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interviewJournal l'Humanité· 2 décembre 2025 187 min

ÇA IRA ! S02E02 - Cécile Cukierman (PCF) et Féris Barkat | REPLAY

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] [musique] [musique] Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Saira, la grande émission de l'humilité sur Twitch. On est hyper content de vous retrouver ici pour cet épisode 2 saison 2. Déjà que le temps passe vite, on est aussi hyper content de se retrouver entre nous.

Bonjour MJda, comment vas-tu ? Bonsoir Théo, comment ça va ? Et ben écoute, ça va très très bien.

Un peu fatigué j'avoue. J'ai eu un petit coup de petit coup de mou avant mais là ça y est, c'est parti. On Mais pour une fois, tu nous as sorti une belle chemise.

Et voilà. Et voilà, c'était obligatoire. Euh j'espère que le chat vous appréciez les commentaires vestimentaires en en ma en en ma en ma [rires] personne.

Euh ben écoute, ouais non ça va bien même si comme tout le monde je me suis bien marrée devant les vidéos de Rachid Dadati qui joue à l'ébuse en talon. Euh franchement une séquence complètement improbable et surtout j'ai réalisé juste avant l'émission que ça faisait pas un mois que enfin ça faisait un mois qu'on avait fait la dernière celle d'octobre et que il a fallu moins de temps à Nicolas Sarkocodi pour sortir de prison. Ça a été vraiment très très vite quoi.

Il nous a fait 20 jours et un livre. C'est vraiment un truc assez assez fou. Tu tuécriras un livre en en 20 jours, Loui ?

Oui. Ouais. Ouais, c'est facile. [rires] Easy.

En vrai, le contenu de toutes les vidéos que tu sors et de tous les médias avec qui tu travailles, franchement, je suis sûr il y a vrai, on a fait le calcul, ça fait beaucoup de pages en fait à la fin de l'année. Tu pourrais faire un petit recueil, franchement c'est pas très cher. Tu piè de théâtre comme ça.

Grave, grave. Et voilà, tu vois, on trouve des très bonnes idées. En vrai, tu travailles sur quoi en ce moment, Loui ?

Et ben du coup, j'étais en train de me faire la réflexion. Toi, tu tu as une nouvelle chemise à chaque fois et moi du coup, c'est vrai que je suis habillé strictement pareil. Il faut vraiment que je renouvelle ma guerre de la dark Sasuk de cette émission finalement.

Mais si le mercredi Adams, non, pas du tout. Je [rires] non, j'ai pas du tout vos rêfs de plus. Non plus non plus.

Dark Sasuke Sasuke Naruto, vous l'avez pas ? Aïe aï les gens dans le chat savent de quoi je parle. Non mais en vrai, sur quoi tu bosses du coup ?

Et ben avec le prochain rhinocéros, ce sera si tout va bien parce que parfois on sait jamais l'actualité mais on va parler des violences policières et on va essayer de les mettre en lien avec ce qu'on appelle les cop show. Vous savez c'est un peu ces espèces d'émission. Alors c'est surtout aux États-Unis mais n on va parler de celle qu'on a en France genre sur RMC genre Flick Story et cetera.

C espèce d'émission où en gros on va suivre genre les gendarmes de Saintropé qui savait même pas que ça se faisait. Ah si si c'est voilà qui poursuivent des gens et c'est genre des petits reportages comme ça en hommage au policiers qui les gen de truc. C'est dont tu parles ? un peu voilà ce genre de truc mais vraiment les trucs sont voilà on va suivre les policiers et donc il sont un peu à leur gloire et on va aussi parler des violences policières parce que voilà dans les médias toujours et et après autrement on a sorti une émission avec ma notre nouvelle émission sur le travail qui s'appelle la débauche et du coup on a fait le deuxième épisode qui est sorti je crois la semaine dernière où on parle en gros de alors pour le dire un peu vite on va dire l'utilité du travail est-ce que il y a des boulots qui sont nocifs utiles à la société et cetera mais on parle aussi un peu plus globalement de bah voilà comment on pourrait répartir la pénibilité, le temps de travail, les richesses, enfin voilà, je pas faire tout le truc mais c'était hyper intéressant.

Ça remet un peu les bases, on va dire et euh voilà. En plus, c'est vraent des questions qu'on peut se poser genre "Est-ce que ce que je fais est utile ?" Je crois que tu commence que votre travail est utile ?

Et finalement, c'est une question que peut-être tout le monde se pose pas. Et des fois, je je pense que les gens qui ne se posent pas la question, peut-être que des fois ça fait un peu froid dans le dos les gestions en marketing, je sais pas trop quoi. Peut-être qu'ils se disent "Ah mais finalement, à quoi ce que je fais ?

À quoi ça sert Euh donc on vous encourage évidemment à aller J'ai rien compris ce que tu dit. [rires] Écoutez, allez voir la vidéo de Loui et de Modi évidemment. Donc tout ça c'est sur Blast, Rinoceros et la débauche, donc ce nouveau format évidemment.

Allez voir tout ça. Et toi MDA, est-ce que tu est-ce que tu as envie de nous raconter quelque chose ? C'est quoi ton actu à toi ?

À part à part te taille un peu. Ah oui, [rires] c'est ça. Euh et ben écoute, mon act à moi.

Alors, je travaille sur énormément de choses, mais je vais vous parler surtout du mondial de handbal que je vais couvrir pour l'humanité. Euh d'ici quelques jours, je vais partir au Pays-Bas pour le tour principal, puis on espère le quart de finale, les demi-finales et la finale euh des Bleus qui sont championn du monde en titre. Il y a une avalanche de blessures et euh notamment Grâce à l'Ura Gloser qui sont des joueuses très importantes de l'effectif.

La capitaine Estelle Zeminko est enceinte et c'est un vrai sujet, c'est à la maternité des sportives de haut niveau. À quel point elle se donne le droit d'être enceinte en carrière. Bref, il y a énormément d'histoires à raconter et je les raconterai dans dans l'humain pour parler un petit peu de sport, société, politique, voilà tout ce qui est mondada quoi.

Et on peut déjà te retrouver dans les pages de l'huma sur internet parce que tu es chroniqueuse une fois par semaine tous les l dans le journal du lundi donc sur internet le dimanche soir. Et je crois que tu as fait une chronique sur justement Enziko ou pas encore ? Non, c'est pas toi qui a écrit.

Euh non, j'ai pas encore non, j'ai pas encore fait de chroni enfin si en fait, j'avais parlé de j'avais été interviewé une joueuse de handbal qui n'est pas dans un gros club parce que j'avais aimé l'hypothèse que c'était peut-être simple pour les joueuses de hand d'être enceinte quand elles sont en équipe de France vraiment sous la sous les projecteurs et que les clubs allaient pas les mettre en difficulté mais c'était peut-être un peu moins le cas dans des dans des tout petits clubs qui sont en galère dessous et cetera et donc j'avais été posé la question et donc effectivement j'avais fait une chronique là-dessus mais généralement il faut lire l'humain le lundi. Oui, et le sur le site internet dès le dimanche soir. On oublie souvent le site mais c'est aussi et surtout en site internet.

Euh le programme de ce soir pour la partie actu, le 25 novembre, c'est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Il y a eu plein de manifes ce weekend, enfin le weekend dernier et cette semaine globalement plein d'événements de formation et cetera. Donc on a voulu donner la parole ce soir à celles qui subissent et celles qui luttent contre ces violences.

On voulait aussi pointer le désengagement de l'État et puis parler des débats qu'il y a en ce moment notamment sur la loi intégrale. On parlera de tout ça avec nos invités, avec notre invité politique ce soir, Cécile Cucarman, porte-parole du PCF et sénatrice euh et bien de la Loire. Euh et bien on parlera budget, stratégie du parti communiste dont elle est donc la porte-parole stratégie sur les municipales, positionnement sur la laïcité, sur le rapport à la police et aussi nationalisation.

Sans oublier évidemment les chroniqueurs et les chroniqueuses, mais surtout les chroniqueurs que vous adorez qui vont venir euh défendre leur chronique âgé de pop avec Bolcheg. On parlera notamment d'Angoulem euh et du de son festival Red Flag avec Cyprien et puis évidemment la carte de presque durant le moment avec notre invité politique. Je vois déjà que ça commence à réagir dans le chat.

N'hésitez pas à poser vos questions, écrire vos remarques, évidemment, toujours dans la bienveillance et le respect, mais on vous lit là, vous êtes juste là, donc on vous lit. Donc, si vous avez des questions pour nos invités, que ce soit les invités de la partie actue ou les invités de la partie politique, vous pouvez les poser et peut-être qu'on les qu'on les lira. Avant tout ça, c'est une des nouveautés de cette nouvelle saison.

C'est un petit peu un before finalement de l'émission. On discute avec des gens dont on apprécie le travail, dont on partage les combats ou dont on a envie de parler de l'actualité. C'est le fit.

Bonjour chat. [musique] Feris Barcat, bonjour. Bonjour.

Tu vas bien ? Ça va. Et vous ?

Ça va très bien. Je me permets de te tutoyer, c'est OK là-dessus. On a moi j'ai j'ai on t'a beaucoup écouté sur les dernières interviews et on a vu que tu tutoyais facilement.

Donc on s'est dit on a 25 minutes ensemble, on va y aller sur le tuto sans problème. Feris, tu es cfondateur de l'association banlieu climat. On va en discuter évidemment. tu es enseignant à la Sorbonne, tu es une personnalité médiatique qu'on a pas forcément l'habitude de voir.

On va aussi parler de l'incarnation, de tout ça. Il y a plein de sujets qui nous intéressent. Tu as participé à la COP 30 mais je lisais que tu as dit avant d'y aller que tu que tu ne tu n'en attendais rien de cette COP 30.

Pourquoi tu n'en attendais rien de cette COP 30 ? Est-ce que finalement elle donc elle vient de se terminer la semaine dernière, est-ce que tu es est-ce que tu as eu raison de ne rien en attendre ? Ben écoutez, c'était c'était intéressant quand même de venir pour voir et constater que il y avait rien à constater, [rires] mais en réalité c'était commême euh pour nous important d'y être dans le sens où les gens, ils étaient surpris qu'on soit accrédité.

On est venu avec un groupe de mamans, de jeunes euh jusqu'à Bem, ensuite à Sao Paul et après au combien ? on était 30 euh donc pas les 30 à la COP mais les 30 au Brésil parce que après il y avait un parcours à aller voir euh dans toute l'Amazonnie, on allait un peu voir les paysans là-bas euh et ceux qui protègent aussi la forêt. Mais l'idée c'était de venir dire euh notre place, elle est où exactement ?

Est-ce qu'elle est à militer euh pour euh des virgules sur des négociations qui dans tous les cas sont foirées de base ou est-ce que il y a pas mieux à faire ? sur place, on a constaté que il y avait un peu une instrumentalisation de la cause des indigènes et des populations autochtones là-bas. Donc on s'est concentré un peu là-dessus.

Quand tu dis l'instrumentalisation, c'est-à-dire c'est qu'en gros, ils ont créé deux zones, une zone bleue et une zone verte et la zone verte elle est là un peu décorative, folklorique pour accueillir les associations, les stands, les trucs. Mais du coup, c'est là-bas où les indigènes sont exposés entre guillemets. Donc c'est vraiment trop bizarre et de l'autre côté en zone bleue là où il y a les négociations, ils ont pas accès et donc c'est pour faire semblant de les inclure en fait dans le débat alors que c'est Ouais, c'est ça exactement.

Alors que c'est censé être la coop des indigènes sur la déforestation au Brésil. C'est incroyable d'avoir une coop là-bas avec deux visions du monde totalement à ce point opposé. On a à la fois les cancers et les médecins au même endroit, c'est une dinguerie.

Et on s'est dit bah ça va être intéressant d'aller voir ça sur place. Et moi je sors de la zone bleue et je croise une leaduse autochtone qui s'appelle Annapis qui représente une communauté qui est sur les territoires des Amapas. Donc c'est euh au nord du Brésil près de la Guyane française.

Enfin c'était tout un territoire avec 4000 personnes qu'elle représentent et elle distribuait des tractes et tout et je vois que les gens ils ont un peu rien à tirer et moi avec et je lui prends son truc, je dis "C'est quoi ça en fait ? Qu'est-ce qui t'arrive ? et elle me dit euh bah on essaie de distribuer des tracts mais tu vois là tous les CRS ils sont là pour te protéger de moi.

Je sais pas si vous aviez suivi la veille, il y avait eu des altercation entre CRS et euh population autochtone euh au sein de la COP et donc elle me dit "Oui, hier on a essayé de rentrer en zone bleue, ils nous ont pas laissé rentrer et tout machin." Donc moi j'enlève mon badge, je lui donne et elle commence à pleurer. Je qu'est-ce qui t'arrive cousine ?

Et là elle commence à à m'expliquer qu'en fait c'est une dinguerie ce qui est en train de se passer. Son peuple a pas d'eau. Il y a une surmortalité euh parce qu'il y a pas d'hôpitaux chez eux. il y a rien du tout et que Loua a créé un ministère pour les autochtones justement mais que en fait en réalité ils étaient pas du tout représentés ni écoutés mais c'était juste une manière de calmer un peu le truc symboliquement leur donner un peu comme quand on reconnaît je sais pas l'état de Palestine en France en disant OK on va reconnaître ça et on a fait le taf et du coup on a de là s'en est suivi une réflexion sur comment ils instrumentalisaient les autochtones comme nous aussi en France ça peut nous arriver sur d'autres sujets avec les sujets des banlieux et des personnes issu de l'immigration de manière générale et donc cette tokenisation cette manière de prendre des gens et de les utiliser pour leur image.

C'est fou comment c'était un peu universellement mais de la part de Loua finalement alors que on a plutôt une bonne vision de de Loua quand on est de gauche en France. Ouais. Alors après moi j'ai pas rentré en je suis pas rentré en détail sur à quel point il est bancal Lola mais tout ce que je sais c'est que oui 208 morts de leader autochtone en 2024 211 qui sont sont suicidés la même année c'est n'importe quoi.

Et à part un ministère justement pour décorer il y a rien qui s'installe. Et le pire c'est que on parle de peuples qui veulent leur autodétermination. Donc quand on rentre dans un rapport de reconnaissance, s'il y a un sujet qui est reconnu, c'est qu'il y a un sujet qui reconnaît.

Et donc on rapporte dans un dans un rapport hiérarchique de maître esclave en mode "S'il te plaît, reconnais-moi" et eux elle veut pas rentrer là-dedans. Donc moi quand je parlais à A, elle me disait "Mais les autochtones qui sont là-bas, c'est autochtones de gouvernement, c'est des gens qui sont là pour servir leur politique mais derrière il y a rien qui change au niveau de juste l'eau potable chez moi." Et donc on rapport, on rentre dans un rapport où où l'oppresseur s'installe en disant "Bah regardez comme on est bon, comme on est gentil, on fait un geste." Alors que c'est pas une question de moralité, c'est pas une question de bon ou pas, c'est une question de justice. et l'oppresser qui est en mode "Ah, merci beaucoup" et qui devrait être dans une posture de gratitude vis-à-vis de Loula ou du gouvernement brésilien.

Ils ont pas envie d'être là-dedans parce que généralement ça s'est toujours soldé en en catastrophe chez eux. Donc puis même, c'est vrai que même les gouvernements de gauche en général en Amérique latine, même si on imagine et tout, même au Chili ou en Colombie, les peuples indigènes sont persécutés aussi. Il y a toujours des disparitions et ça peut être voilà toujours de la part du gouvernement comme de milicre d'extrême droite hein, mais le gouvernement aussi même de gauche, ils ont des responsabilités là-dessus.

Euh Fis, on avait envie de te demander parce que je je t'ai entendu euh notamment euh chez Mathieu Vidard sur France Interre où euh euh où tu disais que tu avais refusé euh d'aller en avion avec Emmanuel Macron qui t'avait proposé de venir avec lui euh au Brésil. Pourquoi tu as refusé de de prendre cet avion ? C'était au Maroc.

Ah au Maroc, pardon. Maroc ? Ouais.

Euh bah c'était pas une question d'avion [rires] refus. C'était plus une question symbolique de moi ça m'aurait tenu à cœur dey aller en réalité Maroc d'origine marocaine du côté de ma mère. euh ne pas aller voir euh le roi.

Quand je l'ai expliqué à ma grand-mère, elle a pété un plan, dit "Mais tu es fou, quoi." Donc du coup, moi personnellement, il y a j'ai aucun souci à fait que le fait d'y aller. Mais euh il y a toujours un décentrement à opérer que je fais pas tout le jour mais que j'essaie de faire parce que j'ai la chance d'être entouré sur euh euh qu'est-ce que je viens faire là-bas ?

Est-ce que je suis un acteur majeur des relations franco-marocaines aujourd'hui ? Non. Donc si on m'invite, c'est parce que on m'instrumentalise, on m'utilise et donc entre la carrière et la mission, il y a qu'imp pas.

Je suis censé être en mission pour des gens. En tout cas, je me présente comme tel et dès qu'il y a une opportunité pour moi servir mes intérêts, parce que c'est dans mon intérêt moi d'aller parce que j'ai envie de créer une école à Esaura, j'ai envie de faire plein de trucs au Maroc, j'ai totalement envie d'y aller. J'ai pas pas commencé à faire je sais pas quoi.

Mais en réalité, je me suis retrouvé à à refuser ça, mais juste parce que je voyais bien que c'était une récupération de mon image, des photos que j'allais pas maîtriser, un environnement que je connaissais pas et qui allait me déposséder de ce que je veux porter comme message. Et donc, j'ai dû refuser mais à contrecœur totalement. Bah oui, en même temps effectivement ça paraît logique avec tout ce que tu dis, avec tous tes engagements surtout à un moment où il y a des un certain nombre de manifestations populaire au Maroc.

Ai c'était avant c'était avant mais oui oui carrément. Ouais. J'ai commencé à le dire en intro.

Donc tu as cofondé Banlieu Climat en 2022 avec Sana Saitoui, Abdel Ali Badawioui et le rappeur Sefio. Est-ce que tu peux nous parler un peu de cet assaut, nous pitcher globalement pourquoi tu as eu envie de créer cet assaut et pourquoi vous vous battez ? Bah effectivement, on l'a créé il y a 3 ans.

Euh, on s'est réuni sur un constat autour de la question de la santé et des exposomes dans les quartiers, soit à quand on est exposé et qu'on capte pas toujours euh les violences qu'on vit par plus parfois on la vit, moins on la voit. Donc, on était dans ce constat-là de faut qu'on se réapproprie un truc qu'on subit. Il faut qu'on ait l'expertise scientifique dessus.

Faut qu'on ait les outils à la fois culturel mais aussi les outils tout simplement pédagogiques de se réapproprier le truc pour ensuite monter une formation qu'on a créé. donc il y a 3 ans et après on va un peu partout. Euh on a commencé donc à Strasbourg en Île-de-France avec comme vous l'avez rappelé Abdialifi et et Sana probable d'ailleurs quand j'ai vu c'est fio dans la liste [rires] et cétait aussi un pour moi la bou dans ma tête [rires] enclencher quand j'avais 16 ans j'écoutais en bouant [rires] dès qu'il y a un événement on met molotof à fond c'est c'est un prétexte pourquoi tu mets molotof ? parce qu'il est cfondateur alors que pas du tout.

On l'aurait mis dans tous les cas. [rires] Mais mais ouais, du coup, c'est c'est un fit qui était cool. Et puis en plus, c'est des gens qui ont plus d'expérience que moi.

Donc, ils ont l'habitude du milieu associatif, ils ont l'habitude du milieu politique aussi d'éviter les récupérations, comprendre un peu ce qui joue. Donc moi ça m'a beaucoup aidé d'être en lien avec des gens avec expérience. Et puis voilà, on a commencé Strasbourg, Île-de-France et puis maintenant, on est à Montpellier, à Marseille, à l'Aval, il y a des jeunes qui en sont qui sont en train de créer une antenne et qui ont créé leur propre assaut là sur sur le territoire.

Donc c'est trop bien. Ouais. C'est c'est tu parles des formations, enfin c'est quoi ces formations ?

Qu'est-ce que vous apprenez ? À qui ? Euh bah à la base, nous vraiment le le point de de départ c'est de l'éducation populaire.

Donc on commence avec une formation euh de 8h qui est certifiée par le ministère de l'enseignement euh supérieur avec des connaissances euh très théoriques sur le climat, sur les sécheresses, sur le bout de rétroaction, sur le permafros, sur les réfugiés climatiques. Tout ça on l'étudie mais aussi avec un focus spécifique sur les territoires où on va. Ça veut dire que quand tu vas bagnoler, un enfant sur tr qui a de l'asthme, OK, c'est intéressant de comprendre la pollution de l'air, les particules fines.

Quand on va en à Montpellier, c'est intéressant de comprendre la sécurité sociale de l'alimentation, qu'est-ce qui se passe aussi là-bas euh et les enjeux au niveau des pesticides et cetera. Donc, on on essaie de de localiser le truc, de rendre ça le plus concret possible et euh c'est des formations d'une journée à la base et euh c'est un peu près une 20 20 25 jeunes conforme et les plus motivés de ces jeuneslà sont ensuite invités à devenir formateur et donc là, on les ramène à Paris. On a une école à Saint-Touin qu'on a ouvert il y a 1 an maintenant, plus d'un an, en octobre 2024.

Et euh c'est là-bas on accompagne tous les jeunes qui veulent ensuite devenir formateurs. Et leid, c'est que c'est pas à moi ou à nous de venir sur chaque territoire et de garder une forme de monopole. c'est ensuite à ces jeunes-là de revenir sur leur territoire et euh structurer localement et de se saisir la question écologique parce que c'est aussi ça l'objectif et puis ne serait-ce que le nom de l'association banlieu climat, c'est de vraiment faire en sorte que l'écologie elle ce soit un sujet qui soit partagé et que ce soit plus euh pour dire de manière caricaturale, mais peut-être que c'est ton analyse aussi monopolisée par une bourgeie blanche carrément.

Comment tu vois ça toi ? Ouais, totalement comme ça. Il y a c'est l'objectif, c'est essayer de les les présents créent des absents et à partir du moment où il y a quelqu'un qui va s'accaparer une question, qui va la monopoliser, qui va l'incarner.

Même moi là je parle, il y a des gens ils vont dire "Mais qu'est-ce qu'il raconte celui-là ?" Parce que de de fait de de ta manière d'être quoi, ton incarnation et donc nous, on a vraiment ce truc-là de euh le message passera toujours à partir du moment où le messager euh est identificatoire pour les gens qu'on va aller chercher. Et donc c'est ce qu'on a essayé de créer en disant bah moi il y a des réalités que je connais pas.

Donc c'est des jeunes qui vont qui sont sortis de présent par exemple qui vont aller former quand on va à la santé par exemple. Donc c'est vraiment essayer de faire en sorte de mettre en face de chaque public les jeunes les plus adéquats qui ont eu cette connaissance, cette expertise là qui est hyper importante pour derrière en mesure d'avoir cette légitimité et reprendre effectivement une part du débat public sur la question de l'écologie. Nous, il y a plein de mamans qui se sont engagé récemment sur la question du Mercure dans le Ton.

Elles ont fait des campagnes incroyables. Là, on est sur la question de la mobilité. On a fait un strager Saint-Tin Strasbourg à vélo avec un groupe de mamans et de jeunes.

C'était fou. Donc on réinvestit des des thématiques qu'on avait un peu abandonné, mais plus qu'on le fait en groupe, plusqu'on le fait avec une forme d'expertise, on se sent déjà plus à l'aise à y aller. Et donc effectivement, il y a banlieu, climat.

Climat, c'est de manière générale l'écologie, mais c'est aussi une porte d'entrée pour une conscientisation un peu plus politique des violences qu'on subit. Puis c'est vrai qu'en plus tu dis souvent et ce qui est très juste c'est que finalement et ben ce sont ces personnes qui vont être les premières à subir justement les violences que ce soit à la fois sociale, écologique, économique et cetera et qu'en fait c'est les premières concernées et c'est elles qui vont en pâtir le plus que ce soit voilà de de tous ces dérèglements, de toutes ces choses et donc qu'on les éloigne de cette question alors que c'est elles qui vont en être les premières victimes. Bah c'est vrai que c'est hyper important de pouvoir se réapproprier cette lutte là que ce soit pas d'autres personnes qui parlent justement en votre nom et cetera.

Et donc ça, je trouvais ça hyper intéressant ce trucl et la question justement de cette violence là, j'ai vu que tu avais été piégé, tu en as parlé d'ailleurs il y a pas longtemps dans un super une super vidéo. Je voyais où tu Ouais, jeis essayer de d'expliquer. Il faut aller voir la vidéo, elle est super bien. sur Yard, je crois. et euh où en fait tu racontes comment euh tu arrives, tu vis du cyberharcèlement aussi et en fait comment une séquence, je veux pas dire de bêtises, mais une séquence sur BFM TV où on te piège un petit peu en te posant des questions parce que tu as un discours sur la violence qui est hyper intéressant justement de violence à la fois de la santé et cetera et on te piège sur le truc des violences polici des violences sur un policier et et à ce moment-là en fait tu enfin je c'est un peu compliqué de l'expliquer comme ça faudrait voir plutôt la vidéo et je voulais te demander en tout cas justement par rapport à cette question de la violence et fait des violences que justement que subissent les classes populaires et dont on voilà dont on essaie de de pas trop te laisser parler de ça alors que c'est ça qui est hyper important et c'est un enjeu dont il faut parler justement et que dans les médias on j'ai l'impression on te coupe beaucoup la parole on veut te remettre un petit peu sur le chemin genre mais vous condamnez quand même [rires] ça mais non là c'est nous qui subissons les violences vas-y par non mais c'est fou parce que c'est exactement ça le problème c'est plus le problème c'est mais c'est le fait de parler du problèm et donc en fait on est en train de dire bah il y a une dinguerie qui est en train de se passer et le problème c'est pas la dinguerie en elle-même mais c'est le fait qu'on commence à l'aborder parce que nous on a un problème je pense souvent en Occident avec la question de la violence en disant et particulièrement en France en réalité sur le fait queon est une société civilisée et donc par définition on ne peut pas être violent.

La violence n'est pas une catégorie pour analyser les politiques publiques d'un état puisque ça peut être une coerition, ça peut être une une réponse légitime à des débordements. On peut utiliser plein d'arsenal sémantique pour qualifier ce qui se passe mais jamais on va parler de violence. Et donc nous, on était juste en mode en train de dire bah euh OK, il y a des violences euh en réponse mais en réponse à une première violence, une violence politique qui s'installe, qu'il faut qualifier comme telle et que généralement elle s'installe aussi dans des endroits où on n'a pas l'habitude de la voir.

On on est d'accord pour dire que la police peut être violente à des moments. Enfin, on est d'accord, c'est même pas sûr, mais euh en tout cas, moi je suis d'accord avec moi-même. Mais par contre, il y a des gens qui vont se dire "Mais dans l'école, il y a pas de violence.

Dans l'institution judiciaire, il y a pas de violence." Et donc c'est dans ces espaces là que notre travail à nous c'est de visibiliser ces violences là et on violence de classe aussi dont tu parles. la violence de violence de classe.

