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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 16 février 2026 55 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Bonjour chez vous ! du 16 février 2026

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 49 %Attaque 30 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Comment agit-il concrètement pour notre pouvoir d'achat ?

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Que répond-il à la ministre de l'Agriculture qui attaque ce matin certaines enseignes les accusant de chantage mortifère ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    On va revenir sur la municipale, c'est dans un mois tout pile maintenant, et sur la confiance entre les Français et les politiques qui s'érodent.

  • 6:54OuverteRéponse directe

    Avec quoi ? Plus de prévention ? Un autre aménagement du territoire ?

  • 7:37RelanceRéponse directe

    Vous pensez auxquels ?

  • 8:31OuverteRéponse directe

    Vous allez parler de certains membres de la France insoumise. Qu'est-ce que vous dites de ces propos ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:39InvitéFait
    « La crue de la Garonne qui a atteint son plateau hier selon Météo France. Mais le département de la Gironde a toujours été maintenu en vigilance rouge aujourd'hui face à de nouvelles intempéries qui sont redoutées cette semaine. »
  • 2:48InvitéFait
    « Gaspard Bunel. Au lendemain de la mort de Quentin à Lyon, l'ensemble de la classe politique dénonce le déferlement de violences à l'origine du drame, à commencer par le gouvernement. »
  • 2:54InvitéFait
    « Je pense qu'il y a une complaisance de la France insoumise, de partis extrêmes en général, pour la violence politique et de faire semblant de ne pas voir que les mots tuent. »
  • 3:05InvitéFait
    « L'extrême gauche française et en particulier LFI a du sang sur les mains. Et je pèse mes mots, puisque de fait, l'état-major de LFI depuis des semaines et des mois défend systématiquement, publiquement la jeune garde, qui est l'un des mouvements antifas manifestement en cause dans cette agression immonde, s'affiche à leur côté, lutte contre leur dissolution. »
  • 3:29InvitéFait
    « Vous avez aujourd'hui une partie du spectre politique sur la base d'accusations mensongères visant à impliquer la France insoumise dans ce drame, qui cherche à faire dégénérer la situation et à transformer le débat politique de notre pays dans une forme de guerre civile. »
  • 4:13InvitéFait
    « J'ai l'espoir de renouer, évidemment, le dialogue sécuritaire avec mon homologue, le ministre de l'Intérieur, qui m'a invité. J'ai répondu, on a un ordre du jour qui va nous conduire à balayer tous les sujets sécuritaires. »
  • 4:32InvitéFait
    « Les députés reprennent la discussion ce soir de la proposition de loi qui vise à créer un droit à l'aide à mourir. »
  • 5:53InvitéFait
    « On voit bien qu'avec le dérèglement climatique, il y a vraiment ce genre d'événements extrêmes qui se multiplient. »
  • 6:12InvitéFait
    « Et je pense qu'on ne s'intéresse pas vraiment beaucoup à ces sujets. En tout cas, ils passent à l'arrière de l'actualité, alors que pour les gens qui les vivent au quotidien, notamment dans les Landes ces derniers jours, ça devient de plus en plus compliqué. »
  • 6:57InvitéFait
    « D'abord, pas en refusant la réalité ou en faisant, comme aux États-Unis, comme si le réchauffement climatique n'existait plus. »
  • 8:37InvitéFait
    « Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent et qui doivent être combattues, de toute façon, d'où qu'elles soient. Je constate que, dans les positions qu'ils prennent, en particulier sur l'antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République. »
  • 9:38InvitéFait
    « Je pense qu'il y a des expressions antisémites dans le débat politique de manière régulière. »
  • 10:21InvitéFait
    « Il y a une vraie rupture parce que la France insoumise se comporte sur beaucoup de sujets, à mon sens, de manière irresponsable. »
  • 14:08InvitéChiffre
    « Oui, selon cette enquête, 22% des Français seulement ont confiance dans la politique. »
  • 14:28InvitéChiffre
    « Et puis également dans le fonctionnement de notre démocratie, 23% des Français pensent que la démocratie fonctionne bien. C'est deux fois moins qu'il y a 15 ans et encore une fois nettement inférieure à nos voisins européens. »
  • 18:03InvitéChiffre
    « Oui, 60% des Français ont confiance dans leur maire. C'est nettement plus que dans leurs députés, 20% et dans leurs sénateurs, 26%. »
  • 20:11InvitéChiffre
    « Le chiffre est sans appel, 76% des Français estiment dans cette enquête que les dirigeants politiques sont, je cite, plutôt corrompus. »
  • 20:23InvitéChiffre
    « 55% estiment que c'est aux juges et non aux citoyens de statuer sur l'inéligibilité des candidats qui ont enfreint la loi. »
  • 22:10InvitéFait
    « Oui, la fonction de maire est de plus en plus difficile. »
  • 23:06InvitéFait
    « Il y a des demandes de plus en plus fortes, pour ne pas dire plus, des citoyens. Et des moyens qui baissent. »
  • 30:18InvitéFait
    « Ce n'est pas normal que, quand vous gagnez d'une voix, vous ayez trois quarts du Conseil municipal. »
  • 31:56InvitéFait
    « D'abord, moi j'aime bien la ministre de l'Agriculture. Ce n'est pas facile d'être à son poste pendant toutes ces tensions, alors qu'il y a eu le débat très contradictoire sur le Mercosur. »
  • 32:30InvitéChiffre
    « Mais dans le prix final, la part de la distribution, dans la réalité, n'est que de 40%, 45%. Et c'est la matière première industrielle qui fait la différence. »
  • 34:37InvitéFait
    « Non, rien. Ce n'est pas les bons mots, quoi. »
  • 35:09InvitéFait
    « Donc oui, ceux-là, nous les respectons, et à ma connaissance, je n'entends pas dans les centres Leclerc, je n'entends pas même d'une manière générale que quelqu'un les conteste. »
  • 35:33InvitéFait
    « Le grand reproche qu'on peut faire dans ces négociations-là, c'est qu'il n'y a pas vraiment de transparence de la part des grandes multinationales. »
  • 37:44InvitéFait
    « Nous, on soutient la loi EGalim dans le principe de l'intangibilité, de la non-négociabilité de la matière première agricole. »
  • 38:58InvitéChiffre
    « Celui qui répartit la responsabilité, c'est le consommateur. Le consommateur a été tapé au portefeuille de 28 % sur trois ans, là. »
  • 39:17InvitéFait
    « Je peux vous dire que les marges de la distribution, même chez mes concurrents, ils n'ont pas bougé. »
  • 39:32InvitéFait
    « Non, non, non. Non, non, c'est même une concurrence assez vive, mais loyale, entre Intermarché, Leclerc, Système U, Lidl, Aldi, Carrefour, qui est revenu aussi un peu dans… »
  • 40:01InvitéChiffre
    « Je pense qu'on finira l'année aux alentours de zéro, peut-être 1% d'inflation. »
  • 43:10InvitéFait
    « En général, l'État est beaucoup venu nous chercher et a beaucoup perdu. »
  • 43:18InvitéFait
    « J'ai fait gagner les centres Leclerc devant la Cour de justice européenne. »
  • 43:24InvitéFait
    « La parapharmacie, on nous empêchait de vendre de la parapharmacie. »
  • 43:50InvitéFait
    « Le consommateur doit bénéficier aussi du marché unique. »
  • 44:07InvitéFait
    « On ne négocie pas avec les agriculteurs dans cette centrale d'achat. »
  • 44:40InvitéFait
    « Les coopératives agricoles achètent leurs intrants de manière groupée. »
  • 45:55InvitéFait
    « Nous voulons rendre accessible aussi bien un premier prix qu'un produit bio. »
  • 46:17InvitéFait
    « On met l'Origine-Score sur toutes nos marques, toutes nos références d'EcoPlus. »
  • 46:45InvitéFait
    « Nous sommes en train de mettre des informations sur les conditions sociales de production et sur l'impact environnemental de tous les textiles à marque Outisaya. »
  • 46:50InvitéFait
    « On va vers une économie plus vertueuse. »
  • 50:16InvitéChiffre
    « 25 % du bénéfice avant impôt va au personnel. »

Temps de parole

  • Invité36 %
  • Invité 236 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 33 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce lundi 16 février. Pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous, on regarde ensemble le programme. Il est le patron de la plus grande enseigne de distribution, Michel-Edouard Leclerc. Le président des centres Leclerc est notre invité. Dans quelques instants, comment agit-il concrètement pour notre pouvoir d'achat ? Et que répond-il à la ministre de l'Agriculture qui attaque ce matin certaines enseignes les accusant de chantage mortifère ?

