#RDLS127 : Laïcité : les hypocrites, Service citoyen, meeting en réalité augmenté
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Jean-Luc MélenchonFait
« La République Française est une, indivisible et qu'elle est laïque, démocratique et sociale. »
- 10:00Jean-Luc MélenchonFait
« Personne ne peut se réclamer de son origine, de sa religion ou de je-sais-pas-quoi, pour se soustraire à la laïcité et à la règle commune. »
- 15:00Jean-Luc MélenchonFait
« La conscription c'est le fait de la levée en masse, héritière de la période de la révolution, tout le monde va à l'armée pour défendre la patrie. »
- 20:00Jean-Luc MélenchonFait
« On a besoin de bras, parce qu'on va tomber dans un pays dévasté, parce que il y aura des événements climatiques extrêmes. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, on est dans mon bureau à nouveau à l'Assemblée nationale, puisque j'ai eu tout à l'heure à intervenir, c'était mon tour de parole, et je fais la Revue de la semaine avant de retourner au siège du mouvement. Allez, c'est la 127e édition, le générique ! [Musique] Bon, samedi dernier c'était le premier meeting, on va mettre des gros guillemets, "numérique", parce qu'en fait moi je ne l'appelle pas comme ça, je l'appelle meeting en réalité augmentée, parce que meeting numérique, on a fait une fois, c'est un système où on filme l'orateur qui parle devant des écrans et puis des gens arrivent sur le réseau et puis, voient un type tout seul qui parle quoi, bon.
À l'époque on avait fait une introduction et puis ensuite, c'était moi qui parlais. Le meeting en réalité augmentée, je ne sais pas si vous l'avez regardé, mais il fait apparaître un décor qui n'existe pas, hein, qui est… , si, il existe quand même, il est virtuel, il est dans la machine, il n'est pas dans le fait réel et puis ça permet l'adjonction de toutes sortes de choses. Je vous dis "toutes sortes de choses" parce que moi je n'en ai pas vu beaucoup !
J'ai vu le lapin parce qu'on a un peu répété avant. "Voyez plutôt ! " Bon en réalité le lapin, je ne le vois pas, mais je n'ai pas vu non plus passer les tableaux, les popups, les illustrations, et là on avait quelque chose qui venait en appui de la démonstration, qui est très importante, donc il y a eu toute une équipe qui a travaillé pour rendre ça possible.
Il ne faut pas croire qu'on claque dans les doigts et que ça apparaît. Ça, c'est juste pendant le meeting qu'on le croit mais la vérité c'est beaucoup plus complexe que ça. C'est presque vingt personnes qui sont sur des pupitres, peut-être moins, j'ai peut-être exagéré le nombre de gens que je voyais, il y a la transcription en langue des signes, il y a vraiment toute une équipe qui est en place et puis à toute l'équipe du plateau, et puis celui qui parle aussi quand même, ça compte dans cette histoire, et moi j'avais en face de moi deux tableaux sur lesquels il y avait des visages de gens qui participaient au meeting.
Et puis le troisième, c'était un écran sur lequel normalement… , un écran de retour, ou sur lequel défilait ce que, vous, vous avez vu. Mais moi évidemment, je ne regarde pas l'écran de retour, au contraire, j'ai intérêt à regarder les visages. Les visages aussi, bon pour vous, ça peut paraître maintenant évident, mais ce n'était pas évident, je me suis rendu compte au dernier moment que c'était une erreur d'avoir sur les écrans des gens que je connais trop bien parce que le rapport que j'ai avec eux, n'est pas le même qu'avec des gens que je connais moins bien et vis-à-vis desquels, je cherche dans leurs yeux, dans le regard, s'ils suivent, s'ils décrochent, si ce que je dis semble soulever des difficultés de compréhension etc.
Tandis que quand ce sont des amis et souvent de vieux amis que je connais bien, dont je lis les traits du visage, ben ça fausse la perception que j'ai de la circulation de mon discours. Donc c'est vraiment une grosse affaire technique, ensuite, il y avait un problème politique : c'est que, quand on a décidé et réservé le studio et tout ça, bon, on ne savait pas que ce jour serait celui des grandes manifestations dans toutes les villes contre la loi sur la sécurité globale et l'interdiction de filmer les policiers. Donc à nos yeux, si vous voulez, la mobilisation concrète populaire de cette journée elle a bien plus d'importance que tout le reste parce que d'abord c'est un signe extraordinaire quand même, malgré tout, de bonne santé mentale du peuple français, que sa protestation contre la réduction des libertés.
Et puis il faut dire que dans la semaine, il y avait déjà eu l'évacuation des réfugiés, puis leur présence sur la Place de la République, et rebelote, une évacuation violente et brutale et puis après, bon, l'agression contre le producteur de musique, comme vous le savez. Alors tout ça, ça a fait qu'il y a vraiment eu une prise de conscience et donc à partir de là, si vous voulez, il y a deux aspects qui se présentent pour ceux qui organisent, comme nous, une campagne électorale. Le premier, c'est que le plus important, c'est la manif.
Bon, en même temps, on a préparé le meeting, il faut que ça fonctionne. Et puis deuxièmement, le meeting, il ne peut pas être sur les thèmes prévus, il ne peut être que sur le thème qui est traité par l'actualité. Pourquoi ?