Exactement. La violence symbolique même sur le sur les ces plateauxl en fait c'est ultra violent parfois et moi je le remarqu pas sur le coup mais c'est que après justement avec on a essayé de de de décrypter ça en disant en fait moi c'est pas c'est pas moi le sujet le sujet c'est de manière générale comment en installant un rapport du politique vers le moral en disant mais cette personne-là est potentiellement défaillante dangereuse elle parle de violence elle veut être violent mais on s'en fout de ce que je veux c'est pas ça sa question le sujet c'est comment on est juste et là en l'occurrence quand il y a pas d'autres moyens d'expression ça peut être à des moments une réponse qui va s'installer parce que la colère vous lui az pas donné de forme politique pour qu'elle s'exprime parce que les partis ont réquisitionné beaucoup de choses sur le champ politique parce que tu as pas de salle, tu as pas de subvention, tu peux pas exister politiquement parce qu'on a atomisé les gens donc ils pensent que à eux-mêmes. Donc tout ça fait que la colère s'exprime d'une forme qui va vous déplaire.

OK, maintenant qu'on en parle, vous voulez pas l'entendre. Et c'est à ce moment-là que quand on essaie d'en parler et ben là, on est directement euh décalé vers le champ de cette personne est un peu brancale, moralement défaillante. On a une sénatrice qui avait fait un courrier au Premier ministre euh pour dire que euh mon assaut devait arrêter de toucher des subventions parce que c'était euh très dangereux ce qu'on faisait alors que nous vraiment on est sur des plantes et des fleurs et on essaie de politiser un peu ça.

Mais quand on était en gros les gentils noirs et arabes à parler de ça, tout allait bien. Et à partir du moment où on commence à structurer une pensée en disant bah en fait oui, on continue à parler de ça mais il faut aussi visibiliser ce fait que cette violence elle part pas de nulle part, elle est pas abstraite, elle tombe pas du ciel, elle est faite d'un système d'une municipalité d'une structure qui parfois ça bas sur des populations. Et donc nous quand on fait une école à Saint-Touin et ben oui, tous les lundis, tous les mardis, il y a des policiers qui arrivent municipaux qui font la hagla à nos jeunes qui sont là contrôle sur contrôle.

Donc ça on en parle juste. Mais une fois qu'on a commencé à en à à à aborder ça et ben généralement il y a un déplacement de la politique vers la morale qui discrédite et qui disqualifie la parole. Et nous ce qu'on essayie de dire c'est que c'est je suis pas le premier à qui ça arrive.

Je serai malheureusement euh pas le dernier. Mais que l'idée c'était de dire euh bah ouais faut ça s'arrête parce que euh nous aussi euh en tout cas dans les forces progressistes ou je sais pas comment on peut appeler ça en tout cas ceux qui veulent juste être un peu normal euh il faut qu'on soit aussi structuré pour proposer une réponse parce que généralement il y a une masse de gens neutres. Et le monde il se défait pas parce qu'il y a des méchants, il se défait parce que il y a des gens qui se sont tu masse qui a dit "Bah en fait, on sait pas peut-être que Feris il est peut-être que en vrai il veut il veut frapper des policiers.

Peut-être que c'est ça. Nous on fait pas des formations pour caillasser des CRS. Et le jour où on fera ça peut-être qu'on pourra être mais c'est pas encore la violence structurelle de l'État quoi.

Voilà, c'est ça. Et et mais quand on en parle parce qu'on peut être très vite disqualifié et ben on peut rentrer dans un rapport très bizarre de on pas trop prendre position. Est-ce que c'est compliqué ou pas ?

C'est pour ça que c'était important de faire cette vidéo de décryptage de comment on passe d'un propos assez simple et pas très subversif à la base. Et parce que ça a été traité d'une telle ou telle manière par l'extrême droite ou remodifié ou changer, on arrive ensuite à une disc un discrédit comment dire discrédité. Ouais, ça ça marche très bien. [rires] Ça me fait penser à un truc.

J'écouté une interview de toi sur le plateau de C soir, tu disais on parle avec une standardisation du langage qui découle d'une homogénéité des origines sociales. On nous dit "Racontez-nous vos oppression" mais de manière calme et détendue. Ça reprend un peu ce que tu es en train de nous dire.

Il faut pas brusquer le dominant par les dominés. Ça m'a fait penser à Casé, je sais pas si vous avez la rêve de Céet. Ouais.

Ouais. Qui disait dans une interview, "Tu peux dire, tu peux dire ce que tu vis, mais faut le dire gentiment, faut le dire poliment parce qu'en Occident, la colère, c'est l'ennemi de la raison, c'est l'ennemi de la réflexion et donc c'est une façon de disqualifier le discours finalement." Enfin en fait quand je t'ai écouté et quand j'ai repensé à cette interview de casé, je me suis dit mais vous dites exactement la même chose.

Moi, je me suis inspiré de casé à ce momentlà déjà et je l'ai remis à mes étudiants en plus casé il y a quelques quelques semaines à la Sorbon parce que parce que j'aime trop ce qu'elle raconte et c'est totalement ça et c'est que c'est d'une insolence incroyable d'être en mesure de dire mais raconte-moi ta douleur mais dans des termes totalement calmes et dépolitisés. Donc cette manière-là de pas brusquer le dominant fait que du coup bien évidemment que l'expression de cette colère va inévitablement être violente parce que on nous fait comprendre qu'on a pas les codes pour s'exprimer. On n pas on nous fait comprendre qu'on a pas la capacité de s'exprimer pour être audible auprès de une sphère publique ou auprès des politiques qui sont censés nous représenter.

Donc à force d'être relégué dans la case de l'inaudibilité. On est inaudible, on est inaudible, on est inaudible. Au bout d'un moment, si vous comprenez pas quand on parle, vous allez comprendre autrement et et c'est inévitable que ça se passe comme ça.

Et même moi, je me pose beaucoup la question de ma place dans tout ça parce que j'ai eu la chance d'avoir des profs qui m'ont beaucoup accompagné, d'avoir des parents qui sont hyper présents enfin qui était hyper présent, d'avoir d'avoir été à étudié quoi, d'avoir fait des études après le bac et tout, même si je j'ai vite arrêté, ça fait que je rentre dans leur code à eux ce qui fait que je peux très vite être instrumentalisé, très vite être utilisé en disant bah regardez, on a invité Feris, donc ça veut dire qu'on fait le taf alors que pas du tout. Donc en fait, il y a un truc dans la formulation de cette colère euh qui que Kaz raconte en disant "Bah en fait cette colère là, elle est parce qu'elle est colère disqualifié et elle doit prendre des formes qui sont audibles pour eux." Ben en fait pas forcément.

Et qu'est-ce qui se passera le jour où en fait à force de d'avoir la d'avoir censuré, d'avoir utilisé parfois des gens comme moi à tort en disant "Bah regardez, on vous on vous écoute, on vous écoute." Bah non, en fait parce qu'il y a des formes d'expression qui ne sont pas appropriées aux espaces qui sont créés. Ça veut dire que peut-être sur un plateau télé, c'est pas assez euh euh ouvert ou pas assez ou de la part de comment c'est créé, comment c'est articuler.

Ça rentre pas dans ces violences là. Je prends l'exemple parfois de Jamila Aw qui habite à Marseille depuis 2011 et alerte sur le fait que à la cité Herbelle, il y a son frère qui est mort, c'est sûr qui est tombé malade parce que l'eau est polluée depuis 2011. Elle croise Macron en 2017 ou 2022 ou je sais pas quand.

Elle l'interpelle de manière moi, j'estime plutôt calme. Mais bien sûr, si elle pète un plomb, c'est normal. Encore heureux en fait. parce que à ce moment-là, il y a il y a il y a depuis 2011 des gens qui meurent dans ta cité et tu peux juste rien faire.

Euh j'avais très envie de te poser la question, Feris aujourd'hui de l'incarnation parce que alors tu en as déjà parlé un petit peu là en nous répondant mais et puis tu en parles beaucoup euh notamment autour d'un tweet qui t'a étaé adressé justement je crois quand tu étais intervenu sur ce soir sur l'arabe en survette qui s'est parlé et que c'est la manière dont caricaturait. Comment est-ce que toi tu vis ? Comment est-ce que tu politises le sujet de l'incarnation nécessaire ?

On a besoin de voir des gens qui ont l'air de venir de banlieu. C'est c'est ultra Quand je dis on a besoin, c'est je parle là aussi en tant que banliezard, j'ai besoin de voir des gens qui me ressemblent, qui ont un parcours où je me dis bah on a dû avoir le même parcours, on a dû connaître la même chose. Il a peut-être grandonné dans une cité alors que peut-être que c'est pas du tout ton cas d'ailleurs.

Mais en tout cas, c'est comme ça que moi je vais me projeter. Et en même temps, je t'ai entendu dire aussi, moi je peux pas représenter tous les jeunes de banlieu et c'est évident qu'on peut pas te faire porter ça sur les épaules. Et en plus de ça, il y a le racisme ambiant, on va te caricaturer et cetera.

Comment tu comment toi tu arrives à der avec tout ça ? Comment tuas tu arrives à à avoir une ligne directrice sur ta prise de parole, sur ce que tu incarnes ? C'est super compliqué en vrai.

Je pense que les questionnements et moi ils commencent à un jour ils vont tellement me fatiguer que ça je vais arrêter tout ça [rires] parce que je te jure ça me de quoi ? De prendre la parole publiquement, tu veux dire ? Ouais ouais.

Ben c'est le but à terme parce que en fait je suis passé par tellement de phases au début j'étais tu es jeune tu as 23 ans. On l' pas dit mais ça oui. Mais du coup en 3 ans il y a eu tellement de réflexion alors que c'est court en réalité de 3 ans mais au début j'étais en mode ah je suis trop content.

Euh parce que même sur la question des de la représentation des ouvriers par exemple à l'Assemblée nationale c'est un sujet que mon père m'a toujours porté depuis que je suis petit. Il était en mode parce que mon père çait 25 ans qu'il est dans la même usine 25 ans que il en peut plus. Et donc je me suis dit "Ah tiens, j'ai l'occasion de parler au nom de de mon père, au nom de ma famille, au nom des gens autour de moi." Donc j'étais trop content.

Ensuite de ce truc de fierté, on passe à un truc de les gars, tranquille quand même parce que là je reprenne pas tous les Arabes de France et je comprends ce besoin d'identification mais quand il y a un blanc qui parle, il reprennent pas tous les donc pourquoi moi là d'un coup qu'est-ce qui vous arrive ? Donc du coup je me suis dit "Attends, il faut que je prenne du recul." Ensuite étape numéro 3, vu que j'ai la chance d'avoir un entourage qui me pousse beaucoup, je me suis dit "Ah bah en fait, il faut que j'accepte cette responsabilité là, que j'accepte de venir parler." C'est pour ça queavant chaque plateau, avant chaque émission, j'appelle 43 personnes en leur disant "Ben du coup toi, c'est quoi le ton rapport à ce sujet-là ?

C'est comment un truc ?" Après BFM, il y a plein de gens, ils m'ont de mon entourage, de mon cercle qui m'ont qui m'ont qui m'ont terminé en disant "Mais Féis, tu vas pas sur BFM tant que tu es pas préparé préparé préparé et en fait euh tu es en mission quand tu parles là-dedans. Tu es en mission." C'est dur, c'est c'est lourd, c'est dur.

Mais au bout d'un moment, si je dois euh enfin, on est 2025, la France de Macron tout est dur en vrai. Ça veut dire soit j'accepte jusqu'au bout la responsabilité, soit je l'accepte pas. Sauf que moi j'avais tellement pas de recul sur moi-même ou quand je vais sur BFM, tu t'es dit que tu allais pouvoir porter un message et effectivement comme tu disais, tu as été piégé et puis il y avait aussi peut-être l'idée de te discréditer justement de oui, c'est soit tu peux être instrumentalisé genre voilà regardez, on relais cette parole soit aussi il y a ce que tu dis ce truc aussi de on va l'inviter mais pour pour aller à l'encontre on va dire de de ce que tu enfin essayer de de casser on va dire ton argumentaire et tout.

Oua mais le pire c'est que j'avais déjà perdu parce qu'en plus je suis arrivé avec deux vestes une veste blanche une veste bleue. Dis ouais la la coste blanche elle est bien mais moi j'ai même pas de recul. Je me dis "OK, je tranquille en plus je leur ai posé la question donc il y a rien." Je me pose, je vois le bandeau antiflic. [rires] Ça commence, je regarde à droite, je regarde à gauche, je me dis bon, il y a un ancien préfet l'antiflix ça veut pas être lui. [rires] Il y a une présentatrice, l'entiflic ça ça veut pas être ça.

Ah c'est Ah ok, je capte délir, tu t'es vraiment posé les questions. Mais oui et du coup moi qu'est-ce qui se passe ? C'est que je commence à sourire à ce moment-là parce qu'ils me disent et d'ailleurs il y a un policier qui s'est fait tabasser récemment.

Tiens, regardons la vidéo. Je fais mais j'ai parlé avec la programmatrice très gentille au demeurant. Elle m'a pas parlé de ça.

Enfin, si, elle m'a dit, elle m'a posé la question et je lui dis "Je ne connais pas l'affaire Tourcoin, je ne la connais pas." Par contre, moi je viens parler de du rapport de l'État, de Max Weber, de comment la violence est pas forcément légitime. Moi, je parle de ça.

Ah, tu veux pas qu'on en parle ? OK. En plus, tu me mets une vidéo.

Ah, OK. Et donc au fur et à mesure, tu t'es vraiment fait piéger. En plus, le pire, c'est que je souris quand la vidéo elle arrive et après sur Twitter, ça dis "Ah ouais !" Du coup et même mes potes, ils ont commencé à me charger en disant "Bah en fait, c'est pour faire rigoler Fis, il faut une une vidéo d'un policier qui se fait tabasser." En fait, j'ai Mais non, mais les gars, j'ai rigolé parce que je me suis dit "Ah les enflures ils m'ont eu", tu vois.

Et euh et en fait, j'avais tellement il faut tellement penser à tout, avoir un recul sur ce que tu représentes, ce que tuincarnes, ce que tu vas défendre que ça devient fatiguant. Et sur le coup, moi je je capte que sur l'émission. Je suis en mode "Ah ouais, OK.

Donc l'antiflic, bah c'est moi. Les gars en blanc là en Lacoste, bah c'est encore moi. [rires] Et le gars qui rigole quand il y a un policier qui s'est fait tabasser, c'est à nouveau moi.

Mais donc du coup ça faisait beaucoup de mois là dans ma tête d'un coup et je me dis d'accord en fait même quand on essaie de proposer un propos assez clair que j'envoie à l'avance au programmateur que tout est carré bah en fait non rien n'est carré. Et donc euh c'est comme ça que je me dis bah ça devient un peu éprouvant de gérer le truc mais on n pas trop le choix je pense. Très bien.

Ben merci beaucoup euh Féis peut-être juste où est-ce qu'on peut te suivre suivre les activités de de banlieu climat ? Comment est-ce qu'on peut soutenir ? Sur euh sur Instagram, sur le terrain aussi en réalité hein.

Sur le terrain c'est important. Nous quand on va dans des endroits on essaie de monter des antennes locales. Là, on va partir à Lyon par exemple prochainement pour soutenir une assaut qu'on a formé et qui fait peur au à la municipalité parce que en fait dès qu'on commence à structurer un groupe, c'est pour ça qu'ils veulent pas qu'on s'organise, ils veulent pas qu'on se réunisse, ils disent "Mais attendez, est-ce qu'ils vont prendre les municipales ?

Est-ce qu'ils vont prendre les élections ?" Non, poto, on est juste là pour faire de l'écologie tranquille. Donc soutenez-nous sur le terrain, des tulipes et voilà.

Exactement. [rires] C'est juste ça le il y a pas de politique. Pas de politique, pas de politique.

On n'est pas là-dedans. Mais du coup, soutenez-nous sur le terrain, aidez les jeunes qui accompagnez-les, essayez de faire du mentorat avec nous quand on peut en tout cas faire des échanges de connaissance, on prend toujours et puis sur les réseaux sur Instagram, on est là. Si si on veut s'inscrire par exemple à une formation et c on va sur ban climat.

Ça c'est chaud. Ça c'est pas possible. Nous justement on s'intéresse aux gens qui sont pas intéressés.

Donc si quelqu'un s'inscrit euh bah du coup c'est c'est mauvais signe vraiment. [rires] Mais oui, mais j'ai entendu en plus que tu avais dit à des gars pour les motiver à venir à une formation que il y avait tournoi de foot et du coup les gars mecs il avaient ils étaient débarqués en crampon dimanche matin à 9h et en fait ils ont une formation donc tu es un grand manipulateur en fait c'est très [rires] finalement merci beaucoup merci beaucoup Fercat on invite évidemment les gens à aller te suivre toi et l'association que tu représentes sur les réseaux sociaux merci beaucoup je t'invite à quitter le plateau on se revoit vite merci à la prochaine. Euh c'est la fin du fit de ce fameux Bfort de Saira.

On va maintenant passer à la suite de cette émission avec la partie actu. [musique] Bonsoir. En 2024, au moins 272400 personnes, quasi exclusivement des femmes, ont été victimes de violence conjugale selon le ministère de l'intérieur.

Et encore, ce sont des chiffres lgement sous-estimés. puisqu'il ne se base que sur les plaintes déposées. En 2025, on compte déjà au moins 152 féminicides.

Bref, les rapports de domination et de violence se perpétue et le patriarcat tue. À l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et de toutes les manifestations qui ont lieu ces derniers jours, on voulait donner la parole à celles qui subissent et qui luttent contre sa violence et pointer l'abandon de l'état des victimes. Pour en discuter, Elis Binville, vous êtes là, vous êtes gérante d'un bar à Palaiso dans les sonnes depuis 10 ans.

Vous êtes une ancienne institutrice. Vous avez subi des violences conjugales de la part de votre conjoint. Votre fille a subi un viol par l'un de vos anciens amis.

Ça vous a poussé à vous former sur les question de violence sexiste et sexuelle et à vous engager localement en politique. Bonjour Élise. Bonjour et merci d'être là.

Bonjour. Avec plaisir. Merci à vous.

Midgunoundbai à votre droite, vous êtes la directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes à un réseau de 83 associations qui accueillent, accompagnent et héberge les femmes victimes de violence et leurs enfants. Solidarité femme, c'est aussi le 3919 le numéro d'écoute nationale destinée aux femmes victimes de violence. Et avec nous évidemment Karine, Karine Jeancelme.

Bonjour Karine, tu vas bien ? Bonjour. Ouais, très bien.

Euh tu es journaliste à la rubrique société de l'humanité et spécialiste notamment des enjeux féministes et de la lutte contre les VSS. Merci à toutes les trois d'être venu. Euh je commençais à le dire.

Élise, vous étiez en relation avec un homme pendant 10 ans. Euh vous teniez avec lui un bar, il a été violent avec vous, il vous a frappé et vous nous racontiez que c'est parce que votre fils a hurlé qu'il vous a lâché. Vous avez décidé de partir, de vous enfuir.

Vous avez vous avez vous êtes en fuite de votre maison. Vous avez laissé derrière vous votre maison, votre barre, tous les papiers finalement extrêmement précieux. À ce moment-là, vers qui vous êtes tourné pour trouver de l'aide ?

Comment vous avez été reçu, accompagné ? Ben, je me suis tournée vers ma famille, mes parents, ce sont mes parents qui m'ont accueilli à ce moment-là. Donc, on a vécu à nombreux dans un petit F2 pendant pas mal de mois, le temps que je puisse récupérer euh bah tout ce qu'il fallait que je récupère pour le coup.

Euh je me suis tournée euh bah de manière assez logique vers les les forces de l'ordre. Donc, je suis allé à la police d'abord et puis à la gendarmerie, enfin à la gendarmerie d'abord pour porter plainte pour les violences que j'avais subis. Et euh par la suite, il a fallu aussi que j'ai affaire à la police nationale et ça a été un petit peu plus compliqué à ce moment-là pour le coup parce que je me suis retrouvé en fait, j'avais euh il a fallu que je récupère mon entreprise, que je récupère la la gestion du bar, que je récupère tout ça.

Donc j'ai été accompagné par mon avocat pour le coup qui s'est qui a très très bien travaillé et je me suis retrouvé à un moment où j'avais donc licencier tout le monde où j'étais plus j'étais la seule dans mon entreprise, j'étais la seule à même à gérer mon bar et j'avais pour autant toujours mon ex qui y était et donc j'ai été obligé d'aller à la police pour leur expliquer la situation que donc mon commerce était exploité par quelqu'un qui n'avait rien à y faire et ils m'ont dit qu'il pouvait rien pour moi. C'est la seule réponse que vous avez eu de la part des forces de l'ordre police et gendarmerist et on peut rien faire pour vous ouais à ce moment-là. Ouais.

Est-ce que c'était une réponse auquelle vous vous attendiez ? Non, pour le coup, j'étais bah évidemment très surprise. Je me suis dit que du coup bah c'était chouette parce que je pourrais aller exploiter la boulangerie du coin si j'avais envie du coup.

Et non, non, j'ai j'ai eu aucune aide, aucune orientation, rien du tout à ce moment-là. Quand vous avez déposé plainte, ça s'est bien passé ? Vous avez été tenu au courant de la situation ?

ça a mis 2 ans. J'ai j'ai jamais eu de nouvell pendant 2 ans et au bout de 2 ans, on m'a demandé si je souhaitais encore porter enfin si je souhaitais aller au bout de cette affaire. Et 2 ans après, on parle bien de la plainte pour violence hein.

Oui, tout à fait. Ouais. Et donc au bout de 2 ans, ben j'ai décidé de de laisser tomber parce que ça servait à rien.

Il était parti, j'avais plus aucun contact avec lui et que ça aurait mis en plus mes enfants dans en difficulté à mon avis à ce moment-là. Je rappelle un petit chiffre, 86 % des plaintes pour VSS terminent en non lieu, 95 % pour le viol selon l'Institut des politiques publiques d'avril 2024, 6 % des femmes victimes de violence ou d'agression sexuelle portent plainte. Donc ce que vous racontez, ça montre aussi que quand on subit des violences, c'est extrêmement dur déjà de déposer plainte, ensuite de faire en sorte que la plainte aille au bout et ensuite même quand la plainte va au bout, finalement il y a très peu de chance que l'auteur des violences finisse par être jugé.

Euh peut-être miné euh ce que raconte ce que raconte Élise sur la façon dont elle a été reçue euh par les forces de l'ordre. Vous qui travaillez avec beaucoup d'associations, qui accompagnent, qui reçoivent, qui écoutent les femmes victimes de violence. Est-ce que c'est des c'est des récits ?

C'est des des témoignages que vous entendez souvent ? Absolument. Certaines choses se sont améliorées dans les commissariats, mais ça reste encore des témoignages qu'on entend également au 3919.

Euh c'est ce que nous on appelle des dysfonctionnements euh polices, hein, dans nos dans nos statistiques. Euh ce qu'il faut dire, c'est que effectivement il y a il y a différentes manières euh de d'être accompagné euh dans dans cette sortie des violences. Euh dans la situation d'Élise.

C'est plutôt vers sa famille qu'elle s'est tournée. Euh certaines femmes n'ont pas effectivement non plus de contact parfois avec leur famille ou n'ont pas de lien suffisamment fort avec leur famille. Donc elles vont plutôt pousser la porte des associations qui parfois vont pouvoir leur trouver des structures d'hébergement.

Il y a autant de témoignages de femmes que de situations différentes et c'est ça aussi qu'il faut pouvoir entendre et que parfois euh soit les forces de l'ordre, soit les professionnels qui sont en contact avec les femmes victimes n'appréhendent pas bien. Vous disiez qu'il y a certaines femmes qui se tournent vers des associations. Ça a pas été votre cas É pour plein de raisons.

Vous aviez pas la force, vous y avez pas forcément les contacts, connaissances et cetera. Euh euh est-ce que pourquoi euh min c'est un enjeu aussi pour les associations ? Se rendre euh accessible, disponible, présente sur le terrain, qu'on soit pas obligé de faire euh une demi-heure de voiture ou 45 minutes de transport en en quoi enfin évidemment c'est un enjeu, mais comment on fait pour euh pour rendre plus accessibles les associations euh qui viennent en aide aux victimes euh de violence sexité sexuelle ?

Alors déjà, il y a le 3919 qui est la ligne d'écoute d'information et d'orientation. En 2024, c'est plus de 100000 femmes qui ont appelé le 3919. Euh donc ça veut dire que c'est une porte d'entrée, c'est pas la seule.

Et donc nous on a aussi vocation à mieux faire connaître ce numéro qu'on a créé et qu'on gère depuis 1992 où les femmes vont trouver dans cet espace-là une écoute bienveillante et surtout pas injonctive. C'est-à-dire qu'elles ont au bout du fil des écoutantes qui sont des professionnels et qui vont pouvoir les accompagner déjà un à déposer leurs témoignages là au téléphone et de pouvoir les accompagner et décrypter ce qu'elles sont en train de vivre parce que effectivement il y a différentes formes de violence et ce que dit Élise aussi c'est qu'elle a vécu des violences économiques conjugales également. Euh il y a les violences physiques et les violences économiques conjugales.

Nous à la Fédération nationale de solidarité femme, on a identifié sep types de violence conjugale. C'est pas uniquement les coûts. Et donc c'est aussi important d'avoir au bout du fil des professionnels qui sont en capacité de pouvoir les accompagner à dire bah ce que vous êtes en train de vivre là, c'est aussi des violences économiques et il faut poser déjà les mots.

C'est très important parce que toutes les femmes n'ont pas forcément toujours conscience de l'ampleur des violences qu'elles vivent. Et les statistiques au 3919 nous le prouvent, les femmes vivent toujours deux à trois types de violence en même temps. C'est-à-dire que dans les témoignages, on va savoir que peut-être ça a commencé par des violences administratives et puis ça s'en est suivi des coups.

Euh c'est important aussi parce que euh l'accompagnement doit se faire de manière plus globale avec ces femmes qui sont victimes de plusieurs formes de violence. Vous parlez des violences financières, on c'est Meta qui a retrouvé un chiffre. Je crois que c'est un chiffre de la fondation des femmes.

Engager une procédure de ce type quand on a subi une violence, ça coûte plus de 10000 € à une victime. Donc sortir 10000 € c'est quand même extrêmement enfin c'est pas donné à tout le monde. Elise, vous nous disiez que quand ça s'est passé, c'était pendant le Covid, donc déjà votre barre était fermée.

Donc en terme de finance, c'était pas c'était pas terrible. J'avais aucun revenu. Ouais.

Vous aviez aucun revenu et en plus on imagine que ça a été un gouffre financier parce que vous avez quand même porté plainte, ça a duré 2 ans. Comment vous en êtes sorti financièrement ? Euh bah j'ai eu j'ai mis en place en fait un un une enfin une campagne de crowfunding en fait.

Je j'ai c'est mes clients qui m'ont sauvé en gros. Euh j'ai bah j'ai expliqué que c'est j'avais j'étais parce que du coup quand mon mon ex-compagnon gérait le bar en fait ça a été fait n'importe comment. Donc j'avais des dettes fiscales, j'avais des dettes sociales donc j'avais le droit à rien pendant le Covid.

Ça a duré combien de temps lui à la gestion du bar et qui reste là ? Il est resté une année à peu près. Ah oui, c'est énorme.

Ouais. Ouais. Donc il a vraiment bousillé la finance de de mon entreprise pour le coup.

Et bah j'ai j'ai repris le bar au mois de janvier. Au mois de mars, on était fermé pour le Covid donc j'avais pas eu le temps de de remettre tout à plat. Et pendant cette période là ensuite oui, j'avais rien et j'étais je suis restée fermée presque 11 mois.

Donc ça a été très très compliqué. Karine, tu avais une question, je crois. [rires] Peut-être je peux juste compléter Karine sur la question des violence économique.

