Mélenchon = Le Pen : le vieux mensonge de Bouamrane pour exister en 2027
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse directe
Karim Boamran, au service de qui ou de quoi allez-vous mettre votre voix en vue de 2027 ?
- 1:29RelanceÉludée
Vous êtes vraiment candidat pour être président d'un avis ? Vous vous imaginez dans le bureau ovale face à Donald Trump ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose d'un peu ridicule à rajouter encore une candidature ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« Moi, Karim Boamran, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Ridicule ? Je suis en train de vous parler d'une candidature qui est ancrée dans le réel. »
- 3:32Invité politiqueFait
« Moi, le matin, quand je suis à Saint-Ouen, ou quand je suis dans les Cévennes, ou quand je suis à 5A, ou quand je suis dans les territoires d'outre-mer, on ne parle pas de primaire, on ne parle pas de multitude de candidatures. »
- 3:57Invité politiqueFait
« Qui est candidat ? Raphaël Glucksmann n'est pas candidat. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Je suis candidat. Je suis la candidature qui fédère. Je suis la candidature ancrée dans le réel. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Je refuse, je refuse cette offre politique qui consiste à nous monter les uns contre les autres, à faire en sorte que le juif soit le responsable des principaux mots, faire en sorte que lorsque l'on est français d'origine musulmane, soit on est antisémite, soit on est dans une logique de se dire, écoutez, si jamais on est républicain, on est forcément prenez Taniaou et islamophobe. »
- 6:33Invité politiqueFait
« Je parle de deux offres politiques qui actuellement font fleurès et on nous considère comme une fatalité, celle de Bardella et celle de Jean-Luc Mélenchon. Parce que voyez-vous, monsieur Duhamel, pour moi c'est pareil, c'est pareil. »
- 14:21PrésentateurChiffre
« que si les votes du RN sont très similaires à ceux de l'Union des Droites d'Éric Ciotti, c'est 85% de similitude, il est aussi proche du groupe parlementaire Les Républicains, avec 66% de suffrage commun. »
- 14:42PrésentateurChiffre
« Vient ensuite la coalition présidentielle, donc le Modem, Horizon et Ensemble, à 49%, un cas sur deux donc. »
- 14:47PrésentateurChiffre
« D'ailleurs, sur les 10 projets de loi présentés par le gouvernement depuis un an, le groupe RN en a adopté 9. »
Temps de parole
- Présentateur85 %
- Karim Bouamrane6 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Non mais arrêtez tout là, il y a Karim Mastorpoulay-Boamran qui veut devenir président de la République. Bonjour et bienvenue dans le récap, un tout petit mot avant de commencer parce que l'heure est grave. Le média pourrait bien disparaître dans les semaines à venir. Pour nous sauver, nous avons besoin de 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet. Alors en vue de 2027, aidez-nous à continuer à vous informer. Permettez aux premiers médias télé indés de France d'exister. Pour ça, rendez-vous sur capsurdicap.lemédiatv.fr Nous sommes le mercredi 10 juin et depuis hier, nous faisons face à un séisme politique majeur.
La déflagration a été entendue aux alentours de 7h50, c'était sur France Inter.
Karim Boamran au service de qui ou de quoi allez-vous mettre votre voix en vue de 2027 ? De moi-même.
Moi, Karim Boamran, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles.
Et oui, Karim Masterpoulet Boamran, le maire socialiste de Saint-Ouen, vient d'officialiser sa candidature à la présidentielle de 2027. Un de plus, finalement, parmi la quarantaine de prétendants au poste. Et on ne peut pas dire que la nouvelle enthousiasme particulièrement Benjamin Duhamel.
Ils nous écoutent ce matin, ils se disent peut-être que Karim Boamran, qui n'a pas une notoriété, ne sait pas vous faire offense immense, il fait ça pour un tour de piste, pour être invité dans les médias. Vous êtes vraiment candidat pour être président d'un avis ? Vous vous imaginez dans le bureau ovale face à Donald Trump ou à discuter avec Vladimir Poutine ?