On verra sa réponse dans quelques instants. Il sera notre invité dans une demi-heure. Le gouvernement qui pointe la responsabilité de l'ultra-gauche dans la mort du jeune Quentin à Lyon. Un meurtre qui provoque un vif débat dans la classe politique dont une grande partie pointe du doigt, la France insoumise. On va en parler dans une heure avec nos éditorialistes Steve Tréard et Elisabeth Martichoux. Dans un mois, vous serez appelé aux urnes. Premier tour de l'élection municipale. Le maire qui reste l'élu préféré des Français dans un contexte de perte de confiance entre les Français et les politiques. Comment lutter contre ce phénomène ?

On pose la question dans quelques instants au sénateur socialiste des Landes, Éric Quérouche. Et puis à la une de nos régions, on poursuit notre tour de France. De la campagne des municipales, direction Toulon. C'est l'une des cibles du Rassemblement national qui pourrait en plus profiter des divisions de la droite après l'inégibilité du maire Hubert Falco. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence par les repères de l'actualité. Bonjour Alexandre Poussard.

1:47
Invité

Bonjour Ariane.

1:48
Présentateur

A la une de ces lundi 16 février, la Garonne en alerte rouge au cru.

1:51
Invité

La crue de la Garonne qui a atteint son plateau hier selon Météo France. Mais le département de la Gironde a toujours été maintenu en vigilance rouge aujourd'hui face à de nouvelles intempéries qui sont redoutées cette semaine. Quatre départements pyrénéens sont placés, eux, en vigilance orange ce lundi pour pluie-inondation.

2:09
Présentateur

L'ultra-gauche pointé du doigt dans le meurtre du jeune Quentin à Lyon.

2:12
Invité

L'étudiant de 23 ans est décédé à la suite de son agression jeudi soir à Lyon et après des affrontements entre son collectif d'extrême droite et des militants d'extrême gauche. La France insoumise est sous le feu des critiques. Gaspard Bunel. Au lendemain de la mort de Quentin à Lyon, l'ensemble de la classe politique dénonce le déferlement de violences à l'origine du drame, à commencer par le gouvernement. Gérald Darmanin pointe du doigt les mouvements d'ultra-gauche et la responsabilité de la France insoumise. Je pense qu'il y a une complaisance de la France insoumise, de partis extrêmes en général, pour la violence politique et de faire semblant de ne pas voir que les mots tuent.

Pendant longtemps, on a entendu par exemple la France insoumise évoquer que la police tuait. On voit bien que là, c'est l'ultra-gauche qui manifestement a tué. Hier soir, quelques 300 personnes se sont réunies place de la Sorbonne à Paris pour rendre hommage à la victime. Au premier rang, plusieurs figures de l'extrême droite dénoncent même la culpabilité directe de la France insoumise. L'extrême gauche française et en particulier LFI a du sang sur les mains.

Et je pèse mes mots, puisque de fait, l'état-major de LFI depuis des semaines et des mois défend systématiquement, publiquement la jeune garde, qui est l'un des mouvements antifas manifestement en cause dans cette agression immonde, s'affiche à leur côté, lutte contre leur dissolution. Au centre de toutes les critiques, les élus LFI se défendent de toute implication. Vous avez aujourd'hui une partie du spectre politique sur la base d'accusations mensongères visant à impliquer la France insoumise dans ce drame, qui cherche à faire dégénérer la situation et à transformer le débat politique de notre pays dans une forme de guerre civile.

Et moi, je dis à tout le monde qu'il faut faire preuve du sang-froid le plus absolu pour ne jamais accepter de tomber dans ce climat de guerre civile que l'extrême droite veut importer dans ce pays. Depuis la mort de Quentin, les permanences des candidats LFI aux élections municipales ont été dégradées, comme à Lille, Rouen ou encore Bordeaux.

4:01
Présentateur

Laurent Nunez entame un déplacement de deux jours en Algérie.

4:04
Invité

Le ministre de l'Intérieur sera en Algérie pour tenter de renouer le dialogue entre Paris et Alger sur les questions de sécurité après des tensions diplomatiques persistantes. On écoute Laurent Nunez. J'ai l'espoir de renouer, évidemment, le dialogue sécuritaire avec mon homologue, le ministre de l'Intérieur, qui m'a invité. J'ai répondu, on a un ordre du jour qui va nous conduire à balayer tous les sujets sécuritaires. C'est un voyage important. C'est un voyage très important de réengagement de la relation avec l'Algérie. Oui, c'est un voyage important.

4:29
Présentateur

Et la loi sur la fin de vie est de retour à l'Assemblée nationale.

4:32
Invité

Les députés reprennent la discussion ce soir de la proposition de loi qui vise à créer un droit à l'aide à mourir. Le texte revient à l'Assemblée après avoir été, on le rappelle, rejeté par le Sénat au terme de débats chaotiques.

4:44
Présentateur

Merci Alexandre et à tout de suite. Bonjour Éric Quérouche. Merci d'être notre invité sénateur socialiste des Landes, vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. On va revenir sur la municipale, c'est dans un mois tout pile maintenant, et sur la confiance entre les Français et les politiques qui s'érodent. Mais d'abord, on regarde ensemble les unes de la presse régionale. Trois titres qu'on a sélectionnés. La une de Sud-Ouest, la vie sous les eaux. Votre département des Landes est en alerte, comme beaucoup de départements voisins, dans les communes touchées par les crues. Les habitants qui le souhaitent sont évacués.

Ceux qui restent s'adaptent tant bien que mal. Deuxième une, scène du Maine libre, police municipale, l'armement en débat. Ça fait partie des questions qui animent la campagne des municipales, alors que la sécurité reste la préoccupation majeure des Français. Faut-il armer la police municipale ? Et puis la dernière une, c'est celle du Dauphiné. C'est la joie des sportifs français au JO. L'équipe de France qui bat son record de médailles aux Jeux Olympiques d'hiver. Déjà 15 médailles, alors qu'il reste une semaine de compétition. Des sourires à la une, ça fait du bien. De quelle une avait envie de nous parler ?

5:48
Invité

Peut-être la première, parce que je suis concerné un peu par la situation. On voit bien qu'avec le dérèglement climatique, il y a vraiment ce genre d'événements extrêmes qui se multiplient. Et dans le sud-ouest, ça a pris à la fois des inondations et d'une tempête qui est passée, notamment dans mon département, dans les Landes. Et je pense qu'on ne s'intéresse pas vraiment beaucoup à ces sujets. En tout cas, ils passent à l'arrière de l'actualité, alors que pour les gens qui les vivent au quotidien, notamment dans les Landes ces derniers jours, ça devient de plus en plus compliqué.

Et je crois qu'il faut qu'on voit les choses en face et qu'on s'attelle à répondre à des vrais problèmes et pas forcément à des polémiques qui sont souvent superficielles, mais qui oublient complètement le fait que, de manière structurelle, on va vers un autre monde et que notre pays, nos départements vont être touchés progressivement.

6:48
Présentateur

Avec quoi ? Plus de prévention ? Un autre aménagement du territoire ? Il y a aussi chez vous la problématique de l'érosion du trait de côte. Comment on gère ça ?

6:57
Invité

D'abord, pas en refusant la réalité ou en faisant, comme aux États-Unis, comme si le réchauffement climatique n'existait plus.

7:05
Présentateur

Mais qui fait ça ?

7:06
Invité

Là, Donald Trump, puisque vous avez vu qu'il a… Non, mais chez nous, chez nous. Chez nous, il y a quand même le fait que, de plus en plus, l'ensemble de ces thèmes passent à l'arrière-plan, de manière manifeste. On fait comme si on ne pouvait pas y arriver, on fait comme si on ne pouvait pas s'adapter. Or, encore une fois, ça va avoir des conséquences sur la vie de millions de Français. Et c'est vraiment ça qu'il faut qu'on regarde en face, sans s'en cacher, comme on le fait actuellement, en se déviant sur d'autres thèmes qui, à mon sens, ne sont pas aussi importants.

7:37
Présentateur

Vous pensez auxquels ?

7:38
Invité

Je pense à une grande partie des thèmes défendus par l'extrême-droite. On est vraiment dans l'agitation. Vraiment, c'est ça. C'est le refus de la réalité, comme si, en refusant l'obstacle, on allait pouvoir le contourner. Ça ne sera pas le cas.

7:58
Présentateur

On va parler de ces déclarations d'Emmanuel Macron, qui, hier, dans un entretien à Radio-J, a exprimé des positions vis-à-vis de la France insoumise concernant la question de l'antisémitisme. On va l'écouter, le président de la République.

8:13
Invité

Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent et qui doivent être combattues, de toute façon, d'où qu'elles soient. Je constate que, dans les positions qu'ils prennent, en particulier sur l'antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République.

8:31
Présentateur

Vous allez parler de certains membres de la France insoumise. Qu'est-ce que vous dites de ces propos ?

