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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 18 novembre 2025 6 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSanté

Taux de conformité de l'eau potable en baisse : "Il faut faire payer les pollueurs", dit Olivier Andrault

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 19 %Défensif 19 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurFait
    « Vous les appelez les pollués et vous aimeriez que ce soit désormais les pollueurs qui paient. »
  • 0:57InvitéChiffre
    « Cette fois-ci on perd 10 points. C'est-à-dire qu'il y a 15% des réseaux pour lesquels il y a des dépassements de la norme, de la valeur européenne générique. »
  • 1:18PrésentateurFait
    « Et là on a cherché des produits toxiques qu'on ne cherchait pas avant, donc forcément on en trouve. »
  • 4:45InvitéChiffre
    « La modélisation serait de plus 74% d'augmentation sur la partie eau. »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur23 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 6h22, c'est la goutte de trop. Nouvelle campagne lancée aujourd'hui par l'UFC Que Choisir pour alerter sur le coût de la dépollution de l'eau potable. Sujet important alors que l'on retrouve de plus en plus de produits toxiques dans l'eau courante. Bonjour Olivier Andrault. Bonjour. Vous êtes chargé de mission alimentation au sein de l'UFC Que Choisir. Alors aujourd'hui ce sont les consommateurs qui paient, qui financent cette dépollution. Vous les appelez les pollués et vous aimeriez que ce soit désormais les pollueurs qui paient. Et là vous visez clairement en numéro 1 les agriculteurs.

0:37
Invité

Clairement, puisque à l'occasion de notre nouvelle carte interactive qui est disponible gratuitement sur notre site internet A Que Choisir, on se rend compte que par rapport à notre précédente enquête de 2021, alors qu'on avait 95% des réseaux de distribution en France qui distribuaient une enquête parfaitement conforme à la totalité des critères qui sont définis au niveau européen, cette fois-ci on perd 10 points.

C'est-à-dire qu'il y a 15% des réseaux pour lesquels il y a des dépassements de la norme, de la valeur européenne générique, de 0 à 1 pg par litre, essentiellement dû au fait des dépassements en pesticides et en certains métaboliques, ces résidus de pesticides que l'on recommence à chercher depuis 2023.

1:15
Présentateur

Voilà, c'est pas qu'il y a plus et que l'eau est de moins bonne qualité, elle était déjà comme ça avant, c'est juste qu'on ne cherchait pas. Et là on a cherché des produits toxiques qu'on ne cherchait pas avant, donc forcément on en trouve.

1:23
Invité

Et donc ce sont des pesticides qui d'ailleurs ont été interdits depuis mais qui sont très rémanents et que l'on trouve notamment dans le nord de la France, là où il y a une énorme agriculture intensive d'échelle industrielle et du maraîchage.

1:36
Présentateur

Alors pour vous il faut faire comment ? Comment on fait payer les pollueurs ? Comment on les identifie déjà ? Comment on fait en fonction de la taille des exploitations, de la quantité de pesticides utilisés ? Ça me semble compliqué à mettre en place, comment vous feriez ?

1:47
Invité

Alors nous déjà avant de faire payer les pollueurs, la première chose pour nous c'est une mesure préventive, c'est-à-dire de protéger les sources d'eau potable, ce qu'on appelle les captages, parce que si, il faut quand même le rappeler, on a 85% de l'eau distribuée en France qui est parfaitement conforme, c'est pas parce que l'eau des rivières et l'eau des naphratiques utilisée, si la matière première serait bonne, non, elle est massivement pollue. On a finalement partout à travers la France, et notamment dans la moitié nord de la France, des contaminations massives en pesticides en premier lieu, mais aussi en nitrates.

Donc ça veut dire qu'il faut de toute façon dépolluer, ça, ça coûte cher, et qu'est-ce qui paye ? C'est pas les pollueurs, c'est les consommateurs. Et il se trouve qu'en plus, maintenant, avec ces nouvelles recherches, on voit qu'on commence vraiment à dépasser, y compris dans des villes du nord de la France, ce qui est une nouveauté jusqu'à présent, on ne voyait pas ça.