Pour paraphraser Marlo Brando, qu'est-ce que j'ai fait pour qu'on manque autant de respect ?
Le parrain de Saint-Ouen n'a pas complètement tort sur le fond, Duhamel et ses petites considérations de notoriété et de légitimité ont quand même de quoi surprendre. On ne l'a jamais entendu dire ça à Glucksmann ou à David Linard, par exemple. Et pourtant, ça ne serait pas vraiment volé. Pour autant, il n'a quand même pas tort sur le fond, le rejeton Duhamel. On se demande bien ce qu'il fait là, le Boamran, au milieu de la mêlée des prétendants de la gauche unioniste, mais pas dans l'Union. Oh, ça y est, on va encore patauger dans les nuances de la gauche, pas de gauche.
D'ailleurs, si vous êtes perdus, ce qui serait compréhensible, on a fait le point la semaine dernière sur les différentes alliances et stratégies dans le blog de gauche qui comprend aussi des gens de droite qui se disent de gauche, comme Boamran notamment. Bref, allez voir la vidéo. En tout cas, Karim Boamran, il n'a pas le syndrome de l'imposteur. Au contraire, il est sûr de son coup, il se sent tout à fait légitime comme futur président de la République. Après tout, la presse étrangère l'appelait quand même le Obama de la Seine pendant les JO. Eh bien, visiblement, ça a bien dopé son égo. Depuis, il touche plus terre, mais ça, on le savait déjà.
En plus, il s'est fait réélire maire au dernier municipal. Il a déclenché, comme chacun sait, la guerre du poulet. Tout le monde n'a fait que parler de lui. Bon, pas forcément en bien, mais ça, ça n'a pas l'air d'être son problème. Bref, tout ça, ça lui donne des ailes à Karim. Et voilà qu'on se retrouve avec un énième candidat inutile dans la course. Ah non, pardon, ça, il ne fallait pas le dire non plus. Encore une bourde de Benjamin Duhamel, décidément un peu poil à gratter ce matin-là.
Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Jérôme Gage, François Ruffin, Mathieu Pigas. Et encore, j'aurais pu allonger cette liste. Est-ce qu'il n'y a pas, pardon, mais quelque chose d'un peu ridicule à rajouter encore une candidature ?
Ridicule ? Je suis en train de vous parler d'une candidature qui est ancrée dans le réel. Moi, le matin, quand je suis à Saint-Ouen, ou quand je suis dans les Cévennes, ou quand je suis à 5A, ou quand je suis dans les territoires d'outre-mer, on ne parle pas de primaire, on ne parle pas de multitude de candidatures. On parle de capacité à pouvoir se loger. On parle de dignité. On me parle de pouvoir bénéficier d'un pouvoir qui sécurise, qui protège. Mais Karim Bouamran, je ne doute pas qu'on vous parle de ça, mais quand sur la ligne de départ, il y a autant de candidats. Qui est candidat ? Qui est candidat ? Raphaël Glucksmann n'est pas candidat. Ah bon ?
Il se prépare, il s'échauffe, il n'est pas encore candidat. Je suis candidat. Je suis la candidature qui fédère. Je suis la candidature ancrée dans le réel.
Donc, à la base, Karim Bouamran, il fricotait avec les Jadot, Gedge, Hollande, Glucksmann et compagnie, la gauche de droite, en fait, ceux qui ne font pas partie du délire de primaire unioniste à la Fort-Tondelier, mais qui ont quand même convenu d'une forme d'union entre eux, dont on ne sait pas bien à quoi elle sert, puisqu'ils ont tous envie d'y aller en solo, et surtout qu'ils ont la prétention de penser sincèrement qu'ils peuvent l'emporter. Alors oui, je sais, c'est toujours surprenant de le dire, mais c'est vrai.