8:37
Invité

Je dis que l'antisémitisme, pendant longtemps, a été un poison français. Il a été un poison de la vie politique française, en gros, depuis l'affaire Dreyfus, et que rien ne justifie l'antisémitisme. C'est aussi simple que ça. Je pense qu'il n'y a pas à rentrer dans les détails. C'est un comportement global qui n'est pas acceptable. Ce n'est pas, d'ailleurs, une opinion, c'est un délit.

Après, il y a les conséquences qu'envisage Emmanuel Macron du strict point de vue de la classification politique de tel ou tel parti, mais revenir au fait que la France a vécu une bonne partie de son histoire avec un antisémitisme fort, qu'il a été difficile de s'en débarrasser, qu'il n'est pas question de revenir en arrière. Ce n'est pas une défense de l'État d'Israël, c'est simplement le fait qu'en République, des opinions ne sont ni tenables ni acceptables.

9:32
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a des expressions antisémites chez certains membres de la France insoumise, comme le dit le chef de l'État ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

9:38
Invité

Je pense qu'il y a des expressions antisémites dans le débat politique de manière régulière. Après, sur la stigmatisation des uns ou des autres, je pense encore une fois, on va coller des étiquettes sur les uns en oubliant ce que font les autres. Ce que je vous dis, moi, c'est que de manière globale, toute expression en ce sens, et d'où qu'elle vienne, est condamnable.

10:05
Présentateur

Il a parlé de la France insoumise, il a aussi pointé du doigt certaines expressions du Rassemblement national, mais là, à la France insoumise. Est-ce qu'aujourd'hui, la rupture, elle est actée entre le PS et la France insoumise ?

10:14
Invité

Je crois que c'est assez net. Vous l'avez vu dans les différentes évolutions qu'on a eues ces derniers mois. Il y a une vraie rupture parce que la France insoumise se comporte sur beaucoup de sujets, à mon sens, de manière irresponsable. Je ne pense pas, et on l'a encore vu, on va y revenir, je ne pense pas que le fait de radicaliser la vie politique soit une bonne évolution. Pour moi, c'est tout le contraire. C'est un retour considérable en arrière. Et tout ce qui va dans ce sens entraîne des risques.

10:49
Présentateur

Le jeune Quentin, 23 ans, est mort ce week-end après avoir été violemment agressé en marge d'une manifestation du collectif identitaire Némésis pour lequel il assurait la sécurité des militants. C'était une manifestation pour protester contre une conférence de l'eurodéputé LFI Rima Hassan. Quel est l'état d'une société qui en arrive à ce type d'acte ?

11:11
Invité

Tout ce que je sais, c'est qu'à la fin, un adolescent, un gamin de 23 ans est mort et qu'actuellement, il y a sa famille, ses proches qui le pleurent. Et encore une fois, revenir juste en arrière. Je ne voudrais pas que les années 30 de ce siècle ressemblent aux années 30 du siècle précédent. Avec une violence politique débridée et les conséquences que ça peut avoir. Les drames, le deuil et en fait le malheur. Donc, encore une fois, il y a un rôle, je pense, de l'ensemble des responsables politiques à faire en sorte que nous allons vers la pacification. Je ne le vois pas dans les dernières expressions que j'ai pu entendre.

11:54
Présentateur

Dont celle de Gérald Darmanin ? Vous visez qui ? Hier, Gérald Darmanin, on l'a entendu dans le journal.

11:58
Invité

J'entendais la Marion Maréchal-Le Pen. Enfin, je veux dire, pour moi, il y a une certaine obscénité. On dit que la France Insoumise a du sang sur les mains. Mais à vrai dire, il y a une certaine obscénité. D'où que ça vienne, à utiliser quelque chose qui est aussi dramatique qu'un meurtre. Et là aussi, je pense qu'on a, on doit raison garder. C'est manifestement pas le chemin que ça prend.

12:28
Présentateur

C'est l'ultra-gauche qui a manifestement tué, a dit hier Gérald Darmanin, sur notre antenne. Que pensez-vous de ça ?

12:34
Invité

Je pense qu'il y a une enquête, que ça va établir les responsabilités, qu'il y a des soupçons actuellement. Mais, encore une fois, Gérald Darmanin garde des sceaux. Et je pense qu'il doit attendre, comme tous les autres, qu'on sache exactement les tenants et les aboutissants. Pour l'instant, tout le monde fait des suppositions. Mais à la fin, encore une fois, il ne reste qu'une chose. Cet adolescent ne sera plus là demain. Et rien que ça devrait nous faire réfléchir.

13:05
Présentateur

Il a aussi dit, Gérald Darmanin, il a aussi parlé dans cette même émission d'une complaisance de la France Insoumise pour la violence politique. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

13:12
Invité

Encore une fois, j'entends la volonté de stigmatiser les uns ou les autres. Mais on devrait se poser la question pour l'ensemble du spectre politique. Qui que ce soit qui est de la complaisance envers ce genre d'actes n'a pas sa place dans l'inscription républicaine qui est la nôtre. C'est aussi simple que ça pour moi.

13:34
Présentateur

Est-ce que ça montre la fragilité de la démocratie ?

13:36
Invité

Ça montre que, d'abord, par définition et par essence, la démocratie est fragile. Ça montre aussi que quand les affrontements politiques prennent le pas sur tout ce qui nous rassemble, voilà ce que ça donne. Et justement, on ne sait pas jusqu'où ça peut nous amener.

13:56
Présentateur

Une fragilité de la démocratie qui s'illustre aussi par la rupture marquée entre les Français et les politiques. Le baromètre annuel de Sciences Po et du Cevipop sur la confiance en politique n'est pas très encourageant. Alexandre, qu'en est-il ?

14:08
Invité

Oui, selon cette enquête, 22% des Français seulement ont confiance dans la politique. Et si on observe cette confiance chez nos voisins européens, elle est nettement supérieure. 45% des Allemands ont confiance dans la politique, 44% des Britanniques et 40% des Italiens. Il y a donc une défiance française dans nos élus et dans nos responsables politiques. Et puis également dans le fonctionnement de notre démocratie, 23% des Français pensent que la démocratie fonctionne bien. C'est deux fois moins qu'il y a 15 ans et encore une fois nettement inférieure à nos voisins européens. 52% des Allemands estiment que leur système démocratique fonctionne bien, 54% des Britanniques et 40% des Italiens.

Selon vous, Éric Quérouche, qu'est-ce qui explique cette défiance française dans la politique ? Alors, vous l'avez dit, c'est ça qui nous caractérise. C'est le fait qu'il y a un décrochage complet entre les Français et leur système politique. Ce qui n'est pas très encourageant et qu'à chaque fois, à chaque baromètre, on voit que cette confiance diminue. Ce qui est quand même un problème fondamental. On ne peut pas continuer à construire, on ne peut pas continuer à vivre ensemble s'il n'y a pas un minimum de confiance politique.

Or, il est vrai que dans le climat que nous traversons notamment depuis 2024, les Français ont l'impression que leur système institutionnel est complètement grippé et que, d'une certaine façon, les responsables politiques vivent entre eux, mais pas pour eux. Et ça, je pense que ça explique une grande partie du fossé qui est en train de se creuser et qui est vraiment béant.

15:43
Présentateur

Un manque de confiance qui est dû à la situation parlementaire actuelle.

15:46
Invité

Oui, car selon ce baromètre face à cette situation parlementaire actuelle, vous en parliez, Éric Kerouche, avec une absence de majorité à l'Assemblée nationale, où il faut débattre davantage et trouver des compromis entre les partis et trouver des compromis avec le gouvernement, eh bien, 22% des personnes interrogées pensent plutôt positivement que c'est le début d'un nouveau fonctionnement démocratique et qu'il faut aller plus loin dans cette direction après la présidentielle de 2027. Mais 49% des Français estiment que c'est une situation transitoire et qu'il faudrait revenir à une majorité nette à l'Assemblée nationale. Quel est votre avis sur la question ?

Est-ce que cette situation parlementaire inédite est plutôt positive et doit changer notre culture politique pour trouver des compromis ? Alors, d'abord, je vais peut-être répondre aux 49% qui pensent que c'est une situation transitoire. Ça ne l'est pas. En fait, il y a une fragmentation de plus en plus forte de notre espace politique et elle est structurelle. Et donc, on ne reviendra pas en arrière. Il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale, on n'avait jamais vu ça. Et en plus, il y a des groupes politiques qui visent, en fait, à ne pas continuer le chemin. Donc, on a une incapacité à se comprendre.

