier tour, était déjà à 17% et finalement a fini à 11%.

Vous oubliez de dire qu'à l'époque, dans toutes les intentions de vote, il y avait un candidat socialiste qui s'appelle François Hollande et qui était donné devant lui. Aujourd'hui, le candidat socialiste est donné loin derrière Jean-Luc Mélenchon. Donc la situation n'est pas du tout la même. Très bien, Pierre Laurent, fin de cette première partie de questions politiques. On se retrouve dans quelques instants. Vous serez interpellé par les auditeurs de France Inter, par les téléspectateurs de France Info et par les lecteurs du monde au 01 45 24 7000 pour intervenir en direct à l'antenne.

Sur Twitter, mot-clé, question Paul, question au pluriel et également par courrier électronique sur franceinter.fr. A tout de suite. Merci d'être avec nous dans Questions politiques, l'émission de France Inter, France Info et du quotidien Le Monde avec deux invités aujourd'hui. À 13h15, nous recevrons Stéphane Ravier. Il est sénateur Front National et maire du 7e secteur de Marseille. Et dès maintenant, avec nous, avec vous, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français, sénateur de Paris. Pierre Laurent, les auditeurs pourront vous interpeller, vous interroger, vous questionner.

Ils sont déjà là au 01 45 24 7000 sur Twitter, mot-clé, question Paul et par mail sur franceinter.fr. Mais tout de même, on va revenir avant d'entendre nos auditeurs et téléspectateurs sur cet événement historique qui s'est passé cette semaine. Pierre Laurent, la CGT a été dépassée par la CFDT. C'est désormais la CFDT qui est le premier syndicat chez les salariés du privé. Événement historique parce que c'est la première fois. Événement historique tout court qui veut dire beaucoup de choses, non ? C'est le signe d'une évolution. C'est évident dans le syndicalisme, un syndicalisme qui s'est beaucoup éclaté et trop, à mes yeux, ces dernières années.

Ce n'est pas à moi de commenter ces résultats au premier chef. Il faut laisser les organisations syndicales le faire. Le salariat a beaucoup changé. Il s'est beaucoup précarisé. Il a beaucoup éclaté. Moi, je reste attaché, évidemment, vous l'imaginez, à la présence d'un syndicalisme qui soit un syndicalisme de combat et qui soit surtout un syndicalisme attaché à la solidarité entre l'ensemble des travailleurs. Parce que c'est ce qui est mis en cause aujourd'hui. C'est qu'on pousse les salariés à se défendre individuellement, séparément. Et moi, je crois qu'on a besoin de garanties collectives, de garanties pour tous.

Pas seulement d'accords d'entreprise, mais de garanties qui couvrent l'ensemble du salariat. Vous savez, la France en Europe est le pays où le plus grand nombre de salariés sont couverts par des conventions collectives. Et je crois que ça, c'est dû à la présence d'un syndicalisme de lutte dans notre histoire. Ce syndicalisme de lutte, il est en échec. C'est-à-dire que, grosso modo, la CFDT avait fait de la lutte contre la loi El Khomri son cheval de bataille. La CFDT a préféré négocier. Visiblement, les travailleurs du privé, puisque c'est eux qui sont concernés par la loi El Khomri, les travailleurs du privé ont préféré faire confiance à M. Berger qu'à la CGT.

26% des travailleurs du privé votent pour la CFDT, 24 et quelques pour la CGT. Et dans toutes les enquêtes d'opinion, M. Le Parmentier, les travailleurs disent qu'ils restent opposés à la loi El Khomri. Mais ils font plus confiance à la CFDT. Est-ce que c'est un échec pour le Parti communiste ? Qui est sûrement paradoxale. C'est que je crois que les gens attendent, et les travailleurs attendent plus de progrès social, sont très inquiets de la situation. Ils le sont pour eux, pour leurs enfants, pour la jeunesse, et ils ont raison de l'être.

Et en même temps, dans cette situation de difficulté, ils sont souvent poussés à penser que tel ou tel petit accord d'entreprise sera meilleur qu'un accord collectif qui paraît inatteignable. Je crois, moi, qu'il faut rester attaché à une grande ambition sociale collective pour notre pays. Jean-Baptiste Marteau, puis Sophie, que nous prendrons au standard. Mais Pierre Laurent, vous parlez d'un syndicalisme de lutte à propos de la CGT. Est-ce que, justement, à force de trop de radicalité, de refuser systématiquement ou quasi systématiquement de signer des accords, ce n'est pas justement ça que les salariés du privé ne veulent plus voir dans le syndicalisme ?

Écoutez, syndicalisme de lutte, ça ne veut pas dire radicaliser au sens où vous avez l'air de l'entendre. Je vous rappelle que tout ce qui existe dans notre pays de progrès social a toujours été obtenu par des luttes. Si nous avons des congés payés, si nous avons un temps de travail limité, si on ne travaille plus la nuit dans beaucoup d'entreprises, bien qu'on essaye de revenir en arrière sur ça, s'il y a des protections, des comités d'hygiène et de sécurité sur les lieux de travail, c'est parce que des gens se sont battus. Ça n'a jamais été, aucune conquête sociale de notre pays n'a jamais été obtenue autrement que par la mobilisation des salariés. Sous M.

Martinez, la CGT a donné le sentiment de s'être un peu anarchisé, de ne plus être contrôlé, d'être un syndicat fiable comme il l'était quand il y avait les cadres du Parti communiste qui étaient à la CGT. Ça c'est vos anarchisés, c'est vos... Est-ce que la CGT ne paye pas ? Bien sûr, moi qui se réveille.

27:41
Invité

Est-ce que la CGT ne paye pas le fait d'avoir été vue comme un syndicat qui disait toujours non, qui n'était pas contrôlable ? Est-ce que vous regrettez, vous, le temps où le Parti communiste...

27:50
Présentateur

Non mais vous savez très bien que les chiffres qui ont été publiés hier ne sont pas des chiffres qui sont liés à ce qui s'est passé pendant la loi El Khomri. C'est une situation d'évolution avec un salariat qui s'est beaucoup transformé, qui s'est beaucoup éclaté. Une difficulté à la syndicalisation qui est grandissante aussi, parce que ça devient difficile de se syndicaliser dans beaucoup d'entreprises. Ce n'est pas toujours simple. On subit des discriminations quand on se met en avant comme responsable d'une organisation syndicale. Donc tout ça a compliqué les choses et il faut reconstruire. Mais je le répète, je prends acte de ces résultats, comme tout le monde.

Mais moi je dis, puisque vous m'interrogez sans être un responsable syndical, mais je dis aux Français restez attachés à un syndicalisme qui soit un syndicalisme de lutte parce que c'est la condition du progrès social. Pierre Laurent, on va prendre une première auditrice ou téléspectatrice. C'est Sophie qui nous appelle de Paris. Bonjour Sophie.

28:52
Pierre Laurent

Bonjour et bonjour Pierre Laurent.

28:54
Présentateur

Bonjour.

28:54
Pierre Laurent

Vous avez soutenu très tôt la candidature de Jean-Luc Mélenchon et j'en étais très heureuse. Cependant, il a semblé que ce soit beaucoup plus difficile pour vos militants. Et très récemment, j'ai pris un tract du PC sur le marché et il manquait quelque chose comme je ne sais pas, comme l'enthousiasme, comme l'envie d'y aller, comme je ne sais pas. Et je voudrais savoir quelles sont vos divergences avec Jean-Luc Mélenchon ? Qu'est-ce qui fait que c'est si difficile, apparemment, pour vos militants ?

29:25
Présentateur

Merci beaucoup Sophie. Pierre Laurent, Sophie a trouvé les militants communistes un peu mous du genou, pardonnez-moi cette familiarité, quant à porter la campagne de Jean-Luc Mélenchon ? Je crois que les militants communistes aujourd'hui sont au travail un peu partout. Ils mènent la campagne pour Jean-Luc Mélenchon et celle déjà pour les élections législatives. C'est certain que les débuts de la campagne ont été compliqués pour une raison très simple. Je l'ai dit tout à l'heure, ça vaut pour nous. C'est que pour être à l'aise dans une campagne, il faut être respecté. Et ça n'a pas toujours été le cas.

Donc effectivement, il y avait des militants communistes qui auraient souhaité dès le départ, et ils ne se cachaient pas de ça, auraient souhaité une campagne et une dynamique plus collective dès le départ. Et cette situation, elle a dans un premier temps effectivement créé des frustrations. Et franchement, c'est parfaitement respectable. Initialement, les cadres du Parti communiste n'ont pas voté en faveur d'une candidature de Jean-Luc Mélenchon. C'est ce que je dis. C'est qu'au départ, les choses ne se sont pas passées comme beaucoup de militants communistes l'auraient souhaité. Mais expliquez-les. Vous les décrivez. Mais ça, on le sait.

Et donc, pourquoi en fait, ils ont eu du mal la semaine dernière à Jean-Luc Mélenchon ? Parce qu'il est trop autoritaire ? Parce qu'il est trop césariste ? Mais parce que la campagne... Jean-Noël sur Twitter nous parle de populisme racoleur de la part de Mélenchon. Non, mais parce que la campagne... Parce que les communistes, comme je l'ai dit tout à l'heure, sont très attachés au fait que cette candidature et le score qu'elle va réaliser soit mis au service de la construction d'une industrie politique, de la construction d'une majorité, de la construction d'une voie de rassemblement. Et le score qui sera réalisé au premier tour de l'élection présidentielle sera très important.

