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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 19 novembre 2024 25 min

Municipales à Paris, présence d'Airbnb... le 8h30 franceinfo d'Emmanuel Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Emmanuel Grégoire. Bonjour. Député socialiste. Aujourd'hui, vous avez longtemps été le premier adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Et aujourd'hui, votre ambition, c'est de vous asseoir dans le fauteuil de la mer en 2026.

0:17
Emmanuel Grégoire

Oui, j'ai décidé d'être candidat pour être maire de Paris. Je veux être maire de Paris parce que j'aime passionnément cette ville. C'est mon engagement de cœur et de vie depuis plus de 25 ans, notamment aux côtés de Bertrand Delanoé et de Anne Hidalgo. Et je sais ce que je peux apporter aux Parisiennes et aux Parisiens. C'est d'abord être le maire de la réconciliation en s'occupant du quotidien, vraiment obsessionnellement. Ensuite, je veux pouvoir poursuivre les grandes transformations de la ville pour préparer les défis et puis lutter contre les inégalités. Et enfin, je veux réconcilier les Parisiens, apaiser cette ville. Je suis prêt.

0:54
Intervenant

Réconcilier, pardon, réconciliation, ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a une rupture dans Paris ?

1:00
Emmanuel Grégoire

D'abord, c'est une rupture qu'on observe sur le plan mondial. On voit bien que la société, ce n'est pas le cas qu'en France, quand vous regardez les élections américaines, c'est flagrant. Le monde est traversé par une conflictualité qui me paraît dangereuse pour l'avenir. Et chacun, à sa place, doit essayer de contribuer à remettre du dialogue, de la discussion. Ce climat de confrontation est, je le crois, pas bon pour la démocratie, pas bon pour l'organisation du débat et pas bon pour l'avenir. Et à Paris, on l'observe, quand vous êtes le témoin au quotidien de la façon dont ça fonctionne, il y a des fractures. Il y a des fractures entre Parisiens.

Il y a des fractures entre Paris et la petite couronne. Il y a des fractures entre les cyclistes et les automobilistes. Bref, tout ça, ça éclaire quelque chose. C'est que ce climat de confrontation, on est aussi là pour y répondre et je souhaite y répondre.

1:43
Présentateur

Chacun doit agir à sa place. Je l'ai dit au début de l'interview, vous êtes député. Vous êtes député depuis quatre mois. Ce n'est pas important pour vous ?

1:50
Emmanuel Grégoire

Si, si, c'est très important. Et d'ailleurs, les conditions historiques très particulières dans lesquelles ça s'est organisé, c'est-à-dire une menace que le Rassemblement national arrive en responsabilité, une dissolution que personne n'avait prévue, pas même les plus proches du président de la République, a imposé à chacun de prendre ses responsabilités et d'aller là où il est utile.

Et j'ai voulu m'engager dans cette bataille contre le Rassemblement national parce que la lutte contre le racisme, la lutte contre l'antisémitisme, c'est le cœur de mon engagement, le cœur des raisons pour lesquelles, quand j'étais jeune, je me suis engagé en politique et je n'ai pas voulu être à l'écart de ce combat.

2:26
Présentateur

Ça veut dire que votre combat, il dure quatre mois en fait ?

2:27
Emmanuel Grégoire

Non, il ne dure pas quatre mois. Je suis député et c'est peu de dire que j'y consacre du temps. On y reviendra sans doute. Ce sont des centaines d'heures de séances pour essayer de travailler dans un climat d'ailleurs qui n'est pas propice au respect de la démocratie parlementaire. Et donc, je vais poursuivre mon engagement là-dessus. Mais personne n'ignore que Paris est la passion de ma vie et que d'ailleurs, dans les sujets que je porte comme député, ils sont très liés aux enjeux parisiens. C'est l'école publique, c'est la question de la culture, de l'éducation, du logement. Et donc, je continuerai comme député et j'espère avoir la confiance des Parisiennes et des Parisiens.

2:58
Intervenant

Emmanuel Grégoire, est-ce que vous avez prévenu Anne Hidalgo de votre décision, la décision que vous nous annoncez ce matin ? Oui, je l'ai prévenu. Comment a-t-elle réagi ?

