Agnès Canayer : « Le dossier calédonien subit l’inconstance politique de la métropole »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va revenir avec vous dans quelques instants sur ce qui s'est passé hier au Sénat sur la Nouvelle-Calédonie et on va en parler évidemment ensemble. Agnè Canailler, vous êtes sénatrice à l'air de scène maritime, vous êtes la rapporteur de ce texte sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Il a été voté hier au Sénat.
On va regarder les temps forts de la séance et en parler longuement dans quelques instants. Mais d'abord, on regarde les unes de la presse régionale. On a sélectionné trois titres.
D'abord, la une du progrès, les groupuscules violents dans le viseur de l'exécutif. 10 jours après le décès de Quentin de Ran, la mécanique des procédures de dissolution des groupuscules déjà pratiqués par dans le passé par Gérald Armanin et Laurent Nunise redevient donc d'actualité est-ce vraiment la solution s'interroge le progrès ? Deuxème une, c'est celle du Corrier de l'Ouest et les inondations toujours l'obsme et les dangers guettent ouvrage d'art sous surveillance menace de tron d'arbres flottants.
La décrue ne signifie pas la fin des soucis. Et puis la dernière une c'est celle de la dépêche. On en parlait dans le journal.
Trump va-t-il frapper l'Iran avant une 3è round de négociation à Genève ? La tension monte entre États-Unis et Iran. Les prochains jours seront déterminants pour éviter une escalade régionale.
De quelle avez-vous envie de nous parler ? Ben écoutez, plutôt des groupuscules violents effectivement dans dans le viseur de l'exécutif parce que c'est un enjeu notamment dans le casre de cette campagne municipale. C'est vrai qu'il ne faut pas tronquer le débat et que la violence n'a pas dieu d'être.
Je pense que le vrai débat c'est le débat des projets, c'est le débat des idées. D'autant plus que nous sommes dans des enjeux municipaux, donc des enjeux de proximité auxquels les Français sont particulièrement attachés. Et la violence, elle ne fait que cliver des positions, elle ne fait que réduire le débat démocratique et tuer le principe même de l'élection.
Emmanuel Macron lors de cette réunion hier à l'Élysée, il a exprimé son inquiétude sur des violences lors de la campagne des municipales. Est-ce que vous le redoutez aussi ? Écoutez euh peut-être moi j'ai le souvenir d'une campagne municipale au Havre en 2020 quand Édouard Philippe était premier ministre et qu'il avait engagé le 493 sur la réforme des retraites où c'était extrêmement violent et c'est vrai que quand on fait campagne dans ces conditions-là, on n' pas toute la l'attitude d'aller expliquer ces idées et c'est et c'est dommage.
C'est vrai que on voit aujourd'hui que les extrêmes qui sont très présents dans le débat démocratique utilisent parfois plus le recours à des formes de violence que à la présentation et du débat et au débat vraiment aux échanges d'idées. Mais vous vous êtes en campagne sur le terrain, vous vous ressentez ce climat ? qui s'est tendu ces derniers jours.
Écoutez, moi je ne ressens pas jusqu'à chez moi. Enfin franchement quand je suis dans les rues du Havre, je n'ai pas cette tension, cette violence. Au contraire, je pense que on a plutôt des des des électeurs qui sont ouverts, attentifs aux idées, pas forcément d'accord, mais qui échangent verbalement et on n'en vient pas effectivement à la à la violence gestuelle.
Il y a une question qui a été relancée dans le débat de ces derniers jours, notamment par le LR, c'est la question de la position du positionnement de la France insoumise. Est-ce qu'il faut un cordon sanitaire autour de LFI comme le demande la République ? Oui, je pense que très clairement euh la France a soumise à à montré que euh ils avaient euh parfois euh des propos, qu'ils avaient euh euh des bottes de fonctionnement euh qui euh sont pas euh compatibles avec euh des partis euh qui sont dit euh républicains.
Donc je pense que dans ce cas-là, il toutes ces alliances qui sont contre nature ne sont pas aujourd'hui nécessaires et que je pense que une partie notamment de la gauche grandirait à prendre ses distances avec les partis LFI. Elle le fait pas assez le PS il est pas assez clair selon vous ? Non.
Alors, j'entends aujourd'hui des positions qui émergent. Euh néanmoins euh maintenant j'attends les faits. Euh Aurore Berger euh la ministre, elle elle va plus loin, elle appelle le le RN a retiré euh ses candidat pour empêcher la victoire d'un candidat de la France insoumise.
