Ma discussion sans filtre, avec Orelsan
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 59 %Attaque 2 %Défensif 1 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:22OuverteRéponse directe
Est-ce que tu ressens toujours du stress ou de la pression quand tu sors un nouveau projet ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Tu es toujours sur le côté dernière minute dans ta création ?
- 4:51OuverteRéponse directe
À quel moment tu t'es dit que ton travail devenait sérieux ?
- 5:52OuverteRéponse directe
Comment fais-tu pour que ce que tu racontes continue à parler à tout le monde ?
- 7:12OuverteRéponse directe
Tu as pensé à te plaindre ou à aborder des sujets sensibles dans ton album ?
- 10:26OuverteRéponse directe
Comment gères-tu le risque de burn-out dans ton travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52PrésentateurChiffre
« En 2024, ses clients ont payé moins de 10 euros de frais bancaires en moyenne par an, contre 228 euros en moyenne en France en 2025. »
- 1:40InvitéFait
« Il y a du stress, il y a de la pression, c'est comme à chaque nouvelle tournée que je lance, la première date, il y a du stress. »
- 1:50InvitéFait
« À chaque fois que je me lance dans un nouveau truc, je m'investis à mort. »
- 3:10InvitéFait
« L'album, je suis archi content. Le film, je suis archi content. »
- 5:01InvitéChiffre
« La première fois que, ou quand tu signes, la première fois qu'on a signé chez une maison d'édition, que je suis rentré, j'ai dit à mes parents, regardez, ça m'a rapporté, c'était 10 000 euros à l'époque. »
- 6:07InvitéFait
« Il y a toujours des trucs, je veux dire, là, j'ai fait un morceau sur la grossesse. »
- 7:15InvitéFait
« Je voulais pas faire ce morceau à la base, parce que je pensais, même je le voyais en morceau de fin d'album, tu vois, ou au milieu d'album, parce que je me disais « Ça parle à personne. » »
- 10:52InvitéFait
« Moi, déjà, je me concentre à fond sur l'artistique. »
- 11:14InvitéFait
« Je suis bien entouré. Avec Scred, Ablaï, mon frère, toute la team avec qui je bosse. »
- 11:44InvitéFait
« Le film, c'est de la fiction. Je n'ai pas fait de burn-out. »
- 28:39InvitéFait
« J'avais coupé sur Civilisation. Depuis, j'ai repris et je coupe pas. »
- 30:42InvitéFait
« Mais je me retiens parce que j'ai cette croyance, en gros, que dans l'artistique, c'est là où je fais passer mes meilleurs messages. »
- 34:14InvitéFait
« Celui-là, il était hyper agréable à faire parce que je voulais faire ce que je sais faire. »
- 35:56InvitéFait
« Ouais, je pense au concert tout le temps, ça c'est sûr. »
- 38:04InvitéFait
« C'est plus plein de gens, c'est plus un mélange de plein de gens. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur28 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut Relson !
Salut, salut ! Tu vas bien ? Oui, ça va et toi ?
Très bien, je suis très heureux de pouvoir te recevoir aujourd'hui. On va parler de plein de sujets passionnants que tu évoques dans cet album qui sort dans quelques heures, au moment où on sortira en tout cas cette vidéo. L'album s'appelle La fuite en avant, j'ai eu la chance de l'écouter il y a quelques jours, c'est excellent, il y a plein de choses qu'on va pouvoir voir ensemble. On va parler des dessous de ton métier, de la création, de la question de la solitude aussi, qui est un sujet qui revient beaucoup, et dans ton film qui est sorti il y a quelques jours, et dans cet album.
On va parler aussi des réseaux, du fait d'être parent aussi, parce que c'est aussi quelque chose dont tu parles beaucoup dans l'album. Gros programme du coup pour aujourd'hui. T'es bien installé, ça va ? Je suis bien. Je suis bien. Mais avant de poursuivre, on voulait vous parler de notre partenaire BourseBank, qui nous permet de réaliser cette vidéo. BourseBank, c'est une banque qui mise sur la simplicité et la rapidité. Vous pouvez ouvrir un compte en quelques minutes seulement, ou encore rembourser vos amis en 10 secondes grâce à l'application BourseBank. En plus de gagner du temps, vous gagnez aussi de l'argent.
En 2024, ses clients ont payé moins de 10 euros de frais bancaires en moyenne par an, contre 228 euros en moyenne en France en 2025. C'est ce qui fait de BourseBank la banque la moins chère du marché depuis 17 ans. Et pour faire encore plus d'économies, BourseBank a d'autres avantages. Grâce à The Corner, sa marketplace intégrée, il est possible de profiter de réductions, de bons plans et de cashback chez plus de 150 enseignes partenaires. Alors si ça vous intéresse, vous pouvez obtenir une offre de bienvenue pour toute première ouverture d'un compte bancaire. Les conditions s'affichent à l'écran et on vous met un lien en description.
Déjà, premier truc que je voulais voir avec toi, t'as multiplié les projets ces dernières années, t'as eu des projets au cinéma, on en a parlé il y a quelques instants, il y a eu des projets en télé avec Bloqué, il y a eu des albums aussi. Est-ce qu'après tous ces projets-là, quand tu sors quelque chose de nouveau là, tu ressens toujours du stress, une pression ou c'est beaucoup plus détente qu'avant ?
Il y a du stress, il y a de la pression, c'est comme à chaque nouvelle tournée que je lance, la première date, il y a du stress. À chaque fois que je me lance dans un nouveau truc, je m'investis à mort. Par exemple, le film, quand on enregistre, il n'est pas encore sorti et je suis encore en train de me dire, on a bossé quatre ans dessus, on est fiers du projet, j'ai envie que les gens prennent dans le bon sens, j'ai envie que ça se passe bien, j'ai envie que ça marche. Et donc, je stresse.
Du coup, c'est le stress que potentiellement, soit ça ne marche pas, soit les gens n'ont pas le retour que toi t'imagines.
Ouais, voilà, exactement. Ou tu te dis, tu ne sais jamais vraiment si tu as fait un truc bien, il faut souvent même le recul du temps. Il y a encore des trucs qu'on a sortis où on se dit, bon, on verra. Et souvent, en plus, avec le temps, ça bouge et tout. Mais il y a quand même un petit tampon où quand tu le sors, tu n'arrives pas à savoir et tu as envie de te dire est-ce que c'est bien, est-ce que ce n'est pas bien. Même juste connaître les erreurs que tu as fait ou l'analyse sur un truc quoi.
Oui, surtout que c'est des projets où genre, si on parle d'un album, d'un film, n'importe, tu peux toujours te dire, je pourrais faire mieux ou je pourrais encore ajuster un truc, mais au bout d'un moment, il y a une date limite et tu es en mode, bon, vas-y, il faut avancer.
Ah ouais, carrément. À un moment, ça, j'arrive mieux. Avant, je ne voulais jamais lâcher les albums, jamais lâcher, se dire c'est fini. Mais ça, au bout d'un moment, je me dis, bon, ce n'est pas parfait. Le mieux est l'ennemi du bien. Des fois, tu veux améliorer, tu veux améliorer et tu ne sors jamais rien. Donc ça, j'arrive quand même. Et en général, à 100%, quand ça sort, c'est que je suis content. L'album, je suis archi content. Le film, je suis archi content. Mais c'est moi, tu vois, c'est moi. Je sais que j'ai fait mon max, mais c'est mes goûts. Et puis, des fois, tu vois comment ça marche. Il suffit qu'il y ait un truc que tu n'aies pas pensé qui sort.
Tu ne sais pas pourquoi, je n'en sais rien, un débat qui détourne le sujet. Il peut se passer plein de trucs.
Et tu es dans ce truc de... Tu vois, j'ai interviewé Alexandre Astier il y a quelques jours. Lui, il a un truc de très dernière minute. Il bosse beaucoup en avance, mais il fait des derniers ajustements quelques jours avant de livrer un film ou livrer un truc. Toi, tu es toujours sur le côté dernière minute.
Ouais, c'est malgré nous, mais on a refait des modifs dernière minute sur le film. Les gens qui ont été aux avant-premières n'ont pas vu la même fin. Mais non, qu'est-ce qui sort là ? Qu'est-ce qui sort là, ouais. Parce que je ne sais pas, c'est une coïncidence. On a regardé une scène. On s'est dit, mais elle était ouf. On s'est dit, faut trouver un moyen de la remettre. On a rechangé des trucs. Et pareil, l'album, franchement, Scred est encore plus de dernière minute que moi. Donc, mais ouais, pareil, les mix. Là, sur l'album, j'ai refait des prises de voix, mais vraiment, la dernière nuit, quoi. Donc, ouais.
Mais c'est malgré moi, parce que moi, j'aime bien bosser un peu tous les jours, tu vois. Par contre, tout est préparé, mais juste, il y a toujours des trucs qui arrivent au dernier moment. Tu veux changer, tu te dis, c'est le moment où jamais, il faut que je change. Ouais, c'est ça. Par contre, c'est sûr que c'est mieux. Là, on n'a pas fait de choix fous, genre tu niques tout le truc. Tu mets tout à l'envers. En fait, je veux qu'on commence par la fin. Non, ce n'est pas des choix.
C'est quand même des trucs qui restent cohérents, quoi. Et c'est vrai que dans le docu, on ne montre jamais ça à personne. Le docu que tu avais fait sur Prime Vidéo il y a quelques années. Mais tu racontes, et on voit notamment la galère du début. À quel moment tu t'es dit, OK, là, c'est un truc sérieux, c'est mon taf d'une certaine façon, ou c'est un truc qui devient sérieux ?
Je pense qu'il y a le truc tout con de quand tu touches de l'argent, tu vois. La première fois que, ou quand tu signes, la première fois qu'on a signé chez une maison d'édition, que je suis rentré, j'ai dit à mes parents, regardez, ça m'a rapporté, c'était 10 000 euros à l'époque. Bah là, oui. Et puis même tout le monde te regarde d'un autre oeil, quoi. Donc là, tu te dis, ouais, ça y est, c'est sérieux. Et en même temps, c'est bête parce que ça ne change rien. En fait, ton taf, c'est le même, tu vois. Mais c'est vrai que forcément, le côté où tout simplement t'arrêtes de travailler dans ton vrai taf, ouais, là, tu te dis, ça devient sérieux.
