Guerre en Ukraine, Donald Trump, Gaza: l'interview en intégralité de Bernard Guetta, député européen
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans le 20h BFM. Il est 20h31, l'heure d'accueillir l'Eurodéputé Bernard Getta, député Renew. Bienvenue sur ce plateau.
Bernard GTA. On va commencer Bernard Geta avec cette image qui a fait le tour du monde et qui a marqué les esprits. Cet entretien entre le président Zelenski et Donald Trump au Vatican.
Pourquoi je voulais commencer avec cette image ? Parce que l'on sait ce soir ce que les deux hommes se sont dit et de quoi ils ont parlé. C'est le président Zelenski qui a apporté des précisions euh hier dans un entretien.
Ces déclarations sont sorties aujourd'hui. On a parlé système de défense aérienne, sanction contre la Russie avec visiblement selon Zelenski une réponse forte de Donald Trump. Ils ont parlé aussi cesser le feu de 30 jours entre Kief et Moscou.
Bref, c'est réellement un entretien pour l'histoire qui a eu lieu au Vatican. C'est ce qu'avait dit Zelenski en sortant d'ailleurs une photo ? Non non non, c'est pas seulement une photo.
C'est ce qu'avait dit Zelenski en sortant et c'est ce qu'on voit. Ce qu'on renvoie, c'est deux choses. Premièrement que Vladimir Poutine n'a pas l'air de se rendre compte de ce qui se passe ou alors moi véritablement, je vous l'avais dit une fois, véritablement là, je ne comprends pas le jeu aujourd'hui de Vladimir Putin parce que son intérêt son intérêt serait de ne pas faire perdre la face à Donald Trump et surtout de ne pas l'entraîner dans un nouveau soutien militaire, économique, politique. très important aussi euh à Zelenski.
Or, il fait tout pour que ça arrive. Il fait absolument tout pour que ça arrive parce que aujourd'hui il pourrait faire très très peu de concession. Les Américains sont quand même disposés, ils l'ont dit, c'est public, sont disposés à reconnaître la souveraineté de la Russie, non pas l'occupation de la Crimée par la Russie, mais la souveraineté de la Russie sur la Crimée, ce qui est quand même une chose invraisemblable puisque la Crimée ukrainienne a été conquise, volée, annexée par la force.
Bon, les Américains sont prêts à ça. Ils sont prêts à reconnaître le contrôle de la Russie sur l'ensemble du Donbas. Ils sont prêts évidemment à bloquer, fermer les portes de l'alliance.
Coutine n'est pas aujourd'hui dans une logique purement militaire d'épuisement, de destruction. Est-ce qu'il y a encore est-ce qu'on peut encore parler de stratégie politique ? Je me le demande, je me le demande pour deux raisons.
C'est euh la première, c'est que l'économie ruste euh n'est pas en aussi bonne forme qu'on voudrait le faire croire au Kremelin. Et deuxièmement que militairement parlant, bon, on annonce une nouvelle offensive russe. Très bien.
Je je ne sais enfin très bien non très mal mais je ne sais pas si si elle aura lieu, mais pour l'instant oui, on voit des progressions des troupes russes, mais des progressions millimétriques. Il n'y a aucune percée formidable convaincante de de la Russie. Donc Vladimir Putin aurait tout intérêt à accepter le l'offre américaine dont le moins qu'on puisse dire et qu'elle est très très en faveur de la Russie et certainement pas de l'Ukraine et il la refuse.
Mais en tout cas ce qu'on comprend quand même c'est que euh après cet entretien les positions du président ukrainien et du président américain sont réellement plus alignés. Il s'est réellement passé quelque chose. Ça vous n'en avez jamais douté vous.
Oh non. Je je n'irai pas jusque là, mais j'avais noté avec une surprise intéressée que Zelenski était très positif quand il est sorti de ce rendez-vous. Alors, on ne savait pas encore pourquoi, comment bon, mais il était très positif.
Ça tient un discours beaucoup plus béliqueux aussi à l'égard de la Russie, presque menaçant à l'occasion du 9 mai en disant en substance, je ne peux pas vous assurer que il n'y aura aucun incident ce jour-là. C'est justement précisément grâce à cet entretien et la manière dont ça s'est passé. Oui, peut-être, mais c'est surtout fondamentalement la réponse du berger à la bergère parce que vérit Poutine se moque du monde.