Vous allez jusque là ? Écoutez euh je ne sais pas, c'est toujours pareil, c'est que euh il y a beaucoup de situations qui restent des situations locales, hein. Les les les notamment la campagne municipale, je le redis, c'est une campagne de proximité.
C'est une campagne où souvent même des candidats ont pas forcément d'étiquettes politiques affiché parce que ce qui prime c'est quel est le projet pour notre commune, pour notre territoire. Retirer des candidats RN, je pense que chacun doit prendre ses responsabilités et c'est pas à nous donner. Mais est-ce que là on n'est pas dans un basculement parce que jusqu'à il y a peu, il y avait un front républicain contre le RN.
Là, on a des personnes du bloc central qui disent ils font un front républicain avec le RN contre LFI. Pour moi, dans je pense que il y a des lignes rouges des deux côtés, ni RN ni LFI. Et je pense que le bloc central se grandirait à ne défendre que ses idées euh en ayant pas des alliances justement électorales.
C'est ce qu'on a reproché notamment au Nouveau Front populaire, c'est d'être une alliance purement électoraliste et pas du tout de projet parce que il y a vraiment un gap énorme entre ce que défend un centre gauche ou un centre droit et les projets que défendent des extrêmes gauches et des extrêmes droites. qui à un moment donné les électeurs ne comprennent pas et les électeurs nous le reprochent sur le coup d'après. Donc je pense que c'est des calculs court termistes qui ne grandissent pas la politique que de faire des alliances avec des extrêmes.
Quel avenir institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie ? Le Sénat a voté hier un texte sur le sujet, vous en étiez la rapporteur et Sébastien Lecornu. Le premier ministre était présent dans l'hémicycle.
C'est l'objet de votre éclairage Guillette. On va revenir évidemment sur cette séance, mais d'abord pour bien comprendre quel est le contexte de ce texte. Alors, pour expliquer la raison d'être de ce texte, il faut remonter presque 2 ans en arrière.
En mai 2024, un projet de loi constitutionnelle vise alors à élargir le droit de vote pour les élections provinciales aux résidents français vivant dans l'archipel depuis au moins 10 ans. Alors que depuis 2007, seules les personnes résidents en Nouvelle-Calédonie avant le 8 novembre 1998 datent de l'accord de Numéa et leurs descendants pouvaient voter à ces dernières. Ce nouveau projet de loi est donc perçu comme une menace pour beaucoup de CANC et d'indépendantistes qui craignent un nouveau rapport de force en mai 2024.
L'examen puis l'adoption du texte à l'Assemblée nationale déclenche de violentes émeutes qui font 14 morts, plus de 2 milliards d'euros de dégâts et plonge l'archipel dans une crise profonde politique, sociale et économique. En juin, Emmanuel Macron annonce la suspension de la réforme, mais la crise perdure. Alors, face au risque d'enlisement.
Un an plus tard, Paris réunit les différents responsables politiques caléoniens pour de nouvelles discussions et le 12 juillet, un accord est signé à Bougival. Il prévoit la création d'un statut d'état de Nouvelle-Calédonie à l'intérieur de la France et celle de la nationalité calédonienne, le DGL partiel du corps électoral, la capacité d'autoorganisation de territoire ainsi que le transfert de certaines compétences comme par exemple celle de la politique étrangère. Car pour Sébastien Lecnu, le statut quo n'est pas tenable.
Écoutez, le statut quo n'est pas une option viable. Il n'est pas un choix politique, mais davantage un renoncement aux idéaux républicains, au progrès social, au développement économique et à la construction renouvelée de la paix sur le territoire. Et pour conclure, je le dis clairement, le passage en force serait une faute.
Il ravivrait les fractures et légitimerait toute solution. Mais je le dis avec la même force et c'est là notre problème. L'immobilisme serait tout aussi dangereux.
Il prolongerait l'incertitude institutionnelle, fragiliserait l'économie et laisserait s'installer le doute sur la parole durable de l'État. Avant de revenir sur le fond du texte, Agnas Canayet, est-ce que c'est bien que Sébastien Lecornu soit venu ? Il a fait le discours d'introduction de la séance, il est resté, il fallait remettre la Nouvelle-Calédonie au niveau de Matignon.
