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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 4 mars 2026 31 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Guerre au Moyen-Orient : l'escalade s'intensifie

Source d'origine 5 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Quelles sont les projections pour le report de voix au second tour à Toulouse ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    Un sondage à Paris place la gauche en tête au premier tour. Quels sont les détails ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Sondage à Lille : le maire PS sortant est donné vainqueur. Quels sont les chiffres ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux et les principaux candidats à Rennes ?

  • 8:35OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il va en être du jeu des alliances à gauche comme à droite ? Comment se présente le report de voix au second tour ?

  • 12:58OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a annoncé l'envoi du Charles de Gaulle en Méditerranée. Est-ce que vous en savez plus ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 22:25Locuteur 1Chiffre
    « En quatre jours de guerre, les États-Unis ont frappé plus de 2 000 cibles en Iran. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 221 %
  • Invité 319 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 410 %
  • Invité 54 %
  • Invité 62 %
  • Locuteur 12 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et notre tour de France de la campagne dans quelques instants, nous irons à Rennes. Mais d'abord direction Toulouse, on retrouve Jean-Noël Gros, journaliste à la dépêche du midi. Bonjour Jean-Noël, merci beaucoup d'être avec nous. Scrutin indécis pour le maire sortant de centre droit, Jean-Luc Moudinck à Toulouse, qui convoite un troisième mandat.

0:31
Invité

Voilà, je vois que le sujet toulousain a déjà été largement évoqué. Je vous fais un petit tableau, un petit résumé d'abord du premier tour des forces en présence à Toulouse. Les municipales, c'est un match à trois. Il y a trois principaux candidats, Jean-Luc Moudinck, le maire sortant, ex-LR aujourd'hui sans étiquette, François Briançon, c'est le socialiste qui a rassemblé une large coalition de gauche avec notamment les écologistes, et le député, un sous-ministre tenu par Jean-Luc Mélenchon, François Piquemal. Dans ce contexte, la tentation est grande de coller l'étiquette de favori à Jean-Luc Moudinck. Pourquoi ? Parce qu'il est maire depuis deux mandats.

Il est au Capitole depuis les années Baudis, les années 90, et donc élu depuis. Il a connu la défaite quand il y a eu la parenthèse d'un maire socialiste, Pierre Cohen, à Toulouse. Mais il est bien installé, on peut dire, dans le paysage. Pour autant, les sondages doivent nous inciter à la prudence, tout au moins sur la ligne de départ. Il y a eu trois sondages, et le dernier du 19 février, sondage IFOP pour la Dépêche du Midi, Sud Radio et Fiducial, donne Jean-Luc Moudinck à 33% des intentions de vote. C'est relativement peu pour un maire sortant. Et surtout, il est talonné par le socialiste François Briançon, donc de la gauche hors LFI, à 30%. On est dans la marge d'erreur.

Et le candidat insoumis, lui, François Piquemal, loin de décrocher, est à 23%. Donc, suspense. Et qu'est-ce que ça montre aussi ? Un grand enseignement, un classique des élections toulousaines, que la gauche est majoritaire à Toulouse. La Ville-Rose, on le sait, aux élections nationales, elle vote à gauche. Et aux élections locales, elle vote pour un maire de centre-droit. Mais pour lui, ça reste toujours un challenge parce qu'il a peu de réservoirs de voix. On le revoit donc avec ce sondage. Et donc, rentrer au Capitole, pour lui, ça reste toujours un challenge.

2:24
Présentateur

Et du coup, Jean-Noël, quelles sont les projections pour le report de Vaud au second tour ?

2:30
Invité

Pour ce second tour, la grande question, c'est celle de la fusion des deux listes, socialistes et insoumises. En résumé, donc Toulouse, on peut le dire, c'est un cas d'école des relations entre insoumis et socialistes. Est-ce qu'il y aura ou pas alliance de second tour ? En fait, la question est si prégnante qu'elle se pose dès maintenant, dès le premier tour. Et c'est elle qui plane sur toute l'élection depuis le début. Donc, le contexte, on le connaît, c'est la mort du jeune nationaliste Quentin à Lyon. François Briançon, le socialiste, a pris ses distances avec les insoumis. Rebelote avec les dérapages de Jean-Luc Mélenchon lors de ses deux meetings.