On vient de sortir une étude avec le Crédit Mutuel et et l'OP sur les violences économiques conjugales et en fait 28 % des femmes témoignent ne pas avoir de compte bancaire personnel. Ça c'est quand même encore aujourd'hui. 30 % d'entre elles ne déposent ne disposent pas de revenus en propre autre que celle de leur partenaire et 48 % d'entre elles nous disent qu'elles ne pourraient pas quitter le domicile parce qu'elles n'en ont pas les moyens.

Donc cette question des violences économiques conjugales, elle est vraiment au cœur de la question des violences conjugales et c'est très important de la prendre en considération une fois que vous avez récupéré votre barre. Donc évidemment, on est on est très content que vous ayez pu redresser votre barre, mais c'est pas pour autant que la situation a était réglée. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l'après, une fois que vous avez récupéré votre barre, comment ça s'est passé notamment avec votre ancien conjoint ?

Bah du coup, comme je n'avais d'aide de personne que mes parents, même si moi ils m'ont hébergé, il pouvaient pas m'aider physiquement à récupérer l'endroit, j'ai été aidée par des jeunes hommes un peu costaud. [rires] qui sont venus m'aider en fait pour faire sortir tout le monde puisque j'étais chez moi et il fallait que je puisse rentrer quoi. Et euh donc j'ai été accompagné par des gens, moi je les appelle mes chevaliers, ils m'ont sauvé la vie à ce moment-là.

Ils m'ont ensuite aidé parce que je subissais des des des menaces, des menaces de mort. J'avais des gens qui venaient me mettre la pression pendant que je travaillais, qui venaient déclencher des bagarres, ce genre de choses. Et euh et donc du coup, j'avais ces ces ces jeunes hommes qui étaient là autour de moi et qui euh bah qui faisaient ma sécu quoi clairement.

Donc j'avais quelqu'un qui était de façon anonyme dans la clientèle qui était caché puis j'avais quelqu'un à côté de moi tout le temps, pratiquement tout le temps. Ça a duré combien de temps cette situation ? Euh ça a duré euh ouais 2 ans à peu près.

Ouais 2 ans. Et aujourd'hui vous êtes sereine dans votre bar. Vous avez retrouver un petit peu le euh l'habitude entre enfin comment dire est-ce que maintenant dans votre barre tout se passe bien ?

Vous êtes vous êtes à l'aise d'y travailler ? Vous êtes plus toujours sur le qui vivre en se disant qu'est-ce qui va se passer ? Non non moi maintenant je suis en fait j'ai j'ai fait un gros travail de nettoyage entre guillemets parce que mon ex compagnon s'était amusé à faire des trafics en plus en tout genre dans le bar.

Donc et vous étiez pas au courant mais derrière votre dos, il organisait des C'est ça. Et euh et du coup bah voilà, j'ai été obligé de tout nettoyer, de faire que toute cette clientèle qui était habitué à ce genre de choses dégage et que ça laisse place à la clientèle que moi je voulais. C'est-à-dire une une clientèle familiale où les femmes peuvent venir, elles sont en sécurité, elles sont pas embêtées.

Voilà quoi. Et justement, vous aviez pas peur qu'ils avaient qu'il arrive, qu'il revienne avec d'autres amis que non, la vie s'est un peu occupée de lui maintenant parce qu'il a fait des mauvais choix forcément et du coup il est euh il est loin. Voilà.

Donc psychologiquement, vous étiez sereine finalement, vous avez réussi à reprendre petit à petit. Oui, petit à petit. Il ça a été difficile et puis on a eu d'autres épreuves après mais euh Oui oui oui.

Et judiciairement en fait vous avez aussi euh subi des freins euh quand vous êtes allé à la police. Euh vous nous avez raconté par exemple pour déposer plainte ça avait été un peu compliqué. Euh euh aussi euh quand pour la comment on appelle ça ?

La confrontation aussi. Ça c'était plus par rapport à ma fille. Hm hm. pour le coup.

Mais par rapport au aux violences, en fait, j'ai été reçu une fois euh par la police et j'ai pu jamais eu de nouvell. Hm hm. Du tout.

Et vous nous aviez raconté, il me semble, dans la préparation que vous étiez en discussion, enfin quand vous aviez voulu expliquer ce qui vous était arrivé, on vous a été reçu par une femme qui qui vous écoutait et puis qu'il y avait quelqu'un qui arrêtait pas de passer, qui faisait des blagues. Ça aussi c'était par rapport à ma fille aussi ça. D'accord.

Ouais, on peut quand même en parler. On éque on évoque ce qui s'est passé avec votre fille. Euh donc c'est un de vos amis. donc du groupe dont vous nous avez parlé qui vous a aidé à vous relever finalement qui a profité de cette situation, qui a profité de la vulné dans lequelle était votre famille évidemment, on imagine bien.

C'est ça. Et qui a violé votre fille qui était à l'heure âgé de 16 ans qui en a maintenant 19. Peut-être d'abord comment elle va votre fille ?

Ben, elle c'est une guerrière donc elle a fait un très gros travail sur elle pour pouvoir continuer à vivre normalement. Euh, elle a de grosses équelles, elle a un syndrome post-traumatique assez sévère, mais comme c'est elle est très vaillante, bah elle a réussi à passer son bac. Elle l'a eu avec mention, maintenant elle est à la fac, elle est en 2e année de psycho et c'est pas complètement anodin qu'elle soit en psycho puisqu'elle a elle a décidé cette ce cette enfin, elle s'est engagée dans cette voie parce qu'elle veut travailler justement sur les agresseurs en fait. qu'elle voudrait comprendre d'où ça vient, comment on peut aider, comment on peut soigner, comment on peut comprendre et puis apporter sa pire à l'édifice là-dessus comme c'est fait dans certains pays.

Je sais h voilà, c'est je m'excuse, je reviens un tout petit peu en arrière. Euh c'était aussi par rapport justement aux violences économiques dont on parlait juste avant et je voulais vous demander minet, est-ce que vous justement vous pouvez apporter un petit peu des solutions pour aider financièrement les femmes qui sont victimes, notamment si elles ont besoin de payer des des frais judiciaires ou des choses comme ça ? Est-ce que parce que c'est une des raisons qui doit j'imagine décourager les personnes à faire des démarches aussi le fait de pas pouvoir avoir d'indépendance financière ou pas les moyens.

Quand on sait que 48 % d'entre elles ne pourraient pas partir parce qu'elles n'ont pas les revenus, ça nous interroge déjà et ça doit venir aussi interroger la société quand on nous dise mais pourquoi elles partent pas ? Pourquoi la première claque elles partent pas ? Bah parce qu'en fait souvent elles ne peuvent pas partir aussi.

C'est en moyenne sep fois non ? J'avais lu ça quelque part que Oui. Alors c'est effectivement il peut y avoir jusqu'à c allers-retours jusqu'à ce que la décision définitive se prenne mais on sait aussi que quand le parcours est facilité qu' a un accompagnement ça peut descendre ce chiffre peut aussi descendre.

Donc d'où l'importance d'un accompagnement global parce qu'il faut savoir qu'en fait le parcours de sortie des femmes victimes de violence et ils ont en témoigne, c'est un parcours de la combattante. C'està-dire qu'il y a une revictimisation et que surtout les violences ne s'arrêtent pas au moment où les femmes quittent le domicile. 30 % d'entre elles au 39 sur 100000 appels nous disent que les violences ont continué au moins 1 an après.

Donc c'est important aussi dans nos représentations collectives quand les femmes ont quitté le domicile, elles sont pas encore sorties des violences. Donc ça c'est la première chose. Mais pour revenir à votre question, alors euh avant de dire peut-être comment on peut les aider, rappelez quand même que euh travailler sur la lutte contre les violences faites aux femmes, ça nécessite de penser des politiques publiques globales.

Et donc si on veut lutter contre les violences économiques conjugales, et bien ça veut dire qu'il faut dès le plus jeune âge travailler à une meilleure orientation des jeunes filles qui sont encore orientées beaucoup dans des filières sous-payées du CER par exemple. C'est la question du temps de travail subi des femmes. Euh c'est les inégalités de salaires, c'est les congés parentaux qui sont pas suffisamment équilibrés et qui tout ça engendre infin des inégalités qui vont faire le terro ensuite de violence économique.

Ensuite, nous on a des plédoyers par exemple parce que l'aide juridictionnelle, le montant est un tout petit peu trop le plafond est trop par rapport à des femmes qui parfois ont des revenus qui sont pas élevés mais elles sont juste à la limite et donc elles peuvent pas bénéficier de l'aide juridictionnelle. Donc notre fédération, ce qu'on fait c'est qu'on a des partenaires privés qui nous aident. Donc là, on a un partenariat avec Axa Juridicat pour pouvoir venir combler et soutenir les femmes financièrement pour qu'elles puissent entreprendre des démarches juridiques.

Et c'est très important parce que sans cela, elle ne pourraient pas le faire. Donc nos associations ont ce type de levier par exemple. Je sais que vous renvoyez donc versions pas que par rapport à ce sujet, par rapport à beaucoup d'autres choses aussi pour pour essayer de les de les protéger ou de les aider.

Et je vous ai écouté hier sur France Culture et vous avez notamment expliqué que en fait les structures vers le vers lesquelles vous allez renvoyer les personnes sont submergées, qu'il y a des temps d'attente pour des consultations qui s'allongent de plus en plus, qu'il y a des problèmes de de financement, des baisses de de subvention et du coup c'est voilà c'est c'est quoi en fait c'est les difficultés auxquelles se confrontent les associations et c'est un peu ce que vous venez de dire aussi. Est-ce que c'est quelque chose du coup d'une politique plus globale euh de finalement voilà de d'abandonner un petit peu ? Alors nos associations comme les autres têtes de réseau féministe, hein, le planning, la FNCIF, femmes solidaire, on est tout un peu dans la même situation, c'est-à-dire qu'on est des têtes de réseau avec une fédération et des associations en territoire.

Le 3919, c'est une ligne d'écoute et donc on oriente les femmes. Ça repose sur un triptique, l'écoute, l'information, l'orientation. Et donc nous, on a eu des moyens supplémentaires pour pouvoir écouter plus de femmes et le résultat est là puisqu'en 2024, on a eu plus de 100000 appels.

Donc ça veut dire déjà que les femmes euh nous appellent, qu'elles ont bien identifié ce dispositif et puis surtout que elles pensent qu'au bout de la chaîne elles vont avoir de l'aide et c'est ça qui un suivi qui doit être donc c'est sûr c'est c'est faut avoir le temps et cetera. Ben, il faut que des professionnels ensuite sur les territoires puisque nous on oriente les femmes au plus près de chez elles. Tout à l'heure, vous posiez la question, il faut pas qu'elle soit trop loin.

On a une cartographie très précise de toutes les associations sur tout le territoire vers lesquels on peut orienter ces femmes. Le problème c'est que effectivement quand on oriente ces femmes vers ces associations depuis un peu près 6 mois un an et bien soit les délais d'attente sont trop longs parce qu'il y a pas assez de professionnel d'assistant social de juristes dans les associations. Soit elle trouve porte clause parce qu'il y a beaucoup d'associations qui ont aussi fermé il faut le savoir.

Et donc en fait aujourd'hui c'est tout l'écosystème en territoire qui est fragilisé. Et donc nous ce qu'on dit c'est que si on veut lutter favorablement contre les violences faites aux femmes, il va falloir soutenir les associations parce que sans cet écosystème et bien on rajoute encore de la difficulté et avant tout on met en danger les femmes et leurs enfants. Il s'agit vraiment de mise en danger actuellement.

Je je crois que c'est hier Aurore Berger parlait de l'aide universelle qui est que toute femme qui est subit qui est qui est victime qui subit des violences peut auquel elle peut accéder. C'est quoi cette aide universelle en fait ? Alors l'aide universelle c'est une aide qu'on peut recevoir une fois dont le montant de tête va entre 700 et 1200 € en fonction de vos revenus.

Je crois que la moyenne elle est plutôt autour de 850 900 €. Et donc c'est c'est pas pour un couple ça. C'est pas il me semble que c'est même moins si on est tout seul.

Non. Euh le montant qu'on a pour les femmes, je crois que c'est autour de 800 € à revérifier hein, je veux pas je veux pas dire de bêtises. Et donc la la dame peut le mobiliser une fois pour pouvoir effectivement entreprendre les premières démarches.

Peut-être acheter les premiers jouets que les enfants ont dû laisser à domicile, un peu de nourriture, peut-être une nuit d'hôtel. Donc c'est un coup de pouce en fait et c'est une fois. Donc c'est une aide qui est essentielle euh pour les femmes qui la mobilisent et elles sont beaucoup à la mobiliser.

Mais ça ne suffit pas en fait. C'est la première pierre. Ensuite, il faut que derrière l'ensemble des dispositifs puisse suivre ces femmes.

Euh nous euh les professionnels qui accompagnent ces femmes dans les structures d'hébergement euh parce qu'on gère aussi un réseau de de d'hébergement pour femmes victimes de violence. Elle mobilise évidemment cette aide pour les femmes. Euh on a même un partenariat avec le Crédit Mutuel pour ouvrir un compte bancaire gratuitement aux femmes qui sont hébergés dans nos structures.

Donc vous voyez, on trouve plein plein de solutions, plein de partenaires, mais en fait, il faut que ce soit plus lisible, il faut que ce soit plus facile pour les femmes parce que en fait euh bah celles qui ne savent pas, celles qui ne viendraient pas vers des associations qui n'ont pas l'information et bien c'est encore plus compliqué pour ell. Je reviens à vous Élise. En préparant cette interview, vous nous disiez qu'en fait c'est ce qu'a subi votre fille qui vous a poussé à essayer de comprendre, à vous former, à vous politiser sur le sujet.

Finalement, est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi c'est à ce moment-là vraiment où vous vous êtes posé beaucoup de questions, vous avez finalement essayé de prendre du recul. Donc pourquoi à ce moment-là et aussi finalement qu'est-ce que vous avez appris, compris ? À quelle conclusion vous êtes vous êtes arrivé ?

En fait, quand quand ma fille s'est faite agresser, j'ai eu un moment de forcément de de stupeur. On a on a cru mourir à ce moment-là et en fait, je me suis aperçu que ma mère avait été victime, que j'avais été victime aussi avant la relation de 10 ans et que du coup ma fille était victime. Et là, ça a été vraiment insupportable cette espèce de de d'obligation presque générationnelle pour le coup.

Là, c'était c'était insupportable. J'avais une culpabilité en moi qui était absolument terrible. Et donc ben j'ai j'ai été voir une une psychologue et euh il y a plein de choses qui se sont déclenchées.

J'ai des des des souvenirs qui me sont revenus d'une agression quand j'étais toute petite. Je devais avoir 4 5 ans à peu près. Et en fait, je me suis aperçu que c'était à partir de cette agression là que tout avait tout avait été enchaîné.

En fait, j'ai été conditionné dans une espèce de violence acceptée, on va dire. et euh et c'est là que je me suis rendu compte que c'était vraiment c'était c'était structurel, que c'était presque étatique, enfin que c'était systématique quoi vraiment. Et euh et je pense aujourd'hui que la seule solution, c'est de s'engager effectivement en politique pour pouvoir justement soutenir euh enfin pour mettre en place des politiques qui soient qui soient efficaces, des des contrôles dans les écoles pour les enfants.

Quand on sait qu'il y a qu' a je crois que c'est un enfant sur 5 qui est viol qui est qui est victime de violence dans les classes. Enfin, il y a il y a il y a énormément de choses à faire. C'est c'est le c'est le c'est l'éducation populaire aussi qui doit pouvoir prendre le pas là-dessus et et je pense que ça doit venir d'en bas et pas forcément d'en haut parce que là par exemple dans ma commune, il y a des choses qui sont faites.

Je me j'ai pas l'impression qu'il y a un vrai fond derrière que ce soit vraiment une vraie volonté d'aider les femmes et de de d'arrêter les violences. Euh par exemple dernièrement euh je sais pas si vous avez déjà entendu parler du dispositif Angela. Oui.

Voilà. Donc ce sont les enfants. Ouais.

Voilà. Donc ça c'est c'est quelque chose qui a qui a été mis en place dans ma commune à pas les eau. Oui.

Donc en fait le dispositif Angela c'est dans les endroits publics, les les endroits recevants du public. Si une personne a été enfin se sent en difficulté, se sent agressée, se sent où a été agressée, elle peut venir voir les gens et demander à parler à Angela et c'est le nom de code pour qu'on la mette en sécurité et qu'on appelle la police bar la poste ou que sais. Ouais, voilà, c'est ça.

Dans les établissements publics en général, souvent il y a un sticker sur la porte, il C'est ça exactement il y a tout plein de de d'infos et en fait sur la sur la commune de Palaiso, ça a été fait un peu n'importe comment. J'ai j'ai trouvé enfin euh pour le coup c'est les commerçants. Donc moi je fais partie des commerçants qui peuvent relayer l'information et être hyper efficace puisqu'on est dans on est absolument partout et en fait on a été convoqué dans la semaine à 14h.

Donc autant dire on travaille tous à ce moment-là donc on ne peut pas participer à la formation et il y avait pas grand-chose à faire à mon avis pour que ça puisse être accessible à tous les commerçants. En fait je pense il suffisait par exemple qu'il y ait une animatrice de l'association qui se déplace chez chaque commerçant. La formation, elle dure un quart d'heure.

Enfin, vraiment, c'était pas très compliqué et il y a pas d'efforts qui sont faits quoi. J'ai vraiment juste l'impression que c'est fait pour cocher une case. On l'a fait, on peut le mettre dans le journal et voilà quoi.

Ce qui est peut-être compliqué aussi, c'est que c'est vrai que les même si ça c'est une très bonne initiative, enfin je j'imagine, c'est vrai que la plupart des violences sont faites dans au domicile, dans le foyer et loin des regards aussi des personnes. Et c'est vrai que enfin, on a l'impression aussi qu'au niveau médiatique et politique, il y a beaucoup de focus sur ce qui peut arriver dans la rue ou dans les bars qu'il faut bien sûr combattre. Mais du coup, on parle pas de l'immense majorité des violences qui se passe malheureusement dans l'intimité du foyer et donc qui est complètement invisibilisé.

Et c'est là on parlait aussi des distances et tout ça. Je crois que il y a eu une étude il y a pas longtemps qui expliquait que les femmes qui vivaient à la campagne étaient beaucoup plus comme plus isolé était plus facile plus vulnérable aussi à ça. Et d'ailleurs, je je vous ai demandé par exemple est-ce que ce sont justement un petit peu comme vous des situations personnelles ou qui des choses qui peuvent s'arriver à des proches ou à soi-même qui font que les personnes vont vont s'intéresser aux questions des VSS et parce qu'effectivement si c'est pas forcément accessible, c'est pas quelque chose qu'on apprend.

Donc est-ce que c'est parce que c'est les les gens sont concernés par ça euh que les personnes vont je crois qu'Élise le disait assez clairement hein. Globalement euh toutes les femmes ont vécu ou vont vivre une fois dans la vie une forme de violence euh que ce soit dans l'espace public, au travail, à la maison, dans la rue, dans les transports. Voilà, c'est c'est quand on est dans un système conscience absolument quand on est dans un système patriarcal où les rapports de domination sont en défaur des femmes, évidemment que toutes les femmes vont vivre à un moment donné une forme de violence.

La question c'est que parfois c'est tellement intégré comme étant la norme le fait que les hommes aient le droit sur nos corps, le fait que on gagne moins, le fait que de toute façon on doit pas prendre trop de place à partir d'une certaine heure dans l'espace public. cette culture-là est tellement installée qu'il faut lutter pour la déconstruire. Et donc c'est pour ça que nous on milite pour l'éducation à la vie affective et sexuelle dès le plus jeune âge.

Euh et donc ça c'est effectivement quelque chose que peuvent faire les collectivités soutenir ce type d'action par de la sensibilisation, par des actions dans les dans les établissements scolaires, par le réaménagement des espaces publics en faveur des des femmes et des hommes et les filles et les garçons aussi. Donc en fait c'est vraiment un changement culturel qu'il faut emmener et là on sent qu'on est dans un moment où ça voilà, on est à nouveau en train de répéter des évidences en fait. On avait l'impression que des choses avaient été intégrées un petit peu.

C'est souvent l'illusion de l'égalité aussi sans doute qui nous voilà qui qui vient nous reber. Euh mais c'est important aussi de de se dire que ça peut concerner tout le monde. Mais effectivement l'endroit aujourd'hui le plus dangereux pour les femmes et les enfants, c'est la maison. et l'engagement dans les associations, les personnes qui viennent travailler dans les associations qui aident les victimes de violence, est-ce que justement elles aussi souvent c'est des personnes qui ont été concernées ?

Alors dans dans le cadre de mes fonctions, je vais un peu à la rencontre des associations de nos territoires. D'abord en ce qui concerne les femmes elles-mêmes qui sont accueilli par nos structures. Vous parlez d'éducation populaire tout à l'heure, moi je suis impressionnée de comment par l'action collective, l'empereur collectif, euh la question de la sorité, comment les femmes dans ces espaces-là euh certes sont arrivées en tant que victimes, mais elles reprennent leur place de citoyenne à part entière et ça c'est ce que le collectif leur permet aussi.

Et donc ces femmes-là, soit elles s'engagent parfois dans nos associations. On a parfois des femmes victimes qui ont été accompagnées, qui sont trésorières, membres de l'association ou qui à leur tour accompagne d'autres femmes ou qui jouent des rôles de relais euh dans des communes plus petites par exemple pour identifier des femmes victimes et les accompagner. Donc ça c'est essentiel.

Et après encore une fois euh je reviens à ce que j'ai dit tout à l'heure, quasiment toutes les femmes ont vécu ou vont vivre à un moment donné leur vie des violences. Mais ça veut pas dire que parce qu'on a vécu des violences, on s'engage sur cette question de violence. Il y a des personnes qui veulent rester très loin aussi de de cela parce que c'est tellement insupportable.

Euh voilà, on parlait de de psychotrauma tout à l'heure, ça ça dévaste des vies. C'est aussi possible évidemment de s'en sortir mais ça dévaste des vies. Et donc il faut aussi faire très attention quand on est professionnel en charge de ces questions-là de pouvoir être accompagné et mettre à distance effectivement des histoires plus personnelles par exemple.

C'est vrai quand on s'intéresse au sujet, on entend beaucoup plus voilà les termes de patriarcat et cetera, mais en réalité c'est plutôt traité comme des faits d'hivers. Et c'est vrai que quand on quand on ne s'intéresse pas à ça pour accéder à ces informations et se rendre compte que c'est quelque chose de de global et voilà de de politique, c'est quand même aussi bah toute une démarche quoi. C'est pas très Oui.

Puis je pense qu'il y a aussi une petite musique de fond qui tend à dépolitiser la question des violences faites aux femmes. Quand je parlais tout à l'heure de pseudoconsus d'illusion de l'égalité, il y a aussi cette idée de dire que bon c'est bon, on en a trop fait pour les bonnes femmes, là c'est bon, on a atteint l'égalité. Euh si féminicide dans une semaine, ça doit nous alerter sur l'état de notre démocratie en fait parce que ça fait partie des obligations euh de pouvoir effectivement protéger euh les femmes et les enfants.

Ça ça doit nous dire la semaine dernière, on précise, il y a eu quatre femmes d'ailleurs qui ont été tuées la même journée. Absolumé absolument la même journée et six dans la semaine. Et donc ça dit quand même quelque chose de l'état de la situation et toujours oui par leur conjoint ou exconjoint et soit au domicile soit juste à l'extérieur du domicile déjà porté plainte plusieurs fois ou pas aussi soit en ayant aussi un parfois un téléphone grave danger ou pas.

Voilà. Donc en fait, on voit bien euh qu'il y a des manquements euh dans la protection des femmes et que sans doute on prend encore toujours pas assez au sérieux cette questionlà. On parle de politique, on parle justement des manquements.

En 2017, Emmanuel Macron promettait que la lutte contre les inégalités hommes-femmes serait la grande cause de son quinquena. En 2020, il réitère, il dit la même chose. Hier, la mise de l'égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Berger, disait la même chose et reprenait les propos d'Emmanuel Macron.

On écoute. Zut. La régie n'est pas prête à envoyer le magneto.

Peut-être que j'avais mal nommé le Magneto. Je suis désolé. Un magnetto surg. rest la grande des de quinquen du président de la République.

Vous souvenez qu'en 2017 quand il fait sa campagne et qu'il l'annonce, beaucoup ricent aussi en se disant que c'est pas un sujet suffisamment sérieux pour être érigé en grande cause et en faire un des axes clés d'ailleurs de son programme. Il y a beaucoup de choses qui ont évolué en 8 ans. Il y a beaucoup de choses qui vraiment ont progressé sur les moyens, sur la loi qui a été changée, sur les outils à disposition pour protéger les femmes.

Voilà, on le disait évidemment euh ce dont on parle c'est un c'est c'est de la politique évidemment quand vous écoutez au Roberger, quand on se rappelle des promesses d'Emmanuel Macron, est-ce qu'on est toujours euh est-ce qu'on est toujours convaincu ? Est-ce que finalement Hororeur Berger qui un 25 novembre 2025, donc c'était hier euh après tout ce qui s'est passé, est-ce que vous êtes d'accord avec le fait que finalement ça a progressé et qu'il y a des moyens qui ont été mis et cetera miné ? Alors au moment du grenel des violences conjugales, effectivement des moyens supplémentaires ont été mis en place.

On en est le bon exemple he je vous disais tout à l'heure que il y a eu plus de moyens au 3919 pour avoir plus d'écoutantes et donc le résultat il s'est fait sentir. Et donc en partant de cette expérience là on devrait se dire effectivement que quand on met des moyens il peut y avoir des résultats. Il y a eu plus de téléphone graves danger, il y a eu des bracelets antirrapprochement.

La difficulté c'est peut-être la mise en œuvre et la mise en application. Mais ce qu'il faut se dire c'est qu'on partait de tellement loin que ce qui a été mis en place était déjà sans doute pas assez important. Mais surtout que depuis 2017-29 quand même, je vous rappelle qu'on a eu euh un phénomène mondial hein qui s'est appelé euh Mythou alors qui a un petit peu frô les côtes de la France et qui a sans doute pas [rires] suffisamment euh pénétré euh euh culturellement l'ensemble de la société.

Mais du coup, ça a aussi on a aussi envoyé un message aux femmes. On leur a dit "Écoutez, parlez, parlez, on vous croit et on va vous accompagner." Et du coup, ben ça veut dire qu'on a plus de femmes sans doute qui parlent et qui veulent être accompagnées.

Et il y a pas suffisamment aujourd'hui par exemple de place d'hébergement. Euh nous on a des difficultés euh à loger des femmes qui souhaitent euh partir. Donc voilà, on oui, des choses ont été faites.

Ce serait faux de dire que rien n'a été fait, mais on part de tellement loin qu'il manque aujourd'hui des moyens aux associations et je parlais tout à l'heure des manques euh annoncés pour 2026 qui nous inquiètent énormément sur l'accompagnement des associations sur le terrain. Concrètement, peut-être une réaction à propos. Ouais, moi je je Oui, une réaction.

Ben je pense qu'effectivement il y a des choses, c'est ce que je disais tout à l'heure, il y a des choses qui sont faites juste pour dire qu'on a fait qu'on a couché une case. Mais est-ce qu'il y a vraiment quelque chose derrière ? Non.

Quand on voit le président qui va dire que Gérard de Pardieu c'est un phénomène enfin je sais plus je la France. C'est ça ce genre de chos quand on voit qu'il y a des soumissions chimiques faites par des des gens en gouvernement quand enfin il quand on voit un ministre qui a été accusé de viol qui est en poste enfin je non enfin il y a c'est pas suffisant en tous les cas s'il y a des choses qui ont été faites c'est pas absolument pas suffisant et là c'est c'est bien dans les dans les consciences collectives qu'il faut qui du changement de fait là qu'il faut le je pense que le fait de de libérer la parole de de le hashtag je pense que c'est ce qui a fait le plus évoluer en vrai la parole de la femme. en France et dans le monde, je pense.