Parce que c'est le moment où les affects sont le plus en éveil, si vous voulez, c'était le seul jour et ce sera peut-être le seul jour, j'espère en tout cas, où on peut parler de questions de refonte de la police dans son ensemble et puis que les gens écoutent, savent de quoi on parle parce que, si vous sortez un thème comme ça de votre chapeau, ben ça l'fait pas. Donc là, ça fonctionne en écho aux affects, à ce que les gens se disent, réfléchissent, comment on peut… les gens comme nous, qui essayent de trouver des solutions en sortant par le haut, pas des trucs ridicules de violence dans un sens ou dans l'autre. Donc, si vous voulez, pour faire comprendre, par exemple, que l'IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, doit être dissoute et remplacée par autre chose, en temps ordinaire, il fallait se lever de bonne heure pour l'expliquer !
Je l'ai fait, mais je peux vous dire que j'ai souffert, soit parce que les gens ne comprenaient pas de quoi on parlait, soit parce que vous aviez toujours les gros malins qui font le service pour dire "oui, c'est les anti-flics, ils ne veulent pas de police", enfin bon, vous connaissez tout ça. Donc là, l'occasion était extrêmement intéressante de faire réfléchir et puis continuellement, ben il y a ceux qu'on a convaincus à 100%, il y a ceux qu'on n'a pas convaincus du tout, y compris parmi nos amis qui écoutent et disent "ouais tout ça, c'est pas assez" ou bien "c'est trop", mais en fait, en gros, tout le monde a pris conscience du problème, tout le monde connaît les solutions qui sont sur la table, une partie y adhère et est prête à le porter et le porte y compris dans la discussion avec ceux qui disent "ben non, il n'y a pas de problème, tous ceux qui critiquent sont des anti-flics", etc. Donc collectivement, tout le monde fait un pas en avant et se fortifie une opinion instruite de ces réalités, que nous on appelle le parti sans mur, c'est-à-dire des milliers et milliers et milliers et milliers de gens qui sont, en gros, dans un profil culturel et politique comparable, c'est la mouvance insoumise, qui dépasse de très loin les Insoumis eux-mêmes.
C'est quelque chose de beaucoup plus vaste, ça recoupe certainement pour l'essentiel, des gens qui, s'ils devaient être classés dans les rubriques traditionnelles, sont plutôt dans la gauche traditionnelle mais pas que, loin de là. Il faut vous rendre compte que sur les 185 ou 187 000, qu'il y a des signataires aujourd'hui en faveur de ma candidature à l'élection présidentielle, la moitié ne sont pas des insoumis répertoriés dans les précédentes campagnes que nous avons menées. Donc c'est pour dire qu'il y a une écoute, il y a un intérêt, il y a des choses qui ont été gagnées, qui ont été faites pendant cette période et qui ne reculeront pas.
Et on va faire comme ça pendant toute la campagne, c'est-à-dire s'inscrire dans la réalité pour montrer qu'il y a des issues, des issues positives à la situation dans laquelle on vit. Voilà, je voulais vous raconter tout ça et puis vous dire évidemment que, si vous voulez, si vous avez oublié de le faire et que vous voulez parrainer ma candidature, ben vous pouvez toujours le faire en allant sur "noussommespour.fr" parce qu'on continue à faire fonctionner la plateforme.
Et puis on va ouvrir bientôt, directement connectée sur cette plateforme, une plateforme d'actions, c'est-à-dire où on peut faire des actions, s'organiser pour militer et faire la campagne électorale avec nous. OK ? bon, ça c'est le premier point.
La deuxième question que je vais aborder vite fait devant vous, c'est le sujet qui éclatera pendant la semaine pendant laquelle je vais m'exprimer, au bout de la semaine, le gouvernement, le 9 décembre, va présenter une loi qui pour finir, semble-t-il, va s'appeler je sais pas quoi, d'ailleurs. Bon, ils ont commencé par dire c'est une loi contre le séparatisme puis, en cours de route, ils ont dit, ça sera une loi pour le renforcement laïque de la République et ils vont trouver autre chose à dire là au milieu. On a une idée, à peu près, de la tête qu'a ce projet il y a 57 articles dedans, vous vous rendez compte, non mais il faut se rendre compte de ce que c'est qu'une loi avec 57 articles.
Si c'est un article avec une ligne, ça va, mais non, ce sont des articles avec des alinéas. Donc il peut y avoir des milliers d'amendements qui tombent, qui viennent sur cette affaire. Alors nous, ça nous rend méfiants parce qu'aujourd'hui, l'autorité politique de l'Assemblée nationale a transféré à la technostructure de l'Assemblée nationale beaucoup de pouvoirs.
Et c'est elle qui décide si un amendement est recevable ou pas, c'est-à-dire s'il a à voir avec la loi. Mais c'est un choix qui est complètement arbitraire hein. Imaginez-vous que sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale, nos amendements, qu'on avait présentés sur les ambulanciers et les infirmiers ont été retoqués en disant "c'est irrecevable, c'est hors-sujet".
Ben si, les infirmiers ou les ambulanciers, ce n'est pas hors-sujet sur les questions de santé. Donc vous voyez qu'on a concédé un pouvoir incroyable à une administration sur laquelle personne n'a de prise. On va d'ailleurs faire un recours auprès du Conseil constitutionnel et d'autres parce qu'il y en a ras-le-bol.
