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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 30 avril 2026 38 minContradictoireMixte

Sport et innovation technologique : la course à la performance ?

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Invité

C'est pas la chaussure qui fait gagner la course, mais augmenter une performance de 3% quand on est un athlète de très haut niveau sur un marathon, ça fait la différence de 2 minutes qui permet d'inscrire son nom dans la légende de son sport. Est-ce que vous imaginez quand même courir un marathon en 1h59min30s ? C'est une moyenne de 21kmh, moi je ne fais pas ça à vélo et j'ai une batterie. Donc on parle de très très grand sportif, mais quand on se souviendra de ce premier record, peut-être lorsqu'il sera battu d'ailleurs, est-ce qu'on se souviendra du nom du coureur ? Il s'appelle Sébastien Sowé ou est-ce qu'on se souviendra de la marque de la chaussure ?

Est-ce qu'un jour, dans pas longtemps, on ne parlera plus de lutte sportive pour un titre entre 2 hommes, 2 femmes ou 2 nations, mais entre Adidas et Nike ? Les semelles carbone, on rentrera dans les détails de cette technologie si vous le souhaitez, désormais donc améliorée, plus personne ne court sans, en haut niveau, comme chez les amateurs éclairés. On parle des chaussures, mais on parle aussi des shorts, on parle des vélos, 6,8 kg, imaginez-vous ça, des roulements en céramique, des études sur le frottement de la chaîne, on parle de l'étude de l'arrivée d'une balle sur une raquette de ping-pong, on parle de combinaisons pour nageurs qui font tomber des records.

Il n'y a plus de sport sans très haute technologie. Ça ne date pas d'hier, on est d'accord, et je me demande toujours d'ailleurs, et on se posera la question, à combien sauterait Armand Duplantis si on lui donnait la perche de Sergei Boubka ? Mais cette histoire de chaussures de marathon nous a amené à cette réflexion que l'on va partager ensemble.

Est-ce que désormais, les possibilités de l'organisme humain sont atteintes, et la seule chose qui fera bouger les performances, on enlève évidemment toutes les piqûres illégales, c'est la technologie, la biomécanique, la physique, la physiologie, les neurosciences, sans parler de l'IA, qui s'est repéré les failles de défense par exemple, qui s'est anticipé les mouvements de l'adversaire, on a presque l'impression parfois qu'on joue aux échecs. Est-ce que c'est fascinant pour vous aussi, avec votre niveau amateur, peut-être que vous n'avez qu'une envie, c'est d'y goûter, est-ce qu'on a le droit d'appeler ça du dopage technologique ? C'est le téléphone sonne, les amis, soyez les bienvenus.

2:08
Auditeur

Le téléphone sonne, 01 45 24 7000.

2:12
Invité

On va commencer avec Didier justement sur WhatsApp, qui est pile dessus, j'ai lu, nous dit-il, les mots d'un chercheur après le record du marathonien, il disait que dans ce sport notamment, nous avons dépassé la possibilité de l'organisme humain, est-ce que ça veut dire, nous demande Didier, qu'il faut poursuivre l'innovation, ou est-ce qu'au contraire, il faut fixer une limite qui est aussi celle des performances humaines ? Bonsoir David Ross.

2:35
Présentateur

Bonsoir.

2:35
Invité

Vous êtes sénateur, vous êtes auteur d'un rapport qui s'appelle « La science dans la mêlée pour une nation sportive », vous l'avez rédigé dans la foulée des JO 2024. Vincent Doli qui est là également, bonsoir. Bonsoir. Vous travaillez pour le CNRS sur les matériaux, les revêtements, les trajectoires. Votre domaine notamment, c'est la physique, vous allez nous raconter ce que vous faites pour améliorer les performances en tennis de table.

Mais je vais vous poser la question à tous les deux en rapport à ce que vient de dire Didier, est-ce qu'à un moment, on va se dire, on est arrivé au top du corps humain, donc il va falloir aussi stopper la technologie pour que les performances soient en rapport avec ce que nous sommes capables de faire ? On se la pose cette question David Ross ou pas ?

3:16
Présentateur

Écoutez, d'abord, bravo pour votre introduction, parce que je crois que vous avez mis tous les éléments, je ne sais pas si une émission suffira à répondre à toutes les questions que vous avez abordées. Moi, je me souviens il y a quelques années, on ne disait jamais un homme pourrait courir le marathon en moins de deux heures, ça y est, c'est fait.

3:29
Invité

On disait la même chose sur le sprint en neuf secondes.

3:30
Présentateur

Exactement, et donc là, actuellement, j'ai lu qu'il pensait faire 1h58 la prochaine fois, donc il a lui-même établi sa marge de progression. Il y a effectivement une limite au corps humain, alors est-ce qu'on est capable d'évaluer d'ores et déjà la limite optimale sans tenir compte des progrès technologiques qui commencent finalement, en ce qui concerne la course, peut-être arriver à leur maximum ? Ça, c'est peut-être aux spécialistes de répondre, mais c'est sûr qu'à un moment, il y aura une limite physiologique de toute façon que le corps ne pourra pas supporter.

3:59
Invité

On aura un entraîneur de fond tout à l'heure, il nous expliquera d'ailleurs comment ça marche, un entraîneur de demi-fond. Vincent Dolix, vous, avec votre casquette de chercheur, c'est quoi votre avis là-dessus ? Est-ce qu'il faudra se dire à un moment, n'allons pas quand même au-delà de ce que l'humain peut supporter, ou en tout cas de ce que l'humain est capable de faire, parce qu'ensuite on est dans une autre histoire en fait ?