Il est une étape dans ce chemin de construction. Et donc, notre engagement dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon, auquel finalement les communistes se sont décidés, dans lesquels ils se sont engagés, après notre décision collective, eh bien, il n'a jamais perdu de vue cet objectif-là. Donc, nous ne nous sommes pas ralliés à une personne. Nous mettons notre énergie au service du score de Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir continuer à construire dans cette voie. Parce que nous le savons, il y aura beaucoup de choses à faire, à construire derrière, pour que la vie des Français change.

Il faut bien comprendre une chose, c'est que ce qui a toujours motivé les communistes, ce qui continue de les motiver, ce que certains appellent ma sincérité, comme si c'était quelque chose d'extraordinaire en politique d'être sincère, eh bien, c'est une chose simple. C'est que pour nous, il y a un seul critère. Est-ce que la vie des Français demain va changer ? Est-ce que ceux qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois vont avoir un peu plus de salaire ? Est-ce que les retraites, je manifestais avec les retraités il y a quelques jours, vont cesser de vivre avec 500, 600, 700, 800 euros par mois ? Donc, nous, nous n'oublions pas ça.

Or, pour que ce soit possible demain, il faudra une majorité au Parlement, il faudra un engagement qui soit fort et construit. Et c'est ce qui nous motive en toutes circonstances. Vous parlez de sincérité, on va mettre votre sincérité à l'épreuve avec Athème. Bonjour Athème. Oui, bonjour à tous. Vous vous intéressez, vous, à la suite, c'est-à-dire aux législatives, déjà ? Oui, complètement. J'aurais juste, s'il vous plaît, une petite remarque à faire plutôt à l'équipe, particulièrement M. le Parlementier. Quand vous parlez des effets du Brexit, ce serait bien aussi de dire qu'au Royaume-Uni, le chômage n'a jamais été aussi bas depuis les années 70.

Donc, on livre à vous d'insulter les électeurs. Ah oui, oui, bien sûr, vous avez raison. C'est un fait. On livre à vous d'insulter les électeurs, mais vous ne comprenez pas à quel point vous favorisez le vote Front National avec ce genre de propos condéfendants. On va rester concentré sur le Parti communiste, si vous voulez bien Athème. Oui, complètement. Alors, M. Laurent, je vais vous parler d'un cas concret. Vous parlez depuis tout à l'heure de rassemblement. Excusez-moi, mais j'ai du mal à y croire. Donc, moi, je vote dans la sixième circonscription de Paris. Dans la sixième circonscription de Paris, la députée sortante, c'est Mme Duflo, contre qui le PS a investi Mme Houmer.

Et vous, vous mettez M. Tiberty contre Mme Simonnet et des Insoumis. Donc, il y a quatre candidats de gauche. Et vous me parlez de rassemblement. Excusez-moi, j'ai du mal à vous croire. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par rassemblement. Si vous faites, vous alimentez la division. Merci beaucoup, Athème. Au sein de la gauche. Et surtout que le plus important cette année,

33:56
Pierre Laurent

c'est les législatives et pas la présidentielle. Merci beaucoup, Athème.

33:59
Présentateur

On a bien noté votre question. Je vais la résumer parce que le temps passe et il y a d'autres personnes au standard. Pierre-Laurent, Athème, vous demande pourquoi la gauche présente, en tout cas, à l'heure où nous parlons, quatre candidats dans la sixième circonscription de Paris. La verte, Cécile Duflo, une candidate socialiste, une candidate mélanchoniste et donc un ou une candidate communiste. Effectivement, on a vu mieux côté unité. Et ça se reproduit dans d'autres circonscriptions. Mais cette sixième circonscription, je la connais bien. C'est celle dans laquelle j'habite, puisque je suis du 20e arrondissement. Voilà, on est à cheval sur le 30e et 20e arrondissement de Paris.

Et je serai demain soir dans une initiative pour soutenir le candidat Adrien Thiberty qui va porter nos couleurs. Là, la gauche avait une pémieté. Non mais quand nous arriverons aux élections législatives, d'abord il faudra voir dans quelle situation nous sommes à l'issue de l'élection présidentielle. Ce qui est certain, c'est que l'objectif pour lequel nous, nous travaillons, c'est de monter considérablement le nombre de députés de gauche dans l'hémicycle qui seront décidés à mener une politique de changement. Donc ça passe, entre autres, par le fait qu'il faut plus de députés communistes. Il y avait 10 députés communistes et du Front de Gauche à l'Assemblée nationale.

Il en faut beaucoup plus pour constituer une majorité. Il faudra aussi des députés de la France insoumise. Il faudra aussi des députés écologistes, des députés socialistes attachés à mener avec nous des politiques de sortie de l'austérité. Jusqu'à présent, il y avait des accords. Il peut faire tout en concurrence quand même. Ils peuvent, dans un certain nombre de circonscriptions, être en concurrence parce que ça fait partie aussi du jeu démocratique. On peut aussi avoir des accords. La logique, et moi je le souhaite, c'est que pour commencer, les candidatures du Parti communiste et du Front de Gauche et celles de la France insoumise convergent.

Cette discussion n'a à ce jour pas été possible parce que la France insoumise jusque-là a en fait souhaité attendre le résultat de l'élection présidentielle. Nous nous disons que c'est trop tard parce que la question des élections législatives, c'est trop tard de discuter à ce moment-là. Et nous aurions le souhaité avant. Pourquoi ? Parce que la question des élections législatives doit être mise dans le débat dès maintenant, comme le disait d'ailleurs votre auditeur. Pourquoi ? C'est une grande question démocratique. Nous, nous ne voulons pas une République présidentialisée. Nous nous battons pour la VIème République.

Nous ne voulons pas un Parlement demain qui rende des comptes au président de la République. Nous voulons un Parlement qui demain rende des comptes au peuple, à ceux qui l'ont élu. Ce qui n'a pas été fait dans le mandat écoulé et qui a été une des sources de la crise politique. D'où l'usage du 49-3 qui a court-circuité des députés de la majorité. Donc pour avoir des députés qui soient fidèles à leurs engagements, tout le mandat, eh bien il faut que les forces politiques, notamment la nôtre, puissent aller devant les électeurs demander cette confiance. Mais est-ce que justement Jean-Luc Mélenchon... Et partout où des accords seront possibles, nous nous sommes disponibles.

Est-ce que justement Pierre-Laurent, Jean-Luc Mélenchon, n'essaie pas un peu de vous tordre le bras en mettant des candidats de la France insoumise partout, d'avoir son parti, un peu hégémonique sur toute la gauche de la gauche et de vous forcer à retirer vos candidats ? Écoutez... De faire ce que Mitterrand a fait il y a une trentaine d'années. Écoutez, je vais vous dire une chose sur les élections législatives. J'entends beaucoup de déclarations, pas seulement du côté de la gauche, mais aussi dans toutes les familles politiques. Par expérience, je peux vous dire qu'être présent sur tout le territoire, ça n'est pas si simple que ça.

Entre tous ceux qui disent qu'il va y avoir 577 candidats de leur formation et la réalité, il y aura une différence.

37:36
Invité

Donc vous comptez sur les difficultés...

37:37
Présentateur

Les communistes ont une forte implantation locale. Et je dis que cette implantation locale, leur enracinement militant, la valeur et la sincérité de leurs élus, leur éthique aussi, leur éthique par les temps qui courent, ça compte un peu quand même, si j'ai bien compris ce qui s'est passé. ces dernières semaines. Eh bien, tout cela, ce sont des atouts pour gagner. Vous voulez combien de candidats pour le Parti communiste ? 577 circonscriptions, vous en voulez combien ? Nous, nous sommes prêts, nous sommes prêts à en présenter partout. Et nous savons le faire, nous l'avons presque toujours fait dans toutes les élections législatives.

Et ça participe justement de la constitution d'une gauche forte dans ce pays.

38:18
Pierre Laurent

Donc s'il n'y a pas d'accord, vous aurez des candidats partout.

38:20
Présentateur

Mais s'il y a des accords possibles, notamment pour permettre l'élection du maximum de députés, nous sommes disponibles. Par exemple, là où nous avons des députés sortants, ou là où nous les avons ratés à très peu de choses en 2012, chacun peut juger, parmi les forces du Front de Gauche, de la France insoumise à gauche, de la qualité de ces députés, de leur engagement sans faille. Eux ont tenu leurs engagements pendant 5 ans. Pourquoi aller présenter des candidats contre eux au risque de mettre en cause leur élection ? Nous ne le comprenons pas. Vous pensez par exemple à Henri Chassagne, candidat en Auvergne ?

Et donc c'est un sujet, c'est un obstacle à des accords plus larges qu'il faut lever. Vous envisagez une bascule d'alliance ? Monsieur Laurent, est-ce que vous envisagez une bascule d'alliance ? Là, vous êtes allé avec Mélenchon. Est-ce que vous envisagez d'aller signer des accords non plus avec Mélenchon mais avec le Parti Socialiste sous la houlette de Benoît Hamon ? Non, mais ce n'est pas comme ça que la question se pose.

Moi, je vous ai dit tout à l'heure et c'est vrai pour les élections législatives que la majorité politique à laquelle moi je travaille, c'est une majorité qui devra compter des communistes, le Front de Gauche parce que ça existe encore sur le terrain, le Front de Gauche avec des forces plus larges que les seules forces du Parti Communiste ou d'ensemble, des députés d'ensemble, des députés de la France Insoumise et je crois aussi pour constituer une majorité des députés écologistes et des députés socialistes de gauche. Ce que sera le Parti Socialiste au moment des législatives, accordez-moi que ce n'est pas extrêmement lisible alors qu'il est. Donc, on verra tout ça.

