🔴 [LIVE] Suivez en direct l’interview de Yannick Jadot dans la matinale de Public Sénat
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Questions et réponses
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- 1:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut encore arrêter Vladimir Poutine et comment ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut continuer de dialoguer avec Vladimir Poutine ?
- 5:04RelanceRéponse directe
Sur cette question de soutenir la résistance ukrainienne, vous êtes pour les livraisons d'armes de la France européenne.
- 6:44OuverteRéponse directe
À faveur de cette crise, de cette guerre en Ukraine, est-ce que vous, le candidat Yannick Jadot, vous êtes prêt, si vous êtes élu, à soutenir l'industrie de défense, en tout cas la défense française, à la réarmer, à poursuivre les investissements, y compris sur la dissuasion nucléaire ?
- 8:01RelanceRéponse directe
Vous dites quoi, vous ?
- 8:41OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a officialisé sa candidature à la présidentielle, ce n'est pas vraiment une surprise, il a publié ce matin une lettre dans la presse régionale, c'est une lettre qui est à la hauteur des enjeux pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:31Invité politiqueFait
« Il faut s'en donner tous les moyens. »
- 1:37Invité politiqueFait
« On savait sa volonté d'annihiler l'Ukraine comme pays autonome, comme pays indépendant, comme pays démocratique parce que ça reste le grand problème de Vladimir Poutine, la démocratie dans son pays et dans son voisinage. »
- 2:16Invité politiqueFait
« L'Europe pour l'instant, et c'est très bien, elle est unie, elle est très ferme, très très ferme. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Exclusion totale de la communauté internationale, il faut continuer. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Sanctions massives, il faut traquer les fortunes et les oligarques partout dans le monde, partout dans les paradis fiscaux. »
- 3:40Invité politiqueFait
« On n'est pas amis avec Vladimir Poutine. »
- 3:43Invité politiqueFait
« On n'est pas amis avec quelqu'un qui a rasé Grozny, qui a massacré les Tchétchènes, qui a bombardé les populations civiles en Syrie, qui a attaqué la Géorgie, qui a mis des dictateurs en Biélorussie, qui veut tuer, encore une fois, l'identité même du peuple ukrainien. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Il y avait de la part du président de la République une grande naïveté, au mieux, une grande arrogance, sinon. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Ce que propose Emmanuel Macron, c'est le même quinquennat empire. »
- 9:29Invité politiqueFait
« On a les riches qui sont plus riches, les pauvres qui sont plus pauvres, plus d'inégalités. »
- 9:32Invité politiqueFait
« On a des fractures territoriales comme on n'a jamais connu dans notre pays. »
- 9:40Invité politiqueFait
« La France, le seul pays européen qui n'a pas respecté ses objectifs en matière d'énergie renouvelable. »
- 11:00Invité politiqueFait
« On a eu un truc, qui est l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. »
- 11:35Invité politiqueFait
« Le vrai bouclier énergétique pour les Françaises et les Français, le vrai soutien en matière de pouvoir d'achat, c'est de combattre les dépenses contraintes. »
- 11:52Invité politiqueFait
« On est le seul pays européen qui n'a pas respecté ses objectifs en matière d'énergie renouvelable. »
- 35:10Invité politiqueChiffre
« Le train, c'est 50 fois moins d'émissions de gaz à effet de serre que l'avion. »
- 35:47Invité politiqueChiffre
« On a aujourd'hui un projet de LGV à 14 milliards d'euros. »
- 39:42Invité politiqueChiffre
« On a dans notre pays près de 8 millions de personnes qui n'ont pas accès à un médecin. »
- 53:27Invité politiqueChiffre
« On est entre 50 000 et 100 000 morts par an liés à la pollution de l'air. »
- 59:09Invité politiqueFait
« tout le mouvement écologiste est mobilisé par rapport à ces urgences climatiques sociales »
- 59:32Invité politiqueFait
« jamais les écologistes n'ont été aussi préparés jamais ils n'ont aussi travaillé à la crédibilité de leurs solutions »
- 59:35Invité politiqueFait
« jamais ils n'ont été aussi disciplinés et ils font valoir la discipline aujourd'hui »
- 1:01:16Invité politiqueFait
« il a soutenu l'annexion de la Crimée en 2014 »
- 1:01:20Invité politiqueFait
« il a justifié les bombardements des populations civiles en Syrie »
- 1:01:27Invité politiqueFait
« il n'a pas voté la reconnaissance du génocide sur les Ouïghours »
- 1:01:34Invité politiqueFait
« la démocratie c'est à Paris c'est à Kiev c'est à Moscou et c'est aussi pour les Ouïghours »
Temps de parole
- Yannick Jadot77 %
- Présentateur8 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
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Vous retrouvez bonjour chez vous à l'heure de la présidentielle. Nous vous proposons une série d'émissions spéciales. Nous recevons les candidats avec les journalistes de la presse quotidienne régionale. Et aujourd'hui, notre invité, c'est Yannick Jadot. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le candidat écologiste à cette élection présidentielle. Nous sommes ensemble pendant une heure. Et avec les journalistes de la presse régionale, nous vous interrogerons sur les thèmes qui font partie des préoccupations majeures des Français de leur quotidien.
On parlera des déserts médicaux, de la hausse des prix, du pouvoir d'achat, de l'écologie, de l'agriculture ou encore de la fracture territoriale. Et évidemment des services publics et de cette France qui se sont oubliés. Vous nous direz ce que vous lui dites ce matin à cette France-là. Et pour vous interroger, six journalistes de la presse régionale sur ce plateau. Florent Buisson de la République du Centre, le groupe Centre France. Bonjour Florent. Bonjour. Jefferson Desport de Sud-Ouest. Bonjour Jefferson. Bonjour Ryan. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et avec nous depuis leur rédaction locale, on retrouve Roger Anteche de Corse Matin qui se trouve à Ajaccio. Bonjour Roger.
Olivier Claudon des dernières nouvelles d'Alsace qui lui est à Strasbourg. Bonjour Olivier. Chris Mel, marchand de la presse de la Manche qui se trouve à Cherbourg. Et enfin Eric Berger de la Dépêche du Midi qui se trouve lui à Toulouse. Bonjour messieurs et à tout à l'heure. Évidemment Yannick Jadot, on commence par l'Ukraine. Emmanuel Macron s'est de nouveau entretenu hier pendant une heure et demie avec Vladimir Poutine qui reste déterminé, a dit le chef de l'État. Emmanuel Macron dit que le pire est à venir après son entretien avec Vladimir Poutine. Et cette nuit, des frappes russes ont touché la centrale nucléaire de Zaporizhia. C'est la plus grande centrale nucléaire d'Europe.
On est dans une escalade. Est-ce qu'on peut encore arrêter Vladimir Poutine et comment ?
Il faut s'en donner tous les moyens. Il faut s'en donner tous les moyens parce qu'on voit bien qu'il n'y a plus de limites pour Vladimir Poutine. On savait sa volonté d'annihiler l'Ukraine comme pays autonome, comme pays indépendant, comme pays démocratique parce que ça reste le grand problème de Vladimir Poutine, la démocratie dans son pays et dans son voisinage. On avait déjà d'immenses inquiétudes quand il y a eu les combats autour de Tchernobyl. Et puis maintenant, il n'hésite pas à envoyer le signal qu'il pourrait attaquer la plus grande centrale nucléaire d'Europe, vous l'avez mentionné, avec les dommages majeurs qu'il pourrait y avoir partout.
Donc l'Europe pour l'instant, et c'est très bien, elle est unie, elle est très ferme, très très ferme. C'est comme ça qu'on conçoit un rapport de force de l'avis de Vladimir Poutine, qu'on met en danger, y compris sa légitimité interne. Exclusion totale de la communauté internationale, il faut continuer. Sanctions massives, il faut traquer les fortunes et les oligarques partout dans le monde, partout dans les paradis fiscaux. Il faut évidemment protéger les ukrainiennes et les ukrainiens, ceux qui se battent aujourd'hui dans les rues, dans les maisons, ou qui sont sur les routes de l'exode.
Est-ce qu'il faut continuer de dialoguer avec Vladimir Poutine ?
Il faut continuer, il faut qu'il y ait toujours un canal de négociation possible. Moi, vous le savez, j'ai toujours souhaité que ce soit l'Union Européenne qui se mette en situation de dialoguer pour arracher un cessez-le-feu, pour arracher la fée avec pas Emmanuel Macron tout seul. Il a fait ça. C'est dans l'Union Européenne ? Oui, bien sûr, je ne dis pas qu'il n'a pas la légitimité d'être là, évidemment. Mais vous avez vu dans les dernières semaines, cette diplomatie qui vise à voir seul Vladimir Poutine, à le tutoyer, alors que Vladimir Poutine est quand même un dictateur, qui a rasé... C'est une erreur pour vous ? Bien sûr, on n'est pas amis avec Vladimir Poutine.