3:04
Emmanuel Grégoire

Elle n'a pas réagi directement et je ne fais pas état de mes relations avec la mère d'Etat.

3:08
Présentateur

Ça veut dire quoi, elle n'a pas réagi directement ?

3:11
Emmanuel Grégoire

C'est-à-dire qu'elle n'a pas répondu au message, mais je l'ai informé.

3:14
Intervenant

Parce qu'Anne Hidalgo, est-ce qu'elle vous a dit qu'elle n'était pas candidate en 2026 ? Parce que ce que vous dites ce matin peut apparaître comme une mauvaise manière à son égard.

3:23
Emmanuel Grégoire

Alors écoutez, Anne Hidalgo, elle a plusieurs fois dit qu'elle ne souhaitait publiquement, qu'elle ne souhaitait pas faire de troisième mandat. Et elle me l'a dit à moi de nombreuses fois et à d'autres. Et je la crois là-dessus. Et en réalité, je pense que la vraie question est celle du renouvellement. Je pense qu'il y a une attente de renouvellement auprès des Parisiennes et des Parisiens. Et je souhaite y répondre. Je le dis en fidélité à l'histoire qui est la mienne. Vous êtes un candidat de rupture.

3:52
Intervenant

Vous êtes un candidat de rupture.

3:54
Emmanuel Grégoire

Qui est celle d'un militant engagé au Parti Socialiste depuis plus de 25 ans. Qui a travaillé avec Bertrand Delanoé. Qui a travaillé pendant 10 ans. J'ai été élu aux côtés d'Anne Hidalgo. Pendant 10 ans, j'ai été son adjoint. Et pendant 6 ans, son premier adjoint. Et peu de gens ont éprouvé la fidélité comme je l'ai fait auprès d'Anne Hidalgo. Simplement le moment. Et je crois venu de porter une nouvelle histoire pour Paris. Une nouvelle proposition. Un nouveau projet que je veux construire.

4:19
Présentateur

Surtout qu'Anne Hidalgo elle-même, elle ne vous ait pas choisi comme héritier. Elle en choisit un autre, un autre socialiste qu'appelle Rémi Féraud. Dans ce cas-là, vous faites comment ?

4:25
Emmanuel Grégoire

D'abord, je n'en sais rien. Vous battez une primaire ? D'abord, je n'en sais rien. Deuxièmement, ce n'est pas un héritage être maire de Paris. Ce n'est ni un héritage ni une rente de situation. Et ce que je sais, c'est que mon engagement personnel, il s'inscrit dans une famille politique. Les socialistes, notamment parisiens. Et que je soumettrai ma candidature à leur choix. Et je respecterai leur verdict.

4:48
Intervenant

Donc c'est important que vous êtes candidat à une primaire.

4:50
Emmanuel Grégoire

Alors, il ne s'appelle pas comme ça, mais c'est un dispositif interne qui donne de la légitimité. La légitimité des élus, elle procède d'abord des collectifs militants qui les portent avant de se présenter au suffrage des électeurs. Ma légitimité à moi, elle a toujours été inscrite au parti socialiste. Et donc, j'attendrai le verdict des militants socialistes. Et j'espère avoir leur soutien. Et je le pense sincèrement.

5:13
Intervenant

Emmanuel Grégoire, je vous repose la question. Parce que tout à l'heure, vous avez commencé en décrivant le climat de confrontation. Et vous avez évoqué un certain nombre de sujets qui sont portés par Anne Hidalgo. Vous avez parlé des pistes cyclables, des relations avec les communes avoisinantes, la banlieue. Est-ce que vous êtes en rupture avec cette manière de faire de la politique portée par Anne Hidalgo ?

5:32
Emmanuel Grégoire

La réponse est non. Je ne suis pas en rupture avec ce que nous avons fait. Ce que nous avons fait collectivement à Paris. Simplement, j'y apporterai ma patte, mon expérience et aussi ce que je crois être bon pour faire fonctionner cette ville et réconcilier les Parisiens. Donc, ce n'est pas une rupture qu'être soi-même. Et donc, je suis différent et j'entends porter un projet qui soit nouveau, inspiré par de nouveaux thèmes, inspiré par la conquête de nouveaux droits. Et je vais m'y atteler sans jamais critiquer ce que je considère être aussi mon aventure aux côtés d'Anne Hidalgo.