À chaque fois, on travaille comme des fous là, sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale, il y a eu un boulot énorme fait par les équipes autour de Caroline Fiat puis après ben, vous avez 17, 18, 19 amendements, pouf il ne vous en reste plus que deux, tout ce que vous avez fait comme travail n'a servi à rien. Il y a des gens que ça finit par lasser, ce genre de procédés. Donc cette proposition de loi, je crains qu'elle reste là pour un moment.
Évidemment, c'est une loi à propos des musulmans et sous prétexte de lutte contre le djihadisme, ce avec quoi tout le monde est d'accord dans ce pays sauf les djihadistes, qui sont une poignée. Si vous voulez, tous les autres, musulmans ou pas, tout le monde est d'accord pour dire que le meurtre n'est pas une méthode politique, tout le monde est horrifié par les assassinats quelle que soit sa religion et quelle que soit la religion de ceux qu'on assassine. Alors bon, ça ne va pas être un moment très joyeux parce qu'ils vont, pendant des jours et des jours et des jours, à nouveau montrer du doigt les musulmans de France.
Alors, tous disent "mais que non, mais que oui, mais que non", mais c'est à eux qu'ils s'en prennent. Donc la question qui nous est posée à nous, nous on est les remparts de l'unité du peuple français, c'est de ça dont on s'occupe. Donc pas question de laisser une partie du peuple être montrée du doigt pour deux raisons la première c'est que ce n'est pas juste, ce n'est pas normal, ce n'est pas républicain, et ce n'est pas français de le faire, français au sens de l'Histoire de France, comment progressivement notre pays a appris à gérer son unité ? c'est un mode un peu particulier lié à l'Histoire, qui est la laïcité.
Mais la laïcité, ça n'a jamais été une loi d'athéisme d'état, qui instaurerait l'athéisme d'état, ou une loi contre la pratique religieuse. C'est la garantie de la liberté du culte et de la liberté de conscience. Pardon, je vous répète tout ça en boucle là, mais moi… il faut bien que quelqu'un le fasse parce que sinon, on va finir par croire que la laïcité, c'est détester les musulmans.
Ça, ce n'est pas possible, hein. Alors bon, j'ai de mauvais indicateurs, c'est qu'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, passait une loi dans ce qu'on appelle la niche parlementaire, c'est-à-dire le groupe de droite Les Républicains, c'était le jour où il peut proposer, faire ses propositions de loi. Et là, il y en avait une, par laquelle ils commençaient, qui prétend rajouter des choses dans la Constitution à propos de la laïcité.
Alors, c'est une loi qui a été votée à un moment terrifiant parce que elle passait au Sénat peu après le meurtre abominable de Samuel Paty. Donc c'était en pleine émotion, bon, ça ne justifie pas de déposer des textes pareils parce que le texte ne change rien. Il dit qu'il va préciser des choses dans la Constitution, en fait il ne précise pas, il rajoute dans la confusion.
Je veux dire que même ceux qui sont partisans d'en rajouter, bon, savent que tout ça a été très mal mené par Les Républicains. Alors nos amis au Sénat ont décidé qu'ils ne participaient pas au vote parce que ça leur paraissait être totalement déplacé que d'évoquer cette loi dans ce moment-là, et comme ils ont quitté l'hémicycle pour dire "on n'est pas d'accord", résultat : ben la loi a été adoptée à l'unanimité ! Tout ça est absurde hein, elle est sortie du Sénat, adoptée à l'unanimité contre l'avis de la plupart des gens qui se trouvaient dans l'hémicycle à ce moment-là, ou qui venaient d'en sortir.
Donc elle est arrivé ici et la discussion a eu lieu. Alors, elle est révélatrice de ce qu'elle nous permet de voir hein, parce qu'évidemment cette loi a été pliée, il n'y avait pas de majorité pour voter un tel tas de sottises. Par exemple, le premier changement qu'ils mettaient, ça dit en gros "personne ne peut se réclamer de son origine, de sa religion ou de je-sais-pas-quoi, pour se soustraire à la laïcité et à la règle commune".
Ça n'a l'air de rien mais en termes juridiques, c'est une cata, parce que la règle commune, c'est pas la loi. La loi, c'est la loi. Personne en effet ne peut se soustraire à la loi.
Tu parles d'une découverte. Allez mettre dans la Constitution 1) la Constitution existe, 2) elle s'applique à tous. Ce n'est pas la peine de le dire sinon il n'y a pas de Constitution !
Et puis pour ce qui concerne l'application de la loi quelle que soit son origine ou sa religion, c'est déjà dans la Constitution, dans l'article 1 qui dit que la République Française est une, indivisible et qu'elle est laïque, démocratique et sociale. Donc ce n'est pas peine de revenir à la charge. Après, ce n'est pas la peine d'écrire un article pour dire "et dorénavant la loi s'applique", parce que depuis le temps, il y a longtemps qu'elle s'applique, la loi.
Plus ou moins bien, vous le savez tous. Donc tout cela est absurde. Et puis l'article ne vaut pas plus cher, je ne vais pas vous expliquer tout ça, c'est passé à l'Assemblée Nationale, on mettra peut-être dans les liens, pour que vous alliez voir quelques interventions dont la mienne si vous voulez.
Non, mais ce qui était intéressant, c'était l'ambiance. Clairement, les Républicains, dans leurs propositions, il n'est pas question d'Islam mais quand ils défendent leur texte, il n'est question que d'Islam et de musulmans. Désastreux, comme impression que ça donne, parce qu'on dirait que dans ce pays, vous avez une espèce de parti de masse qui serait le djihadisme terroriste ou bien même l'islamisme politique, parce que tous les islamismes politiques ne sont pas violents, hein.