Pour autant, il y a quand même fort à parier pour que le coup qu'est en train de faire Karim Bouamran, en dégainant sa candidature le premier de son petit groupe informel, c'est plus une stratégie politique pour peser dans le futur qu'un réel plan de carrière pour l'Elysée. Alors, je ne dis pas du tout qu'il ne s'en sent pas capable, ni qu'il n'a pas les dents qui rayent le parquet, qu'on s'entende bien là-dessus. D'ailleurs, il maintient, lui, qu'il y aura bien un bulletin Bouamran dans les bureaux de vote au printemps prochain, qu'il ne se pliera à aucune primaire et que tout ça, c'est très sérieux.
Mais bon, je viens quand même bien le convenir qu'il finira quand même par se désister, sous réserve d'un deal bien favorable pour sa petite personne, que ce soit une place de ministre ou de je ne sais quelle autre fantaisie qui lui passerait par la tête. En tout cas, une chose est sûre, Bouamran ne compte pas s'en tenir à son écharpe d'élu local. Il rêve en grand et il compte bien s'imposer par la porte ou par la fenêtre dans le paysage politique national. Karim Bouamran veut exister, ça ne fait aucun doute et ce, à n'importe quel prix.
Alors il s'agit, il aligne les punchlines et les slogans creux pour se donner un peu de consistance politique et puis surtout, il lâche la petite phrase qui fera causer.
Je refuse, je refuse cette offre politique qui consiste à nous monter les uns contre les autres, à faire en sorte que le juif soit le responsable des principaux mots, faire en sorte que lorsque l'on est français d'origine musulmane, soit on est antisémite, soit on est dans une logique de se dire, écoutez, si jamais on est républicain, on est forcément prenez Taniaou et islamophobe. Je parle de deux offres politiques qui actuellement font fleurès et on nous considère comme une fatalité, celle de Bardella et celle de Jean-Luc Mélenchon. Parce que voyez-vous, monsieur Duhamel, pour moi c'est pareil, c'est pareil.
Pour Karim Boimran, donc, LFI et le RN, c'est pareil. La bombe est lâchée. Alors d'habitude, chez les socialistes, il faut quand même le dire, même si on adore vomir sur LFI, eh bien on ne dresse pas de signe égal entre le parti de Jean-Luc Mélenchon et celui de Marine Le Pen. C'est un genre de consensus, même chez les plus à droite au sein du parti. Carole Delga, par exemple, la présidente de la région Occitanie, qui fricote, elle aussi, avec les frondeurs de droite à gauche, là. Eh bien, elle a encore dit en février dernier, chez Public Sénat, je la cite, « Pour moi, il n'y a pas un signe égal entre LFI et le RN.
» tout en estimant que les insoumis ne peuvent pas être dans une union de la gauche avec le parti socialiste. Elle rappelait quand même que le combat premier est contre l'extrême droite. C'est un minimum, un minimum de colonne vertébrale politique de gauche. Sinon, autant prendre directement sa carte chez les macronistes, qui, eux, justement, font de cette rhétorique l'alpha et l'oméga de leur argumentaire politique. On se souvient bien, d'ailleurs, des dernières élections et des consignes, ni RN, ni LFI, à gogo, des refus de désistement au nom d'un pseudo-cordon sanitaire, là. Ce postulat, LFI égale RN, c'est celui de ceux qui n'ont plus rien à quoi se raccrocher.
C'est celui qui dit « tout est pourri, alors choisissez-moi ». Et ça a déjà fonctionné, on le sait, les macronistes capitalisent dessus depuis à peu près toujours. Alors forcément, ça finit par faire des envieux, notamment au sein de ce fameux ventre mou politique, là, qu'on appelle l'extrême-centre. C'est l'historien Pierre Cerna qui le théorise. L'extrême-centre, c'est l'art de gouverner au nom de la modération, tout en pratiquant l'autorité sans complexe, de changer d'avis en fonction du sens du vent, en implant ça du pragmatisme, et de traiter d'extrême toute opposition suffisamment gênante pour remettre en cause son petit pouvoir.