Et c'est un truc d'ailleurs où, tu vois, je pense que beaucoup de gens, et je m'inclue dedans, apprécient ton taf et ton écriture pour le côté très concret et parfois la description des choses banales de la vie. Dans ton cas, forcément, là, depuis que t'as explosé, t'as une vie qui peut être en partie très banale sur plein d'aspects et en partie très différente sur d'autres. T'es un peu à mi-chemin entre les deux. Comment est-ce que t'arrives à faire en sorte que ce que tu racontes continue à parler à tout le monde ? Est-ce que c'est des questions que tu te poses de dire comment est-ce que je continue à raconter des choses qui parlent aux gens ?
Bah oui, c'est aussi l'essentiel du taf, tu vois. Mais c'est pas que valable d'être connu ou pas connu, parce qu'au final, on a tous des émotions. Il y a toujours des trucs, je veux dire, là, j'ai fait un morceau sur la grossesse. Je pense que la grossesse, connue, pas connue, ça change pas grand-chose, tu vois. Mais je pense que c'est vraiment ça l'écriture, quoi. C'est le choix de ce que tu vas raconter. Moi, il y a même des fois, tu écoutes des artistes, tu te dis « Ah, c'est cool, mais c'est pas exactement ce que j'avais envie qu'ils me racontent de lui, tu vois. Il faut trouver ton perso.
» Parce qu'en fait, même dans la vie de tous les jours, si tu es, je sais pas comment dire, tu poses du parquet, si tu fais un morceau sur le parquet, les gens, ils vont pas, ça va pas forcément parler à tout le monde, tu vois. Des fois, tu es trop spé. Et ça, c'est vachement l'écriture aussi. J'essaie d'utiliser des mots simples tout en restant un peu dans la vie de tous les jours. C'est un équilibre. Des fois, je vais mettre une phrase, je vais me dire « Ah, ça, c'est un peu trop crypté. » J'essaie de changer les trucs, tu vois.
Et en même temps, tu as des trucs, tu vois, le premier son de l'album, c'est un son qui parle de choses qui ne parlent pas à tout le monde, dans le sens où ça parle littéralement du rapport aux autres, quand tu es quelqu'un de connu ou de suivi ou en tant qu'artiste, comme c'est ton cas. Tu sais, c'est toujours le truc où moi, je vois des gens dire « Ouais, je veux pas me plaindre » ou « Je suis pas censé me plaindre » ou « J'ai peur que ce soit mal interprété, machin. » Toi, c'est quelque chose auquel tu as pensé avant de te dire « Vas-y, c'est quand même, il faut que je raconte et c'est intéressant. »
Ouais, complètement. Je voulais pas faire ce morceau à la base, parce que je pensais, même je le voyais en morceau de fin d'album, tu vois, ou au milieu d'album, parce que je me disais « Ça parle à personne. » Même, je sais pas, je caricature, mais des fois quand Drake, il va faire des morceaux, j'en ai marre, j'ai tout, mais je suis triste, ça me gonfle, tu vois. Et du coup, j'avais pas envie de faire ça. Et c'est un truc que j'ai beaucoup fait sur cet album. À un moment, je me suis dit « Non, viens juste, j'écris. » J'écris ce que j'ai envie d'écrire, j'ai envie d'écrire ce truc.
En plus, j'ai de l'inspire, parce que c'est un truc que je retenais aussi, que je voulais pas le faire sur Civilization, parce que je voulais un peu sortir de moi. Et donc, j'avais aussi des trucs qui traînaient. Et je me suis dit « Non, vas-y, je le fais, on verra, tu vois. » Et au final, quand je faisais écouter Ascret, quand je faisais écouter Oga, cette intro qui s'appelle « Le pacte et tout », ils me disaient « Non, c'est fort et tout, non, non, c'est cool.
» Et au final, je pense que même si t'es pas connu ou quoi, je pense que c'est quelque chose dans lequel tout le monde peut se retrouver, parce que, mettons, tu vois, t'es journaliste, on va dire, tu deviens chef de rédac, tu vas avoir la pression, tu vas te rendre compte que ta vie change, tu vas te rendre compte que t'as plus d'interactions, plus de responsabilités. Et ça, ça arrive dans la vie. Même en… j'en sais rien, je dis n'importe quoi, t'es dans un club de foot et puis en fait, tu deviens capitaine et puis tout d'un coup, t'es connu. Tu vois ce que je veux dire ? Les gens, ils te regardent différemment. On va dire, tu changes de… dans la vie de tous les jours.
Je trouve qu'il y a un truc de… vu que le son n'est pas… Tu sais, c'est pas un son qui est larmoyant, quoi. C'est pas un son en mode « Regardez, pauvre moi ». Je pense qu'il y a un truc aussi qui est kiffant dans le son. Moi, c'est un de mes sons préférés de l'album et je pense qu'il y a un côté violent, mais au bon sens du terme. C'est que tu lâches le truc et je pense que c'est un truc qui marche bien, quoi.
Et puis c'est aussi, tu l'as voulu, tu l'as eu. Donc, comment dire, le point de vue dans la chanson, c'est aussi, t'en es conscient. C'est genre, tu l'as cherché, bah, te plains pas, tu vois. Alors qu'au final, t'as quand même le droit de te plaindre parce qu'il y a des trucs… en fait, l'ensemble de tout. Et je pense aussi, même dans la société actuelle, où même, il y a quand même un truc où tu demandes toujours qu'est-ce que ça fait d'avoir ce statut, tu vois. Mais si je peux amener un petit truc par rapport à ce morceau, c'est que ça, c'est vraiment la version négative. Du truc. De la célébrité. Et parce que c'est le point de vue de l'album, l'album s'appelle « La fuite en avant ».
C'est un album où il y a une évolution, il faut l'écouter. Et il y a aussi plein d'aspects positifs, tu vois. Sauf que quand je fais des morceaux, je prends un angle pour créer une émotion et pour raconter cet état d'esprit au moment où toi, t'es hyper négatif par rapport à ça. Et que ce soit vrai ou pas, c'est ça que tu ressens à ce moment-là, tu vois.
Mais c'est comme les pleins de sons que t'as pu faire dans le passé. Je pense à un suicide social à l'époque où il y en a un similaire dans l'album que les gens pourront écouter. C'est des sons où évidemment, c'est un angle et c'est un regard. Oui, c'est ça, mais c'est évidemment pas ton seul regard sur l'album.
Oui, c'est ça, parce que souvent, on peut te dire « Ouais, mais il dit ça, mais il y a ça aussi. » Oui, mais je ne suis pas en train de faire une thèse ou une discernation.
C'est ça, exactement.
Je ne suis pas en train de faire une thèse sur la célébrité. Je te dis, c'est un ressenti, un truc qui est fait pour être impactant.
Dans les thématiques que tu abordes dans l'album et qui parlent à tout le monde, en tout cas qui peuvent parler à tout le monde, il y a le sujet du burn-out au sens très large. Et d'ailleurs, tu en parles dans le film, tu en parles ici, là, dans l'album. Là, tu es parti pour une tournée importante. Je ne sais plus combien de dates sont prévues là, mais tu termines avec Divercy, tu as un rythme au game qui paraît assez intense. Toi, comment est-ce que tu fais pour te préserver de ces risques-là et de tout ça aujourd'hui ?
Moi, déjà, je me concentre à fond sur l'artistique. Ça veut dire qu'en gros, quand je sors, j'ai des projets. C'est vraiment ça qui me motive. Donc, il y a une part de passion qui fait que je suis content. Je suis passionné par mes projets, donc je suis content de travailler aussi. Ce n'est pas un travail, même si des fois, c'est fastidieux, des fois, c'est dur. Mais c'est surtout ça qui me motive. Donc, ça, c'est cool. Ensuite, je pense que c'est l'entourage. Je suis bien entouré. Avec Scred, Ablaï, mon frère, toute la team avec qui je bosse. J'arrive à déléguer aussi pas mal de trucs et puis à côté, ma famille, etc. Donc, ça, ça joue beaucoup et je fais pas mal de sport.
Donc, je pense clairement que ça aide, surtout en tournée ou même en studio où tu commences à te fatiguer physiquement et tout. Donc, ça, c'est des trucs. Mais aussi, rester vigilant. C'est pour ça que j'en parle dans l'album. Pas dans le sens même dans le film. Le film, c'est de la fiction. Je n'ai pas fait de burn-out. Je ne suis pas parti me planquer à l'étranger, mais c'est quand même un truc qui est motivé par des sentiments qui existent et où je pense que c'est intéressant, même dans la vie de tous les gens.
Parce qu'en vrai, tu peux faire un burn-out avec rien parce que c'est plus une façon de voir les choses et parce que c'est plus une façon de prendre toute l'info, de prendre tout se nourrir. Et des fois, juste ton cerveau, il peut bloquer sur des détails. Et je pense qu'en étant vigilant et en se mettant des soupapes de sécurité, c'est comme ça que... Mais bon, après, on n'est jamais à l'abri. Ça se trouve, je te dis ça dans 8 dates, je fais un communiqué et je dis bon, c'est chaud. Je ne te souhaite pas. Il faut faire attention, ça peut arriver à tout le monde.
Non, bien sûr. Mais en vrai, d'ailleurs, tu fais bien de dire le côté que ça peut arriver, même sur quelqu'un qui ne taffe pas ou qui fait un taf classique au sens avec des horaires classiques et tout. Il n'y a pas besoin d'être surchargé au niveau taf pour se retrouver dans ce genre de situation.
Bah ouais, non, non, non, parce que surtout maintenant, je pense que c'est un thème actuel aussi parce qu'on se remplit d'informations, on se remplit de notions, on a plus de contacts, on a plus de moyens d'être contactés, on a plus d'interactions globalement, tu vois. Donc ça, il faut le gérer. C'est aussi simple que quand tu envoies beaucoup de, comment dire, je ne sais pas, beaucoup de tours dans un moteur, tu vois, j'y connais rien.