Mais ce qui est certain, ce qui est certain, c'est que dans cette force-là, dans cette majorité à construire, une des forces qui doit gagner des députés, c'est le Parti Communiste. C'est une garantie. Une question de Karine Bécard. Ce qui est surprenant tout de même, c'est, vu ce que vous venez de dire, donc il y a un certain nombre, effectivement, de députés communistes sortants qui sont pour l'instant mis en concurrence par des éventuels candidats de la France Insoumise, ça pose quand même question, problème sur la relation que vous avez avec Jean-Luc Mélenchon. Ils vous respectent ou pas ? Ils respectent le Parti Communiste ou pas ? Vous comprenez bien que tout le monde...

Ils vous respectent ou pas ? Non, mais tout le monde... Oui, je crois qu'ils nous respectent. Oui, tout le monde a envie que sa force politique, la force qu'il est en train de constituer, soit représentée. Pourquoi est-ce que nous nous battons pour un autre mode de scrutin qui soit la proportionnelle, qui fait partie de nos propositions ? Parce que nous pensons que la démocratie, c'est que chaque sensibilité politique, chaque famille politique, puisse avoir des représentants. C'est ce qui permettrait justement au peuple d'être mieux représenté à égalité dans l'hémicycle. Donc, nous allons travailler à des campagnes et à des accords, si c'est possible, qui permettent ça.

Pierre-Laurent, avant de retrouver Gérard qui patiente au standard, je vous soumets une question que nous envoyait par mail. Manuel, qui est donc auditeur de France Inter et téléspectateur de France Info, qui dit « Vous appelez à un accord à Mont-Mélenchon. Il pointe des vraies divergences entre les deux sur la politique européenne, sur la question syrienne, sur la relation avec Vladimir Poutine. C'est vrai qu'il y a un fossé immense entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon sur ces questions-là. Il n'y a pas un fossé immense entre eux, il y a des points de divergence entre eux. C'est élégant, mais c'est la même chose.

Il y en a entre nous et Benoît Hamon et il y en a entre nous et Jean-Luc Mélenchon. Mais dans la situation dans laquelle nous sommes, c'est-à-dire si nous ne savons pas construire une voie politique ensemble, qu'est-ce qui va l'emporter ? Ou le Front National avec des conséquences catastrophiques sur le pays, avec des replis nationalistes et xénophobes extrêmement problématiques qui menaceront probablement la sécurité du continent et peut-être celle du monde. Parce que, imaginons ce que serait le monde avec Trump dirigeant les États-Unis, Marine Le Pen en France, le Brexit en Grande-Bretagne, Erdogan et Poutine. Moi, ce n'est pas le monde dont je rêve.

Et je pense que ça ne serait sûrement pas un monde de sécurité, mais un monde de grande violence. Donc, c'est où ça, où la poursuite et l'amplification de politiques libérales qui montrent depuis des années, depuis plus de 20 ans, leur échec en Europe et qui ont conduit à la crise politique dans laquelle nous sommes. Donc, moi, je crois qu'avec nos différences, nous pouvons travailler ensemble. Maintenant, évidemment, ces différences, elles feront partie des débats d'une éventuelle majorité.

C'est d'ailleurs pour ça que je crois, moi, que les différentes forces politiques de cette majorité doivent être représentées demain dans l'hémicycle si nous voulons construire intelligemment une nouvelle politique majoritaire. Comme promis, on va au standard où nous attend Gérard. Bonjour Gérard. Oui, bonjour à tous. Vous êtes à Riec-sur-Bellon. C'est dans quel département, d'abord ?

42:58
Pierre Laurent

Depuis un certain temps, on va dire que la France se droitise quand même.

43:03
Invité

J'en veux pour preuve, moi, en tant qu'ancien syndicat au départ CFDT

43:08
Présentateur

que j'ai quitté pour retrouver la CGT. Entre-temps, il y avait un syndicat très fort là où je travaillais dans une grande société d'aéronautique et il y avait un syndicat maison

43:20
Invité

qui s'appelait la CGC et à un moment donné, la direction a amené carrément

43:27
Pierre Laurent

la CFDT au pouvoir dans l'entreprise.

43:30
Présentateur

Et donc votre question, Gérard ?

43:31
Pierre Laurent

Le syndicat maison, en fait, n'a même pas fait de campagne ni quoi que ce soit. Donc ça me fait penser qu'à un moment donné,

43:38
Invité

la CFDT n'est plus à gauche. La CFDT, elle se droitise comme se droitise le PS. C'est cousu de fil blanc.

43:48
Présentateur

Merci Gérard de Riec-sur-Bellon dans le Finistère. Pierre Laurent, la montée en puissance de la CFDT est-elle une manifestation d'une présumée droitisation du pays comme nous le dit Gérard ? Moi, je crois qu'il faut faire attention avec ces jugements parce que toutes les enquêtes d'opinion le montrent. On sait que parmi les syndiqués, que ce soit les syndiqués de la CFDT ou les syndiqués de la CGT ou ceux de force ouvrière, il y a des gens qui votent très différemment. Donc l'appartenance à un syndicat ne dit pas ce pour quoi les gens votent. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Par ailleurs, moi, je crois que l'évolution elle est plutôt due à ce que je disais tout à l'heure.

C'est-à-dire qu'il y a une atomisation, une individualisation des salariés et une difficulté aujourd'hui à trouver la voie d'une action collective suffisante. Et c'est sur ces failles-là que des évolutions syndicales à mes yeux problématiques voient le jour. Mais donc ça veut dire qu'il y a du travail pour reconstruire des solidarités collectives plus importantes. La conscience que c'est tous ensemble que nous allons nous en tirer et pas chacun dans notre entreprise parce que la protection collective est une des garanties du progrès social. Et je crois qu'on ne sortira pas de la crise actuelle sans le retour à une grande ambition de progrès social.

D'une façon générale, que doivent faire les syndicats avec leurs adhérents qui voteraient ostensiblement Front National ? Non mais c'est pas... Excusez-moi, je n'ai pas écouté la fin de votre question. Justement. Désolé. Je m'en excuse. Que devraient faire, selon vous, des syndicats qui voient certains de leurs militants voter ostensiblement Front National ? C'est déjà arrivé. Non mais ça, c'est à eux de le dire. Ce que je constate, c'est qu'il y a un collectif d'organisations syndicales qui s'est constitué et qui, dans le pays, mène un travail d'explication. Je les ai parfois rencontrés, y compris sur le terrain, et qui converge avec celui que j'essaye moi-même de mener.

J'ai publié un livre sur ce que j'appelle l'imposture du Front National et je crois qu'effectivement, il y a énormément de travail pour démasquer l'imposture dite sociale du Front National. Donc pédagogique. qui se part qui se part d'un discours social pour en vérité instiller parmi le monde du travail des logiques de division extrêmement graves. Ce que le Front National appelle la priorité nationale est pour moi très grave parce qu'il s'agit au fond de substituer au principe d'égalité qui est le principe central de la République française, un principe de discrimination officialisé.

On commence avec des travailleurs étrangers mais en vérité, en vérité, ce qui est visé, c'est un droit social qui n'est pas le même pour tout le monde. Et si on laisse faire ça, je crois que tous les travailleurs seront tirés vers le bas et il faut s'expliquer sur ça. Il faut s'expliquer parce qu'effectivement, la crise est tellement violente pour des millions de gens dans le pays que ça peut paraître parfois comme une protection plus efficace. Mais je pense que les Britanniques, les travailleurs britanniques, on a évoqué le Brexit tout à l'heure, vont vite s'apercevoir que le Brexit ne va pas mieux les protéger mais va les mettre davantage en concurrence.

Encore deux questions à écouter jusqu'au bout, Jean-Baptiste puis Karine. Justement, Pierre Laurent, un peu plus de 40% maintenant des ouvriers votent pour le Front National. De ceux qui votent, un peu plus de 40% des ouvriers qui votent. Mais un très grand nombre d'ouvriers ne votent plus aux élections. De ceux qui votent, tout à fait. Et beaucoup nous disent, encore sur le terrain cette semaine, j'en croisais dans le Nord, qu'ils me disaient que oui, ce discours de préférence nationale, ça leur parle parce qu'ils voient leurs emplois, leurs usines, partir à l'étranger en Europe de l'Est grâce à des travailleurs détachés qui sont payés beaucoup moins qu'eux.

Comment vous pouvez leur parler, les convaincre de revenir vers vous alors que justement cet argument que vous dénoncez, que vous mettez en avant de la préférence nationale, eh bien ça leur parle aux ouvriers ? Parce que je crois qu'ils font une erreur de jugement et c'est sur ça que nous discutons. Et d'ailleurs, dans votre phrase, vous-même, vous venez d'en faire une typique du discours qu'on entend. Quand les entreprises partent à l'étranger, délocalisent, ce n'est pas à cause des travailleurs détachés. C'est parce que des actionnaires qui cherchent à maximiser leurs profits en écrasant les salaires de tout le monde préfèrent partir ailleurs.

Et c'est à ces actionnaires et aux privilèges de ces actionnaires qu'il convient de s'attaquer, qui sont ceux qui s'enrichissent de la crise actuellement. On vient de publier il y a quelques jours le hit parade des fortunes françaises. Les 50 premières fortunes françaises cumulent 245 milliards de patrimoine. Les 10 premières, 160 milliards d'euros de patrimoine. 165 milliards d'euros, c'est deux fois une mille le budget de l'éducation nationale. Et quand vous regardez qui sont ceux qui figurent dans cette liste, vous y trouvez des gens qui justement pratiquent la délocalisation et pratiquent le dumping social. C'est à cela qu'il faut s'attaquer.