Dire qu'on est contre les extrêmes en les renvoyant dos à dos, c'est juste un aveu de bêtise. Et quand c'est un politique qui utilise l'argument, c'est un aveu de manipulation. Premièrement, LFI n'est évidemment pas un parti d'extrême-gauche, avant tout parce que c'est une formation politique qui n'est pas révolutionnaire. Bah oui, elle souhaite prendre le pouvoir par les urnes, elle joue le jeu démocratique en participant aux élections, en se confrontant aux institutions et aux règles existantes. Le programme de l'avenir en commun peut raisonnablement être qualifié de gauche réformiste.
D'ailleurs, il est établi depuis longtemps que ce dernier est moins à gauche que le programme de Mitterrand en 81, qui était d'ailleurs lui aussi qualifié d'extrême-gauche par ses détracteurs, soit dit en passant. LFI de 2026, c'est donc un peu moins à gauche programmatiquement que le PS de 81. Ça va en agacer certains, mais c'est comme ça, c'est pas moi qui choisis. Il en est d'ailleurs de même pour les propositions du nouveau Front populaire comparées à celles du Front populaire de 36. Alors évidemment, il y a tout un contexte historique et politique à prendre en compte. Mitterrand n'avait pas d'autre choix que de tendre la main à son époque sur sa gauche pour l'emporter.
En 2026, c'est pas vraiment la même chanson. Les idées de l'extrême-droite ont fait une percée prodigieuse dans le débat public et la fenêtre d'Overton s'est considérablement déplacée. Ça change la donne. Mais bon, tout ça, c'est pour le plaisir de la nuance et le goût de la causerie politique. Mais vous savez quoi ? On va partir du principe que LFI, c'est l'extrême-gauche. Chez moi, c'est ni honteux, ni un gros mot. Et puis après tout, c'est ce que dit le Conseil d'État depuis les dernières municipales. Alors on va s'y conformer, bien gentiment. De toute façon, ça ne change rien à la démonstration. L'extrême-gauche, c'est toujours pas l'équivalent de l'extrême-droite.
Si la première se distingue par des valeurs anticapitalistes, internationalistes et égalitaristes, la seconde renvoie à un nationalisme exacerbé et excluant, pour ne pas dire directement au racisme et à la xénophobie, mais aussi à l'autoritarisme et à une certaine hostilité à la démocratie. C'est pas moi qui le dis, c'est les chercheurs. Mais d'après certains, donc, les extrêmes se rejoindraient. Ce serait peu ou prou la même chose. Et ça, c'est la théorie du fer à cheval. Ça non plus, c'est pas nouveau d'ailleurs. Ça date du siècle dernier, à l'époque où fallait désinguer les communistes à tout prix. Depuis, cette théorie, elle revient régulièrement.
C'est l'argument du juste milieu raisonnable. Le clivage ne serait donc plus entre la droite et la gauche, mais entre le centre et les extrêmes. Alors même que les idées et les valeurs défendues par l'extrême-gauche n'ont rien de comparable avec celles défendues par l'extrême-droite, peu importe les faits, l'essentiel, c'est de faire passer la gauche radicale pour la cousine plus ou moins honteuse de l'extrême-droite. La théorie des extrêmes qui se rejoignent, c'est pas une analyse politique. Faut bien le comprendre. C'est un outil idéologique. L'utilité, c'est pas de comprendre le réel, mais c'est de tracer une frontière morale entre les acteurs fréquentables et les autres.