On n'est pas amis avec quelqu'un qui a rasé Grozny, qui a massacré les Tchétchènes, qui a bombardé les populations civiles en Syrie, qui a attaqué la Géorgie, qui a mis des dictateurs en Biélorussie, qui veut tuer, encore une fois, l'identité même du peuple ukrainien. Et on sait tout ce qu'il fait en empoisonnant ses adversaires, ses opposants.
Donc, il confile en seul à seul, c'est terminé aussi.
Donc, il faut sortir de ça. Il y avait de la part du président de la République une grande naïveté, au mieux, une grande arrogance, sinon. Il faut que ce soit l'Union européenne qui tente le rapport de force. Personne ne dit que c'est simple, hein. Avec le commentaire, le docteur Ursula von der Leyen ou... Non, il faut que ce soit, évidemment, le président de la République. Il est président de l'Union européenne, c'est important. Il faut qu'il y ait Charles Michel, le président du Conseil. Il faut qu'il y ait Ursula von der Leyen, bien sûr. Et puis, il faut qu'il y ait Olaf Scholz et d'autres dirigeants européens. On n'est pas amis avec Vladimir Poutine.
On ne joue pas à « je te tutoie, donc je vais te convaincre ». Et ça va bien se passer. La réalité de Vladimir Poutine, ça n'est pas celle-là. Donc, il faut imposer le maximum de sanctions, soutenir la résistance ukrainienne.
Justement, sur cette question de soutenir la résistance ukrainienne, vous êtes pour les livraisons d'armes de la France européenne.
Je l'ai dit dès le début.
Mais par contre, vous avez la transparence aussi. Est-ce que là, étant donné qu'il y a un caractère stratégique, est-ce que vous ne fragilisez pas la position française en demandant cette transparence ? Parce que c'est aussi un argument de plus pour Vladimir Poutine pour continuer sa défiance.
Non. Enfin, là, le gouvernement explique le type de livraison d'armes qu'on a vis-à-vis du gouvernement ukrainien, l'explique aux députés à l'Assemblée nationale dans le cadre de commissions. C'est déjà un exercice de transparence. Tous les pays européens ont affiché la volonté de fournir des armes défensives. La transparence, ce n'est pas de donner notre bon de livraison. à Vladimir Poutine. Vous avez raison. Notre transparence, c'est d'expliquer aux Françaises et aux Français, par exemple, ce que sont des armes de défense. Vous savez, les Françaises et les Français sont extrêmement inquiets de la situation, évidemment, comme tout le monde.
Ils ressentent bien que c'est la paix, la sécurité, la démocratie qui sont attaquées sur l'ensemble du continent européen, que c'est un conflit qu'on n'a pas vu depuis des décennies. Donc, c'est la nécessité de prendre le temps d'expliquer aux Françaises et aux Français ce qui se passe. Ce qui se passe, évidemment, en quoi ça nous concerne très immédiatement, je l'ai dit, paix, sécurité, démocratie, en quoi ça nous concerne très immédiatement et peut-être durablement sur certains secteurs économiques, sur le pouvoir d'achat des Français, parce que, voilà, dans ces moments de tension, dans ces moments d'angoisse, il faut aussi prendre le temps de dire les choses aux Français.
– On reviendra sur le pouvoir d'achat, mais je reste sur les questions de défense. À faveur de cette crise, de cette guerre en Ukraine, est-ce que vous, le candidat Yannick Jadot, vous êtes prêt, si vous êtes élu, à soutenir l'industrie de défense, en tout cas la défense française, à la réarmer, à poursuivre les investissements, y compris sur la dissuasion nucléaire ?
– On voit que la dissuasion nucléaire est un sujet qu'il faut traiter avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de vigilance. – Sachant que Vladimir Poutine a brandi cette menace ? – Ça ne vous a pas échappé que Vladimir Poutine a brandi cette menace, qui dit bien à quel point Vladimir Poutine est un dirigeant dangereux aujourd'hui. Ce qui dit aussi, parce que quand on brandit la dissuasion nucléaire, ou la menace nucléaire, ça veut dire que les intérêts vitaux du pays sont engagés. Qu'est-ce que ça dit ? Ça dit qu'en fait, il fait de l'Ukraine une question intérieure. Donc ça dit ce qu'il veut faire de l'Ukraine.
Mais ça nous rappelle à quel point les processus de désarmement nucléaire qui ont été engagés dans le cadre du traité de non-prolifération, que tous les pays dotés ont signé, ce processus-là doit reprendre. Il a été stoppé notamment par Trump, avec la fin d'un certain nombre d'accords avec la Russie.
– Vous dites quoi, vous ? – Il faudra qu'il y ait des initiatives…
– Moins d'armes nucléaires, la France est dans le club des puissances nucléaires. – La question n'est pas le désarmement unilatéral, certainement pas aujourd'hui, mais de reprendre des initiatives multilatérales de désarmement nucléaire, parce qu'on a des pays dotés, il faut réduire les arsenaux, et puis il y a des pays qui veulent acquérir, et des groupes terroristes qui peuvent acquérir la bombe. Donc la question de la prolifération dans un monde aussi instable reste une question majeure. – Et vous, est-ce que vous… – Donc on portera des initiatives de désarmement, y compris, il faudrait le faire, à l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne par exemple.
– Yannick Jadot, Emmanuel Macron a officialisé sa candidature à la présidentielle, ce n'est pas vraiment une surprise, il a publié ce matin une lettre dans la presse régionale, c'est une lettre qui est à la hauteur des enjeux pour vous ?
– Écoutez, ce que propose Emmanuel Macron, c'est le même quinquennat empire.
– C'est comme ça que vous avez interprété cette lettre ?
– Ah bah oui, si vous voulez, moi je vois les dossiers. Qu'est-ce qu'il nous dit ?
Au fond, en 2017, il dit, je veux vos suffrages, et ma promesse c'est qu'on va revenir sur les rentes, on va combattre les lobbies, on va sortir du conformisme, on va remettre les corps intermédiaires au cœur de la démocratie, on va lutter contre le dérèglement climatique, il va y avoir de l'agilité, de la mobilité sociale, après 5 ans, on a les riches qui sont plus riches, les pauvres qui sont plus pauvres, plus d'inégalités, on a des fractures territoriales comme on n'a jamais connu dans notre pays, un président condamné deux fois par les tribunaux pour inaction climatique, la France, le seul pays européen qui n'a pas respecté ses objectifs en matière d'énergie renouvelable.
– Il fait aussi une forme de mea culpa quand même ? – Oui, enfin… – Nous n'avons pas tout réussi, il y a des choix qu'avec qu'il s'acquise. – En fait, c'est nous qui n'avons pas réussi,
ce n'est pas lui en fait. – Vous ne l'avez pas vécu comme une sorte de mea culpa ?
– Non, non, on n'a pas trouvé la blague des mea culpa à la télé, vous vous souvenez, il fait son émission en disant, sur TF1, l'émission de publier-reportage qui avait été faite, et il nous dit, il y a des choses que je n'aurais pas pu dire, il regarde les Français dans les yeux, mesdames, messieurs, un peu, vous voyez, genre, je prends sur moi, je baisse un peu la tête, et le lendemain, il dit que les non-vaccinés ne sont pas des citoyens, et qu'il veut les emmerder. – C'est un comédien, Emmanuel Macron, pour vous ? – Bien sûr, bien sûr, mais il a une responsabilité.
Aujourd'hui, il est président de la République, mais ce qui est certain, c'est qu'au regard du défi climatique, au regard des enjeux de biodiversité, d'agriculture, on y viendra, j'étais hier au salon.
– Et puis, sur le plan écologique, pour vous, il y a quand même des choses qui ont été prises. – À quoi ? – Il y a quand même eu la prise mal à casse, il y a quand même eu des investissements pour rénover les bâtiments.
– Non, attendez, alors là, si vous regardez… – Il y a eu l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. – Ah oui, alors là, on a eu un truc, qui est l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. Ce projet que tout le monde savait qu'il n'était pas possible, donc ça, ça reste le bilan écologique du président de la République, d'abandonner un projet qui ne pouvait plus se faire. Tant mieux, moi j'applaudis quand il a abandonné. J'ai jamais compris pourquoi François Hollande n'avait pas pris cette décision, ce qui montre qu'il vaut mieux des écologistes pour gouverner.