Alors oui, il y a deux choses en fait, c'est la santé de l'athlète qui va être importante au départ, ensuite les fédérations travaillent évidemment beaucoup sur les règlements de leur sport, et en fait à chaque fois dans la recherche, on va aller à la limite de ces règlements pour rester en fait dans les clous. C'est par exemple le cas pour les chaussures, ou par exemple les combinaisons de natation, vous avez parlé en introduction. Donc la limite humaine, ça je ne sais pas jusqu'où elle pourra aller, je pense que la technologie elle va apporter tant qu'on pourra rester dans les règles du sport en question.

Mais est-ce que ça veut dire que c'est la technologie qui est toujours plus forte, et donc comme vous le disiez, on flirte avec les règles, jusqu'à ce qu'effectivement chaque sport invente une règle ? C'était le cas des chaussures par exemple, les chaussures en carbone au début, le premier record d'ailleurs n'a pas été homologué, et puis derrière même les amateurs très éclairés en ont des chaussures de ce type-là, et celles qu'on a vues avec le marathonien, bientôt elles seront en vente. Donc est-ce qu'à un moment on va se dire, c'est bon, on arrête avec la chaussure ? Est-ce qu'il faut poser cette question ou pas ?

Alors oui, on peut se la poser, puisqu'en natation ils se l'ont posée, ils ont interdit les combinaisons. Exactement. Pour la chaussure, ça reste un plus en fait, c'est que je pense qu'on va pas aller au-delà de l'humain, si vous pouvez mettre ces chaussures qui coûtent 500 euros la paire, vous pouvez la donner à un amateur, il battra pas évidemment le marathon. Donc évidemment c'est un duo à chaque fois, c'est le matériel et l'athlète qui va faire qu'on va être capable d'aller au-delà des performances actuelles. David Ross, je vous ai vu réagir.

5:58
Présentateur

Oui, il y a un élément complémentaire à rajouter à ce que vient de dire Vincent, que je salue puisqu'on a eu l'occasion de se croiser, c'est qu'il y a la performance en elle-même, ça c'est une chose, on peut fixer des limites avec les règles, mais après il y a la santé. Alors la santé des athlètes, ça a été abordé, mais moi je pense aussi à la santé du sportif éclairé, du dimanche ou du semi-professionnel qui pourrait avoir des impacts négatifs sur sa propre santé s'il prend des chaussures et qu'elles ne sont pas adaptées et qui peut créer des traumatismes.

6:22
Invité

Parce que ça fait jouer des muscles au fond qu'on ignore, c'est ça l'idée aussi, pour pouvoir être meilleur.

6:27
Présentateur

Pas forcément qu'on ignore, mais qui ne seraient pas forcément préparés comme on l'est préparé à un athlètes de très haut niveau et donc le risque c'est de vouloir imiter, parce qu'on fait tout ça quand on regarde la télé, on veut reprendre les exploits des champions. Surtout après les JO bien sûr. Exactement, ou le Tour de France et donc c'est là où il peut y avoir un piège pour la population au sens large.

6:43
Invité

On va parler dans un instant de ce que vous faites avec le ping-pong, Vincent Dolic, parce que moi ça me fascine, mais je voudrais quand même vous lire ce que c'est que ces chaussures. Moi ça m'a fasciné en lisant ça. La plaque de carbone n'est plus dans la semelle, donc c'était ça effectivement au départ, mais autour du pied, reposant sur une épaisse mousse ultra légère qui renverrait, tenez-vous bien, 97% de l'énergie absorbée. Les chaussures sont adaptées au millimètre et les semelles gonflées à l'azote. Cette biomécanique est alimentée en continu par des micro-doses de gel contenant des glucides au rythme de 115 grammes par heure.

Et là Vincent Dolic, alors pour vous, là c'est pour vraiment le chercheur, celui qui travaille sur les matériaux, sur les revêtements, sur les trajectoires, on a mieux qu'un exercice de physique à chaque pied dans ces cas-là. Oui, tout à fait, c'est des années de recherche en fait, et ça couvre énormément de domaines en fait, dans les sciences, pas que les sciences physiques, ça peut être de la chimie, la physique des matériaux, la biomécanique évidemment, et ça couvre énormément de domaines, énormément de chercheurs et de compétences.

Vous par exemple, j'ai trouvé que c'était absolument fascinant, vous travaillez sur la manière dont la balle tape sur la raquette, donc sur les trajectoires, donc ça veut dire comment est faite la balle, mais ça veut dire aussi quel revêtement on met sur les raquettes, comment elles doivent changer, comment elles sont plus efficaces, c'est ça l'idée. Et alors je vous ai lu, vous en êtes à trois ans de recherche et vous n'avez pas fini.

Non, alors c'est un des problèmes qu'on peut avoir avec les fédérations, c'est que le temps de la recherche est relativement long par rapport à évidemment ce que les coachs ou les athlètes aimeraient avoir comme résultat, et évidemment on voudrait avoir des résultats le lendemain ou le mois d'après. Pour le tennis de table par exemple, au départ l'idée du projet était de comprendre chaque rôle qu'avaient les constituants d'une raquette de tennis de table, c'est-à-dire vous avez le bois, puis une mousse, puis un revêtement final et chaque élément est différent et c'est des choses qu'on ne comprenait pas d'un point de vue physique.

Et donc l'idée d'améliorer la raquette, c'est d'abord de comprendre son fonctionnement d'un point de vue mécanique et puis ensuite en déduire des règles, des lois, de la physique pour essayer de l'améliorer. Arthur nous dit que les combis en néoprène avaient été interdites en attention. Effectivement, il a raison parce que ça brisait l'égalité entre concurrents. Et moi j'ai lu, David Ross, est-ce que vous avez vu la même chose ?