6:06
Présentateur

On va rentrer dans un instant sur le fond des sujets, sur ce que vous allez proposer et ce qui a été fait jusqu'à maintenant à Paris avec Anne Hidalgo. Mais d'abord, sur l'équipe que vous envisagez à la mairie de Paris, est-ce que vous envisagez être le candidat de toute la gauche ? C'est-à-dire des écologistes, des insoumis ?

6:24
Emmanuel Grégoire

Alors, d'abord, il y a une majorité municipale dont je suis très fier, que je connais très bien et avec laquelle j'ai eu un immense honneur et plaisir à travailler. Ce sont évidemment les communistes, les écologistes et des sympathisants et militants engagés à gauche sans être forcément dans des partis. Et je souhaite poursuivre cela parce que je suis un candidat de gauche, je veux être un candidat de gauche et de rassemblement de la gauche. En revanche, je ne souhaite pas que cette alliance aille jusqu'à Jean-Luc Mélenchon et ses amis pour deux raisons. D'abord, parce qu'il y a eu un conflit de valeurs très important avec Jean-Luc Mélenchon et il me semble insurmontable.

Et deuxièmement, parce qu'ils se déclarent eux-mêmes dans l'opposition municipale. Et donc, ce sont deux conditions suffisantes pour ne pas envisager de travailler avec eux.

7:12
Présentateur

C'est quoi le conflit de valeurs ? C'est sur quelle valeur ?

7:12
Emmanuel Grégoire

Le conflit de valeurs, il est très clairement lié, je le dis, aux attentats terroristes du 7 octobre et à des paroles que je considère inapropos pour certaines, inacceptables pour d'autres, d'un certain nombre de responsables politiques de la France insoumise. Je m'en suis démarqué publiquement déjà à de très nombreuses reprises et je ne changerai pas d'avis de circonstances concernant le scrutin municipal.

7:35
Intervenant

C'est possible de gagner Paris sans LFI, sachant qu'Emerick Caron, par exemple, ou Sophia Chikirou, ont été élues dès le premier tour des législatives dans leur circonscription ?

7:46
Emmanuel Grégoire

Ils l'ont été dans des circonstances, je le rappelle, particulières, qui sont celles qui sont issues de la dissolution et dans lesquelles le rassemblement de la gauche est dans la clarification d'un certain nombre de points, y compris que je viens d'évoquer à l'occasion du NFP, dont l'obsession première était d'empêcher le rassemblement national d'arriver en responsabilité. Ce n'est pas du tout pareil pour les scrutins municipaux, ce n'est pas du tout pareil pour les élections locales. Il y a de très nombreuses villes dans lesquelles la France insoumise n'est pas, avec la gauche rassemblée, l'assume et d'ailleurs je crois avoir lu que Jean-Luc Mélenchon l'avait dit lui-même comme cela.

Et donc cela me va très bien, je sais qu'il y aura sans doute des candidats LFI, force à nous de convaincre les Parisiens que si on veut que Paris reste à gauche, c'est le rassemblement que nous incarnerons collectivement qui le permettra.

8:33
Présentateur

Avec une particularité, parce que le communiste par exemple, Yann Brossat, dit qu'il y pense aussi, lui aussi, à la mairie de Paris, ça sent déjà la dispersion ?

8:41
Emmanuel Grégoire

Non, c'est normal Paris, c'est la plus belle ville du monde, c'est un mandat extraordinaire qui suscite des appétits et des ambitions, ça me paraît normal.

8:49
Présentateur

Mais vous allez quand même l'appeler pour lui dire « bah non ».