François Briançon, le socialiste, a expliqué que les conditions de l'alliance n'étaient pas réunies aujourd'hui. Pour autant, on est dans une situation un peu bizarre, comme vous l'avez fait ressortir lors de votre interview. Ces deux gauches, elles se ménagent quand même. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on sait bien, la gauche est la majoritaire et donc, il n'y a pas de bon chemin pour la gauche. Si la gauche est désunie, elle perd à tous les coups, quasiment. Et si elle est unie, François Briançon perd une partie de ses électeurs, une partie même de sa liste et de ses colistiers se désolideront de lui. Et donc, il n'y a pas de bon chemin pour la gauche.

C'est un chemin tortueux et peut-être que Jean-Luc Moudin, au final, profitera de ses désignements.

3:57
Présentateur

Merci beaucoup, merci beaucoup Jean-Noël Gros d'avoir été avec nous pour nous faire le point sur la situation à Toulouse. On va poursuivre justement nos infos de campagne. Johan, un sondage à Paris publié hier place la gauche en tête au premier tour.

4:11
Invité

Oui, un sondage Ipsos BVA pour nos confrères d'ici Paris-Île-de-France. Il s'intéresse uniquement au premier tour. Emmanuel Grégoire arrive en tête avec 35% des attentions de vote, deux points de plus qu'un sondage réalisé en décembre par le même institut. Le candidat de la gauche qui creuse l'écart avec sa dauphine, Rachida Dati, l'ex-ministre de la culture, resterait à 27%. Derrière, deux candidats sont annoncés à 11,5%. Mais avec des dynamiques opposées, Sarah Knafo de Reconquête progresse par rapport à décembre. Pierre-Yves Bournazel, lui, recule malgré le soutien des partis Horizons et Renaissance. Enfin, Sophia Chikirou de la France Insoumise est créditée de 10%.

Le score nécessaire pour se qualifier pour le second tour, on pourrait donc avoir cinq candidats qualifiés.

4:59
Présentateur

Et autre sondage, on va à Lille. Cette fois où le maire PS sortant, Arnaud Deslandes, est donné vainqueur dans tous les cas de figure.

5:04
Invité

Oui, Arnaud Deslandes qui a succédé l'an dernier à Martine Aubry. Eh bien, un sondage IFOP fiducial le place en tête du premier tour avec 28% des voix. Il devance le candidat écolo Stéphane Bally avec 20%. Et celle de la France Insoumise, Lauria Hadouch avec 16%. Un quatrième candidat obtiendrait les 10% nécessaires pour se qualifier pour le second tour. Il s'agit de la députée du camp présidentiel, Violette Spilbou. Elle est donnée à 15%. Et donc, pour le deuxième tour, le sondage simule trois scénarios. Une cadre angulaire, une triangulaire avec une alliance entre le PS et les écolos. Et enfin, une autre triangulaire avec une alliance entre les écologistes et les filles.

Et à chaque fois, c'est Arnaud Deslandes qui remporterait le gros lot.

5:48
Présentateur

À la suite de notre tour de France de cette campagne des municipales. Et pour Public Sénat qui poursuit ses débats dans toute la France avec la presse régionale. Aujourd'hui, on est à Rennes. Bonjour Stéphane Bénier. Merci beaucoup d'être avec nous Stéphane, directeur de l'information de TVRennes. Vous allez co-animer ce soir le grand débat sur les municipales avec Steve Jourdin, avec West France également. Quels en sont les enjeux et quels sont les principaux candidats à Rennes ?

6:12
Invité

Alors les enjeux, c'est une ville, vous le savez, Rennes, capitale régionale tenue par le Parti socialiste depuis 1977. 11 candidats au total. Et à partir de 18h30 en direct sur Public Sénat, TVR avec West France. 5 candidats issus de la représentation nationale seront en lice. Nathalia Perret, la maire socialiste de Rennes, qui brigue un troisième mandat. Elle a fait une alliance très large. Il y a 12 partis ou associations de gauche. Ils sont tous là et c'était même historique lorsqu'elle a passé un accord avec les écologistes seuls. LFI va faire bande à part pour cette élection. Il s'agit de Marie Nesmeur qui est députée de la première circonscription d'Île-et-Vilaine.