On pourrait se retrouver aujourd'hui avec des femmes qui nagent plus vite que les hommes parce que les combinaisons sont autorisées pour les femmes de plus grandes combinaisons si j'ose dire, alors que les garçons ne sont autorisés qu'aux shorts, ça paraît complètement dingue quand même quand on y songe.

9:23
Présentateur

Oui, alors c'est peut-être un retour finalement à l'égalité homme-femme. Alors, c'est vrai, oui. Non, mais c'est vrai que d'ailleurs c'est assez extraordinaire parce qu'à l'époque des maillots de bain qui ont été interdits, il y avait des temps qui étaient tombés dans certaines disciplines.

9:36
Invité

Entre 2008 et 2010, tout est tombé en fait.

9:38
Présentateur

Mais on retrouve maintenant avec certains nageurs et dont les hauts marchands des temps qui se rapprochent du temps de période où il y avait ces combinaisons. D'ailleurs, quand vous avez les commentateurs, ils expliquent le record du monde sans la combinaison avec leur combinaison. Et donc, c'est une course-poursuite entre effectivement la performance humaine et le matériel.

9:56
Invité

Mais est-ce que ça veut dire, Vincent Doli, que les sportifs aussi ont changé ? Enfin, on en a déjà beaucoup parlé. La physionomie même des sportifs a beaucoup changé. Je posais la question un peu sur une boutade tout à l'heure. Mais enfin, moi, je trouve qu'elle vaut si on donne la perche de Boubka à Duplantis, est-ce qu'il fait 6 mètres ? Et à l'inverse d'ailleurs, ou est-ce que de toute façon, toute la technique du sport ? Et donc, la question est nulle en avenue parce que toute la technique du sport a évolué en même temps que la technologie a évolué. Oui, oui, tout à fait. Il n'y a pas que la technologie qui a évolué.

Il y a les méthodes d'entraînement, les méthodes de récupération, les suivis avec des capteurs que vous pouvez avoir sur une montre ou sur une bague qui permettent de suivre l'athlète 24 heures sur 24 avec les cycles de sommeil, etc. Et puis, vous avez par exemple pour Léon Marchand des techniques qui permettent de comprendre à la fois la nage, c'est-à-dire l'entrée dans l'eau, la coulée, puis la technique de nage en elle-même. Donc, tout ça, en fait, mis bout à bout, fait que les professionnels, comme on dit, en fait, c'est des petits bouts mis les uns après les autres qui permettent, en fait, de battre les records. Et c'est ce que Léon Marchand fait aujourd'hui.

Il a une technique de nage, notamment en brasse, qui est hors pair et qui a des années de travail dans tous les domaines. Et est-ce que ça existe, donc, du coup, à l'inverse, M. le chercheur, Vincent Dolick, c'est-à-dire on regarde nager Léon Marchand et on se dit il y a quelque chose de technologique qu'on peut inventer désormais en voyant comment lui glisse sur l'eau ce qu'on n'avait peut-être pas vu avant. Alors, je ne suis pas sûr de ça, je ne parlerai pas à la plage des coachs de natation, mais il y a une chose qui est sûre, c'est que dans les sports en général, on va de plus en plus vers l'individualisation de l'entraînement, même dans les sports collectifs d'ailleurs. Pourquoi ?

Parce qu'en fait, chaque athlète est différent, il est musculairement différent, il a une taille, un poids différent et on ne va pas pouvoir finalement, si on veut vraiment aller chercher les centièmes, les millièmes de seconde, etc., pouvoir faire les mêmes programmes d'entraînement sur chaque athlète. Donc, on va vraiment individualiser les choses. Est-ce qu'on va, Philippe, nous attend dans un instant au standard, une dernière question pour vous d'abord, David Ross.

Est-ce qu'à un moment, il va falloir effectivement tout réglementer, on parlait tout à l'heure des combinaisons en néoprène, effectivement qu'on a fini par réglementer, par interdire, parce qu'il y avait une inégalité en fait qui était flagrante entre pays et pas seulement entre pays d'ailleurs, éventuellement entre clubs, etc. Ça veut dire que, au fond, même pour un coureur ou même pour un nageur comme la Formule 1 où il y a un certain nombre de règles qui existent, il va falloir instaurer exactement les mêmes règles. Est-ce que ce n'est pas déjà le cas d'ailleurs ?

12:40
Présentateur

C'est déjà le cas quand vous avez des sports. Effectivement, vous parliez de la Formule 1 où il y avait une écurie qui dominait. Les règles ont été changées pour qu'il y ait à nouveau une équité entre les différentes écuries. Donc, il y a cet aspect-là, vous avez raison, mais il y a un autre aspect sur lequel je pense que le législateur devra se pencher, c'est le côté lié à la santé.

Ça a été dit, la santé à la fois du sportif de haut niveau, quand le PO est interdit, c'est certes par rapport au corps, mais c'est parce qu'on sait que ça a des effets sur la santé du sportif à moyen ou long terme et la santé aussi du sportif qui va essayer d'utiliser ces matériels ou en tout cas les différentes techniques proposées par les sportifs de très haut niveau.

13:11
Invité

Voici Philippe qui nous attend au standard. Bonsoir Philippe.