Il propose 3 jours de trêve pour être rassuré qu'il sera bien tranquille pendant ses quand même oraston sur la place rouge avec le président chinois, le président brésilien et bien d'autres invités. Et euh Zelenski lui répond et il a bien raison de le faire mais mon petit camarade, moi je ne te garantis rien. Oui mais est-ce que pour les civil ne faut pas dire oui en attendant de négocier mieux parce que en attendant les frappes se poursuivent Bernard Getta.
Évidemment qu'on peut considérer euh et prendre cette proposition de Poutine comme une proposition cynique mais le fait est que sur le terrain sur le Qu'est-ce que ça veut dire 3 jours de trêve ? Ça ne veut absolument rien dire. Ça veut si peu dire de choses que maintenant ben on on apprend que Trump et Zelenski sont d'accord pour dire non une trêve c'est 30 jours.
Pourquoi 30 jours ? Parce que il vaut il faut au moins un mois pour préparer des négociations de paix sérieuses. Donc si on veut parler de paix ben on on entre on entre dans une véritable trêve.
Mais ce qui se passe fondamentalement aujourd'hui, c'est que euh Donald Trump ne veut pas perdre la face et Poutine est en train de lui faire perdre la face. Et c'est pour ça que il répond euh avec un sur un ton de plus en plus ferme. Jusqu'où il ira ?
Je ne sais pas. Moi, je ne prendrai pas le risque de jouer à Madame Soleil. Mais oui, véritablement le ton est de plus en plus ferme à la Maison Blanche.
Pardon de voir le verre un peu à moitié vide, mais est-ce que euh le poids des sanctions économiques, la question vous disiez de la santé économique de la Russie est vraiment euh réelle ? Est-ce que on a même le sentiment que le discours de Donald Trump n'arrive pas forcément à convaincre Poutine ? Donc est-ce qu'au fond les les menaces de soft power comme ça ou même finalement le discours de Donald Trump convainque Poutine et arrive à le faire changer d'état d'esprit ?
Est-ce qu'on a pas à faire finalement à une forme de de dogmatique d'un empire qui amène à ce que voilà il il y ait aucun obstacle sur le passage ? Écoutez, c'est une hypothèse. Il y en a une autre qui qui serait encore plus inquiétante, c'est que Vladimir Poutine constate l'échec sur toute la ligne de Donald Trump et se disent "Mais finalement, cet homme est décrédibilisé.
Cet homme est en train de descendre dans les sondages aux États-Unis même et y compris dans son électorat y compris bon c'est minime dans son électorat mais enfin minime d'ailleurs enfin bon ce n'est pas massif mais c'est quand même très significatif. Peut-être que Vladimir Poutine se dit "Ben voilà, il est ridiculisé, décrédibilisé, je peux y aller." Mais c'est une hypothèse.
Moi là, je ne jure de rien parce que pardon de me répéter, pour moi, il y a un point d'interrogation. Pourquoi Poutine ne saisit pas l'offre des Américains qui est tellement à son avantage ? Et vous n'avez pas la réponse à cette question.
Je voudrais vous montrer une image qui a beaucoup circulé ces dernières heures sur les réseaux sociaux. Vous l'avez peut-être vu passer le président américain qui a publié sur son réseau social Tru Social pardon une photographie générée par l'intelligence artificielle le montrant en pape évidemment à quelques jours de l'ouverture du conclave chargé d'élire le successeur du du pape François. C'est drôle ou c'est inquiétant ?
C'est inquiétant. C'est inquiétant quand cet homme se déguise en pap met ça sur les réseaux sociaux sans aucun enfin ce qui plus sans aucun commentaire quand il fait organiser un défilé militaire le jour de son anniversaire. Écoutez je déteste dire cela parce que je ne suis pas médecin et je ne suis pas Vous pensez qu'il va vraiment le faire ça ce défilé militaire ?
Le 14 juin. Le 14 juin oui c'est ça le 14 ou le 15 ? Non le 14.