En vrai, peut-être une des manières de faire changer les choses, c'est aussi par la loi. Il y a une loi qui en ce moment qui a été déposée de projets de loi en fait. La loi dite intégrale, est-ce que Karine, tu peux nous faire un petit point sur ce que contient cette loi, d'où elle vient, qu'est-ce qu'elle prévoit ?

Alors OK, [rires] donc c'est une grande loi cadre intégrale qui va englober toutes les thématiques autour des violences sexuelles. L'inspiration, elle est venue de la loi espagnole qui a été votée en 2004 qui a permis quand même de baisser de 24 % les violences de nos genres. Et lundi dernier donc il y a eu 109 députés de différents horizons politiques excepté l'extrême droite euh qui a été présenté par la socialiste Céline Thiebo Martinez et donc qui a déposé cette proposition de loi à l'Assemblée nationale.

Ça fait presque 1 an que le texte est travaillé avec des associations. Il y avait une coalition féministe qui a réuni une centaine d'associations, notamment la Fédération nationale solidarité femme, pardon, mais aussi des universitaires, des professionnels du droit qui avaient construit 140 propositions euh et 78 ont été retenues dans ce texte qui a été déposé lundi. Euh et puis mardi, il y a la ministre déléguée chargée d'égalité Aurore Berger qui a annoncé à son tour un projet de loi cadre sur la même thématique.

Alors, est-ce que c'est de la compète ? Est-ce que c'est de la complémentarité ? Au moins, ça veut dire que la question maintenant, elle est centrale et ça ne se résumera peut-être plus qu'à quelques annonces le 25 novembre.

Enfin, on peut l'espérer. Alors, qu'est-ce qu'il y a dans cette loi ? Donc, ça couvre toutes les sphères où la violence s'exerce.

Donc, ça veut dire la justice, la police, la santé, le travail, l'éducation, le numérique. Et ça vise donc à combler les angles morts du droit. Euh, il propose par exemple une juridiction spécialisée sur les violences sexistes et sexuelles qui regroupit qui regrouperaient les affaires civiles et pénales euh comme en Espagne et la fin des cours criminels départementales avec un retour à la cour d'assise par exemple pour les crimes de viol pour juger des crimes de viol.

Côté police, on rendrait obligatoire un socle d'acte d'enquête pour limiter les classements sans suite. Il y a un article qui devrait préciser par exemple aussi que le devoir conjugal n'existe pas. Rappelons que en janvier la Cour européenne des droits de l'homme a quand même sanctionné la France parce que un divorce pour faute avait été prononcé à l'encontre d'une française qui avait refusé des relations sexuelles à son mari.

On en est encore là. on en est encore là et c'est pas dans la loi et pourtant euh voilà. Donc ils estiment que écrire un article là-dessus, préciser ce fait serait assez important.

Euh il y aurait aussi un accès inconditionnel à l'aide juridictionnelle pour les victimes. Et puis enfin, je résume, il y a énormément d'autres propositions. Euh ça s'adresse aussi aux enfants, aux violences sexuelles faites aux enfants parce que ça relève du même continuum de domination.

Donc les enfants pour une fois ne sont pas oubliés et le texte propose de mettre en place par exemple dès la maternelle un entretien individuel pour prévenir et déceler des situations de violence qui seraient faites par des professionnels de santé. Le crime d'inceste serait aussi reconnu comme une infraction à part entière. les cousins seraient ajoutés à la liste des potentiels agresseurs de ce crime.

Euh et on retrouve là aussi des concordances avec une autre loi qui a été présentée donc la semaine dernière euh enfin déposé en tout cas sur la non prescription des crimes sexuels sur mineurs dont l'inceste. Alors miné, je m'adresse à vous, mais est-ce que c'est pas une avalanche de proposition de loi sur les violences sexuelles ? En ce moment, il y en a un peu partout.

Est-ce que ça veut dire que il y a quelque chose qui se joue que ça y est enfin c'est au cœur de nos considérations que va vraiment y en avoir une en 2026 qui sera votée ou est-ce que c'est juste opportuniste ? Je pense qu'en fait toutes les mesures qui permettent d'aller chercher les angles morts des politiques publiques ou de la loi, c'est important. Euh ce travail qui a été mené effectivement, il a consisté à aller voir euh les manquements.

Alors, c'est vrai que le cadre législatif français est plutôt assez complet, mais il y a encore des espaces euh dans lesquels on peut améliorer les choses. Donc évidemment, euh nous les associations, on soutient les démarches qui vont permettre d'aller chercher ces angles morts-là. Ce qu'on demande, c'est effectivement que quand les mesures sont mises en place, la formation des professionnels puisse toujours être pensée et que des moyens financiers puissent être déployés. cens là effectivement ce ne sera pas efficace.

C'est ce qu'a fait l'Espagne en fait hein. L'Espagne ça a été accompagné d'une révolution culturelle et à la fois de moyens financiers pour pouvoir le faire. Mais voilà toutes ces dynamiques qui permettent de remettre cette question là dans l'actualité tout en repolitisant le sujet effectivement.

Donc ça c'est très important. Euh c'est pas un fait divers, c'est un fait politique, euh c'est un fait sociétal, c'est systémique. Et donc c'est ça dont il faut parler et le rapport vif euh de Gwenal Jolicuse et de monsieur Corbeau, magistrat les deux et est très intéressant à cet égard-là parce qu'il s'agit vraiment de faire une révolution culturelle de la part de ceux qui font appliquer les lois.

Hm hm. Ah je suis désolé, il y a une dernière question. Bien loui.

C'est non mais c'est c'est une dernière question pour toutes les deux mais qui est bah qui est un peu large mais voilà, c'est la dernière. Euh c'était simplement bah parce que hier bah c'est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et donc il y a eu des manifes, des ateliers, des événements toute la semaine et est-ce que vous avez l'impression que la société civile s'empare pleinement de cette lutte ? Est-ce que c'est est-ce que il faudrait que ce soit plus ?

Est-ce que est-ce que comme vous dites, il y a eu quand même des changements, il y a eu quand même quelques prises de conscience et cetera, mais est-ce que il y a assez de mobilisation ou de mouvement, on va dire ? Ben en fait, je trouve que c'est toujours un peu délicat d'attendre des femmes qu'elles se mobilisent encore et encore, là où parfois elles sont abîmées par les classements sans suite, par ces parcours sans fin. Euh ça c'est un peu le rôle des associations d'essayer effectivement euh de pouvoir mobiliser euh encore des citoyennes et des citoyens sur sur la question.

Mais euh mais c'est vrai que c'est compliqué parce qu'on est dans un moment particulièrement compliqué dans un contexte sociopolitique et économique très anxiogène pour beaucoup de gens. Donc voilà, il faut remettre aussi tout ça en perspective. Les mobilisations citoyennes, elles existent aussi quand on arrive à recréer de l'espoir, que les utopies sont concrètes.

Et donc, je pense que il faut que collectivement, on se disent que l'éradication du patriarcat, c'est pas juste un 20 mots. On peut y arriver. Il y a des endroits où effectivement la lutte contre les violences faites aux femmes fait ses preuves.

Donc, on sait comment faire et donc il faut qu'on puisse agir collectivement pour obtenir cela. Élise, vous vous êtes politisé, vous êtes formé sur leur question assez récemment finalement. Est-ce que vous avez l'impression que de plus en plus de gens se forment, de plus en plus de gens politisent la question des violences sexites et sexuelles ?

Est-ce que vous avez l'impression que ça va un peu dans le bon sens ou Mais moi je je vois les discours de mes clients dans mon bar puisque je vois quand même pas mal de de monde passer et effectivement je trouve que ça change ça change. Il y a pas mal de choses qui étaient encore admises il y a quelques années qui ne le sont plus et je trouve qu'il y a des éléments de langage qui rentrent chez tout le monde en fait et qui sont qui sont très utiles. Enfin quand on a quand on subit une attaque parfois pas volontaire parce que c'est juste quelqu'un de mal construit. en face de de soi, on on a des éléments de langage pour lui répondre et c'est je pense que c'est par là aussi que ça passe.

Je pense pas qu'il faille s'affronter pour ce pour ce genre de lutte. Il faut éduquer tout le monde. Juste, il y a quelqu'un dans le chat qui parle de la question des moyens évidemment parce que on aura beau miné vous le disiez au niveau légal, il y a déjà un certain nombre de choses qui existent mais évidemment si on met pas les moyens derrière là les associations demandent 3 milliards.

Si on met pas les moyens derrière financiers, on pourra annoncer toutes les lois intégrales que l'on veut. Il y a absolument rien qui changera. Donc évidemment que il y a besoin d'argent très concrètement pour que le sujet avance et que les violences envers les femmes reculent.

Oui, c'est tout l'écosystème associatif aussi hein parce qu'en fait les associations travaillent pas seules. Il faut savoir que sur un territoire c'est des espaces de santé, c'est des médecins, c'est des centres socioculturels pour les enfants. Je veux dire, c'est vraiment tout un écosystème dont il s'agit.

Les femmes, c'est pas juste dans nos associations. Donc c'est important que elles puissent être accompagnées convenablement avec leurs enfants partout. Merci beaucoup à toutes les deux.

Élise éceinville, pardon, vous êtes gérante d'un bar à pas leso. Est-ce qu'on peut dire aux gens d'aller boire un coup chez vous s'il passe à côté ? Venez au Cham.

Au Chamme au Cham. Ah mais c'est lieu au handbal du coup. Pardon ?

C'est est-ce que c'est lieu au hand ou pas du tout ? Ah ok d'accord. [rires] Parce que c'est un geste hand.

Un petit peu ça. Je sponsorise le le l'équipe de hand de palis. Oui.

Bah oui oui évidemment. Donc [rires] merci beaucoup merci beaucoup Minbai vous êtes directrice générale de la Fédération nationale solidarité femme évidemment merci à toi Karine Jeanelme tu es journaliste à la rubrique société de l'humanité. Merci beaucoup à toutes les trois et puis ben on invite les gens à aller boire un coup chez Lise et puis peut-être à rejoindre les les associations que vous représentez Miné.

Toutes les informations sont disponibles sur vos sites internet, sur les réseaux sociaux et cetera. Merci beaucoup à toutes les deux. Je vous invite à quitter le plateau.

Merci beaucoup. On aura l'occasion, j'imagine, de se recroiser. Euh c'est la fin de cette partie actu.

Euh c'est maintenant l'heure de celui qui s'inflige pour vous pour vous satisfaire des heures de C News et d'Europin. Il aime ça. Le journaliste politique qui regarde un petit peu trop la télé, c'est la chronique de Cyprien Cadeo.

C'est Red Flag. [musique] Cyprien Red Flag, c'est ta chronique média et politique où tu prends la température du débat public. Alors j'ai une première question.

Où sont tout ton trayé, tes bottes et ton fusil ? Alors, je n'en ai pas parce que je suis réformé P4 et si vous n'avez pas la référence, c'est normal. C'est une reff de vieux les réformés, le service militaire fait ton lit au carré ou sinon c'est le newf tout ça.

Si vous êtes un millénial comme moi qui est né dans une Europe apparemment en paix et ben ça ça appartenait au passé. Mais depuis quelques jours, les plateaux sont en boucle sur un sujet hyper léger histoire de bien préparer les les repas de Noël. La guerre affirmatif mon général.

C'est d'ailleurs à travers le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mendon, que tout a commencé. Le militaire était invité à prendre la parole devant le Congrès des mes dernière. Les armées, c'est un extrait de la nation.

Les femmes et les hommes qui sont aujourd'hui employés partout dans le monde ont entre 18 et 27 ans sur le terrain. Ils sont jeunes, ils viennent de vos communes, ils ont les mêmes aspirations. Ils tiendront dans leur mission s'ils sentent de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense par exemple.

Voilà. Bah lui c'est pas n'importe qui hein, c'est le plus haut gradé du pays. Et d'entendre dire que il faut qu'on parte tous à l'échauffement pour aller se castagner avec la Russie, forcément ça n'a pas pu à tout le monde.

Déjà parce qu'on soupçonne fortement Emmanuel Macron qui est, je rappelle chef des armées d'avoir autorisé cette sortie. Ensuite parce que celle-ci intervient en plein débat sur le budget. Donc à un moment où on doit faire avaler aux français des coupes budgétaires de partout, sauf en matière de défense puisque le budget de la défense doit augmenter de 6,7 milliards d'euros.

En gros, le gouvernement est accusé de faire peur avec la situation internationale, avec l'Ukraine notamment, d'exagérer les menaces pour faire oublier l'impasse politique dans laquelle il s'est empétré sur le plan national. Et en plus, il y a pas que la sortie de ce fameux général M. Et non, en effet, il y a aussi et ben voilà, j'ai des pattes, j'ai des pénés d'ailleurs, j'ai un allume-feu évidemment et un Uno tout à fait déglingué parce qu'on ne devrait pas s'ennuyer pendant la guerre mondiale évidemment.

J'adore cet happening vraiment [rires] c'est même au top c'est même pas un vrai ou non voilà et c'est dans ce contexte-là qu'on prend plusieurs initiatives dont celles de la transformation du service national universel vers une nouvelle forme et j'aurai l'occasion de l'évoquer dans les jours venus euh j'ai rien compris et oui c'est normal c'est du Macron un pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer mais en gros je traduis pour toi en gros l'Élysée travaille à un service militaire au volontariat qui viendrait remplacer le SNU l'énorme échec du SNU tu veux dire ? Oui. Alors, je dirais plutôt que ça n'a pas marché, mais en fait voà effectivement c'est ce là.

Et donc nous voilà sur tous les plateaux à discerter joyeusement de la guerre et du service militaire. Au lieu de parler, bah justement du budget, on en parlait hein, de la case des services publics, du burnout des profs et des soignants par exemple. Et quand quelqu'un essaie de rappeler ça, bah vraiment les plateaux télé c'est super bien foutu.

Il est automatiquement rattrapé par la patrouille, c'est le cas de le dire comme ici sur France info avec le député LI Aurélien Saint-Toule. Mais voyez-vous, je vois qu'il est beaucoup plus facile de réclamer aux Français d'accepter de perdre leurs enfants que de réclamer à quelques milliardaires de verser 10 ou 15 milliards alors que cette année nous augmentons le budget de la défense de 6,7 milliards. Sérieux pour ne pas polémiquer mais vous trouvez sérieux vous de savoir qui va payer l'ugmentation des budrapage de ce dérapage d'un représentant de la France. monsieur la la volonté finalement de casser un débat de fond qui est sur quelles sont les menace, quelle est la situation géostratégique pour finalement le politiser.

Voilà le dérapage hein. Voilà ce qui se passe quand on prononce les mots taxer les riches plus ou moins sur la chaîne d'info du service public. Bref, pour autant qu'on ne me fonasse pas dire ce que je n'ai pas dit, hein, quand même, la question de la défense nationale, c'est par un non sujet et la question de la menace russe non plus.

Euh des cyberattaques russes et des tentatives d'ingérance sur notre sol, il y en a eu. Euh, souvenez-vous notamment de l'affaire des fausses mains rouges taguées sur le mémorial de la choix pour faire monter le sentiment d'antisémitisme ambiant par exemple. C'est normal aussi sur le plan militaire qu'on envisage le scénario d'une attaque russe notamment contre un des pays baltes ou de la Pologne et ce qui entraînerait tout le temps dans le conflit.

Donc nous he en vertu de l'article 5 du traité atlantique ce qui pourrait d'ailleurs nous conduire à nous interroger sur la place qu'on qu'on joue dans l'OTAN. Mais bref on peut pas avoir ce débat si on part du principe que la guerre est un horizon inéluctable. Alors là, on a quand même plusieurs médias comme la Voie du Nord par exemple qui ont déjà titré sur le fait que nous avons peut-être vécu notre dernière été de la paix en Europe.

Je sais pas si vous avez vu ça passer mais c'est quandme assez flippant. Euh donc vous voyez bien qu'avec un cadrage pareil, Baldeva ne convient pas, ne peut pas avoir lieu et surtout on a quand même un gros problème, il faut qu'on se le dise. Comment voulez-vous avoir un débat intelligent ?

Dans l'état actuel, notre débat public, c'est bourré deux crétins qui donnent leur avis sur un sujet où ils n'ont aucune compétence. Tiens, on va faire le test en régie. Vous pouvez me prendre un un extrait au hasard s'il vous plaît ?

Là je vous fais une proposition. Pourquoi ne pas instaurer par exemple une loterie disons de 10 % où tous les nouveaux immigrés légaux seraient obligés de servir dans l'armée ? Déjà cela produirait un effet dissuasif puisque beaucoup d'immigrants hésiteraient à nous rejoindre par peur de devoir servir en uniforme.

Vous voulez devenir français ? Très bien, il y a un prix à payer. Deuxièmement, il faut installer l'armée comme une réponse à la petite délinquence.

Que tous les jeunes qui commencent à entrer dans la délinquence se voi infliger parmi leurs peines, une obligation de servir dans l'armée. Ouais. Bon, j'avoue, j'avoue, c'était pas tout à fait un sujet très [rires] les sorties mi débile mi facho de Louis Sarkozi, c'est un peu un kink un peu mal.

Ouais, je vous le dis, je vous l'ai. Mais notez quand même que le fils du prisonnier, ce qu'on on va l'appeler comme ça désormais, euh développe une vision glorieuse de l'armée. Pour lui, c'est un instrument punitif pour faire flipper.

Non pas les Russes mais les étrangers qui ont l'outre cuidance de vouloir être français avec des champions pareil. Vous voyez bien qu'on peut pas avoir un débat euh sérieux sur un sujet aussi sérieux et anxiogène que la guerre. Ça va forcément partir en sucette à l'heure de Twitter de ces news.

D'ailleurs, on dit quoi sur chez Boloré là sur le kit de survie ? Donc moi, j'aimerais qu'on donne un kit de survie de la France du quotidien, par exemple, aux femmes, aux jeunes femmes qui sortent dans la rue et qui se sentent en insécurité. À tous ces Français qui se sentent en insécurité face à tous les flows de notre époque, que ce soit l'islamisme ou le narcotrafic.

C'est ça la principale menace. Voilà. Bon bah, la vraie menace c'est pas les Russes et les Arabes, hein.

Même plus en effort pour être original. Mais en plus de pas être original, c'est surtout dramatique. Tu veux pas nous parler de la gauche par exemple ?

Je plutôt parler de Raphaël Gluxman, [rires] l'eurodéputé qui se démarque par son volontarisme sans limite sur l'Ukraine, qui parle plus souvent d'armement que de diplomatie, a sans surprise kiffé le discours du général Mondon et sur le service militaire, il trouve que Macron, il est trop mou. Vous savez, c'est Jor qui disait dans l'armée nouvelle que la défense de la nation n'était pas que l'affaire des militaires, que c'était l'affaire de la nation toute entière. Le service militaire permettait d'assurer la cohésion de la nation.

Aujourd'hui, on est dans une société qui se désintègre. On est dans une société où un jeune né à Trappe ne croisera jamais dans sa vie un jeune qui est né dans le 7e arrondissement bourgeois de Paris. Mais moi, je dis qu'il faut aller plus loin et proposer un service universel et obligatoire mais qui ne sera pas nécessairement militaire, qui peut être aussi civique.

On peut vouloir s'engager dans la transition écologique, dans la solidarité sociale, mais donner de son temps à la collectivité. On est dans une société aujourd'hui qui crève de son individualisme. On est dans une société effectivement bon voilà, vous l'avez entendu citer Jores.

On lui rappellera que les écrits de Jean Jorè s'inscrivent dans un projet pacifiste et socialiste. Vraiment socialiste, je veux dire. Et c'est dommage d'avoir retenu que la partie militaire du corpus jorien.

Mais enfin passons Jean Joress on le rappelle, c'est celui qui a fondé Luma en 1904. Mais c'était pas à toi que je posais la question 1904. [rires] Évidemment.

Évidemment du bon élève en fait. Et donc ici évidemment il joue son CDI forcément qui répond [rires] donc évidemment à Lub on déconne pas avec papa et du coup les autres à gauche j'ai dit à gauche ils disent quoi alors à gauche ben côté écolo ou PS c'est silence radio ou presque sur la question et en revanche le bellicisme ambiant est vivement critiqué par le parti communiste et la France insoumisme mais notons que ni le PCF ni la LFI ne sont farouchement opposés à une forme de service citoyen. Les insoumis proposent dans leur programme l'avenir en commun une conscription obligatoire de 9 mois qui pourrait prendre la forme d'un service militaire ou d'un service civique et les jeunes communistes par exemple ne sont pas contre un service civique obligatoire rémunéré dans les deux cas évidemment.

Alors vous allez me dire bah comme Raphaël Gluxman oui. Sauf que eux cette question elle est déconnectée la guerre en Ukraine qui est obsessionnelle chez Raphaël Glman et chez LFI le PSF. On veut plutôt éviter la guerre plutôt que de la préparer et on n'est pas pour envoyer par exemple des troupes françaises mourir pour Kiev.

Et tout ça, ça nous amène à un point. La diplomatie, c'est justement la grande absente des plateaux télé depuis plusieurs jours et ça de toute évidence c'est un gros red flag. Merci beaucoup Cyprien comme d'habitud.

Pas merci. Non franchement tu nous [rires] cétait pas très drôle en fait. Je vous laisse les pattes.

Ramène tes pattes et ton faux Oo. Ton c Nouno ça n'a aucun sens. Tu l'as trouvé où ton c Nouno ? se trouvé dans un pays chelou d'Amérique latine. [rires] Euh merci beaucoup Cyprien, vous avez une petite réaction, on passe à la suite.

En fait, j'ai noté sur mon sur mon conducteur réaction plateau si on a le temps et je crois la réaction c'est là c'est bon, tu peux y aller. [rires] On a bien fipé. Non mais j'avoue que j'avais pas suivi cette histoire de kit en cas de guerre mais alors là en terme de de d'anxieux, enfin c'est tellement je l'ai pas dit mais en plus le kit est que en ligne.

Donc si si vous êtes un vieux qui a pas accès à internet, tant pis pour vous quoi. Vraiment c'est débrouillez-vous quoi. Bref.

Non, mais il y a un côté Ouais. surréaliste quoi. C'est enfin c'est Ouais, c'est très très violent en fait.

Merci beaucoup Cyprien. On se retrouve évidemment le mois prochain. Enfin, même pas dans le mois prochain parce que je crois que la prochaine c'est dans 3 semaines.

Exactement. C'est le 17 décembre. Le 17 décembre.

Merci. Je savais pas pour 1904 mais [rires] pas 1904. Ça va.

Aïe aïe aïe aïe aïe. Merci beaucoup Cyprien. C'est la fin de Red Flag et c'est le début de la partie politique avec un jingle je crois.

Non, il y a pas de jingle. Mais si ils vont l'invité politique. C'est l'invité politique. [rires] Aïe aïe aïe.

Il part pas. Ben écoute, on va faire son jingle. Ben je crois que c'est toi qui doit chanter le jingle du coup.

Non. OK, très bien. On va passer on va faire son jingle. [rires] Non.

Ben alors, on va accueur Ah le jingle. Le jingle sans son. C'est un c'est un concept.

Bonsoir Cécile Cucerman. Allez-y, je vous en prie. Asseyez-vous.

Donc Cécile Cucman merci d'être avec nous ce soir. Bonsoir. Merci de l'invitation.

Euh donc, vous êtes Cécile Cucmen, professeur d'histoire, vous avez 49 ans, vous êtes porte-parole du Parti communiste depuis 2018 et vous êtes présidente du groupe communiste républicain et écologiste Kanaki au Sénat depuis 2023. Vous êtes aussi sénatrice de la Loire de la de la circonscription de Saint-Étienne. Donc, bonsoir.

Non, il y a sénatrice de la Loire. Il y a pas de circonscription. D'accord.

Très bien. Et ben sénatrice de la Loire. Toute la loire.

Très bien. Et ben merci d'être avec nous ce soir et Cécile, on avait envie de de commencer par l'actualité et notamment l'actualité budgétaire parce que c'est une séquence qui est assez difficile à saisir. Le projet de loi de finances revient au Sénat après le rejet de l'Assemblée.

Le PLFSS devrait finir en commission mixte paritaire, la menace du 493 ou d'une lettre rectificative get. Bref, on y comprend absolument rien. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui se joue ?

Alors évidemment, au-delà du fait que le gouvernement essaie à tout prix de faire passer un budget austéritaire, qu'est-ce qui se joue dans la période d'un point de vue politique ? Alors, je vais peut-être d'abord vous surprendre, je vais commencer par dire que je crois que même nous les parlementaires, on a de plus en plus de mal à comprendre et en tout cas à affirmer ce qui va se passer ou ce qui ne va pas se passer. Mais bon euh en tout cas, je crois que pour que chacun puisse le comprendre, on est dans une réalité aujourd'hui politique.

Il y a eu des élections législatives en juin et juillet 2024. Ceux qui ont perdu sont encore au pouvoir. Euh et forcément ça ne marche pas.

Je vais je vais le dire très simplement mais comme ça. C'est-à-dire que dans aucun pays en tout cas qui se décrète comme étant une démocratie, celui qui perd les élections est encore au pouvoir un an après. Or Sébastien Lecnu et le prototype de la Macronie et ça il y a pas de de débat.

Et donc on est dans une difficulté, c'est qu'effectivement donc il y a eu un projet de loi de finance mais Sébastien Lecnu a annoncé qu'il ne ferait pas le 493 mais comme il n'a pas donné de cap bah il y a eu un budget qui entre guillemets est le fruit du hasard sans construction. Donc je reviens pas effectivement sur ce que nous nous avons dénoncé sur le caractère austoréire mais qui du coup est le fruit du hasard. Et à la fin, à la grande surprise générale, en tout cas, bon pour ma part, c'est une première, on se retrouve avec un seul gars qui lève la main et qui vote pour la première partie de ce projet de loi de finance.

Euh ça pose deux choses quand même. Tout d'abord, contrairement à ce qu'affirme le Premier ministre, c'est un échec cuisant de sa méthode puisque soit-disant la méthode devait nous permettre d'y arriver. Quand il y a plus qu'une seule personne qui lève la main, je crois.

Ou alors on n pas la même notion de la réussite, mais bon voilà. Euh et puis sur le fond, bah en fait, on ne dégage rien. Donc effectivement là, le texte va revenir au Sénat.

Je rassure peut-être tout le monde ou j'inquiète peut-être tout le monde. Euh je veux pas en rajouter dans l'inquiétude suite à la chronique d'avant, mais euh le Sénat fera un budget de droite, mais bien de droite comme il vient de le faire sur le budget de la sécurité sociale. Et ensuite, alors bon, je peux jamais, on va pas parler à la place des autres.

Je ne vois pas comment des groupes de gauche pourraient soutenir de tel budget. Donc effectivement, très certainement, il y aura une loi spéciale, ce qui d'ailleurs doit un peu rassurer aussi chacun. Pour le coup, on on n'est pas comme aux États-Unis.

À la fin du mois de décembre, tout le monde sera payé. Contrairement à ce qu'avait affirmé Ellisabeth Borne l'an dernier à peu près à la même époque la carte vitale fonctionnera le 1er le 2 janvier et donc si jamais vous avez un accident au moment d'ouvrir vos huîtres dans la nuit du 31 décembre il y a pas de problème vous serez pris en charge. En revanche on recommence le même bazar à partir du 15 janvier puisquil faudra quand même à un moment donné qu'on vote un budget.