Il y en a qui pensent tout simplement qu'ils veulent appliquer la loi de leur religion comme loi de la cité. Bon, on n'en veut pas, on n'est pas d'accord. Et puis, c'est une infime minorité dans le pays, comme il y a des royalistes en France, il y a un parti, il y a un mouvement royaliste.
Bon, ben c'est une minorité, on ne va pas leur interdire, on a décidé qu'on ne leur interdirait pas d'être royaliste. Mais c'est interdit d'attenter à la forme républicaine de l'État, donc aujourd'hui, il y a toutes sortes de dispositions dans la loi. Avisez-vous d'aller faire campagne contre la forme républicaine de l'État, vous allez direct au trou hein, ça c'est clair parce que c'est interdit.
Ah ben oui, voilà, c'est comme ça. Alors donc il n'y a pas besoin de rajouter tout ça. Mais l'état d'esprit était très mauvais, j'ai trouvé ça très négatif… Alors bon, il y a quand même un aspect positif, c'est pour ça que j'en parle parce que sinon vous n'avez qu'à regarder… c'est qu'il y a quelque chose de jubilatoire de les voir tous sauter en rond là, pour dire "la République, la République, la laïcité, la laïcité".
Bon ben, c'est nouveau. Vous autres, si vous connaissez un peu l'Histoire de France, il y en a là-dedans, ils nous ont fait une guerre pendant cent ans sur cette histoire-là. Je leur ai dit, d'ailleurs, "c'est nouveau, vous êtes tous pour la République, maintenant il n'y en a plus un là, qui dit que peut-être… non, non, c'est fini.
Tout le monde pour la République". Et c'est pas tout, "la République, elle est laïque" disent-ils tous. Ben en 1905, j'aime mieux vous dire que ce n'est pas ça qu'ils disaient, la droite.
Et puis après, pendant je ne sais combien de temps. Alors bon, je me suis un peu moqué d'eux, gentiment, en disant "formidable, mais enfin comme vous êtes nouveaux dans cette bataille, vous dites n'importe quoi". Alors, vous avez monsieur Ciotti, qui dit "les lois qui ne protègent pas assez la République et trop ceux qui sont contre la République".
Moi, j'ai dit "écoutez là, mollo, parce qu'on la connait celle-là". C'est : pas de liberté pour les ennemis de la liberté, ça sonne bien dans la bouche et à l'oreille, ça fait un peu sourire, mais comme bêtise, on ne fait pas au-dessus, hein. Parce que bon, on sait que ça finit très mal, ce genre de formule.
La liberté, elle est comme elle est, elle n'est pas absolue, en France, vous n'avez pas le droit de conspirer contre la forme républicaine de l'État, vous n'avez pas le droit de faire un programme dans lequel vous dites "je propose l'abrogation de la République", c'est interdit. Mais c'est bon quoi, pas besoin d'en faire plus, ni de commencer avec des trucs violents sur le fait qu'on ne donne pas la parole à ceux qui sont pour l'enlever aux autres, enfin, on connait tout ça. On est capable de vaincre sans avoir besoin de moyens extrêmes.
Alors bon, pour moi, c'est le premier truc que je leur ai dit, et après ils disaient à un moment donné "nous ne sommes pas un pays multiculturel". Ben si, et puis tous les pays sont multiculturels, hein. Si vous allez à "fast food" déjà, vous êtes multiculturels, parce que "fast food", c'est pas du français, il y en a qui y croient, ce n'est pas du français, c'est de l'anglais.
Et puis moi, je me suis moqué d'eux, je leur ai dit : "comment ça, on n'est pas multiculturels ? Le plat préféré des français, c'est le couscous ! Sinon, c'est la pizza.
On est les plus gros mangeurs de pizza d'Europe, c'est pas les italiens". Alors bon, c'est ça le multiculturalisme. Ça veut dire qu'il y a plusieurs cultures.
Mais les cultures ne sont pas des blocs qui ne communiquent pas, c'est le contraire, c'est fluide hein. Bon, il y a plein de gens qui portent des babouches à la maison. Pour autant, ils ne sont pas islamistes.