Une fois cette étiquette collée, le débat devient tout bonnement inutile. Pourquoi discuter d'un programme quand on peut suggérer qu'il mène d'une manière ou d'une autre au chaos, à l'autoritarisme et aux heures les plus sombres de notre histoire ? Mais ces gardiens autoproclamés de la modération que sont les macronistes, ou même les sosdèmes comme Karim Bouhamran, ou Bluxman d'ailleurs, ils sont beaucoup moins clairvoyants quand il s'agit de dénoncer leur propre rapprochement, cette fois bien concret et factuellement prouvé avec l'extrême-droite.
On pourrait rappeler par exemple que les socialistes ont tapé dans la main des macronistes refusant de censurer à multiples reprises, notamment pendant la séquence du budget. Les macronistes eux-mêmes qui ont refusé de prendre en considération les résultats des dernières législatives et de nommer comme il aurait été normal de le faire un premier ministre de gauche, tout en n'ayant aucun problème en revanche à travailler avec un personnage beaucoup plus clivant, n'est-ce pas ? Comme Bruno Retailleau, dont on ne sait pas idéologiquement ce qui le distingue vraiment du RN. Et on pourrait continuer comme ça à égrener les exemples très longtemps.
D'ailleurs, je vous laisse vous faire plaisir en commentaire. Mais une chose est sûre, ces éléments factuels ne sont jamais opposés à celles et ceux de l'extrême-centre, justement, qui renvoie dos à dos systématiquement l'extrême-gauche avec l'extrême-droite. Lorsqu'un gouvernement reprend les thèmes de l'extrême-droite, gouverne avec ses alliés objectifs ou légitime ses obsessions, ça devient soudainement du pragmatisme, du réalisme ou, en un certain sens, des responsabilités. C'est peut-être là, d'ailleurs, que réside la véritable fonction de cette théorie du fer à cheval.
Non pas décrire les rapprochements politiques là où ils existent vraiment, mais détourner le regard de ceux qui dérangent. Car si l'on appliquait aux partis du centre les critères qu'ils utilisent, eux, contre leurs adversaires, il faudrait reconnaître une évidence un peu embarrassante. Les convergences les plus concrètes, les plus documentées et les plus fréquentes ne se situent pas entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite, mais bien plus souvent entre le centre, la droite dite traditionnelle, et l'extrême-droite, dont ils ont progressivement adopté une partie des thèses, des langages et des priorités, surtout.
Pour s'en convaincre, il suffit d'ailleurs de regarder les votes publics à l'Assemblée nationale. Street Press s'est penchée sur le sujet et a révélé, je les cite, que si les votes du RN sont très similaires à ceux de l'Union des Droites d'Éric Ciotti, c'est 85% de similitude, il est aussi proche du groupe parlementaire Les Républicains, avec 66% de suffrage commun. Vient ensuite la coalition présidentielle, donc le Modem, Horizon et Ensemble, à 49%, un cas sur deux donc. D'ailleurs, sur les 10 projets de loi présentés par le gouvernement depuis un an, le groupe RN en a adopté 9. Il a donc soutenu le gouvernement dans 90% des cas.
Le fer à cheval est légèrement tordu, si vous voulez mon avis. Tout ça pour dire que Karim Bouhamram raconte n'importe quoi. Oui bon, je sais, c'est pas une grande surprise, mais attendez un peu. Le plus révélateur dans cette histoire n'est pas ce qu'il dit de LFI, c'est ce que ses propos disent de lui. Bouhamram aime sans doute se voir en homme raisonnable, au-dessus de la mêlée, protégé par les vertus supposées de la modération. En réalité, il ne fait que réciter le catéchisme de l'extrême-centre et plus encore, il en applique la politique.
À force de voir des extrêmes partout, sauf dans les compromis qu'il accepte lui-même, il finit par révéler son véritable positionnement politique en renvoyant dos à dos LFI et le RN. Bouhamram n'éclaire évidemment rien. Au contraire, il brouille tout pour en tirer avantage. Pourtant, c'est plutôt simple finalement. D'un côté, il y a des mouvements qui défendent davantage de redistribution, de droits sociaux, d'égalité et de services publics. De l'autre, il y a des forces qui prospèrent sur le rejet de l'immigration, le rejet de l'autre tout court, la stigmatisation des minorités et le nationalisme identitaire. Qu'on soit d'accord ou non avec les premiers, admettons, c'est une chose.