13:14
Auditeur

Oui, bonsoir. Vous écoutez. Merci de prendre mon appel. Oui, j'avais une petite réflexion par rapport à ça parce que je me pose une grosse question par rapport au sport de voile, c'est-à-dire, bon, le Vendée Globe, enfin, beaucoup de compétitions comme celle-là, le Tour du Monde, etc. Et là, je suis en train de me poser la question à savoir est-ce que le navigateur, par exemple, au XIIIe siècle ou alors au XIVe siècle ou au XVe siècle, au XVIIe, XVIIIe, etc., n'était pas aussi bon que celui de maintenant mais, effectivement, la technique a tellement évolué et bravo pour les techniciens qui l'ont mis en place et bravo aussi aux sportifs qui l'utilisent.

Mais je me posais cette question-là à savoir quelle est la marge entre l'importance de la technicité et de l'humain. Merci beaucoup. Et je pense que, pour moi, l'humain n'a pas changé.

14:19
Invité

Merci, Philippe, pour votre question. Et c'est vrai que je ne suis pas sûr qu'Armène Lecléach soit capable de traverser, de faire un Vendée Globe en regardant les étoiles comme d'autres. Mais est-ce que, justement, il faut faire cette distinction, David Ross, entre les sports ? C'est-à-dire, ce qui est vraiment du domaine d'une très grande mécanique, c'est la voile, c'est l'automobile, c'est tout ça. Et ce qui fait appel, pour le coup, alors, certes, les voileux sont des grands sportifs, mais ce qui fait vraiment appel au corps humain, il faut la faire, cette distinction-là ?

14:46
Présentateur

Je ne suis pas sûr. Ou est-ce qu'au fond, c'est pareil, même problème ? Vous pouvez demander même actuellement à ceux qui battent les records en voile. Certes, ils sont aidés par la technologie, à la fois de navigation et du matériel, mais je ne suis pas sûr qu'ils arrivent moins fatigués que les précédents, parce que, justement, le corps est aussi poussé dans ses retranchements, en dormant de moins en moins, en essayant d'optimiser la technologie au profit de la performance. Donc, il ne faut pas comparer. On n'a pas encore la machine qui permet de voyager dans le temps, donc on ne pourra pas comparer comme ça.

Mais chaque moment de son histoire fait que la performance humaine reste celle qui tire vers le haut, la performance quand même.

15:18
Invité

Les histoires humaines ne disparaissent pas du sport. Pour autant, Vincent Delic, je voudrais vous citer ce message qui vient d'arriver. C'est celui de Jean-Marie qui dit ceci. Moi, j'ai un petit exemple pour vous. En escalade sportive, ce sont des chaussons d'escalade qui évoluent avec la science. Or, une voie ouverte, il y a 35 ans, a résisté tout le temps aux essais des plus grands grimpeurs internationaux. Tout le monde a échoué. Il se trouve qu'un jeune grimpeur qui s'appelle Erwann Legrand vient de le réussir. C'était il y a un mois. Il a réussi ce passage et il l'a fait, figurez-vous, pieds nus.

Ça veut dire que, et heureusement, Vincent Delic, le sport reste une histoire d'aventure humaine et une histoire d'humain. Oui, ça reste la beauté du sport. On est toujours surpris par les exploits de certaines personnes dans n'importe quel sport. Finalement, on s'aperçoit que la technologie, pour certains, finalement, n'est pas utile. Ça, c'en est un très bel exemple. Pourquoi est-ce que les athlètes n'utilisent pas les mêmes équipements pour évaluer les performances et non la technologie ? On y est presque, non, David Ross ? Les athlètes utilisent à peu près les mêmes équipements ?

16:24
Présentateur

Oui, si vous prenez par exemple le cyclisme, on voit très bien, il y a des vélos de marques différentes, mais ils ont tous à peu près le même poids.

16:31
Invité

C'est obligatoire, on n'a pas le droit de dépasser le 6,8 kg, sinon c'est dangereux.

16:34
Présentateur

Oui, de descendre en tout. Effectivement, et puis, lorsqu'il y a des innovations technologiques sur le vélo, ça a été le cas des pédales, des guidons, comme pour les triathlètes, on voit que finalement, à partir du moment où la démonstration a été faite, que ça apporte un avantage. Statistiquement, les autres équipes se saisissent de cette avancée technologique.

16:52
Invité

On a Meryem qui dit une petite anecdote pour mon fils qui joue au tennis. Yannick Noa, pour lui, c'était le monsieur qui a réussi à gagner Roland-Garros avec une raquette en bois. Et j'ai envie de poser la même question, Vincent Dolik, qu'on se posait tout à l'heure au sujet de Boubka. Là encore, est-ce qu'au fond, aujourd'hui, un Bjornborg ne pourrait pas tenir la raquette de Djokovic et inverse ou pas ? La tenir, j'entends bien. Comme disait David Ross, tout à l'heure, on ne peut pas vraiment répondre à cette question, mais ce qui est certain, c'est que les... Alors, il y a deux choses à bien distinguer.

C'est le matériel qu'on utilise lors des matchs ou des rencontres et puis le matériel qu'on utilise dans l'entraînement. Ça peut faire aussi la différence. C'est-à-dire, vous pouvez utiliser du matériel qui est interdit en compétition mais qui va vous permettre de vous entraîner correctement. Et ça, ça peut faire la différence, évidemment, puisqu'un entraînement va être évidemment important et puis la préparation pour le jour J aussi. Après, le matériel moderne, si on pouvait le remettre évidemment sur des athlètes d'il y a 50 ou 100 ans, je pense qu'évidemment, ils feraient probablement de très belles choses. C'est certain. Est-ce qu'ils seraient vraiment numéro 1 mondial ?

C'est pas sûr parce qu'ils n'auraient pas toutes les méthodes d'entraînement et de préparation qu'on a aujourd'hui. Alain est avec nous. Bonsoir Alain.

18:08
Auditeur

Bonsoir France Inter.