À droite, il y a Charles Compagnon qui est le candidat Horizon avec en association la Renaissance, mais également le Modem. Julien Masson pour le Rassemblement national et cinquième candidat. Il s'agira de Thomas Rousseau qui est le candidat LR. Voilà les cinq candidats qui vont débattre sur quatre grandes thématiques. Première thématique, le logement. Il en a beaucoup été question à Rennes, comme au niveau national du reste. Faut-il plafonner les loyers ? Faut-il les réquisitionner ? Il y a des brigades aussi du logement qui sont annoncées, notamment par la candidate LFI. Second thème, là aussi thème sensible en France et à Rennes, la sécurité.

Et on aura très certainement dans le débat la gauche qui souhaite ne pas armer cette police municipale tout en augmentant les forces alors que la droite réclame vraiment le triplement des caméras de vidéo pour surveiller un peu le trafic, car le narcotrafic s'est énormément invité ces derniers mois. Et puis également cet armement de cette police municipale pour la droite qui est un peu le cheval de bataille. Les deux autres thèmes, très rapidement, Oriane, on parlera des mobilités, mais également d'un autre thème. Les infrastructures, la culture et le sport seront vraiment au centre des débats également.

8:35
Présentateur

Un mot Stéphane sur la situation politique. Est-ce qu'il va en être du jeu des alliances à gauche comme à droite ? Comment se présente le report de voix au second tour ?

8:45
Invité

Alors le report de voix très certainement à droite entre Charles Compagnon et Thomas Rousseau. Vous voyez ce sondage qui est sorti, qui montre vraiment une force de gauche très très présente. Donc on attend, alors que l'accord n'avait pas été possible au premier tour, entre Charles Compagnon et Thomas Rousseau, très certainement au second tour. Quant à gauche, Nathalie Appéret, la mère socialiste sortante, a dit très rapidement qu'il n'y aura aucun, mais aucun accord avec la France insoumise. Elle l'a affirmé en tout cas clairement. La question lui sera reposée, Oriane, cet après-midi sur les antennes de Public Sénat et de TVR.

9:25
Présentateur

Et on va vous regarder, grand plaisir Stéphane, c'est à suivre à 18h30 sur l'antenne, vous l'avez dit, de Public Sénat, de TVRN. Merci beaucoup Stéphane, merci et bon débat, je vais vous regarder, ça me rappellera de bons souvenirs. Merci beaucoup Stéphane Beignet d'avoir été avec nous. Allez, on continue avec les unes de la presse régionale. Dans un instant, le débat du club. Nos experts, nos éditorialistes, Françoise de Gouaille, le général Trinquant, seront avec nous pour revenir sur l'allocution d'Emmanuel Macron. Et elle fait la une de nos journaux régionaux, Johan.

9:55
Invité

Oui, Emmanuel Macron qui continue de muscler son jeu diplomatique. Après une hausse de l'arsenal nucléaire français lundi, le chef de l'État a annoncé hier soir le déploiement de moyens militaires supplémentaires au Moyen-Orient. Pour le journal Charente Libre, la France est sur ses gardes face à l'escalade. Et pour Libération Champagne, elle renforce sa présence militaire dans la région. Emmanuel Macron qui a notamment expliqué que le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte allaient être envoyés au Moyen-Orient pour protéger les alliés de la France. C'est ce qu'a retenu le Dauphiné pour qui Macron envoie la flotte française. Même son cloche pour l'Est éclair.

La France veut sécuriser les voies maritimes. Le journal cite en particulier le détroit d'Ormouz où transitent 20% du pétrole et du gaz dans le monde. Le risque de flamber des prix est bien réel. En tout cas, cet envoi de renfort militaire suscite l'inquiétude de la Marseillaise. Avec cette une, elle va venir la France face à l'engrenage guerrier.

10:54
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Johan. Et on en parle tout de suite dans le club. Mais d'abord, on va regarder les principaux extraits de l'allocution d'Emmanuel Macron, résumé par Gaspar Gunel.

11:06
Invité

Changement de cap pour le Charles de Gaulle. Direction la Méditerranée. Lors de son allocution hier soir, Emmanuel Macron a rendossé son costume de chef des armées face à une situation dans le Golfe qu'il juge de plus en plus instable. J'ai donné ordre que le porte-avions Charles de Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégate, fassent route vers la Méditerranée. Envoi d'avions rafales et activation de systèmes de défense anti-aérienne, l'objectif est donné. Renforcer notre présence au Moyen-Orient, alors que deux bases militaires françaises ont été touchées par des attaques iraniennes ces derniers jours.