Le 14. Le 14. Écoutez, il a pas le droit à son défilé militaire.
Vous organisez quand vous êtes chef d'état un défilé militaire le jour de votre anniversaire. Alors, c'est pas que le jour de son anniversaire quand même hein. C'est ce n'est pas que ce n'est pas que mais c'est mais c'est beaucoup c'est beaucoup le jour de son anniversaire.
C'est le jour de la création de de l'armée de terre, l'infanterie américaine un an avant l'indépendance. Mais c'est la première fois qu'on fait un défilé militaire pour ça et c'est le jour de l'anniversaire de Donald Trump. quand on en arrive là, qu'on est chef d'état, on fait publier cette photo de lui en pape, c'est-à-dire en en vérité une sorte de chef d'état du monde euh quand même, il y a 1 300 ou 400 millions de catholiques à travers le monde.
Ben oui, il rêve. Écoutez moi vraiment là j'en arrive à me poser des questions. Il y a un sujet sur le culte de la personnalité parce qu'on a vu il y a 3 jours une réunion pour les 100 jours où il était entouré de son cabinet et où tous ont fait preuve d'une cvilité assez grottesque en disant à quel point vous êtes fantastique président, on a passé 100 jours extraordinaires avec vous.
Vous pensez qu'il y a qu'il y a quelque chose qui est en train de s'installer dans le pouvoir américain qui relève de ça ? C'est ce qui me fait penser de plus en plus à Nicolas Chechesku. l'ancien patron de la enfin le patron de la Roumanie communiste.
Il avait des poètes de cours aussi chez Ochosesku le le le qualifier dans des grandes envolées lyriques de carpat de la pensée de je ne sais plus quoi et de je ne sais plus quoi. Véritablement, il me fait de plus en plus penser àes qui lui non plus n'était pas un grand démocrate et qui a mal fini. très mal fin.
Sauf qu'en ce moment, on a quand même le sentiment que c'est un peu lui le maître du monde. Non, non, non, je ne dirai pas ça. Je ne dirai pas ça parce que écoutez véritablement, regardez ce qui vient de se passer en Australie.
Il y avait un candidat conservateur qui se réclamait de moins en moins, mais enfin qui s'était beaucoup réclamé de Trump alors que il était donné gagnant mais gagnant avec une marge incroyable. il y a encore 2 mois et bien ce sont les travaillistes pas les socialistes c'est un pays anglo-saxon les ce sont les travaillistes qui ont été reconduits avec une mage assez confortable s'est passé la même chose il y a 15 jours ou 8 jours, je ne sais même plus au Canada écoutez les les libéraux les libéraux sortants avaient plus de 20 points de retard sur les conservateurs. L'effet Trump a été tellement radical que les libéraux ont été reconduits ont été reconduits.
C'est-à-dire qu'ils ont regagner plus de 20 points. Plus de 20 points grâce au délires, pardon. Non, grâce à l'agressivité.
On a quand même le sentiment que sur des sujets brûlants, le conflit ukrainien, le nucléaire iranien, la situation au Proche-Orient notamment dans la bande de Gaza, la manière dont il voit les choses et la manière dont il entend les mener est quand même centrale. Mais central Mais central oui, parce que il détruit tout cet homme. Enfin, il détruit ou et branle sérieusement le commerce international, il détruit, et là malheureusement le mot n'est pas trop fort, la revélation transatlantique entre l'Europe et les États-Unis, il détruit la confiance qu'avait le monde entier en les aimant ou en les aimant pas, mais qu' avait le monde entier dans les États-Unis.
Bon, aujourd'hui, qui a confiance dans les États-Unis ? Écoutez, moi je ne sais pas. Et puis vous vous me dites et vous avez raison, il est central à Gaza.
Pardon mais euh il y a quand même quelque chose, je pense notamment au niveau national, si on si on si on se remet en France, la question de l'égoïsme dont parle Camala Haris de Donald Trump, c'est-à-dire on repense Americas First et cetera, c'est quand même une impétence. Maintenant en France, on nous dit il nous faut un Trump français. On a besoin de ne repenser qu'à nous.