Oui, c'est vrai que c'est un sujet extrêmement sensible, compliqué. C'est l'avenir de la Nouvelle-Calédonie avec des enjeux forts pour la France. C'est un sujet qui a toujours été piloté par Matignon et notamment à l'époque d'Édouard Philippe quand il était premier ministre, cétait extrêmement investi dans ce dossier de la Nouvelle-Calédonie.
Euh depuis euh c'est vrai que les premier ministres successifs avaient plus ou moins euh lâché l'affaire entre guillemets. Euh il est important euh aujourd'hui. Alors il y a eu Manuel Vals, ministre d'État euh qui euh est beaucoup intervenu.
On en reparlera mais c'est vrai que c'était important que le Premier ministre reprenne la main euh sur ce dossier en lien avec la ministre de l'outre mer. Patrick Caner, il a pointé hier, c'est le président du groupe socialiste. Il a pointé hier un manque de méthode de continuité de l'État dans le dossier caléonien.
Quand dites-vous ? Non, je pense que alors c'est pas propre dossier calédonien. Euh le dossier calédonien a subi euh les conséquences politiques de la métropole.
Aujourd'hui, on a des stop and go permanents, des changements euh gouvernementaux et c'est vrai que la constance dans l'action euh publique, elle est euh compliquée et malheureusement euh cela a collé au timing de l'évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Bien, ça n'aide pas à trouver une solution apaisée. On va parler du fond du texte Guillette, mais d'abord une petite question à Anes Canailler.
Ce texte est le seul chemin vers la stabilité. C'est ce que dit Sébastien Lecnu, vous partagez. Oui, parce que il faut remonter.
Alors certes, il y a eu les émeutes de mai 2024 qui ont été sanglantes, qui ont largement fracturé, déstabilisé et approuvri la Nouvelle Calédonie. On y reviendra. Mais euh il faut remonter un peu plus en amont, c'est-à-dire que euh c'est le cycle des trois référendums qui a été prévu par l'accord de Numéa, trois référendum euh de sortie euh de l' de de la dépendance de la Nouvelle-Calédonie à la France et à chaque fois les néocalédoniens ont dit non par trois fois.
Donc il fallait trouver un nouveau statut pour la Nouvelle-Calédonie. Il fallait travailler à une issue puisque les accords de NMA ne produisaient plus leurs effets. Et donc c'est ça qui est en jeu.
C'est ça qu' a essayé de auquel on a essayé de répondre l'accord de Bougival complété éclairé par l'accord de Élysée Oudino de janvier dernier et que nous tentons de transposer dans la Constitution dans le parallélisme avec ce qui s'est passé sur l'accord de Numéa pour tenter de trouver une solution. Alors justement on va en parler mais Guillemette que contient précisément ce texte ? Et bien ce projet de loi constitutionnel vise à traduire justement dans la Constitution les mesures de l'accord de Bougival et affirmer la continuité avec celui de Numea.
Alors il prévoit notamment l'organisation avant le 26 juillet prochain d'un scrutin en Nouvelle-Calédonie sur l'accord de Bougival et l'accord complémentaire Élysée Audino du 19 janvier dernier. Il vise aussi à créer l'état de la Nouvelle-Calédonie à l'intérieur de l'État français. donc une organisation institutionnelle unique en son genre dite S généris et il réaccrit entièrement le titre 13 de la constitution qui porte donc sur la Nouvelle-Calédonie avec notamment la création d'une nationalité calédonienne indissociable de la nationalité française.
Par ailleurs, les modalités de transfert de certaines compétences sont renvoyées à une loi organique ultérieure qui devrait être présentée au 1er semestre 2026. Écoutez Naïa Moutchu, la ministre des outresem. Bougival encadre ensuite la question des compétences.
Les compétences de défense, de sécurité, de justice et de monnaie demeurent exercé par l'État. L'accord ouvre en revanche la possibilité d'un mécanisme de transfert progressif fondé sur une majorité qualifiée du Congrès et sur la l'approbation par consultation des Calédoniens. Agnè Canailler, c'est difficile de se prononcer sur un texte qui renvoie à une fure à une future loi organique concernant les transferts de compétences.