Ils mettent des babouches, c'est plus confortable pour eux, bon donc, et ça n'a rien à voir avec la religion, multiculturalisme ne veut pas dire multi-religieux, dans la religion, chaque religion considère les autres comme une hérésie, ils pensent que c'est eux qui portent le discours que dieu a voulu, bon alors tout ça là, ce blabla sur le multiculturalisme, c'est juste du sectarisme et c'est absurde, parce que le multiculturalisme c'est comme ça, c'est dans toutes les sociétés, surtout à l'ère moderne, on échange, on regarde, il y en a parmi vous je suis sûr, un paquet qui regarde la musique coréenne, parce qu'en ce moment, c'est les coréens qui mènent la danse dans le monde entier, la danse si j'ose dire, et ça n'a rien à voir avec la dilution, je ne sais pas ce qui leur prend de comme ça être contre tout, et ça n'a rien à voir avec le fait qu'on mélange les religions, ça ce n'est pas possible, mais le multiculturalisme c'est un fait, et puis il se résout, si j'ose dire, il s'étend, il se prolonge, il se conclut, je ne sais pas comment on doit dire, dans la créolisation, c'est à dire qu'à un moment donné, ça s'enchevêtre et ça produit quelque chose de nouveau de manière imprévue, et cette créolisation elle a lieu en musique, en peinture, elle a lieu dans les arts en général, en général, c'est dans les arts que le mélange commence bon ben voilà, la bande dessinée, ça a une origine au Japon, les Mangas, c'est plus vieux que les bandes dessinées, ensuite je pourrais citer combien d'autres, c'est l'art africain qui va inspirer en partie aussi l'impressionnisme, Le Douanier Rousseau, ils sont tous là, la bouche ouverte grande comme ça, il n'a jamais vu un tigre ni un lion, il était douanier à une des douanes de Paris, des portes de Paris, et ce qu'il a peint, ce sont des choses qu'il a vues dans les journaux ou au Jardin des Plantes, c'est tout, et quoi ? Il l'a traité d'une certaine manière, cette façon de traiter le sujet renvoyait à ce qu'il avait lui-même pu voir, soit des Mangas, soit de l'art africain, et j'en passe et des meilleures parce que c'est comme ça tout le temps, la créolisation c'est ce processus qui fait fusionner, renaître, transformer, alors des fois c'est beaucoup à un endroit, si j'ose dire, et puis hop, ça revient au point de départ et ça le transforme, donc il est certain que la musique africaine qui a amplement fécondé la musique occidentale de l'Europe et du monde anglo-saxon, pendant la fin du 20ème siècle, bon ben à son tour, elle a été elle-même travaillée par les retours de ses propres enfants en quelque sorte. Tout ça, tout le monde le sait mais, vous les écoutez, on dirait qu'ils viennent d'inventer l'eau chaude, ils ont découvert, ils utilisent des mots, ils ne savent même plus ce que ça veut dire, moi, ce qui m'a fait plaisir, c'est de les voir tous faire leur petite génuflexion, si j'ose dire, sur la laïcité et la République, trop drôle, alors évidemment on en était là quand ils se sont tous pris les pieds dans le tapis avec le concordat, parce qu'évidemment, on n'allait pas faire le cadeau de ne pas leur en parler, alors on a dit "alors vous voulez la République une, indivisible, laïque partout, sauf en Alsace, en Moselle et en Guyane, d'accord, "Oui oui, vous comprenez, là c'est complétement différent", nous dit-on, "parce que là-bas, ça se passe très bien, tous les religieux sont contre les crimes et pour la République", ben ça tombe bien, tous les religieux sont contre les crimes et pour la République, c'est marqué dans leur religion qu'ils sont contre les crimes, et pour la République, il faut bien qu'ils fassent comme ça parce que c'est interdit de faire autrement, et puis ils sont convaincus je suis sûr, les prêtres de toutes les variétés de religions d'Alsace-Moselle, je suis certain que ce sont de bons républicains, ce n'est pas leur sujet, eux, d'aller se pouiller avec la République, donc, puisque tout le monde est au point regardons ce qu'est le concordat, le concordat c'est juste le fait que Napoléon 1er a organisé les cultes en France, l'église catholique, un tour de vis, le judaïsme, deux tours de vis, c'est tout ce qu'il y avait à l'époque, plus les protestants, donc on a mis à chacun un conseil, et puis voilà, roule quoi !
Alors, comme l'Alsace-Moselle a été confisquée par les Allemands à deux reprises, chaque fois qu'ils venaient, ben ils maintenaient le droit religieux qui existait là, ça tombe bien parce que eux, ils font comme ça chez eux, donc voilà l'Alsace-Moselle qui se retrouve concordataire. Nous chassons les allemands, on récupère l'Alsace-Moselle, discussion, "qu'est-ce qu'on fait" ? Le temps que la discussion ait lieu, il passe un an, c'est terminé, on ne défait pas les choses comme ça, donc ils ont décidé, après la reconquête de l'Alsace-Moselle sur les Allemands en 1918, tout ça s'est embourbé, on n'a touché à rien, et ils ont oublié purement et simplement la Guyane, parce qu'il n'y avait personne pour dire : "Écoutez, ça suffit qu'on soit traité autrement que le reste du territoire national", d'ailleurs, le Député de la Guyane, Gabriel Serville, ce matin, il leur a bien fait un brushing, parce qu'il intervient, il dit "Alors quoi, la Guyane ne fait pas partie du territoire national ? ", tu as deux ou trois ballots qui n'ont pas compris ce qui se passait, qui commençaient à applaudir, et puis il dit "Mais chez nous, c'est insupportable, pourquoi nous sommes toujours sous le régime religieux du Roi Charles X en France ? ", c'est vous dire, hein ! "Et pour nous, ça veut dire que les collectivités locales doivent rémunérer les religions, les prêtres, les différentes religions, et ça coûte 100 millions, ça fait beaucoup trop d'argent", dit-il, dans le problème qui est le nôtre aujourd'hui, alors inutile de vous dire que les autres ont arrêté d'applaudir séance tenante, parce qu'ils étaient en plein dans leurs contradictions, parce que, à mon tour je leur ai dit "Le concordat, vous proposez de mettre l'islam dedans ?
Parce que vous payez les pasteurs protestants, les prêtres catholiques, et les rabbins, vous comptez mettre dedans aussi les imams ? ". Tu parles qu'ils n'ont pas l'intention de mettre qui que ce soit dedans, mais ils ont fait des phrases sur le concordat, donc c'est à dire, le contraire de ce qu'ils venaient de raconter qui justifie le dépôt de la loi.