Le président en a également profité pour clarifier son positionnement sur les bombardements israélo-américains. Les Etats-Unis d'Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires. Elles ont été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver. Il reste que l'histoire ne pleure jamais, les bourreaux de leur peuple, et aucun ne sera regretté. Mais l'Élysée garde un œil sur le risque d'escalade, notamment au Liban. Après avoir été frappé par le Hezbollah, Israël a répliqué et a accentué les bombardements sur Beyrouth depuis plusieurs jours. Israël serait en train de décider une opération terrestre.

Ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique. Le Hezbollah doit impérativement cesser toute frappe. Et j'appelle Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité. – Autre inquiétude d'Emmanuel Macron, les ressortissants français présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit. Le premier vol pour évacuer les citoyens les plus vulnérables est arrivé dans la nuit à Paris.

12:54
Présentateur

– Et on va revenir sur cette allocution sur la situation au Moyen-Orient. Avec vous, Françoise de Gouard, bonjour. – Bonjour, mon chère Orgiane. – Merci beaucoup d'être là, éditorialiste politique. – Avec plaisir. – Et bonjour, Général Dominique Trincon. – Bonjour. – Merci également d'être avec nous. Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. Général, l'annonce d'hier soir, c'était Emmanuel Macron qui a dit qu'il avait donné l'ordre au Charles de Gaulle de rejoindre la Méditerranée. Est-ce que vous en savez plus ?

13:17
Invité

– Alors, en fait, le déploiement se fait en deux temps. Dans un premier temps, il y a une frégate Languedoc qui est allée au large de Chypre, et ça c'est immédiatement, avec des rafales qui ont été envoyées vers les Émirats arabes unis pour doubler la capacité de défense anti-aérienne et des armements anti-aériens qui n'ont pas été précisés. Le groupe aéronaval était en manœuvre du côté des pays scandinaves et donc a reçu l'ordre de rejoindre une zone d'opération. On parle de l'exercice à l'opération. Et il pourrait être là dans moins d'une semaine, dans la Méditerranée, pour assurer la défense sud de l'Europe.

Je rappelle que Chypre fait partie de l'Union européenne et que Chypre a reçu déjà un drone. Et donc il s'agit de montrer la solidarité que nous avons avec un pays avec lequel nous avons un accord.

14:07
Présentateur

Une frégate, vous l'avez rappelé, envoyée sur place, le Charles de Gaulle qui fait route vers la Méditerranée, des rafales également, c'est ce qu'a précisé hier le chef de l'État. Est-ce qu'on peut dire que militairement, la France est engagée dans ce conflit de facto ?

14:18
Invité

Alors, de façon défensive, il faut bien préciser que dans cette opération, il y a les attaques sur l'Iran qui sont menées par Israël et par les États-Unis. Pour la France, il s'agit de défendre ses alliés. Nous avons des accords avec le Qatar, le Koweït, l'Arabie Saoudite et une base en Jordanie. Donc on remplit notre rôle. On ne signe pas des traités pour se faire plaisir. Donc on participe à la défense de ces pays et de nos bases, puisqu'on a une base à Abu Dhabi et une autre en Jordanie. On participe à ces bases-là. Donc ça, c'est autour du Golfe.

Et puis les Européens, je parlais de Chypre tout à l'heure, c'est important parce qu'on voit que, soit par le Hezbollah, parce que ce n'est pas très clair le drone qui est arrivé à Chypre, soit par le Hezbollah, donc au Liban, soit par l'Iran directement, un pays européen a été touché. Françoise ? Oui, moi je suis assez frappé d'ailleurs de la réussite et de la concordance et de l'unanimité ce matin de l'intervention d'Emmanuel Macron. Alors c'est vrai qu'il nous a habitués, Emmanuel Macron, sur le plan international, en réalité à être de plus en plus saillants au fil des années. Je pense à l'Ukraine, je pense également au combat contre Donald Trump sur le Groenland.