Mais sur la rénovation thermique, je veux dire, on n'a jamais fait aussi peu de rénovation globale, c'est-à-dire de vraie rénovation de nos logements, alors qu'on sait que le vrai bouclier énergétique pour les Françaises et les Français, le vrai soutien en matière de pouvoir d'achat, c'est de combattre les dépenses contraintes. Et la dépense de chauffage et d'électricité est une dépense majeure. Et donc on a réduit nos investissements sur les rénovations profondes, les rénovations globales. Je l'ai dit, on est le seul pays européen qui n'a pas respecté ses objectifs en matière d'énergie renouvelable. Il a reculé sur le glyphosate, sur les néonicotinoïdes.
On pourrait parler de la chasse, on pourrait parler de plein de choses. Non, ça a été un président des lobbies. Si vous voulez, s'il pouvait y avoir une image de bilan, y compris dans le contexte actuel, c'est en 2018. Emmanuel Macron, il est à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, son ami Vladimir Poutine. Et il signe deux contrats. Et tout ça est mis en scène comme il sait le faire. Il signe deux contrats. Total pour le gaz, qu'on n'a toujours pas sorti. C'est-à-dire que c'est un contrat appuyé par le président de la République. Maintenant, on explique que Total, c'est ce qu'il veut. Et il signe Orpéa. Total et le développement d'Orpéa, les EHPAD, dont on a vu les scandales, machin.
Eh bien, pour moi, ça résume le bilan de ce quinquennat. Le gaz, Orpéa et la spéculation sur nos aînés et une complaisance d'avis de Vladimir Poutine.
– Et une dernière question là-dessus, Jefferson, et après on va à Cherbourg.
– Simplement sur cette lettre, est-ce que vous attendez maintenant un débat clair avec Emmanuel Macron ?
– Oui, il faut absolument qu'il y ait un débat digne de ce nom dans ce pays. On a eu la pandémie. Avant la pandémie, il y avait eu les Gilets jaunes qui racontaient quand même l'éclatement de l'aménagement du territoire. Ça a raconté, vous savez, ce qu'on appelle la diagonale du vide. C'est-à-dire tous ces territoires où il n'y a plus de services publics, où il y a peu d'activités économiques, où du coup, la cohésion se délite. On ne fait plus vraiment société. Les gens sont en difficulté, lourdes. On parlait des contraintes de dépense, les mobilités contraintes. Bref, il y a eu les Gilets jaunes.
Il y a eu la pandémie qui a dit à quel point le quinquennat Macron, le quinquennat Hollande et le quinquennat Sarkozy avaient été des quinquennats d'abandon de l'hôpital public. – Donc on va revenir sur ces questions. – Non mais, tout ça pour dire quoi ? Il y a beaucoup de colère dans notre pays. Il y a beaucoup d'angoisse, d'inquiétude. Il y a aussi beaucoup d'énergie, d'enthousiasme. Mais si le débat de l'élection présidentielle est tronqué, ces colères, ces angoisses, ces peurs et ces enthousiasmes ne trouveront pas de débouchés politiques.
Et il faut absolument, si on veut réconcilier notre pays, si on veut l'apaiser et lui redonner une perspective, il faut qu'on ait un débat politique sérieux.
– Et on va parler des questions d'énergie. On va aller à Cherbourg pour ça. On retrouve Chris Maël Marchand. Bonjour Chris Maël, merci beaucoup.
– Je ne vois pas bien le lien entre Cherbourg et les questions d'énergie. – Ce matin, vous allez voir. – Il faut quand même qu'on m'explique.
– On va aller à la presse de la Manche à des questions sur le nucléaire, sur les éoliennes. Je laisse la parole à Chris Maël.
– Alors effectivement, dans la Manche et plus précisément à Cherbourg et dans le Cotentin, nous vivons, vous n'êtes pas sans le savoir, M. Jadot, sur un territoire porté économiquement par la chute nucléaire. On y trouve des entreprises comme Naval Group, et c'est une sous-marin nucléaire, Orano et son usine de retraitement, mais aussi EDF à Flamanville et ses deux réacteurs, et normalement bientôt trois. Je parle évidemment de l'EPR, ce réacteur de troisième génération qui alimente la chronique depuis des années. Alors il a été lancé en 2007, il devait être mis en service en 2012. On est en 2022, donc dix ans plus tard, il ne fonctionne toujours pas, entre anomalies, défauts et même décès.
C'est un chantier qui est un énorme caillou dans la chaussure d'EDF. C'est aussi une fuite en avant budgétaire, puisque son coût est passé de 3,3 milliards à 12,7 milliards d'euros, et même 19 selon la Cour des comptes. Alors là, à l'heure actuelle, l'EPR ne devrait pas fournir d'électricité avant mi-2023, si tout se passe bien. Dès lors, ma question est simple, M. Jadot. Si vous êtes élu président dans quelques semaines, alors que notre indépendance énergétique est une question centrale à l'heure du conflit en Ukraine, déciderez-vous de ne pas démarrer ce réacteur et de tirer un trait sur tous ces milliards investis ?
Alors vous avez eu raison de dire à quel point l'EPR de Flamanville était un fiasco absolu. Vous dites qu'il pourrait être mis en service mi-2023. On peut toujours avoir la foi, et la foi nucléaire est une foi très forte, très dure. Vous savez qu'y compris si l'EPR devait être mis en service à cette date-là, c'est pour quelques mois, puisqu'on doit changer le couvercle du réacteur, puisque ce couvercle a aussi des défauts. Donc au fond, la facture va être de plus de 20 milliards, et probablement, l'EPR ne rentrera pas en service, il ne doit jamais entrer en service, avant des années. C'est quand même extraordinaire. Donc moi, qu'est-ce que je fais ?
Je fais un audit très sérieux de l'état de ce chantier. Et des risques. Il ne vous a pas échappé que les EPR qui fonctionnent ou qui ont fonctionné en Chine appellent aujourd'hui à tirer des leçons, y compris du fonctionnement du réacteur, puisque les EPR en Chine ont été arrêtés. Au début, on nous a expliqué que c'était simplement un problème de combustible. Il pourrait s'avérer, il pourrait s'avérer, parce qu'évidemment la transparence n'existe pas sérieusement, que c'est un problème au fond du réacteur, de vibration du réacteur.
Donc on aura, moi ce que je veux faire, c'est un audit très précis de l'état de ce chantier, d'avoir une commission parlementaire qui étudie cet audit, et sur cette base-là, on regarde si on poursuit ce chantier ou on le stoppe. Mais vous avez raison de dire qu'il y a eu 17 milliards d'euros à ce jour de gabegies, de surcoûts, sans qu'il n'y ait jamais une enquête. Et malgré tout, vous êtes prêts à l'arrêter si jamais... Je dis qu'on fait un audit pour savoir si ce réacteur doit fonctionner ou pas. Il faut quand même tirer...
Donc vous vous en remettez à cet audit et aux parlementaires ?
Et aux parlementaires pour trancher la question. Enfin, si vous voulez...
Si vous l'arrêtez, vous en faites quoi ? Parce que...
La question, c'est pas si je l'arrête, j'en fais quoi. C'est si je le démarre, il se passe quoi ? C'est ça le sujet. C'est si je le démarre, il se passe quoi ?
Est-ce qu'il y a un problème de compétence, Yannick Jadot, pour construire ça aujourd'hui ? Parce que c'était aussi... Ah bah il y a... La question de la réplique veut relancer le nucléaire. La question de la compétence est posée.
Un, question compétence. Pour ma part, moi je suis favorable à recruter des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers dans le nucléaire. Aujourd'hui, on a une perte de compétence. Si vous voyez les rapports sur la multiplication des arrêts non prévus des réacteurs, il y a des problèmes de sûreté, il y a des problèmes de vieillissement, il y a aussi des problèmes d'erreurs humaines. Et donc il faut absolument pallier la réduction des compétences. Donc il faut... Et vous savez quel est mon projet ? Alors on passe un peu, on voyage un peu. Mais donc sur le projet EPR, audite, décision sur l'état du réacteur et sa capacité de truc. Mais on est quand même dans un truc qui est totalement dingue.
Vous avez un EPR dont vous avez parfaitement expliqué le fiasco financier et industriel. Et vous avez un président de la République qui dit, vous avez des problèmes de facture d'énergie aujourd'hui ? On a un problème de climat aujourd'hui. Je vous propose de multiplier par 6, 8, 14 un fiasco aujourd'hui pour avoir des EPR en 2040-2045. Tout ça, c'est du bricolage absolu.
Lui dit que c'est aussi la garantie de notre indépendance énergétique.
D'accord. Vous savez d'où vient l'uranium ?
De l'étranger.