Et en fait, une grande partie de ce qui se passe actuellement est expliquée par le mode de scrutin majoritaire qui ne fonctionne plus dans les conditions qui sont celles de notre débat politique. Donc, il faut aller vers la proportionnelle ? Alors, pour moi, c'est une évidence évidente. Et j'en reviens au sujet précédent. Encore une fois, en France, le compromis, c'est de la compromission. Ailleurs, le compromis, c'est la façon de faire fonctionner le système politique.

Donc, ou on va vers une logique de compromis plus importante ou alors on ira et on sautera de crise en crise parce que, quand bien même il pourrait y avoir une majorité absolue, il n'en demeure pas moins que, dans le temps, la tripartition de l'espace politique, la fragmentation, fait que nous serons obligés de coopérer ensemble. La première condition, c'est de mettre en place un scrutin proportionnel.

17:59
Présentateur

Alexandre, en revanche, on peut dire que les Français ont confiance dans leurs élus locaux.

18:03
Invité

Oui, 60% des Français ont confiance dans leur maire. C'est nettement plus que dans leurs députés, 20% et dans leurs sénateurs, 26%. D'ailleurs, une grande majorité des citoyens, 79%, estiment qu'il faut donner plus de pouvoir aux collectivités locales face à l'État. C'est ce qu'on appelle la décentralisation. 58% des personnes interrogées veulent même transformer la France en un État fédéral, comme l'Allemagne, avec des régions qui ont beaucoup de pouvoir. Éric Quérouche, cette décentralisation donnait plus de pouvoir aux élus locaux. Est-ce que c'est la solution à notre crise politique ?

C'est une des solutions quand on voit les blocages, notamment liés à l'action d'un État central qui veut encore être omnipotent alors qu'il n'en a plus les moyens. Il faut s'adapter aux territoires et il faut que les territoires aient la capacité de s'adapter. Ça veut dire de la différenciation parce que si on continue à traiter de manière égale des situations différentes, on conforte les inégalités dans le temps. Il faut plus de pouvoir pour les territoires, il faut plus de pouvoir pour les élus et sans doute plus de moyens, contrairement à ce que fait l'État actuellement qui leur reprend.

Oui, mais chaque territoire a des ressources différentes, notamment en termes de croissance économique. Donc si on donne plus de compétences à chaque territoire, on va peut-être aggraver les inégalités. D'où la volonté d'une différenciation. La différenciation, ça ne veut pas dire qu'on laisse les plus gros continuer à se développer. Il faudra toujours qu'il y ait des mécanismes de compensation et de solidarité. Ce que je dis simplement, c'est que tant qu'on ne continuera pas, parce que c'est le cas, à faire confiance au territoire au nom d'une prétendue expertise plus forte de l'État central, eh bien on se trompe, c'est des territoires que viennent les solutions qui sont mises en œuvre.

Et en France, en France, elles sont sous un dôme, elles sont vraiment limitées.

19:56
Présentateur

On va reparler de décentralisation. Jefferson Desport est là avec nous de Sud-Ouest. Il va vous interroger là-dessus dans quelques instants. Mais on finit, Alex, par ce baromètre et par la probité qui n'est pas la qualité première des responsables politiques, selon les Français.

20:11
Invité

Le chiffre est sans appel, 76% des Français estiment dans cette enquête que les dirigeants politiques sont, je cite, plutôt corrompus. Mais en revanche, ils font confiance à la justice pour gérer les affaires politico-judiciaires. 55% estiment que c'est aux juges et non aux citoyens de statuer sur l'inéligibilité des candidats qui ont enfreint la loi. Une question qui est forcément posée dans le contexte de l'affaire judiciaire qui vise Marine Le Pen et le Rassemblement National à l'approche de l'élection présidentielle.

Ce chiffre sur la confiance des Français dans la justice pour juger les affaires politiques, il est quand même plutôt rassurant dans le contexte actuel où on a tendance dans les affaires politico-judiciaires à mettre le curseur sur la justice. La justice est indépendante, elle doit être respectée et je suis heureux que les Français partagent majoritairement ce sentiment. Encore une fois, si des délits, si des crimes ont été commis, ils doivent être sanctionnés, pas par une justice politique, pas par une justice citoyenne, mais bien entendu par ceux qui sont faits pour la mettre en place.

21:14
Présentateur

Et les municipales, on le disait, elles ont lieu dans un mois. Des maires qui font le choix, certains, de ne pas se représenter. On va aller dans la Manche. Bonjour Patrick Lepelletier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire de Savigny-le-Vieux. Patrick Lepelletier, vous êtes élu depuis 30 ans, vous êtes maire depuis 12 ans. Pourquoi vous avez choisi de ne pas vous représenter ?

21:33
Invité

Bonjour, j'ai choisi d'arrêter la mairie parce que ça fait 30 ans que je suis dans le conseil municipal, je suis en retraite, j'ai pris ma retraite professionnelle il y a deux ans, j'ai pu partir à 60 ans, puis bon, je pense que j'ai fait tout le tour de la mairie. Puis dans nos petites collectivités, on touche à tout. C'est vrai que c'est vraiment beaucoup passant, on peut être appelé pour plein de choses. Donc à un moment, j'ai envie de passer la main et puis profiter un peu de la vie.

21:58
Présentateur

Vous le dites, le maire d'une petite commune, aujourd'hui, c'est un couteau suisse. Est-ce que la fonction de maire, vous qui êtes élu depuis des années, est-ce que la fonction de maire, elle est de plus en plus difficile à exercer ?

22:10
Invité

Oui, la fonction de maire est de plus en plus difficile. On vit dans un monde d'abord qui est exigeant. L'État nous demande de plus en plus de choses, on nous donne de moins en moins de moyens. Et puis nous, on nous donne plein de choses. Les gens nous demandent des fois pour un week-end, il y a tant de choses. On peut nous demander pour couper du bois, pour plein, plein de choses. On est toujours dérangé. Au bout d'un moment, je n'ai plus envie de continuer cette profession. Et ça l'aperçoit dans nos petites communes, comment plein de maires arrêtent plus ou moins certains par l'âge. Et puis certains en ont marre.

22:43
Présentateur

– Monsieur Quérouge, vous entendez le témoignage de ce maire ? – J'entends. – Ce ras-le-bol, vous le comprenez ?

22:49
Invité

– Je le comprends complètement. Il a résumé la situation. C'est une tâche qui est de plus en plus exigeante, de plus en plus technique. Il y a des demandes de plus en plus fortes, pour ne pas dire plus, des citoyens. Et des moyens qui baissent. Il faut se souvenir qu'en France, il y a 84% des communes qui ont moins de 2000 habitants. Il y a la moitié qui ont moins de 500 habitants. Donc on est dans une situation où on a un tissu communal qui n'a pas forcément beaucoup de moyens, ni financiers, ni humains. Et dans ce cas-là, le poids, il est complètement sur les élus et singulièrement sur la personne du maire. Donc c'est un rôle très compliqué.

23:32
Présentateur

– Monsieur le maire, il y a des lois, il y a des textes qui ont été pris, notamment sous l'impulsion du Sénat, pour essayer de faciliter justement la tâche des élus, la tâche des maires. Ça ne suffit pas, selon vous ?

23:47
Invité

– Oui, il y a eu des lois. Et puis il y a aussi, oui, c'est vrai qu'il y a eu des choses comme ça. Mais aussi dans nos campagnes, je pars chez nous. L'énorme problème, c'est qu'on n'arrive pas à trouver de secrétaire de mairie, notamment. Moi, j'ai connu, quand j'ai commencé mon premier mandat, la secrétaire de mairie s'est blessée, elle était trois mois arrêtée. On ne trouve personne pour les remplacer. Alors nous, on n'a pas les compétences pour gérer les fiches de paye, pour gérer un tas de choses et trouver des secrétaires de mairie. Il va falloir qu'il soit fait quelque chose, notamment par chez nous. On n'a pas de secrétaire de mairie. On est le maire et la secrétaire de mairie.

C'est les deux points principaux dans nos petits villages, quoi. – C'est un vrai sujet. – C'est clair, le binôme entre le maire et son, et souvent sa secrétaire de mairie, il est essentiel. Et on a essayé de revaloriser le statut des secrétaires de mairie, mais ce n'est pas suffisant. Il faut aller plus loin, parce qu'encore une fois, M. le maire vient de le dire, s'il n'y a pas ce fonctionnement en binôme, en couple, l'un a besoin de l'autre. Et s'il n'y a pas cette couverture administrative, eh bien, encore une fois, la commune devient dysfonctionnelle.

24:55
Présentateur

– M. le maire, juste une question, parce qu'on voit dans cette campagne municipale des maires qui arrêtent, qui ne trouvent pas de successeurs. Est-ce que vous, vous en avez trouvé un ?