8:51
Emmanuel Grégoire

Je l'ai déjà appelé, l'inverse m'inquiéterait. Vous l'avez dit quoi du coup ? Je veux dire, quand on veut être maire de Paris, il ne faut avoir peur ni des ambitions des autres, ni des confrontations. Le seul sujet, c'est de faire en sorte que ces moments de débat, y compris internes à la gauche, qu'ils soient à l'intérieur du Parti Socialiste ou avec les partenaires, ils se fassent dans l'intelligence collective et au service du rassemblement ensuite qui est indispensable.

On verra celui qui est le mieux placé ou celle qui est la mieux placée pour l'incarner, vous comprenez que j'aspire à l'être, mais on fait ça très sereinement avec une boussole, c'est celui de ne jamais fragiliser sa famille, de ne jamais fracturer sa famille et de réunir les conditions du rassemblement et je ne doute pas que la gauche y parviendra.

9:32
Intervenant

Et si c'était Gabriel Attal ? Parce que son nom a été testé hier par nos confrères du Parisien dans un sondage et il arrive en tête.

9:38
Emmanuel Grégoire

– Alors ce n'est pas un sondage d'intention de vote, c'est un sondage de notoriété et si je dois reconnaître que Gabriel Attal est plus connu que moi pour le moment, j'en conviens bien aisément. Après, Gabriel Attal, il a été Premier ministre d'un gouvernement qui a mené une politique de droite et donc je n'ai pas à m'immiscer dans le choix que fera la droite pour son candidat.

Je le respecte, mais ce que je veux dire, c'est que de toute façon, quel que soit le casting du camp d'en face, ce sera celui d'une droite conservatrice qui menace les classes populaires et les classes moyennes et je veux convaincre les Parisiens que si on veut garder la singularité de Paris, sa mixité sociale, son dynamisme économique, culturel, eh bien il faut faire confiance à la gauche, quel que soit le candidat qui sera proposé par la droite.

10:20
Intervenant

– Est-ce que vous assumez tout le bilan, notamment les 9 milliards d'euros de dettes à ce jour de la ville de Paris ?

10:27
Emmanuel Grégoire

– Oui, je les assume pleinement, je les assume pleinement parce que la ville de Paris est très bien gérée, la ville de Paris n'a aucun problème de soutenabilité.

10:35
Présentateur

– C'est parce que c'est Rachida Dati.

10:36
Emmanuel Grégoire

– Mais évidemment, Rachida Dati, c'est d'ailleurs qu'au cas, j'ai lu effectivement une expression écrite de Rachida Dati qui donne des leçons à la ville de Paris, quand elle est elle-même ministre d'un gouvernement qui sait 6,1% de déficit public, qui a augmenté la dette de plus de 1 000 milliards en quelques années, c'est vraiment, enfin je me garderai de conseil quand on a un bilan soi-même si peu flatteur.

La réalité, c'est que la ville de Paris, en partie à cause de l'État, et les collectivités générales, ce n'est pas la ville de Paris, pardon d'utiliser ça quand même comme argument, mais il est essentiel, ce n'est pas la ville de Paris qui se plaint, ce sont toutes les collectivités, l'association des liens de France, l'association des départements de France.

La ville de Paris, elle a investi massivement dans la transition écologique, dans la production de logements, dans les services publics, et je crois que les parisiennes et les parisiens le savent, dans l'aménagement de l'espace public, c'est au service de la préparation de grandes transitions, c'est au service de la qualité des services publics de proximité au quotidien, et je crois que d'une certaine manière, ce procès strictement financier qui est fait, et la rhétorique habituelle de la droite, pour délégitimer la dépense publique...

11:45
Présentateur

Emmanuel Grégoire, on va quand même expliquer les faits, on va quand même les dire clairement, ce n'est pas juste financier, ce n'est pas juste un argument financier, il y a un argument démographique, et on le voit chaque année, près de 10 000 parisiens quittent la capitale parce qu'ils ne peuvent plus vivre dans la capitale, ça coûte trop cher.

12:00
Emmanuel Grégoire

Non, pardon, quelle est la première cause de la baisse de la démographie à Paris ? La baisse de la natalité, c'est valable pour Paris, c'est valable pour d'autres zones, et à part les contours des métropoles, la plupart des grands centres urbains connaissent les mêmes phénomènes. La natalité a considérablement chuté.