Non, non, il ne vient pas de l'étranger, madame. Il vient de l'étranger. Attendez, attendez, attendez. Il ne vient pas de l'étranger. Il faut quand même que les Françaises et les Français le sachent. Ça vient, un, du Kazakhstan. Sous-tutelle russe. Ça vient de l'Ouzbékistan. Sous-tutelle russe. Ça vient du Niger, un pays aujourd'hui assez instable.
Donc vous ne changez absolument rien à votre calendrier de sortie du nucléaire. Non, mon calendrier, c'est quoi ? Une dizaine de réacteurs.
Mon calendrier, c'est quoi ? Vous savez, il y a eu une loi en France, en fait. En 2015, il y a eu une loi, ça s'appelle la loi transition énergétique. Il y a eu un grand débat public dans notre pays. Il y a eu une loi à l'Assemblée nationale. Et ça a concerné les pro-nucléaires, les anti-nucléaires, les pro-renouvelables. Tout le monde a participé. Tout le monde a élaboré cette loi. Emmanuel Macron, une fois de plus, dès qu'il s'agit de démocratie, il s'assoit dessus. Donc, un, on investit massivement sur les économies d'énergie. C'est le meilleur service à rendre aux Français pour leur pouvoir d'achat, pour leur confort, la canicule, les machins. On réduit les impacts.
Deux, on déploie les énergies renouvelables et au fur et à mesure qu'on n'a plus besoin des réacteurs nucléaires, on les ferme. Moi, je ne veux pas, si j'arrive, les Français le décident, j'arrive au pouvoir. Je ne construis pas les réacteurs pour 2045, mais je ne ferme pas de réacteurs nucléaires. Je déploie les énergies renouvelables et progressivement, on arrêtera les réacteurs nucléaires les plus dangereux.
Et justement, Chris Mel a des questions sur les éoliennes.
On change d'énergie, effectivement. Et puis, de l'autre bord du Côte-Antin sont en projet les deux plus grands parcs éoliens en mer français, notamment situés en face des tours de Tatiou et de La Hougue, qui sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils cristallisent l'opposition de nombreux riverains et pêcheurs. C'est souvent le cas pour ce genre de projet. Alors, dans ce contexte tendu et dans un domaine où la France est en retard, on peut le dire, est-ce que ces parcs géants, haut comme la Tour Eiffel, sont-ils la meilleure solution pour accélérer la transition énergétique ?
Alors, haut comme la Tour Eiffel, si vous prenez le haut de la Pâle. Oui. Non, mais c'est important. C'est important. Parce qu'en fait, oui. Très clairement, oui. Vous savez, il y a 5 400 éoliennes offshore en mer du Nord. 5 400. Chez nos voisins, on a, même les Belges, on a plusieurs centaines. Chez les Britanniques, on est à près de 2000. Ça se passe bien avec les pêcheurs. À un moment donné, il faut choisir. On a la guerre en Ukraine, on la voit, les combats sur Tchernobyl, la centrale nucléaire, la plus grosse centrale nucléaire qui est menacée. On a ces fiascos et les parcs éoliens dont vous parlez, notamment, on pourrait parler celui de Dunkerque qui va se développer.
c'est un prix de sortie de l'électricité deux fois moins cher que l'EPR. Et c'est beaucoup plus d'emplois sur nos territoires. Donc, les vraies énergies de paix, de sécurité, les vraies énergies qui nous évitent les dépendances et les complaisances politiques insupportables qu'on a vues vis-à-vis de Vladimir Poutine, ce sont les énergies renouvelables. Alors, à un moment donné, c'est vrai, il faut assumer, il y a une partie de pollution. Vous savez, vous produisez de l'électricité sur votre territoire, il y a toujours une pollution.
Ça peut être une pollution visuelle, ça peut être, voilà, mais à un moment donné, il faut choisir, est-ce qu'on veut le gaz russe, est-ce qu'on veut le pétrole du Golfe, est-ce qu'on veut le pétrole de Total qui va dévaster des pays africains entiers en exploitant le pétrole, où on assume notre part de responsabilité et on gère avec les populations. On gère avec les secteurs économiques la satisfaction de nos besoins d'électricité.
On va remercier Chris Mell Marchand, merci Chris Mell d'avoir été avec nous pour ces questions. Merci. Et on va passer au pouvoir d'achat, Laurent.
Yannick Jadot, vous vous dites défenseur d'une écologie qui rend du pouvoir d'achat. Comment vous faites cela alors que l'essence atteint des records, que les produits du quotidien qui ne sont pas tous dangereux pour la planète sont en hausse de 3 à 4 %, comment vous faites concrètement demain, en tout cas dans un mois et demi si vous êtes élu ?
Un, ça dit le manque d'anticipation des gouvernements précédents. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a une crise internationale... Ça, c'est le bilan, mais vous... Non, non, mais c'est important. C'est important parce que, si vous voulez, ceux qui se revendiquent aujourd'hui les alliés du pouvoir d'achat sont aussi ceux qui ont gouverné et ont mis les Français aussi vulnérables par rapport aux crises internationales, par rapport à leurs revenus. Donc, première chose, le pouvoir d'achat, au fond, il y a ce qu'on touche en revenus et il y a ce qu'on paye en dépenses. Ce qu'on touche en revenus, vous savez, moi, je vais augmenter dès l'arrivée au pouvoir le SMIC à 1 400 euros net.
augmenter les bas... C'est plus 1 500 dans votre programme, c'est 1 500 ? Non, c'est 1 500 sur le quinquennat.
D'accord.
Dès l'arrivée, 1 400. On augmente les bas salaires. On impose des négociations sur les bas salaires dans toutes les filières qui ont été particulièrement indispensables pendant la crise du Covid et dont on a vu que ces métiers étaient souvent invisibilisés et que ce gouvernement a rendu à la gratitude sociale. Donc, on augmente les salaires. Évidemment, dans la fonction publique, dans les services publics. Bon, ça, on y reviendra peut-être par ailleurs.
On va y revenir.
Après, c'est la spécificité du projet écologiste, c'est d'agir sur les dépenses contraintes. C'est quoi les dépenses contraintes ? Vous l'avez dit, c'est le logement. Contrairement à ce qui a été fait dans ce quinquennat, nous allons construire 700 000 logements sociaux sur le quinquennat prochain. Vous avez 2 millions de familles en France qui attendent un logement social. C'est la première dépense. Donc, on construit du logement social pour réduire le coût du logement. On met 10 milliards d'euros d'investissement par an sur les économies d'énergie. C'est 600, 700 euros d'économiser par an pour les ménages.
Et vous avez 12 millions de Français qui ont froid cet hiver et qui vont probablement avoir très chaud cet été si les météorologues ne se plantent pas sur la canicule qu'ils annoncent. On investit sur les transports collectifs qu'ont été le parent pauvre encore de ce quinquennat et du quinquennat précédent pour réduire les coûts. Dans mon projet, je veux que les entreprises mettent en place ce qui existe dans la loi mais qui est optionnel, c'est le forfait mobilité durable.
Et par exemple, je veux rendre gratuit le covoiturage pour les Français qui n'ont pas accès à des transports collectifs et qui peuvent s'organiser plutôt que de dépenser 2000 euros par an par exemple, si vous faites 30 bornes pour aller de votre domicile par jour au boulot, ça vous coûte 2000 euros en prenant, en faisant... Il y a des Français
qui n'ont pas le choix, Yannick, qui sont obligés de prendre leur voiture et leur remboulette. Je vous dis ce que je fais... Ils voient le litre d'essence qui va peut-être atteindre 2 euros. Est-ce que vous allez vous aider à payer leur sein ?
Je vous dis toutes les réformes structurelles que j'engage pour que ces dépenses contraintes baissent. En arrivant, on met immédiatement en place un chèque énergie de 400 euros pour les 6 millions de familles qui en bénéficient déjà et de 100 euros pour les 15 millions de familles au-dessus. Donc la mesure d'urgence absolue, c'est ce chèque énergie pour compenser la hausse des carburants.
Sur les carburants, vous êtes prêts à baisser les taxes ?
Non, parce que je pense que si vous voulez baisser les taxes... Vous donnez un chèque mais vous laissez
le prix de l'essence flamber.
Oui, parce que je pense que...
Vous pensez que ça va faire...
La question, moi je veux compenser pour les familles pour lesquelles le coût est le plus élevé. Si vous voulez, entre une infirmière qui fait 50 km par jour dans une Clio et la personne qui a beaucoup d'argent et qui a un gros 4x4, je suis désolé, moi je compense d'abord l'infirmière avant le gros 4x4. c'est un choix politique parce qu'en fait, baisser la TVA, ça profitera d'abord à ceux qui ont les plus gros moteurs, qui ont les plus grosses voitures. Eh bien, c'est pas ma vision de la justice sociale.
