JOURNEE A GOMA
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Chiffre
« si l'on ne fait rien, il y aura en moins de 3 semaines 100000 victimes du choléra »
- 5:00Chiffre
« 100000, 500000 1 million »
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[Musique] Madame, monsieur, bonsoir. La véritable catastrophe humaine qui se déroule en ce moment au Rwanda est sans doute la plus grave de ce siècle. C'est pour cela que la rédaction de France I a décidé a décidé, pardon, d'essayer ce soir et avec vous de comprendre quelle est la gravité réelle de la situation sur le terrain.
Les pays occidentaux se mobilisent-il et dans quelle proportion ? mais aussi comment vous si vous le souhaitez-vous participer à la course contre la montre qui est engagée pour sauver les réfugiés ? L'ence en fait est double.
Il s'agit d'abord de tenter de limiter l'épidémie de choléra qui a déjà fait des centaines de morts depuis 3 jours. Et puis c'est le message qu'on fait passer aujourd'hui les responsables des Nations- Unies. Les Rwandais doivent rentrer chez eux le plus vite possible.
Le problème est de savoir dans quelles conditions. Une fois de plus à Goma, la ville frontière entre le Rwanda et le Zaï. Les réfugiés et ceux qui tentent de les sauver ont vécu une nouvelle journée d'enfer.
Dorothéo Lieric et Alain Saint. Pour eux, l'exode s'arrête là. Ils ne sont qu'à quelques kilomètres de la frontière rwandaise, mais ce sont les plus faibles et ceux que le choléra emportera le plus vite.
Hier, 25 réfugiés du coin de Igangi sont morts. Aujourd'hui, deux fois plus. Et selon les organisations humanitaires, si l'on ne fait rien, il y aura en moins de 3 semaines 100000 victimes du choléra.
Déjà, l'on meurt en silence au pied de ceux qui ne sont bien souvent plus que des mortsvivants. Dans cette ville mourroire, on ne regarde plus les cadavres, on ne parle plus et on ne pleure même plus. Il y a beaucoup de malades qui meurent parce que le choléra arrive à un moment où ils sont particulièrement mal nutris.
Vous savez, cela fait une semaine qu'ils sont là et ils n'ont reçu aucune aide humanitaire. À la sortie du camp, nous prenons la route du nord, une route longue et interminable comme une agonie. Et partout, le spectacle de la mort, de ces morts qu'onentre même plus.
Kilomè 4 depuis le camp de Higgangi, nous arrivons au centre de Mouni. Une poignée d'humanitaire pour des malades qui n'en finissent pas de mourir. Hier soir, on avait 500 personnes comme patient.
Ce matin, on en a 1000. Hier, on avait 200 morts ici simplement dans le centre. Là, aujourd'hui, ça va être 400 morts ou peut-être plus quoi.
C'est de pire en pire quoi. Et il semble que sur Kubumba la situation empire aussi. Donc si c'est sur Kouumba la même chose, c'est déjà la catastrophe mais ça sera encore pire.
Ils ont fu le bruit de la guerre, ils doivent fuir aujourd'hui la maladie. Ma sœur est morte du choléra il y a 3 jours et j'ai gardé son bébé mais il n'a rien à manger depuis 3 jours. Il a même pas bu une goutte de lait.
Je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas retourner au Rwanda. J'ai trop peur.
La peur, les rumeurs, beaucoup ne savent même pas que la guerre est finie au Rwanda. Ils parlent encore de massacre. Il parlent aussi des fausses que disent-ils ?
Chaque toutsi creuse dans son jardin pour y mettre des houtou. À mesure que nous avançons sur cette route, nous comprenons cette foule manipulée, cette foule totalement perdue. Qu'est-ce qui est le plus dangereux pour vous ?
Le choléra ou le FPR ? Mais voilà, quand tu vas quand tu attrapes le choléa, il y a des choses. Tu peux attraper le Coréla mais tu peux trouver le médicament.
C'était la chance. Mais pour la les incotag de retourner à Kigari c'est très dangereux parce que les Inquotani même n'a pas de pitié. Kilomè 23, nous apercevons les collines de Kibumba et une maré humaine poursuivant son exode 100000, 500000 1 million.
Qu'importe les chiffres, qu'importent les ethnies, il faut des solutions. Et comme si le pire n'était pas encore arrivé, le choléra ne laisse guère d'espoir. [Musique]