Emmanuel Macron reconnaît la Palestine : la prime aux terroristes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
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pour l'édit politique. Bonjour Carl Meus. Bonjour Thomas.
Rédacteur en chef au Figaro Magazine. Ce matin, vous revenez sur l'annonce Tony Truante d'Emmanuel Macron hier soir sur les réseaux sociaux pour que la France reconnaisse l'État de Palestine. Et vous dites que c'est un véritable coup de tonner.
Pourquoi dites-vous cela ? Parce que c'est un véritable tournant diplomatique pour la France. Qu'a fait Emmanuel Macron hier soir ?
Le président de la République, vous l'avez dit, a publié un message tard sur le réseau social X pour montrer la lettre qu'il a envoyé au président Mahmoud Abbas. Dans cette lettre, il dit qu'il a décidé, je cite, que la France reconnaîtra l'État de Palestine et qu'il en fera l'annonce solennelle à l'Assemblée générale des Nations-Unies en septembre prochain. Ça faisait longtemps que la France, par la voix de ses présidents, laissait entendre qu'elle était favorable à cette reconnaissance.
Dès 1982, François Mitteran devant la Knéet, le Parlement israélien, avait déclaré "Le dialogue suppose que chaque parti puisse aller jusqu'au bout de son droit, ce qui pour les Palestiniens peut le moment venu signifier un état." Mais ce moment ne venait jamais car jusqu'ici la France, notamment par la voix de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy considérait que cette reconnaissance ne pouvait intervenir qu'après des négociations entre Israël et l'autorité palestinienne. C'est en ce sens que l'annonce d'Emmanuel Macron, même s'il réfléchissait depuis plusieurs mois à rejoindre les quelques 146 pays qui l'ont déjà fait et avait laissé entendre qu'il prendrait cette décision à l'occasion de l'assemblée générale de l'ONU est un coup de tonner qui pourrait avoir de lourdes conséquences.
De lourdes conséquences. Qu'est-ce que vous voulez dire ? L'accélération de cette reconnaissance est selon l'Élysée, un soutien à l'autorité palestinienne qui s'est engagée auprès d'Emmanuel Macron à faire des réformes profonde, désarmer le Hamas et organiser des élections en 2026.
Mais comment ne pas voir que c'est aussi un formidable cadeau fait au Hamas, ce mouvement terroriste islamiste à l'origine des attentats et des crimatroces du 7 octobre 2023. Qui peut croire que sans ces attaques terroristes et la réponse impitoyable du gouvernement de Benjamin Netaniau avec l'offensive sur Gaza, la France aurait accéléré ce processus. Le Hamas ne s'y est pas trompé qui a rapidement fait un communiqué pour saluer l'annonce du président français.
Comment ne pas voir que le Hamas va pouvoir dire à l'opinion publique palestinienne et au-delà celle du monde arabe que c'est une victoire liée justement aux attaques du 7 octobre. Donc que cette victoire est plus la sienne que celle de l'autorité palestinienne. Dans un Moyen-Orient où les rapports de force structurent la perception du réel, qui peut croire que l'autorité palestinienne aura les moyens de désarmer le Hamas comme elle s'y est engagée ?
Sachant que l'objectif de ce mouvement terroriste est la destruction d'Israël ? Le Hamas tient d'une main de fer la bande de Gaza. On le voit tous les jours et on imagine mal que Marmouabas arrive à changer cet ordre des choses.
Enfin, qui peut croire que la Palestine, devenue État avec un gouvernement sans le Hamas, sera le meilleur moyen d'affaiblir cette organisation terroriste qui ne sera plus aux affaires ? C'est oublié un peu rapidement la situation du Liban avec le Esboll. C'est Israël qui a réussi à affaiblir le Esbola en tuant une partie de ses responsables, pas la construction d'un État libanais.
Et alors en France, quelles vont être les répercussions d'une telle décision ? Il y a d'abord des concomitances qui sont un peu douloureuses. Le terroriste proalestinien George Ibrahim Abdallah a été libéré aujourd'hui au lendemain de l'annonce du président Emmanuel Macron.
Le fossé de l'incompréhension entre les Français juifs et le président de la République va s'agrandir. Même s'il évoque dans sa lettre la libération des otages détenu par le Hamas, Emmanuel Macron n'en fait plus un préalable à la reconnaissance de l'État palestinien. Déjà au lendemain du 7 octobre, le refus du président de la République de participer à la mâche pour la République et contre l'antisémitisme avait plus que troublé une partie de la communauté juive.
Sa décision risque aussi de mécontenter la droite sans contenter la gauche. On l'a vu avec les premières réactions dans la nuit. Les dirigeants de la gauche se sont félicités de cette reconnaissance mais ont tout de suite émis de nouvelles exigences en parlant de Mélenchon à fort du génocide.
Mais surtout Emmanuel Macron qui depuis la dissolution ratée mise beaucoup sur l'international pour rehausser sa stature risque de se heurter à l'incompréhension d'une partie des Français. Interrogé par l'ipop en juin dernier, seul 22 % d'entre eux étaient favorables à la reconnaissance d'un état palestinien tout de suite et sans conditions. 47 % le voulaient mais après la libération des otages et la rédition du Hamas.
Quant aux conséquences de cette reconnaissance, 51 % des Français craignaient la montée de l'antisémitisme et 50 % d'entre eux pensaient que ça renforcerait la position du Hamas. Emmanuel Macron qui voulait une France apaisée risque de se retrouver avec une France encore plus fracturée qu'avant. Merci Carl.