Allez, on va parler d'agriculture.
Et ça coûte très très cher pour l'État. On va parler d'agriculture. Ah, c'est tous les ans. C'est tous les ans, donc 100 euros par an, mais si vous avez... Non, 400, je vous ai dit. 400 euros. Ça coûtera beaucoup moins cher que les mesures qui sont prises actuellement. Ça coûtera combien du coup ? Ah, bah si vous voulez, 400 euros pour 6 millions de familles, ça fait 2,5 euros.
Allez, on va parler d'agriculture maintenant, Yannick Jadot. On va à Toulouse, on retrouve Éric Berger. Bonjour Éric, merci d'être avec nos rédacteurs en chef adjoint de la Dépêche du Midi. Vous avez une question
Bonjour Yannick Jadot. La région Occitanie, d'ailleurs, est la première région agricole de France, tant en nombre d'exploitations et de terres agricoles. Je crois que vous êtes rendu sur le salon hier. C'est vrai que le salon donne une image très positive de la profession. Toutefois, derrière ces images, il y a une réalité, c'est qu'il y a quand même beaucoup d'agriculteurs qui ont des difficultés financières, un taux de pauvreté qui est d'ailleurs très élevé dans cette profession. Et puis, chaque année, on perd, ce n'est pas un problème spécifique à notre région, mais on perd des exploitations. Je crois qu'il y en a 100 000 qui ont disparu ces dix dernières années.
Alors, très concrètement, qu'est-ce que vous proposez pour aider les agriculteurs à vivre décemment de leur métier ? Et puis aussi, pour aider les jeunes à s'installer, comment faire pour les inciter à reprendre des exploitations ?
Vous avez parfaitement raison. Vous avez posé les deux grands sujets, les revenus des agriculteurs, la question de l'installation des jeunes, et on aurait pu ajouter, y compris dans ce contexte, la question de la souveraineté alimentaire.
Et on va en parler.
On va en parler. Très bien. Aujourd'hui, dans notre pays, on met tous les ans à peu près 13 milliards d'euros d'argent public dans l'agriculture, en aide directe à l'agriculture. C'est considérable, dont 9 milliards qui viennent de l'Union européenne. Et vous l'avez souligné, on a 40% des agriculteurs qui vivent avec moins de 350 euros par mois. Donc une énorme précarisation. On a près d'un suicide par jour. 27 fermes par jour qui disparaissent. Et la biodiversité qui s'effondre, des problèmes de malbouffe un peu partout, très durs pour les jeunes aujourd'hui, et des campagnes qui se désertifient. Donc le bilan de la politique publique de l'agriculture est une catastrophe.
Est une catastrophe. Donc il faut en changer. Ce que je propose, c'est moi, avec ces 13 milliards, d'avoir un pacte de transformation de l'agriculture avec le monde agricole. C'est-à-dire qu'en fait, on va accompagner les agriculteurs pour changer de modèle. Et on arrête d'agrandir les fermes où les agriculteurs sont toujours plus seuls, dans des fermes toujours plus grandes, où ils sont toujours plus endettés. On passe vers l'agroécologie, une agriculture qui réinstalle des jeunes en agriculture. On peut créer 100 000 emplois dans l'agriculture, alors que vous avez raison, il y a 100 000 emplois qui ont disparu ces dernières années. On peut respecter l'environnement. On peut respecter...
Et on peut garantir la souveraineté alimentaire. C'est quoi la souveraineté alimentaire ? Moi, je suis surpris. Vous savez... De manière rapide. C'est un enjeu. Oui, très rapide. Vous savez, nous, le premier candidat écolo en 1974, René Dumont, c'était un agronome. On apportait la souveraineté alimentaire. C'est quoi la souveraineté alimentaire aujourd'hui ? C'est en fait un décider de notre modèle agricole et de notre modèle alimentaire. Ne pas être dépendant notamment des firmes. Et c'est une forme d'autonomie. Pas l'indépendance. Moi, je ne suis pas contre la fin des échanges agricoles. Y compris, on exporte de très bons vins, on exporte plein de choses. Tant mieux.
Mais la souveraineté, c'est quoi ? Au fond, c'est, par exemple, s'affranchir des importations de soja des Amériques. Vous savez, la culture de soja, c'est ce qui détruit l'Amazonie aujourd'hui. Et ça accélère dramatiquement le dérèglement climatique. C'est arrêter de dépendre des engrais azotés. Vous savez, ça fait longtemps qu'on se bat contre les engrais azotés qui participent du dérèglement climatique. Ah ben, oups, ils sont en train d'exploser parce qu'on dépend du reste du monde. C'est arrêter de dépendre pour nos marchés de la Russie, de la Chine, où on essaye d'être en concurrence avec le Brésil ou d'autres pays.
Les Brésiliens seront toujours moins chers parce qu'on veut payer nos paysans dignement et qu'aujourd'hui, ils n'arrivent plus à être payés dignement. Donc, notre souveraineté alimentaire, c'est justement avoir des fermes qui construisent leur autonomie. Vous savez, c'est facile, hein ? Un élevage où, par exemple, les ruminants pâturent plutôt que d'être enfermés, nourris au tourteau de soja. Eh ben, c'est une ferme qui va produire de la qualité, qui respecte ses animaux, qui peut être neutre en carbone et qui nous fournit une alimentation de qualité. Donc, moi, et on va mettre les 13 milliards au service de ça.
Et moi, je suis prêt à mettre la dette des agriculteurs sur la table pour qu'avec la caisse des dépôts et des consignations, on puisse reprendre les dettes des agriculteurs parce que ce qui les maintient dans le piège qui tue l'agriculture française aujourd'hui, c'est l'endettement.
De tous les agriculteurs ? Bien sûr. De tous les agriculteurs ? S'ils passent au bio, c'est sûr. À condition qu'ils passent au bio.
Mais bien sûr. Mais de toute façon, il faut sortir du glyphosate, promesse non tenue par le président de la République. Il faut sortir des néonicotinoïdes, renoncement du président de la République pour à la fois...
Parce que les agriculteurs lui ont dit que c'était difficile.
Ah mais ça, certains agriculteurs, il y a plein d'agriculteurs qui s'en passent. À un moment donné, si vous voulez, on a vu dans ce quinquennat, le président de la République n'a jamais reçu les associations de protection de la biodiversité. Il n'a cessé de recevoir le lobby de la chasse. Il n'a jamais reçu les agriculteurs qui ont fait la transition et qui montrent qu'ils vivent mieux en polluant moins, en respectant les animaux, en nous donnant une alimentation saine et savoureuse. Il a toujours préféré le lobby des pesticides ou le lobby de l'agriculture industrielle. Il a toujours préféré Total et le nucléaire aux énergies renouvelables et aux artisans du bâtiment.
Et bien ça, c'est un choix politique sur lequel, évidemment, nous reviendrons totalement.
On va passer aux questions de mobilité, de transport. On retrouve Éric Berger, justement, Éric Berger, avec notamment une question sur la LGV.
Oui, en effet, c'est un autre sujet très important ici à Toulouse et en Occitanie. Vous savez, Toulouse est une des dernières grandes métropoles à ne pas être connectée au réseau LGV, le réseau grande vitesse. Et donc, il y a ce projet de LGV Bordeaux-Toulouse qui avance rapidement. Le Premier ministre a en effet annoncé que... Rapidement, bien sûr ? Oui, il avance. Dans les faits, il y a un plan de financement qui a été validé.
Cette LGV, il faut rappeler qu'elle doit permettre de gagner une heure sur le temps de trajet entre Toulouse et Paris grâce au train et puis de rendre le train concurrentiel par rapport à l'avion qui reste aujourd'hui le moyen le plus rapide pour relier Toulouse à Paris. Donc, ma question est très simple. Est-ce que vous êtes favorable ou non à cette LGV qui doit normalement favoriser le train par rapport à l'avion ?
Alors, favoriser le train par rapport à l'avion, c'est une évidence. Le train, c'est 50 fois moins d'émissions de gaz à effet de serre que l'avion. Donc, nous voulons d'ailleurs investir très substantiellement dans le train, train de personnes, train de marchandises et train de nuit. Le problème qu'on a, c'est que pendant des années, effectivement, parce qu'il y avait ce projet potentiel de LGV qui a longtemps été remis au placard mais qui a été ressorti par le président de région Rousset. Donc, on a sous-investi sur les lignes existantes. On a aujourd'hui un projet de LGV à 14 milliards d'euros. 14 milliards d'euros.
