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InterviewC à vous (sur YouTube)· 14 mars 2022 9 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleInstitutions & élections

E. Macron : un programme de droite ? Avec Richard Ferrand - C à vous - 14/03/2022

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous savez que ce qui intéresse les Français, en premier lieu, ce n'est pas ni la retraite ni le pouvoir d'achat, mais c'est l'exemplarité des élus ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45InvitéFait
    « Le recul de l'âge légal de la retraite à 65 ans. »
  • 5:03InvitéFait
    « Soit on dégrade les prestations et le modèle social, soit on fait de l'impôt, soit on travaille plus et on produit plus de richesses. »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Invité 216 %
  • Présentateur7 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

À partir de jeudi, on devrait avoir enfin matière à débat avec les propositions du candidat Emmanuel Macron. Mais parce qu'on ne les connaît pas depuis... Vous savez, M. Cohen, j'ai une bonne mémoire, moi. Le candidat Macron en 2017 s'était présenté le 16 novembre, en 2016. Et on avait eu plusieurs centaines de... Oui, il n'a pas de programme. Il n'a pas de programme, il n'a pas d'idée. Oui, mais c'est en janvier qu'il a commencé à dévoiler ses programmes. Ils l'avaient publié à peu près à la même date. Et vous voyez, les Français ont constaté qu'il y avait un programme sérieux, qu'ils en prenaient connaissance, qu'ils étaient suffisamment éclairés pour les lire.

Alors, il ne faut pas céder aux pressions de toutes parts. Alors, avant de connaître le détail de ces propositions, quelques mesures ont quand même transpiré. L'une qui a été beaucoup commentée, le recul de l'âge légal de la retraite à 65 ans. Et on va y revenir. Pas pour tout le monde, ça ne vous a pas échappé. C'est une mesure générale de recul de l'âge légal. On va y revenir. L'autre, beaucoup moins, le versement automatique des prestations sociales. RSA, allocations familiales et une dizaine de droits. Tous les droits seraient automatiquement versés, même à ceux qui, aujourd'hui, ne le réclament pas, je pense, notamment au RSA ?

Ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays, c'est que beaucoup de personnes qui pourraient bénéficier de droits n'y ont pas recours. Les spécialistes appellent ça le non-recours, de manière rapide. Ça représente tout de même quelques milliards de prestations que des dispositifs prévoient pour des gens qui en ont besoin. Eh bien, de la même manière que nous avons su prélever à la source, par l'impôt, tous ceux qui paient des impôts savent que maintenant, c'est directement pris sur leur salaire. Eh bien, il convient de faire le versement à la source.

Parce qu'en croisant les informations dont disposent les différents organismes sociaux, on arrive parfaitement à lire qui, telle personne ou telle famille, peut prétendre à telle ou telle prestation. Donc, c'est une mesure qui redonnerait des droits à ceux qui, aujourd'hui, ne les touchent pas. Et qui donnerait des prestations à des gens qui ont des droits et qui n'en bénéficient pas. Eh bien, je trouve que précisément, de la même manière qu'après tout, on s'est prélevé à la source, eh bien, on s'est reversé à la source. C'est le juste équilibre des choses, me semble-t-il.

Le recul de l'âge légal, je me souviens que, pas seulement lors de sa campagne de 2017, mais après le grand débat en 2019, Emmanuel Macron avait expliqué de façon très éloquente à quel point le recul de l'âge légal n'avait aucun sens, compte tenu du faible taux d'emploi des seniors, avec des gens qui, en grand nombre, sont au chômage, sont dépourvus d'emploi à 59, 60, 61 ans, etc. C'était... Je ne sais pas quel terme il avait employé à l'époque, mais ça n'aurait pas de sens de reculer l'âge légal à 65 ans. Qu'est-ce qui a changé depuis ? Ce qui a changé, c'est qu'à l'heure où nous parlons, le niveau d'emploi en France était inégalé depuis 15 ans.

Le niveau d'emploi des jeunes inégalé depuis 40 ans. Et le taux d'activité globale est le plus élevé depuis qu'on sait le mesurer. Et pour les seniors ? Et donc, pour les seniors, à l'époque où cette déclaration a été faite, on était à 30%, en effet. Aujourd'hui, on est à plus de 50%. Mais au-delà... Alors, je veux venir sur l'âge légal, parce qu'il ne s'agit pas d'éluder ce qui paraît être douloureux, si je puis dire. C'est de dire qu'en effet, l'âge légal sera jusqu'à 65 ans. Mais ce qui est dit tout aussi rapidement, c'est que pour les carrières longues, pour les carrières où on est usé par le travail...

Vous savez, dans mon Finistère intérieur, quand on voit les gens qui travaillent dans les abattoirs, dans l'agroalimentaire, qui ont des troubles musculo-squelettiques des 50 ans et qui sont en invalidité quelques années après, évidemment que c'est désespérant de dire on allonge le départ à la retraite. Donc précisément, il faut travailler là-dessus. Travailler comment là-dessus ? Ça a déjà été travaillé avec les critères de pénibilité qui ont été en partie supprimés dans le dispositif actuel. Prendre en compte l'usure au travail, mais surtout, faites beaucoup plus ambitieux.