18:09
Invité

On vous écoute Alain.

18:10
Auditeur

Bien, écoutez, moi je suis ancien athlète marathonien, ancien entraîneur d'athlétisme. J'ai arrêté d'entraîner il y a une petite vingtaine d'années. Ce que j'ai constaté ces derniers temps, c'est évidemment l'évolution du matériel, mais surtout l'évolution des techniques d'entraînement à l'heure de la professionnalisation du sport d'élite. Il y a énormément de recherches qui ont été entreprises en physiologie du sport notamment et ce qui a changé la donne, c'est l'utilisation des datas.

Aujourd'hui, il y a des capteurs de partout, ce qui permet durant l'entraînement d'éprouver certaines techniques d'entraînement, de les comparer entre elles et de voir quasiment en temps réel les effets et les résultats. Et donc, il faut évidemment prendre en considération l'évolution technologique du matériel, mais également cet apport de data qui permet d'optimiser l'entraînement des athlètes. Le matériel, c'est une chose, ça compte, mais également l'entraînement, sans entraînement, on n'obtient que de mauvais athlètes et sans bon matériel, on n'obtient pas de performance.

Donc vraiment, tout est lié, mais ne pas oublier tout l'écosystème des entraîneurs, des physiologistes qui vraiment préparent les athlètes au top niveau.

19:45
Invité

Merci beaucoup Alain pour cet appel. David Ross, ça rejoint ce que disait Vincent Delic tout à l'heure, on se retrouve avec au fond des performances individuelles, y compris d'ailleurs à l'intérieur des sports d'équipe, mais ce que vous soulignez aussi dans votre rapport, c'est qu'on a désormais des datas, des données partout. Qu'est-ce qui se passe après avec ces datas ? C'est un peu un impensé ça ou pas ?

20:09
Présentateur

C'est une très très bonne question. Il y a les données pour les sportifs de très haut niveau, on parlait du tennis de table et du travail remarquable que font les frères Lebrun sur la lecture, la compréhension du lancer de balle pour essayer d'anticiper les effets du service. Et donc, toutes ces données-là, à un moment, elles vont devenir le nerf de la guerre pour le résultat. donc ça pose la question de qui stocke ces données, comment elles sont sécurisées. Ça, c'est pour la donnée du sportif de haut niveau et par rapport à ce que disait Alain, c'est vrai que le fait de pouvoir individualiser, adapter, fait que chacun va avoir ses propres données, ses propres datas.

Il n'est pas forcément mûr pour bien les utiliser donc le rôle de l'entraîneur, le rôle de l'humain est encore plus important mais il va devoir justement tenir compte un peu de cette spécificité des données et se pose encore la question de comment j'utilise ces données pour ma performance mais aussi pour ma propre santé. Et ça, je pense c'est un élément important intégré à l'avenir dans les différents dispositifs d'entraînement.

20:57
Invité

On est en train de parler de sport et de technologie dans le Telefonsohn avec David Ross qui est sénateur, auteur d'un rapport sur le sujet avec Vincent Dolic qui travaille pour le CNRS et notamment sur les performances en tennis de table.

21:11
Auditeur

Le 18-20 01-45-24-7000

21:15
Invité

Et nous sommes aussi avec François Chiron, bonsoir. Bonsoir. On voulait vous parler François Chiron, vraiment vous êtes entraîneur de demi-fonds pour l'équipe Oka et le Pôle France de l'INSEP, l'Institut National du Sport et l'expertise de la performance. Vous entraînez notamment Jimmy Gressier, j'allais dire qui est une sorte de machine champion de demi-fonds, un athlète extrêmement impressionnant réellement. Je vais prendre la conversation là où on l'a laissé. On parlait de data à l'instant. Est-ce que parmi les paliers qui ont fait que la technologie a aidé les sportifs, le recueil de ces data a été peut-être le premier palier ou pas ?

Pour peut-être nuancer un petit peu les propos de tout à l'heure, les data en fait elles ont toujours quasiment existé en tout cas en sciences du sport. C'est-à-dire que la physiologie de l'exercice telle qu'on la connaît aujourd'hui, notamment ce qui concerne la physiologie du corps humain, n'a pas beaucoup évolué depuis les années 1950-1980, les effets de telle ou telle séance sur l'organisme. Peut-être la réactivité, la fiabilité de la donnée, la reproductibilité a évolué. En effet, on a des données plus sensibles qu'on peut recueillir plus facilement mais je ne suis pas spécialement d'accord sur les techniques d'entraînement qui ont évolué.

Il y a des choses qui sont à la mode, c'est comme la mode vestimentaire, il y a des choses qui reviennent aujourd'hui, on parle beaucoup par exemple de lactate, on voit des moniteurs qui existaient déjà avant et qui reviennent à l'ordre du jour mais ce n'est pas forcément ces données-là qui sont les plus fiables à l'entraînement, en tout cas pour nous entraîneurs de demi-fonds et je pense qu'il y a vraiment aussi un phénomène de mode et c'est pour ça que ça me semblait important de nuancer cela.

Concernant pas un athlète comme Jimmy, c'est vrai qu'il lui a excellé parce qu'il avait fait champion du monde du coup on ne voit que lui mais il y en a tout un tas d'autres derrière avec mon collègue Adrien Taougi, c'est des choses qu'on a mis en place depuis que Jimmy était arrivé à l'INSEP à l'époque il y a 5 ans mais qu'Adrien avec ses entraîneurs formateurs avaient eux-mêmes initialement initié dans les années 2000 je pense à Bruno Gagère qui a été l'entraîneur de Pierre Ambroisebos où ils ont analysé la foulée donc c'est des choses qui existent déjà depuis presque plusieurs au moins deux décennies et qui sont juste des phénomènes de mode après libre à l'entraîneur d'être sensibilisé ou pas à toutes ces données.