Oui, je vois la métaphore, mais d'ailleurs, c'est aussi une autre question que j'avais. Là, tu as sorti quatre albums, c'est ton quatrième. Je crois que c'est mon cinquième. C'est mon cinquième.
Mais sinon, j'ai fait Perdue d'avance, Le Chant des Siennes, La Fête des Filles de Civilization et La Fuite en avant.
Et La Fuite en avant, qui sort effectivement, donc ce sera le cinquième. Et le premier, Perdue d'avance, c'était 2009, je crois. C'est vrai que c'est un truc où tu arrives à couper, on a l'impression que tu arrives à couper dans le sens d'avoir ton rythme de « je sors un album que de temps en temps tous les quelques années ». Et tu n'as jamais eu cette crainte qu'on entend parfois chez certains artistes ou qu'on peut imaginer de « les gens vont m'oublier », surtout on peut imaginer dans la musique que les choses vont très vite, tu as des nouveaux artistes qui émergent très, très vite. C'est une crainte que tu as eue déjà ?
Oui, j'ai toujours. Ils oublient même. Il y a un moment où même toi, tu vois des nouveaux artistes, même des fois, j'ai même des morceaux de côté, des fois, j'ai envie de sortir des trucs, tu vois, même parce qu'après, je fais quand même quelques feats, je fais aussi les morceaux des rééditions et tout, qui sont un peu pour clôturer les albums souvent, tu vois. Et du coup, ça fait peur, tu vois, parce que tu te dis qu'on oublie, tu te dis que tu n'as plus de niveau, tu te dis que… Mais au final, si ton retour, il est bien, ça ne change rien, tu vois, les gens ne t'oublient pas comme ça. Je pense que… Après, je trouve que chaque artiste a sa forme qui lui convient, tu vois.
C'est un peu comme une série, un peu comme un truc, ça va être bien tous les jours, une quotidienne, et d'autres, c'est mieux un film, un pactant. Donc, dans ce sens-là, je pense que chaque artiste doit trouver son truc, mais par contre, il ne faut pas rater son retour, tu vois. Mais je pense que le risque, c'est aussi quand tu fais trop souvent un peu les mêmes morceaux. Du coup, là, le public, peut-être, il va se désintéresser. Et moi, j'aime mieux… En fait, finalement, moi, je fais comme si je faisais des morceaux tout le temps, sauf que je ne les sors pas. Et ça, la diff', tu vois.
Tu continues à écrire.
Oui, je continue à écrire, j'ai des morceaux, j'ai des trucs de côté. Et souvent, c'est vrai qu'il y a deux ans, quand je commençais à avoir des morceaux, je me dis « Ah, celui-là, vivement, qu'il sorte, tu vois, parce que tu… » Mais je pense, en plus, comment dire, je vois mes albums comme une continuité et ma carrière un peu comme des trucs qui suivent, quoi. Et donc, du coup, je pense que maintenant, ce qui est intéressant, c'est de faire la suite plus que changer de format, tu vois. Si tu attends la suite d'Avatar, tu n'as pas envie que ça sorte en… Ça sort en une minute vingt sur YouTube, quoi. Après, je caricature, ce n'est pas aussi bien qu'Avatar, mais…
Non, mais je vois très bien le truc, mais c'est vrai que, du coup, dans ces moments de pause pour les gens, dans le sens, entre chaque album, toi, c'est quand même des moments où tu prépares la suite. Tu me disais tout à l'heure que, oui, pendant la tournée de Civilisation, tu étais déjà sur certains… Oui, j'écrivais Yoroi.
J'écrivais même Yoroi avant que j'ai fini d'enregistrer Civilisation. Ça m'a même influencé un peu, tu sais, un peu le côté « Je me barre, c'est la fin » sur Civilisation et tu étais un peu influencé parce que je me disais « après, je reviens avec Yoroi », donc ça fait, comment dire, un petit cliff intéressant. Et ça, c'est des trucs, oui, que je prévois, je continue. C'est juste…
Après, en vrai, en plus, moi, je suis quand même un rappeur, il y a quand même un petit côté d'ego où tu te dis « Ah, là, il y a des jeunes, ils sont trop forts, j'ai envie d'y aller et de, comment dire, entre guillemets, de remettre le titre en jeu ou au moins d'être là, mais je trouve que ma forme, ma forme que j'aimais mieux, c'est de sortir des trucs…
Et ça veut dire que là, tu penses déjà au suivant ? Non, là, c'est trop tôt.
Enfin, ce n'est pas que c'est trop tôt, c'est que je ne sais pas trop. Là, on est sur un truc où tu as donc le film, l'album qui sont liés, même si tu peux écouter l'album et voir le film sans connaître l'autre, mais ils sont complètement liés.
Oui, mais effectivement, pour ceux qui n'ont pas vu le film encore, il y a des sons de l'album qu'on entend dans le film et les thématiques sont très liées.
Il y a des trucs, c'est genre tu plonges dans la scène. Et je trouvais ça fun de faire un projet comme ça qui est lié, qui est un peu, je ne sais pas comment est-ce qu'on dit, cross-média ou juste…
Même si, évidemment, tu peux écouter l'un ou regarder le film. Oui, si tu n'es pas au courant, ça ne change pas le truc.
Et donc, plus la tournée qui est liée aussi, la tournée est aussi un troisième élément du truc. Et donc, c'est tellement massif ce qu'on sort que je ne sais pas exactement.
Parce que c'est vrai que, franchement, j'ai grandi, je peux le dire, en écoutant tes albums et tes sons au fil des années. Il y a une forme de fil rouge quand même qu'on sent dans les albums, mais en même temps, c'est logique parce que c'est aussi toi, ton évolution. Enfin, là, on va en parler, mais il y a la question de la parentalité qui revient dans ton son. Dans « Civilisation », on sentait déjà qu'il y avait la question de l'amour, il y avait des sujets de couple, etc. qui étaient là. Dans l'album précédent, on était évidemment à une autre phase, sûrement, de ta vie. On sent quand même que les albums et les thématiques évoluent aussi au fil de ton âge et tes sujets du moment.
Oui, complètement. Merci. Déjà, ça me fait trop plaisir que tu as suivi le truc. Et oui, oui, complètement, complètement. Justement, là, par exemple, j'ai fait exprès que l'album parle plutôt de avant la parentalité. Moi, mon fils est né il y a deux ans, mais je ne parle pas de là parce que pour moi, ce n'est pas ça l'album. Donc, j'aime bien aussi temporiser les trucs. Donc là, l'album, c'est les responsabilités, tu vas avoir un enfant, la grossesse, toute cette partie un peu se poser des questions sur toi, où est-ce que tu en es, la gestion des peurs, la gestion des émotions, du temps, des amis et tout ça.
Pour moi, c'est ça, cet arc-là de l'album, donc globalement, je sais que si je continue, la suite, ce sera forcément la suite de l'histoire. Après, peut-être, je me garde ça en soupape, mais je me laisse toujours la soupape d'en fait, c'est un album qui n'a rien à voir, c'est un autre. Mais en fait, non, logiquement, je trouve ça qui est cool aussi de suivre un peu comme une série. Bien sûr. Et puis moi, ça me permet aussi de m'actualiser, parce qu'au final, la paternité, c'est quelque chose que je n'aurais jamais pu raconter avant ou juste j'aurais raconté complètement différemment.
Oui, c'est sûr. Et puis, tu vois, il y a un truc pour tous les gens et le contexte, oui, sur le dernier album, tu as des sons ensemble, tu as deux, trois sons comme ça qui marquent le terrain ou projettent le truc de peut-être qu'effectivement, le prochain album peut aborder des thématiques comme la parentalité, comme ça.
Oui, complètement. Exactement. Comme la fête est finie où je commençais à dire vieillis.
Oui, c'est des choses qui arrivent. Petite question, d'ailleurs, au passage, parce qu'on parlait de la tournée à l'instant. Qu'est-ce qui fait que tu fais dix accords Arena plutôt que, je ne sais pas moi, un stade de France où tu avais fait la Défense Arena aussi lors de ta dernière tournée ? Comment se fait ce genre de choix ?
On réfléchissait à ce qui nous faisait kiffer, qu'est-ce qui était en rapport avec le projet ? Parce que là, la tournée, grosso modo, on a la Céno, on sait comment est-ce qu'elle va être, on sait qu'elle est liée au film, qu'elle est liée à l'album, qu'il fait un truc comme ça, et on a le décor, et on trouve que c'est parfait pour Bercy. On pense que le faire à l'accord Hotel Arena, ce sera vraiment l'endroit où le chaud sera le mieux, parce qu'en plus, on fait une tournée de Zénith, donc on a une certaine Céno, et ça, tu mets cette Céno à la Défense ou au Stade de France, c'est rien. Vraiment, c'est vraiment rien.
C'est un petit bout de truc, c'est ta scène B, et du coup, on se disait que c'était bien de le faire là-bas, même si je pense qu'on va le booster. Et le fait de rester 10 jours, ça permet d'installer des trucs, franchement, pour l'instant, c'est dans un an et deux mois, je ne sais pas exactement, à part la Céno, je vois comment elle va être, mais je veux dire, comment on va le booster, je ne sais pas exactement comment, mais c'est trop cool. Il y a moyen de faire plein de trucs, peut-être de faire même un truc global sur les 10 jours, ça. Donc, ça nous donne des options qu'on n'a pas encore envisagées.
Après, franchement, un jour, faire un Stade de France ou quoi, c'est hyper cool, mais par contre, je pense que si je fais, il faut envoyer une méga Céno fat, c'est juste autre chose. Et puis même, moi, j'aime cette salle, je trouvais que, et puis le côté en faire 10 de suite, il y a un côté pareil. Il y a un côté Résidence qui est assez stylé. Ouais, c'est ça, le côté Résidence, un peu Elvis à Vegas, c'est cool quoi, ou Céline Dion à Vegas.