25:02
Invité

– Oui, nous, on a trouvé un maire. Et je voudrais rajouter une petite chose. – Oui, j'ai une équipe qui va m'en placer. Quand j'ai commencé dans le conseil municipal, on avait 25 personnes qui se présentaient. Maintenant, nous, c'est une équipe de 11. Et trouver une équipe de 11, c'est difficile. Et nous, dans nos petits villages, on ne fait pas partie d'un groupe. On peut voter à droite, à gauche, au centre, n'importe quoi. Nous, ce qu'on défend, c'est notre village. On veut garder notre identité.

25:25
Présentateur

– Il y a eu un changement du mode de scrutin dans les petites communes, Éric Quérouche, où avant, il y avait ce qu'on appelait un panachage. On pouvait barrer des noms et choisir sur différentes listes. Là, il y a un scrutin de listes avec la parité. Est-ce que ça a compliqué aussi la tâche dans les petites communes ou pas ?

25:41
Invité

– Alors moi, je crois que c'est le contraire. Parce que d'abord, ayant travaillé fortement sur ce texte, d'abord, il y a une possibilité de présenter éventuellement deux personnes en moins sur la liste. Donc, la liste est complète plus vite. Et c'était aussi pour éviter ce dont on vient de parler. Parce que le tir au pigeon, la capacité à rayer le maire ou son premier adjoint, c'est aussi quelque chose qui pouvait être compliqué pour les maires à vivre. Donc, l'idée, c'était plutôt de leur simplifier la tâche.

26:12
Présentateur

– Merci Patrick Lepelletier. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Savigny-le-Vieux. C'est dans la Manche. Merci beaucoup.

26:19
Invité

– Je suis maire, je vous plaide M. Michel.

26:20
Présentateur

– On va continuer à parler de décentralisation, je le disais, avec Jefferson, qui est grand reporter à Sud-Ouest. Bonjour Jefferson, vous vouliez vous interroger Éric Quérouche sur ce sujet.

26:33
Invité

– Bonjour Auriane. Oui, bonjour Éric Quérouche. Pour rester dans le sujet des élus locaux, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a promis un grand acte de décentralisation. Concrètement, qu'est-ce que vous en attendez, Éric Quérouche, vous qui travaillez sur ces questions-là ? – De l'acte de décentralisation du Premier ministre ? Qu'est-ce que j'en attends ? Je ne m'attendais pas à cette question. – C'est sur la table. – Alors c'est sur la table, mais dans l'état actuel des choses, pas grand-chose. Mais pas grand-chose, pas forcément négativement.

Je pense qu'on sera plutôt dans un texte de correction à la marge, mais que dans la situation dans laquelle se trouve Sébastien Lecornu, il y a peu de chances qu'on soit dans un grand élan décentralisateur.

27:20
Présentateur

– Il y aura même trois textes d'après les…

27:22
Invité

– Oui, mais il y a déjà eu un grand décret de simplification. Ce que je veux dire par là, c'est qu'on est plutôt dans la logique de texte correctif jusqu'en 2027. On n'est absolument pas dans une dynamique de mouvement. Donc j'en attends des corrections. J'attends de voir aussi ce qui sera fait en termes de moyens. Mais je n'attends pas un grand soir de la décentralisation et donc de répondre aux défis qu'on a évoqués tout à l'heure, c'est-à-dire à la capacité à redonner un véritable pouvoir au territoire. – Justement, je reste sur cette question-là parce que vous venez de sortir un livre, Éric Carouche, Le casse-tête démocratique. Vous faites des propositions dedans.

Il y en a notamment une, peut-être que vous la formulerez à Sébastien Lecornu. En tout cas, c'est de revaloriser le rôle des oppositions municipales pour donner un peu plus de sens parce qu'on sait que dans les oppositions municipales, c'est souvent un faire acte de présence. Est-ce que cette proposition-là, vous êtes prêts à la défendre, en tout cas à la reproposer ? – Alors, si je les ai faites, c'est forcément que je suis prêt à les défendre. Encore faut-il qu'elles soient acceptées. L'idée, encore une fois, je reviens parce qu'on revient toujours à ce thème. Si on est dans une logique de polarisation, même au niveau national, on est dans une logique de radicalisation politique.

Or, c'est la nécessité démocratique, c'est de savoir s'écouter. Et là, le système démocratique local ne permet pas que l'on s'écoute en France. Il dit juste que celui qui va être élu en mars prochain, pendant six ans, il aura la majorité et qu'on écoutera assez peu les oppositions. Bon, je n'attends pas que les oppositions soient forcément vertueuses. J'attends seulement qu'il y ait un débat plus important dans le conseil municipal pour éviter, d'une certaine façon, que la vie des minorités soit systématiquement écrasée.

29:12
Présentateur

– Jefferson ?

29:13
Invité

– Oui, je reste là-dessus, donc on voit bien qu'il y a celle-ci. Mais il y a aussi la question de la prime majoritaire, là, qui va alimenter les débats pour les semaines à venir. Là aussi, vous avez une proposition, donner un peu plus de poids, justement, à ce qu'on ait un meilleur équilibre, une meilleure représentation. Là aussi, cette proposition, Éric Quirouche, elle est sur la table, vous la proposez, mais elle ne verra pas le jour sur ce scrutin-là. Donc quel est votre horizon par rapport à ce sursaut démocratique auquel vous les appelez ? Vous faites référence.

– Alors, l'idée, c'est de baisser la prime majoritaire de 50 à 25%, ce qui a été fait pour la loi PLM, et là, ça n'a posé aucun souci. C'est quoi ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, la majorité aura toujours la majorité, mais qu'il y aura un peu plus de place pour l'opposition. Et là, encore une fois, je pense qu'on est dans la perspective d'un fonctionnement plus sain et moins dirigiste, on va dire, de la réalité locale. L'idée, encore une fois, c'est qu'il y ait de la place pour tout le monde et un respect des opinions de tous. Ce n'est pas normal que, quand vous gagnez d'une voix, vous ayez trois quarts du Conseil municipal.

On peut le dire comme on veut, mais cette déformation pose un problème démocratique.

30:30
Présentateur

– Merci, Jefferson.

30:31
Invité

– Vous enverrez votre livre à Matignon, alors, si j'ai du compris. – C'est déjà fait.

30:34
Présentateur

– Vous avez une réponse ?

30:35
Invité

– Non, pas encore.

30:36
Présentateur

– Vous avez mis quoi comme dédicace ?

30:38
Invité

– Non, ben, cordial hommage, je crois, voilà. Mais politique, quand même, mais politique.

30:43
Présentateur

– Merci beaucoup, merci Jefferson d'avoir été avec nous, la vie sous les eaux. C'est la une de votre journal Jefferson de Sud-Ouest ce matin. Merci, Éric Kerouche. – Merci beaucoup. – D'avoir été notre invité. Alexandre, on se retrouve dans 20 minutes ?

30:56
Invité

– Oui, on parlera de deux crises à la une de la presse régionale, Oriane, la crise de la pomme de terre et la crise de l'Olympique de Marseille.

31:01
Présentateur

– Oh, alors ! – Le même qui n'a pas la frite, en ce moment-là. – Oh, très beau. – Elle est facile, elle est facile. – Bravo. Allez, on accueille tout de suite le patron du leader de la grande distribution, Michel-Édouard Leclerc, et notre invité. – Michel-Édouard Leclerc, merci beaucoup. – Vous savez, vous-même, merci d'avoir accepté notre invitation au président du comité stratégique des centres Leclerc, Michel-Édouard Leclerc. Vous allez répondre ce matin à la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, qui, dans une interview aux Parisiens aujourd'hui en France, vous attaque la grande distribution.

On est en pleine négociation annuelle entre la grande distribution et l'agroalimentaire, les industriels, les agriculteurs. Comment se passent ces négociations ?

31:56
Invité

– D'abord, moi j'aime bien la ministre de l'Agriculture. Ce n'est pas facile d'être à son poste pendant toutes ces tensions, alors qu'il y a eu le débat très contradictoire sur le Mercosur. Et donc, je ne lui en veux pas. Elle est un peu en posture, quoi. Ce n'est pas facile pour elle.

32:12
Présentateur

– C'est des postures, selon vous ?

32:14
Invité

– Oui, parce qu'évidemment, elle ne peut être que pour la corporation qu'elle défend. Et la corporation qu'elle défend a l'impression qu'en aval, industriels et distributeurs empêchent de faire d'augmenter les rémunérations. Mais dans le prix final, la part de la distribution, dans la réalité, n'est que de 40%, 45%. Et c'est la matière première industrielle qui fait la différence. Et donc, il faudra encore que le ministre de l'Industrie défende l'industrie. Et après, il y a nous, distributeurs. Et nous, on a le consommateur qui dit, s'il vous plaît, n'augmentez pas trop, quoi. Donc, chacun est dans son rôle. Je ne dis pas que c'est une posture négative.