Oui. Alors, c'est vrai que l'exercice de de constitutionnalisation est compliqué parce que je l'ai dit, on est dans un calendrier extrêmement contraint avec les sous-brut politiques de la métropole. Et dans ce calendrier extrêmement contraint, euh on est obligé de travailler en temps masqué et quasiment à l'aveugle parce que dans le texte constitutionnel, il y a le cadre des accords qui ont été euh euh obtenus de manière imparfaite, je le rappelle quand même à Bogival puisque si au moment de la signature le 12 juillet l'ensemble des des six partenaires étaient autour de la table, quelques semaines plus tard tard, le FLNKS a retiré sa signature et n'est toujours pas revenu à la table des négociations.
Donc c'est un consensus imparfait. Il faut l'acter, il faut le prendre comme tel et considérer que c'est pour ça que ce n'est pas une fin en soi, qu'il faut continuer à travailler, à négocier pour essayer de raccorder, retrouver les discussions avec le FLNKS, les indépendantistes qui sont une partie prenante forte en Nouvelle-Calédonie. C'est vrai que c'est compliqué parce que on a le cadre et que la déclinaison concrète va être dans le projet de loi organique.
Mais le projet de loi organique, c'est plus de 300 articles et il sera adopté en octobre notamment si on respecte le calendrier annoncé par le gouvernement. ce qui demande tout un travail de de préparation, de coconstruction avec les Calédoniens, toujours dans cette recherche de dialogue avec l'ensemble des parties prenantes. Nous, on nous avons demandé à ce que les parlementaires soient aussi associés en amont, pas découvrir le texte le jour du vote ou au dernier moment parce que ça demande une analyse fine pour faire en sorte que tout cela fonctionne conformément aux engagements qui ont été pris sur l'accord de Bougival et aux accords successifs.
Et justement, alors selon vous, quelles sont les compétences régaliennes qui pourraient à terme être transféré ? Alors, d'abord le transfert euh euh de compétences régaliennes, euh ce qu'il faut bien comprendre, c'est pour sortir de la logique binaire euh des euh référendums d'autodétermination qui montré euh l'impasse et qu'on pas résolu permett permis pardon de résoudre cette situation en Nouvelle-Calédonie. Donc au lieu d'être dans une euh position binaire pour ou contre, maintenant c'est progressif et consensuel et je pense que c'est la bonne méthode.
Donc il y a quatre compétences régaliennes : la sécurité, la monnaie, la justice et elles seront transférées euh à la demande de l'État de Nouvelle-Calédonie de manière progressive avec une méthode qui sera précisée justement dans le projet de loi organique. Et par ailleurs, via un amendement, le projet de loi reporte aussi la tenue des prochaines élections provinciales au 20 décembre, prochain ou plus tard Gillet. Oui.
Alors, il s'agit du 4e report de ces élections, mais cette mesure a été très critiquée par euh l'opposition qui soulligne que cela augmentera de 20 % la durée des mandats des élus actuels. Écoutez la sénatrice socialiste de la scène Saint-Di, Corine Narassigin. Parmi les points problématiques, le 1er est le 4e report des élections provinciales jusqu'au 31 décembre 2026.
D'abord, cela est contraire à une décision du Conseil constitutionnel de septembre 2025 qui considérait que toute pration au-delà de 28 juin 2026 serait contraire à la Constitution. Ensuite, cela pose une véritable question de légitimité démocratique pour des élus en place depuis 2019 et sans cesse prolongé dans leur mandat. Agnè Canadi, est-ce que vous comprenez ces critiques ces ces craintes que ces élections soient une nouvelle fois reporté notamment peut-être à cause de l'élection présidentielle de 2027 ?
Non, effectivement, alors reporter des élections, c'est pas une idée auquelle on adhère naturellement. Ça pose évidemment des questions de légitimité démocratique. Ça pose des questions de la force de la parole publique portée par les élus qui ont des mandats qui sont prolongés sans avoir été relégitimité relégitimé pardon par les électeurs.
Donc c'est certain mais dans la situation actuelle il n'y a pas d'autres solution. C'est la conséquence du calendrier parce que dans les accords donnant donnant l'accord de Bougival, il est pas parfait. Ce sont des concessions des indépendantistes et des non indépendantistes.
C'est l'état de la Nouvelle-Calédonie dans l'État français, c'est la nationalité calédonienne. Mais la contrepartie, c'est le dégel du corps électoral. Aujourd'hui, il y a il y a près de de 20000 citoyens de Nouvelle-Calédonie qui ne peuvent pas voter.