Non, en vrai, il y a ce truc-là, mais c'est vrai que quand j'y repense, on est d'accord, Civilisation, tu avais commencé avec des Bercy et après tu avais fait La Défense. Ouais. Et du coup, il me semble qu'il y avait un côté monumental sur la Défense qui marchait bien aussi parce qu'il y avait un côté, ça se prêtait à plein de sons, à une Céno aussi que vous aviez pensé de façon monumentale.
Ouais, c'était gigantesque, on avait genre le plus grand écran d'Europe et tout, mais justement, tu vois, c'était cool. En plus, ça allait trop bien avec Civilisation, les drapeaux, le truc, le péplum. Mais là, l'album, il est plus intimiste. C'est la fuite en avance. Civilisation, c'était plus un truc global. Là, je suis plus revenu sur des sentiments.
Je parle du fait d'avoir un gosse.
C'est ça et du coup, je l'imagine plus. De toute façon, en plus, je vais jouer des anciens titres et tout, mais c'est vrai que là, quand on l'imagine, on se dit non, venez, on fait un truc à échelle humaine. Et Bercy, je trouve que c'est encore à taille humaine. Après, on n'aurait plus. Et en plus, le son est bon dans cette salle et voilà, c'est cool. Mais je ne sais même pas genre, si c'est la défense, il y aurait aussi un truc super cool à faire à la défense, mais ce serait un truc différent, je pense.
On parlait tout à l'heure de la pression potentielle avant de sortir un projet ou autre. J'ai vu un film ce week-end qui s'appelle Perfect Blue. Je ne sais pas si tu as entendu parler. Ah oui.
Tu l'as vu.
Pour donner le contexte. Exactement. Pour le contexte, pour ceux qui ne l'ont pas vu, on suit une artiste de pop japonaise, de J-pop qui devient actrice et tout le film, il porte sur la confusion. Du coup, tu l'as vu, mais sur la confusion entre ce qu'elle est, qui elle est et ce que les gens projettent finalement sur elle. Toi, tes rôles, ce qui est assez fou, c'est qu'ils sont souvent quand même à mi-chemin entre toi réellement Aurélien et Aurelsan ou d'autres choses. Ça peut être sur ton film récemment, ça peut être sur Casseur Flotteur, ça peut être sur ton doc, sur Comment C'est Loin, sur tout ça, sur Bloqué même. Est-ce que tu ressens, est-ce que tu vis ce truc-là parfois de...
Il y a une frontière un peu floue entre Aurélien, Aurelsan, ce que les gens projettent sur moi et comment est-ce que tu vis ce truc-là ?
Moi, j'ai bien la frontière. Je sais que des fois, les gens l'ont un peu moins. Et puis, il y a aussi le côté, comment dire, entre ce qu'ils projettent sur toi et ce qui se passe vraiment. Il y a toujours une diff', tu vois. Chacun va un peu projeter ce qu'ils ont envie, la façon dont ils voient, tu vois. Mais moi, la frontière, elle est claire que mes morceaux, c'est de la fiction. Et ce que je fais dans les films aussi, et dans Bloqué, c'est ce que tous les artistes font dans leurs albums, tu vois. Ça veut dire, si à chaque fois que Céline Dion, elle chante une rupture, c'est qu'elle a une rupture. C'est l'enfer, tu vois.
Ou à chaque fois que, je ne sais pas pareil, Michael Jackson, je prends l'exemple le plus… Peu importe, tu ne peux pas chanter toujours. Et moi, pour le coup, c'est vrai que c'est quand même assez proche parce que, voilà, j'ai un enfant, je parle de paternité. Mais bon, c'est comme beaucoup d'artistes aussi, tu vois. Mais pour moi, c'est pour ça, ce n'est pas très différent de ce que je fais sur un album et de ce que tout le monde fait sur un album. Mais je l'applique au film. Au film, ouais, ok. Et c'est ça qui peut un peu… Je vois que ça perturbe des gens, là, par exemple, sur la promo de Yo Roy. Ouais, j'ai passé des trucs. Énormément de questions sont, mais vous avez fait un burn-out ?
Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? Et pour moi, déjà, c'est intéressant parce que j'aime bien jouer là-dessus, tu vois, c'est cool. J'aime bien qu'on joue sur cette frontière, même si, pour moi, c'est juste de la fiction. Et que, dans ça, je prends limite comme un compliment où je me dis, en fait, c'est suffisamment bien écrit pour que vous croyez que j'ai vécu toutes ces émotions. Alors qu'en fait, c'est de la fiction. Tu vois, par exemple, la famille dans le film. Ouais. J'ai pas du tout ce rapport-là avec ma famille, tu vois. Genre, là, t'as une mère qui dit « Ouais, est-ce qu'elle va faire une péridurale ? » Ma mère jamais fait ça.
On l'a écrit, tu vois, parce qu'on trouvait que c'était intéressant pour le film. Ça marche très bien, ouais. Et donc, du coup, c'est drôle parce que moi, je fais bien la différence. Mais bon, après, comment dire, c'est des trucs qu'on écrit, ça part toujours de quelque part.
Bien sûr. Non, mais ça te permet aussi, du coup, cette forme de liberté de pouvoir te dire, si tu veux aborder des choses perso, tu peux le mettre. Et en même temps, si tu veux t'ouvrir à d'autres choses. Et après, de toute façon, les gens…
Ouais, c'est ça. Il y a aussi un truc où… Et c'est valable aussi en interview. Genre, tout ce que je dis n'est pas gravé dans le marbre. C'est pas parce que je dis un truc avec toi là… Peut-être même là, je vais penser que j'ai raison. Mais si ça se trouve, demain, je vais regarder et je vais me dire « Mais j'ai tort, tu vois ». Et tout ce qu'on fait, tout ce qu'on dit, même dans les morceaux, c'est pas une vérité. Et c'est ça que j'aime bien aussi. C'est pour ça que je fais des albums qui évoluent aussi. J'aime bien changer de point de vue, dire des choses sur le moment. Après, en interview, j'évite justement de dire des trucs… Oui, avec une force en mode genre « C'est ça la vie ».
Donc du coup, c'est vrai que dans les albums, c'est plus justement raconter des sentiments, des émotions. Des fois, tu vas juste chanter ce qui t'est passé par la tête 15 secondes. Et en fait, t'en fais un morceau de 6 minutes parce que c'est ces 15 secondes-là qui sont ouf, tu vois.
Tu parlais de la question des interviews. C'est très paradoxal parce que je te pose la question pendant une interview. C'est un truc, j'ai l'impression qu'il y a plein d'artistes qui, justement, ne kiffent pas trop le côté interview parce qu'il y a cette crainte de… En fait, si j'ai des choses à exprimer, je les exprime dans mes sons et je ne veux pas qu'une phrase sortie de son contexte ou un truc dans une interview illustre quelque chose que je ne pense pas vraiment ou que je ne dis pas vraiment. Toi, c'est un truc que tu as aussi parfois, cette crainte…
Déjà, tu es en promo, tu viens pour vendre un travail que tu as fait. Et puis, des fois, tu vas dire une phrase, j'en sais rien. Des fois, en plus, des trucs vraiment nazes, vraiment un truc… Des fois, des ragots people ou quoi. Et en fait, tous les articles vont être sur ce truc qui, pour toi, n'a aucun intérêt. Ça se trouve, tu t'en veux, tu te dis « mais pourquoi j'ai parlé de ça ? » Juste sur le moment, tu n'as pas fait gaffe. Alors que tes quatre ans de travail derrière, ils ne sont pas mis en valeur par ce truc-là. Et je ne te parle même pas de quand il y a des vrais dérapages, tu vois. Mais oui, en fait, surtout maintenant, on commence à organiser, tu sais que…
Et puis maintenant, tout est découpé en petits bouts, en trucs où tu te dis… Et puis souvent aussi, il y a des trucs, c'est juste des sujets hyper complexes. Si tu as envie d'en discuter, puis il y a plein de sujets aussi où tu ne sais pas, tu ne sais juste pas quoi. Et tu es là, tu as envie de parler, tu as envie d'intéresser les gens qui regardent et tout. Et voilà, tu as envie d'être pertinent quoi.
Oui, ça ajoute une pression, un truc en plus qui peut arriver quoi. Oui, c'est ça.
Tu as toujours envie d'être un peu cool et tout. Donc, c'est ça qui va te pousser à dire de la merde quoi.
À naviguer sur le truc. Et d'ailleurs, on parlait de la question des reprises en ligne et tout. Tu parles encore pas mal d'internet dans cet album-là. Tu avais fait un son que j'ai trouvé incroyable avec Vald Péon à l'époque. C'était quoi ? C'était il y a deux, trois, quatre ans ?
Oui, il y a deux, trois ans, je pense.
Qui est abordé d'ailleurs beaucoup ça. Comment tu gères le côté internet aujourd'hui ? Est-ce que tu coupes ? Typiquement, tu vois, hors promo, hors sortie d'album ou je ne sais quoi. Tu coupes complètement ou tu es genre non, tu regardes, mais juste tu postes rien ou tu publies peu ?
Moi, perso, je coupe pas. J'avais coupé sur Civilisation. Depuis, j'ai repris et je coupe pas. Donc, j'essaie de mettre une limite un peu comme tout le monde. Maintenant, j'ai TikTok, j'ai Insta, je vais dessus, je regarde. Et après, dans ma façon de gérer le truc, en fait, comment dire, souvent, j'ai envie de poster des trucs ou même, mais je prends des notes en fait. Je fais comme dans mes albums et tout. Et j'essaie aussi de concentrer que sur l'artistique, quoi. Je me dis, les gens, ils suivent ma musique, ils suivent... Et ils ont aussi... Je leur dois une qualité un peu, tu vois. Donc, j'ai pas forcément envie de leur donner...
Là, je fais des stories, des trucs parce que ça tourne autour de l'album, ça tourne autour de la tournée, ça tourne autour du film. Mais j'ai envie de leur donner du contenu de qualité et des fois, peut-être, je vais avoir... C'est souvent, j'ai des idées de sketch, en fait, j'ai des idées de blagues, j'ai des idées de story. Tu sais ce que je fais ? En fait, je les fais et je les envoie dans mes groupes de mes potes et ça les fait rire. Et voilà. Et j'en retiens, j'en retiens le même truc. Mais ouais, j'ai l'impression que je dois aux gens. Et puis, il y a un truc aussi où tu trouves si les gens, ils te voient tout le temps sur les réseaux, qu'est-ce qui va les motiver après ?