Oui. Parce que du coup la loi spéciale c'est juste en fait de faire en sorte de faire perdurer ce qui était déjà le cas. C'est on perdure ce qui on laisse perdurer ce qui a existé.

Euh on l'état, on autorise l'État à percevoir les impôts et à payer les salaires. On se projette, on vous demandait justement mais où est-ce qu'on va en finir ? Quel budget on aura.

Peut-être qu'on peut revenir aussi un tout petit peu en arrière sur la stratégie qu'on a pu voir, enfin ce choc de stratégie à gauche. Il y a eu d'un côté certains qui ont cru pouvoir infléchir la copie gouvernementale par le compromis par exemple. d'autres qui ont choisi plutôt la confrontation face au projet austéritaires euh du gouvernement et de la droite.

Vous euh dans quel camp vous vous situez ? Vous vous êtes situé justement pendant tous ces débats ? D'abord, je crois que le pire, c'est de se situer dans des camps et de s'enfermer dans des cases desquels on ne peut pas sortir.

Moi, je veux d'abord revenir parce que je veux le redire, le Premier ministre n'a pas dit la vérité aux Français ni aux formations politiques. Après, certains ont voulu le croire parce que ça les arrange. Mais euh il ne peut pas y avoir de compromis quand il n'y a pas de ligne directrice parce qu'en fait quoi moi je en fait on met pas des gens dans une pièce en leur disant vous négociez.

Mais on négocie à partir de quoi ? Deuxièmement, il a fait le choix d'imposer un texte initial plus qu'une copie martyre tout de même parce que c'est c'est le projet de budget pour la France qui est d'une austérité sans précédent. C'est alors je sais ça devient pénible parce que chaque année quand on nous présente le texte budgétaire, on commence les colonistes, on commence par dire c'est d'un texte d'austérité sans précédent par rapport à celui de l'année dernière.

Mais si je dis ça, c'est que faut s'imaginer, faut additionner cert l'austérité s'additionne d'année en année. Bon, il a ensuite voulu taxer l'ensemble de la gauche d'ailleurs, je crois en disant il faut faire des compromis mais la notion d'un compromis si t qu'il puisse le faire avec un tel budget et je fais partie de ceux qui pensent que ce budget-l ne permet pas les compromis parce que on commence par dire qu'il faut réduire la dépense publique au lieu de dire de quelle recette on on peut se doter pour satisfaire le besoin des français. Donc j'en dire dès le début il y a quelque chose qui est vicié quoi.

Je voilà donc pas pas de compromis possible en fait pas de compromis possible. Alors, une fois qu'on a dit ça, comme à chaque fois, comme sur chaque texte, les parlementaires qu'on soit dans la majorité dans l'opposition, on fait des amendement, on arrive à faire passer des amendements, on arrive à à parfois à amoindrir, je vais le dire ainsi, quelques coups et et c'est et c'est important et c'est notre rôle d'ailleurs, mais on ne peut pas transformer un budget qui dès le départ dit "Bah, en fait, on va réduire les services publics, on va réduire le nombre de fonctionnaires, on va réduire l'aide aux communes et après on verra." Et surtout, on va pas toucher les riches et on va faire même pire et et on l'a vu au Sénat cette semaine sur la sécurité sociale et en plus les gens doivent être responsables et on est tous à égalité.

Ben non, en fait, on n'est pas tous à égalité parce que personne ne décide d'être pauvre, personne ne décide d'être malade quoi. Je voilà, on m'en présente mais je n'en ai encore jamais rencontré. Et justement, ça pose la question de la stratégie des socialistes aussi parce que euh ils nous ont présenté un certain nombre de d'avancées comme des victoires, par exemple le décalage de la réforme des retraites.

Euh ils ont voulu faire la promotion du jeu parlementaire, je mets des guillemets, euh parce que ils ont cru au compromis ou en tout cas ils ont mimé de croire au compromis. Euh mais quand je vous écoute, c'était couru d'avance. Aujourd'hui, qu'est-ce comment vous jugez la stratégie des des socialistes justement ?

Bah écoutez, après bon, moi je j'ai pas pour habitude de commenter ce que font les uns et les autres. Je crois que chacun doit maintenant s'en expliquer et finalement les Français sont tous suffisamment intelligents pour en tirer les enseignements. Ce qui est évident estce que vous, mais je l'ai dit compris publiquement à plusieurs reprises, je pense que ce qui était proposé ne permettait pas de dégager quelque chose de progressiste.

Comment vont-ils s'en En fait, je crois qu'il faut même se poser la question. Comment vont-ils s'en sortir ? Personnellement, je ne sais pas. le gouvernement ou les socialistes.

Les socialistes. Ouais, pardon. Ouais, vous avez raison.

Ouais, momentist [rires] c'est tellement compliqué, faut bien repréciser. Mais euh j'ai envie de vous dire ce qui m'intéresse surtout, c'est qu'est-ce qui va ressortir comme capacité d'espoir pour que les gens aient envie de changer la réalité. Moi ce que je constate quand même depuis maintenant 3 mois, c'est que les gens sont dégoûtés, sont en colère, voire n'en ont plus rien à faire.

Mais et et c'est presque ça le pire. Et ça ça fait quoi ? Ça ça fait le jeu de l'extrême droite et et on a été un certain nombre de dire chaque heure qui passe bientôt est un député du Rassemblement national en plus.

Donc voilà, je je et franchement mais je veux bien me tromper mais moi je n'ai rencontré personne qui m'a dit "Écoutez madame Cukerman, vous êtes communiste, vous êtes présidente du groupe communiste, on a un petit doute sur le fait que vous n'allez pas voter contre le budget." C'est qu'en fait c'est quelque chose de normal en démocratie. quand on est dans l'opposition, on va compris et je pense qu'il faut qu'on on a rendu compliqué des choses qui ne sont pas simples mais en plus on on a amplifié le le caractère complexe.

Donc je je pense que l'issue va être tellement complexe que effectivement personne ne pourra voter ce budget, il y aura une loi spéciale et on va reprendre le le débat au mois de au mois de janvier. Mais j'ai envie de dire bien évidemment à quoi jouent tous ces gens-là à gagner du temps ? Et en fait pour répondre à votre première question, quel est l'objectif de tout ça ? c'est pas de trouver un budget pour la France, c'est de permettre à Sébastien Lecornu qui aura été quand même le le premier ministre qui aura été le temps le plus court de la 5e République.

Bah peut-être non pas d'être le plus long mais en tout cas de durer un peu plus longtemps que quelques heures. Et pour le coup pour l'instant ça marche. Voilà.

Comme vous êtes comme on l'a dit en introduction la présidente du groupe communiste républicain citoyen et écologiste Kanaki. Vous portez donc une attention particulière aux outreem et donc est-ce qu'elles sont les grandes perdantes du budget comme il y a certaines voies qui peuvent le dénoncer ? Oui, mais mais moi, vous savez, je je pense qu'il faut qu'on arrête.

Je pense que les outresemes sont les oubliés, les territoires ruraux sont les oubliés, les quartiers de politique de la ville sont les oubliés. En fait, tous ceux qui ne sont pas euh dans une forme de norme de moule et où tout va bien en fait, pourquoi ils sont les oubliers et les outremères plus particulièrement ? Les outrèures sont les oubliés comme d'autres territoires parce que en fait on n'est pas dans un budget qui vise à redistribuer et et à asseoir l'égalité.

C'est quand même un défondement de la République et asseoir l'égalité comme un principe politique. Donc effectivement et et j'ai entendu et la question des outremères est assez moi j'ai entendu compris des collègues dire euh non mais même les outremères faut qu'ils fassent un effort mais quoi en fait je pense que la situation en outreem la problématique de la vie chère est amplifiée par rapport à ce que nous vivons ici dans dans l'hexagone. Donc je je pense que c'est un révélateur justement ce c'est cette maltraitance, je vais le dire ainsi budgétaire des des outresemes.

C'est-à-dire que comme on veut faire des économies, bien quand on fait des économies de cette ampleur là, ce sont les plus faibles qui trinquent. Donc c'est les pauvres, c'est les territoires éloignés, c'est en fait c'est tous ceux qui ont besoin de l'État. Mais c'est quand même beau de quoi.

Moi je pense d'avoir un état qui vient au côté des plus pauvres et de ceux qu'on ont besoin. Bah donc tous ceux qui en ont besoin, bah c'est ceux qui deviennent les grands perdants de de ce budget. Justement vous parlez de territoire et de maltraitance.

Il y a des demandes d'économie concrètes faites justement en collectivité. On est à plus de on est à près de 5 milliards d'euros, on va dire. En tout cas dans la fourchette basse évidemment.

Et dans le même temps, Sébastien Legornu parle de décentralisation, d'actes de décentralisation. Donc décentraliser avec moins d'argent. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Ben d'abord, ça ne marche pas. Mais je quoi euh je crois qu'il faut se le dire très tranquillement. Euh d'abord les collectivités aujourd'hui, donc les communes, les départements, les régions, euh aujourd'hui, ça représente en moyenne 70 % de l'investissement public.

Ça veut donc dire que l'argent qui aujourd'hui dans le budget est attribué aux communes, aux départements et aux régions, ce sont autant après d'investissements qui créent de l'emploi qui font qui permettent aux entreprises de fonctionner et qui répondent aux besoins des gens surtout parce que quand on construit un collège, c'est pas juste pour se faire plaisir, c'est parce qu'on a besoin que nos jeunes soient dans des bonnes conditions d'apprentissage et faire une décentralisation en réduisant ces moyens là, on risque encore d'avoir un phénomène inverse. C'est qu'en fait l'État finit de mettre sous tutelle pour aller vite les collectivités et du coup bah ce n'est plus une décentralisation. Le principe de la décentralisation c'est donner du pouvoir à l'échelon local et c'est pour ça que les communistes nous l'avons toujours défendu parce que nous sommes convaincus que c'est dans la proximité à l'échon local que l'on peut faire de la politique et redonner un forme de lien entre les citoyens.

Mais si demain il n a pas les moyens, mais en fait vous aurez des communes qui vont gérer je ne sais quoi. D'ailleurs, le rôle d'une commune se passe simplement de faire des mariages et d'enregistrer des naissances ou des décès. Voilà, c'est avant tout de répondre aux besoins des gens.

Euh on avait aussi envie évidemment Cécile de de parler avec vous de l'actualité de la stratégie du Parti communiste français par rapport à un certain nombre de sujets. En dehors du budget, il y a un fait de société qui a marqué marqué l'actualité ces derniers jours, c'est bien sûr le meurtre à Marseille de Medic SSI par des trafiquants de drogue. Lors du meeting du Parti communiste dans cette ville dimanche dimanche 23 novembre dernier, la sécurité est naturellement revenue dans le le discours.

Fabien Rousell, le secrétaire national du Parti communiste, a évoqué le besoin d'un retour urgent des services publics dans les quartiers et notamment la police et la justice. Vous êtes de de celle- qui pensent que la gauche a déserté la question de la sécurité. Je je vais répondre très sincèrement.

Je sais même pas si elle l'a déserté. Je pense qu'elle l'a un moment donné sous-estimé au cours des dernières décennies et que du coup nous avons mais collectivement et dans le nous bien évidemment, je m'en inclus. On a une forme maintenant où on court un peu derrière parce que pour le coup, on a une droite qui a et une extrême droite qui a surinvesti ce débat de la sécurité et pas forcément avec une logique de d'apporter de la sécurité à chacun.

Voilà, mais plutôt une sécurité qui divise, qui stigmatise et cetera. Euh et donc on on il y a eu pendant des années une forme de malaise et cetera. Je pense qu'on y revient mais on y revient pas pour faire la course à l'échalotte et sur et de toute façon si on fait ça, ça sert à rien, ça ne marchera pas. on fera jamais voilà euh mais pour dire effectivement parce que nous avions défendu alors ça nous ramène quelques années en arrière mais au moment de la gauche plurielle euh l'établissement d'une police de proximité, c'est-à-dire d'une police qui n'est pas là simplement pour sanctionner mais qui est aussi là pour pour simplement faire de la tranquillité publique.

Et dans ce simplement, c'est déjà beaucoup. Euh et parce que si je regarde sur les dernières années, ben quand il y a des difficultés, quand il y a des émeutes, euh euh ceux qui ont leur voiture qui crament, ceux qui ont pas de bus le lendemain matin parce que le bus a été cramé, bah c'est pas ceux qui habitent les beaux quartiers. Donc oui, je pense que la sécurité, elle est importante.

Fabien Roussell propose l'embauche de 60000 policiers supplémentaires. Mais c'est pour ça après ce que vous appelez ce que vous appelez les émeutes, c'est aussi ce que d'autres appellent des révoltes. Fabien Roussel par exemple au moment de Naël qui sont les dernières grandes révoltes qu'il y a eu, avait dit qu'il qu'il condamnait tout ça et en même temps, c'est des violences qui étaient aussi qu'une partie de la gauche comprenait aussi parce que c'était des personnes qu'on écoutait jamais et cetera.

Et donc c'était euh est-ce que la solution de là dans ce cas-là de la police qui vient pour maintenir un ordre finalement aussi euh défendre les intérêts de la bourgeoisie, c'est aussi une Non mais d'abord je n'ai pas dit ça et je pense qu'on peut convoquer tous les grands principes. La première chose c'est qu'une police de proximité c'est permettre aux gens de bien vivre. Donc on peut quand même se dire que si les gens vivent bien effectivement il n'y a pas d'émeut.

Et deuxièmement la notion de révolte c'est quelque chose qui s'organise avec une perspective. Donc il y a eu effectivement le premier soir de la mort de Naël l'expression d'un désespoir et d'une colère et que l'on peut comprendre. Ça ne veut pas dire d'ailleurs qu'on qu'on se dise que c'est la meilleure manière de s'exprimer dans ce pays si on veut construire un avenir meilleur pour tous.

Et dans les jours qui ont suivi, non mais et dans les jours et non mais d'accord mais quand personne ne vous écoute, vous ne vous imolez pas par le feu en plein milieu pour qu'on vous regarde. Donc en fait la question elle est quelle construction collective on apporte et on le sait. Et moi vous savez dans le département de la Loire d'ailleurs c'est assez évocateur ce qui s'est passé.

On a été attaqué des mairies, voilà, deux mairies communistes qui sont celles qui font le plus en terme de conseil de quartier, de qualité, d'écoute. Donc je pense que la problématique à un moment donné bien évidemment et on sait aussi que il y a eu de la récupération et cetera et donc on peut se dire aussi au cadrage médiatique et cetera. Non non mais il y a pas de cadrage médiatique y compris toutes les études le montrent. les réseaux sociaux ont beaucoup joué sur ça.

Non, mais moi je je pense qu'il faut savoir dénoncer effectivement quand il y a un ordre établi qui vise à mettre sous sous chape de plomb une société qui vise à opposer les gens, qui peut parfois à des à des moments et malheureusement trop souvent y compris faire des actes de violence alors qu'elle est là pour protéger les gens. Et donc ça et et la nécessité d'une police républicaine parce que sinon euh on a un double discours et très sincèrement personne dans ceux qui ont vécu dans ces quartiers-là n'ont applaudi des demains ce qui s'est passé au mois de juin 2023. Je je vous propose pour rester bien factuel de réécouter ce que Fabien Vossel a dit ce weekend.

Ce ne sont pas quelques millions d'euros en plus qu'il faut au ministère de l'intérieur et de la justice. C'est 2 milliards 5 d'euros de crédit supplémentaire dont nous avons besoin pour embaucher ces 60000 agents, pour former, pour faire en sorte qu'il y ait plus de douigners, plus de gardiens de la paix, plus de magistrats dans la République. C'est 2 milliards5 que nous voulons et dès maintenant voilà ce que nous exigeons de la République.

Et j'en profite pour dire que nous apportons tout notre soutien aux enquêteurs, aux forces de l'ordre, aux magistrats qui se battent contre cette mafia avec si peu de moyens. Et nous jamais nous ne dirons "Tout le monde déteste la police". Nous nous les soutenons et nous voulons des gardiens de la paix au service du peuple pour le peuple et avec le peuple.

Fabien Rousel qui parle de moyens de moyens en plus mais aussi de soutien. Mais il y a d'autres façons de parler de la police et de toutes les questions qui peuvent être autour de de cette question là en ce moment notamment en parlant de formation. Vous avez dû le voir ces vidéos qui ont été révélées par Libération et par Méiapartine où on voit certains abus pour rester pour rester mesurés.

Pourquoi ce ce choix de ne pas parler de de de formation et quelle est la ligne de du Parti communiste justement sur la question du besoin de formation des que ce soit des policiers comme des gendarmes ? D'abord, vous savez dans un meeting, on ne peut pas tout dire. Donc je ne sais pas si vous êtes adhérent au parti communiste français mais vous avez en tout cas le même comportement.

C'estàd que quand on sort d'un métiing, on commence par vous dire tout ce que vous n'avez pas dit. Deuxièmement, il y a des milliers d'exemples où l'on demande la formation. Je crois que d'ailleurs ce qu'il a voulu dire d'ailleurs il ne dit pas qu'il faut plus de police avec de la matraque des matraques pour aller casser la gueule aux gens.

Non mais parce que parfois à force de tout mélanger donc il dit qu'il y a besoin que que nous soutenons une police effectivement qui protège les Français. Alors ensuite j'ai envie de vous dire pourquoi il l'a pas dit. Bah vous saz quoi ?

Vous l'appelez. Moi j'en sais rien. C'est pas moi qui a écrit son discours.

Donc je je peux pas mais on est vraiment sur la la position du du parti communist français sur le fait de référence. Je je veux dire d'abord euh nous avons à l'Assemblée nationale et au Sénat interpellé le ministre de l'intérieur suite aux révélations sur l'affaire de Sainte Soline. Je parle des parlementaires communistes.

Donc je veux dire il y a pas de moi je je pense qu'il faut arrêter. Il y a pas d'un côté la la répression, d'un côté la formation. Justement ça c'est ce qui a tué la gauche sur ces questions là je pense.

Donc il y a un moment donné oui bien sûr qu'il y a besoin de formation. Vous aviez précédemment toute la question autour des violences faites faites aux femmes et des violences sexistes. Euh moi, vous savez quand j'ai été conseiller régional, je me suis battu pour qu'il y ait des formations sur la la question du premier accueil.

C'està-dire quand on quand on est victime et qu'on vient porter plainte. On peut se dire objectivement, me semble-t-il que en 15 ans, il y a eu un bouger et ce n'est pas parfait et je sais au combien et je j'ai en tête un certain compris de commissariat, de gendarmerie où il y a encore donc voilà, je n'ai aucun problème. Donc oui, il y a besoin de formation mais il y a aussi pour revenir compris sur l'affaire de de Sainte Soline, il y a aussi besoin de moyens parce que vous pouvez former tous les policiers que vous voulez.

Quand on est face à une profession qui n'est même plus en capacité de prendre quelques heures de de répis de qui qui ont des jours de congé qui qui s'entassent, ben à un moment donné, vous avez des policiers Soligne, il y avait quand même des discours où il voyaient le peuple comme un ennemi et c'était clair. Est-ce que vous a dit le contraire ? Non, non, mais c'estàd c'est pas une question de de formation, excusez-moi, c'est par rapport au programme qu'on essaie de de vous demander pour le programme du Parti communiste justement euh est-ce qu'il faudrait réformer la police ?

Est-ce qu'il faudrait ? Enfin, quelle Oui, mais d'ailleurs, on l'a déjà dit. Non mais je veux dire c'est pour ça donc je redis donc je non mais donc je redis si la question c'est s'en tenir à deux phrases d'un meeting on on on ira personne n'ira bien loin et donc [rires] nous l'avons déjà dit je pense ce qui est bien maintenant c'est qu'en plus tout est en ligne donc j'aiinvite chacun à les regarder donc voilà moi je veux dire pour avoir suivi les textes sur sécurité le discours était sur la sécurité et sur la question d'abord sur la paix et la question du narcotrafic le discours n'était pas sur quelle police faut-il en France Mais mais mais cette phrase elle interpelle aussi quand quand on entend Fabien Roussel dire jamais nous dirons tout le monde déteste la police nous nous la souten il y a quand même une absence absolue de nuance.

Il y a tout un monde entre on déteste la police et de l'autre côté des effets mais j'ai envie de vous dire vous avez reçu suffisamment de gens ici qui en font tous les jours et que personne ne reprend et qui sont parfois tous dans l'excès. Donc si vous voulez Oui. Mais effectivement on ne peut pas dire que tout le monde déteste la police.

Voilà parce que c'est pas vrai d'abord. Euh deuxièmement, on ne peut pas dire qu'on en a pas besoin. Et quand on a dit ça, ça ne veut pas dire que la police actuelle tout va bien et qu'il y a rien à y faire et que compris il y a pas au-delà même de la question de la police à poser la question de l'action sociale, de la protection de l'enfance, de la vie dans les quartiers qui ne se traduit pas uniquement bien évidemment par une présence policière et que la vraie difficulté et il le dit un peu plus loin, c'est aussi que dans ces quartiersl services publics en sont partis qu'il n'y a plus rien là où il y avait avant de la capacité à vivre ensemble.

Quand les gens ne vivent plus ensemble, ben oui, ça se passe pas bien. Je précise, je précise juste juste avant vous parlez de police de proximité et cetera, mais il y a quand même un vocabulaire qui a été employé par Fabien Russal qui est parti particulier qui dit "On va faire la guerre au narcotrafic". On n'est pas vraiment dans la police de proximité là.

Oui, mais euh quoi je pense que tout le monde quand on peut tous être naïf la question du narcotrafic, elle est euh on parle pas du on n'est pas comme il y a 20 ans quand on parlait des dealers. Le narcotrafic, c'est aujourd'hui une organisation qui infiltre tous les niveaux de l'État. Aujourd'hui, vous avez des agents sur les ports qui vont travailler la boule au ventre et tout autant syndical qu'il peuvent être le reste du temps.

Vous avez aujourd'hui des douigners, vous avez des magistrats, c'est-à-dire que bien évidemment nous ne sommes pas un état d'Amérique latine, mais aujourd'hui nous avons et quand nous avons examiné le le projet de loi sur le narcotrafic il y a maintenant un peu plus d'un an au Parlement, j'ai les les témoignages sont édifiants et inquiétants. Donc oui, la et moi je ne veux pas d'un monde parce que le narcotrafic demain c'est aussi la corruption et il y a qu'un pas pour arriver au narcoétat et ça je pense que ce n'est pas le mieux que les françaises et les français ont besoin. Toujours sur la question sujet l'autre grand sujet de de ce meeting c'était donc le travail et votre slogan c'est d'ailleurs le parti prix du travail et de la paix.

Alors pourquoi vouloir être le parti du travail et pas celui des travailleurs dans un système néolibéral ? Mais parce que écoutez, c'est une formule quoi. Moi après, excusez-moi, je suis pas non plus venue là pour faire euh d'abord, je suis pas la porte-parole quoi, je suis pas la défenseuse plutôt de de Fabien Rousald.

S'il y a des formules qui vous ben parce que c'est le slogan qui a été choisi parce qu'il y a d'air quelqu'un qui choix que ce soit travail et pas travailleur. Non mais vous pensez vraiment qu'on se pose toutes ces questions mais à part celui qui veut désinguer les communistes en fait personne ne se pose ces questions. Non mais oui bah si c'est ça parce que là en fait si vous voulez depuis tout à l'heure vous essayez de trouver ce qui ne va pas.

Ce qui est quand même impressionnant, c'est que moi, vous voyez, quand je rencontre les gens au quotidien, il y a ceux qui n'ont pas de travail, il y a ceux qui sont en souffrance au travail, il y a ceux qui ont besoin d'avoir un meilleur salaire et cetera. Donc oui, on parle du travail comme on parle de la paix de la mais on n pas dit les travailleurs et les pacifistes. Vous avez raison puisque l'intelligence française uttion nous l'un de changer autre.

Donc je crois voilà c'est que car nous on essaie juste de faire notre travail à ben moi je vous répond je n'ai pas la compétence d'être une analyse de la communication donc si la communication j'ai envie de vous dire du parti comm je voulais poser une question je vous invite à inviter le responsable de la communication et à poser question juste attends moi je pose pas toutes ces questions en fait c'est que carmel on vous demande juste des précisions sur ce que nous on on peut comprendre sur ce qu'on mais à aucun moment il y a la volonté de dinguer qui que ce soit que ce soit vous ou quelqu'un d'autre. Donc on poursuit vraiment très je dis pas que c'est la volonté mais je suis pas sa je suis pas non plus naïve, on vit tous dans le même monde. Donc je sais aussi ce qui se dit sur certains réseaux sociaux.

Je sais comment tout ceci est interprété. Je sais comment après cela me revient. Donc ces questionsl elles viennent pas il y a pas de il y a pas de spontanéité dans la vie.

Donc il y a la volonté de regarder et de commencer à se dire voilà donc pourquoi est-ce qu'on a mis travail et pas travailleur ? Bah vous savez quoi ? J'en sais rien et en plus c'est le dernier de mes problèmes parce que je pense que la vie des gens mérite mieux que ça.

Le slogan en fait c'était c'était pour vous faire parler de quelque chose justement de c'est plus profond. C'est la question effectivement donc c'est le choix de du slogan. Donc voilà mais en fait plus loin c'est en fait ça pose plusieurs questions aussi parce queon revoit on voit qu'il a par exemple la valeur travail qui est quelque chose que André Chassigne en a parlé.

C'est quelque chose qui revient beaucoup. souvent d'habitude on associe plutôt à la droite mais et en fait de mettre en avant le le côté du du travail et qui pourrait mettre aussi écarter un petit peu on va dire les personnes qui sont éloignées du travail comme les personnes qui sont au chômage au RSA. Il y avait eu un petit peu cette phrase sur la gauche des aloes qui avait été prononcé à Luma.

Et donc est-ce que ça divise pas aussi les personnes qui sont éloignées de l'emploi, les personnes qui ont de travail et voilà de d'avoir ce Bah écoutez moi d'abord les gens que je rencontre qui sont les de l'emploi leur première priorité c'est d'avoir un travail contrairement à ce que la droite dit a contrairement à ce que mais bien sûr ils ont besoin d'aide mais contrairement à ce que la droite raconte les gens qui sont éloignés du travail ils sont satissont pas ils ont pas envie de rester éloignés du travail et moi mon combat politique c'est que chacun est un travail et quand je quand on défend le travail c'est pour que tout le monde en ait Donc là aussi, on peut jouer après sur les formules et les raccourcis de phrases, mais personne au parti communiste français dit qu'on ne va s'intéresser qu'à ceux qui travaillent et que les autres ils ont qu'à crever la bouche ouverte. Deuxièmement, sur la valeur travail. sur la valeur travail, je pense que c'est euh une vraie exigence mais qui a toujours été portée par la gauche.

Euh on peut reprendre y compris les grandes pages de Joress en la matière bien évidemment que la droite les repris pendant un temps, qu'on ait à un moment donné une gauche qui s'en soit détournée. c'est une réalité. Mais moi, je continue de dire que oui, la valeur travail, la valeur travail c'est ce qui permet de poser comme acte politique le fait que dans une société on a besoin d'assurer à toutes et à tous un travail et que celui qui n'en a pas, la société doit le protéger.

Mais c'est vrai que la valeur travail, c'est très associé à Nicolas Sarkozi, on est dans une société moraliste, la méritocratie. Sinon, on est dans une société moraliste et on n'est plus dans une République sociale. Dans cette société de libéral, il est au cœur de la société parce que par le travail, on se sociabilise parce que par le travail, on crée des richesses.