Mais elle défend les agriculteurs en disant, donnez des sous à l'agriculture. Mais ce faisant, c'est le distributeur qui est en première ligne et qu'on accusera d'augmenter les prix, peut-être exagérément, si les industriels, entre les deux, ont mis leur marge.

33:19
Présentateur

Mais là, dans cette interview, elle parle des enseignes qui menacent de déréférencer certaines marques, faute d'accord. Est-ce que Leclerc est visé ?

33:27
Invité

Je ne crois pas, non. Vous ne vous sentez visé, vous ? Moi, je ne m'occupe pas des négociations chez Leclerc.

33:31
Présentateur

Mais vous vous sentez visé ? Est-ce que vous, vous pratiquez ce genre de pratique ?

33:34
Invité

Non, non, je trouve que ça se passe plutôt bien. Je connais bien le monde industriel. Pour ne rien vous cacher, tous les gens qui sont encore de ma génération sont plutôt dans l'industrie que tous les gens que je connais bien sont dans l'industrie, ce qui était à la fac avec moi ou dans les écoles. Et bien sûr, ils demandent des hausses et nous, nous sommes là pour les freiner. Ça s'appelle une négociation. Et puis, il faut respecter le droit de la concurrence. On n'a pas le droit de s'entendre. Donc oui, c'est sportif, mais c'est le législateur, c'est le Sénat aussi qui a organisé cette confrontation. Donc, il ne faut pas regretter ce que le Sénat... Avec la légalime ?

Oui, c'est ça, c'est ça. Alors, moi, je trouve que c'est toujours un peu un cinéma, une sorte de dramaturgie. Et puis, on va en sortir à la fin du mois. On va faire les comptes. Et puis, vous verrez qu'il y aura quand même dans l'industrie, des industriels qui se distribueront des dividendes. Et puis, il y aura peut-être des laissés pour compte qu'il faudra rattraper d'une manière ou d'une autre.

34:32
Présentateur

– Mais quand elle parle, la ministre, de chantage mortifère pour l'agroalimentaire, qu'est-ce que vous lui répondez ?

34:37
Invité

– Non, rien. Ce n'est pas les bons mots, quoi. – Elle va trop loin ? – Ce n'est pas qu'elle va trop loin, ce n'est pas les bons mots.

34:44
Présentateur

– C'est quoi les bons mots ?

34:45
Invité

– Parce que c'est une négociation. Alors, pour beaucoup…

34:49
Présentateur

– Mais elle a dit qu'elle comprend que les négociations soient dures, mais qu'elle ne comprend pas que la grande distribution, par exemple, ne tienne pas compte de la hausse des coûts pour les industriels et les agriculteurs. – Vous entendez cet argument ?

34:59
Invité

– On est obligé, la loi nous oblige à tenir compte des coûts de la matière première agricole et des coûts agricoles, et nous n'avons pas le droit de les négocier.

35:09
Présentateur

– Donc elle dit faux quand elle dit ça ?

35:10
Invité

– Donc oui, ceux-là, nous les respectons, et à ma connaissance, je n'entends pas dans les centres Leclerc, je n'entends pas même d'une manière générale que quelqu'un les conteste. Après, il y a des industriels qui voudraient faire passer leurs coûts pour des coûts agricoles, mais ça n'a rien à voir, et surtout des grandes multinationales qui ne garantissent pas d'acheter français. Le grand reproche qu'on peut faire dans ces négociations-là, c'est qu'il n'y a pas vraiment de transparence de la part des grandes multinationales. Et la loi n'a pas prévu l'obligation de transparence, donc c'est ce qui rend la chose assez compliquée.

35:44
Présentateur

– Vous le regrettez ?

35:45
Invité

– Oui, il faudrait plus de transparence.

35:48
Présentateur

– Il faut changer la loi pour vous ?

35:50
Invité

– Changer, on en a eu cinq, six, c'est dans la pratique qu'il faut changer. Et puis alors, cette loi n'est pas appliquée, la distribution est transparente, ce qui n'est pas appliqué aujourd'hui, c'est la loi EGalim, sur les grossistes, sur la restauration, qui occupe 55% du débouché du produit agricole. Et c'est là où il faudrait aussi étendre la loi EGalim pour qu'il n'y ait pas plusieurs marchés et plusieurs prix pour les produits agricoles, ce serait bien.

36:26
Présentateur

– Vous, dans vos magasins, vous n'hésitez pas à afficher les marques qui en demandent trop. On voit dans les rayons des affiches, ça a été le cas avec Danone, ça a été le cas…

36:35
Invité

– Oui, attention, vous voyez bien, on ne parle pas de produits agricoles, là, c'est des produits transformés. Et là, ce sont des produits qui utilisent de la matière agricole, qui devraient être transparents sur la matière agricole, on ne négocie pas la matière agricole, mais après, Danone, Nestlé, Lint, ils ont leurs propres marges.

36:55
Présentateur

– Mais ça marche, ça, de faire ça, de retirer des produits Danone du rayon en disant…

36:59
Invité

– En l'occurrence, à l'heure actuelle, ce sont les industriels qui ne nous livrent pas. Donc, ça marche, ce que vous faites, Leclerc, c'est Lint qui ne nous livrent pas.

37:10
Présentateur

– Et pour Danone ?

37:12
Invité

– Je ne sais pas.

37:12
Présentateur

– Ils n'en demandaient pas trop ?

37:14
Invité

– Je ne sais pas. Non, non, je ne me cache pas. Pendant la période des négociations commerciales, je n'interviens pas dans la relation fournisseur-distributeur. Sinon, je suis piégé entre les gens que j'aime bien et qui vont me demander d'intervenir et puis ceux qui font le rapport de force. Je ne saurais pas la vérité. Et puis, une négociation, on a jusqu'à la fin du mois pour la mener, vous voyez ?

37:36
Présentateur

– C'est jusqu'au 1er mars, effectivement.

37:37
Invité

– Nous, on soutient la loi EGalim dans le principe de l'intangibilité, de la non-négociabilité de la matière première agricole. On soutient la loi EGalim dans le fait que, plus petits que nous, on respecte. Et d'ailleurs, même pour les petites PME, les ETI, aussi, on a 18 000 contrats qui font vivre 30 000 producteurs. Et pour cela, nous ne sommes qu'une place de marché, on ne discute même pas du prix. Ils sont à 50 kilomètres autour d'un hypermarché de notre enseigne et ils sont quasiment référencés pour pouvoir être exposés. On est un showroom pour eux.

38:21
Présentateur

– Mais est-ce qu'aujourd'hui, le prix juste, c'est une réalité ou c'est une chimère ? Et au final, c'est les agriculteurs qui trunquent.

38:28
Invité

– Il y a plein de distributeurs qui trunquent, là. Vous avez vu le nombre d'enseignes qui dégagent. Alors, elles étaient trop chères. Quand Intermarché reprend un casino, il baisse les prix déjà de 18 % ou de 20 %. Il en a encore sous le pied. Mais on voit bien qu'anciennement, casinos étaient beaucoup trop chers. Les francs prix, tout ça. Donc, je ne vais pas répartir les responsabilités aux uns et aux autres. Celui qui répartit la responsabilité, c'est le consommateur. Le consommateur a été tapé au portefeuille de 28 % sur trois ans, là. Donc, cet argent, il faut juste savoir où elle est allée. – Il est allé où, selon vous ? – Il y a une commission d'enquête au Sénat.

C'est eux qui nous diront. Je peux vous dire que les marges de la distribution, même chez mes concurrents, ils n'ont pas bougé. Donc, ils sont allés quelque part en amont. – Mais chez qui ? – Chez les grands industriels. Peut-être pas de manière utile.

39:30
Présentateur

– Et la distribution, elle n'a pas augmenté ses marges ?

39:32
Invité

– Non, non, non. Non, non, c'est même une concurrence assez vive, mais loyale, entre Intermarché, Leclerc, Système U, Lidl, Aldi, Carrefour, qui est revenu aussi un peu dans… On n'a pas trop vu au champ, et Casino, qui était mal. C'est cette concurrence qui, je trouve, a pacifié la politique de prix. Là, on est en période de désinflation. Je pense qu'on finira l'année aux alentours de zéro, peut-être 1% d'inflation. Mais c'est nécessaire, parce que les économistes vous disent « Ah, mais c'est bien pour la productivité, ça limite les prétentions à augmentation de salaire.

» Mais non, ce n'est pas une bonne chose, parce que même si les salaires n'augmentent pas, c'est de la masse d'achats qui n'augmente pas, c'est de la croissance que les agriculteurs n'auront pas.