Euh c'est euh aussi le transfert des compétences aux provinces. Donc ça c'est l'équilibre et si on provoque les élections provinciales avant et bien quel corps électoral ? Le corps électoral gelé vous casser les équilibres de Bougival.
Mais est-ce qu'on peut sûr que c'est vraiment le dernier report le le 4e et dernier report ? ça aussi la crainte des oppositions. Oui.
Euh mais je rappelle quand même que là on a été obligé d'inscrire dans la constitution parce que le Conseil constitutionnel sur le 3è reportquel je rapportais avec Corine Narcigin à l'époque nous avit dit c'est le dernier parce que vous tordez notamment les règles constitutionnelles. Oui effectivement là c'est inscrit dans la constitution donc on va pas remodifier encore la constitution. Donc on voit bien que techniquement on pourra pas reporter au-delà de ce 4e report donc fin 2026 et on va aller à Numéa en Nouvelle-Calédonie justement on retrouve Nicolas Vignol.
Bonjour Nicolas, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes journaliste à la voix du caillou. Nicolas, quel est l'état d'esprit des habitants des Calédoniens après le vote du texte au Sénat hier ?
Bah, si vous voulez, dans dans l'opinion, il y a assez peu de de réactions parce que les Calédoniens sont résilients et désabusés. Euh et ensuite, ils savent que le parcours institutionnel, la mise en œuvre institutionnelle de l'accord de Bougival sera particulièrement longue et délicate. Donc, j'ai envie de dire d'une certaine manière, il ils vont voir et ils laissent voir.
Quand je dis qu'ils sont désabusés, c'est-à-dire que il faut quand même se rappeler que comme le leur obligé l'accord de Numéa, ils ont participer à trois référendum à l'issue desquels à trois reprises, ils ont exprimé leurs sentiments, leur volonté et leur conviction que la Nouvelle-Calédonie devait démeurer dans la France et qu'à ce titre, comme le stipulé l'accord de l'oméa, on examinait à l'issue de ses référendum la situation ainsi créée. Et la situation ainsi créée, elle était connue tous. Elle était que les Calédoniens dans leur majorité souhaitaient que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France.
Et bah les Calédoniens, on leur a dit "C'est bien d'avoir donné votre avis mais ça suffit pas." Et donc c'est enclenché une très longue période de 4 ans au cours desquels il y a eu puis il y a plus de discussions, de négociation, de rencontres et cetera jusqu'à Bougival. et Bougival a suscité effectivement un un véritable un véritable espoir.
On a même vu de manière assez éphémère évidemment un début de reprise économique et puis bah tout s'est effondré à à la suite de la décision du FLNKS nouveau de retirer sa signature puis des attermoiements des uns et des autres euh vis-à-vis de Bougival. Donc ils sont des abusés. Néanmoins, et je tenais à saluer votre invité euh dont le rôle en tant que rapporteur a été extrêmement important dans la euh dans l'adoption euh du texte de loi par euh par le Sénat.
Euh c'est une première étape, elle est importante euh mais maintenant on attend la suite. Néanmoins, si je peux me permettre, je vous j'aimerais revenir sur la séance d'hier qui a été importante et au cours de laquelle il s'est dit beaucoup de choses notamment et vous le vous l'avez souligné tout à l'heure de la part du Premier ministre Sébastien Lecnu qui a posé une question fondamentale qui est s'il n'y a plus d'accord de Bougival que reste-t-il ? C'est ça le souci, c'est qu'il y a pas de plan B, il y a pas d'alternative, c'est bougival ou rien.
Et ça, les les Calédoniens sont angoissés à cette idée que Bougival puisse s'effondrer si par bah si l'Assemblée nationale ne vote pas le texte euh et qu'il n'y ait qu'il n'y ait pas de de suite et et la suite ça pourrait être et et et Nicolas je juste justement vous avez vous avez une question Niè Canailler sur ça et sur la suite. Absolument parce que dans dans sa prise de de parole, madame la sénatrice, vous avez appelé vos vos collègues sénateurs à au sens de la responsabilité. Est-ce que vous pensez que vos collègues députés à l'Assemblée nationale auront eux aussi ce sens de la responsabilité vis-à-vis de la Nouvelle Calédier ?
Ça c'est une lourde question [rires] effectivement. Je l'espère. Je l'espère.