Mais dans le travail, on compte aussi le travail domestique et cetera. Là, c'est vrai que c'est le travail donc l'emploi en fait, le marché du travail mais finalement tout le monde travaille. Les gens au chômage aussi travaillent, le travail domestique et d'accord.

Bon, non, mais très bien et les retraités continuent de travailler et cetera. av cependant je je pense que l'objectif justement est de poser la nécessité d'avoir un travail pour tous parce que sinon bien effectivement la question est posée aujourd'hui d'ailleurs parce que la droite utilise cette expression valeur travail d'une manière complètement dévoyée et donc quelle est la conséquence ? Bah oui, celui qui RSA, il peut faire un effort quand même.

C'est c'est presque de sa faute bientôt. Moi, je pense que le réaffirmer comme une valeur de gauche, c'est au contraire asseoir toutes les solidarités qui en découlent quand on en est exclu. Non parce que contrairement à cins voudraient nous faire croire, c'est un choix et qu'on et on a envie de vivre des aloes parce que personne ne vites euh mais au contraire d'une redistribution par la suite.

Vous dites tout le monde aspire à un travail, c'est vrai, mais pas n'importe quel travail. Et et vous parliez tout à l'heure quand Loui vous posait la question que c'était juste une formule mais les mots ont un sens surtout dans la lutte surtout quand on est communiste. Et le problème enfin moi c'est le problème que que je ressens quand j'entends parti le parti prix du travail c'est que ça pose l'idée de défendre le travail tel qu'il est n'importe quel travail alors qu'on entend plutôt le communiste dans la défense du travail tel qu'il devrait être.

Est-ce que ça ça pose quand même question de ce côté-là le travail tel qu'il devrait être pour assurer la dignité des travailleurs ? Oui bien évidemment. D'ailleurs quoi, on va pas revenir sur le débat sur la formation.

Je pense que vous n'avez aucun communiste qui dit que tout va très bien au travail. Et donc je redis mais voilà euh que réaffirmer que le travail est une valeur essentielle, ça veut dire quoi ? Ça veut dire y avoir accès et ça veut dire s'y épanouir et avoir des conditions correctes et un salaire à la hauteur de ce qu'on fournit.

Bon voilà donc on en revient quand même à ce que nous évoquions tout à l'heure. C'est un slogan donc forcément il est d'abord il est imparfait. C'estàd que alors je sais que le défaut des communistes souvent c'est de vouloir faire en intract d'une page l'équivalent de 5.

Donc c'est illisible. Donc je constate que quand on fait trop court c'est aussi mal compris. Donc soit je crois qu'à un moment donné on ne se on on regarde l'ensemble et rien aujourd'hui rien aujourd'hui personne ne peut laisser dire que les communistes se satisfont de la qualité du travail aujourd'hui en France.

Alors justement ces derniers temps, on débat a agité la gauche française mais aussi à l'internationale notamment depuis l'élection de Zoran Mamdani à New York. celle entre assumer une radicalité claire justement pour aller pour pour rassembler dans son camp ou plutôt d'ouvrir son discours pour conquérir une respectabilité au-delà du camp de la gauche. De ce côté-là, est-ce que le PCF a trouvé cette cette question entre radicalité et changer un petit peu son discours, l'atténuer peut-être pour aller conquérir d'autres parts de marché pour parler à un bon capitaliste ?

D'abord, moi je je je parle au français, je parle pas au par de marché et j'ai cru comprendre qu'en tout cas quand on l'atténue ça vous titille. Donc je ne sais pas je sais plus ce qu'il faut faire là. Je je vais ressortir en disant finalement et ouais peut-être que bon euh moi vous savez je suis pas la nostalgique du passé donc moi je pense non pas qu'il faut l'atténuer.

Je pense que pour rester très marxiste, il faut le mettre dans l'air du temps et c'est ça en fait. Donc bon, après c'est toujours compliqué parce que vous avez les tenants de la vérité absolue. Donc effectivement dès que vous modifiez quelque chose, vous devenez un traître à la cause et donc vous n'êtes pas au niveau.

Mais je pense qu'il faut quand même continuer comme ça. Ensuite bon la victoire du maire de de New York, moi je je pense que c'est d'abord c'est une belle victoire parce que dans ce pays qui est totalement trum paysé, ça donne un peu d'espoir de se dire que quand même il y a pas que ça. Bon après vous savez vous pouvez être révolutionnaire dans le discours, mais quand vous regardez bien le programme, on est quand même loin de la révolution et on est quand même loin du communisme.

Oui, il a quand même réussi à convaincre au sein du Parti démocrate qui est encore plus loin. Je suis d'accord mais je veux dire je je moi je je je ne me méprends pas de la remarque de Trump qui de toute façon taxe de communiste tous ses adversaires. J'ai j'ai pas de problème là-dessus.

Et et effectivement euh mais d'ailleurs c'est pour ça que c'est assez surprenant parce que il me semble mais je peux me tromper que on a forcément une lecture des États-Unis qui qui est toujours faussé et et on l'a eu d'ailleurs au moment de l'élection de Trump. Tout le monde avait parié qu'il serait pas élu, finalement il a été élu et cetera parce que le mec est dingue en vrai. Voilà, il y a pas de sujet.

Euh donc oui, effectivement ce que j'en ressens c'est quoi ? que j'en retire, c'est ce que vous dites. Il a entre guillemets, c'est un personnage inattendu au sein au sein des démocrates et et très certainement ça permet d'enclencher la la dynamique et et de faire basculer cette ville de New York, quoi.

En tout cas, de la de la de de la prendre. Euh après, c'est ce que je vous dis, il a un discours assez euh qui qu'on pourrait qualifier en France d'assez radical quand on regarde réellement le programme. Euh et j'écoutais, bon il y avait plusieurs euh compris euh intellectuels de gauche euh plutôt proche de nous qui le qui le décortiquent.

Euh jeis compris sur la question des supermarchés, vous savez, vous verra à tous. Bon, en fait, c'est un pour 400000 habitants quoi. Euh voilà, on n'est pas loin des émeutes tout de même.

Mais vous n'avez pas totalement répondu à ma question sur le choix. C'est vrai que on a l'impression que les les communistes français et ben vous savez, je vais vous répondre très simplement. Vous savez, être communiste, c'est accepter la dialectique et la contradiction.

Et je pense que euh la force et la place du parti communiste français, c'est d'être ni l'un ni l'autre et de chercher en permanence à dépasser cette contradiction entre une forme de radicalité qui peut euh être très jouissive, même parfois, mais qui ne répond pas et qui ne transforme pas la vie des Français. Euh et un autre écueil qui serait à force de se renier euh de ne pas satisfaire la transformation nécessaire de la société. Et entre les deux, et ben je crois que c'est l'engagement communiste trouve sa raison à dans la capacité à à dépasser ces deux oppositions.

Justement, c'est la stratégie portée par Fabien Russell notamment cette entre deux avec d'un côté je suis une bonne comm c'est bon. [rires] Vous êtes dans la ligne, vous êtes dans la ligne d'un côté ce ce programme de rupture mais aussi de l'autre côté cette volonté de transer l'équivage disons de s'adresser à tous. Résultat Fabien Rousell a obtenu une certaine popularité, on le trouve dans les sondages d'opinion mais elle ne se traduit pas électoralement 2,28 % à la dernière présidentielle.

Est-ce que ça plaide pas pour un changement de stratégie ? Alors, d'abord, je crois que vous êtes une des premières personnes que je rencontre Rousal n'est pas quelqu'un qui clive et je pense que la dernière campagne de ces élections présidentielles voir les polémiques parfois de cet été, je pense quoi ? Je pense pas qu'on puisse dire voilà alors peut-être qu'il ouvre certaines visions que qu'on peut avoir des communistes, mais je pense qu'il cherche aussi des fois le clivage et voilà, ça c'est chacun son son truc.

Euh non, mais après vous avez raison. D'abord euh oui, ça ne se traduit pas, vous savez, en politique euh il faut qu'on faut être connu, faut qu'on parle de vous, il faut qu'on vote pour vous. Donc le troisème temps n'arrive pas si vous n'avez pas les deux premiers.

Donc on peut être très bon dans le premier, on peut être très bon dans le deuxè et le trisème, ben on y est pas encore. Voilà. Et la réalité, c'est celle-ci.

Donc on va pas se on va pas se raconter notre histoire. Euh en revanche euh je pense aussi que on est dans un tel désespoir politique. Voilà, je c'est comme ça que on a tous été bibronnés pendant des années à la notion d'un vote utile de gauche alimenté à l'époque sous l'air mitérant par le parti et cetera que en réalité aujourd'hui les Français bah en fait ils font leur vote utiles et donc en vrai on est dans des premiers tours et comme on est encore ce matin ou hier je ne sais plus envahi de sondages qui sont déjà en train de nous annoncer les résultats de l'élection présidentielle qui ne vont avoir lieu que dans 1 an et demi Euh bah oui forcément en fait on est tous à se demander mais qui va être au deuxième tour ?

Mais est-ce que d'abord on pourra avoir un débat de premier tour ? Et donc pour le coup moi je le dis mais et on peut tout faire, on peut être les meilleurs, les moins les plus mauvais et cetera. Oui, on aura toujours de la difficulté à avoir cet espace là. au nom de ça, bah si à chaque fois qu'il y a des difficultés, on renonce, faut faire autre chose que de la politique.

Euh justement pour continuer de vous de de vous demander de de préciser sur certains sujets, il semble qu'il y a eu des différences de vision aussi même du parti communiste. Je je reprends l'exemple sur la laïcité du vote des sénateurs communistes qui sont apparus donc divisés au sujet du port du vol dans le sport en février 2025. Vous faites partie des des sénatrices qui se sont abstenues lors du vote plutôt que de voter contre.

Euh quelle est la position du PCF à ce sujet et pourquoi est-ce que vous votez contre l'interdiction ? Pourquoi est-ce que enfin pourquoi vous êtes J'ai compris ? Très bon.

D'abord, je me suis abstenue au lieu de voter contre ou au lieu de voter pour parce qu'en fait, si vous voulez, le principe d'une abstention, c'est justement la droite qui a totalement voté pour vous a deuxièmement euh c'est pour être précédente de groupes et être sénatrice quand même depuis quelques années, c'est régulièrement, je dis pas que je vais pas je vais pas dire que c'est fréquemment, mais ça arrive qu'il y ait des votes différents au sein du groupe. C'est et j'ai envie de dire, on est un on est on est mais on est Ouais, mais on est une organisation démocratique. Non mais parce que ça surprend toujours, vous savez quoi ?

Moi j'ai pas de problème que dans mon groupe on ait des votes différents sur la question du port du voile dans le sport et dans les compétitions sportives. D'abord il y a de il y a deux temps, il y a la question des entraînements et donc sur ça, je n'ai aucune je n'ai aucun problème en la matière. Je pense que d'ailleurs le sport, tout le monde l'a démontré, doit être vecteur d'intégration et cetera et que la notion de la laïcité compris n'est pas d'empêcher aux gens de pratiquer leur religion mais plutôt de protéger chacun.

Ensuite, il me semble que dans les compétitions officielles, dans un pays qui affirme la nécessité d'une laïcité et d'une laïcité inclusive, je crois que le port de signe religieux doit être proscrit. Voilà. D'où une abstention parce que certains et on le voit depuis ce matin avec la tout ce que la droite veut proposer, il y a en fait il y a ceux qui veulent tout, il y a ceux qui veulent rien.

Bah autorisez-moi un peu à à nuancer ces radicalités d'ailleurs des des deux côtés. Je pense que c'est un un vrai sujet. Ces texteslà ne font pas avancer le vrai problème qui est euh la place finalement de chacun dans notre pays.

Mais forcé de constater et je le dis très tranquillement et voilà. D'abord premièrement cette question du voile, elle est apparue depuis maintenant un peu ouais une trentaine d'années, on va on va dire. Elle n'existait pas avant.

Moi, je suis aussi dans une famille et dans une culture où on a recueilli chez nous des gens chez quoi je chez mes parents des gens qui fuyaent le terrorisme en Algérie qui parce qu'on obligeait les femmes à porter le voile. Donc vous faites un lien direct entre parce que oui là c'est pas du tout la même chose. ce dont je vous parle, ce dont les c'est les femmes qui vol qui veulent faire du foot le dimanche avec le copines et qui se font exclure alors même que vous estimez déjà ou en tout cas les souvent les défenseurs de l'interdiction estiment qu'elles sont déjà pressurisées dans leur milieu et donc on les exclut un petit peu plus parce que là vous parlez des compétitions officielles mais moi je vous parle aussi des amatrices du dimanche qui se retrouvent du coup à être à être exclu et que vous venez de comparer du coup avec lien.

Non mais je vous ai pas dit ça. Moi je je vous ai expliqué mon parcours pour vous expliquer ma position mais je fais aucun lien. Euh c'est c'est Mais comme ce sujet est toujours électrique, on essaie toujours tous de faire des réponses.

C'est ce qui vient d'être fait. Voilà. Donc moi, je fais aucune comparaison.

Je dis simplement que voilà et que la question dans un certain nombre d'orientation politique de certains, le port du voile est une arme politique. Il n'est pas là pour protéger la femme. Voilà.

Et ça je la je je je ça ne veut pas dire que toutes les femmes qui aujourd'hui dans notre pays portent le voile en grande majorité c'est une conviction personnelle ici en France si on les écoute elles en tout cas c'est bien de les écouter mais vous savez il y a des femmes qui oui il y a des femmes battues elles veulent pas quitter leur mari parce qu'elle l'aiment ben non mais parce que si vous voulez c'est je veux dire à force de caricaturer ce débat là et de et de toujours acculer celui qui ne serait pas dans une forme de bienpensance de gauche on arrive à ces défauts là. Donc effectivement, moi je ne sais pas moi, voyez, je pense qu'il y a plein de choses que je fais dans ma vie et j'ai élevé mes trois enfants et je pense qu'il y a des choses inconscientes et donc on le choix en interdisant de le libre choix le libre choix je pense qu'il faut toujours le nuancer. Mais c'est donc quand on est dans bien sûr mais vous pouvez lever les yeux social bien sûr qu'il faut nuit de vo qui est documenté qui décide de porter le vo mais il y a des femmes qui vous disent qu'elles sont tout à fait libres et tout à fait féministes et moi j'en ai eu en dis vous dis que plus il a qu' le porte plus on va leur obliger à le porter donc voyez la non mais donc la question elle est carman c'est aussi le sujet le sujet du vol dans le sport il est aussi lié par exemple Olivier Girou il a des croix voilà il est catholique Et on voit surtout ses bras évidemment et tous les hommes qui se signent sur le terrain quand ils rentrent, personne ne va leur demander ni de leur couper les bras ni va les embêter.

À la fin, ce sont toujours les femmes que l'on vient à qui on vient d'expliquer qu'elles sont trop habillées ou pas assez habillées. Donc la partie la la le le la position du Parti communiste français aujourd'hui, c'est de dire effectivement il faut retirer son voile avant de rentrer dans une compétition sportive. C'est intolérable.

Mon vote n'est pas la position du parti communiste français. Moi, c'est ce que je vous demandais aussi, mais enfin enfin bon, d'abord, il y a des groupes parlementaires qui ont leur propre fonctionnement et et qui s'inscrivent et qui font des votes à des moments donnés au regard d'un débat. Il y a la position du parti communiste français et me la demandez pas, j'en sais rien.

Donc comme ça, vous voyez, il y a parce que vous êtes porte parole. Donc voilà, vous savez euh je moi j'ai toujours beaucoup de respect pour ceux qui savent tout surtout mais moi je j'ai un peu d'humilité en la matière. Voilà. et de et et troisièmement euh oui, il y a des fois ben voilà, comme je vous le disais, parce que ce sujet est compliqué, compris, notre groupe a eu des votes différents et je pense que finalement cette différence dans les votes, elle est plutôt représentative de la complexité de ce débat euh plutôt euh qu'une grande division entre nous.

Alors, on voulait également vous parler des des municipales et du communisme municipal qui est là où il s'est implanté a eu le mérite de développer des services publics du logement et plus de services public, plus de démocratie. C'est bien le meilleur antidote contre l'extrême droite. Donc on imagine que c'est ce que vous avez envie de de particulièrement développer sur la période d'ici les municipal qui vont arriver en en mars.

Oui. Alors l'élection municipale c'est toujours compliqué parce qu'en fait on en parle beaucoup et on a alors on a plus 36000, on a on a 35000 communes avec toutes en fait des réalités très différentes. Et donc je pense qu'en tout cas pour nous les communistes, la question c'est effectivement de porter dans dans dans le débat national, je vais dire ainsi euh ce d'abord ce que pourrait et devrai être les communes, même si nous avons parfois conscience que je le dis, on l'évoquait au tout début, la question du financement euh fait que c'est quand même compliqué.

Euh et effectivement, je le disais, c'est l'échelon de base de la démocratie et donc c'est là que ce que se fait ce lien. Bon, malheureusement, est-ce que c'est la seule antidote contre l'extrême droite ? Je crains que non.

Voilà, parce qu'aujourd'hui l'offensive est telle que vous savez une digue, ça empêche une inondation jusqu'au jour où c'est un tsunami qui vous la renverse quoi. Et je pense qu'on en est là malheureusement si si ça continue. En revanche, moi ce que je constate c'est que les maires communistes ont eu développé pendant plusieurs années des colonies de vacances, ont été parmi les premiers à mettre en place la tarification sociale dans les cantines il y a maintenant plusieurs décennies et je crois qu'aujourd'hui dans la plus grande majorité, je vais le dire comme ça, voilà, comme ça chacun fera ses pourcentages, euh c'est c'est mis en place.

Donc moi, je suis fière de cela. C'estàdire qu' un moment on est comment est-ce qu'on remet alors bien évidemment on n'est pas l'état et on prendra jamais la place de l'État. En revanche comment on remet de la proximité de la justice sociale et je crois je crois que c'est ça la force en tout cas des des élus communistes d'ailleurs qu'ils soi en majorité ou en opposition.

Comment est-ce qu'on essae autant que possible de construire avec les citoyens les choix politiques à prendre ? Et finalement, c'est important parce que aujourd'hui rien dans euh l'opinion publique et le pouvoir médiatique dominant. Voilà, comme ça j'ai pas mis l'uma euh pour le dire au directeur [rires] euh non mais et le pouvoir médiatique dominant ne laisse la place à cela et y compris mais dans les institutions quoi, vous savez au Sénat mais des fois il faut voir quoi.

Des fois on a desqu Ah non mais en plus on va pas se prendre la tête avec les citoyens. Bah si en fait, bah si, on est dans un contexte particulier, on parlait de l'avance de l'extrême droite, il y a aussi des divisions à gauche. On y reviendra un peu plus tard, mais d'abord quel est l'objectif des des communistes pour les prochaines municipales ?

Je crois qu'il y a près de 145 MR PC dans les communes de plus de 3500 habitants, ce qui est déjà un très bon total. Mais est-ce que vous êtes plutôt optimiste, vous espérez gonfler ce chiffre là ou est-ce que le contexte vous ramène peut-être à une tendance à la baisse ? Alors, j'aime bien parce que depuis quelques semaines, tout le monde me sort des chiffres, tout serait différent.

Donc et alors à chaque fois à chaque après chaque émission, je me dis faut que je regarde et j'ai pas regardé. Je rappelle simplement pour m'en être occupé en plus à l'époque Fabien Rousal a eu plus de 500 parrainages pour les élections présidentielles comme le prévoit d'ailleurs la loi et dont une grande partie quand même était adhérent du Parti communiste français. Donc voilà mais comme j'ai pas compté je mais mais c'est un peu plus que 135 même pour les communes de plus de 3005.

Bon voilà euh ensuite vous savez quoi ? Je vais faire je vais vous dire un truc très bateau et je pense que n'importe quelle personnalité politique de n'importe quel pays de n'importe quel parti pardon vous direz la même chose. Je commençais par vous dire que l'objectif bah bien évidment c'est de maintenir les communes que nous avons et c'est d'en gagner autant que de que possible.

Euh et surtout en tout cas et non là je le dis euh avec aussi beaucoup plus de sérieux euh je pense qu'on a une vraie offensive d'abord contre l'ensemble euh des municipalité euh de gauche et on voit une droite et une extrême droite très à l'offensive et alors dans les grandes villes, on peut prendre Paris, Lyon, Marseille, on euh on voit cette offensive là, y compris avec des caricatures et des discrédits jetés sur les équipes municipales en place dans les plus petites communes. On sent et dans tous nos départements. Alors bien évidemment vraiment dans le sud, on a un RN qui est totalement affiché mais partout ailleurs, un RN un peu déguisé qui va essayer de s'infiltrer.

Donc je crois que ça on doit le dénoncer. On a une vraie C'est peut-être la première fois qu'on arrive à des élections municipales avec une vraie bataille euh pour euh ne pas faire rentrer l'extrême droite dans nos collectivités, dans nos communes. Et en tout cas pour les communistes, au-delà de d'avoir des maires en situation de gestion, d'avoir en tout cas, je crois le plus d'élus parce que un parti qui qui qui se veut et qui a une une volonté à avoir une dimension nationale, se doit se doit y compris d'être présent dans toutes les strates des communes.

Et le Parti communiste a vraiment l'intention de de rester à l'avant-garde. Je prends l'exemple d'Ivri sur scène sur la la façon de parvenir à à réussir à à gagner et à conserver un maximum d'élus euh où le maire sortant donc à Ivri dans le Val de Marne euh est à la tête d'une gauche et va porter la proposition des conseillers municipaux associés, c'est-à-dire des extraits européens. Il représentent 20 % de la commune et donc il veut faire en sorte que les personnes donc étrangées à l'Europe, les personnes étrangères à l'Europe et bien puissent être un maximum associé parce que elles vivent sur le territoire.

Euh moi quand le maire a a dit ça, j'avoue que j'ai tout de suite pensé euh aux femmes qui avaient été mises sur euh les les dans les élections quand elles n'avaient pas encore le le droit de vote il y a il y a un peu plus de 80 ans de cela. Euh c'est comme ça que euh que le Parti communiste peut rester à l'avant-garde si en allant sur ce genre de de proposition ? Alors même je dirais c'est plus d'un siècle parce que quoi un siècle parce que Dou c'était même avant la guerre.

Il y a il y a juste une nuance parce que justement sur sur sur ce que vous dites sur la situation d'Ivri qui à mon avis est une très belle initiative mais empli d'humanité d'abord qui donne à voir parce que c'est souvent la difficulté. Vous savez quand on devient maire bah vous avez ceux qui se disent je suis mère par ceux qui m'ont élu puis a ceux qui sont le candidat et en même temps une fois qu'on devient maire on devient le maire de tous qui qu'on est d'ailleurs voté pas voté qu'on est pu ou qu'on est pas pu. Donc je trouve que c'est une très belle initiative parce que dans ce monde où tout le monde cherche à s'opposer, penser l'avenir de la ville comme un lieu où on vit ensemble et non pas les uns à côté des autres, ça fait bête à dire mais c'est déjà c'est déjà beaucoup.

Alors après effectivement, il va falloir qu'il le mette en place. La seule nuance c'était ça, c'est que pour les femmes h la constitution en fait n'avait pas prévu le fait qu'elles soit élues. Donc elles avaient le droit d'être candidates mais elle ne pouvait pas être élu quoi.

Voilà, elle ne pouvait pas être élue mais il n'était marqué nulle part qu'elle ne pouvait pas être candidate. Là, on est effectivement dans un autre sujet et d'ailleurs, nous avons toujours défendu la question de de de la du droit de vote, pardon, des des étrangers sur les élections locales pour ces raisons-là parce que oui, d'accord, vous n'avez pas la citoyenneté française mais vos enfants vont à l'école, vous allez au centre social, vous allez à la bibliothèque. Voilà.

Là, c'est une initiative ivrienne autour des élus. Est-ce que ça peut être Est-ce que ça peut être porté nationalement paruniste Bah si vous voulez, je je souhaite surtout qu'il y ait beaucoup d'autres maires qui la reprennent plutôt parce que c'est en fait c'est ça la force d'une élection municipale. Mais effectivement par vous disiez mais oui, nous continuerons de nous démarquer dans cette capacité novatrice comme je le disais à répondre aux besoins et moi je crois de plus en plus et c'est pas seulement parce qu'il y a moins de moyens que en fait le la force d'une équipe politique dans une mairie, ce sera cette capacité à mettre en action les gens et c'est comme ça qu'on combat l'extrême droite aussi.

Anthony dans plusieurs villes justement administrées par la la gauche bah la gauche justement par divisé socialiste, écologiste, communiste et et insoumis Montreuil, Saint-Denis, la Courneu Saint-Toin. On peut élargir aussi à Montpellier, Lille, Bordeaux. Enfin, on va pas faire toute la liste mais voilà.

Comment vous jugez d'abord ces ces divisions ? Bah, d'abord on va pas faire toute la liste, mais dans la plupart des villes, c'est surtout la France insoumise qui part seule. C'est un constat euh voilà, je je l'acte et ça a été affiché compris depuis dimanche dernier.

Donc euh et nous nous l'avons redit et à quelques peut-être exceptions près et bon voilà, au nombre de communes, on a toujours le droit à l'erreur. Euh et Fabien Russell l'a redit la semaine dernière quoi, dimanche, pardon, il n'y aura pas de communistes sur des listes qui s'opposent à des maires de gauche sortant. H et donc ce sera notre ligne pour le poussa.

Justement en parlant des insoumis, ils viennent de sortir leur enfin une sorte de de programme, c'est l'institut de la boissie sorti cette ce livre là sur le nouveau communalisme. Ça sent très fort le communisme municipal. Je sais pas si vous vous y êtes intéressé mais en gros ça ça parle de revigorer la démocratie, de réinventer des services publics.

Comment est-ce que vous jugez cette cette initiative là ? Est-ce que c'est une façon de marcher sur vos plats de bande ? parce que vous y voyez une pale copie ou au contraire ça ça amène la gauche à à réinventer son logiciel aussi idéologique.

Alors d'abord, je vais le dire en toute honnêteté, j'ai pas encore eu le temps de le regarder mais pour me soucier quand même beaucoup des enjeux électoraux et des collectivités territoriales, je vais le regarder. Deuxièmement, je pense que on peut on peut le prendre de différentes manières. Moi, vous savez, je fais pas de la politique pour avoir des copyrights.

Donc, j'ai envie de dire si ce que les maires communistes ont fait, c'est très bien. Bah, écoutez, tant mieux. Après, je voilà, je crois qu'il faut qu'on ait raison gardé et c'est plus maintenant sur la méthode et la manière de faire que j'attends de voir comment certains vont faire.

Je je le désespoir quand même dans notre pays, quel que soit les ambitions des uns et les et des autres pour 2027, euh les ambitions des uns et les autres pour 2027 ne seront pas les mêmes si la gauche dans sa diversité. Voilà, elle est et elle est diverse et c'est très bien la diversité, c'est une richesse. Euh perd un certain nombre de grandes villes parce que il y aura eu plusieurs listes au deuxème tour.

Et si on ajoute les initiatives insoumises sur certaines villes comme vous disez qui les insoumis veulent partir de leur côté et si on en ajoute là encore ce projet de communalisme qui ressemble au communisme municipal. Vous l'interprétez comment vous y voyez une tentative d'opéa des insoumises sur le communisme ? Vous savez, en politique, je crois qu'on dit que les gens préfèrent toujours l'original à la copie.

Donc je ne suis pas inquiète. Euh à à propos de des candidature et euh euh et d'une candidature unique à gauche ou une candidature pluriale, le NFP 2027 a annoncé euh une primaire. Euh les modalités seront annoncées mi-décembre.