Vous avez cité le lactate François Chiron il faut nous expliquer ce que c'est moi en préparant cette émission je me souviens de cette image et c'est Pierre de Certaines qui l'a préparé avec moi et qui me l'a rappelé c'est l'entraîneur de Léon Marchand qui juste après son passage au bassin fait une toute petite incision dans l'oreille pour faire une petite analyse rapide analyser le lactate savoir s'il le renvoie dans le bassin s'il faut qu'il se repose enfin c'est un truc de fou quand même c'est quoi exactement qu'est-ce qu'on va chercher ?

Alors le lactate pour être très simple c'est un biomarqueur physiologique donc c'est c'est le témoin de l'implication de l'une des trois filières énergétiques on a trois filières énergétiques qui nous permettent d'avoir de l'énergie dans notre organisme et c'est le témoin de l'implication de ce qu'on appelle la filière anaérobie lactique donc celle qu'on va majoritairement utiliser par exemple sur un 200 mètres en natation pour prendre l'exemple de Léon Marchand ou sur un 400 mètres en athlétisme et en fait ce témoin ce biomarqueur qui est témoin de cette application de cette filière il est corrélé à ce qu'on appelle l'acidose métabolique donc plus je vais produire de lactate plus je sais que j'ai un pH sanguin généralement qui est bas et en fait c'est ce qu'on appelle l'homéostasie l'homéostasie il faut voir c'est l'organisme qui peut être plus ou moins déséquilibré et quand on a une perturbation métabolique liée à ce que je disais le pH sanguin qui diminue et bien forcément derrière il y a une fatigue qui est accentuée donc le lactate on le prend souvent comme un déchet on parle d'acidactique mais en fait c'est pas parce qu'il y a toujours les pompiers lors d'un incendie que ce sont les responsables de l'incendie et bien le lactate c'est un peu la même chose c'est pas parce qu'il y a toujours du lactate quand il y a de la fatigue que c'est lui le responsable donc c'est un témoin indirect de la fatigue et en tout cas un témoin dont on peut tout savoir quasi instantanément on se posait la question François Chiron en démarrant de cette émission de savoir si on avait dépassé les possibilités de l'organisme humain est-ce que vous avez le sentiment vous et surtout dans votre sport parce que l'athlée pour le coup c'est vraiment une histoire de corps est-ce que vous avez le sentiment qu'on est au bout de la performance humaine ou pas ?

en gros on court le 100 mètres en 9 secondes est-ce qu'un jour on courra 100 mètres en 8 secondes ou on se dit non là pour le coup humainement c'est pas possible en fait si demain il y aura d'autres records qui vont être battus c'est sur d'autres leviers qu'on va jouer c'est-à-dire que comme je le disais la physiologie de l'exercice qui correspond à l'humain on la connait depuis maintenant presque un demi-siècle elle n'a pas beaucoup évolué les générations futures ne vont pas assez évoluer pour qu'on batte des records de manière comme vous l'avez dit on ne va pas descendre sous les 9 secondes au 100 mètres donc si on veut voir des records qui explosent c'est comme on voit les jeux où aux Etats-Unis il y a cette autorisation entre guillemets des athlètes de se doper et là peut-être en effet via le dopage il y aura des records qui tomberont ou alors via un apport technologie mais il me semble qu'on arrive à une certaine asymptote à un plafond des performances de très très haut niveau mais alors justement parce que comme vous dites s'il n'y a plus de performances de très très haut niveau est-ce que ça veut dire qu'on perd en spectacle et si on perd en spectacle on a tendance à se tourner effectivement vers ces fameux jeux de Las Vegas dont vous parliez à l'instant où chacun sera autorisé à se doper et là on est dans une toute autre dimension on est même dans un dans un véritable danger en fait complètement et c'est c'est tout l'enjeu de notre sport des politiques on va dire fédérales et gouvernementales qui doivent vraiment anticiper le coup d'après comment rendre attractif notre sport où en effet les performances ont plafonné dans notre discipline il y a des épreuves qui apparaissent on parle du relais 4x100 mixte avant il y a eu les 4x100 mixte également donc voilà on essaie de se renouveler mais comment on rend du spectacle dans des choses où en fait l'incertitude est de moins en moins prégnante et c'est ça en fait qui fait la magie du sport c'est l'incertitude et le foot par exemple l'a compris c'est à dire que la VAR a mis beaucoup de temps à rêver dans le foot parce que ça allait faire moins de polémiques une main invisible dans la surface qui va pas être siflé et on aime un petit peu ce suspense et comment nous dans l'athlée on le voit au vélo aujourd'hui c'est moins stimulant qu'on pouvait le voir il y a un demi-siècle auparavant et c'est pareil dans l'athlée aujourd'hui qu'on a un ou une leader qui arrive il y a grande probabilité qu'il ou elle va gagner sa course ou va sauter le pelot et donc va gagner son concours donc il y a cet enjeu du sport spectacle donc j'espère que nos dirigeants vont peut-être réinventer aussi la pratique de l'athlétisme et en même temps on va faire face aux puristes qui eux voudront toujours se confronter à un chrono à une distance de saut donc il y a ce double contrepoint Merci beaucoup vraiment François Chiron vous pouvez rester avec nous si vous le souhaitez je la trouve vraiment intéressante Vincent Delic cette problématique-là en fait à un moment on sait bien que les records ne vont plus tomber malgré effectivement la technologie etc il va donc falloir inventer et faire du sport différemment comment vous le chercheur et vous qui cherchez justement à aller chercher la performance par la physique et par tout ça comment est-ce que vous vivez ça comment est-ce que vous voyez ça moi je suis assez optimiste et on va dire que je vois ça plutôt comme quelque chose qui va évoluer alors peut-être que dans le demi-fond c'est un peu différent en effet parce que les datas sont utilisées depuis un moment mais il y a des sports où ce n'est pas du tout le cas et je pense que les datas vont amener une révolution un peu dans la façon d'exercer et d'analyser en fait les sports je peux vous donner un exemple dans lequel je travaille c'est les datas dans les sports collectifs et notamment dans le foot alors pas d'un point de vue entraînement mais plutôt sur l'analyse l'analyse des matchs et sur l'analyse du joueur au sein d'un collectif c'est-à-dire que moi je m'intéresse de près à l'utilisation des datas pour essayer de comprendre la performance d'un joueur individuel au sein d'un collectif et ça c'est assez nouveau en soi et ça peut faire évoluer les sports collectifs ça peut être le cas dans le basket ou le hand et donc ça peut apporter énormément dans le futur et pour le coup c'est ce qui peut éventuellement faire appel à l'IA David Rose parce que c'est l'IA qui permet de repérer les failles de défense de savoir anticiper sur les mouvements des uns et des autres est-ce qu'à terme effectivement on le sait et il faut le savoir l'IA aura aussi son rôle dans la performance sportive et dans l'apport technologique au sport