Paris, c'est une ville qui a une démographie, Paris, c'est une démographie qui a une histoire complexe, c'est une ville qui a compté jusqu'à 3 millions d'habitants, qui était retombée à 1,9 million d'habitants à la fin des années 90, qui est remontée notamment sous l'action de la gauche et de Bertrand Delanoé et d'Anne Hidalgo à plus de 2,2 millions, et là qui connaît une baisse qui est liée à plusieurs sujets. Et à l'intérieur de ce sujet, il y en a un, parce que c'est le deuxième facteur essentiel de la baisse de la population, c'est la contraction du nombre de logements.

Il y a de moins en moins de logements disponibles, en dépit des efforts de production immenses qu'a produit la gauche depuis 2001. Pourquoi ? Pour un phénomène qui est bien documenté, bien connu désormais, sur lequel nous menons une lutte acharnée à Paris. Et moi, aujourd'hui, dans mon rôle de parlementaire, c'est l'explosion de ce qu'on appelle les logements vacants, le développement des résidences secondaires, le développement des meubles touristiques. Ce n'est pas normal de tolérer qu'il y ait des mouvements de spéculation, qu'il y ait, d'une certaine manière, des comportements prédateurs, dont la conséquence est de réduire le nombre de logements disponibles.

13:20
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

13:24
Intervenant

Et Emmanuel Grégoire, député de Paris, qui nous annonce ce matin sur France Info sa candidature à la mairie de Paris pour les municipales de 2026. Et on parlait juste avant le fil info avec vous, Emmanuel Grégoire, de la question des meublés touristiques. Il se trouve qu'une toute nouvelle loi vient d'être adoptée. Elle permet aux maires de baisser le nombre de jours ouverts à l'allocation de 120 jours autorisés aujourd'hui à 90 jours, ce qui fait déjà quand même trois mois. Est-ce que vous êtes favorable à baisser ce nombre de jours pour la ville de Paris ?

13:53
Emmanuel Grégoire

Alors, d'abord, c'est un sujet que nous avons longuement travaillé. Et moi, notamment quand j'étais premier adjoint, avec notamment mon collègue Inaki Echaniz, qui est député socialiste, qui a porté cette loi. C'est une loi, il faut la comprendre, qui est transpartisane. On s'est mis d'accord. Est-ce qu'elle va assez loin ? Incontestablement, non. Il faudra continuer à y travailler. Mais elle permet déjà plusieurs choses. La première, c'est fort de l'expérience que nous avons acquis à Paris depuis plusieurs années, avec l'action de Yann Brossat, de Jacques Baudrier aujourd'hui, des adjoints communistes dans l'équipe municipale.

On a beaucoup progressé sur la capacité de régulation, c'est-à-dire empêcher la création nouvelle. Et le PLU bioclimatique que nous adopterons demain, je l'espère, au Conseil de Paris, permettra de franchir un cap supplémentaire pour lutter à armes égales, avec ces grandes sociétés dont les moyens sont colossaux. Et donc, parmi les critères que nous avons retenus, effectivement, nous avons retenu l'idée qu'on puisse discuter dans les collectivités locales, en l'occurrence dans les mairies, d'abaisser ou de mettre un point intermédiaire entre 120 jours et 90 jours de location autorisée. Permettez-moi de dire que ce n'est pas mon sujet central à moi. Pourquoi ?

Ça, c'est le cas particulier, qui est celui où les Parisiennes et les Parisiens, ou n'importe où en France, louent son appartement quand on va en vacances. Et ça, ce n'est pas mon sujet principal. Mon sujet principal, et pardon, mais je ne veux pas tomber dans le piège de parler de ça, ce n'est pas le sujet principal. Le sujet principal, c'est le reste. C'est ceux qui sont en permanence des meublés touristiques, quand on loue son appartement, quand on part en vacances, ça ne me choque pas. Et 90 jours, on peut considérer que c'est assez. 120, c'est peut-être trop, mais on en reparlera plus tard. Mais ce n'est pas le sujet central.