C'est moins fun quand tu découvres l'album, tu vois, au bout de, mettons, j'ai n'importe quoi, je fais 12 stories avec mon bébé. Au bout d'un moment, ta chanson sur le bébé, elle est un peu spoil, t'as envoyé 12 trailers avant. Et du coup, bah, c'est... Et puis, en fait, moi, ce que j'ai envie, moi, ce que j'aime dans la vie même, c'est des trucs un peu, comment dire, poétiques dans le sens... J'aime bien quand c'est bien mis, quand c'est bien mis en scène, quand c'est bien présenté. Moi, je consomme beaucoup de fiction. Par exemple, ouais, limite sur Insta, je regarde même pas trop les stories, je regarde plus genre les réels. Je sais pas, j'aime bien les trucs mis en scène et tout.
Et du coup, c'est ça que j'ai envie de donner à mon public, quoi. Mais par contre, des fois, t'as trop envie de...
Ah, t'es tenté de partager des trucs.
Ouais, surtout, ou même des fois, réagir à des sujets.
À des trucs, ouais.
Mais je me retiens parce que j'ai cette croyance, en gros, que dans l'artistique, c'est là où je fais passer mes meilleurs messages. Ou c'est là où les gens m'attendent et j'ai l'impression que ma place est là. C'est limite une philosophie de se dire ma place est dans ce truc, quoi. Après, si ça se trouve, j'ai tort et un jour, je vais faire autre chose.
Non, mais je pense qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Je pense que t'as un truc où chacun trouve son rythme et son truc. Et encore une fois, je pense que les gens, là, on le voit là, tu vois sur le... T'as annoncé l'album au moment où on enregistre là, tu l'as annoncé ce matin. Bah, il y a clairement une attente de fou. Alors que oui, t'étais pas forcément là, présent en sens actif à poster tous les jours ces dernières années. Enfin, ces deux, trois dernières années et les gens sont là, quoi. Tu penses que c'était mieux d'être un artiste ? Je vais te poser la question ce week-end. Est-ce que tu penses que c'est mieux d'être un artiste quand il n'y avait pas Internet ?
Franchement, moi, je suis pas un mec de tout blanc, tout noir. Je suis vraiment dans la nuance. Ça veut dire qu'il y a des avantages clairs. Et en même temps, là, regarde, je fais des vidéos dans mon salon pour annoncer la sortie de l'album. Tu peux réagir. Là, je suis avec toi qui est clairement issu d'Internet. C'est de la nouvelle promo et j'aime bien. On parle de trucs ou en télé. Enfin, je vais pas refaire l'histoire des podcasts, mais en télé, t'as pas le temps. Là, on a le temps de discuter. Donc, il y a plein de trucs hyper cool. Après, il y a un million d'artistes. Il y a une consommation différente de la musique.
Un rythme aussi, peut-être, qui est différent. On parlait tout à l'heure, mais de vrai.
Il y a TikTok qui va prendre six secondes d'un morceau et qui va en faire un hit. Mais c'est ça qui est cool aussi. C'est un peu fascinant, tu vois. Donc, je sais pas. Le truc un peu embêtant quand t'es... Ouais, c'est peut-être aussi le fait que des fois, les trucs sont sortis du contexte, tu vois. Ou genre, j'en sais rien. T'es sur scène, tu chantes faux. Ça fait un buzz. Alors qu'en vrai, c'est normal de chanter faux. C'est comme un footballeur qui rate une passe, tu vois. Personne n'a dit que les chanteurs chantaient juste 100% du temps.
100% du temps pendant une tournée d'un an.
Oui, c'est ça. Voilà, exactement. Enfin, je sais pas. Et en même temps, tu vois, je te dis ça. Et bah, ça se trouve, je peux déconstruire ce truc.
Non, non, mais en vrai, c'est un bon point parce que je trouve que c'est un... Tiens, genre moi, je vois, par exemple, il y a plein de potes youtubeurs qui sont fait... Genre, t'as des gens qui ont fait un snap ou un truc avec eux, vraiment dans la rue au hasard comme ça. Ça, il y a 10 ans, jamais ça aurait percé cette vidéo-là d'un fan à quelqu'un. Sauf qu'aujourd'hui, bah en fait, le truc, alors que ça peut être la première vidéo du gars, il peut faire d'un coup des millions de vues. Ouais. Toi, c'est un peu le même truc. C'est vrai que du coup, que ce soit dans la vie de tous les jours, mais voilà.
Il y a des vidéos où je dis ça va, qui font des mèmes.
Oui, c'est ça. Et même le côté concert, tiens, j'avais pas pensé, mais oui, tu peux imaginer le moins de trucs peut être sortis de son contexte. En plus, les concerts sont plus du coup spoilés qu'avant. Enfin ça, j'imagine, tu vois, les gens de... Après, vous allez peut-être mettre à jour des trucs, mais oui, ceux qui regardent le concert à la fin de la tournée, s'ils veulent pas se faire spoiler, vaut mieux qu'ils regardent pas trop le TikTok ou quoi avant quoi.
Exactement. Mais il y a un truc aussi où, je sais pas comment dire, ça serait dommage d'être réac et dire internet. Et puis en plus, tu sais, on peut pas battre internet comme ça.
T'es obligé de jouer avec. Bien sûr, bien sûr. Encore une fois, je trouve que Péon là-dessus était très très fort sur ce que tu racontais là-dessus.
J'aimais trop ce titre avec Vald.
Il était très kiffant, très très kiffant. Et donc tu le disais, il y a là, sur un album comme celui-ci, t'es toujours dans ce truc où t'écris plein de sons et il y en a peu qui restent à la fin. Ouais. Ok, c'est toujours la même sorte de méthodologie.
Encore plus celui-là. Celui-là, il était hyper agréable à faire parce que je voulais faire ce que je sais faire. Tu vois, il y a plus de rap dans l'album. Je me suis pas pris la tête à vouloir réinventer des trucs. Des fois, je me suis dit, vas-y, je fais les morceaux. Ils sont pas bien. C'est pas grave. J'en refais un demain. Tu vois, vraiment. Et au final, comme ça, par exemple, tu vois, le morceau Boss. Oui. J'en ai fait huit avant qui ont sensiblement. La même thématique ? Ou le nom ? Pas vraiment, justement. Et genre, le premier, c'était genre, ma meuf est trop cool, tu vois. Ce qui est pas ouf. Mais il était pas nul. Mais c'était pas encore suffisant.
Et j'en ai fait genre huit jusqu'à un morceau. Genre, j'avais une phrase où je disais, c'est pas moi le boss. Et je me suis dit, putain, il est là mon morceau, tu vois. Très bien.
Donc il y a un staff de...
Et du coup... Et puis même, justement, ça me permet de... Tu vois, ce dont on parlait tout à l'heure. Je me pose pas trop de questions parce que je fais les morceaux. Je les fais écouter. On me dit, c'est bien, c'est pas bien, c'est pas bien. Bon bah... Ou même s'il y a moyen de faire mieux. Et puis... Donc du coup, oui, je fais vraiment beaucoup de morceaux pour arriver à...
Parce que Boss, du coup, pour ceux qui ont pas le contexte, ils l'auront pas dans l'an parce qu'il sortira... Oui, parce qu'il sort tout à l'heure. C'est un son qui... Sans spoiler, mais parle du fait que... Ouais, tu racontes que t'as... Ta femme, la bosse dans le couple globalement à tout point de vue, sur plein d'aspects quoi. Et c'est très drôle. C'est très bien écrit. Sur la question de la composition d'un album, et après on va parler de certaines thématiques qu'on retrouve, la question de la solitude et la question de la parentalité. Sur la composition d'un album comme celui-là, t'as des sons, et on l'avait déjà vu dans l'album précédent, qui sont très dansants.
Des sons qui sont beaucoup plus rap au sens... Ouais, comme on peut l'entendre différemment. Comment tu composes un équilibre là-dessus ? Est-ce que tu penses dès le début aussi au côté live et au côté concert ? Comment ça se construit ?
Ouais, je pense au concert tout le temps, ça c'est sûr. Ça veut dire, il me faut des morceaux pour le live, donc soit dansant, soit chantant. Parce que c'est comme ça que... Moi en fait, ma musique, c'est comme ça que je la consomme le plus en la chantant. Donc du coup, je me projette toujours sur les gens, et puis j'aime trop de live, donc je pense au live. Et après, c'est un peu comme un film, un peu comme Yo Roy, ou un peu comme les films qu'on aimait bien dans les années 90, où il y a de l'action, il y a de l'humour. T'as quand même un peu envie de pleurer, t'as quand même envie d'un truc un peu épique.
Et moi, mes albums, depuis le début, j'ai construit comme ça, donc j'essaie de trouver l'équilibre. Et le côté dansant, c'est pareil. Après, le côté chanson... En gros, les couplets de 4 minutes qui racontent des trucs pour caricaturer. Je sais qu'à un moment, quand il n'y est pas, ça me manque. Et à chaque album, je me dis, bon, ce coup-ci, j'essaie de faire un truc un peu différent. Et à chaque fois, je rééquilibre, parce que je crois que c'est ça que j'aime bien, en fait. Je crois que c'est comme ça que j'aime les albums. Sinon, en fait, si je faisais que du dansant, je pourrais sortir en single. Si je faisais que du à texte, on se ferait chier, je crois.
Parce que c'est de la musique, je ferais un bouquin. Tout simplement, je ferais genre au théâtre, je chanterais mes meilleurs monologues.
En mode slam. Franchement, il y a un concept, c'est autre chose, mais...
Ça, franchement, à 70 ans, peut-être, je ferais le seul en scène où je récite mes textes à vie en noir, où je les déclame.