29:42
Présentateur

elle l'a elle l'aura alors c'est vrai que pour revenir sur ce qu'a dit François Chiron c'est peut-être un des sports où la donnée a été introduite le plus tôt ça explique effectivement cette sensation que ça n'a pas apporté tant que ça les dernières années par rapport à ce qui était déjà fait auparavant mais dans les sports collectifs c'est extrêmement flagrant rappelez-vous les premiers joueurs de rugby qui sortaient un peu incrédules parce que Galtier avait vu avec les capteurs qu'ils étaient en train de baisser en termes de performance physique ou de ces capteurs au niveau des protège-dents qui signalent des commotions cérébrales alors que le joueur lui-même veut rester sur le terrain et tout ce que vient d'être dit par Vincent sur les stratégies développées par l'IA en termes de jeu collectif où il faut brasser énormément de données là l'impact est extrêmement important il y a une équipe je crois de football d'ailleurs je crois en Écosse ils ont recruté l'ensemble de l'équipe avec un budget fixé en recrutant des joueurs sur leur profil pour faire l'équipe la plus compétitive ils viennent de finir deuxième ou troisième de leur championnat ils vont monter dans la division supérieure donc on voit que même pour l'entraîneur c'est un élément extrêmement important dans le dispositif collectif

30:38
Invité

François Chiron il y a une question que je ne vous ai pas posée en préparant cette émission donc on est parti évidemment des fameuses chaussures qui permettent de faire descendre enfin de courir le marathon en moins de deux heures moi j'ai lu mais vous allez me dire si je me trompe que pour l'atelier en piste c'est plus compliqué d'avoir des chaussures ultra performantes de ce genre tout simplement à cause des pics en fait des chaussures c'est vrai ou pas ?

alors en fait c'est qu'il y a une réglementation sur le drop ce qu'on appelle l'écart entre l'avant et l'arrière de la chaussure ça existe aussi sur la route donc c'est pour ça qu'il y a quand même aujourd'hui il suffit de voir les coupes de performance il y a une amélioration une croissance au niveau de la performance sur piste qui est aussi très importante sur la route elle est à exploser mais parce que la route c'est aussi démocratisé pour des effets de mode et puis il y a un effet de la mousse associé au carbone sur la piste c'est vrai que les qualités physiques rentrent un peu plus en jeu donc il y a peut-être une pondération moindre et un effet moindre des chaussures mais on voit quand même que les meilleurs athlètes les records du monde n'ont pas forcément encore été tous battus par contre il y a une densification sur les athlètes un peu de second rang qui aujourd'hui si je parle du 800 mètres c'est courir une 44 ce qui était avant quelque chose d'extraordinaire est devenu presque banal aujourd'hui pour des athlètes de haut niveau sur 800 c'est pour donner un exemple c'est pas lié sur la pointe c'est lié sur la réglementation de la chaussure en elle-même Hervé pardonnez-moi excusez-moi Hervé je vous avais perdu Hervé nous attend depuis un moment pardon bonsoir à vous

32:09
Auditeur

oui bonsoir on vous écoute bonsoir voilà écoutez je suis juste pour parler de l'humain là-dedans parce que je me souviens comme je dis à votre à votre standard je me souviens il y a quelques années un reportage sur Michael Phelps un reportage où on le voyait nager évidemment les images étaient au ralenti c'est pour ça que l'image est très très intéressante là-dedans je suis maître nageur sauveteur donc je connais c'est mon job quoi je veux dire voilà j'ai entraîné des gamins et quand on voyait ces images au ralenti en caméra sous-marine ou au-dessus de l'eau on voyait ces passages de bras ces passages de mains je veux dire il n'y avait aucun clapotis il n'y avait rien du tout tout était fait dans l'efficacité je veux dire on ne parlait pas de combinaison on ne parlait de rien je veux dire que quand il rentrait sa main dans l'eau il n'y avait aucune déperdition d'énergie tout était fait pour l'efficacité de son mouvement de son bras de traction le poussé tout était fait comme ça je veux dire à la limite en plaisantant il aurait nagé tout nu c'était la même chose donc maillot de bain en peau de je ne sais pas quoi c'était pareil mais je veux dire l'efficacité l'image pour ça était sensationnelle pédagogiquement c'est exceptionnel le nageur se voit nager voit ce qu'il faut faire voit ce qu'il faut faire il y a l'empreuneur bien sûr mais je veux dire la façon d'aborder le crawl ou en dos crawl ou la façon de plonger je veux dire tout était fait là-dedans tout était fait l'efficacité c'était l'humain donc là-dedans on ne parle pas de technologie alors évidemment c'est fabuleux quand j'en ai parlé des chaussures bientôt j'ai des chaussures qui vont les faire voler il n'y a pas de problème en mettant une petite alice en dessous on est sûr qu'on va arriver à des performances exceptionnelles mais je veux dire l'humain là-dedans l'humain je veux dire encore une fois Michael Thab c'était extraordinaire comme Léo Marchand maintenant on devrait montrer à des gamins ce qui se passe sous l'eau et pourquoi c'est comme ça pourquoi la main se place comme ça pourquoi on vient en traction en poussée pourquoi on fait comme ça et pas forcément parler de maillot ou de choses l'humain