Le sujet central, c'est les appartements qui, tout entier et toute l'année, sont détournés du logement pour être loués exclusivement à des touristes. Et deuxièmement, aussi, beaucoup d'utilisations frauduleuses, illégales, c'est-à-dire dans lesquelles il n'y a pas d'autorisation. Lutte contre la fraude et diminution du nombre de logements exclusivement consacrés aux meublés touristiques. C'est ça, les combats que nous menons à l'Assemblée nationale, que nous allons continuer à mener. Et c'est ce que nous continuerons à mener à la mairie de Paris. La nouvelle loi ne vous permet pas de lutter contre ce phénomène spécifiquement ?

Alors non, parce que, en fait, la loi, elle ne porte pas grand-chose de nouveau pour Paris. Parce qu'il y avait déjà une loi que nous avions obtenue précédemment qui s'appliquait aux grandes villes. Et donc, c'est la transposition, en particulier dans les zones qui, en France, souffrent de surtourisme, mais qui ne sont pas pour autant de grandes villes. Ce sont simplement, deviennent de très grandes villes l'été, quand les touristes y viennent massivement. Mais les deux sujets sur lesquels on a déjà des armes légales, mais pour lutter contre la faute, c'est aussi des contrôles.

Et un rapport de force avec les plateformes, avec les opérateurs économiques qui font les intermédiaires sur ces locations touristiques. Bref, c'est un sujet très technique, mais qui est au cœur de la bataille pour le logement que nous menons.

16:40
Présentateur

Puisqu'on parle logement et qu'on a parlé de la dette, les 9 milliards de dettes, c'est possible de faire face à la hausse de la dette sans de nouvelles hausses d'impôts. Et là, à Paris, je pense en particulier à la taxe foncière qui a explosé.

16:51
Emmanuel Grégoire

Alors, d'abord, oui, c'est possible de faire sans, mais ça doit se discuter sur un plan national sur la façon dont sont financées les collectivités locales. Quand vous vous observez aujourd'hui que deux tiers des départements sont dans des situations exsangues, que beaucoup de collectivités se retrouvent confrontées à des dépenses obligatoires ou quasi obligatoires, avec une baisse structurelle des recettes en face, avec des dépenses supplémentaires non compensées par l'État, l'État a volontairement organisé la suixie des collectivités territoriales. Et disons-le, pourquoi ? Parce que l'État, ou en tout cas ce que représentait la Macronie, n'avait aucun intérêt local à défendre.

Aucun intérêt local à défendre. Donc, ils ont fait vraiment une double injustice.

17:38
Présentateur

Là, Michel Barnier vous demande aux collectivités territoriales, dans le cadre du nouveau budget, 5 milliards qui vont être apportés à 2 milliards.

17:44
Emmanuel Grégoire

Le gouvernement, c'est 5. Sur le papier aujourd'hui. Mais ça est en premier en deux. Oui, d'accord. Mais le gouvernement, c'est 5. Et c'est précisément sous la bronca des collectivités territoriales et de l'Assemblée nationale et du Sénat, et en particulier Gérard Larcher. C'est lui qui a sorti, c'est Gérard Larcher qui a sorti le chiffre de 2 milliards. Ce n'est pas le Premier ministre. La bronca est tellement forte qu'il faut un geste. Mais ce n'est pas un geste de passer de 5 à 2. Le geste aurait été d'annuler les économies prévues sur les collectivités territoriales. Qui fait des économies dans un pays endetté à ce point ? Elles sont injustes. Pour une double raison.

La première, c'est, sur le plan intellectuel, c'est vouloir faire croire que les problèmes budgétaires de la France sont liés aux problèmes budgétaires des collectivités territoriales. C'est faux. Si l'État était aussi bien géré que les collectivités territoriales, il n'y aurait aucun problème, y compris pour financer la transition écologique, préparer l'avenir, investir dans l'innovation, dans l'enseignement supérieur, dans le capital humain, qui est quand même l'un des parents pauvres de la préparation de l'avenir qui se présente devant nous.

Et deuxièmement, c'est factuellement faux parce que les économies qui vont être demandées aux collectivités territoriales, que ce soit d'ailleurs 5 milliards ou 2 milliards, sera un effet récessif majeur.