40:22
Présentateur

– Mais vous les entendez, ces agriculteurs qui disent aujourd'hui « On n'arrive pas, nous, à vivre des fonds de notre travail. »

40:27
Invité

– Oui, dans ma famille et autour de moi, j'ai des agriculteurs. Mais après, avoir un prix et ne pas vendre…

40:34
Présentateur

– Mais qu'est-ce que vous, vous pouvez faire pour les aider à vivre de leur travail ?

40:37
Invité

– Moi, je peux le faire dans ma partie, mais je ne suis pas… Et je le fais. Je pense que mes fournisseurs ne vivent pas mal des centres Leclerc. Par contre, ceux qui livrent à la restauration, ceux qui sont à l'export, ont beaucoup perdu. Et là, c'est intéressant, parce que si on perd à l'export par rapport aux Italiens ou aux Espagnols, on voit bien que ce n'est pas la pratique de la distribution française. Les Italiens nous ont taillé des croupières cette année, leur balance commerciale est excédentaire. Les Italiens…

Alors, quand un Français doit constater qu'un Italien s'est débrouillé mieux avec des pattes, alors que nous, on met le panneau de top chef derrière nous, c'est quand même une leçon, quoi.

41:13
Présentateur

– Vous parlez de la commission d'enquête du Sénat qui a lieu en ce moment sur les marches commerciales. D'abord, est-ce que vous, vous allez être auditionné ? – Je pense, oui. – Vous savez quand ?

41:23
Invité

– Non, je ne sais pas, mais je vais être auditionné, oui.

41:26
Présentateur

– Elle pointe du doigt, entre autres, parce qu'effectivement, il y a un gros travail, mais entre autres, elle a pointé du doigt la centrale d'achat européenne Eurelec. C'est créé par Leclerc, implanté en Belgique, chargé de négocier au meilleur prix, justement, l'approvisionnement de Leclerc et de deux autres géants européens. Et de cette façon, dit la commission d'enquête du Sénat, vous échappez à la loi EGalim qui fixe un juste prix entre producteur et distributeur. Ce qui fait dire aux sénateurs que la France fait des lois pour protéger. Se dire que le premier distributeur de France essaye d'échapper à la réglementation, c'est quand même très embêtant.

41:57
Invité

– C'est surtout assez anachronique. C'est moi qui ai créé la première centrale de coopération de service avec Coop Italia et avec le groupe allemand Rêveux qui est présent dans 13 pays de l'Est. Nous ne sommes pas présents, ou très peu présents, physiquement, sauf en Pologne, au Portugal, en Slovénie et en Espagne. Mais dans tous les autres pays européens, il n'y a pas de Leclerc. Et donc, on avait décidé de se mettre ensemble dans des pays où on n'était pas concurrents. Et j'ai fait ça il y a 15 ans. Donc, il n'y avait pas de loi Egalim. Donc, je ne relève pas la mauvaise intention. Je pense que les personnes…

42:38
Présentateur

– Mais est-ce que là, vous reconnaissez que ça vous permet d'échapper à la loi Egalim ?

42:41
Invité

– Est-ce que j'ai des dossiers de contentieux qui diraient qu'on n'a pas respecté la matière première agricole ? À ma connaissance, non. Donc, ça, c'est du discours politique. C'est baratin politique.

42:55
Présentateur

– C'est ce que vous allez répondre au Sénateur ?

42:56
Invité

– Après, il peut y avoir… On peut faire des erreurs. On peut faire des choses mal. La justice dira ce qui est mal. – Mais vous pensez qu'il y a eu des erreurs ?

43:05
Présentateur

Vous pensez que vous avez fait ?

43:06
Invité

– En général, si vous connaissez l'histoire de Leclerc, en général, l'État est beaucoup venu nous chercher et a beaucoup perdu. Moi, je me suis fait connaître du grand public pour avoir contesté une loi qui m'empêchait de vendre les carburants moins chers. et j'ai fait gagner les centres Leclerc devant la Cour de justice européenne. La parapharmacie, on nous empêchait de vendre de la parapharmacie. La parfumerie, je ne sais pas si vous vous rappelez, la distribution sélective, il a fallu qu'on gagne pour être livré toute l'histoire de Leclerc. C'est l'histoire du méchant prévôt qui empêche Robin Desbois de vendre moins cher des denrées pour les consommateurs.

Moi, je suis du côté des consommateurs. Le consommateur, dans la loi française, le consommateur doit bénéficier de la concurrence entre entreprises françaises, mais le consommateur doit bénéficier aussi du marché unique.

43:54
Présentateur

Mais est-ce que cette centrale d'achat, elle vous permet de moins rémunérer les agriculteurs ?

43:58
Invité

Je ne pense pas, non, pas du tout. Non, non ?

44:01
Présentateur

Donc, pas d'échapper à la loi Galim ?

44:03
Invité

Non, mais moi, pourquoi devrais-je ? D'abord, on ne négocie pas avec les agriculteurs dans cette centrale d'achat. Vous voyez, il n'y a pas de PME, il n'y a pas d'agriculteurs. Alors après, il y a des grandes multinationales. Est-ce que vous croyez qu'ils représentent l'intérêt ? Est-ce que vous croyez que Nestlé, dont Leclerc représente au maximum 3% du chiffre d'affaires mondial, est-ce que vous pensez que Nestlé ne vend que du lait français ? Est-ce que vous pensez que Procter, Unilever, est-ce que vous pensez qu'ils représentent les intérêts des agriculteurs français ? Non, je ne crois pas. Donc, il faut arrêter. Les agriculteurs eux-mêmes sont en centrale d'achat.

Les coopératives agricoles achètent leurs intrants de manière groupée. Et d'ailleurs, les administrations devraient le faire. Et d'ailleurs, elles doivent le faire maintenant, je crois, puisque les marchés publics doivent être ouverts aux fournisseurs européens. Donc, nous sommes simplement en avance.

45:01
Présentateur

Leclerc, qui reste le premier commerçant de France, qu'est-ce qui fait le succès ? Et vous, puisqu'on est ici, on parle beaucoup des territoires de proximité, est-ce que Leclerc ne pêche pas un peu par son manque de proximité ?

45:15
Invité

Je pense que si j'ai vu ce week-end qu'on m'avait doté d'une cote de popularité extraordinaire, donc je m'en félicite. Et je remercie tous les collaborateurs de Leclerc qui participent à cette popularité. Ça m'oblige. Ça me donne envie à 74 ans de continuer à m'investir pour la société, notamment pour la transition énergétique, pour préparer un monde meilleur pour nos enfants. J'ai sept petits-enfants, j'ai envie que ce soit mieux, le futur. Et je pense que ce qui fait la force de Leclerc, c'est l'endurance, la constance, dans le fait de vouloir faire profiter le consommateur du meilleur du marché. Nous voulons rendre accessible aussi bien un premier prix qu'un produit bio.

Un premier prix sur lequel on met le Nutri-Score, vous voyez, pour montrer que ce n'est pas de la merde, pour montrer que... Et le consommateur peut choisir. S'il veut manger beaucoup de chocolat dedans, ce sera rouge. S'il veut manger beaucoup de végétaux, ce sera plutôt vert. On met l'Origine-Score. Ça ne s'appelait pas comme ça, c'est Olivier Grégoire qui a installé cette notion et j'approuve. On met l'Origine-Score sur toutes nos marques, toutes nos références d'EcoPlus, de marques repères, qui font 40% de notre offre alimentaire.

Et puis, là, actuellement, nous sommes en train de mettre des informations sur les conditions sociales de production et sur l'impact environnemental de tous les textiles à marque Outisaya. C'est 4 000 références. Moi, je pense que je travaille pour le bien public. On est privés, on est des entreprises familiales, mais on va vers une économie plus vertueuse. Et je pense qu'on ne reviendra pas en arrière. Et je pense que, quels que soient les débats sur la loi Duplon, sur les différentes réglementations, il y a trop de normes.

47:08
Présentateur

Vous comprenez ces débats sur la loi Duplon ?

47:10
Invité

Oui, il y a trop de normes. C'est compliqué à appliquer. Même la loi Egalim. Faire un contrat juridique dans la loi Egalim, heureusement qu'on a beaucoup de juristes. Quand c'est une PME, c'est compliqué. Mais au-delà de cette critique, je pense qu'on ne reviendra pas en arrière et qu'on est sur le bon chemin. Et Leclerc se doit d'être pionnier en rendant, en continuant à rendre accessible, y compris en prix, le meilleur dans lequel on engage nos agriculteurs, on engage nos producteurs.

47:38
Présentateur

Michel-Edouard Leclerc, vous êtes connu pour être un patron visionnaire qui sent les tendances de la société, qui les anticipe. Comment vous allez faire pour adapter Leclerc à l'intelligence artificielle ?