Parce que les travailleurs détachés, ce sont les mêmes qui ont mis en place un système d'utilisation des travailleurs détachés qui visait à utiliser le dumping social en payant moins cher certains travailleurs par rapport à d'autres. Moi, je crois que la logique qu'il faut opposer à ça, c'est une logique d'harmonisation vers le haut des droits sociaux en Europe. L'ultime question à Pierre-Laurent, Karine. En tout cas, votre discours pour lutter contre le Front National, il a du mal à être entendu visiblement par nos électeurs. En tout cas, dans ce que révèlent en ce moment les sondages, c'est Emmanuel Macron qui apparaît le meilleur rempart contre le FN.

Donc, que vous le vouliez ou non, on a parlé beaucoup d'Emmanuel Macron. On a parlé beaucoup de Jean-Luc Mélenchon et de Donneau Hamon. Ce que vous dites n'est pas tout à fait juste, Karine Bécard, parce que, puisqu'on parlait des ouvriers à l'instant, le vote Mélenchon est élevé parmi les ouvriers. Donc, je pense que ce combat-là, qui nécessite de reconquérir effectivement une partie du monde ouvrier, il est engagé. Il y a énormément de travail, j'en ai conscience, parce que les dégâts de la désindustrialisation ont été extrêmement violents. Je rappelle que nous avons perdu plus d'un million emplois industriels dans les dix dernières années.

Donc, ce sont des évolutions brutales et violentes. Moi, je vais dans des territoires qui sont dévastés par ça, avec un sentiment d'abandon terrible et qui donne de la prise au discours de division. Donc, nous avons beaucoup à reconstruire, c'est vrai, mais je pense que ce travail-là est engagé. Quant à Emmanuel Macron, c'est une autre question. C'est qu'on essaye de nous faire croire que ça sera plus facile de battre Marine Le Pen si Emmanuel Macron est haut, quitte à vider les votes de gauche. Eh bien, je pense que c'est une erreur grave de jugement.

D'abord, parce que le programme d'Emmanuel Macron est un programme qui veut poursuivre les politiques libérales qui ont nourri le Front National en France et en Europe et ce type de réponse en Europe. Et moi, je crois qu'au contraire, bien sûr, il faudra se rassembler pour battre Marine Le Pen si c'est nécessaire, si elle accède au deuxième tour, mais je pense que nous le ferons encore mieux si les votes de gauche sont le plus haut possible au premier tour. Ce sera le mot de la fin. Pierre Laurent, sénateur de Paris, premier secrétaire du Parti communiste français, merci d'avoir été notre invité. Après les informations, Stéphane Ravier, invité de Questions politiques. A tout à l'heure.

Questions politiques, deuxième partie, jusqu'à 14h, nous sommes avec Stéphane Ravier. Bonjour, M. Ravier. Bonjour. Soyez le bienvenu. Vous êtes sénateur Front National et vous êtes maire du 7e secteur de Marseille. Pour ceux qui ne connaissent pas Marseille, on va situer, c'est plutôt au nord de la ville avec une grande partie des quartiers nord. Pour vous interroger, à mes côtés, jusqu'à 14h, Karine Bécard de France Inter, Arnaud Leparmentier du Monde et Jean-Baptiste Marteau de France Télévisions. Également, pour nous aider à vous questionner à partir de 13h30, les auditeurs, les téléspectateurs de France Inter et France Info, ils pourront vous interpeller au 01 45 24 7000.

Vous posez des questions sur Twitter, mots-clés questions Paul, questions au pluriel ou encore par mail. franceinter.fr Mais d'abord, Stéphane Ravier, votre portrait est signé Karine Bécard. Bonjour Stéphane Ravier. Bonjour. Vous êtes un homme de terrain, Stéphane Ravier. Vous n'aimez pas les grands discours, vous vous méfiez des trop belles théories. Non, depuis l'âge de 16 ans, vous, vous préférez militer. Alors, vous militez au Front National dès le départ et vous n'avez jamais changé. Et pendant près de 30 ans, 29 exactement, vous n'avez jamais cessé d'arpenter les rues de Marseille, cette ville où vos parents ouvriers ont décidé de s'installer. Et ça a fini par payer.

En 2014, à 45 ans, vous, le cadre commercial chez Orange, êtes élu maire du 7ème secteur, c'est-à-dire des quartiers nord et vous devenez sénateur dans la foulée. Le problème, Stéphane Ravier, c'est le nombre de démissions à la mairie que vous avez déjà essuyé. En moins de 3 ans, le dictateur nord-fosséen, c'est ainsi, je ne sais pas si vous le savez que vous êtes surnommé, à pousser dehors, des conseillers d'arrondissement, plusieurs adjoints aussi, et plus gênantes encore, certains proches collaborateurs. Et est-ce que Stéphane Ravier a été sanctionné pour cela, par son parti ? Par le Front National ? Non, et pour deux raisons.

D'abord parce que, malgré ce désordre, vous restez, Stéphane Ravier, très populaire auprès de vos électeurs. Ils aiment vos mots simples, votre style direct et surtout, vous n'oubliez jamais de vous montrer à leur côté. Seulement, quand il s'agit de résoudre les problèmes de tous ces gens, vous expliquez que vous n'en avez pas les moyens, que c'est à la mairie centrale, donc à Jean-Claude Godin. Vous avez, vous le reconnaîtrez, une position pour l'instant idéale. Ensuite, et enfin, jamais Marine Le Pen ne vous sanctionnera parce qu'elle apprécie tout particulièrement votre sens de la discipline.

Vous avez toujours eu en plus haute estime son père pour ses idées et sa main ferme, mais c'est elle, aujourd'hui, la patronne du parti. Or, un chef tel qu'il soit pour vous, Stéphane Ravier, cela ne se conteste pas. Absolument. Stéphane Ravier, est-ce que ce portrait vous ressemble ? Presque. Je n'étais pas cadre chez Orange, mais employé. Vous voyez, j'avais déjà réussi cet exploit parce que dans cette entreprise, il y a plus de cadres que d'employés. Eh bien, moi, j'étais employé. Écoutez, oui, militant depuis 30 ans, marseillais, homme de terrain, c'est là où je me sens le mieux, bien que je suis très bien accueilli aujourd'hui ici, je vous en remercie.

Cette ville, oui, que j'ai arpenté, j'ai grandi dans les quartiers nord, je suis devenu le maire d'une partie de ces quartiers nord, les 13e et 14e arrondissements, au service de la population. Et il est vrai, il est vrai que je n'ai pas les moyens d'agir comme je le souhaiterais, la loi PLM Paris-Lyon-Marseille faisant qu'une mairie de secteur, une mairie d'arrondissement. Vous voyez, à Marseille déjà, c'est différent puisque c'est une mairie de deux arrondissements, c'est pour ça que l'on appelle ça les mairies de secteur, 13e et 14e donc.

Et en matière de police municipale, eh bien, je suis toujours tributaire de la bonne volonté et en l'occurrence de l'absence de volonté de Jean-Claude Godin pour avoir quelques hommes sur le terrain, ils se concentrent sur le centre-ville pour les touristes, mais pas pour les Marseillais. En matière d'urbanisme, je n'ai qu'un avis pour ce qui est du nettoiement des rues, eh bien, je suis tributaire de Marseille-Provence-Métropole ou du conseil de territoire. Si on va sur votre mairie de secteur, M. Ravier, on a cru comprendre à lire les portraits que vous aviez un petit peu de difficulté.

Vous dites que des dictateurs norfossiens, ça vous fait rire, mais vous avez quand même perdu 6 personnes sur 35. C'est-à-dire que, grosso modo, le Front National, ça doit avoir une vitrine de montrer comment vous arrivez à gérer et puis vous avez quand même beaucoup de défections. Et si on peut élargir, pardonnez-moi M. Ravier, il y a aussi des difficultés à Cogolin, Mairie Front National, à Ayange, où là encore, les élus, beaucoup d'élus, démissionnent. Alors, ces vitrines, est-ce qu'elles sont si brillantes que cela ? Est-ce que vous êtes prêt au Front National à gouverner ? Ce qui me gêne dans l'appellation de dictateur norfosséen, c'est le mot nord.

Moi, j'aurais préféré dictateur fosséen, mais ça, ça sera en 2020 si tous les dictateurs étaient comme moi, nous n'aurions pas de soucis à nous faire. En réalité, je crois que, en réalité, j'ai été trop gentil avec certains individus que nous avons recrutés, que nous avons accueillis comme le souhaite le mouvement, sa présidente et moi-même, en nous ouvrant, on va dire, et en recrutant en 2013, eh bien, de jeunes candidats qui, la main sur le cœur, me disaient qu'ils étaient patriotes, qu'ils étaient marines, bleues marines, et puis, au fil des mois, j'ai compris que cette main n'était pas sur le cœur, mais sur le portefeuille.

Sur le portefeuille, et après avoir été conseiller municipal, adjoint, conseiller métropolitain, après avoir été investi aux élections cantonales, après avoir obtenu, pour ce qui était ma première adjointe, une subvention pour ça, du sénateur que j'étais et que je suis, une subvention pour l'association dans laquelle elle est, paraît-il, bénévole, c'est-à-dire les restaurants du cœur, après avoir tout accordé, je n'ai pas pu leur accorder, car je n'étais pas le seul maître à bord, eh bien, une place éligible aux élections régionales.