18:52
Intervenant

Il n'y a pas d'économies possibles à Paris.

18:53
Emmanuel Grégoire

Mais il y a toujours des économies possibles. Sur la question notamment

18:57
Intervenant

de l'absence des agents de Paris dont il est souvent question.

19:00
Emmanuel Grégoire

Je suis ma frère sur les économies. On revient sur ce sujet parce que là aussi, les fake news insultantes pour les fonctionnaires en général et pour Paris en particulier. Donc, il y a évidemment des économies à faire toujours. Il faut toujours avoir à l'esprit de faire mieux avec ce qu'on a, d'essayer d'optimiser des économies d'échelle, etc. Mais ce travail, il est fait en permanence. Ça fait quand même déjà plusieurs années.

19:20
Présentateur

Elle dit quand même que dans les collectivités territoriales, il faut supprimer plus de 100 000 postes.

19:24
Emmanuel Grégoire

La Cour des comptes est une juridiction indépendante. Et donc, elle dit ce qu'elle veut. Et on peut aussi interpréter comme on le souhaite ce qu'elle dit. C'est-à-dire qu'elle dit qu'il y a des sujets. Mais qu'est-ce qu'elle dit, la Cour des comptes ? Ce que je vous ai dit avant. C'est-à-dire qu'il y a une impéritie, il y a vraiment une stupidité d'organisation des finances publiques locales dans lequel on a des organisations, quel que soit le niveau, département, région, qui ont des compétences et des dépenses afférentes qui sont mécaniques et qui augmentent. Et de l'autre côté, l'État a asséché pour impuissanter leur capacité d'action les collectivités territoriales via les recettes.

Et donc, d'une certaine manière, l'État veut faire aux collectivités territoriales les économies qu'il n'a jamais voulu faire.

20:04
Présentateur

Il y a quand même des efforts à faire, Emmanuel Grégoire. Je l'ai dit. Jérôme Donne l'exemple de l'absentéisme, notamment à Paris. Parce que la volonté du gouvernement, c'est d'aligner le régime des fonctionnaires sur celui des salariés du privé en matière de carence d'absence au travail à ce sujet à la mairie de Paris. La situation, elle est assez étonnante. Il faut le dire. En moyenne, les agents étaient absents 40 jours l'année dernière au service de gestion des ressources humaines particulièrement, qui comptent donc 400 agents. 135 sont absents par jour. Madame,

20:36
Emmanuel Grégoire

avec tout le respect, ce sujet a été débunké par des confrères à vous depuis trois semaines. C'est un mensonge. Alors, donnez-moi les vrais chiffres. Je vais vous donner les vrais chiffres. Le chiffre en question, qu'est-ce qu'on appelle le service de gestion RH. Qu'est-ce que c'est, le gestion RH ? C'est une position administrative de suspension, précisément pour les agents qui sont malades. C'est-à-dire, quand vous avez des agents qui sont malades, y compris au point de plus assurer leur mission, ils sont 135 sur les 55 000 agents de la ville de Paris.

Ils sont affectés à une ligne particulière dans laquelle, parce que ça s'appelle gestion RH, il a été dit de façon mensongère, notamment par Pierre-Yves Bournazel, je le dis, puisque c'est lui qui est à l'origine de ça, qui est un opposant, repris complaisamment par plusieurs de vos confrères et débunkés intelligemment par encore plus de vos confrères. Ça, c'est un cas particulier, mais les 40 jours, les 40 jours d'absence. Les 40 jours, c'est pareil, on compte des choux et des carottes. Et là, vous reprenez le chiffre tel qu'il a été présenté par le ministre de la fonction publique. Non, c'est dans un rapport. Non, mais ce n'est pas vrai.

C'est les choux et les carottes dans lequel, d'un côté, vous comptez les absences, vous cumulez les congés maternités. Les congés maternités, ce n'est pas être malade, être en congé maternité. À quel moment la société considère que c'est un problème que les mères ou les pères soient en congé maternité ou en congé paternité. Dans le moment qui est le nôtre, il faut se rendre compte à quel point la confusion et la gravité des arguments sont jetés parfois à la volée et ils ont une injustice.