Je vous raconte tout ça pour vous dire que, l'ambiance va être chaude quand le gouvernement va déposer son texte, d'abord parce que c'est un texte irresponsable, 57 articles, environ, on va dire 5 ou 6 alinéas par article, donc il y en a pour des jours et des jours à l'Assemblée nationale, parce qu'on ne va pas les rater et on va amender tout ça, je vous l'ai dit. Donc voilà, je voulais vous donner cette température d'ambiance, ça me ferait plaisir si certains d'entre vous allaient voir comment le débat s'est passé ce matin, parce que c'était pas mal, il y avait des arguments qui s'échangeaient, et puis bon, moi, ça m'a plu de défendre une conception, j'admets, assez traditionnelle de la laïcité, et puis de me moquer d'eux, ça m'a fait plaisir, et pour la première fois de ma vie, quelqu'un m'a reproché de le faire avec talent, c'était la première fois que je vois ça, il y a une députée qui a dit "Oui, ce n'est pas parce que vous parlez bien et ce n'est pas parce que vous n'arrêtez pas de parler d'histoire comme si on ne savait pas", ben oui, je crois qu'ils ne savent pas, je leur ai expliqué que les guerres de religions, ça ne rapportait rien à la France, que c'était une erreur et qu'il valait mieux manier les choses avec plus de précaution, parce que notre histoire nous y invite. Voilà donc c'était un débat intéressant, mais il préfigure la dureté de ce qui va arriver ensuite dans le débat en janvier, donc il faut que vous vous prépariez à écouter, surtout à beaucoup argumenter pour aller contre le simplisme, les gens obsédés, obsessionnels sur ces questions-là, parce que il faut y mettre de la fluidité, de la détente.
Bon alors dites, cette semaine j'ai publié une interview dans le journal libéral l'Opinion, pourquoi l'Opinion, bon parce que c'est eux qui sont venus me voir pour parler de politique internationale, en fait je pensais qu'on ne parlerait que de politique internationale, on a beaucoup parlé de défense, et pour terminer, ils ont titré "ma défense", bon bah je n'étais pas parti pour ça, mais je n'étais pas parti pour parler de défense parce que si je parlais de défense, je ne me contenterais pas de parler de tous les sujets de défense que j'ai évoqués dans cette interview, comme l'espace, la protection de l'espace terrestre, l'espace espace, j'aurais parlé aussi de la marine, ce n'est quand même pas rien dans ma vision des choses, parce qu'on est le deuxième territoire maritime du monde et qu'on a pour protéger ce territoire l'équivalent de deux voitures de police pour toute la France, d'accord. Donc, bref, on a parlé de relations internationales, moi j'ai évoqué les thèmes qui m'importent, l'indépendance du pays comme garantie de la souveraineté du peuple, et j'ai donné quelques exemples, puis en cours de route, comme le gars qui m'a interviewé avait lu le programme, il me dit : "Alors, vous êtes toujours pour rétablir la conscription ? ", un journaliste qui se rappelle quelque chose qui est dans le programme, c'est quand même assez admirable donc, puis visiblement, le gars il y connaissait quelque chose aux questions de défense, ce n'est pas toujours le cas, mais là c'était le cas, alors bon, je réponds oui, j'étais contre la suppression de la conscription, la conscription c'est le fait de la levée en masse, héritière de la période de la révolution, tout le monde va à l'armée pour défendre la patrie, bon donc, du coup il y avait un service militaire, surtout que comme les allemands nous ont envahis en 1870, puis une deuxième fois en 1914, et après une troisième en 1940, , il y a eu en France un état permanent de nécessité de mobiliser pour contrer les invasions du voisin.
Alors bon, c'est un service militaire qui durait plus ou moins longtemps, alors à chaque fois que les allemands étendaient le leur, les français en faisaient autant, et c'est comme ça que vous avez eu un service militaire de trois ans avant 1914, à quoi Jean Jaurès et des autres se sont opposés, et ainsi de suite, alors moi j'étais contre le fait qu'on supprime la conscription, parce qu'ils disaient que c'était pour faire une armée professionnelle, bon si c'est ça l'argument ça ne vaut pas un clou, parce que c'était une armée très professionnelle, y compris l'armée avec les conscrits, pourquoi ? Parce que vous aviez tous les jeunes gens du pays qui y participaient, et qui étaient dans la force de l'âge et dans la découverte de leurs métiers respectifs, donc vous aviez les meilleurs qui étaient là, les meilleurs dans tous les domaines, donc c'était une armée très professionnelle, d'ailleurs tous les gars qui sortaient, les gars, puisque c'était les gars qui y allaient, qui sortaient de l'université, c'était une élite et puis les autres aussi, ouvriers, paysans, tous ça, ils savaient faire des tas de choses, donc, ça a toujours été une armée professionnelle, et puis bon, le temps a passé là-dessus, moi j'étais contre, j'ai voté contre, et puis le temps passe et tout ça, et puis quand on a fait le programme L'avenir en commun, la question est revenue sur la table : "qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on fait un service citoyen cette fois-ci ? " Alors il y avait des associations qui étaient pour le service citoyen obligatoire, je pense par exemple à la fédération "Léo Lagrange", c'est leur position, bon, donc c'est pour dire que c'est une idée qui vient aussi des associations, et des structures traditionnelles de la non moins traditionnelle gauche, donc ce n'est pas une idée extravagante au sens où ce serait réservé à des militaristes, alors la conscription et le service citoyen, ce n'est pas le service militaire pour une raison, c'est qu'on n'a pas besoin d'autant de monde dans les armées pour compléter leurs effectifs, mais on en a besoin et je le redis, l'élite qui sort à bac + je ne sais pas combien de l'université, ils vont faire un tour de neuf mois dans l'armée, ils apporteront le top niveau de la connaissance pour les armes qu'on doit déployer, je pense à la guerre de l'espace, la cyber armée qu'il faut qu'on arrive à constituer, etc… Bon alors, ne me dites pas non hein !