Le PCF s'en tient à l'écart pour le moment. Pourquoi ? Est-ce que vous pouvez nous dire ce qu'il Alors, d'abord c'est quoi le NFP pour 2027 ? puisque je ne connais pas cette structure.

Le nouveau Front populaire a été une alliance des quatre forces de gauche que sont la France insoumise, le parti communiste français par socialist europe écologie et vert des citoyens des organisations syndicales pour porter ce programme en 2024. Donc je voilà certains membres de cette coalition électorale pour 2024 ont décidé d'organiser une primaire. Ils l'organisent et nous ne sommes pas.

Pourquoi ? Pourquoi s'entonnerair à l'écart justement ? Mais parce que alors pour le coup, il nous faudrait des heures et je voudrais pas être ébarbatif.

On les aura pas. Ah ouais, [rires] je sais pas. Voilà.

Donc ça j'ai Non mais je sais mais je les ai pas demandé. Je je [rires] je suis bien c'est normal. Non non mais nous notre analyse de manière un peu simpliste, c'est que tout d'abord nous sommes dans un pays avec une élection à deux tours.

Bah voilà si on va prendre les États-Unis comme comme ça les gens je pense on va aux États-Unis qui est le pays de la primaire. aux États-Unis, quand vous allez voter à l'élection présidentielle, il y a un seul vote. Voilà.

Et après, il y a les grands électeurs, après ils leur président. Mais bon, en tout cas, on vote une seule fois et donc avant, il y a des primaires qui les partagent. En France, le choix qui a été fait aujourd'hui, c'est qu'il y ait deux tours.

Donc, je veux bien qu'on s'en rajoute un troisème avant. Je doute de la pertinence. Je pense qu'on a un vrai problème à gauche, parce que à droite, ils ont le même mais ce n'est pas mon problème.

C'est que en vrai, on dénonce tous mais on est tous on a tous plongé dans l'hyper présidentialisation. Et donc en vrai aujourd'hui tout le monde ne pense plus qu'à ça. Donc je je je crois que c'est un vrai un vrai sujet parce que et forcément tout le monde veut être candidat à la présidentielle, tout le monde veut exister.

Donc on on voilà donc une primaire euh je le dis comme ça et voilà y compris dans ceux qui se sont mis d'accord. Je n'y crois pas parce que je pense qu'en plus h à la fin, je remets pas en cause la la qualité qui peut être faite de cette organisation, je pense qu'en fait à la fin celui qui la gagne pas, il il y en a qui vont quand même se présenter. Donc je pense qu'on est dans une forme d'illusion qui laisse avancer en plus et ce qui est contraire à l'histoire de la gauche française que ce serait plateforme contre plateforme et à la fin on vote pour le meilleur.

Mais punaise, l'histoire de la gauche, c'est justement de de renvoyer vers les citoyens la capacité à construire et à décider. Donc c'est pas une primaire qui clou le débat, pardon. Donc plusieurs candidats à gauche, ce serait pas un problème du coup ou est-ce que voilà, est-ce que ça permettrait donc que chaque force mobilise de son côté avant de s'unir au deuxième tour par exemple en cas de qualification dans la théorie ?

Oui. Non mais voilà, on va pas se mentir, ça non, ça c'est ça c'est la théorie des des bouquins d'analyse électorale et ce qu'on a connu pendant des années d'ailleurs parce que la division à gauche quoi, il y a toujours eu plusieurs candidats à gauche, ça n'a pas empêché mai 80. Non mais donc vous voyez des fois on on se fait aussi des nœuds à la tête qu'il y a pas besoin et quoi qu'on pense on est dans une situation tous les médias contre la et quoi qu'on pense de l'élection de François Hollande dans sa capacité à avoir fait une politique de gauche je voulais dire je voilà je la remets pas en question l'élection il y avait plusieurs candidat donc si vous voulez moi ça pour moi ça c'est pas une question ensuite sur ce que vous dites malheureusement euh si on regarde les différents sondages avec toutes les pincettes et je l'ai déjà dit tout à l'heure.

Donc comme on n pas des heures, je me répète pas. Euh mais du coup euh malheureusement le problème il est pas est-ce qu'il y aura un candidat de 3 4 ou 5 en fait s'il y en a qu'un ou s'il y en a quatre. Mais en vrai, il manque encore il manque encore de la capacité pour les électeurs à croire que la gauche peut changer leur vie très sereinement.

Et en fait moi mon je à l'heure où on se parle, mon premier problème c'est quand même celui-ci, c'est que aujourd'hui et je ne veux pas être défétiste et si je fais de la politique, c'est pour changer la réalité. Donc j'ai aucun problème. La réalité d'aujourd'hui c'est que quand même il va falloir y aller un peu plus que ce qu'on y a été parce que sinon il y aura pas de candidat pour changer la vie de présent gauche.

Pour changer la vie, vous en conviendrez, il faut gagner des élections et donc forcément être 4 5 6 sur la ligne de départ, c'est un frein. Est-ce que là ce que vous êtes en train de nous dire d'abord un qu'il faut faire le deuil de l'idée d'une candidature unique et est-ce que deuxièmement est-ce qu'il y aura forcément une candidature communiste à l'élection ? D'abord j'ai dit je fais de la politique pour changer la réalité.

Donc la réalité je fais pas c'est pas un deuil. Voilà. Et le la réalité c'est celle-ci, je ne l'accepte pas.

Deuxièmement, c'est ce que vous disiez, voyez, parce que ouais 4 5 mais pendant des années et peut-être d'ailleurs, voyez dans certaines élections municipal à des élections en fait, on aime bien quand il y a plusieurs candidats parce que ça permet d'avoir un réservoir de voix pour le second tour. Et donc, j'ai envie de dire, moi je regarde pas les choses comme ça. S'il y a demain un candidat de gauche, alors d'abord s' un candidat de gauche, excusez-moi, s'il fait 30 % il a perdu.

Non, mais c'est en fait donc OK, donc on a gagné quoi ? Rien. Après, s'il y en a qu'un seul, on va revenir sur on fait un replay en arrière de l'émission mais la gauche radicale, la gauche paradicale, la gauche ceci là.

Donc donc posons ce débat, arrêtons d'avoir peur de de nos débats à gauche. Voilà, je je le redis, la force de la gauche a été Ça va jusqu'où la gauche ? Bah la d'abord moi je donne pas les diplômes de gauche.

Voilà. Non, moi je je Non mais je sais qu'il y en a qui voilà, je vais pas vous dire que n'importe qui qui se décrète de gauche mais je si vous voulez bah je vous savez quoi ? On va reprendre l'exemple.

Moi je pense que le parti socialiste est un parti de gauche. Je ne pense pas que la politique de François Hollande a servi la gauche. Voilà, c'est comme ça.

Après, je vais pas exclure tel ou telle. Et la France insoumise est aussi un parti de gauche parce que qu'est-ce qu'on a ? On a avant tout en valeur et en partage la nécessité de la redistribution et de l'égalité.

Alors après, il y en a qui le font d'une manière, il y en a c'est un peu mou, il y en a c'est un peu fort, il y en a c'est un peu comme si il y en a c'est un peu avec les flics, il y en a c'est contre les flics, il y en a c'est machin avec ou sans voile mais à la fin on est dans quand même dans une ADN et une matrice commune au départ qui nous est en partage et et qui s'est exprimé d'ailleurs au moment du Nouveau Front Populaire. Alors Cécile, il est l'heure d'accueillir maintenant le pire journaliste de la REDAX. C'est l'heure de la carte de presque.

Hop là. Euh mais père, pourquoi tu habillé comme ça ? Qui se passe ?

Vous avez pas vu ? Non. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Attendez, je fais un petit Macron, il a il va sûrement relancer le service militaire. Le chef d'étatmajor, il a dit qu'il fallait qu'on s'apprenne enfin qu'on apprenne à laisser mourir nos enfants. Enfin là, on s'approche d'un de la guerre.

Du coup, moi ben je me tiens prêt. [rires] J'ai même préparé mon petit kit de survie. Vous voulez le voir avec un un sac à je crois ça pas du tout.

Est-ce que tu as piqué les pattes de Septir ou pas ? Non, j'ai [rires] mieux déjà. J'ai mieux parce que le kit du gouvernement eux ils avaient pas mis d'armes à feu.

Ouais. Ah ouais. Moi, j'en ai mis une.

Gros calibre. Attention, c'est chargé. [rires] Impressionnant.

Ah oui, merde, ça fait même du bruit. Bon, c'est pas grave. J'ai racheté des cartouches à King Jouet.

Euh, qu'est-ce que j'ai d'autre aussi ? Bah, j'ai Flash McQueen. Ca ciao. [rires] Ça c'est pour que les enfants, ils puissent s'amuser un petit peu avant de décéder. [rires] Ah oui, d'accord.

Pas que des blagues. Ça c'est le moment fun, [rires] le jeu des de famille. Je sais que le gouvernement, il a mis un jeu de carte, mais moi je suis pas trop fan.

Je préfère ça. C'est beaucoup plus pédagogique. Ça permet de nous apprendre quelque chose.

Par exemple, dans la famille Le Pen, je voudrais le raciste. [rires] C'est lequel ? C'est pas évident de jouer avec la famille.

Qu'est-ce que j'ai d'autre à vous proposer ? Ah oui, l'intégrale de Rachid Adati à la mairie de Paris. Ça c'est ma série coup de cœur du moment.

Vous avez vu Rashida dans le 18e. Vous avez aimé Rashida avec les agents de propreté. Vous allez adorer Rashida à la bravem. [rires] Bon, il y a un petit qu ça dure combien de temps ?

Franchement, c'est 18h30. Il y a un petit quak, c'est que à la fin du sujet à la bravem, elle termine en garde à vue [rires] puis que il y a un contrôle au faciè. Voilà, c'est la police, elle va pas se refaire.

Bon et là, je suis pas peu fier de vous le présenter. En exclusivité monde, le livre de Nicolas SarkoZi. [rires] C'est un scam, il fait une page.

Mais est-ce qu'on pouvait s'attendre à mieux d'un mec qui a passé seulement 20 jours au placard ? [rires] C'est une notice de Lipran. C'est ça ?

Peut-être. Du coup, moi je vous ai listé les ch les choses qui durent plus longtemps que Sarkozy en prison. Le mois de février, un cycle menstruel, le Ramadan, le NFP de très peu, [rires] la DLC d'un cordon bleu, ma période d'essai à Luma, ça fait quand même 2 ans et demi que je suis en période d'essai.

Enfin bref, un tas de choses et même la polémique sur le roi Merlin va durer plus longtemps que Sarkozy en prison. D'ailleurs à ce propos, je sais pas si tu as vu sur les réseaux sociaux une vidéo sur les coulisses de Lauroi Merlin et en fait c'est un repère d'islam gauchiste. Il paraît, j'ai pas vu.

Magnetto Mike s'il te plaît. Enfin les masques tombent. Le roi Merlin est soumis à l'idéologie wiste.

Venez on va vous montrer. Mais non du jambon à l'al. Je m'attendais à beaucoup de choses mais là on est à côté des prises quand même.

JeanluLuc Mélenchon. C'est quoi ce rayon de fou ? Le rayon Siri.

Monsieur il y a un rayon France. Non mais ça c'est des tapis de prière. C'est en direction de la mec.

Mais non, le livre de Jean-Luc Mélenchon, le rayon jardinerie, c'est une zade ou quoi ? Une douche. C'est étonnant pour des gauchistes.

Mais non, une trançonneuse. J'ai la même chez moi. Je l'ai pas acheté ici.

Ah voilà. Du bambou. Non mais on est encore en France, croyez-le ou non mais il y a un vendeur qui vient de me dire voilà tu ressembles à Griezmann.

Pourquoi ? Voilà. Vraiment ce magasin c'est boycotte.

À partir de maintenant, on nachète plus jamais rien ici. Bonjour en carte. Oui.

Donc 59,80 € vous avez la carte. Oui. [rires] Quelle indignité.

Tu vas toi Cécile un petit peu le Romè là ? Bah ouais régulièrement. Tu achètes quoi ?

Alors moi par contre j'ai un petit souci par rapport au monsieur là qu'on voit, c'est que j'ai jamais vu de bouquin et j'ai jamais vu de gens. Bon mais c'est pas grave. Tuas pas trouvé le b rayon.

C'est vraiment la r ça doit être ça. Ouais ça doit être un truc comme ça. Pourtant j'y vais quand même assez sou parce que j'aime bien bricoler.

C'est un peu mon moment de détente. Donc voilà. Je comprends.

Euh, j'avais caché tout en dessous. [rires] À la fin de ma chronique, on fait le traditionnel ça ira, ça ira pas. Tu connais un petit peu ?

Non, mais on m'a on m'a dit que ça arriverait. Donc en gros, je te montre des petites photos, tu me dis ça ira, ça ira pas et tu me fais deux trois phrases d'explication pour bien chef. Voilà.

Une primaire pour 2027, ça ira ou ça ira pas ? Ça ira pas. Je l'ai déjà dit donc euh je garde mon temps pour euh le coup d'après.

D'ord. Fabien Rousel 2027, ça ira ou ça ira pas ? J'ai pas le droit de dire je sais pas.

Non, c'est le problème en fait. Ça ira. Il sera très certainement candidat à l'élection présidentielle.

Le résultat, je le connais pas. D'accord. Saint-Étienne en Ligue 1, ça ira ou ça ira pas ?

Ça ira forcément, ils vont remonter. Allez les verts. Et Lyon en Ligue 2, ça ira ou ça ira pas ?

Ça ira aussi parce que ça se saurait si les Lyonnais avaient jouer au football. [rires] Arcormital, la nationalisation, ça ira ou ça ira pas ? Malheureusement, ça n'ira pas et nous le regrettons parce que ce sont bien évidemment des des centaines d'emplois mais aussi la capacité de la France à avoir la maîtrise de la souveraineté industrielle.

Excellent. Et les fauteuils de Gérard Larcher, ça ira ou ça ira pas ? Parce que j'ai déjà posé cette question à Yan Bross mais tu te souviens des fauteuils à 30 et quelques balles ?

C'est c'est tout match. Tu les as déjà vu ? Et non, parce que moi je ne suis ni présidente du Sénat ni vice-présidente, ça doit échapper à personne.

Donc je n'ai pas la possibilité de siéger sur ces fauteuils là qui sont tout nombre de deux dont un prototype et qui sont refaits régulièrement. D'accord. Ils sont très beaux en cuir supérieur.

Oui, parce que Non, mais non, mais moi je je je rentre pas dans le délire euh de du populisme sur ça et parce que je pense qu'on alimente l'antiparlementarisme, les gens qui président la Bah oui. Non, mais je vois bien, mais moi non. Bah donc bah ouais, ben on n'est pas d'accord, c'est pas grave.

Mais voilà, je je pense qu'on ne mesure pas ce que c'est que de rester de 14h30 à 20h pour présider une séance nonstop. Moi, je fais après, est-ce qu'il fallait que ce soit aussi cher ? J'en sais rien, j'y connais rien.

Ce qui est certain, non mais ce qui est certain et pour être très cache, je pense que moi mon fauteuil IKEA, il est pas assez confort. Après, par rapport à celui-ci, je pense qu'il y a une marge. Voilà, tu switches le roi Merlin et voilà Ouais, pardon. [rires] Fallait c'est pas grave.

Non, c'est pas grave. Euh, Yan Brse, maire de Paris, ça ira ou ça ira pas ? Suspense.

Rendez-vous dans quelques semaines. Suspense, c'est pas une réponse hein. Ben, c'est c'est ma réponse.

OK. Bon, [rires] j'ai pas le droit. Cel Non, c'est bon.

Merci beaucoup. Par contre, récupère ta cartouche s'il te plaît. En tout cas, on pourra compter sur toi.

C'est bien. Merci beaucoup. P pour plaisir.

Euh, c'eston service politique. Je pense que ça te [rires] Non, quand même, vous vous venez de lâcher quelque chose d'extrêmement important. Vous avez l'air de dire que Fabia Russell sera candidat en 2027. vous l'affirmez aujourd'hui.

Je dis il le sera très certainement peut-être. Vous verrez c'est et vous me faites marrer dire ça ira ça ira pas puis après non mais c'est pour ça que je posais [rires] la question derrière évidemment. On va je je si c'était demain, il le serait mais la question n'est pas celle-ci et je crois que nous l'avons suffisamment dit.

La question aujourd'hui c'est de préparer les élections municipales. Et alors c'est pas du tout pour beauté en touche sur votre question mais en fait là moi je viens d'apprendre en un an que se projeter à plus d'un an politique française c'est un risque dans lequel je ne me plongerai pas. Très bien.

On avait aussi envie de vous parler de nationalisation ce soir ça va être la la dernière séquence et de services public mais surtout de nationalisation. On va lancer d'abord un magnéto sur ce que vous disiez. il y a très peu de temps.

Nous nous pensons que l'économie n'a de sens que si elle sert le besoin collectif, le travail humain et l'intérêt général. C'est là toute la différence entre une économie livrée à la spéculation et une économie régulée par la puissance publique. C'est cela le sens profond de cette proposition de loi.

Arracher les secteurs vitaux à la logique du profit pour les replacer dans celle de l'utilité collective. La nationalisation n'est pas un gros mot. Elle est un acte de puissance publique.

Elle est une décision politique souveraine pour reprendre la main sur notre destin industriel. Alors, on a parlé un tout petit peu d'harceleur mital avant. Donc, la droite sénatoriale a écarté une proposition de loi du PC visant à reprendre en main les sites français.

Le groupe a reçu 392 millions d'euros d'aide publique en 2023, pardon, et prévoit la suppression de 636 emplois. Donc, pour que la gauche redevienne la gauche et rassemble les classes populaires, est-ce il faut lancer des débats très forts ? Alors par exemple nationalisation ou expropriation organisation de la production par les travailleurs par exemple.

Mais d'abord, c'est une proposition que nous avons porté qui a été travaillée avec les organisations syndicales, c'est-à-dire qu'on l'a pas créé tout seul dans notre coin et je veux vraiment rendre hommage parce qu'en fait c'est ça qui dérange la droite aujourd'hui. En fait, les salariés, les travailleurs justement, ceux qui travaillent euh je reprends tous les mots comme ça, j'en oublie pas, je pense ont une une capacité à défendre leur outil. qui est exceptionnel et donc quand on les écoute, ils font des propositions et qui sont de bon sens et qui sont utiles et efficaces.

Donc oui, nous défendons et nous avons défendu la nationalisation d'Arcellor Mital et comme je le disais malheureusement ça a été, vous venez de le rappeler mais balayé par la droite, j'ai envie de dire quoi sans surprise des fois ça me rassure en même temps que la droite ne soit pas d'accord avec moi quoi. Quoi j'ai envie de vous dire il y a pas de de souci. En revanche, ce qui m'interroge plus, voyez, dans ce vote là, c'est que la droite qui nous explique qu'il faut de la souveraineté industrielle, qu'il faut de l'acier, qu'il faut en fait, elle ne prend jamais les bonnes décisions pour permettre que cette industrie continue.

Alors après, vous parlez d'une société nationale de l'acier. Oui. Donc mais je après donc après il y a d'abord nationalisation, je vais ça veut tout dire et ça veut et on peut y mettre beaucoup de choses.

Voilà. Non non mais je vais je vais je vais y revenir. Il y a la nationalisation, il y a l'entrée au capital de de l'État.

Euh mais après non mais ce que je veux dire c'est que la nationalisation c'est ça règle pas tout. Par exemple, on l'a vu dans le passé euh c'est pas parce qu'on nationalise que la question des droits des travailleurs et de la qualité du travail, elle est réglée. Donc de toutes les manières euh nous quand nous proposons une nationalisation, nous proposons bien évidemment aussi une vision avec de nouveaux droits au sein de l'entreprise.

D'ailleurs, qu'elle soit nationalisée ou qu'elle ne ou qu'elle ne le soit pas. On en est là. La question de l'expropriation aujourd'hui et on le sait tous c'est que en fait c'est un slogan mais qui n'est pas en capacité applicable.

Donc on peut se le dire et on peut on peut se faire plaisir en se le disant mais en fait personne non mais c'est important de discuter parce que c'est vrai que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui savent pas que c'est possible mais mais parce que mais parce qu'en fait juste de remettre sur la table même si ça paraît impossible mais en tout cas que ça existe aussi que ça existé ça existait mais en fait aujourd'hui vous êtes d'ailleurs confronté au sacrossin droit de la propriété c'est d'ailleurs à ça qu'il faudrait s'attaquer mais en fait vous n'expropriez pas pardon un chef d'entreprise simplement parce qu'il décide de fermer un site en En fait, ça ne donc euh et la troisième forme que vous me donnez si était vous m'aviez. Oui. Oui.

Si l'organisation de la production par les travailleurs donc vous avez dit que vous travaillez aussi avec les syndicats Non mais parce que excusez-moi, j'ai pas compris parce que non mais en fait je pensais que quand vous disiez ça, c'était plus tout ce qu'on peut développer sur la reprise de la boîte par les salariés. La nationalisation, on est d'accord hein, c'est l'État qui prend et qui organise la production. Et on pense que par exemple sur la question de l'acier, c'est essentiel parce que euh c'est la base de l'industrie et c'est ce qui permet ensuite de répondre aux enjeux environnementaux de transport et cetera.

Donc là, on pense que euh l'État doit avoir une vision stratégique en la matière. En revanche, on a tous en tête des exemples euh de boîtes euh où ça euh les les patrons ont voulu licencier fermer le site, mais où là ce sont les salariés qui se sont organisés et qui ont repris l'organisation de l'entreprise et dans ce cas-là, on n'est pas dans une dans une nationalisation et ben il est et bien par une reprise en main par les salariés eux-mêmes de leur outil de production. Et alors, est-ce que vous pensez que la gauche doit lancer en fait une bataille pour un plan de nationalisation massif ?

Est-ce que ce sujet, il pourrait permettre à la gauche de former aussi un nouveau mouvement social d'ampleur comme autrefois ? Alors, si seulement il suffisait de lancer un plan de nationalisation pour qu'il y ait un mouvement social, j'aime je le je vous dirai oui tout de suite. Non, moi je pense qu'après je le redis, la nationalisation c'est pas l'alpha et l'oméga pour pour le coup, je ne le pense pas, de l'organisation économique d'un pays.

Je pense qu'il doit y avoir des grands l'organisation économique communiste. Ouais, mais oui, oui, mais je je je ne défends pas quoi genre l'organisation économique dans laquelle je me projette n'est pas forcément euh celle de l'étatisation de l'économie euh versus ce qui a pu se passer dans un certain nombre de pays au 20e siècle. Euh et donc je pense au contraire, par exemple, que nous avons des enjeux stratégiques euh que peuvent être mais ce qu'on a fait au sortir de la guerre qui sont les notions de mobilité, qui sont des notions de d'énergie dans la diversité production, les les matières premières.

Là, on en a l'État a besoin d'être de d'en être à la main d'œuvre à la manœuvre, pardon, parce que c'est ce qui permet ensuite de satisfaire les besoins de la pollution. Ensuite, tout le reste, j'ai envie de vous dire qu'on ait des salariés euh qui qui se réorganisent réorganiser le le système économique pour que ce soit finalement ceux qui produisent, qui décident et qui orientent les productions. Je pense que c'est beaucoup plus efficace et on parlait tout à l'heure deu je pense que l'on parlait de l'épanouissement au travail.

Je pense que ça redonnerait beaucoup plus de sens dans son travail que simplement d'avoir un patron qui vous dit de faire ça ou ça. Une dernière question Antonien. Ouais.

Alors justement on parlait de mobilisation sociale et vous dit bah voilà parler de nationalisation c'est pas c'est pas aussi simple. C'est ça, c'est pas ça forcément qui va remplir les rues, mais justement comment vous analysez la difficulté de la gauche aujourd'hui à à réussir une mobilisation sociale, un mouvement social, en bref à se faire craindre dans la rue ? Alors, je pense que ça là encore, c'est assez contradictoire parce que vous voyez au mois de septembre, il y a eu une très forte mobilisation sur la question des retraites.

Donc donc c'est pas aussi automatique que ça ou quelques jours avant, le 10 septembre sur le dans dans le casre du mouvement bloc. Donc je veux dire, il y a eu une grande mobilisation mais il y avait quand même aussi deux cortèges parfois un cortège syndical, un cortège politique d'une semaine à l'autre. Ça dit aussi quelque chose de la difficulté de ta gauche.

Malheureusement c'est pas nouveau non plus. Donc je veux dire, mais le problème après qu'on a mais je quoi je vais revenir au point de départ c'est que pour vous moi je ne crois pas que plus on est dans la misère et sans perspective on s'engage. En fait plus on est dans la misère et sans perspective plus on est touché par la fatalité et plus on devient une proie facile pour l'extrême droite.

Non mais donc sauf s'il y a un projet alternatif dessiné en face peut-être que c'est ça mais on dessine pas un projet à la place des gens. Si on si on les si on ne les met pas dans dans dans ce mouvement populaire, c'est la fatalité, c'est de l'individualisme, c'est ce à quoi on assiste et c'est ce à quoi s'occupe avec force les chaînes un certain nombre de chaînes d'information en continu qui tout au long de la journée vous vous font angoisser de tout et le le mal est au milieu de votre salon. Mais cependant euh donc ça je pense que c'est une vraie difficulté qu'il nous faut casser.

Donc après il faut reprendre. Mais ce n'est pas parce qu'on va dire demain on va nationaliser que les gens vont se lever, vont se se mobiliser. C'est ça que je veux dire.

Donc on a aujourd'hui et c'est un vrai euh moi en tout cas je le prends comme ça et je je le prends comme ça je pense qu'on a besoin de retisser du lien les uns avec les autres et donc ça va se faire et ben oui dans un conseil de quartier. Oui, parce que là il y a une boîte, il y a un souci et donc on va faire oui parce que là il y a un problème environnemental et que et donc en fait et que tous ces gens-là si un moment on arrive à les tisser et à leur redonner de la perspective parce que je le redis sinon mais les gens ils se replient sur eux-même et on en revient au point de départ mais les gens le problème c'est même pas qu'ils sont qu' comprennent plus rien c'est que les gens n'ont plus rien à [ __ ] de ce qui est en train de se passer et comment vous voulez changer la société avec des gens qui s'en fichent quoi j'ai envie de vous dire ce qui ne veut pas dire ils vivent pas bien ils sont pas Mais pour eux, on leur a tellement dit que de toute façon ma bonne dame, on peut pas faire autrement que ils finissent par croire. Alors, je pense qu'on a besoin d'une gauche qui retrouve cette capacité à faire et et à démontrer.

Je pense que les élections municip ce qu'on peut faire à l'échelle locale est en tout cas une expérience de donner à voir que il y a pas de fatalité, il y a seulement ce que l'on ce pourquoi on décide de s'engager et de transformer. Merci beaucoup Cécile Cuukerman d'être venu répondre à nos questions. Ça fait déjà quasiment plus d'une 20 qu'on échange.

Non non [rires] mais mais euh mais c'est aussi ça le principe de Saira, c'est d'aller au bout des questions et d'interrompre le moins possible dans nos interlocuteurs de faire avancer le débat. Euh je rappelle peut-être la mobilisation le 2 décembre prochain à l'appel de la CGT parce que c'est la la prochaine donne et de la solidaire. Tout à fait.

Euh et euh et voilà. Donc on se retrouve le 2 décembre en manifestation. Merci en tout cas Cile Cerman d'être venu répondre à nos questions et c'est donc le dernier temps de l'émission.

On va parler d'un lieu que j'adore Angoulem et la bande dessinée qui est bien mal en point. Cela dit avec notre cher bolchegek, c'est le moment d'ager de pop. Merci.