Mais prétendre qu'ils se valent, c'est une absurdité politique et historique totale. Cette rhétorique n'a évidemment rien d'innocent. Elle permet de faire disparaître le véritable clivage, celui qui oppose les défenseurs du statu quo, à celles et ceux qui veulent transformer l'ordre social profondément. Pendant qu'on débat à l'infini des prétendus excès de la gauche, là où des éclats de voix du vieux, les idées de l'extrême droite, elles, elles continuent d'imprégner de plus en plus le débat public, les politiques migratoires, elles se durcissent, les libertés publiques, elles reculent et les inégalités, elles explosent.
Alors le problème n'est pas en soi que Karim Boamran critique la France insoumise. Ça, c'est une chose. Le problème, c'est qu'ils reprennent un discours qui, depuis des décennies, sert moins à combattre l'extrême droite qu'à neutraliser la gauche et a fortiori la gauche radicale. Et l'histoire est quand même assez cruelle avec ceux qui s'imaginent pouvoir affaiblir les forces progressistes sans renforcer en retour les forces réactionnaires. À force de taper sur la gauche au nom de la modération, on finit toujours par déplacer le centre de gravité du débat vers la droite. Et ce sont rarement les progressistes qui récoltent les fruits de cette stratégie.
C'est généralement l'extrême droite, la seule gagnante. Voilà la vraie leçon de l'histoire. Merci, idiot utile. Et on vous rappelle, avant de continuer avec le reste de l'actualité, notre objectif, 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour sauver Le Média. Le premier, Média TV, un des deux France. Il ne peut pas disparaître avant 2027. On aura plein de choses à se dire d'ici là. Alors, pour nous aider, c'est à partir de 5 euros par mois. C'est défiscalisable. Rendez-vous sur cap sur dica.lemédiatv.fr. Notre survie ne dépend que de vous.
Et puis, si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de proposer des sujets, je vous attends sur le canal de discussion Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos YouTube. Et on continue avec l'actualité nationale. Après 48 heures de garde à vue, Patrick Bruel a été déféré ce matin devant trois juges d'instruction. Le parquet a requis l'ouverture d'une information judiciaire et sa mise en examen pour des faits de viol, de tentatives de viol d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel, ainsi que sa détention provisoire. Cela fait suite au signalement et aux plaintes déposées par neuf femmes, dont cinq pour des crimes présumés.
Treize autres dossiers ont également été joints à l'information judiciaire. En tout, ce sont plus de 30 témoignages qui ont été médiatisés ces dernières semaines. Je vous invite à retrouver le récap du 28 mai dernier, où on revient plus en détail sur les faits et les actions des militantes féministes, dénonçant l'impunité de l'artiste. Pour Jade Doucelin, l'avocate de Daniela Elsner, la directrice générale d'Unifrance, qui a porté plainte pour tentative de viol, la mise en examen du chanteur est une vraie première victoire judiciaire pour les victimes. L'avocate de deux autres victimes, Iris Bieler, parle également d'un signal fort de l'accusation. Journée de grève à la SNCF.
Selon les chiffres de la CGT, près d'un cheminot sur deux est en grève ce mercredi 10 juin. Quatre syndicats de la profession ont lancé ce mouvement pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et du service public du rail. Dans son appel à se mobiliser, relayé début mai, l'intersyndicale parlait d'un état d'urgence face à la multiplication des drames engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation. À Paris, une centaine de grévistes se sont retrouvés gardes du Nord pour une assemblée générale. Je vous laisse avec les images de mon collègue Andrei Manivit.
