Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 juin 2025 10 min

14-Juillet : un feu d'artifice de mesures d'économie ? C dans l'air 07.06.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- Quelle que soit la solution retenue, F.Bayrou dévoilera son plan d'économies mi-juillet, après la fin de la session parlementaire le 11. Un répit estival pour le Premier ministre avant une rentrée potentiellement explosive. - A.de Tarlé: N.Saint-Cricq, on a tous retenu la date du 14 juillet.

Il va y avoir un feu d'artifice d'économies avec F.Bayrou nous faisant la liste? - N.Saint-Cricq: Dans la façon dont c'est présenté, on a l'impression qu'il y a une botte secrète.

Il y aurait une méthode avec quelque chose...

On n'augmente pas les impôts, on a 40 milliards. L'année blanche, c'est bien, mais ça ne change rien pour les grosses dépenses et les changements de structure. Même si on gèle tout, on fait des économies, mais on n'avance pas...

F.Bayrou avait dit que l'année 2025 était une année où on colmatait et que le budget de l'année suivante était l'année zéro, le moment où on allait commencer à faire de vraies économies. On nettoie et on donne un cap.

Ce cap, tous les gens honnêtes disent qu'il faut avoir soit des augmentations d'impôts...

Il faut trouver l'argent quelque part ou tailler dans les dépenses. On entend le RN et une partie de la gauche qui disent que c'est hors de question. Mais tout le monde sait que ce n'est pas vrai.

Il y a un enjeu politique qui fait que tout le monde fait comme s'il n'y avait pas de problème parce que tout le monde prépare la présidentielle, les municipales, les élections. Alors que le rêve de F.Bayrou, à l'origine, était qu'on ait des partis politiques responsables qui essayent de s'entendre sur la façon de faire.

Ce n'est pas possible. On a des majorités qui changent tous les 2 jours, ou pas de majorité. Pour ce qui est de faire de grandes réformes...

Je voyais une question tout à l'heure d'un téléspectateur qui disait qu'on pouvait réformer au début. Non, mais quand on le fait au début, c'est plus facile. Et quand on veut réformer et qu'on a une majorité, c'est fait pour ça.

On peut soupçonner l'idée de F.Bayrou, qui a toujours été un grand pourfendeur de la dette, de vouloir proposer des mesures fortes le 14 juillet, de maintenir son idée de référendum...

Quitte à dire: "Puisqu'on ne peut pas réformer le pays, je pars la tête haute." Mais on peut prendre les choses dans tous les sens. A.de Montchalin dit... - A.de Tarlé: Il pourrait lancer un référendum à la fin juillet avec à la clé une démission de F.Bayrou? - N.Saint-Cricq: Je ne lis pas dans le marc de café.

Quand on prend individuellement les politiques, quand il n'y a pas de caméras ni de micros, ils savent que ce n'est pas jouable. - A.de Tarlé: Ce sondage: 78 % des Français estiment que F.Bayrou n'a aucune chance de faire voter un budget de 40 milliards d'économies. - N.Saint-Cricq: Peut-être qu'il y aurait une surprise tout d'un coup et que tout le monde serait vertueux et que tout le monde se serrerait la ceinture.

Mais chacun souhaite que la ceinture soit serrée chez son voisin. Mais peut-être que ça va marcher et qu'il va y avoir une concorde nationale tout d'un coup. Mais on a l'impression qu'on nous répète sans arrêt qu'il faut économiser, baisser les dépenses, qu'il ne faut pas augmenter les impôts.

S'il y avait une solution, on la connaîtrait. - A.de Tarlé: Pour ce budget 2026, on s'oriente vers le traditionnel rabot qu'on connaît tous, I.Raymond?

F.Bayrou a annoncé la couleur. Il a dit qu'un effort serait demandé à tous les Français sans exception.

L'année blanche, c'est: on ne revalorise aucune prestation, donc tous les Français voient leurs prestations gelées en 2026. Y compris les retraités. - I.Raymond: Je ne vois pas comment on peut ne pas revaloriser certaines prestations sociales. - A.de Tarlé: Le budget de la défense... - I.Raymond: Tout à fait.

Des plans pluriannuels ont été votés. Il faut les assurer. Les retraités, c'est ce qui a fait tomber le gouvernement Barnier. - A.de Tarlé: Et taper sur les aides à domicile?

Ca a été avancé pour les ménages aisés. - I.Raymond: Quand on a un Premier ministre qui nous a annoncé qu'il était l'homme de la situation, l'homme qui lutte contre les déficits, finalement, si c'est pour atterrir sur un coup de rabot...