Mais hier, je l'ai trouvé particulièrement sobre, pédagogique et avec des buts très, comment dirais-je, très concrets. Ce qui est difficile dans ce genre de situation, c'est quels sont les buts de guerre. Et on va bientôt voir, à mon avis, que les buts de guerre Israël et Américains vont diverger. On sait très bien que les Israéliens, le plus important pour eux, c'est la balistique, parce que c'est une question de survie existentielle. Pour les Américains, c'est probablement autre chose, le nucléaire, mais autre chose. Donc nous, j'ai trouvé Emmanuel Macron extrêmement clair sur les objectifs.

C'est-à-dire qu'envoyer le Charles de Gaulle, je parle sous contrôle de Dominique Trinquant, du général, mais envoyer le Charles de Gaulle n'est pas qu'un symbole. C'est-à-dire que vous envoyez, vous montrez la puissance, la puissance de la France. Et j'ai noté la différence d'ailleurs entre le Emmanuel Macron de samedi soir, un peu dépité, un peu amer, qui dit on n'a pas été prévenu, et le Emmanuel Macron d'hier, où d'un seul coup, la France montre sa puissance en étant partie prenante avec des objectifs clairs.

La défense de nos compatriotes, je crois qu'il y a 800 000, 400 000 Français qui vivent dans la région, le respect des traités que l'on signe, la défense économique, très importante avec le détroit d'Hormuz, où je crois qu'il y a 3 000 bateaux qui sont bloqués, et évidemment 20% du trafic mondial. Donc je l'ai trouvé extrêmement clair, mais avec l'idée que, l'idée précise que le droit international a été bafoué, ça ne peut pas continuer, mais l'Iran est responsable de la situation, donc sur un fil en équilibre, et surtout la puissance dans ce moment.

C'est une puissance pacifique, défensive, mais vous avez bien noté ce qu'a dit le chef de l'État, et le général Trinquant l'a noté aussi, si évidemment le Charles de Gaulle était attaqué, il y aurait bien sûr une riposte française.

17:14
Présentateur

– Allez-y général Trinquant, juste quels sont nos moyens sur place, et quels sont les moyens dont dispose la France ?

17:22
Invité

– Non, alors à partir de ça, je continue sur ce qui vient d'être dit, le discours du chef de l'État hier résulte de plusieurs réunions de défense. – Bien sûr. – Dans lesquelles, en fait, on dit quels sont nos moyens sur place, que pouvons-nous faire, qu'avons-nous comme moyens ? Et donc c'est l'articulation de tout ça qui se fait, et on le voit dans ces réunions, après, chaque fois le chef de l'État est intervenu en introduction, pas en conclusion. Et là, l'intervention d'hier, en fait, c'est la conclusion. – C'est la conclusion des réunions. – C'est ça.

– Et donc, sur place, on a une base importante qui est à Abu Dhabi, il faut souligner que ça a été une nouveauté, cette base, à l'époque du président Sarkozy, autant que je me souvienne, puisqu'avant, on avait des bases en Afrique, mais pas au Moyen-Orient. Donc cette base-là, elle est interarmée. On a un bataillon interarmé, le 5e régiment de Curacier, on bénéficie du port émirien, ça, c'est pas une base française, mais on en bénéficie, et des avions également. Donc ça, c'est important. Il faut souligner qu'en plus de ça, nous avons une frégate qui est déjà dans le Golfe, qui était prévue avant. Ensuite, on n'a pas très loin Djibouti, où il y a une base française.

Et le président en parlait, vous avez deux détroits, Hormuz et Babel Mandel. Sur Babel Mandel, il y a une opération européenne dans laquelle il y a un bateau français. Et là, l'Union européenne est en train de vouloir renforcer par un bateau grec et un bateau italien, cette protection dans le détroit de Babel Mandel qui mène à Suez. La clé, bien sûr, c'est Hormuz, puisque là, les Iraniens qui font beaucoup de com' disent qu'on contrôle tout, pas très sûr, il faudra vérifier. Mais là, c'est le cœur du sujet américain. Donc le président parle d'une coalition possible sur ce sujet-là.

Mais là, j'avoue qu'on est un petit peu dans la main du central commun d'Américains, parce qu'ils ont tellement de moyens, et ils contrôlent tellement ça, qu'on va leur dire, écoutez, si vous voulez, ça avait déjà été fait à partir d'Abu Dhabi, il y a déjà deux ans. Et donc là, on va dire, écoutez, si vous avez besoin de moyens, on a des moyens, comment est-ce qu'on peut contribuer ?