Si on investit la moitié de ce budget sur les rénovations des lignes existantes, le différentiel que M. évoque d'une heure passe à 20 minutes. C'est un choix de société. C'est un choix de priorité. Un, évidemment, on rénove les lignes existantes. Mais 7 milliards d'euros. C'est Sud-Ouest qui arrive là. C'est Sud-Ouest. Après la dépêche, Sud-Ouest. La région est concernée, très mobilisée sur ce sujet. Mais vous savez,
dans le plan de financement, ça permet de faire le RER métropolitain. C'est comme ça que c'était présenté.
Mais c'est toujours présenté comme ça. Si vous voulez, on nous présente toujours. Ah mais oui, bien sûr, les Françaises et les Français, on ferme les gares du quotidien. On ferme les lignes du quotidien. On force les Françaises et les Français à utiliser leurs voitures. Et avec l'explosion des prix des carburants, c'est la hausse, c'est la réduction du pouvoir d'achat. Donc en fait, et puis après, on nous explique, en fait, oui, bien sûr, vos trains du quotidien, ce qui est l'essentiel des transports, on va y penser, mais d'abord, d'abord, d'abord, on va faire les axes nord-sud pour une petite partie des Français. Mais moi, j'utilise le TGV, je ne suis pas contre le TGV.
La question, c'est les priorités qu'on se donne. Et nos priorités absolues, aujourd'hui, c'est que les personnes qui veulent aller bosser, les personnes qui veulent aller chez le médecin, qui emmènent leurs enfants, trucs, puissent utiliser un train du quotidien, des transports collectifs du quotidien, plutôt que toujours fantasmer la grande ligne quand ce n'est pas nécessaire. Nous, on soutient, par exemple, la ligne LGV Montpellier-Perpignan. Ce n'est pas qu'on est contre les LGV. C'est qu'à un moment donné, la question, c'est qu'est-ce qui est prioritaire pour les Françaises et les Français. Et pour nous, c'est les transports du quotidien.
Merci, Éric Berger. Merci beaucoup. Et on va passer aux questions de fractures territoriales.
Je vois l'alliance entre la dépêche du Midi et Sud-Ouest. On a fait Bordeaux-Toulouse. Vraiment,
on voulait avoir la réponse parce que ça, c'est la question.
Il n'y a plus de concurrence. Mais moi, si vous voulez, encore une fois, la question, bien sûr qu'il faut désenclaver tous les territoires. Mais franchement, on se bat tous les jours pour ça. Mais regardez partout, y compris quelles sont les priorités des Françaises et des Français.
Et justement, on va parler de ces questions de fractures territoriales.
Absolument. Une autre priorité qui est la lutte contre les déserts médicaux. Je prends l'exemple de ma région, le centre Val-de-Loire, qui est le plus grand déserts médicales français. Le gouvernement a annoncé récemment, à six semaines de la présidentielle, timing qui tombe à pic, qu'une seconde...
Je vous laisse le dire. Je vous laisse le dire.
J'assume. Qu'une seconde fac de médecine verrait le jour, en l'occurrence à Orléans. Est-ce que c'est le bon modèle ? Est-ce que vous soutenez cette initiative du gouvernement ?
Écoutez, qu'il faille former beaucoup plus de médecins dans notre pays, c'est une évidence. C'est une évidence. Heureusement, on est sorti du numerus clausus, mais aujourd'hui, on ne s'est pas donné les moyens de former beaucoup plus. La question, ce n'est pas simplement de stopper une limite haute à la formation des médecins, c'est de faire en sorte qu'ils viennent, qu'ils se forment et que d'ici quelques années, notamment 9-10 ans, c'est ça l'échéance. On est suffisamment de médecins dans notre pays pour lutter contre les désirs médicaux. Donc, on ouvre de nouvelles facs de médecine dans les désirs médicaux.
Bien sûr, il faut renforcer les CHU aussi parce que ça fonctionne avec la double tutelle santé, enseignement supérieur, ça ne marche pas très bien, on peut améliorer les choses, mais former, c'est une évidence. Former aussi, évidemment, des infirmières, des infirmiers, des aides-soignantes, c'est l'ensemble des personnels de santé qui est concerné.
Et une fois qu'ils sont formés, est-ce qu'on oblige ces médecins à s'installer dans ces désirs médicaux ?
On a effectivement, et vous l'avez dit, on a dans notre pays près de 8 millions de personnes qui n'ont pas accès à un médecin, tout simplement, ou dans des conditions très difficiles qui sont inacceptables dans un pays comme la France qui a fait de la santé un joyau, y compris de la promesse républicaine. Donc, un conventionnement sélectif, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, vous êtes formés, vous ne pouvez pas aller dans une région ou surdotée, surdotée en matière de médecin, sauf remplacement d'un médecin qui s'en va.
Et deuxièmement, effectivement, moi j'assume qu'on va mettre en place à la fois développer les maisons de santé, des fois ça marche bien, des centres pluriprofessionnels, c'est un confort pour les médecins qui veulent exercer, ça permet les remplacements parfois, donc on va essayer de développer tout ça, mais moi j'assume, j'assume que dans mon projet, jusqu'à ce qu'on ait suffisamment de médecins, il peut y avoir obligation d'installation. Pour la dernière année de médecine et pour les deux premières années... – Je vais vous répondre,
les médecins, j'en fais 9 à 10 ans d'études et qu'on n'a pas à les obliger à s'installer à un endroit...
– Je sais parfaitement, sauf qu'on ne peut pas se satisfaire d'avoir une commune sur trois dans notre pays qui est un désert médical, que les médecins, pour en grande partie, on a besoin de médecins hospitaliers, mais c'est largement des professions libérales, mais qui sont payées par la collectivité. Quand vous êtes enseignant, vous choisissez pas où on va enseigner la première fois. Quand vous êtes policier, dans votre région, vous êtes formé immédiatement, vous êtes envoyé dans les quartiers souvent les plus difficiles. Donc à un moment donné, les médecins sont aussi payés par la collectivité. On fera tout pour que les revenus soient satisfaisants.
On fera tout pour accompagner les familles. Mais à un moment donné, on ne peut pas avoir 8 millions de Français qui n'ont pas accès à un médecin.
L'autre sujet, c'est la question de la dépendance. C'est un sujet qui va évidemment se poser de plus en plus dans les allées à venir. Question de Jefferson.
Vous avez évoqué Orpea tout à l'heure, Yannick Jadot. Qu'est-ce que vous dites aux familles qui ont des proches dans les EHPAD aujourd'hui et qui s'interrogent sur le vieillissement ?
Écoutez, je pense que tout le monde s'interroge sur le vieillissement et la mort. C'est notre nature, au fond.
Tout le monde s'interroge, mais on a l'impression que les politiques publiques n'ont pas pris ce problème
c'est que c'est un problème personnel, évidemment, individuel. C'est un problème de société qui est lourd. La relation à la mort, regardez, y compris pendant cette pandémie. Vous savez combien il y a eu de morts de la pandémie hier ? Non, on n'en parle plus. Ce que je veux dire, c'est que pendant longtemps, pendant cette pandémie, on nous a expliqué que le R devait être supérieur ou inférieur à trucs. On nous a sorti des chiffres que personne ne comprenait, mais parce qu'on avait envie d'évacuer le nombre de morts au quotidien, parce que la mort, c'est terrifiant. Voilà, c'est comme ça.
Bon, et donc, y compris la perte d'autonomie est vue avec beaucoup de difficultés, parce qu'on n'est plus dans des fonctionnements de société où les anciens délissent à la maison délissent à la famille. Est-ce que les pattes privées ont toujours... Donc, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas un sujet facile pour la société. Mais, vous avez parfaitement raison, les gouvernements ont toujours mis le sujet sous le tapis. Ou, ils ont choisi une option. C'est de soutenir, au fond, le développement des EHPAD privés à but lucratif. On sait que ça a été largement le cas sous le gouvernement Sarkozy. Ça s'est poursuivi avec le quinquennat Hollande et avec le quinquennat Macron.
Donc, avec un quinquennat Jadot, il n'y aura plus
d'EHPAD privés ? Il n'y aura plus d'EHPAD privés à but lucratif. Il n'y aura plus d'EHPAD privés à but lucratif. L'accord d'investissement avec la Chine pendant le génocide sur les Ouïghours, Emmanuel Macron défend les EHPAD privés à but lucratif. Je l'ai dit dans l'accord avec la Russie. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de surprise. D'un seul coup, là, vous avez des cris d'orfraie où, d'un seul coup, on a l'impression que nos responsables politiques découvrent la situation des EHPAD. Non, ils ont soutenu ce modèle de spéculation sur la perte d'autonomie. Donc, on sort, il n'y aura plus d'autorisation d'EHPAD privés à but lucratif.