Avec une compo très simple en scénographie, c'est juste la lumière sur toi et tu les parles. Ça se tente, ça se tente. Et c'est vrai que tu as un truc où il y a souvent le dernier son qui a un aspect très moral, mais je ne pense pas que c'est un terme que tu utiliserais, mais juste un peu le son de vie de toi, quelque chose que tu as appris ou que tu as vu. Il y a eu un autre pour trop tard, je pense, qui avait marqué beaucoup de gens à l'époque. Là, tu en as un, je trouve assez similaire dans l'album ici.
Est-ce que toi, tu as un mentor, ce n'est pas le bon mot, mais est-ce que tu as quelqu'un dont tu lis les textes ou dont tu écoutes la musique ou à qui tu parles, qui est un peu ton grand frère ou ton daron sur certains aspects ?
C'est plus plein de gens, c'est plus un mélange de plein de gens. Déjà, quand je fais un album, je le fais avec Scred à 100%, donc lui, il m'oriente sur tout. Avec Scred et Ablaï, je leur envoie les morceaux, on discute ensemble, je fais écouter à mon frère. Je fais beaucoup plus écouter qu'avant. Avant, j'étais secret, mais je n'arrivais pas en cabine si je ne connaissais pas mon texte par cœur et que je pouvais le découper. Et ça, je ne fais plus trop parce que je construis plus avec les gens autour. Et du coup, après, il y a aussi, je m'inspire de plein d'autres artistes. Donc, j'écoute beaucoup de musique, je lis, je regarde des films, donc ça, ça m'inspire aussi.
Et ouais, s'il y a le côté souvent épique de fin d'album, c'est un peu comme un film. En fait, souvent, les albums, ils sont construits sur un peu une évolution. Tu vois, genre un peu comme un film au début, le perso, il ne sait pas trop où il en est. Et puis à la fin, il a un peu le... Trouve son truc, ouais. Mais c'est vrai qu'il ne faut pas que ça devienne systématique. Oui. Et en même temps, c'est comme ça qu'on raconte des bonnes histoires. Bien sûr.
Mais je ne dis pas de bêtises, je n'ai plus en tête le nom de tous les titres. Tu as un son qui s'appelle littéralement Epilogue dans le...
Ouais, ouais, Epilogue, ouais. Et on retrouve dans le film... Dans La Fête et Fini. Non, celui-là s'appelle Epiphanie. Epiphanie dans la Fête et Fini. Dans La Fête et Fini, il y avait Not pour trop tard et après Epilogue. Dans Civilisation, il y avait Traque Civilisation. Non, mais j'en fais exprès tout le temps. C'est genre mes fins d'albums. Genre sur Chant des Sirenes, il y avait Suicide Social et elle viendra quand même. Je fais exprès de... Tous mes albums sont construits pareils à peu près. Et même à peu près les mêmes... Comment dire ? Je mets à peu près au même endroit les tracks qui parlent du couple. Je mets à peu près...
Je les construis vraiment comme si c'était la suite de l'autre.
Trop bien. Une forme de cohérence du coup au fil des albums qu'on ressent. Ouais, c'est ça.
C'est exactement ça, ouais.
Il y a une thématique qui revient très souvent, alors qui était dans tes anciens albums avec Si Sol, Soleil, Du Monde Autour et puis même dans plein de couplets. Là, tu as un son qui s'appelle Plus Rien il me semble, dans lequel tu parles aussi de la question de la solitude. Ouais. Cette solitude, est-ce que toi, tu en parles beaucoup, mais est-ce que tu as l'impression que c'est une force, une faille ? Alors pareil, pas un truc binaire évidemment parce que c'est plus complexe que ça, mais comment est-ce qu'aujourd'hui tu l'appréhendes ? C'est une sorte de refuge pour toi parfois que tu trouves ?
Ouais, c'est vrai que c'est hyper présent dans toute ma carrière depuis le début, dans la quête. C'est vrai que je raconte que dès que j'étais petit, j'aimais bien être seul dans ce cocon et tout. Bah oui, oui, c'est un truc qui est présent. On en parle dans le film aussi à travers un yokai. Et je pense que c'est, même dans un album d'avance avec Du Monde Autour, je pense qu'il y a une espèce de réflexion autour de la solitude. de, je pense que l'enjeu dans la life, c'est de trouver cette espèce d'équilibre entre eux, être avec plein de gens, réussir à partager, à vivre des expériences et entre réussir à se retrouver soi. Et je pense que, en fait, c'est vraiment un enjeu.
Et moi, de base, j'ai l'impression que depuis que je suis petit, j'ai un côté un peu où je suis un peu seul et en même temps, quand je suis tout seul, je suis mélancolique. Et tu sais, c'est toujours le truc, le rapport aux autres ou forcément. Puis l'album s'appelle la fuite en avant parce que c'est un mec qui part s'isoler. Donc, c'est aussi le rapport à vouloir prendre soin de soi et en même temps, tu peux pas te couper du monde parce que tu rates plein de choses et ça te rend triste aussi. C'est vrai que c'est une thématique qui revient beaucoup. Et par exemple, tu vois, le morceau plus rien, je me suis dit, mais ou même tellement d'amis.
Je me suis dit, mais je me suis dit, putain, je parle encore de solitude. J'ai déjà fait six seuls. Avec mon auteur, j'avais déjà fait plein et je me suis dit non. En fait, c'est ça mes thématiques. Je continue. Mais je par contre, je raconte pas la même chose. Je raconte à chaque fois des états différents du truc.
Et puis, en fait, même quand tu parlais qu'il y avait des fêtes de famille et tout à l'époque, il y avait un peu de ça aussi. Il y avait un peu le côté genre. En plus, c'est dans la réédition, il me semble que tu avais un peu le côté. L'opposé. Oui, c'est ça. Et je pense qu'il y a un côté aussi. Prendre de la distance, en même temps, rester proche et ça vaut sur. Enfin, tu l'évoques à travers plein d'aspects, je trouve.
Et j'aime trop. Mais même globalement, les films qui parlent de solitude, même les grands plans dans les clips, où tu as quelqu'un qui est seul dans une grande contrée, ça me touche. Je suis touché par ça, je pense.
Je comprends complètement. Je partage ce truc-là à fond. Et tu penses que le succès renforce ou peut renforcer cette forme de solitude ?
Oui, c'est pareil. En même temps, il y a plus de monde et en même temps, tu as l'impression que tu te retrouves un peu seul dans ton cas. Enfin, de moins en moins. Mais il y a plus d'interactions et en même temps, à la fin de la journée, tu es toujours seul. Et ouais, ouais, il y a... Ouais, si, si, ça peut renforcer quand même. Mais c'est toujours le même truc de faire gaffe à ne pas s'enfermer là-dedans.
Et toi, est-ce qu'une des réponses que ça, que tu as toujours le même entourage depuis des années, enfin globalement, qui te suivent depuis des années. Il y en a une partie qui sont derrière là. Tu vois, il y a ton frère, il y a Scred, il y a Ablaï. Même sur la tournée et même dans la compo, tu as des phrases et des purple et tout. J'imagine que ça aide aussi d'avoir un crew qui t'a confiance et qui t'accompagne quand même depuis longtemps maintenant.
Ouais, c'est trop bien. C'est trop bien pour travailler. C'est que des gens talentueux de ouf que j'aime avec qui on a composé depuis le début. Tu vois, même David. David, il est là depuis 2009. Et ce qui est cool, c'est que ça n'empêche pas qu'il y a tout le temps des nouveaux qui rentrent et ça grossit et ça grossit. Et aussi, on se connaît trop bien. J'aime trop connaître, comment dire, le fait de savoir les qualités, les défauts. Ça permet de bien taffer. Et en plus, des fois, tu peux avoir envie de, j'en sais rien, un truc plus hype ou... Mais pourquoi pas ? Mais l'important, c'est de le faire ensemble en équipe. Et c'est trop, franchement, c'est trop agréable, quoi.
Franchement. Un autre sujet que tu abordes beaucoup dans le... Alors, et dans le film, et dans l'album qui sort demain, quand les gens regarderont l'interview, c'est la question de la paternité. Bon, j'ai plein de questions là-dessus, sans rentrer dans les sujets perso-perso, mais au sens, l'impact sur ta création, tout et tout, je trouve ça assez intéressant. Un des sujets déjà, parce qu'on parlait de la question du rythme tout à l'heure, c'est dans le son ailleurs. Il me semble que tu dis, j'ai une famille à élever, il faut que je lui fasse de la place. Oui. Question toute simple, mais comment on fait ? C'est un truc que tu appréhendais, j'imagine.
Ouais, ouais, j'apprends toujours. Là, je pars en tournée, j'ai pas envie d'être un père pas là, quoi. Donc ça, il faut que je m'organise, tu vois. Donc après, il y a quand même un truc à accepter que c'est mon métier, tu vois. Mais globalement, je pense que c'est aussi un truc d'organisation. Là, j'ai eu de la chance, c'est qu'on a beaucoup bossé de chez moi. Donc les gars sont venus chez moi, donc ça m'a permis d'être à la maison. Et puis, je me suis bien organisé. C'est ça qui a fait aussi que j'ai kiffé faire cet album. C'est que je savais que des fois, dans la journée, j'ai que deux heures, parce qu'en même temps, j'ai plein d'autres trucs à gérer que juste faire la musique.
Et surtout par rapport au film, tu vois. Et donc, je savais que j'avais que deux heures dans la journée. Le reste du temps, je savais que j'avais bloqué deux heures pour le bébé le matin. Après, il faut aller chercher la crèche. Bref, je ne sais pas quoi. Et quand j'avais que ces deux heures pour écrire, je les utilisais au max. Je savourais. Enfin, je me disais. Oh là là. Tu fais à fond. Là, j'y vais. J'ai pas fini d'écrire, mais c'est pas grave. Allez. Tu sais, vraiment, je me timais. Je faisais ça un peu tous les jours. Et c'était une autre approche qu'avant, j'avais beaucoup de procrastination. Ou genre, il y avait plein de trucs. Je me disais. Ouais, ça, c'est pas assez bien.