Parce que ce détroit, l'Hormuz, ça ne concerne pas que les Européens, les Américains, pardon, ça concerne beaucoup les Européens, les Chinois, très intéressés, qui ont un bateau espion dans la région, qui disent rien, qui observent beaucoup, et qui, eux, sont en contact directement avec les Pazarans, qui laissent passer les bateaux chinois.

19:48
Présentateur

Et ça concerne aussi l'Iran, qui exporte via ce détroit. Est-ce qu'ils vont pouvoir continuer à le bloquer sans se saboter eux-mêmes ?

19:54
Invité

Oui, je disais, ils font passer les bateaux chinois. Parce qu'il faut rappeler que l'Iran, ils se font embargo. Donc qui est-ce qui achète le pétrole iranien ? Les Chinois. Non, je suis là. Après, vous savez, ça sur le papier, ça paraît assez lissé. On a quand même un point noir, nous, dans notre histoire, et dans notre amitié, et nos liens éternels, c'est vraiment le Liban. Et moi, ce que j'ai apprécié hier dans l'intervention d'Emmanuel Macron, je le dis, et pourtant, ce n'est pas mon candidat, jamais de la vie, mais j'ai vraiment apprécié la mise en garde à Israël, parce que moi, je comprends tout à fait la question existentielle d'Israël sur la balistique.

Je comprends tout à fait, vraiment, profondément, la question d'Israël sur le Hezbollah, le Hezbollah qui continue depuis le sud-Liban à bombarder l'État d'Israël. Mais la réalité, c'est qu'on ne peut pas utiliser un moment de chaos, si vous voulez, pour essayer de faire le ménage de façon excessive. Et là, ce qui se passe au Liban ne peut pas laisser indifférent la France. Et Emmanuel Macron, il y avait une posture qui n'était pas belliciste, mais il avait une posture extrêmement ferme, je l'ai trouvée moi, sur Israël, en disant, attention à l'offensive armée, attention de ne pas aller trop loin, avec notamment l'offensive armée.

21:07
Présentateur

Et Général, je vous redonne la parole, mais on va juste voir ce qui s'est passé ces dernières heures avec des frappes en Iran, des frappes au Liban. C'est résumé par Fadal Ivelas.

21:17
Locuteur 1

Une nouvelle série de frappes a touché le Liban. L'armée israélienne visait le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, portant désormais le bilan humain à une cinquantaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Des attaques qui poussent les Libanais à fuir leur domicile.

21:33
Locuteur 2

Le nombre de personnes déplacées enregistrées dans les abris est de 58 064 représentant 12 539 familles.

21:41
Locuteur 1

Israël justifie ces attaques en affirmant vouloir cibler un commandant iranien en charge du Liban.

21:46
Locuteur 6

Aujourd'hui, des avions de chasse sont attaqués d'Aoud al-Izadeh, responsable de la force Khodz et commandant de leur force libanaise.

21:54
Locuteur 1

En riposte, l'Iran attaquait par drone le consulat des Etats-Unis à Dubaï. Dans la soirée, le président américain a une nouvelle fois défendu son intervention en Iran et s'est félicité du soutien allemand en recevant à la Maison-Blanche le chancelier Friedrich Merz.

22:08
Invité

Il est évident que cela nuit à nos économies. C'est vrai pour les prix du pétrole et c'est vrai aussi pour les prix du gaz. C'est pourquoi nous espérons tous que cette guerre prendra fin dès que possible et nous espérons que les armées israéliennes et américaines font ce qu'il faut pour y mettre un terme.

22:23
Locuteur 1

En quatre jours de guerre, les Etats-Unis ont frappé plus de 2 000 cibles en Iran.

22:29
Présentateur

Quand on voit, on est loin de la désescalade à laquelle appelle Emmanuel Macron qui appelle également à des négociations diplomatiques. Est-ce qu'elles peuvent avoir lieu rapidement dans ce contexte ?

22:39
Invité

Vous permettrez de revenir sur l'affaire du Liban où j'ai commandé un bataillon et que je connais bien et le gouvernement libanais a été très clair. Maintenant, il veut le désarmement pendant longtemps. Vous savez, l'application de la résolution 1701 de 2006 qui n'avait jamais été appliquée, désarmement du Hezbollah, maintenant il y est. Sauf que les Israéliens ne font absolument pas confiance et ils disent nous on va le faire parce que le gouvernement libanais ne le veut pas.