Et lorsque son fils a appris qu'il ne serait pas investi aux élections législatives, eh bien, ils sont partis, voilà, ils sont venus au Front National, comme Laurent, dans une entreprise pour essayer de faire carrière, et lorsqu'ils ont compris ou estimé qu'ils ne pouvaient pas obtenir davantage, eh bien, ils ont quitté le Front National, et ils ont quitté d'ailleurs ces idées, car il suffit de les écouter, de les observer pour comprendre qu'ils ont changé de braquet, ils font désormais l'apologie de la politique dite de la ville et se rapproche d'une boutique politique et qui pourrait les accueillir.

Pardonnez-moi, et je note que s'il y a eu si défection, bon, il y avait eu deux ralliements d'élus républicains, un est toujours parmi nous, et nous sommes 29 dans cette mairie de secteur encore, nous sommes 29, Karine. Oui, le problème quand même, c'est que vous avez... Et vous pourriez interroger ces 28, puisque je fais partie de ces 29, vous pourriez interroger ces 28 élus pour leur demander si je suis si inquiétant, dictatorial que ça. Mettons entre parenthèses les élus, effectivement, on entend vos arguments, mais votre directeur de cabinet et votre directrice des services centraux. Ça veut dire quand même que même administrativement, on a du mal à travailler avec vous.

Non, écoutez, mon direct... Visiblement, vous êtes un cachotier.

58:16
Invité

Vous ne présentez pas tous les documents que les gens aimeraient avoir pour pouvoir travailler

58:23
Présentateur

à vos côtés, avec vous. Ça, c'est ce qu'a prétendu ma première adjointe aux finances, qui, je crois, ne comprenait pas vraiment quelle était sa mission. Elle était adjointe aux finances et non pas employée du service ou agent du service financier. Mais donc, l'administration... Les factures, vous savez, elles sont visées par le service des finances et par son directeur, qui n'a aucun intérêt à ce qu'il n'y ait pas de transparence. Eh bien, les parafeurs étaient à sa disposition, mais elle ne venait jamais les viser. Les 500 000 euros qu'on m'a reproché d'avoir rendus à Jean-Claude Godin, eh bien, je ne le lui ai pas rendu.

Il me les a pris et il a pris le double, le double à Samia Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements, ce qui prouve là qu'il ne s'agissait pas de mon incompétence, mais d'une attitude de Jean-Claude Godin toute nouvelle, autoritaire, quasiment dictatoriale, qui a consisté à aller puiser dans les mairies de secteur l'argent qu'il n'a plus dans les caisses de sa mairie centrale puisqu'elles sont vides.

Pour élargir cette question, Stéphane Ravier, je vous repose la question des épiphénomènes ou des incidents comme ceux-là, on en retrouve aussi à Ayange, en Lorraine, on en retrouve aussi à Cogolin, dans le Var, vous avez une quinzaine de communes, là on vient déjà de mairies, on vient déjà d'en évoquer trois où ça ne va pas. Est-ce que le Front National est prêt à gouverner le pays ? Mais on en trouve aussi Il y a de telles erreurs de casting, est-ce que ça ne remonte pas jusqu'en haut ? On en trouve aussi chez les Républicains. Mais je vous parle du Front National. Ces élus ont démissionné et ils ont été remplacés. Il faut savoir pour quelles raisons ils ont démissionné.

Pour certains d'entre eux, ils ont démissionné parce qu'ils ont déménagé, parce qu'ils avaient une carrière professionnelle qui s'ouvrait devant eux et qui ne leur permettait plus d'assumer leur mandat politique. Cela est arrivé dans de nombreux cas. Cela arrive des démissions. Il n'y a pas un souci d'impréparation au Front National ? Il y en a aussi dans ma mairie de secteur chez les Républicains pour l'un d'entre eux qui a préféré démissionner plutôt que de cautionner l'attitude de son leader qui consiste, selon son affirmation, à imiter le système andrieux. Cela nous dit quelque chose ? La députée socialiste de votre secteur.

Voilà, députée socialiste condamnée à un an de prison ferme pour avoir détourné 870 000 euros du Conseil Régional pour assurer sa réélection en arrosant des associations bidons. Cela, manifestement, cela intéresse beaucoup moins les médias. Revenons sur votre personnalité parce que vous trouvez que dictateur, ce n'est pas gênant de faire titrer dictateur. Il paraît que vous avez fait une vidéo... C'est la définition ou l'attitude que j'ai au quotidien qui fait que si ça, c'est une attitude de dictateur, on n'a pas de souci à se faire.

1:00:55
Pierre Laurent

Il paraît qu'il y a une vidéo où au lieu de voir le portrait géant de Zidane sur la corniche, on voit votre portrait. Est-ce que ça ne révèle pas

1:01:01
Présentateur

quand même un culte de la personnalité du chef qui est typique du Front National ? Ce n'est pas un peu excessif ? Non, c'était sympa. C'était à l'occasion des vœux. Il y avait une vidéo qui a été projetée à l'occasion de cette cérémonie et sur ce mur qui autrefois était accueillé le portrait de Zidane et qui ne l'accueille plus depuis des années. Depuis des années, en réalité. Eh bien, on avait projeté mon portrait pour annoncer que je me mettais à la disposition des Marseillais pour 2020 pour être leur maire, pour être leur numéro 10, pour être leur leader, leur meneur de jeu. Mais c'est vous qui lui aviez demandé cette vidéo ?

Non, ça a été une surprise qui m'a été présentée et j'avoue que ça m'a fait sourire, ça m'a fait plaisir mais voilà, c'est un clin d'œil. Ce mur, encore une fois, le portrait de Zidane qui est manifestement quelque chose auquel il ne faut pas toucher mais justement, il n'existe plus. il a été effacé depuis longtemps. Stéphane Ravier, quelle est la ligne du Front National ce week-end ? Gilbert Collard qui est député apparenté Front National du Gard a dit que le Front National était un parti de droite.

Dans votre région, il y a des gens venus de la droite, vous l'avez dit, il y a un ancien adjoint de Christian Estrosi, il y a un ancien responsable des jeunes UMP qui ont rejoint le Front National. Monsieur Estrosi, lui qui a préféré rejoindre Emmanuel Macron. Alors ça, on va en parler. On va parler effectivement plus précisément de la visite d'Emmanuel Macron au siège de la région PACA à Christian Estrosi. Ce n'est pas encore un ralliement. Le Front National, il est à droite, il est à gauche, il n'est ni droite ni gauche comme le dit Marine Le Pen ? Il est au-dessus. Il est au-dessus. Il n'est ni de droite, il n'est ni de gauche, il est patriote.

C'est un mouvement qui rassemble tous les hommes et toutes les femmes qui en ont assez de ce vieux clivage qui ne veut plus rien dire de toute façon puisque en réalité, on le voit à travers ce rapprochement qui n'est pas encore une alliance mais entre ce rapprochement de M. Estrosi et de M. Macron, cette rencontre plus que républicaine, très amicale, eh bien, on se rend compte s'il fallait encore un exemple qu'il y a aujourd'hui des mondialistes de gauche et des mondialistes de droite face au camp des patriotes. Voilà, donc nous nous sommes des patriotes et nous rassemblons tous celles et ceux qui croient en la nation, qui croient en sa liberté et en sa souveraineté. M.

Ravier, il y a quand même deux lignes. Il y a la ligne qui dit il faut capter les classes populaires. On faisait un programme très social. C'est la ligne de M. Philippot. Puis il y a la ligne de Marion Maréchal-Le Pen qui est récupérons les gens de la droite un peu durs qui pourraient nous rejoindre. Or, on constate que cette ligne n'est pas celle-là. Quel but sur le fait que Marine Le Pen veut sortir de l'euro ? Est-ce que ce n'est pas une erreur de maintenir cette sortie de l'euro qui effraye l'électorat de droite que vous pourriez grignoter et qui fait que, dans les sondages, Marine Le Pen baisse un peu ces temps-ci ?

Je n'adhère pas à cette thèse ou à cette stratégie concernant de vouloir reposer une ligne par rapport à une autre, la ligne Philippot, la ligne Marion, moi, j'estime, au quotidien pour avoir travaillé avec Marion Maréchal-Le Pen à l'occasion des élections en régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur pour écouter, bien sûr, comme je l'avais fait encore hier soir, Florian Philippot. Ces deux lignes sont complémentaires. Elles sont complémentaires. Chacun, je dirais, à sa fibre. Florian, je dirais, est plus intéressé par... C'est une vraie question, M. Ravier. Je vais y répondre, mais Florian... On va parler d'euro avec Gérard au standard, si vous voulez bien.

à plus la fibre, je dirais, de l'économie et de la macro-économie des relations internationales, etc. Marion, peut-être, a une fibre plus orientée vers l'identité, vers l'immigration, vers la sécurité, vers la petite entreprise, ses petits entrepreneurs. Et tout ça, tout ça peut et doit et se réunit. Et c'est ce qui fait la richesse du Front National. Chacun a ses idées. Et tout ça, je dirais, se transcende et se marie pour qu'il y ait des propositions générales, globales, des propositions patriotes. Alors l'euro, je vais y répondre. Je vous propose d'écouter Jean-Baptiste. D'abord sur la ligne.

On entend Marine Le Pen de plus en plus encore cette semaine en Bretagne avoir un discours très à droite, notamment sur l'immigration, sur les migrants. Elle en a refait un marqueur très fort de sa campagne. On a l'impression que depuis l'affaire Pénélope Fillon, vous avez à droite davantage de marge de manœuvre et c'est là que vous essayez d'aller grappiller des points. Est-ce que cette campagne pour vous, elle se joue à droite ? Votre réservoir, est-ce qu'il est à droite ? Nous, nous ne faisons pas notre marché électoral par communauté, par frange. Nous nous adressons à tous les Français.

Pendant quelques mois ou quelques années, notre message s'est adressé ou porté essentiellement sur l'euro, la sortie de l'euro et de l'ultralibéralisme qui met toujours notre pays dans de grandes difficultés face à une concurrence déloyale. Et puis, l'actualité veut qu'aujourd'hui, nous rappelions, parce que nous n'avons rien abandonné, faites-moi confiance, que le combat ou notre message et notre volonté d'agir en direction de l'immigration, de l'identité, de la sécurité, vous avez l'impression que nous le martelons davantage aujourd'hui, mais c'est encore une fois l'actualité qui le veut.

Et si cela doit sensibiliser une partie de l'électorat à droite, mais cela sensibilise aussi les électeurs dits de gauche parce que cela touche tout le monde. Je suis bien placé pour le savoir à Marseille, que l'on soit de droite ou de gauche, l'immigration de masse, l'insécurité de masse, le communautarisme, le terrorisme, ça touche tous les Français. Merci Stéphane Ravier, comme promis, et on va au standard. France Inter, questions politiques. Intervenez au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot clé

1:06:46
Invité

Questions Paul.

1:06:47
Présentateur

Avec nous en ligne, Gérard. Bonjour Gérard. Oui, bonjour. Vous nous appelez d'Alsace. Stéphane Ravier, écoute votre question. Oui, vous voulez que je rédite ma question ? Oui, allez-y. Quelle est votre question, s'il vous plaît ? Donc, ma question, c'est de savoir comment le Front National va traiter le problème à la suite de la dévaluation suite à la sortie de l'Europe et des changements de monnaie. Voilà, la question de Gérard, Stéphane Ravier. Si on sort de l'Euro, il faut revenir au Front et quasi-mécaniquement, cette monnaie sera dévaluée par rapport à l'Euro qui restera la monnaie d'autres pays comme l'Allemagne, comme les Pays-Bas.

Cette dévaluation du Front, ça veut dire la fonte également mécanique des économies des Français. Si la France abandonne l'Euro, l'Euro sera mort. Il n'y aura plus d'Euro pour personne. Et lorsque Marine Le Pen sera élue le 7 mai à 20h, nous n'abandonnerons pas l'Euro à 20h01. Il y aura des négociations qui seront... Il y aura plus des capitaux. Oui, ça, c'est ce qu'on avait dit aussi, c'est ce qu'avaient dit les observateurs, les experts britanniques pour si le Brexit était adopté. Si le Brexit était adopté, il ne devait pas l'être d'ailleurs.

Et puis, les Britanniques se sont portés majoritairement vers la sortie de cette Union européenne, vers la sortie de ce carcan, l'abandon de cette cellule européiste. Eh bien, quel a été le résultat ? Si j'en crois... Si j'en crois... Si j'en crois... Puisque la question de Gérard est comment allez-vous faire après la dévaluation du franc ? Eh bien, la dévaluation de la livre Sterling, si l'on en croit, l'INSEE anglais, eh bien, a entraîné une croissance en 2016 en Grande-Bretagne de 1,8% pendant que la France est à 1,1%. La monnaie est un outil, la monnaie est un moyen d'agir et la dévaluation, en l'occurrence, permettra à notre économie d'être plus compétitive.

1:08:49
Pierre Laurent

Vous êtes pour la sortie de l'euro, vous ? Absolument.

1:08:51
Présentateur

D'accord. Oui, absolument. De toute façon, si nous ne sortons pas de l'euro de façon sereine, concertée, eh bien, cela va nous tomber sur le coin du bec du jour au lendemain car l'euro est à l'agonie. Et pour le sauver, pour sauver cet euro dont on nous dit qu'il nous protège, qu'il nous permet de sauver des économies, eh bien, précisément, c'est le contraire puisque, à cause de l'euro, eh bien, l'Europe a déjà donné son accord pour que les banques aillent puiser dans les économies des Français en général et des seniors en particulier. C'est ce qu'ils étaient passés à Chypre. pour renflouer les banques comme ça s'est déjà passé à Chypre, comme cela peut se passer en France.

L'euro est une menace pour les économies de nos compatriotes. Karine ? En 2012, Stéphane Ravier, Marine Le Pen a déjà fait largement sa campagne sur la sortie de l'euro. Ça fait donc 5 ans qu'elle véhicule, en fait, ce marqueur. On sent bien quand même que ça continue à effrayer, en fait, les électeurs. Vous n'avez pas réussi à trouver le bon discours à tenir pour réussir à vous faire comprendre sur ce sujet-là. Mais parce que dans ce pays, lorsque vous vous prononcez pour la sortie de l'euro, vous êtes un hérétique. Vous êtes un fou furieux. Il n'y a pas de débat possible. À vous d'affûter vos arguments. Quels sont vos arguments pour rassurer les Français ?

L'on vous jette à la figure ceux-là même que je viens de vous présenter, à savoir que la sortie de l'euro et la sortie de la zone euro, la sortie de l'Europe a permis à la Grande-Bretagne d'être beaucoup plus compétitive. Elle n'est pas sortie encore de l'Europe. Et je rappelle à nos compatriotes et je vous rappelle que 95% des pays du monde ont leur monnaie nationale et que cet euro nous coûte trop cher. C'est ce que disent de nombreux observateurs, de nombreux économistes dans un prix Nobel d'économie que l'on n'invite jamais. Vous voulez dévaluer combien ? De combien vous voulez dévaluer l'euro, M. Ravier ?

Puisque les responsables du Front National et sa présidente en particulier ne sont pas des gens sérieux selon l'intelligentsia médiatique et politique, invitez les économistes, invitez le prix Nobel d'économie de 2001 qui vous expliquera de façon très technique et très raisonnée que l'euro nous coûte trop cher et qu'il serait beaucoup plus performant pour la France de retrouver sa monnaie nationale. De combien on dévaluait l'euro ? L'euro a été déjà dévalué de 25%, vous le savez. Eh bien, ça n'a pas entraîné une perte pour nos compatriotes du pouvoir d'achat ni même de leurs économies.

Alors, il faut sortir de ce scénario de la peur qui n'est pas entretenue par le Front National mais bien par les tenants de l'euro mondialisme. Voilà, parce qu'abandonner l'euro, c'est évidemment abandonner ce modèle ultra-libéral c'est un outil. Eh bien, nous, nous souhaitons l'abandonner l'euro, nous ne souhaitons pas le dévaluer puisque ça ne suffit pas. Nous souhaitons l'abandonner pour retrouver notre indépendance financière, budgétaire, monétaire et tous les pays qui ont leur indépendance monétaire s'en sortent beaucoup mieux que la zone euro. Stéphane Ravie, on va se rendre dans votre département avec Raphaël. Bonjour Raphaël. Oui, bonjour.

Vous nous appelez d'Aix-en-Provence, on écoute votre question. Oui, bonjour. Alors c'était donc pour savoir est-ce que le Front National n'a-t-il pas un double discours puisque notamment sur les retraites, il défend dans son programme une retraite à 60 ans alors qu'en 2010 lors des manifestations sur les retraites, Marine Le Pen traitait les retraités qui manifestaient de gréviculteurs et donc n'y a-t-il pas là donc un vrai mensonge, une usurpation et donc sur d'autres sujets notamment sur la question des salaires sur lesquels justement il s'oppose à une augmentation des salaires en particulier sur la question du SMIC puisqu'il s'oppose à l'augmentation des bas salaires. Voilà.

Merci beaucoup Raphaël. Donc répond-il à leur usurpation ? Merci de votre question. Je précise que le Front National défend la retraite à 60 ans après 41 ans et demi de cotisation. Absolument. Alors je ne sais pas où Raphaël est allé chercher ces informations sans doute dans un tract de M. Macron ou de M. Mélenchon mais je rappelle que le modèle qui nous est vendu qui nous est imposé et qui est censé être la panacée et permettre aux Français de vivre un véritable rêve aujourd'hui où en sommes-nous.

Nous en sommes quand même dans ce pays à 6 millions de chômeurs réels à 9 millions et demi de pauvres à 3 millions et demi de Français qui sont mal logés avec une insécurité galopante et un communautarisme qui se développe et son expression la plus violente le terrorisme avec lequel M. Valls et M. Macron son ami nous demandent de vivre de nous habituer.

Eh bien ce modèle-là nous n'en voulons plus et quant à ce qu'a pu affirmer ce monsieur nous souhaitons bien sûr conserver la retraite à 60 ans donc la rétablir à 60 ans ou la rétablir en l'occurrence à 60 ans car nous considérons qu'il y en a assez de demander et d'exiger des Français qu'il se serre la ceinture alors qu'il y a tant d'économies qui va payer

1:13:50
Invité

ça va coûter plus cher d'avoir la retraite à 60 ans M. Ravier

1:13:53
Présentateur

Oui ça va coûter plus cher ça c'est vous qui le voyez ainsi mais il y a tellement d'économies à faire je rappelle par exemple qu'il y a dans ce pays une politique d'immigration massive qui coûte aux Français environ 70 milliards d'euros par an et nous avons estimé que nous pouvions déjà économiser une quinzaine de milliards d'euros sur la première année De quelle manière un peu précisément sur quoi vous économisez l'argent parce qu'on avait demandé à M.

Philippot il y a 15 jours il ne nous avait pas donné de détail donc 60 milliards ça coûte et 15 milliards Vous commencez par réserver vos avantages sociaux pour les nationaux vous n'accueillez plus toute la misère du monde car je rappelle quand même que 95% des étrangers qui se rendent dans notre pays sont démunis de contrats de travail cela veut donc dire mécaniquement que l'on va devoir les assister

1:14:44
Pierre Laurent

les allocations familiales pour les étrangers

1:14:46
Présentateur

les allocations familiales la politique familiale que souhaite instaurer Marine Le Pen c'est une politique nationale Vous le direz à vos administrés de nationalité étrangère ? Pardon ? Est-ce que vous le direz à vos administrés de nationalité étrangère des personnes de nationalité étrangère qui vivent à Marseille dans votre municipalité leur dire désormais à partir du 8 mai 2017 nous supprimerons vos allocations familiales monsieur et madame ? Je le confirme Oui parce qu'il s'agit là d'une mesure de justice sociale Si ces gens travaillent

1:15:17
Pierre Laurent

les allocations familiales ça dépend de la fiche de paye je travaille j'ai droit

1:15:22
Présentateur

à une assurance familiale Non non ça n'a rien à voir la politique familiale c'est fait pour favoriser la famille Mais c'est proportionnel au salaire Et en France nous nous souhaitons en tout cas favoriser la famille les familles françaises libres aux autres pays à favoriser les familles italiennes algériennes En France c'est la politique une politique tournée non pas vers la couleur de peau mais vers la couleur du drapeau Voyez-vous nous nous reconnaissons que ces trois couleurs le bleu, le blanc et le rouge quelle que soit son origine à partir du moment où on est français que l'on aime ce pays qu'on en respecte ses codes ses traditions ses coutumes et ses lois et bien l'on est français à part entière et nous aiderons tous les français y compris dans la politique familiale il y a la fraude il y a la fraude fiscale il y a de nombreuses économies à faire les économies de gestion les économies en matière de santé de virage ambulatoire de médicaments génériques de vente à l'unité vous trouverez tout ça sur le site de Marine 2017 il y a environ 80 à 90 milliards d'économies que nous pouvons réaliser dans tous les domaines il y a cette taxe que nous pouvons et que nous devons mettre en place à l'importation qui pourrait financer les retraites par exemple monsieur Ravier je voudrais rester sur le programme économique donc la retraite à 60 ans augmenter certains minimaux minima sociaux je suis quand même un petit peu surpris parce que je me souviens des amendements que vous aviez déposés pendant la loi El Khomri je vais en rappeler quelques-uns au Sénat vous souhaitiez augmenter les seuils sociaux par exemple encadrer l'activité syndicale défiscaliser les heures supplémentaires faciliter les accords oui défiscaliser les heures supplémentaires comme quoi même Sarkozy peut avoir une bonne idée de temps en temps faciliter les accords d'entreprise vous le dites c'est plutôt effectivement des mesures qui sont encouragées par Emmanuel Macron défendues par François Fillon on sent bien que votre ligne est quand même plutôt une ligne économiquement libérale comme pouvait l'être celle de Jean-Marie Le Pen merci Frédéric Mettezot donc est-ce que vous vous sentez vraiment en accord avec la patronne du Front National économiquement est-ce que c'est pas un peu compliqué pour vous ces amendements qui ont pu être à un moment donné déposés ont été retirés parce que Marine Le Pen vous l'a demandé parce qu'elle les a trouvés trop libéraux parce que nous sommes tombés d'accord que cette loi El Khomri ne pouvait pas être simplement amendée mais qu'elle devait être retirée voilà donc c'est ce que nous avons fait je ne vois pas pourquoi on revient sur ces amendements qui finalement n'ont pas été présentés mais ça permet de voir votre ligne que l'on doit aussi je dirais dépoussiérer le monde syndical comme l'on doit dépoussiérer le monde politique puisque là aussi nous avons à faire un véritable système nous l'avons encore entendu tout à l'heure avec mon prédécesseur que la liberté de l'entreprise nous y tenons nous y tenons Marion Maréchal Le Pen comme Florian Philippot et comme Marine Le Pen la liberté de l'entreprise et bien comment dirais-je n'interfère pas avec le devoir de l'Etat ou que devrait avoir l'Etat que de protéger l'économie dans sa globalité et bien en mettant en place je dirais des barrières douanières pour taxer des entreprises qui ne respectent pas la loi de la concurrence d'ailleurs ce qu'a fait Donald Trump aux Etats-Unis Et donc vous êtes d'accord pour une augmentation des minima sociaux et vous êtes d'accord pour une retraite à 60 ans ça fait partie de votre idéologie Absolument je crois que les français depuis de trop nombreuses années se tirent la ceinture on les saigne que ce soit le gouvernement de monsieur Fillon qui l'a conduit pendant 5 ans ou celui de monsieur Macron puisqu'il a été à la tête de la politique économique de François Hollande en ayant été le secrétaire général adjoint de l'Elysée puis le ministre de l'économie il porte lui aussi une lourde responsabilité dans ce bilan que je vous ai présenté tout à l'heure 6 millions de chômeurs 9 millions de pauvres dans ce pays et que ces deux individus qui je dirais qui forment la médaille de l'ultralibéralisme côté pile la gauche mondialiste et côté face la droite mondialiste bon ben il porte la responsabilité d'un bilan accablant accablant et il est en temps de tourner la page Jean-Baptiste avant de retrouver Jacques au standard Stéphane Ravi on évoque quelques ralliements d'élus LR notamment dans le sud dans votre région qui pourraient appeler à voter pour Marine Le Pen avant ou en tout cas dans l'entre-deux-tours peut-être mais beaucoup disent attendre un discours notamment sur le plan économique plus libéral un discours qui se rapprocherait de vos théories notamment et de ces amendements que vous avez pu déposer au Sénat est-ce qu'on peut leur parler à ces élus de droite qui attendent un petit geste

1:19:53
Invité

notamment sur le discours

1:19:54
Présentateur

c'est ce que nous faisons déjà oui nous discutons nous débattons nous leur expliquons parce que peut-être sont-ils trompés sur nos propositions lorsqu'elles sont présentées par ceux qui sont encore leurs amis et bien nous leur expliquons que comme je viens de le faire ici que nous ne sommes pas opposés loin de là à la liberté de l'entreprise nous souhaitons toujours que l'Etat descende de son dos et sorte ses mains de ses poches comme le disait Ronald Reagan à une époque donc l'entreprise elle doit être libérée du carcan des impôts confiscatoires mais elle doit être aussi protégée par l'Etat elle doit être aussi protégée tout ça n'est pas incompatible et c'est faire preuve de pédagogie que de leur expliquer et plutôt que d'aller vers eux je crois que c'est eux qui sont en train de venir vers nous discuter je ne suis pas habilité à vous en donner vous avez des discussions directes avec des députés par exemple avec des députés il y a quelques sénateurs qui nous interrogent il y a des conseillers municipaux il y a toutes sortes d'élus qui se rendent compte chez les républicains qui en particulier qui se rendent compte que le modèle qu'ils ont défendu bec et ongle jusqu'à ce jour et bien a conduit à un véritable chaos et que monsieur Fillon et Macron et Estrosi et Berger et les vieux éléphants socialistes que monsieur Macron est en train de recycler et bien tout ça va conduire à 5 ans d'hollandisme supplémentaire et qu'ils n'en veulent plus et ils se tournent nécessairement vers la seule alternative l'alternative patriote incarnée par Marine Le Pen il nous reste 10 minutes le discours frontiste qui consiste à dire voilà on discute avec plein de gens etc on entend ça depuis que Marine Le Pen est arrivée à la tête du parti mais par exemple concrètement et si on est élargi si on ne reste pas dans le sud avec Philippe de Villiers par exemple ça va se concrétiser un peu vous allez réussir à discuter ensemble il va appeler à voter pour Marine Le Pen concrètement c'est dur j'ai l'impression qu'on calme je l'espère je l'espère je l'espère oui mais cela arrivera au bon moment tout arrive à point à qui s'est attendre Philippe de Villiers est un patriote il l'a montré tout au long de son combat politique bon il réfléchit encore il a encore le temps et j'espère qu'il franchira le pas lui comme d'autres lui comme d'autres Nicolas Dupont-Aignan aussi par exemple au deuxième tour malgré tout parlons un peu de stratégie au deuxième tour pour gagner il faut s'allier avec d'autres partis pour l'instant vous avez du mal en fait à tendre la main et à récupérer une autre main qui pourrait s'allier avec les partis très peu pour nous ces partis qui encore une fois nous ont mené au chaos et qui n'en débordent pas donc vous êtes condamné

1:22:40
Invité

à jamais gagner l'élection présidentielle et qui souhaitent comme monsieur Macron au deuxième tour il faut s'élagir et qui souhaitent

1:22:44
Présentateur

comme monsieur Macron ne jamais rétablir de frontière qui est toujours plus d'immigration un modèle à l'anglo-saxonne communautariste etc.