47:48
Invité

Ah, on était déjà intelligents. Alors, on n'a pas besoin de trop d'artifices. Non, je déconne un peu. Soyons sérieux. L'intelligence artificielle, on voit bien tous les dangers, on va dire, fascisants, technofascisants de ces algorithmes qui ne vous demandent pas votre avis, qui vous tutoient. Moi, c'est très drôle parce que j'utilise l'intelligence artificielle, Gemini, ChatGPT, Mistral, assez tranquillement dans le train, dans mon Paris-Lorient, dans mon Paris-Brest. Et alors que, normalement, il devrait savoir au bout de 500 fois que je l'interroge, que je suis un chef d'entreprise, que je suis Michel-Edouard Leclerc, centre Leclerc, ça finit toujours.

Et si tu as un devoir à faire, je peux aussi aller te chercher telle ou telle information. Donc, ce n'est pas encore complètement au point. D'accord ? Ça veut dire que la reconnaissance faciale, la reconnaissance d'une écriture ne suffit pas pour dire l'être de quelqu'un. Mais ça nous aide quand même beaucoup pour accéder à la connaissance d'un fournisseur, pour travailler la relation avec les clients. Donc,

48:59
Présentateur

vous l'utilisez déjà.

49:00
Invité

Et on l'utilise déjà. Alors, bon, il faut parler concret. Pour le moment, il y a plein de gens qui s'installent sur le développement de ce concept. Il y a beaucoup de choses qui sont dites sur le plan de l'efficacité. Ce n'est pas encore au point. On voit bien que tout ce qui est négatif, ça fonctionne. Mais est-ce que

49:22
Présentateur

dans le négatif, il y a aussi, est-ce que ça va entraîner des pertes d'emplois ? Est-ce qu'aujourd'hui, l'intelligence artificielle va remplacer certains emplois dans les centres locaux ?

49:30
Invité

Objectivement, dans les centres locaux. On est assez résistants à ça parce que nous ne voulons pas avoir affaire à des machines qu'on ne contrôlerait pas et qui appartiendraient à d'autres. Donc, nous préférons travailler avec des collaborateurs qui font route avec nous, qui grandissent avec nous. On va encore recruter entre 2 500 et 3 000 emplois cette année. Nous n'avons pas cédé, vous avez vu, à la proposition d'Amazon de créer des magasins sans caissières ni même sans personnel avec juste des caméras et des QR codes. Je pense, il y a une assez bonne atmosphère dans l'enseigne. Après, c'est très inégal, il y a des bons et des moins bons. Je ne vais pas faire un plateau idyllique.

Mais par exemple, nous distribuons beaucoup d'intéressement et de participation au personnel. 25 % du bénéfice avant impôt va au personnel. Donc, la réussite, la popularité et la réussite des centres Leclerc profitent aux collaborateurs et profitent aux consommateurs. Et donc, de ce fait, l'intelligence artificielle, il faut que tous nos acteurs sachent l'utiliser en face de l'apprentissage. On a 700 cadres qui travaillent dessus. On va en faire quelque chose de bien, mais toujours dans cette idée de rendre le marché plus accessible, plus pédagogique.

50:43
Présentateur

Michel-Édorne Leclerc, vous l'avez un peu dit, vous êtes en tête du barométrifaube des personnalités préférées des Français devant Édouard Philippe, devant Gabriel Attal, Sébastien Leclerc, Jordan Bardella ? Et puis,

50:52
Invité

vous avez vu, il n'y a que des hommes.

50:54
Présentateur

Ça, ce n'est pas faux. Est-ce que j'ai pas sa voix un candidat à la présidentielle ?

50:57
Invité

Écoutez, ça ne me gratouille pas et ça ne me chatouille pas. Vous n'y pensez pas

51:02
Présentateur

le matin, vous rassemblez ?

51:03
Invité

Comme le disait le docteur Knock. Moi, j'exclue rien, mais je n'ai pas ce projet-là. Il y a beaucoup de gens qui, forts de cette popularité, me demandent des rendez-vous, viennent voir si je peux faire route avec eux, si je peux...

51:16
Présentateur

De tous bords ?

51:17
Invité

De tous bords, oui, si je peux faire route avec eux. En fait, je voudrais leur montrer...

51:21
Présentateur

Mais des candidats déjà déclarés à la présidentielle ?

51:24
Invité

Je voudrais justement les convaincre que si je suis populaire, déjà, ce n'est pas compliqué pour eux d'aller sur les thèmes qui sont les nôtres, c'est-à-dire les thèmes du consommateur, du pouvoir d'achat, de lever l'insécurité sur les revenus, de travailler sur les salaires, de travailler sur les revenus, de travailler sur l'emploi et avant même de venir me chercher...

51:45
Présentateur

C'est ça qui explique votre popularité ? C'est les thèmes que vous portez ? Parce que jamais un chef d'entreprise n'est arrivé en tête de ce baromètre.

51:51
Invité

Oui, alors comme on le dit, je ne suis pas un patron comme les autres qui parlent patron. C'est-à-dire que je... Évidemment, je suis du côté du MEDEF ou de la CGPME quand ils dénoncent une trop grande pension fiscale, quand ils dénoncent le plan de charge des entreprises. Mais d'abord, nos salariés ne sont pas des charges. C'est Fabien Roussel à la fête de l'UMA qui m'a donné une bonne claque quand je disais ça. Il a raison. Nos salariés sont des... On investit dans le travail, on investit dans la collaboration. Et je pense aujourd'hui qu'un homme politique pourrait être aussi populaire qu'un Leclerc s'il venait sur nos thèmes. Vous voyez, Mme Gennevard, par exemple, quand elle fait cette...

Quand elle dit que ça ne marche pas bien la négociation commerciale, elle oublie juste. Comme ça, je dis gentiment, élégamment, il faudrait qu'elle replace le consommateur dans son analyse. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans une guerre avec l'agriculture. Je ne veux pas être dans une guerre avec l'agriculture. La moitié des centres Leclerc, des patronnes et des patrons de magasins, viennent du monde agricole. Nous sommes dans nos terroirs avec le monde agricole. Il faut arrêter de nous opposer, comme les Uber avec les taxis. Nous, nous sommes du même monde, du même terroir. On prend le même train pour venir à Paris, comme ça, le lundi matin.

Et donc, il faut nous faire tenir le discours profitable aux consommateurs. Et d'ailleurs, c'est comme ça qu'ils seront réélus. Ce n'est pas en nous renvoyant dos à dos. Le consommateur, c'est celui qui vote. C'est le citoyen, vous voyez. Et donc, une négociation entre Leclerc et son fournisseur, le juste prix, c'est celui qui va permettre la vente aux consommateurs. Parce qu'avoir un prix élevé, un prix dit rémunérateur, s'il n'y a pas de vente, c'est un teint. Il n'y a pas de rémunération. C'est vrai pour l'avion Rafale comme pour un produit avec des cols.

53:39
Présentateur

– On sent vos convictions, Michel-Edouard Leclerc. Vous le dites, vous n'excluz rien. Qu'est-ce qui va vous faire franchir le pas ?

53:45
Invité

À quel moment vous allez vous dire que j'y vais ? – Je ne sais pas. Je n'ai jamais vécu cette expérience. Mon père l'a vécu. – Mais ça vous tarde. – Mon père était aussi Édouard Leclerc. Dans la période où il était passé, là il est décédé, il avait 45% de code de popularité. Aujourd'hui, les centres Leclerc sont populaires parce qu'il y a une bonne dialectique, un bon parallélisme entre les thèses que je défends et leur application par les 700 magasins du mouvement et nos investissements même en sponsoring, dans la culture, dans le sport, tout autour de nos magasins. Nos adhérents, plus ou moins bien,

54:21
Présentateur

– Ça vous taraude, vous êtes en dialogue quand même.

54:23
Invité

– Oui, nous sommes des entrepreneurs engagés. C'est pour ça que je ne retiens pas le mot patron. Patron, ça dit quelque chose dans un métier. Nous sommes des entrepreneurs sur nos territoires. Et donc, nous sommes aussi les sponsors du Tour de France, nous sommes aussi les sponsors des folles journées de Nantes, nous sommes aussi les sponsors de la fête du bruit de l'Andernot et des vieilles charrues. C'est-à-dire, nous sommes dans nos territoires, nous représentons nos territoires et nous faisons aussi, bien que privé, des missions de service public.

54:59
Présentateur

– Mais qu'est-ce qui va faire que Michel-Edouard Lecaire sera candidat à la présidente ?

55:02
Invité

– Eh bien, si c'est, comment disait De Gaulle, si c'est la chien-lis en France, eh bien, je me mettrais avec des gens de bonne volonté. Ce n'est pas forcément moi le chef de file. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

55:16
Locuteur

– Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada

Bonjour chez vous ! du 16 février 2026 · Pourquijevote