J'ai vu aussi qu'il y avait des gens qui disent : "Oui, il y en a marre, le service militaire, c'est une invention de la bourgeoisie et de je ne sais pas quoi", non, pas du tout, c'est une invention de la gauche, parce que la levée en masse, c'est la révolution qui l'a inventée, et puis pendant des générations, je le dis à ceux de mes jeunes camarades qui font des fois des discours pour me donner des leçons révolutionnaires, mais pendant des générations on considérait qu'apprendre le maniement des armes, ça avait de l'importance en milieu populaire. Voyez, je vous le dis bien en face, pour qu'on baisse un peu le ton de certaines critiques, d'autant que, encore une fois, je ne propose pas le service militaire pour tout le monde, ça n'aurait pas de sens, surtout que là, il s'agit de garçons et filles, si tout le monde y va, ça fait beaucoup de monde, mais il y aura en effet des gens qui devront aller compléter les effectifs des armées, et aussi sans doute d'autres fonctions de ce type comme la police ou la gendarmerie, mais le gros de la troupe, si j'ose dire, il va falloir faire tout le reste, c'est à dire les tâches qui arrivent du fait du changement climatique, pour lesquelles il nous faut des milliers de bras qui vont donner le coup de main là où la catastrophe a eu lieu, qui vont apprendre les règles de la sécurité civile, les enseigner aux autres, aider, bref, tout ce qu'il y a à faire et qui correspond à la période d'un service citoyen, et qui évidemment est obligatoire, alors obligatoire, "Ah la la, il a dit obligatoire et tout", bah oui écoutez je vais vous rassurer, c'est obligatoire, tout le monde y va, sauf ceux qui ne veulent pas y aller, mais je ne veux pas qu'on prenne par l'autre bout, qu'on dise : "N'y vont que ceux qui veulent bien", non non, tout le monde y va, et il y a ceux qui ne veulent pas, ils ne veulent jamais rendre service, ne veulent jamais aider les autres, et bien ils n'iront pas parce qu'on n'a pas besoin d'eux, puisqu'ils ne veulent pas faire le boulot et bien on se passera d'eux, on ne peut pas faire avec des gens de mauvaise volonté qui râlent, traînent les pieds, et ne veulent pas faire le boulot, donc si vous voulez rester auprès de papa maman, vous resterez, il n'y a pas de problème, sauf évidemment si c'est parce qu'il y a une obligation familiale parce que vous êtes soutien de famille, bon là c'est respectable, ça a toujours existé ça, il y a toujours eu un système qui a permis par exemple, ceux qui ne voulaient pas manier les armes, ils faisaient objecteurs de conscience, ils restaient un peu plus longtemps, ce qui n'était pas très juste, mais ils étaient là quoi, ils n'ont pas été bannis, maudits, on a eu beaucoup de mal à obtenir le statut d'objecteur de conscience mais on l'a eu, donc il y aura aussi des gens qui diront "Ah ben moi, je ne veux en aucun cas porter une arme bon ben tu ne veux pas, tu ne veux pas, on ne peut pas t'obliger à le faire, tu seras, pour la partie militaire, objecteur de conscience mais tous les autres apprendront un minimum, à savoir quoi faire si les frontières venaient à être percées, et puis, ne levez pas les yeux au ciel, parce que figurez-vous que l'histoire est l'histoire, et la violence des sociétés elle existe, alors il y a la violence, mais encore une fois, je l'ai dit, il y a surtout les tâches d'intérêt… d'utilité publique, j'aime mieux utilité publique que intérêt général, on a d'abord écrit intérêt général, ça fait penser aux peines d'intérêt général, il ne s'agit pas de ça, il ne s'agit pas de punir, les gens, ce n'est pas le sujet, le sujet c'est d'être ensemble pour savoir comment on peut donner le coup de main et puis il y a les grandes associations à caractère humanitaire ou solidariste, qui seraient très heureuses de recevoir le renfort de jeunes gens qui viennent, et puis qui participent à l'activité, qui la mènent et ainsi de suite, et ça ça fera du bien pour tout le monde, parce que je voudrais vous rappeler, moi je ne parle pas en général, si vous n'en voulez plus dans trois ou quatre ans, après les élections présidentielles qu'on aurait gagnées nous, vous l'annulerez, vous le supprimerez, mais en attendant si vous voulez qu'on gagne, ça sera comme ça que ça se passera. Pourquoi ?