On a trois revendications centrales. On a déjà, il faut arrêter immédiatement toutes les réorganisations locales et nationales qui atteignent la santé mentale et physique des salariés. Il y a des vraies urgences sociales. On a 12 suicides à la SNCF depuis le début de l'année, deux l'absentéisme trop importants. Deuxièmement, il y a la question de la réglementation du travail. La direction de l'entreprise veut s'attaquer à notre réglementation du travail. Elle veut casser notre unité sociale. Là, c'est une ligne rouge à ne pas franchir. Et enfin, comme tous les travailleurs et les travailleuses de ce pays, on exige une réouverture immédiate des négociations salariales.
Et quid de la concurrence au niveau de la SNCF ? Qu'est-ce que vous en dites ? La concurrence, elle est déjà... Même les libéraux commencent à dire qu'ils n'arrivent pas à leur ouverture à la concurrence comme ils le souhaitent. Nous, il y a deux choses. L'ouverture à la concurrence, elle ne se fera pas sur le dos des cheminots et des cheminottes. Ça veut dire qu'on n'imposera pas. On refusera tout le dumping social. Et enfin, deuxième chose, l'ouverture à la concurrence, ça ne va pas améliorer la vie des gens. L'ouverture à la concurrence, elle coûte plus cher pour les citoyens et les citoyennes. L'ouverture à la concurrence, elle balkanise le système ferroviaire.
Il faut arrêter immédiatement cette ouverture à la concurrence. Aujourd'hui, on peut estimer que c'est une très bonne journée de grève. On atteint à peu près, alors sur certains services, à 90% de grévistes, notamment chez des conducteurs de train, chez aussi, par exemple, ce qu'on appelle des contrôleurs, des agents des gares, des agents du matériel, etc. Donc on voit bien aujourd'hui que la violence patronale qui s'exerce au sein de la branche ferroviaire et même, je dirais, dans le monde du travail en général est subie de plein fouet par les travailleurs. Et qu'aujourd'hui, les travailleurs, ils n'ont pas, et les cheminots notamment, ils n'ont pas envie de se laisser faire.
Dans un rapport publié ce mercredi, l'Observatoire européen du climat Copernicus dresse un constat alarmant sur la vague de chaleur exceptionnelle qui s'est installée au mois de mai. Les données recueillies montrent que dans certains endroits de l'Europe, les températures moyennes quotidiennes ont dépassé de plus de 10 degrés les normales saisonnières. Le mois de mai 2026 devient alors le deuxième mois de mai le plus chaud jamais observé en Europe, juste derrière l'année 2024. Les phénomènes climatiques extrêmes sont en train de devenir la norme plutôt que l'exception, alertent les experts.
Selon l'Organisation Météorologique Mondiale, le retour d'un phénomène similaire durant les mois de juin, juillet et août est probable à 80%. Et on termine ce récap avec l'actualité internationale de violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté à Belfast, en Irlande du Nord. Ces émeutes d'extrême droite font suite à la diffusion d'une vidéo d'une attaque au couteau imputée à un réfugié soudanais. Des centaines de personnes se sont rassemblées et ont commencé à mettre le feu à des poubelles, à des véhicules, puis à des maisons hébergeant des personnes étrangères. Plusieurs personnes racisées auraient également été tabassées.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié ces violences de choquantes et complètement inacceptables. Rien ne peut justifier la violence et le désordre que nous avons vu menaçant nos communautés, ni les agissements de ceux qui les ont encouragés sur Internet ou ailleurs. Il est clair que des personnes ont été prises pour cible hier soir en raison de leurs origines et je ne le tolérerai pas, a déclaré Starmer. La conjonction des événements d'hier à Belfast et des manifestations à Southampton la semaine dernière pourrait potentiellement impacter la législative partielle prévue la semaine prochaine. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap.
N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé et souvenez-vous, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr pour devenir un de nos 10 000 donateurs mensuels et sauver notre chaîne avant le 31 juillet. Nous vous remercions tous. Très bonne soirée sur Le Média. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada