Les députées LFI arrivent en cravate à l'Assemblée nationale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, vous avez entendu comme nous de bien séances et de tenues dans l'hémicycle qui nous ont été données sur les bancs de la droite et de l'extrême droite. »
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« Alors c'est un pied de nez aujourd'hui qu'on fait, puisque vous voyez, les femmes de notre groupe ont décidé de porter la cravate »
- 0:34Invité politiqueFait
« pour tenir tête à M. Ciotti qui souhaite introduire à nouveau dans le règlement l'obligation du port de la cravate »
- 0:43Invité politiqueFait
« ce qui nous paraît vraiment profondément réactionnaire et surtout fermé pour les femmes puisque c'est un accessoire de mode masculin. »
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« Et je crois que dans le monde, l'univers mental de M. Ciotti, au fond, l'Assemblée nationale est un univers profondément masculin. »
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« Et bien c'est notre manière de lui signifier que nous avons besoin de penser cette assemblée dans la mixité »
- 1:18Invité politiqueFait
« et que ces leçons de bien séances, de bonnes tenues, ils peuvent se les garder parce qu'en plus elles sont pétries de mépris de classe »
- 1:43Invité politiqueFait
« encore hier, des femmes simplement en parlant, c'est-à-dire en prenant le micro et en disant ce qu'elles ont à dire, sont houspillées fortement. »
- 1:57Invité politiqueFait
« On leur demande de se taire et elles n'arrivent pas à parler autrement que dans un chahut infernal, tout simplement parce qu'elles sont des femmes »
- 2:05Invité politiqueFait
« et que la question des voix des femmes dans l'art oratoire est un vrai sujet politique puisqu'on n'en a pas l'habitude. »
- 2:21Invité politiqueFait
« puisque ça s'adresse systématiquement aux femmes. On est aussi assez en colère parce qu'il y a des remarques en permanence »
- 2:31Invité politiqueFait
« qui sont des vidéos franchement imaginées par des porcs, j'ai pas d'autres mots »
- 2:40Invité politiqueFait
« Donc mettre cette cravate, c'est aussi pour nous une manière d'ironiser »
- 2:52Invité politiqueFait
« et que nos tenues, ben oui, elles ne sont pas conformes à la tradition, à l'histoire de ces hommes ici »
- 3:04Invité politiqueFait
« On a envie d'interroger M. Ciotti sur ce qu'il met derrière cette cravate »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
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Oui, vous avez entendu comme nous de bien séances et de tenues dans l'hémicycle qui nous ont été données sur les bancs de la droite et de l'extrême droite. Alors c'est un pied de nez aujourd'hui qu'on fait, puisque vous voyez, les femmes de notre groupe ont décidé de porter la cravate pour tenir tête à M. Ciotti qui souhaite introduire à nouveau dans le règlement l'obligation du port de la cravate, ce qui nous paraît vraiment profondément réactionnaire et surtout fermé pour les femmes puisque c'est un accessoire de mode masculin. Et je crois que dans le monde, l'univers mental de M. Ciotti, au fond, l'Assemblée nationale est un univers profondément masculin.
Alors on s'est posé une question, on s'est dit mais finalement si nous les femmes nous mettons une cravate comme ils le souhaitent, je suis sûre, vous pourrez aller lui poser la question, qu'il va nous dire que ces insoumis sont infernaux, ils sont vraiment très rebelles à vouloir mettre une cravate. Et bien c'est notre manière de lui signifier que nous avons besoin de penser cette assemblée dans la mixité et que ces leçons de bien séances, de bonnes tenues, ils peuvent se les garder parce qu'en plus elles sont pétries de mépris de classe et les deux mélangés ensemble, ça commence à faire beaucoup.
Donc on est en effet assez en colère, on le dit calmement, on le fait avec humour en portant une cravate, mais en réalité on est assez en colère, on est assez en colère sur deux terrains. Le terrain aujourd'hui avec ce port de la cravate, de la façon dont sont traitées les femmes dans cet hémicycle et encore hier, on se faisait la remarque, encore hier, des femmes simplement en parlant, c'est-à-dire en prenant le micro et en disant ce qu'elles ont à dire, sont houspillées fortement.
On leur demande de se taire et elles n'arrivent pas à parler autrement que dans un chahut infernal, tout simplement parce qu'elles sont des femmes, qu'elles ont des voix de femmes et que la question des voix des femmes dans l'art oratoire est un vrai sujet politique puisqu'on n'en a pas l'habitude. Et donc finalement c'est l'écoute qui ne supporte pas ces voix de femmes, ce qui est un problème politique. Alors ils nous répliquent, mais non pas du tout, c'est pas parce que vous êtes des femmes, bien sûr que si, puisque ça s'adresse systématiquement aux femmes.
On est aussi assez en colère parce qu'il y a des remarques en permanence sur les tenues d'un certain nombre d'entre nous, voire même des vidéos qui circulent, qui sont des vidéos franchement imaginées par des porcs, j'ai pas d'autres mots, et qui ont une drôle de manière de regarder les députés que nous sommes.
Donc mettre cette cravate, c'est aussi pour nous une manière d'ironiser, parce qu'il faut le prendre avec ironie, mais avec sérieux politique, mais aussi avec un peu d'ironie, que ce serait bien qu'on soit regardé autrement que pour notre corps et que nos tenues, ben oui, elles ne sont pas conformes à la tradition, à l'histoire de ces hommes ici, puisque c'est un univers ultra masculin et on n'a pas envie de singer les hommes au bout du bout. On a envie d'interroger M. Ciotti sur ce qu'il met derrière cette cravate, parce que si nous on la porte, ça ne va pas lui plaire. Alors qu'est-ce qui ne lui plaît pas au fond, si nous on la porte ? Voilà.
Clémentine Autain