On a un dégât des en plateau. La tasse de madame Cukeraman était assuré. Et au revoir Anthony que je n'avais pas annoncé et que je [rires] ne désannonce pas non plus.

Maintenant que vous ne le voyez plus, c'était Anthony Corz, journaliste politique à l'humanité. Non mais Anthony vous le voyez partout, il est sur Twitch quasiment toutes les semaines. Il était sur hier liv.

On a même pas on a même plus besoin de dire de dire comment il s'appelle et qu'il est quoi [rires] exactement. Bol chez comment ça va ? Benjamin oui parce que Bolch normalement vous êtes deux.

Qu'est-ce qui se passe ? On a préparé la chronique ensemble mais 4AT malheureusement est un peu malade donc on l'embrasse en respectant les gestes barrières évidemment et je sais qu'elle est dans le chat. Donc bonjour Cat.

Bonjour Cat. [rires] On va te reposer un peu. Oui.

Oui. Normalement, il est dans son lit en train de nous regarder et d'espérer que Ben ne foire pas la chronique tout seul. Oui.

Ouais. Tu as un peu la pression [rires] hein. Tu as complètement la pression.

Alors dis-nous en nous plus sur ce qui se passe à Angoulem. Alors et ben vous avez peut-être suivi ça. Coup de tonner sur le monde de la bande décidée.

La 53e édition du festival international d'Angoulem qui devait se tenir début 2026 n'aura pas lieu. Enfin plus exactement Libé a annoncé son annulation à la suite de la reconduction du prestataire 9e AR Plus. information démentie par l'organisation qui assure que les discussions se poursuivent avant que le maire de la ville déclare en conférence de presse que non, ça paraît plus que compliqué et qu'à peu près tout le secteur a l'air de considérer que c'est plié, sauf la ministre de la culture Ashida Dati qui dit que si si elle elle souhaite qu'il ait lieu et envisage même de rétablir une subvention supprimée l'année dernière tout en ayant auparavant annoncé la suppression de 60 % des subventions du festival.

Bref, c'est le bordel, personne ne comprend rien. Et aujourd'hui, je vais pas vous y aider parce que moi non plus. Non, j'ai pas de scoop.

Mais il y a pas mal de choses que vous allez apprendre avec cette chronique et notamment un moyen qu'on a trouvé de sauver le festival d'Angoulem. Alors attention, il va falloir être très attentif parce qu'il y a beaucoup d'autres choses cruciales à comprendre à travers cette affaire dont il faut bien saisir l'ampleur. Le festival d'Angoulem n'est pas n'importe quel événement autour de la BD hein.

C'est l'un des plus importants, l'un des plus anciens et les plus d'envergure internationale événement autour de la BD. C'est comme si le cinéma perdait le festival de Cann, comme si le sport perdait les JIO, comme si la gauche perdait la fête de l'huma ou comme si la droite perdait euh je le fouet fouet [rires] ou le ou le concert de Mila à l'université d'été de Reconquête. Vous aurez compris que cette annulation pourrait bien euh qui pourrait bien mettre un terme définitif au festival n'a rien d'anodonin.

Un festival qui existe depuis 74, fondé dans la ville donc d'Angoulem hein où depuis les années 60 se tenait déjà de nombreux événements autour de la BD. On parle d'une époque quand même où le 9e art comme on dit était encore largement considéré comme une sousculture, un divertissement bon marché pour les gamins et les gens un peu bizarres. Et il a cessé ensuite de gagner en légitimité ce à quoi a largement contribué le festival d'Angoulem.

Euh et c'est d'ailleurs dans ces mêmes années qu'on commence à voir apparaître des termes comme ça un peu légitimes comme roman graphique. Peut-être vous dites ça euh vous aussi pour vous distinguer. Donc j'en profite pour glisser aux gens qui tiennent encore aujourd'hui à utiliser ce terme au lieu de simplement assumer qu'il lisent de la bande dessinée.

Voici ce qu'en disent deux de ses plus grands représentants. Arch Piggelman, auteur de Mouse, affirme que si on continue à l'appeler le père du roman graphique, il réclame immédiatement un test de paternité. C'est une vraie citation.

Quant à Alan Mour, seul auteur de BD cité dans la liste des plus grands écrivains du 20e siècle par le New York Times, il déteste le terme qui veut juste dire pour lui des comic books hyper chers. Ça n'a pas vraiment de rapport avec le festival d'Angoulem mais ça me démangeait. On va y revenir.

Tout ça pour dire que l'arrêt du festival signerait la fin de tout cet héritage culturel. Et tout ça c'est la faute à qui à votre avis ? Et ben non, c'est la réponse facile, c'est votre faute.

Oui, à vous. Le journal, l'humanité et plus particulièrement d'une enquête de Lucy Servin révélant les dérives du festival. Je cite virage commercial, partenariat controversé, management toxique, trois petits points comme si ça ne suffisait pas.

Le journal a osé publier un appel au boycott du syndicat des artistes auteurs et autrices et du collectif MITou BD, ce qui vous en conviendrait n'est pas très sympa pour le festival. Et pire, vous osez encore rejeter la faute sur le festival lui-même en titrant encore mercredi dernier qu'il a creusé sa propre tombe en reprenant les mots du scénariste Benoît Petters. Un acharnement digne de Mediaapart contre Nicolas SarkoZi.

Et oui, je suis chroniqueur mais je n'hésiterai pas à dénoncer mon propre employeur comme ça je vais peut-être [rires] me faire virer et être recruté par Radio Nova si tu regardes ça. Mathieu Pfoiré. Certes, les critiques envers le festival ne datent pas de ces articles.

L'impression qui s'est dégagé ces dernières années, c'est que tout était tourné vers le fric et de moins en moins vers les auteurs. Il y a eu des partenariats qui ont été faits avec Quick, avec la Fnac et cetera. le prix des billets qui est devenu complètement prohibitif parce que je crois que le prix d'un billet pour pour 3 jours, c'est du genre 60 balles et euh c'est 60 balles pour rentrer dans les bulles.

Ce qu'on appelle les bulles, c'est les tentes qui sont qui sont posées, qui sont dressées sur le champ de Mars à Angoulem. Et euh et ces bulles, c'est des librairies géantes en fait. Donc c'est vraiment tu payes 60 balles pour rentrer dans une librairie.

Donc ça c'était boulet qui expliquait chez Host Politique qu'on salue et chez nos confrères de Média Part quelques raisons autour de l'aspect mercantil et commercial du festival. Mais si le vase a débordé cette année, c'était aussi pour d'autres raisons et attention parce qu'ici on va devoir évoquer le sujet des VSS. Vous aurez noté que l'un des signataires de l'appel au boycotte est le collectif MIT BD.

Et on a même parlé de Girl Cot par rapport au boy COT justement. Je de mots là-dessus car le mouvement a été mené d'abord et essentiellement par les autrices avant de recevoir le soutien du reste de la profession et de cristalliser tous ces autres problèmes et la colère de la profession. C'est une des révélations de l'enquête de Lucy Servin.

Sous le nom d'emprunt de Chloé, une employée du festival a dénoncé un viol qu'elle aurait suivi par un prestataire. Il s'agissait d'Élise Bouchet Tran, l'ex-directrice de la communication qui a désormais choisi de s'exprimer à visage découvert car comme elle le dit maintenant, ce n'est pas à elle d'avoir honte. Honte qui en revanche d'après son témoignage n'a pas étouffé l'organisateur de l'événement.

Je l'ai appelé pour euh pour annoncer ce qui m'était arrivé. Il m'a aussi posé des questions. Il me demandait euh si j'avais euh dragué euh le cet homme-là, euh comment j'étais habillée et cetera.

Enfin, et après j'ai même reçu un mail euh me targant de de séductrice et qu'il avait mené son enquête auprès de mes collègues, qu'il avait fait une enquête interne. Enfin, c'est c'est révoltant. On pourrait en effet difficilement faire plus henteu que ça et pourtant ça semble avoir été possible puisqu'elle a ensuite été licenciée pour faute grave.

Ça la fout d'autant plus mal que le festival est coutumier d'un certain nombre de polémiques comme en 2025 en ayant soutenu Mordicus Bastien Vivess en pleine polémique lui-même ou encore en 2016 où ces critiques de longue date hein qu'on qu'on a entendu ont été cristallisées autour des auteurs sélectionnés et non je ne dis pas auteurs et autrices ou auteurice et c'est pas par haine des points médiants mais parce que sur 30 auteurs de la sélection il y avait en tout zéro autric vous connaît sur le plateau hein Vous allez dire que c'est pas votre faute et que c'est la faute comme d'habitude du patri du patriarcat et du capitalisme. Rien dit. [rires] Non non mais on sait voilà voilà toujours la même chose.

À partir de là c'est intéressant d'observer ce qui s'est passé. On a un mouvement initié par des autrices qui sert d'étincelles à une mobilisation plus large d'un secteur pourtant peu structuré, extrêmement précarisé, atomisé et très concurrentiel. et pas juste trois gauchistes inconnus qui signent toutes les pétitions non quelque chose de massif.

Un grand nombre d'artistes primés par ce même festival ont soutenu dont Arch Piggelman d'ailleurs et même Anoufort primé cette même année a appelé au boycott et refusé de venir à l'expo que le festival lui consacrait à elle. Face à ça, les éditeurs et même les poids lourds du milieu ont fini par suivre en disant que du coup bah eux non plus ils pouvaient pas venir. Ce qui a obliger les institutions à se mettre à la table des négociations et comme les autrices et les auteurs n'obtiennent rien de probant, le festival devient purement et simplement intenable.

Est-ce qu'on peut parler de victoire ? pas dans le sens où tout le monde préférerait que le festival se tienne, mais pas si rien ne change. Est-ce qu'on se rend compte quand même comment c'est possible que tout le monde soit à ce point d'accord et que rien ne bouge ?

Qui reste là tout seul à contresens sur l'autoroute ? Et bien 9e Art plus, la société organisatrice du festival depuis 2007 au cœur de tous ces griefs depuis de nombreuses années. Attendez tout de même, des concessions ont été faites mais attention c'est un geste assez technique, il va falloir suivre.

C'est assez audacieux. D'abord, l'association directrice le du FIBD, le festival international de la BD d'Angoulem. On dit rien à battre.

Ils ont ils ont purement et simplement écarté toute concurrence pour renouveler leur contrat à 9e AR plus sur les éditions suivantes. Sous la pression du boycott, ils ont organisé un appel à projet duquel devait sortir trois candidats mais en fait finalement rien à battre aussi. Ils en ont sélectionné que deux de dont 9e ar plus qu'ils ont choisi de renouveler.

Alors un peu de têtu quand même un peu voilà, il y a il y a vous allez voir, il y a une petite dynamique en fait qui se met en place. Je t'interrom juste 2 secondes. Excuse-moi, je te fais chier.

Il y a quelqu'un qui demande à ce que tu fasses la voix de Cat quand c'est ses passages. Ah non, je [rires] voilà, je je le dis avant que ce soit la fin de la chronique si jamais. Ouais.

Non, ça va ça va être compliqué. Je ne sais je sais [rires] je suis pas très bon. Je peux faire George March si vous voulez Chirac moyen.

Euh du coup bon ça a continué à gueuler hein comme vous imaginez. Ils ont proposer qu'en fait l'autre finaliste, le deuxème la cité de la BD qui est une institution publique partage l'organisation avec 9e AR Plus hein. On on est toujours là-dessus ça allait pas le faire non plus.

Donc là ils ont eu une épiphanie, un chouitard pour l'édition de janvier et mais est-ce que peut-être la solution c'était pas de dégager cette société que tout le monde leur demande de dégager ? dans un nouvel appel à projet pour les éditions suivantes. Et ça et ça c'est un truc que vous aurez remarqué, c'est vachement bien les appels à projet parce que ça permet grâce à la magie de la mise en concurrence de toujours sélectionner les meilleurs prestataires.

Par exemple, quel meilleur prestataire que quelqu'un qui a réussi à accomplir l'exploit de se mettre à dos les artistes, les maisons d'édition, toute l'industrie sur laquelle repose tout le festival et même les pouvoirs publics qui te demandent quand même à un moment donné de lâcher l'affaire. Pourtant, ça n'a pas dissuadé les pires techniques de forceur qu'on vient d'évoquer pour rester en place jusqu'à mettre en péril l'existence même du festival. C'est simple, c'est beau comme du Macron.

D'ailleurs, comme il le dirait lui-même, qui aurait pu prédire ? Qu'est-ce que ça vous évoque ? Euh ça m'évoque que malheureusement c'est une situation qui dure depuis très longtemps et c'est dommage qu'on soit dans l'urgence de régler ça maintenant alors que ce sont des demandes qui datent il y a bien longtemps et notamment de janvier de l'année dernière.

Mais effectivement à l'appel de bon nombre d'autrices essentiellement de bandes dessinées. Euh comme le festival n'arrive pas à remplir les conditions pour que ce soit un festival agréable et et correct ni pour les auteurs ni pour les visiteurs malheureusement parce que c'est aussi un festival qui est c'est compliqué d'être visiteur à Angoulem. Euh malheureusement pour l'instant en l'état on peut pas s'engager à venir en janvier 2026.

Donc oui, les autrices pour l'instant plutôt fait part du fait qu'elles ne viendraient pas. Et là, si vous avez été attentif, vous avez peut-être capté un phénomène très autonant. Il se trouve que tu as beau garder la main mise sur un événement avec tous les partenariats les plus juteux, compter que les artistes viennent en dédicace gratos he parce qu'ils peuvent pas se permettre de pas y venir faire des ventes.

Et ben s'ils viennent pas, il y a pas de festival. Dis donc, c'est quand même marrant. Est-ce que vous trouvez pas que c'est un peu comme vous savez dans votre boîte quand vous faites grève, il y a un phénomène comme ça physique un peu étonnant, il y a plus d'activité.

Ce qui voudrait dire attention que les gens qui font vraiment les BD là vraiment qui les auteurs, les autrices, les dessinateurs, les dessinatrices comme les employés des maisons d'édition ou des imprimeries, ça serait des travailleuses et des travailleurs. Euh incroyable euh comme quoi l'importance des termes, ce serait fou parce que de manière générale, ils sont pas à proprement parl considérés comme tel et pas juste à cause de l'image des artistes. Vous savez que hors de tout rapport de production dans le domaine teréré de l'art à se nourrir d'amour et de café froid.

Ça c'est très bien expliqué par Aurélien Catin dans son ouvrage Notre Condition que j'ai oublié d'amener mais c'est pas grave. Les artistes ne sont souvent pas rémunérés par un salaire, mais par une forme de propriété qu'on appelle les droits d'auteur, ce qui les sépare du reste ce qui les sépare du reste des travailleurs. Alors, c'est aussi à la base une forme de protection intellectuelle, hein, on pourrait revenir sur l'histoire de tout ça.

C'est très bien fait dans le livre d'Aurélien Catin. Euh mais et en plus, ça peut vous mettre dans une position effectivement très très confortable si vous vendez énormément. Mais ce statut d'artiste auteur, il ouvre quasiment aucun droit auquel ouvre les cotisations d'un salaire et ça pose un problème généralisé à la à la profession surtout dans l'industrie telle qu'elle est aujourd'hui.

Et ça concerne pas juste les petits nouveaux qui galèrent hein. En 2019, François Chuetten, une légende quand même de la BD qui venait de sortir un album de Black et Mortimer disait vouloir arrêter définitivement parce que même lui n'en vivait plus assez et s'en sortait mieux en se faisant payer pour des affiches ou d'autres commandes d'illustration. C'était tombé au moment du fameux rapport racine, un rapport commandé par le gouvernement qui dressait un état particulièrement alarmant des conditions matériel des artistes auteurs et a été salué par la Ligue des auteurs professionnels en ce sens.

Et est-ce que vous savez ce qu'ils ont fait du rapport chot ? Ouais. Voilà. [rires] Quelle mise en scène.

Tu fais des mimes W. Mise en scène. Du coup, j'ai paumé une phrase, c'est pas grave. [rires] Euh mais du coup je crois qu'on a un autre magnéto quand on signe.

Donc on a un avaloir, une avance qu'on doit rembourser après avec nos premières vente. Donc c'est même pas c'est pas c'est pas une paye quoi. 1500 balles pour 200 pages.

C'est ça la honte, c'est qu'il y ait des éditeurs qui se disent c'est OK, je vais proposer ça à cette personne et j'ai tout à fait conscience qu'une bande dessinée, c'est impossible de la faire avec un travail à côté ou ce genre de chos cette bande dessinée va mettre 3 ans à sortir. En fait, je le dis parce que justement les beaucoup de tout jeunes auteurs se culpabilisent très fort. Souvent faut accepter ce genre de chos pour se rendre compte que on le veut plus jamais.

Et surtout faut que la honte change de camp parce que nous on accepte mais que ça soit bien honteux les personnes qui nous proposent. Et ça représente quoi comme temps de travail pour toi ? Bah c'est un an.

Bah après tu fais d'autres jobs en même temps et cetera. Il faut qu'on ait conscience de la valeur de notre travail pour pas accepter des conditions de des conditions horribles et en même temps que toute cette industrie se fasse un état des lieux, se fasse une petite réunion avec eux-mêmes en se disantion de conscience euh en fait 1500 balles, c'est pas possible. Après, on a le prestige.

Non, je déconne. [rires] Et voilà, c'était ici même, on avait déjà parlé de la condition des artistes auteurs et c'est également pour palier à ces problèmes structurels de ce statut que les députés Pierre d'Aréville et Souia Bour pardon Bouroisa, pardon, excusez-moi, ont proposé une loi dite de continuité des revenus des artistes auteurs et autrices en suivant le modèle tout simplement des droits conquis par les autres travailleurs. Elle permettrait de les rattacher au régime général de la sécu des salariés et leur donner accès à une assurance chômage à laquelle ils ne peuvent pour l'instant pas prétendre malgré la nature particulièrement précaire de leur métier.

Faut se rendre compte de ça. Et pour revenir et terminer sur le festival de la BD d'Angoulem, alors là les discussions semblent enfin mais un peu tard se diriger vers une refonte de la gouvernance. Donc on verra ce que ça donne.

À faire à suivre. J'imagine que Luma va continuer à s'acharner sur ce pauvre festival et vous pourrez vous abonner pour en savoir plus. Euh en tout cas, nous ça nous a donné une idée de solution mais alors miracle pour sauver euh ce pauvre festival.

On vous la donne comme ça cadeau. Ne nous remerciez pas. On fait ça vraiment pour l'art.

Écoutez les gens qui font de la BD. Ils vous le disent depuis le début. N'écoutez pas les fast food partenaires.

N'écoutez pas les intermédiaires qui seraient tentés d'étouffer la parole des victimes de VSS plutôt que de remettre en question le sexisme du milieu. N'écoutez pas les parasites qui s'intéressent à cette culture uniquement que comme un produit marchand en s'en foutant plein les poches pendant que les gens qui la produisent vraiment crèvent la gueule ouverte. Non, écoutez les gens qui font de la BD.

Mieux si vous voulez vous assurer que ces derniers se pointent à un événement censé promouvoir leur art, ce serait peut-être bien que même soit d'une manière ou d'une autre décideur que les festivals de BD soient un peu plus fait par celles et ceux qui font de la BD. Et au pire, si on arrive toujours pas à sauver Angoulem, ce sera peut-être l'occasion de se tourner vers d'autres qui n'ont pas connu les mêmes dérives comme celui de Saint-Malot ou au hasard Lyon BD qui se déroule en juin comme son nom l'indique à Lyon. Et puis comme les fêtes approchent, si vous savez pas quoi offrir, c'est l'occase d'investir un peu chez les auteurs et soyons fous, les autrices qui ont eu le courage de se mobiliser collectivement et produisent une variété d'œuvres extraordinaires.

D'ailleurs, je ne sais pas si vous le savez, mais je le dis pour les gens qui n'auraient pas capté ça. Cette année, vous avez le droit d'offrir autre chose que la BD de Jeanovici. C'est bon, tout le monde l'a maintenant.

Bref, le 9e art, c'est ces personnesl qui le font et c'est pas juste un joli nom à donner à sa boîte d'événementiel. Dis donc que tu es énervé Benjamin. Ouais mais c'est parce que je suis énervé pour deux.

Du coup [rires] il y a il y a quelqu'un dans le chat qui te qui demande si le régime des intermittents de spectacle ça convainerait pas aux auteurs. C'est la même chose ou pas. Alors en fait ça serait je crois pas que ce soit une revendication complètement parce que le régime de l'intermittence ça marche sur un système qui est différent parce que c'est des justement des cachés et c'est des salaires c'est que c'est des contrats à la journée ou pour quelques jours et qui sont des cachés.

Mais effectivement, c'est fait pour assurer une continuité des revenus aux techniciens et aux artistes. D'ailleurs, une catégorie artiste dans le mais qui concerne plutôt les comédiens et cetera. Donc ça concerne quand même des contrastes qui seraient plus compliqué pour des livres ou et je compte dans les livres la bande dessinée parce que en réalité tu es pas déclaré certains jours de travail.

Ce que pour la faire très vite, le principe qui qu' qu'il propose qui est peut-être plus adapté à ça, c'est que il y a une partie en fait de l'argent qui soit généré par les ventes qui soit utilisé comme une cotisation pour j'espère que je dis je dis pas de bêtises mais je crois que c'est un peu ça le la base de financement pour qu'il y ait une assurance chômage qui ferait qui reviendrait à peu près à la même chose c'est-à-dire entre chaque projet ou quand on est en rade ou quand il y a voilà des quand c'est compliqué, il y a quand même un il y a quand même un revenu quoi. En tout cas, tu t'es bien servi d'un scoop euh de l'humanité pour demander du travail à Mathieu Pigas. Est-ce que tu as honte un peu, [rires] Benjamin Patino ?

Ça franchement ce mouve- làà j'avoue. Ah ouais franchement mais non mais jamais jamais [rires] voilà, j'ai tout de suite vu l'ambiance Nova avec la fiche comme ça en plus avec votre lobby lyonnais là, j'en peux plus à chaque émission. C'est clair.

Les lyonnais et le Parisien là, vous savez comment on n pas les habitants d'Angoulem parce que là ça fait les malins angou moi. Eh non. Ah mince.

Angou moisin. Je suis pas parisien. il y en a quand même un qui a la réponse.

OK, ça va les angou moisins et les angou moisines que j'embrasse fort parce que du coup moi j'ai vécu en charant 6 ans et c'est l'un des très beaux départements de France. Oui, a d'ailleurs je je précise un truc que effectivement on n pas trop abordé dans la vidéo. Il y a aussi un on fait des blagues et tout mais pour le la ville d'Angoulem en fait il y a ça pose un problème aussi de de d'activité en fait qui est qui est assez grave pour pour la ville elle-même.

Donc c'est d'autant plus grave qu'il y ait eu de tels blocages pour des raisons voilà qu'on a évoqué qui vont avoir des conséquences en fait pas que sur le milieu mais sur en fait toute la ville quoi. Je vous encourage vraiment à aller lire tous les papiers que tu as cité de l'humanité. Alors évidemment, c'est parce que c'est l'humanité qui les a écrit, mais vraiment si vous voulez comprendre bien tout ce qui se joue autour d'angolem et puis revenir presque un an en arrière sur les révélations de Luis Servant à propos de du festival d'Angoul, on vous invite vraiment à aller lire tous ces papiers et pendant que vous êtes sur le site en train de lire, vous pouvez aussi vous abonner à l'humanité, c'est un bouton juste à côté.

Franchement, c'est hyper facile. Euh non, sans sans rigoler, ça nous soutient vraiment. Ça coûte beaucoup d'argent, une émission comme ça.

Donc si vous avez envie de nous soutenir, vous pouvez vous abonner à l'humanité directement sur le site internet. Vous pouvez aussi faire des dons plus ponctuels et vous pouvez aussi vous abonner à cette chaîne Twitch. Euh alors, il y a une petite partie qui va à Amazon, mais bon, si vous préférez nous soutenir comme ça, et ben écoutez, pourquoi pas, faites-le.

Euh, merci beaucoup à tout le monde, à tous les trois d'avoir participé et animé cette émission tous ensemble. C'est vraiment super. On le disait en début d'émission, on se retrouve le 17 décembre euh puisque normalement c'est le dernier mercredi du mois, mais là, le dernier mercredi du mois en décembre et ben ça tombe le 24, je crois, ou le 25.

Donc, c'était évidemment fa Noël ensemble. Le 24. Tout à fait. peut s'arranger.

C'est vraiment si tu m'invites chez toi, je suis sûr qu'on on peut on peut partager une dinde. Euh le gratteur [rires] euh non vraiment. Donc on se retrouve le 17 décembre, on se retrouve d'ici là évidemment on stream sur cette chaîne Twitch.

On on stream trois ou qu jours par semaine avec plein de programmes différents. Vous pouvez nous suivre sur les réseaux sociaux pour rester au fait de tout ce qu'on fait, de tout ce qu'on produit. Vous pouvez nous suivre sur Twitch évidemment, sur YouTube, sur Instagram, sur Twitter.

Nous sommes partout. Euh merci. On peut même attends parce que là tu allais conclure mais on va annoncer notre prochain invité.

Ah c'est vrai qu'on peut on peut Oui, on peut annoncer votre prochain invité. Et vous vous doutez, l'attend Ouais, vous vous l'attendiez. Vous vous doutez qu'il va y avoir un certain nombre de sujets qui vont être abordés avec monsieur Olivier Fort puisque c'est lui qui sera là le 17 décembre.

Donc on a déjà une playade de questions à lui poser. Voilà donc on a très hâte déjà de se retrouver au 17 décembre. Hésitez pas aussi là à nous faire savoir dans le chat dans les différents streams les questions qu'on que vous aussi vous avez envie de lui poser puisque évidemment le Parti socialiste occupe une place importante dans les stratégies en ce moment à gauche.

Euh on en parle régulièrement en stream mais là ce sera aussi l'occasion de de lui poser les questions directement et je suis sûr euh que nous que nous en aurons beaucoup des questions. C'est sûr avec toujours la même volonté évidemment d'effectuer un travail journalistique de précision, de rigueur et de questionnement au sein de la gauche. C'est toujours notre volonté et on espère que vous l'avez compris puisque ça fait plus d'un an maintenant que l'émission est lancée.

Vous l'avez vu ce soir, vous l'avez vu sur toutes les autres émissions. À chaque fois, c'est ça qui nous guide le travail journalistique, la rigueur de notre métier et d'avoir des réponses à nos questions, des questions qu'on pose pas ailleurs. Exactement.

Un petit big up à la régie, je vois dans le chat. Super émission super réal, ça fait du bien. Donc un gros big up aussi à la régie.

Évidemment, toute cette émission ne serait pas possible tous les gens qui travaillent dessus. Donc là, il y a nous en plateau, mais il y a évidemment tous les techniciens, techniciennes, les réseaux sociaux, tous les gens qui gravitent autour de cette émission. Donc un grand merci à elle et à eux.

Euh, on se retrouve le 17, on va raide d'Ofla. Soyez symp avec lui, expliquez-lui ce qu'on a fait, posez-lui des questions et voilà, répondez un petit peu la parole de l'humanité sur Twitch. Euh on se retrouve [rires] comme ça, exactement.

On se retrouve quel jour ? On est ? Mercredi, on se retrouve la semaine prochaine, je pense, en stream ou non, peut-être déjà demain.

Bref, suivez-nous sur le réseau. On [rires] se retrouve bientôt. Merci d'avoir été là.

Salut. Merci. Bonne soirée.

Salut. Salut. [musique] [musique]