Est-ce que c'est pas quelque chose qui monte quand même ça dans dans la plupart des pays ? Écoutez, je peux Oh non ! la tentation de vouloir plus d'autorités, moins d'état de droit, moins de règles.
Écoutez, mais écoutez, regardez, euh on citait à l'instant euh les exemples quand même très frappants du Canada et de l'Australie, mais regardez les extrêmes droites européennes qui étaient il y a encore 2 mois et demi, 3 mois tellement Trumpis, tellement Trumpis. Mais aujourd'hui, elle Oh là là là, elle se distancie. Elle se distancie.
Pourquoi ? parce que elles savent que Trump n'est pas populaire du tout. Vous parlez d'extrême droite européenne en Allemagne, le parti d'extrême droite qui est arrivé deè aux élections bien être classé comme parti extrémiste.
C'està-dire que les services de renseignement ont maintenant le droit de les écouter, d'enquêter sur eux en permanence. Vous trouvez que c'est une bonne chose ou pas ? Je trouve que c'est un enfin je constate que c'est un fait et que c'est un fait qui a été reconnu après études très attentive par les services de renseignement allemand.
Et les Allemands, Dieu merci, on les comprend en raison évidemment de leur histoire, sont très sourcilleux sur toute résurgence d'une extrême droite ben aussi extrême. l'AFD qui est divisé, il y a des courants un peu moins extrêmes, mais enfin globalement parlant, l'AFD oui est extrêmement extrême et évolue de plus en plus dans cette direction et évolue de plus en plus dans cette direction. Une dernière question, Bernard Getta sur ce qui se passe dans la bande de Gaza.
Euh la défense civile aujourd'hui a annoncé 11 morts dont trois enfants dans une frappe israélienne. On rappelle que toute aide humanitaire dans la bande de Gaza est impossible. Israël a coupé l'accès l'entrée.
Depuis le 2 mars, le comité international de la Croix-Rouge prévient que la réponse humanitaire à Gaza est au bord de l'effondrement. Euh, je sais ce que vous allez me dire, c'est dramatique, c'est terrible, mais s'il vous plaît, non, je vais vous dire, je vais vous dire, c'est un crime de guerre. C'est un crime de guerre parce que affamer une population, on nen est pas encore tout à fait là, mais on risque d'être là. vraiment dans quelques jours affamer une population, c'est un crime de guerre dans le droit international.
Il n'y a pas de discussion. Il n'y a pas de discussion. Or, monsieur Nathaniaou bah finalement a opté pour cette politique.
Où est-ce qu'elle le mène ? Mais qu'est-ce que ça songera ? Il est visé par la Cour pénale internationale, il se rend quand même en Hongrie, Netaniaou.
Oui, comme vous dites, il se rend en Hongrie. Oui, mais que je veux dire même si non, mais je veux dire par là, il ne se rend pas à Paris, il ne se rend pas à Berlin, il se rend pas à que faut-il faire ? Que faut-il faire ?
Vous savez, je serai à Jérusalem jeudi prochain en tant que président d'un intergroupe du Parlement européen sur la solution à deux États. Il faut que l'Europe soutienne tous ceux en Israël et en Palestine qui sont aujourd'hui qui restent aujourd'hui partisans de la solution à deux états. Parce que c'est très simple.
Tous les gens parce qu'il y en a beaucoup malheureusement qui disent soit par scepticisme soit par hostilité. Ben non, la solution à deux états ça ne marche pas. Très bien, ça ne marche pas.
Qu'est-ce que vous proposez ? C'est il ne suffit pas de dire ça ne marche pas. Qu'est-ce que vous proposez ?
Les fantaisies de monsieur Trump qui veut envoyer 2 millions de gazoui je suppose chaîne au pieds. On ne sait pas où, mais en tout cas en dehors de ça n'a aucun sens. Donc il faut passer par là pour vous.
C'est la solution et c'est ce dont vous allez par fa marcher. Il faut marcher évidemment vers la solution. commencer par cela.
Merci beaucoup Père Nargeta, merci d'avoir été avec nous dans le 20h BFM. interie un peu écée, vous le saviez en raison évidemment de cette actualité qui a marqué ces dernières
Bernard Guetta