et comme monsieur Fillon qui lui veut privatiser la sécurité sociale qui ne veut toujours et qui ne remet pas en cause d'immigration qui nous a fait savoir que s'il était maire et bien il accueillerait les migrants donc et bien il y a des personnalités qui anciennes nouvelles qui attendent peut-être les résultats du premier tour pour faire leur coming out allez comme promis on retrouve les citoyens qui écoutent ou qui regardent questions politiques bonjour Jacques bonjour on vous écoute Jacques vous êtes en direct merci beaucoup le programme du Front National ne prend pas en compte l'accord international de 2016 sur le climat est-ce que ça signifie que le climat étant un problème mondial ça ne concerne pas la France et le Front National en particulier merci beaucoup Jacques Stéphane merci Jacques l'accord donc dit de la COP21 sur la réduction des gaz à effet de serre pas mentionné dans le programme du Front National alors écoutez les accords internationaux qui nous lient qui nous cadenassent vous aurez compris que nous nous y comment dirais-je on ne va pas on ne va pas nécessairement les respecter tous alors la COP21 on ne va pas le dénoncer mais la France ne peut pas porter sur son dos toute la pollution du monde quand même elle ne peut pas porter sur son dos toute la misère du monde chaque pays doit prendre sa part de lutte contre la pollution oui chaque pays doit porter toute sa part nous ferons l'effort qui est nécessaire avec les moyens qui sont les nôtres mais on ne peut pas demander à la France encore d'être le meilleur élève dans tous les domaines pendant que les autres ne jouent pas le jeu mais le principe d'un accord c'est que tout le monde doit jouer le jeu justement oui mais jouer le jeu à condition d'en avoir les moyens parce que bon les déclarations d'intention les traités qui sont signés tout ça ça ne coûte rien ou plutôt ça a coûté le prix de l'organisation de cette conférence mais au delà de ça il faut avoir les moyens de sa politique alors que l'on tende vers une réduction des gaz à effet de serre ou toutes sortes de pollution vous savez à Marseille dans le 14ème arrondissement il y a cette fameuse L2 cette bretelle qui balafre les quartiers nord et je suis bien placé pour savoir qu'elle a été faite au rabais dans les quartiers nord plutôt que dans les quartiers est évidemment les quartiers nord nous sommes des citoyens de seconde zone pour la mairie de Marseille et pour l'état et donc je sais ce que c'est que la pollution et bien moi au delà du traité et de l'affichage médiatique vous voyez comme nous sommes de bons élèves nous avons signé ce traité la réalité c'est quoi ?

c'est qu'avec cette fameuse L2 elle passe sous une par exemple sous une tour dans la cité de Frévalon et bien on a des études ont démontré que puisque la voie n'est pas couverte il paraît qu'on n'a pas d'argent et bien que 58 logements il y aurait un taux de pollution et de bruit largement supérieur aux normes et bien que leur a-t-on proposé ? un double vitrage vous voyez entre les déclarations d'intention des uns et les mêmes d'ailleurs qui pratiquent une politique au quotidien il y a un fossé alors il ne suffit pas de faire des déclarations il faut avoir des actes mais donc du coup des actes c'est quoi ?

vous voulez moins de voitures plus de voitures c'est quoi le discours du Front National sur l'environnement ?

il faut laisser la liberté déjà aux gens de prendre leur voiture s'ils ont envie de prendre leur voiture donc ils continueront à prendre leur voiture écoutez il faut faire confiance déjà aux ingénieurs pour produire des moteurs qui soient moins polluants ils trichent un peu parfois visiblement ils trichent un peu parfois les ingénieurs il paraît oui mais ce sont les mêmes ce sont les mêmes qui me donnent d'ailleurs et qui me font la leçon sur le vivre ensemble et qui par exemple à travers cette L2 se moquent des habitants des quartiers Nord justement le vivre ensemble il en est question avec Patrick bonjour Patrick oui bonjour à tous vous nous appelez de Bordeaux merci de prendre ma question avec plaisir on vous écoute voilà dans c'est une question donc à monsieur Ravier dans un documentaire justement il en fait allusion il y fait allusion diffusé il y a deux ans sur France 3 on entend monsieur Ravier avec la distinction de ton qu'il caractérise prononcer ses mots je t'en foutrai du vivre ensemble j'aimerais savoir si monsieur Ravier assume toujours cette phrase je confirme et si oui par quoi il veut remplacer le vivre ensemble restez en ligne Patrick et on écoute la réponse de Stéphane Ravier vous pourrez intervenir à nouveau si vous le souhaitez oui je confirme oui je t'en foutrai du vivre ensemble le vivre ensemble c'est une idéologie c'est presque même devenu une religion laïque et obligatoire portée par des apôtres politiques médiatiques du showbiz qui nous vendent au quotidien le vivre ensemble le vivre ensemble on est tous ensemble si on est là on doit vivre ensemble oui non mais ça c'est une théorie c'est le livre sacré avec ses versets qui sont comme ça diffusés c'est ce que vous avez dit Emmanuel Macron il y a à Marseille en disant c'est vous vous Marseille dans toute sa diversité vous êtes là ça ne vous a pas interpellé Macron à Marseille mais j'aurais aimé que monsieur Macron qui est passé de la salle au stade Vélodrome se rende un peu dans les cités et qu'il passe du vivre ensemble de la théorie au vivre avec de la réalité et ça aucun politique à Marseille aucune star du showbiz aucun média ne vit la réalité de se vivre ensemble de passer de la théorie à la pratique l'on nous malheureusement on a bientôt fini il faudra que je reste un petit peu ou que je revienne il y a la réalité du terrain et c'est ça qui échappe aux apôtres du vivre ensemble moi j'y suis favorable j'ai grandi dans les quartiers nord je sais ce que c'est que de vivre avec des communautés différentes des gens différents venus d'horizons différents mais en 30 ans la politique d'immigration massive a largement changé la situation dans le réel mesdames et messieurs du vivre ensemble quittez votre Olympe et redescendez parmi les mortels que nous sommes et venez vivre notre réalité et la réalité veut qu'il y ait un communautarisme effréné qu'il y ait une violence et une insécurité qui en découle qui échappe complètement cette réalité échappe complètement aux responsables politiques dont monsieur Macron et d'autres c'est en cela que je dénonce le vivre ensemble c'est que c'est une théorie qui ne prend jamais en considération la réalité une fois un apôtre du vivre ensemble à Marseille madame Fructus qui est l'adjointe le Jean-Claude Godin je dirais au vivre ensemble pour faire simple la politique de la ville elle est venue sur place dans une cité en pleine rénovation cette politique de la ville qui veut qu'on injecte des millions d'euros et bien à l'occasion d'une réunion le préfet nous a dit je suis très inquiet parce que le but c'est la mixité sociale bon sous-entendu la mixité ethnique mais on n'ose pas le dire il n'y avait pas de presse donc il se lâchait un peu et nous avons constaté que les gitans ont chassé les maghrébins c'est pas Stéphane Ravé qui parle c'est pas Jean-Marie Le Pen il marie le pen c'est le préfet nous avons rencontré le chef des gitans il est d'accord pour accepter des familles venues de l'extérieur la mixité le vivre ensemble à condition qu'elles soient gitanes nous nous rendons sur les lieux et madame Fructus me dit parce que là elle avait la réalité sous les yeux elle n'était plus dans son bureau prisonnière de ses lectures et de sa de son idéologie elle avait la réalité sous les yeux et elle me dit Stéphane c'est la première la dernière fois qu'elle m'a appelé Stéphane on ne peut pas laisser ces gens dans cette situation je lui réponds humainement non parce que malgré les apparences j'ai un coeur et elle d'ajouter de conclure mais ça ne servira à rien et c'est comme ça à chaque fois on injecte des millions d'euros et ce que la cour des comptes a dénoncé depuis des années comme étant un échec pour se donner bonne conscience pour montrer que l'on est un bon apôtre du vivre ensemble sans savoir ce que donne la réalité et la réalité c'est le communautarisme c'est l'insécurité la réalité c'est un échec il nous reste une grosse minute si Patrick est toujours en ligne Patrick vous avez entendu la réponse de Stéphane Ravier votre racisme qui s'exprime voilà c'est ça qui vous a parlé de race c'est la démonstration je vous remercie beaucoup monsieur Ravier mon dieu qui a parlé de race je vous ai cité un exemple que le préfet de région lui-même a évoqué ce ne sont pas des propos vous avez parlé d'étenir mais tous ces gens-là ou une très grande partie sont nationalités françaises donc comment vous faites pour résoudre le problème est-ce que vous enlevez des nationalités françaises pour faire des expulsions ou sinon comment vous trouvez une solution parce qu'il faut bien trouver une solution au vivre ensemble à supposer que ces gens soient qui sont français avoués voués ou destinés à continuer de vivre ensemble il vous reste 30 secondes est-ce que vous vous êtes posé la question mesdames et messieurs les donneurs de leçons de savoir si les français étaient favorables au vivre ensemble c'est-à-dire à accueillir toujours plus d'étrangers les gens d'origine maghrébine de Marseille sont français c'est vrai c'est vrai qu'ils sont français grâce au droit du sol et à la naturalisation qui veut qu'il y ait 100 000 étrangers qui basculent chaque année dans la nationalité française et bien ce système-là la présidente Marine Le Pen et son gouvernement et sa majorité à l'Assemblée nationale ils mettront fin Merci beaucoup Louis Alliot sénateur Front National Stéphane Ravier Louis Alliot parce que Louis Alliot est demain à 8h20 dans le secteur de France Inter excusez-moi Stéphane Ravier sénateur Front National maire du 7ème secteur de Marseille Merci de votre invitation Merci à Karine Bécard Arnaud Leparmentier et Jean-Baptiste Marteau la semaine prochaine Nicolas Demorand sera de retour à ce micro avec à nouveau deux invités pour préparer la dernière ligne droite avant le premier tour de l'élection présidentielle très bon dimanche après-midi à tous

Pierre Laurent : je souhaite "un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour" — Pierre Laurent · Pourquijevote