Tu sais, je peaufinais des trucs. Et au final, c'était une autre approche qui était plus. Même si sur la longueur, je pense, ça s'équilibre. Parce qu'au final, je fais beaucoup de trucs que jette. Mais au final, j'ai mieux aimé être dans l'action et pas me poser trop de questions. Parce que j'avais pas le choix. Sinon, j'aurais juste pas fait l'album. Donc, ça amène une forme.
Et ça, en vrai, je pense qu'il y a plein de parents qui en parlent. Mais ça amène une forme de discipline de bon, genre, je veux prendre du temps pour ma famille. Donc, je sais que le taf, je suis obligé de le caler sur ses horaires et sur ses trucs.
Ouais, exactement. Ça, c'est sûr. Et au final, c'était hyper positif dans les deux sens.
C'est vrai que quand on parle de place, de faire de la place pour un enfant ou autre, il y a la place au sens du temps, mais il y a aussi la place en termes de charge mentale, de se dire il faut que j'arrive à me libérer du temps et quand je suis avec ma famille, être là, etc. Ça, comment tu le vois ? Parce que ça, c'est aussi un autre enjeu. Même moi, je le vois. Alors, je n'ai pas d'enfant aujourd'hui, mais je sens que même quand je ne suis pas au taf, parfois le taf mouline derrière. Toi aussi, j'imagine que ça devait être un enjeu.
Ouais, il faut réussir à couper. Après, ma femme, elle est hyper cool. Elle est hyper cool, mais on est obligé de s'organiser. En plus, moi, je ne suis pas organisé, mais là, je me suis forcé. J'ai genre un agenda, alors que même en cours, je n'avais pas d'agenda. Tu vois, je faisais tout de tête. Et du coup, je ne sais pas, je m'organise, je cale des trucs dans le planning. On se met des, je ne sais pas, parce que tu as quand même des trucs de la vie de tous les jours. Faire les courses, les travaux administratifs. J'en sais rien. Tu as un bébé, il faut aller à la pharmacie. Il faut faire plein de trucs de bébés, tu vois. Et donc, du coup, on s'organise, je le note et tout.
Et je fais passer ça, pas forcément avant, mais je sais que sur ces plages horaires-là, je suis bloqué. Ou même quand je suis avec mon fils, à part que maintenant, il veut écouter mes chansons. Mais sinon, je ne pense pas au travail et je suis juste là pour lui.
Et c'est marrant parce qu'en plus, les rappeurs, c'est que tu as cette image de... Tu es du rappeur qui va en studio à deux heures du mat', qui va faire une session toute la nuit, machin, qui va rentrer, qui est en horaire décalé tout le temps. Et en même temps, oui, forcément, toi, tu es dans un cadre typiquement aujourd'hui où tu as besoin d'avoir une forme de discipline ou de cadre, on va dire, un peu plus important. Parce que quand j'avais interviewé Stromae il y a quelques années, et lui, pareil, ça fait là quelques années, il me semble qu'il... Pareil, en fait, quand il fait de la musique, il fait de la musique, il se pose pour ça, et c'est clair, et c'est en journée, il fait son truc.
Ça change aussi. C'est peut-être pas l'image qu'on imagine du rappeur.
Après, chacun s'organise comme il veut. Et puis des fois, quand il n'y a pas le choix, je le fais aussi. Tu vois, je pense que l'important, c'est d'être flexible. Et c'est vrai que des fois, on peut quand même avoir des sessions studio le soir. Bon, bah, j'y vais, je... Mais moi, le truc, c'est... Les gens l'ont vu dans le doc, c'est que je prends des notes tout le temps. Donc l'avantage aussi, c'est que si j'ai une idée qui me passe par tête, au lieu de la mouliner, je la note. Je dis, vas-y, demain, je traite ce truc, tu vois. Et du coup, ça me permet de, comment dire, de pas avoir l'impression de passer à côté.
Moi, tu le notes. Oui, tu penses un truc, tu le notes, et le lendemain, tu poseras dessus.
Ouais, c'est ça, mais faut se forcer. Surtout quand, en fait, ton temps... Tu peux vite croire que, genre, ton temps, il est important, parce que ce que tu fais génère de l'argent ou juste génère du positif. Et donc, tu peux vite te dire, ouais, mais faut que j'utilise tout mon temps pour faire ça. Mais en fait, c'est faux. Je pense que c'est aussi important de faire d'autres choses. Et c'est valable pour sa famille, mais c'est valable aussi, par exemple, pour le sport, tu vois. Genre, j'ai plein de gens qui me disent, ouais, j'ai jamais le temps de faire du sport et tout. Mais moi, quand je veux faire du sport, en fait, c'est imbougeable, tu vois.
En gros, jusqu'à 4 ans, mais voilà, pendant que je m'organise. Mais je peux te dire que ça a été un vrai effort, parce que je suis très désorganisé de base, quoi. J'ai même limite une phobie de mettre des trucs dans le planning, parce que j'avais trop l'habitude de juste réfléchir à ma musique, quoi.
Qu'est-ce que tu as par rapport à ta carrière, on va dire, professionnelle au sens musicale, artistique ? Qu'est-ce que tu as envie de transmettre ou pas transmettre ?
Je pense que l'erreur à faire, c'est de vouloir quelque chose à sa place, tu vois. Non, franchement, on verra, tu vois, c'est tellement impossible de prédire. Mais je sais que là, en gros, un enfant s'agrandit archi vite. J'ai vraiment envie de profiter de chaque étape, tu vois. Et je pense que, franchement, c'est ce qu'on dit dans le film. Dans Yo Roy, c'est aussi, on parle de... Ça parle de ce sujet-là au début du film. Et c'est vraiment l'importance et qu'il fait ce qu'il veut pour être heureux. S'il faire du slam, ça le rend heureux, je le laisserai slammer.
Si il veut faire un seul sur scène, tout seul au théâtre.
Si il rappe et qu'il est nul, ça le rend heureux. Je préfère qu'il rappe et qu'il est nul et qu'il soit heureux, plutôt qu'il rappe et qu'il soit fort et qu'il soit malheureux, tu vois.
T'as raison, je pense que c'est le meilleur truc. Et tu disais, il écoute déjà certains sons. Tu penses à ce moment où il va écouter des sons, ouais.
Ouais, ouais. Là, il écoute, là. Il me fait trop rire. Mais tu sais, il a deux ans. Chanson papa, chanson papa. Et c'est marrant parce que, ouais, il aime bien, quoi.
Très bien. T'as j'avoue. J'avoue, au fil des années, il va découvrir tous les albums.
Non, mais je vais complètement l'empêcher. Il va y avoir une grosse curation. Chaque année, il découvrira un pan.
Je sais pas si sur les plateformes de streaming, tu peux bloquer des albums ou des trucs.
Surtout, je redoute le moment. En plus, dans dix ans, quand il va écouter ce que je faisais, qui sera il y a trente ans pour lui, je vais être tellement ringard. Il va tellement pas vouloir entendre parler de ça. Il va falloir que je gère. J'avoue, ça va être assez fascinant à voir. Je vais être une honte.
Tu sais, t'as des métiers. Moi, je sais pas. Si demain, j'ai des enfants, ils écoutent mes vidéos. On s'en fout, quoi. C'est de l'actu. Y a rien de très perso dans le truc, tu vois. Oui, c'est vrai. C'est un autre game, quoi.
C'est le cas. Ça parle de ses grands-parents. Ça parle de sa mère, quoi. J'avoue. Et ça, c'est un truc dont on parle dans le film aussi. Les angoisses par rapport à ça. Comment tu te projettes, tu vois. Après, là, j'en rigole parce qu'en vrai, c'est la life, quoi. J'avoue. Il y a un risque.
Oui, il y a un risque. Forcément, ça peut arriver. Dans le premier épisode de Monde Jamais ça à personne, tu disais, le rap, c'est un truc de jeune. Après, je passerai à autre chose. J'ai plus la date exacte de quand est-ce que tu disais ça, mais il me semble que c'était vraiment au début.
Ouais, quand mon frère me filmait, je bossais à l'hôtel. C'est ça. C'était vraiment le tout au début. Je pense que c'est genre, ouais, en 2005, un truc comme ça.
Là, c'est son cinquième album qui sort, enfin, hors qu'elle sort flottant. Ouais. Tu as encore plein de choses à dire et là, clairement, tu as l'album. Enfin, je pense énormément pleure parce qu'il est très, très, très cool. Merci. Comment tu vois la suite pour toi? Est-ce que tu la vois toujours sur le rap? Est-ce que tu ne te poses pas de questions? Est-ce que tu...
Non, je ne me pose pas trop de questions, justement. Je pense. En plus, tu vois, rap, je veux dire, ce n'est même plus vraiment le sujet maintenant. La musique, c'est tellement hybride. Il y a des mélos. Il y a des trucs. Donc, ce n'est pas vraiment... Après, si, quand même. Je dis ça, mais c'est mentir un petit peu parce que souvent, je vois des nouveaux rappeurs qui sont trop forts, des nouvelles rappeuses, des nouveaux gens. En plus, je suis sur TikTok. En vrai, je vois tout. Si ça se trouve, vous êtes un rappeur obscur. J'ai vu votre freestyle et je me le suis pris. Et je me suis dit, putain, il est plus fort que moi. Et du coup, il y a quand même ce truc de compète.
Et ce truc, je le combats parce que je n'ai pas envie de tomber dans tu veux prouver. Mais c'est quand même là, des fois, tu vois. Et en vrai, je sais que ce n'est même pas ça qui fait l'essence de ma musique, tu vois. Mais il est quand même là quelque part. Je sais que quand je fais un morceau comme des morceaux qu'il y a sur l'album genre ailleurs ou quand je fais un morceau comme La Quête, je ne suis pas là pour prouver que je suis le meilleur rappeur. Tu vois, c'est un autre délire. C'est beaucoup plus chantant. C'est autre chose. Mais du coup, il y a quand même une part de moi qui est ou en même temps.