34:07
Invité

Hervé merci beaucoup il a raison François Chiron vous êtes encore là M. Chiron ou pas ? oui formidable il a raison le facteur humain ça compte énormément et heureusement mais ce que ça dit aussi M. Chiron il nous a parlé de Phelps on a parlé de Léon Marchand il y a Jimmy Gressier il y a Usain Bolt on a l'impression aussi que ça ce sont des sports ou hors technologie de toute façon il y a pardon je vais le dire comme ça j'espère que je vais vexer personne il y a les extraterrestres en fait et puis il y a les autres et ceux-là sont vraiment dans la catégorie extraterrestre non ?

et là effectivement qui nage tout nu ou qui nage avec un avec un maillot supersonique ça ne changera pas grand chose ce sera toujours les meilleurs en fait on parle des extraterrestres et c'est vrai quand c'est des performances qui sont quantifiées comme la natation ou comme la course à pied c'est vrai on a tendance à citer Michael Phelps Schemboldt ou Jimmy qui ont des qualités physiques ou physiologiques hors normes mais on oublie aussi les qualités psychosociales puis parfois il y a des choses souvent on parle des technologies qui vont rendre on va dire de manière inégale l'accès aux pratiques mais en fait on oublie qu'on est aussi de manière avec des injustices on est avec des qualités comme j'ai dit physiques physiologiques ou psychosociales et en fait tous les sportifs de haut niveau on oublie mais les footballeurs on croit que c'est facile d'être footballeur mais ils ont déjà outre les qualités techniques qu'ils ont ils ont un mental à la rue d'épreuve et des qualités physiques hors normes donc je pense que c'est le propre du sport et des sportifs et sportifs de haut niveau c'est des gens qui ne sont pas faits comme nous physiquement mais aussi dans leur tête ça c'est une certitude et ça je trouve ça intéressant pour vous Vincent Dolic vous le chercheur sur les matériaux c'est le revêtement sur les trajectoires il y a un facteur que au fond vous ne maîtriserez jamais j'ai presque envie de dire heureusement c'est le stress la peur l'envie le fait de ne pas être bien dans sa tête ce jour-là simplement parce que j'en sais rien on a reçu une mauvaise nouvelle ou qu'on a écouté la radio ou allez savoir enfin vive ces facteurs extérieurs en fait qui échappent à la trajectoire et échappent à la science donc qu'est-ce que vous en dites oui oui c'est ce qui fait heureusement cette part de rêve qu'on peut avoir encore dans le sport en le regardant et en se disant qu'on pourrait peut-être être à leur place je pense qu'il y a cette part-là et ça me fait penser à ce que je vous disais tout à l'heure où en fait on pourra entraîner tous les jours un athlète en étant très rigoureux dans le coaching etc on ne sait pas ce qu'il fait le soir si on lui dit par exemple ce soir tu te couches tôt parce que demain et qu'il a envie de faire la fête ça ça fait partie en fait de l'humain ça fait partie en fait de l'athlète et c'est cette part qu'on ne peut pas driver correctement et ça fait partie du sport évidemment vive le facteur humain encore une fois il y a Geoffroy qu'on n'a pas le temps de prendre mais je vous salue Geoffroy et votre question c'est vu le prix de ces nouveaux matériels performance elles ne vont pas être accessibles qu'aux plus riches et c'est vrai il risque d'y avoir cette inégalité David Ross il y a aussi autre chose qu'on n'a pas évoqué je voudrais qu'on le fasse quand même rapidement la technologie c'est extrêmement important pour le handisport et c'est même là peut-être d'ailleurs qu'on invente des choses et qui ensuite serviront dans la vraie vie et en cela toute la recherche liée au sport est extrêmement importante

37:21
Présentateur

tout à fait si vous prenez les cas de la chaussure imaginez une personne qui à cause de l'arthrose ne peut plus marcher si on lui trouve une chaussure adaptée qui lui permet d'avoir à nouveau de l'activité physique ça va jouer évidemment sur sa santé sur sa longévité et donc je crois que pour résumer ce qui est important c'est quelle que soit la performance il ne faut pas oublier que le moteur même du sport c'est le plaisir la sensation et c'est ça qui permettra de faire d'une nation sportive d'aller vers une nation sportive

37:43
Invité

Allez, écoutez finissons sur cette conclusion je vous remercie beaucoup je vous remercie tous chaleureusement merci pour vos nombreux appels la question des petits bateaux c'est celle de Myriam elle a 10 ans Pourquoi et depuis quand c'est toujours la fête du travail ? Merci La réponse dans 3 minutes Merci