Et donc je crois que le président, cette amitié franco-libanaise très vieille, 1920, est importante et donc il joue en disant aux Israéliens n'allez pas trop loin, ce n'est pas votre rôle il y a une résolution elle doit être appliquée le gouvernement libanais doit faire ce qu'il a à faire. Ça c'est le premier point. Sur les négociations c'est compliqué après parce que si vous voulez il y a eu des négociations pendant des semaines entre l'Iran et les Etats-Unis. Bon, peut-être que les négociateurs américains Wilcoff et Kushner n'étaient pas les bons parce qu'ils n'y connaissaient rien sur le nucléaire.

Les Iraniens ça fait 30 ans qu'ils négociaient là-dessus donc ils connaissaient bien le sujet. Mais ça n'a pas bougé d'un idiota. Et je crois qu'on oublie quand même le mythe du martyr en Iran. Si vous voulez le gouvernement des Mollah il dit ben frappez-nous c'est pas grave on va monter au ciel et puis il y en aura d'autres qui prendront. Ils se sont très bien organisés pour la suite. C'est pas un commandement vertical c'est un commandement en mosaïque. D'ailleurs vous l'avez vu les premières frappes tout de suite après le début de l'opération ça s'est déclenché partout de façon décentralisée.

Et là ils sont en train de prévoir le remplaçant du guide suprême mais il y a déjà un remplaçant du remplaçant et un remplaçant du remplaçant. Et donc les Américains disent attention le candidat va être une cible pour décourager mais eux disent ben nous on continue. Il faut qu'ils montrent que tout va bien du côté du gouvernement iranien même si c'est une catastrophe. Ce qui est intéressant c'est qu'on voit bien alors bon moi je ne suis pas l'esperte militaire mais on voit bien la stratégie du carpet bombing

24:45
Présentateur

Vous connaissez bien la région.

24:46
Invité

Oui très très bien. On voit bien la stratégie du carpet bombing qui consiste en réalité on pylône on pylône on pylône on cible les dignitaires on essaie d'en neutraliser parce que c'est le joli mot qui est employé pour dire de les tuer on essaie d'en neutraliser le maximum en réalité pour casser finalement toute la structure politique théocratique et militaire et que l'Iran mette un genou à terre.

Le problème étant que nous parlons de l'Iran et le problème c'est que l'Iran n'est pas l'Iran est un peuple d'abord qui a une soif totale de sa souveraineté et que même si les Iraniens haïssent le régime des Mollahs et le régime des Mollahs détestent ce régime en réalité ne sont pas plus d'accord pour qu'il y ait une ingérence extérieure en tout cas pas dans l'ensemble ce qui est en train d'arriver c'est qu'on risque à mon avis un déclenchement même à l'intérieur de guerres civiles et là où je pense qu'il y a une faute qui est commise c'est-à-dire hier par exemple comm on ne parle pas assez de comm comm pour le chiisme c'est l'équivalent est-ce que je peux le dire du Vatican on va dire peut-être pour le catégorie c'est vrai que tous les dignitaires se sont réunis hier à comm pour désigner le nouveau guide suprême et pendant le dépouillement c'est leur conclave à eux d'une certaine manière finalement l'immeuble a été bombardé il y a quelque chose là dans la symbolique vous savez on a tendance toujours à expliquer que les sunnites se détestent avec les chiites mais c'est bien plus complexe que ça je pense que pour rejoindre ce que disait Dominique Trinquant ce qui s'est passé hier à Com par exemple est de nature à enflammer en fait aussi tout l'imaginaire arabo-musulman et de nature à générer une forme de solidarité même si pendant des années les sunnites et les chiites se sont fait la guerre donc c'est très subtil c'est-à-dire que la stratégie du gros sabot du pilonnage etc.