Parce qu'on a besoin de bras, parce qu'on va tomber dans un pays dévasté, parce que il y aura des événements climatiques extrêmes, parce qu'il y a une pauvreté extrême partout, il va falloir courir à la rescousse, évidemment qu'on va essayer de remplir les frigos et les porte-monnaie, mais il y a toutes les périodes de battement pendant lesquelles il y a besoin du coup de main, et ceux qui sauront le mieux le faire aujourd'hui, c'est bien sûr un certain nombre de services publics, mais c'est aussi toute l'aide bénévole qui arrive par les associations, et j'ai remarqué que après avoir installé l'idée absurde que ce n'était que les 100% du militaire, ils n'ont pas parlé du reste moi j'ai parlé, dans ma mesure, on paie des gens au SMIC, ils ont dit : "Ça coûte cher", bah oui en effet ça coûte cher, vous croyez quoi ? Que les gens vont travailler gratis, non donc ils travailleront et seront payés au niveau du SMIC, et moi je sais que quand on est jeune et qu'on a devant soi neuf mois comme ça, bah c'est bien, parce qu'on va pouvoir s'équiper, peut-être qu'après, on aura d'ailleurs un emploi jeune qui sera un emploi pour cinq ans, parce qu'il faut, dès qu'on arrive aux responsabilités, il faut que ça redémarre, il faut que les gens aient de quoi vivre, sinon à quoi ça sert de changer de régime, si c'est pour continuer à tirer la langue comme avant, donc il y a tout ça et puis il y aura, je vous dis les choses comme elles sont, on regardera un peu où en sont les gens pour lire et écrire, bon ben, ne levez pas les yeux au ciel, quand on allait à l'armée avant, ça commençait par ça, pendant trois jours on faisait un petit examen et on regardait, j'aime mieux vous dire que l'on détectait quelque chose qui existe, qui est l'illettrisme et l'analphabétisme, et puis c'est une libération, parce que du coup, les gens qui étaient dans cette situation, on s'occupait d'eux, on leur donnait le moyen d'être alphabétisés, donc c'était bien non ? De même il y a un petit bilan de santé, parce que les jeunes gens aujourd'hui, souvent, ils ne vont pas se soigner parce qu'ils n'ont pas les sous, donc petit bilan de santé, et puis, il y a des choses qu'on apprend comme le permis de conduire, pourquoi c'est payant le permis de conduire ?
On ne peut pas vivre sans ! Est-ce que vous pourrez dire "Ça va être payant pour apprendre à lire et à écrire" ? Vous diriez : "Mais qu'est-ce que c'est cette histoire, on ne peut pas vivre sans ! " eh bien là c'est pareil, on ne peut pas vivre vraiment sans permis de conduire, parce que c'est comme ça maintenant, de nos jours c'est absolument impossible de vivre sans se déplacer pour aller faire des courses, parce que c'est fini l'époque où on pouvait avoir tout au même endroit, ça n'existe plus voilà, tout ça c'est dans le service citoyen obligatoire, donc si vous voulez c'est un peu une espèce de 3ème tour après les études secondaires, et un peu du supérieur, ou primaire et secondaire, 3ème tour, on vérifie si tous les boulons sont bien en place, et puis on fait les 3 ou 4 trucs qu'il faut absolument avoir pour pouvoir démarrer bien dans la vie, et on le fait en rendant service aux autres, voilà, ça s'appelle l'impôt du temps, et puis c'est un moment de sa vie, et c'est un bien fait, parce que ça nous met tous un peu le nez dans la vie du grand nombre des français, parce qu'il y en a beaucoup qui peuvent passer toute leur vie à travers sans savoir ce qui se passe.
Voilà, je voulais vous dire tout ça, évidemment il y a ceux qui ont bien appuyé : "Mélenchon veut faire le service militaire", alors on a envoyé un petit tweet pour dire "Non non c'est le service citoyen", ils s'en foutent, on a fait un communiqué, ils s'en foutent aussi, ce qui leur plaît c'est le buzz, le scandale. "Alors vous êtes prêt à aller à l'armée ? ", ce n'est pas le sujet, je n'ai jamais proposé ça, mais en effet certains iront à l'armée, certains iront dans les tâches militaires, et d'autres non, et d'autres un peu, d'autres beaucoup, et ainsi de suite, voilà, alors manque de pot pour ceux qui ont essayé de me mettre à nouveau l'habit du diable en personne, il se trouve qu'il y a une opinion qui est majoritairement plutôt favorable à un système de conscription civique, voilà pour tout le monde, garçons et filles et tout le monde, et je trouve que c'est un bon signal de bonne volonté, en tout cas vous pouvez avoir confiance en moi, moi je n'ai pas eu l'idée d'inventer ça, j'ai entendu monsieur Aphatie dire ça "Moi je me méfie, c'est, une manière de vouloir mettre les gens au pas, pour une fois je suis d'accord avec lui, je ne suis pas d'accord pour ça, l'idée ce n'est pas de mettre les gens au pas, de les punir, de je ne sais pas quoi, l'idée c'est voilà, on s'entraide et quand on est jeune, on a un peu plus de facilité à le faire parce qu'on n'a pas les enfants à s'occuper tout de suite, parce que, soit on a fini les études, soit on compte les reprendre après, il y a plein de circonstances qui font que quand on est jeune, on a plus d'énergie et plus de disponibilité, pas besoin d'inventer la poudre et l'eau chaude quand je dis ça, c'est comme ça depuis que l'humanité est l'humanité, voilà, allez salut, c'est fini, des petits pouces bleus pour nous aider, si vous voulez appuyer ma candidature aussi, c'est une bonne chose d'aller sur le site "noussommespour.fr", et puis je vous dis à la semaine prochaine. [Sous-titrage - Le crayon d'oreille]
Jean-Luc Mélenchon