De la même façon que le ministre de la fonction publique a commis une très grave erreur, est-ce fonction d'ailleurs, parce qu'il est le ministre de la fonction publique, en jetant en pâture les fonctionnaires sur cet argument de l'alignement sur le régime du privé des trois jours de carence. Très peu de salariés du privé ont trois jours de carence pour une raison historique, c'est que les employeurs privés ont des systèmes... C'est très peu. 30 sur 100 %, c'est très peu, dans ma vision. Et la plupart ont des systèmes de complémentaires et de prévoyances qui couvrent ces jours de carence.

Et peu importe le nombre de jours de carence pour les fonctionnaires, s'il y avait des systèmes de complémentaires prévoyances organisés par les collectivités. Mais c'est jeter l'opprobre sur les fonctionnaires publics en leur disant « Ah, vous êtes beaucoup plus absents. Par ailleurs, on compare tout et n'importe quoi. On compare un chiffre moyen qui est celui du salariat et dans la fonction publique sans regarder que les métiers sont très différents.

Il y a dans les collectivités territoriales énormément d'agents, 70% de catégorisé, qui sont des agents de la filière ouvrière et technique, qui sont ceux qui se lèvent à 4h du mat pour nettoyer les rues, qui sont les agents d'entretien des hôpitaux, etc. À quel moment on considère que ce n'est pas plus difficile d'exercer ce métier-là que d'être travailler dans un bureau ? Et je le dis aisément. Donc vous êtes contre

23:22
Présentateur

la mesure du gouvernement ?

23:23
Emmanuel Grégoire

Je suis non seulement contre la mesure du gouvernement, mais contre le fait de céder à cette rhétorique du mensonge et de l'opprobre. Je défends la fonction publique. Il faut être exigeant. Oui, il y a des efforts. Oui, il y a des économies. Mais je défends la puissance publique parce que c'est le sens de notre bien commun.

23:39
Présentateur

À Bordeaux, le maire écologiste Pierre Urmic change de cap. Il va armer une partie de sa police municipale face à l'explosion des crimes et d'élits dans sa ville. À Paris, où la situation se complique aussi avec le crime organisé, est-ce que vous envisagez d'armer la police municipale ?

23:52
Emmanuel Grégoire

Écoutez, non. On est plutôt défavorable à cela, mais je sais pour quelles raisons le maire de Bordeaux l'a fait. Je ne crois pas que ce soit pour le narcotrafic. Il n'est pas du tout dans les missions des polices municipales de s'occuper du narcotrafic. On n'a qu'à les envoyer combattre en Ukraine aussi. Il faut arrêter aussi là-dessus la confusion de missions. La réalité, c'est qu'il y a un problème de missions et de repartition de missions entre la police nationale et les polices municipales.

Et la réalité, c'est que comme il y a moins de police nationale, il y a des glissements de tâches, qui y compris n'ont pas de base légale très claire, qui amènent un certain nombre de maires à s'interroger sur l'armement. Moi, je vais vous dire pourquoi je ne pense pas qu'il faut armer la police municipale ? On ne va pas empêcher les cyclistes de griller les feux rouges. Ce n'est pas bien, il ne faut pas griller les feux rouges en armant la police municipale. Ce n'est pas le sujet. En revanche, je sais qu'il y a un sujet de sécurité et je ne peux pas rester sourd à cette demande de sécurité, en particulier à Paris dans les quartiers populaires.

Mais je veux d'abord que nous prenions le temps de réfléchir des missions avec la police nationale, de nous assurer de la présence de la police nationale sur le terrain et c'est à ce moment-là qu'on pourra débattre sereinement de l'avenir de la police municipale.

24:55
Intervenant

Et le débat fera sûrement du chemin d'ici à 2026 puisque vous nous avez annoncé ce matin votre candidature Emmanuel Grégoire au municipal de Paris en 2026. Vous allez sûrement être attentif au thème des informés dans quelques minutes avec Xavier Bracquillard-Renaud-Dély puisqu'on va parler du congrès des maires de France. La grande déprime. A tout de suite. Merci.