Raboter la niche fiscale préférée des Français, à savoir l'aide à domicile...

Le coup de rabot, c'est quand même facile. Je préfère presque le débat sur la TVA sociale, qui au moins est un débat sur s'il faut faire peser la maladie et la famille sur les cotisations. Pas sur le travail, mais faire payer tout le monde.

Au moins, il y a un débat sur qui paye, si c'est normal, sachant qu'on a une baisse de la natalité...

Le dernier rapport du COR souligne qu'on a une baisse de la natalité. On ne sait pas ce que l'IA aura comme effet sur le travail. Au moins, il y a un débat.

Et les aides à domicile, c'est comme le bâtiment tout à l'heure, ce sont des emplois qui ne sont pas délocalisables. Taper sur une filière qui s'est constituée autour de ces acquis permet de lutter contre le travail dissimulé...

Peut-être que F.Ecalle nous dira qu'il y a des effets d'aubaine...

Pourquoi il y a des crédits d'impôt quand on emploie un jardinier? Sans doute faut-il corriger certaines choses. Mais le coup de rabot, je ne trouve pas que ce soit extrêmement nouveau. - A.de Tarlé: On le fait chaque année, avec peu de résultats, puisque chaque année, le déficit dérape.

Sauf que maintenant, nous sommes les derniers de la classe européenne. Avant, il y avait plus mauvais que nous: le Portugal, la Grèce, l'Italie...

F.Ecalle, votre regard sur l'incapacité de la France à rétablir ses comptes publics? - F.Ecalle: Je vais prendre un peu de distance.

Tous les économistes vont vous dire que la meilleure méthode pour réduire les dépenses publiques, c'est de commencer par les évaluer. Ensuite, on va voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et puis on va réduire...

Ca fait 40 ans que je contrôle des politiques publiques. Je n'y crois plus beaucoup. Les évaluations de politiques publiques, c'est long, compliqué, ce n'est jamais totalement conclusif.

La réponse n'est jamais noir ou blanc, c'est grisé. Après, entre experts, on ne va pas être d'accord. Il n'y a pas beaucoup d'évaluations sur lesquelles on tirera les mêmes conclusions avec T.Porcher!

Quand on est dans une situation d'urgence comme aujourd'hui, où le problème n'est pas tellement d'être le dernier de la classe... - A.de Tarlé: Mais ça renvoie une mauvaise image des Français. - F.Ecalle: Le problème aujourd'hui, c'est surtout qu'on est en train de perdre le contrôle de notre dette.

Elle a augmenté encore l'année dernière. On est sur une trajectoire où elle va continuer à augmenter, où on va bientôt rattraper l'Italie en termes de dette. Et la Grèce n'est plus très loin.

Il faut arriver à arrêter. Il y a une urgence. L'année blanche, ce n'est pas brillant, peut-être, mais ça peut permettre de faire beaucoup d'économies.

On peut limiter ça aux retraites de base, on peut appliquer ça aux dotations de l'Etat, aux collectivités locales, aux dépenses de l'Etat lui-même...

C'est compliqué. Aujourd'hui, par exemple, on a des dépenses comme les versements à l'Union européenne qu'on ne maîtrise pas et qui augmentent fortement. On a des lois de programmation qui prévoient des hausses de crédit qui couvrent le tiers des dépenses, en particulier une loi de programmation militaire.

On ne va pas la remettre en cause, dans le contexte actuel. Je pense qu'on ne va pas arriver à trouver 28 milliards. On peut aussi parler des recettes.

L'année blanche, ça peut être le gel du barème de l'impôt sur le revenu. - A.de Tarlé: A revenu équivalent, compte tenu de l'inflation, on paiera plus d'impôts? - F.Ecalle: Voilà.

On peut le faire sur la CSG pour les retraités, on peut le faire sur les cotisations patronales...

Il y a plein de choses possibles, derrière l'année blanche. Je pense que tout ça ensemble, on peut faire un effort de 10 à 15 milliards d'euros. Ce n'est pas 40.

Mais le 40 du gouvernement est exagéré. L'effort qui est nécessaire de réduire le déficit public en 2026, c'est plutôt un peu moins de 25. On n'est pas à 40.

On peut en trouver la moitié, avec une année blanche assez large. Ce n'est pas brillant, je le reconnais. - A.de Tarlé: Ce ne sont pas les fameuses réformes de structure?