Et puis de toute façon, je me dis aussi, de toute façon, il y a toujours des nouveaux. Ça va faire je ne sais pas combien de temps que je sors des albums. Le nombre de nouveaux que j'ai vus qui sont arrivés, qui est même complétés, qui sont devenus ouf. Maintenant, je suis en fait, je suis juste content. Ça me fait plaisir. Je prends comme un truc où le petit côté compète, il me motive, tu vois. Donc pour ça, je n'ai pas trop peur de vieillir, mais c'est quand même quelque part là. T'as la réflexion, oui. Et en même temps, après moi, donc j'écris pour moi, c'est le truc d'écriture et j'ai l'impression que tu vois, tu regardes le Loup de Wall Street. Tu ne te dis pas quel film de vieux.
DiCaprio, je ne sais pas quel âge il y avait au Loup de Wall Street, il y avait peut être 45 et Scorsese, il y avait peut être 82. Tu ne te dis pas non, mais c'est pour les... Donc moi, je conçois plus. Bien sûr. Vu que je raconte des histoires, je conçois plus ce truc comme ça. Après, c'est vrai que dans le rap, c'est bien quand même de rester actuel dans les instrus. Moi, sur mes albums comme sur là, avec Scret, ce qu'on essaye de faire, c'est de prendre la tendance du moment et de se mettre un peu sur le côté pour ne pas faire de la musique de genre, tu vois. Mais quand même être là quelque part, tu vois, et même moi, je m'update à mort.
Ça veut dire que j'essaye d'updater mes façons de chanter, d'updater pas plus que ça le vocabulaire parce que je pense que c'est une... En fait, déjà, quand j'avais 15 ans, je ne voulais pas parler comme tous les mecs de 15 ans. Je ne prenais pas les expressions du moment parce que je trouvais que c'était trop faire comme tout le monde. Donc, des fois, tu peux être un peu tenté d'updater ton vocabulaire et du coup, ça, j'essaye de rester naturel là-dessus. Mais c'est des questions que je me pose. C'est-à-dire, des fois, j'écris une ligne, je me dis mais ça se dit encore ça ou juste... Ce que les jeunes vont comprendre.
Ou juste, dans les deux sens, genre tiens, c'est marrant, je n'utilisais pas... Ou même juste, moi, je me surprends à utiliser des expressions que je n'utilisais pas avant, tu vois. Donc, c'est marrant et ça fait partie de l'écriture, tu vois.
Oui, bien sûr. Et tu vois, là, tu as fait des tournées folles, tu as sorti un film récemment, tu as un nouvel album qui sort. Tu as encore des rêves au sens... Des rêves, comme certains peuvent l'entendre, d'un objectif précis ou un truc précis ?
Oui, oui, oui. Il y en a plein. Après, tu as des rêves. En plus, c'est un rêve un peu nul. Mais genre, tu vois, là, je sors un film au Japon. J'aimerais trop que ça plaise à l'international, tu vois. Genre, te dire... Je n'en sais rien que, par exemple, un réel que tu as bien aimé. Genre, c'est n'importe quoi. Je ne sais pas. Je prends le gros cliché. Genre Tarantino ou, je ne sais pas, Guillermo del Toro, ils voient ton film, ils trouvent ça cool. C'est nul. En plus, ça ne va rien apporter à ma life. C'est juste ou juste te dire, tiens, il y a eu un... Mais en vrai, ce n'est même pas vraiment un rêve parce que ce truc de grossir de trucs, c'est plus, ça serait cool.
C'est plus pour y aller limite et te dire que tu as accompli quelque chose de ce niveau-là peut-être. Il y a un côté aventure où ils testent un truc de nouveau. Oui, c'est ça. C'est plus le côté aventure. Et puis là, en fait, Yoro, il n'est même pas encore sorti. Déjà, j'ai le... En fait, mon rêve, ce serait plus de pouvoir continuer comme ça. Qu'à chaque projet, ça ait un impact. Peut-être aussi me dire que je continue de faire des projets marquants, tu vois. Ça, ce serait un rêve de ne pas rentrer dans un truc où genre, bon, ça y est, c'est le... Encore un. Ouais, soit encore un, soit zéro. J'aimerais bien continuer, mais bon.
Sauf en langage jeu vidéo, de genre, tu vas faire des quêtes annexes. Ouais, des quêtes annexes, mais...
Je sais pas, parce que moi, je vois pas... Justement, moi, je trouve que j'ai pas trop le temps pour les quêtes annexes. Moi, je suis encore que dans les quêtes principales. La limite, ma quête annexe, ça a été de m'entraîner à la cascade, tu vois. Par exemple, ma quête annexe, ce serait... Et c'est complètement un rêve, pour le coup, de jouer dans un film de baston obscur hongkongais et où genre, je sais pas, je le fais, tu vois. Mais après, ce truc de rêve, genre à quel moment tu te dis, c'est bon, mon rêve de rap est fini, est-ce que tu te le dis à ton premier album sorti ? Je sais pas. Je sais pas. Moi, je suis encore dans... Je suis plus dans le... Ouais, dans le jour le jour.
Après, les rêves, ça va plus être aussi des trucs du quotidien par rapport à... Je sais pas, aux gens qui m'entourent, à mes proches. J'ai envie que tout le monde soit bien. J'ai envie que plus personne galère, que tout le monde s'accomplisse. J'ai... Mais j'ai plus après des passions, ouais. De se dire, mais c'est un peu ça... Si, franchement, j'ai encore plein de rêves. Je rêve d'écrire un manga. Je rêve d'écrire un livre. Ça, par exemple, écrire un livre, je me sentirais pas du tout capable, tu vois. Et en plus, ça gonflerait tout le monde, mais...
Bah non, en vrai, parce que t'as des sons, tu vois... Bah en vrai, mais c'est vraiment pas déconnant, parce que t'as quand même des trucs où t'as plein de sons qui sont sous forme de récits. Ouais. Tu vois, j'ai plus le son à chaque fois, mais le son de la manif sur le... Enfin, t'as plein de trucs où quand même t'arrives à...
Ouais, mais le niveau est hyper haut.
Sur 200 pages, c'est pas pareil.
Ouais, et puis même le niveau des littéraires, des mecs qui sortent des vrais livres. Oui. Parce que là, quand on écrit des scénarios, quand on écrit scénario du Roy avec David, c'est comme si j'écrivais un livre quelque part, tu vois. Il est là, il existe. Mais j'avais facilement me projeté dans ce genre de rêve. Genre, je rêve d'écrire une saga comme Le Seigneur des Anneaux, tu vois. Ça, c'est un rêve, encore, où je suis sûr que j'ai pas le level, tu vois. Personne ne va dire le contraire et ça reste. Ouais. Et en fait, c'est la même motif que quand j'ai commencé le rap un peu.
Donc ouais, je pense que tellement de débats sur est-ce que j'ai encore des rêves, je suis en train de me réfléchir moi-même.
Non, mais je trouve que c'est des questions intéressantes de se dire qu'est-ce qui te pousse à... Tiens, tu pourrais avoir un truc où des gens... Enfin, il y a eu des parcours de gens, que ce soit d'artistes ou d'autres gens qui ont fait un truc, qui ont explosé sur un truc, c'était leur objectif. Et après, en fait, ils ont dit bah je vais faire autre chose. Ouais. T'as même des parcours fous de... Après, parfois, c'est lié aussi à des parcours de vie, mais on sort complètement du sujet. Mais il y a un... Ah, j'ai oublié son nom. Christophe Lemaitre, ça te parle ou pas ? Qui est un athlète des Jeux Olympiques.
Oui, oui. Je me rappelle, il faisait du 110 mètres.
Ouais, c'est ça. Ou 100 mètres. Je sais plus, bref. Mais en gros, peut-être médaille olympique. En tout cas, un des champions athlètes français. Là, il a fait un... Il a changé de vie complètement. Il bosse dans un centre de sport où il fait des cours de sport à des personnes près de chez lui. Et l'interview de lui sur France 3 est trop intéressante parce qu'il est en mode, mais je kiffe ma vie, quoi. Ouais, c'est trop bien. C'est là où je me sens bien.
Je kiffe ma vie, c'est trop cool, quoi. J'aime trop ce genre de parcours. Il y a un film qui est bien comme ça, qui s'appelle Frances A. C'est un film de danse et elle rêve d'être danseuse. Après, j'ai un peu spoil. Donc, si vous voulez pas connaître, appuyez sur la petite flèche qui fait ça, là. Et du coup, à la fin, elle se rend compte qu'en fait, elle voulait être danseuse. Mais en fait, c'est une super bonne chorégraphe, tu vois. Et j'aime trop ce truc où toi, tu veux faire un truc souvent en plus qui est un peu compète. Et au final, c'est peut-être pas là où tu es le plus fort.
Et tu peux complètement t'épanouir en faisant autre chose, peut-être plus dans l'ombre ou peut-être ou même dans une deuxième partie de ta vie, tu vois. C'est vrai que je comprends aussi complètement des gens des fois qui, comment dire, arrêtent la musique pour se concentrer sur autre chose. Tu peux t'épanouir dans un milliard de trucs, quoi.
Et je pense que dans ton cas ou dans le cas de quelqu'un qui est exposé, le risque aussi, c'est que le regard des autres pèse dans le truc et que tu as la place d'eux. Mais qu'est-ce que les gens vont dire si je change ma vie et que je fais ça ? Bah en fait, influence ta décision au point de ne pas oser franchir le table.
Ouais, bien sûr. Et puis aussi quand tu as des responsabilités par rapport à des gens qui travaillent avec toi et tout, des trucs comme ça. Mais je pense que c'est toujours faisable, quoi.
Bien sûr. Donc là, l'album sort demain. La tournée commence en janvier, je crois. Oui. Très bien. Écoute, on va suivre tout ça.
Et tout est lié. La tournée, le film, l'album, c'est vraiment... J'arrive en 3D.
Le package complet avec tout ça, on va suivre tout ça évidemment dans les prochains jours. Merci beaucoup Relsan. Faut bien, merci, c'était cool. Merci beaucoup.
Ouais, ouais, carrément, c'était cool. Non, non, merci beaucoup.
Mais c'était très kiffant et c'est bien de pouvoir prendre le temps d'échanger. Donc trop cool et courage du coup pour la tournée qui arrive. Bah ouais, merci, merci beaucoup.
C'est très, très cool.
Merci.