C'est pour ça que cette étape, et vous l'avez dit, était une étape importante au Sénat parce qu'elle acte du fait qu'on peut avoir une majorité. Alors, c'est vrai que c'est la la répartition politique au Sénat est pas la même qu'à l'Assemblée nationale, mais qu'il peut y avoir un bloc central élargi, majoritaire qui accompagne la Nouvelle-Calédonie. Parce que nous ce que nous disons c'est que parlementaire français constituant notre rôle c'est d'accompagner les Calédonien dans le choix et c'est le principe de l'accord de Bougival qu'ils font pour l'avenir institutionnel.
D'autant plus, et vous le dites que euh c'est important aussi parce que concrètement aujourd'hui euh la Calédonie souffre euh que les néocalédoniens euh souffrent euh parce que ils ont suite aux émeutes de 2024 perdu beaucoup d'activités économiques et que tous les les personnes que nous avons auditionné, tous les partenaires nous ont dit il y a une urgence sociale aujourd'hui en Nouvelle Codie. Mais il faut redouter de de nouvelles violences encore selon ce qui va se passer au Parlement. les avis sont très partagés.
Je je je l'espère pas. C'est pour ça que je vous rejoins. Il faut que nos collègues députés soient responsable et bien conscience de ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie et bien conscience de l'enjeu que direct et social aussi parce que il n'y aura pas de reprise économique, il n'y aura pas d'apaisement social s'il y a pas de visibilité institutionnelle.
Au moment de l'accord, les responsables disaient maintenant il va falloir aussi convaincre les Calédoniens. Rien n'est fait, rien n'est gagné. Écoutez, je je je sais pas les Calédoniens, il y a quand même, de ce que je comprends localement, un gros travail qui est mené par l'ensemble des partis politiques, l'ensemble des partenaires pour essayer de convaincre.
Alors, le problème, c'est que il y a aussi une fracture. Chacun défend sa position. Euh aujourd'hui euh il faut qu'ils aient euh conscience que tout va pas se régler non plus d'un coup de baguette magique, hein.
Euh nous euh l'objectif c'est de leur donner les moyens d'accompagner parce que en parallèle de cette stabilité institutionnelle et de ce processus que nous euh menons ici au Parlement français, il y a aussi tout un travail économique. Le premier ministre en a parlé hier d'accompagnement de la Nouvelle-Calédonie pour quelle ait les moyens de son autonomie ? parce qu'il suffit pas de distendre les liens avec la France d'un point de vue institutionnel, mais il y a aussi une distention économique.
Aujourd'hui, 17 % du PIB de la Nouvelle-Calédonie, c'est de la subvention publique de la France. Donc, il faut aider la Nouvelle-Calédonie à trouver aussi son autonomie économique. Il y a la filière nickel, mais il y a peut-être d'autres filières à développer, accompagner, je pense, notamment dans le tourisme.
Euh, un en fait une question, c'est peut-être un petit peu novice, mais Nicolas l'a rappelé, il y a eu trois référendums. Trois référendum qui ont dit que les Calédoniens voulaient rester dans la France. Pourquoi on en est encore là ?
Et est-ce qu'on peut vraiment en sortir ? Ça c'est c'est c'est la question euh centrale. Euh c'est pour ça que l'accord de Bougival a suscité autant d'espoir, c'est que l'accord de Bougival, c'est un compromis euh parce qu'il y a quand même deux thèses qui s'opposent et et deux visions pour la Nouvelle-Calédonie qui s'opposent.
Euh Bougival a tenté euh et je pense en faisant des concessions des deux côtés de trouver le point d'équilibre euh malheureusement. Et ça peut avancer alors que les indépendantistes que la FLNKS s'y oppose. C'est c'est la question centrale parce que c'est vrai que l'avenir pérenne de la Nouvelle-Calédonie, c'est toujours fait dans un accord assez global.
Aujourd'hui, seules les élections et seules la consultation de les populations calédoniennes en juillet prochain permettront de savoir si vraiment il y a une adhésion ou pas. Merci Nicolas Vignol, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Journaliste à la voie du caillou.
On regarde votre une bougival contre V et Maré. Merci d'avoir été avec nous depuis Numéa en Nouvelle Calédonie et merci infiniment Canaillet d'avoir été là ce matin. Je le rappelle vous étiez rapporteur de ce texte et on suivra évidemment son parcours à l'Assemblée nationale.
On en reparlera ensemble. Merci d'avoir été notre invité.
Agnès Canayer