finalement déclenche des choses qui nous échappent complètement avec notre esprit occidental c'est ce que je veux dire moi je suis je ne vais pas pleurer pour Ramene je suis tout à fait ravi que Ramene soit neutralisé mais on a trop vu le tyran neutralisé au bout de 24 heures ça m'a fait penser au statut de Saddam Hussein qui sont désingués en 2003 dans les premiers jours de l'intervention en Irak et la suite qui est en cauchemar écoutez je pense je pense que le gouvernement des Molas a commis une grave erreur en tapant indifféremment sur tous les pays du Golfe vous vous souvenez que les pays du Golfe vous ne pensez pas que c'est volontaire alors général moi j'ai envie d'avoir votre avis vous ne pensez pas que c'est au contraire volontaire pour faire monter mais c'est une erreur stratégique parce que avant ces gouvernements essayaient de limiter les opérations demandaient aux américains de ne pas intervenir clairement d'ailleurs ça a été décalé à cause de ça et en frappant sur tous les états du Golfe ils ont obtenu l'effet inverse c'est à dire le conseil de coopération du Golfe s'est réuni et maintenant c'est l'Iran qui est fautif et ils sont tous contre l'Iran alors qu'il y avait des accords même entre l'Arabie saoudite et l'Iran aujourd'hui ils accusent tous l'Iran et donc je crois que c'est un effet boomerang de cette opération parce qu'il pensait que vous ne vouliez pas l'opération parce que vous aviez peur du cataclysme le cataclysme est là au lieu de dire les américains arrêtés tous les pays du Golfe disent les iraniens arrêtés et donc je crois qu'il y a un effet boomerang important et au fur et à mesure avec les mesures y compris les mesures françaises pour défendre Abu Dhabi le Qatar etc il se rend compte qu'en fait ils sont du bon côté et que les iraniens qui décident de frapper inconsidérément partout et bien sont du mauvais côté

28:22
Présentateur

ils sont isolés aujourd'hui

28:22
Invité

moi je pense que les iraniens sont très isolés d'abord parce que les pays du Golfe viennent d'en parler la Russie n'en peut mais au passage on n'en parle plus du tout mais il y a des offensives ukrainiennes en ce moment je le rappelle au passage les seuls qui regardent ça c'est la Chine et la Chine ils sont en train de se dire deux choses un le stock américain où en est-il est-ce qu'il sera capable pour une deuxième opération le Pentagone avait prévenu le président américain avait dit attention si on mène une grosse opération là on va avoir des limites pour une autre opération ailleurs donc les chinois regardent ça ensuite ils ont un bateau espion dans la région qui écoute tout qui regarde tout et qui analyse intelligence artificielle tous les systèmes américains moi j'ai été frappé du fait que dès le début de l'opération des images de satellites chinois ont été publiées montrant les bases américaines et ça c'est du ciblage pour les Iraniens donc les Iraniens ils ont deux intérêts en Iran le pétrole je le disais l'embargo ils achètent le pétrole et la route de la soie a un hub très important en Iran qui permet de contrôler le détroit d'Hormuz donc eux ils ont un intérêt là-dedans ils ne veulent pas trop apparaître mais sous le boisseau à mon avis ils sont en train de regarder et de tirer un certain nombre de leçons pour l'avenir les chinois puissance d'équilibre vous savez ça c'est la grande tradition diplomatique de la Chine vraiment l'empire du milieu on n'est jamais dans l'excès de la surexcitation j'entends tout ce que vous dites ça me paraît tout à fait connaissant l'intelligence quand même des Iraniens et leur intelligence stratégique c'est-à-dire que c'est pas les perdre enfin je veux dire les Iraniens ont une grande comment dirais-je expérience en réalité de la stratégie je ne vais pas expliquer qu'ils ont inventé le jeu d'échec mais quand même je vais le dire et donc ça me paraît tellement grossier qu'ils aient pu commettre une faute comme ça en tapant sur leurs voisins que je ne peux pas imaginer qu'il n'y a pas alors c'est possible moi je pense qu'on n'est pas à l'abri de cela moi mon idée j'entends quelques experts qui disent en réalité ils font cela pour se donner des leviers pour dire regardez on continue à taper parce qu'on a le stock d'armes suffisant pour la négociation à venir vous pensez que c'est ça je pense qu'ils ont commis une erreur stratégique là-dedans et le martyr c'est pas grave on va mettre le le binz j'allais dire dans la région avec l'espoir peut-être que les pays du Golfe reviendraient sur leur première option pas de guerre dans la région bah pas de chance ils ont fait le choix inverse

30:54
Présentateur

merci beaucoup merci pour votre éclairage général trinquant françois de bois merci d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme public sénat merci à tous

31:13
Locuteur

merci à tous