Et puisque je vais renforcer les droits de succession sur les grandes fortunes qui échappent très largement à l'impôt aujourd'hui sur les successions, ça fait 8 à 9 milliards qu'on mettra dans une grande politique d'autonomie en renforçant, en améliorant la possibilité de rester à la maison. On sait combien les aides à domicile sont maltraitées dans notre pays. 600 à 700 euros de revenus, parfois pour des journées de 10 à 12 heures. On créera des lieux intermédiaires avant les EHPAD ou des lieux ouverts sur la société, des lieux partagés. Et puis, on s'assurera que dans nos EHPAD, on est, en termes de personnel, un personnel pour un pensionnaire.
Comme ça existe dans des pays du Nord, avec ce financement, ça nous permettra de sortir de l'indignité, ça nous permettra de sortir de la spéculation sur la perte d'autonomie et ça nous permettra de respecter nos aînés comme ils le méritent.
Yannick Jadot, on va poursuivre notre tour de France. On va aller à Ajaccio, retrouver Roger Antèche. Bonjour Roger. Merci beaucoup d'être avec nous, Roger, de Corse matin. Yannick Jadot, vous étiez en Corse il y a quelques semaines. Vous êtes d'ailleurs très clairement positionné sur les questions qui concernent l'île et Roger a des questions pour vous ?
J'avais prévu de vous interroger sur la fracture territoriale et l'insularité avait été en une mais l'actualité nous a rattrapés. Il y a eu mercredi l'agression d'Yvan Cologne à la maison centrale d'Arles par un détenu ancien djihadiste et l'état d'extrême gravité dans lequel se trouve aujourd'hui ce militant nationaliste condamné pour l'assassinat du préfet Rignac. Cette violence ne pose pas seulement la question de la sécurité dans les prisons françaises ou les conditions de détention pour les terroristes islamistes notamment.
Elle renvoie à l'un des sujets majeurs en Corse ce qui fait d'ailleurs aujourd'hui dans son règlement l'unanimité politique celui du rapprochement des prisonniers corses dans une prison de l'île. Vous êtes lors de votre visite en Corse prononcée pour ce rapprochement des prisonniers qui est une application du droit mais que le maintien d'un statut de détenu particulièrement signalé maintien répété par le gouvernement notamment pour les membres du comando de Rignac empêche.
Estimez-vous comme le président de l'exécutif de Corse Gilles Simeone que la responsabilité de l'État est accablante dans la question d'Yvan Colonne avec me semble-t-il les risques d'embrasement que cela peut constituer dans l'île en ce moment même au moment où je vous parle un bateau transportant un ferry transportant des renforts de force de l'ordre est empêché d'accoster dans le port d'Ajaccio ?
Vous avez parfaitement raison c'est une situation absolument dramatique j'avais eu l'occasion de l'exprimer avec l'ensemble des élus des responsables écologistes mais vous savez que c'était plus que c'était transpartisan cette demande du rapprochement qui est simplement l'application de la loi qui est simplement la loi rien que la loi toute la loi et on nous a expliqué qu'effectivement le système DPS était un système qui au fond était un système de sécurité on voit que ça ne l'est pas donc il faut évidemment qu'il y ait une enquête très forte moi je souhaite qu'il y ait une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur ce sujet pour savoir ce régime DPS et pourquoi finalement ça a bloqué le rapprochement des prisonniers corses et qu'on fasse toute la lumière sur ce qui s'est passé mais je continue
bien sûr
j'ai soutenu vous le savez le rapprochement et ce qui est dramatique c'est que on a une situation politique qui est assez unique en Corse il y a eu un scrutin très fort en soutien à la majorité actuelle et avec un mandat de travailler à ce qu'on appelle une autonomie de plein exercice et de plein droit comment la Corse avec l'État français a la possibilité de sortir d'une relation de défiance d'années et d'années on avait la possibilité le point d'entrée c'était le rapprochement mais au-delà de ça c'est la formulation de nouvelles compétences et là encore il faut regretter que le président de la République qui s'était engagé auprès de Gilles Simeoni pour travailler sur un renforcement de cette autonomie n'ait pas saisi l'occasion d'un contexte politique en Corse extrêmement favorable à cette discussion-là et si les français le décident le prochain quinquennat qui sera à la fois le quinquennat présidentiel mais qui sera aussi le mandat de la majorité en place puis c'est un mandat encore une fois qui permet de sortir d'une relation de défiance que n'a pas saisi le président de la République alors que la majorité en Corse lui tendait la main
– Et un dernier mot rapidement Roger ?
– Justement j'avais l'intention de demander à Yann Diado ce qu'il mettait derrière l'expression autonomie de plein droit et de plein exercice notamment en matière de dévolution et d'exercice des compétences par le pouvoir territorial et plus largement sa conception d'une décentralisation des compétences et des pouvoirs qui pourrait s'appliquer à d'autres territoires
– Alors la demande vous savez que ce statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice d'ailleurs a été soutenu par région de France par l'ensemble des régions qui soutiennent cette idée d'une autonomie plus forte encore plus de compétences mais qui renvoie aussi à l'échec de tous les derniers processus de décentralisation ce qu'a fait François Hollande au fond est une catastrophe c'est une catastrophe dans toutes les régions on pourrait parler de l'Est on pourrait parler de toutes les régions je veux dire Nouvelle-Aquitaine enfin franchement c'est une caricature je veux dire cette région est ingérable je veux dire par la multiplicité l'étendue la diversité bien sûr c'est ridicule donc au fond tout ça ne fonctionne pas donc il faut renforcer il faut une nouvelle phase de décentralisation pour la Corse c'est clairement comment la collectivité a les moyens de garantir la continuité territoriale c'est la question des compagnies aériennes c'est la question des compagnies maritimes c'est comment il peut y avoir particulièrement en Corse mais on sait que ça se pose maintenant en Bretagne et ailleurs la question de la spéculation foncière qui est en train de retirer les capacités d'habiter aux habitants qui sont là 365 jours sur 365 c'est la question des déchets c'est la question de la gestion du tourisme donc il faut encore une fois et ça sera la négociation engagée dans le prochain quinquennat définir ce qu'est cette autonomie mais si vous voulez s'il y a eu autant d'abstention aux départementales et aux régionales c'est parce que en fait plus personne ne comprend rien à ce que sont les compétences des départements des régions et on ne parle pas des comités des communautés de communes donc au fond il faut remettre de la transparence il faut remettre de la simplicité dans la gestion de nos collectivités qui sont pour nous les leviers essentiels de la reconstruction de notre pays
mais on va remercier Roger Antec merci Roger et évidemment on suivra avec vous les derniers développements sur l'île de beauté dans cette émission vous serez avec nous ces prochains jours vous parliez du Grand Est Yannick Jadot on va y aller dernière étape de notre tour de France des régions on va à Strasbourg on retrouve Olivier Claudin des dernières nouvelles d'Alsace c'est à vous Olivier
bonjour Yannick Jadot Strasbourg l'Alsace qui aime tellement la région Grand Est qui est tellement amoureuse de la région Grand Est jusqu'à Reims
vous avez un point vous faites allusion à la consultation organisée par le président de la collectivité européenne d'Alsace vous avez un point de vue là-dessus
écoutez moi je laisse par principe je laisse quand il y a un référendum local je laisse les Alsaciennes et les Alsaciens en décider de toute façon ça fait longtemps que l'Alsace réfléchit à son statut travaille sur son statut sur sa spécificité qui n'est pas une spécificité de repli c'est ça qui est toujours important
allez question sur la zone à faible émission vous avez Olivier avec vous tout à fait
oui tout à fait Strasbourg c'est une ville que vous connaissez bien puisque vous êtes député européen le Parlement européen est siège la ville est dirigée par une maire écologiste Jeanne Barzéguian et les écologistes dirigent également l'agglomération l'euro métropole dont l'exécutif a vécu des moments difficiles l'an dernier quand il a été question de préparer la mise en oeuvre de la zone à faible émission l'euro métropole sous l'impulsion des écologistes a décidé d'aller plus loin que la loi climat et résilience pour d'ores et déjà prévoir l'interdiction de tous les véhicules diesel d'ici 2028 voire plus tôt si possible ce qui suscite beaucoup de craintes dans la population parmi les automobilistes qui dès lors parlent d'écologie punitive qu'est-ce que vous dites à ces automobilistes qui craignent de ne pas avoir les moyens de changer de voiture et finalement qui craignent de ne pas pouvoir s'adapter