C'est se questionner de savoir quelle évolution on peut imaginer dans la carrière de quelqu'un qui arrive à 40-45 ans et dont on sait par avance qu'il ne pourra pas continuer ainsi jusqu'à la retraite. C'est réinterroger toutes ces carrières. C'est faire de la formation. Faire en sorte que... Parce qu'il y a encore des filières où il n'y a zéro heure de formation. C'est reprendre le travail de manière beaucoup plus ambitieuse. Et c'est faire en sorte que naturellement, les personnes handicapées continuent à pouvoir bénéficier à 55 ans du départ à la retraite et que ceux qui ont une carrière qui les a usées au travail, car telle est la réalité sociale, ils puissent, eux, partir à 62 ans.

Donc ce n'est pas seulement une question d'âge légal. Et puis pourquoi le fait-on ? Ce n'est pas simplement un dogme. Non, c'est un choix. Si nous voulons garantir notre modèle social, bien prendre en compte le million de Français qui aura plus de 75 ans à la fin du quinquennat, eh bien il y a trois choix. Soit on dégrade les prestations et le modèle social, soit on fait de l'impôt, soit on travaille plus et on produit plus de richesses. Nous avons fait ce troisième choix.

Pas d'impôt, pas de dégradation dans notre modèle social, donc produisons ensemble plus de richesses pour financer notre modèle social, pas seulement les retraites, mais aussi les droits nouveaux à venir pour les personnes qui sont en situation de perte d'autonomie ou de dépendance. Parce que là, tout le monde dit, oui, oui, il faut faire quelque chose sur la dépendance. Mais alors comment on fait pour payer ? Comment est-ce qu'on le fait, ça ? Eh bien, il y a trois possibilités. Donc notre position n'est pas un dogme, c'est un choix qui a du sens.

Et parce que nous avons le plein emploi à portée de la main, si je puis dire, et la situation le démontre, eh bien nous devons continuer sur ce chemin et faire en sorte que là où nous avons fait un jeune une solution, on puisse demain dire un senior une solution. Parce que vous avez raison, même si on est aujourd'hui à 50% d'emploi, ce n'est pas suffisant. Et donc il faut à la fois le faire en amont, c'est-à-dire dès 40-45 ans, s'interroger pour les travaux extrêmement durs que l'on connaît, et pour ceux qui sont dans cette difficulté, traiter les choses de manière particulière.

Et enfin, j'en aurais terminé, je sais que c'est un peu technique, un peu barbant, mais je veux tout vous dire puisque vous m'interrogez. C'est de ne pas renoncer à ce projet de schéma universel qui fait qu'un euro cotisé rapporte la même chose à tout le monde. Eh bien, ce système universel, on pourra choisir à une date où on le met en place pour tous les nouveaux entrants sur le marché du travail. Parce que là où nous n'avons pas réussi, c'est en pensant que l'on arrivera à faire converger des systèmes actuels. Donc, on va faire ça pour ceux qui nous concernent, nous qui sommes en activité. Et à un moment donné, pour tous les nouveaux entrants, on fera différemment.

Mais je vais vous dire une chose. Si aujourd'hui un candidat ou une candidate proposait le système des retraites qui est le nôtre, qui est extrêmement injuste pour les gens qui ont eu des carrières hachées, extrêmement injuste pour les femmes, eh bien celui-là, personne ne le soutiendrait. Notre système actuel est inique et ne permet pas de financer notre modèle social. Donc, voyez-vous, il faut le corriger dans l'intérêt du pays, dans l'intérêt de notre modèle social et décriver le système actuel et dites-vous s'il y a un candidat qui oserait venir le défendre. Je suis sûr que non.

7:27
Présentateur

Bon. Émilie, en un mot sur cette étude. Est-ce que vous savez que ce qui intéresse les Français, en premier lieu, ce n'est pas ni la retraite ni le pouvoir d'achat, mais c'est l'exemplarité des élus, le fait de limiter les avantages des politiques. Alors, ça avait bien été mené dans la loi de moralisation de la vie publique en 2017 par Emmanuel Macron, mais il y a eu un élément qui a été retiré, c'est le fait que les élus politiques aient un casier judiciaire vide. Est-ce que vous comprenez que ce soit la priorité des Français ?

C'est une consultation citoyenne, je le dis, un million de Français qui ont participé et c'est un quart des 34 000 propositions qui est ça, l'exemplarité des politiques. En quelques mots, Richard.

8:06
Invité

Oui, enfin, quelques mots, vous savez, je sais qu'il est de bon ton de penser qu'il suffit d'être élu quelque part pour être dépositaire de tous les vices de la société. Moi, je suis fier des 500 000 élus qui se dévouent pour la chose publique. Et la calomnie permanente n'est pas à la hauteur du respect que l'on doit à tous ceux qui s'engagent et à ceux qui portent la République. C'est le premier point. Deuxième point, un des rares régimes spéciaux qui a été supprimé en matière de retraite, pardon d'y revenir, c'est celui des députés. Et ce sont les caisseurs de l'Assemblée nationale qui ont veillé. Mais je tiens quand même à vous le dire, puisqu'évidemment, ça, on n'en parle jamais.

Enfin, en attendant, ça a été fait. Ensuite, la troisième préoccupation de parler de l'exemplarité. Aujourd'hui, avec la haute autorité, la transparence sur la vie politique qui contrôle la situation de l'ensemble des élus, eh bien, les rapports des déontologues le prouvent également, cette exemplarité est de mise. Alors évidemment, on va dire, oui, mais là, il y a un homme malhonnête ou une femme malhonnête, etc. Toutes les professions comportent leurs personnes qui ne sont pas en règle avec la loi ou avec les exigences de la profession. Mais pas plus les élus de la République, qu'ils soient maires, conseillers départementaux, régionaux, sénateurs ou députés que les autres.

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