Ce qui est punitif dans cette affaire ce n'est pas l'écologie ce qui est punitif c'est que dans notre pays selon les différentes estimations on est entre 50 000 et 100 000 morts par an liés à la pollution de l'air c'est plus que le tabac c'est plus que l'alcool donc c'est une catastrophe sanitaire la pollution de l'air donc c'est ça qui est punitif aujourd'hui la question c'est comment on fait en sorte que à Strasbourg comme ailleurs nos enfants puissent jouer dans les cours qu'il n'y ait pas une explosion des maladies chroniques liées à la pollution de l'air des asthmes chez les enfants donc c'est ça l'enjeu c'est de ça dont on doit partir qu'est-ce que veut faire la maire de Strasbourg et quel est son principal chantier aujourd'hui c'est le développement de toutes les mobilités qui offriront une alternative aux personnes qui ont aujourd'hui une automobile moi je viens de Picardie dans les Hauts-de-France je sais qu'on peut avoir besoin d'une voiture évidemment je veux dire moi où je suis né où je vais on a besoin d'une voiture donc c'est comment on construit la possibilité d'avoir des alternatives en matière de transport collectif bus tram dans d'autres villes ça peut être des métros mais ça ça prend plus temps vous le savez Yannick oui mais là on n'est pas on n'est pas demain c'est pas demain que ça s'applique donc les vélos Strasbourg est de ce point de vue là un modèle en cycle en voie sécurisée et puis comment quand on a absolument besoin d'une voiture et ça concerne encore une majorité de français on a accès à une automobile qui n'est pas un véhicule diesel donc c'est toutes les primes moi je veux multiplier par deux les primes à la conversion automobile c'est y compris sur des véhicules d'occasion qui ne sont pas des véhicules diesel évidemment c'est ça suffit
pour ces français on prend l'exemple de Strasbourg à qui on demande de changer de véhicule pour pouvoir continuer
on a bien parlé de 2028 on a parlé de 2028 il faut quand même qu'on ne peut pas en permanence ne pas anticiper les impératifs et les défis auxquels on doit se confronter parce qu'à chaque fois sinon c'est la catastrophe à chaque fois c'est difficile pour les françaises et les français en 2000 à partir de d'ici 5 ans selon toutes les études les véhicules électriques seront à parité de prix avec les véhicules thermiques c'est à dire aujourd'hui ils sont plus chers incontestablement mais un peu comme les énergies renouvelables les prix sont en train de baisser donc on sera à parité de prix à l'achat et évidemment ça coûte beaucoup moins cher à la maintenance et en termes d'énergie donc il faut accompagner toutes ces grandes transitions mais ce qu'on dit et ce que portent les écologistes dans toutes les villes où nous assumons cette responsabilité de santé c'est on accompagne on accompagne on accompagne on ne ferme pas l'accès aux classes populaires ou aux personnes qui ont absolument besoin de véhicules sans avoir créé l'alternative c'est le principe
on remercie Olivier Claudin on s'excuse Olivier vous aviez une autre question mais malheureusement le temps file merci beaucoup Olivier d'avoir été avec nous Olivier des dernières nouvelles d'Alsace quelques questions sur votre campagne pour terminer Yannick Jadot puisqu'on a appris parce que là
on n'a pas parlé de la campagne
non mais sur votre campagne politique on a beaucoup parlé des sujets de fond vous le remarquez
c'est ça c'est ça la politique c'est ça qui intéresse les Français c'est ça qu'ils attendent je pense aujourd'hui
et c'est pour ça qu'on a voulu cette émission mais quand même on a appris hier que Sandrine Rousseau avait été exclue de votre équipe de campagne c'était la finaliste de la primaire des écologistes qu'est-ce qui s'est passé ?
écoutez vous avez bien vu que Sandrine Rousseau depuis des semaines depuis la primaire mène d'autres campagnes que la campagne présidentielle avec des positions qui parfois qui parfois écoutez il y a évidemment la question des législatives on entend qu'elle veut conquérir le parti bon tout ça n'est pas compatible avec la loyauté la ligne politique de la campagne
selon vous
de la campagne et donc on en tire moi je prends acte d'une énième d'énièmes prises de position qui ne sont pas celles de la campagne une campagne présidentielle dans la situation de notre pays aujourd'hui c'est quelque chose de très sérieux les écologistes
c'est une adversaire pour vous aujourd'hui c'est une adversaire
non c'est pas une adversaire simplement
si elle veut prendre le parti
qui a d'autres ambitions oui mais ça c'est pas la campagne présidentielle mais vous dites elle a pas joué le jeu de la primaire
elle a pas respecté les règles de la primaire c'était pas un soutien pour vous
bah écoutez à partir du moment où vos prises de position parasitent la campagne des écologistes vous savez les écologistes se sont rassemblés pour cette campagne présidentielle en 2022 ce qui va se jouer c'est est-ce qu'on est capable est-ce que notre pays se met en situation de gagner la bataille du climat ou pas est-ce qu'on gagne la bataille de la vie et du vivant ou pas est-ce qu'on remet un hôpital est-ce qu'on a l'innovation économique industrielle et la justice sociale que nous portons si des personnes poursuivent d'autres objectifs bah c'est pas mon sujet mais ça peut pas être la campagne présidentielle mais je sais pas vous lui poserez mais maintenant on est aujourd'hui elle pourra plus représenter la campagne des écologistes elle ne pourra plus parler au nom des écologistes dans cette campagne c'est une forme de clarification après des semaines
est-ce que c'était pas gênant pour vous qu'elle porte votre parole sans vos positions sans m'éloigner
si quand je fais des entretiens des interviews on me dit oui mais Sandrine Boussou n'est pas d'accord oui c'est pas vous savez vous avez tout le mouvement écologiste tout le mouvement écologiste est mobilisé par rapport à ces urgences climatiques sociales jamais les écologistes n'ont été aussi préparés jamais ils n'ont aussi travaillé à la crédibilité de leurs solutions on ne peut pas avoir une campagne qui est parasitée par des avis divergents ou différents par au fond des prises de position des prises de position non parce que vous voyez jamais jamais les écologistes n'ont été aussi préparés jamais ils n'ont été aussi disciplinés et ils font valoir la discipline aujourd'hui j'ai pris la décision de faire valoir la discipline pour que le projet que nous portons qui est non non mais c'est pas moi qui divise nous on joue collectif les gens qui à un moment donné considèrent que c'est leur prise de position personnelle leur avenir personnel qui doit prédominer c'est eux qui prennent la décision de se sortir du collectif
elle a encore sa place sur Europe Écologie Les Verts où elle doit quitter
le parti moi je ne parle pas d'Europe Écologie Les Verts moi je suis le candidat des écologistes à l'élection présidentielle
Florent une question sur Christiane Taubira
Vous en êtes où de discussion avec Christiane Taubira ?
Écoutez nulle part Nulle part ? Non mais nulle part vous voyez je pense qu'il y a une profonde déception chez Christiane évidemment après cette campagne compliquée Donc c'est mal parti pour une alliance Non j'en sais rien c'est à elle de décider Elle doit dire
dans les prochains jours qu'elle souhaite
vous souhaitez
qu'elle vous soutienne ?
Écoutez les valeurs qu'elle défend les positions qu'elle a prises sur l'Ukraine en soutien à la résistance ukrainienne en affirmant comme nous affirmons qu'il faut sortir de toutes les complaisances vis-à-vis de Vladimir Poutine parce qu'il y a quand même un paquet de candidats qui aujourd'hui essayent au fond de se refaire la cerise en nous expliquant en nous faisant des grandes leçons des géopolitiques mais au fond pour dire quoi ? Comme Vladimir Poutine l'Ukraine appartient à la Russie qu'au fond Pour vous Jean-Luc Mélenchon on parle comme Vladimir Poutine aujourd'hui ?
Non je ne dis pas ça mais reconnaissez qu'il a soutenu l'annexion de la Crimée en 2014 il a justifié les bombardements des populations civiles en Syrie ça n'est pas ma position sur la démocratie il n'a pas voté la reconnaissance du génocide sur les Ouïghours bon si vous voyez moi la démocratie c'est à Paris c'est à Kiev c'est à Moscou et c'est aussi pour les Ouïghours simplement voilà et puis moi je pense que l'Union Européenne est un des outils essentiels essentiels pour défendre notre projet de société une France forte dans une Europe puissante donc voilà on a des divergences je connais les convictions de Christiane Taubira après ça reste son choix on verra
et on suivra tout ça merci beaucoup merci Yannick Jadot d'avoir été notre invité pour cette émission spéciale merci Florent on regarde la lune de la République du Centre masque et passe plus que 10 jours c'est à la lune de votre journal et puis à la lune de Sud-Ouest Jefferson Emmanuel Macron président et candidat merci beaucoup d'avoir été notre invité Yannick Jadot et on va parler de votre interview
Yannick Jadot