Et donc pour nous, ce qu'on dit, il faut appliquer une réglementation qui est censée s'appliquer depuis les années 60, qui est de dire, à proximité des sources d'eau potable, on ne pulvérise pas les pesticides, notamment les plus dangereux, on les interdit et on essaye de mettre en place de l'agriculture biologique dont on sait que c'est le meilleur moyen de protéger les captages. Ça, c'est la première chose. Et cette demande, elle est adressée à qui ? Au préfet de département. Parce que c'est eux qui ont le pouvoir de mettre en place des mesures obligatoires. Malheureusement, ils le font. En général, pas, parce qu'ils n'ont pas le courage politique.

Les agriculteurs au niveau local ont un pouvoir d'influence disproportionné par rapport à la problématique sanitaire.

3:09
Présentateur

Et donc, la deuxième chose à faire, c'est de faire payer les pollueurs ?

3:12
Invité

Absolument. Il faut faire payer les pollueurs. Pourquoi ? Parce que la première raison, c'est qu'il va falloir dépolluer toutes ces eaux qui ne sont pas conformes, même s'il n'y a pas de problème sanitaire.

3:21
Présentateur

Dépolluer, ça veut dire mettre en place des systèmes de filtration de plus en plus performants, parce qu'il y a des produits toxiques qui sont de plus en plus petits et qu'on n'arrive pas à attraper avec les systèmes actuels. Donc, il faut toujours investir davantage.

3:31
Invité

C'est exactement ça. Donc, jusqu'à présent, les techniques classiques, c'était du charbon actif. Alors, on change de plus en plus les filtres à charbon actif. Déjà, ce qui explique que la note pour le consommateur, dans sa facture d'eau, elle a déjà augmenté de 16% depuis 2023, à cause de ça. Mais ça ne va pas suffire, parce qu'on se rend compte que ces molécules de pesticides, ces petites molécules de dégradation de plus en plus petites, elles arrivent à passer à travers les filtres. Demain, à partir de 2026, les agences régionales de santé vont commencer à rechercher les PFAS, ces polluants éternels,

3:59
Présentateur

qui sont déjà dans l'eau, mais qu'on ne cherche pas. Et pareil, là, on n'a pas de chiffres, mais ça va arriver à partir d'en prochain.

4:04
Invité

L'UFC Chaudir a déjà fait quelques coups de sonde en début d'année qui ont montré qu'on avait des taux parfois très élevés, notamment dans certaines grandes villes de France. Et donc là, le charbon actif, ça a pu marcher, il va falloir passer à la filtration membranaire, qui coûte beaucoup plus cher. Et donc, ça veut dire qu'il va falloir aider les petites communes, qui n'ont pas les moyens de financer ça. Et donc, ce que nous proposons...

4:22
Présentateur

C'est un goût de combien, par exemple, si je ne me rends pas compte ?

4:24
Invité

Eh bien, par exemple, il y a Eau de Vienne, qui est un syndicat d'eau, qui a proposé un investissement supplémentaire, qui combine justement ces filtres à charbon actifs et puis ces nouvelles technologies de filtration membranaire. Et on a, sur la partie eau, la modélisation serait de plus 74% d'augmentation sur la partie eau. Vous voyez, donc c'est déjà considérable, et ça serait encore plus cher sur des petites collectivités. Donc, nous, ce qu'on propose, eh bien, c'est d'augmenter la taxe sur la pollution du fuse. C'est quoi ? C'est une taxe qui relève actuellement très légèrement le prix des pesticides pour les agriculteurs.

Et nous, ce que nous disons, eh bien, il n'y a pas d'effet incitatif. Cette taxe, elle est beaucoup trop faible. Donc, il faut qu'elle soit plus forte et cet argent qui soit fléché vers les petites communes pour les aider à investir dans ces nouvelles installations de dépollution.

5:13
Présentateur

Alors, ça, c'est pour les agriculteurs et les industriels, alors ?

5:15
Invité

Alors, les industriels, notamment ceux qui produisent des pifaces, il faut savoir qu'il y a eu une loi, la loi qu'on appelle la loi Thierry, qui a été votée contre toute attente. Et c'est une très bonne nouvelle qui interdit le principe de fabriquer, d'utiliser et aussi d'importer des pifaces, des polluants éternels. Ce qui est une très bonne chose. Ceci dit, pour le moment, elle n'est pas encore mise en oeuvre, notamment dans son principe d'interdire et de taxer les pollueurs qui vont relarguer des pifaces dans l'environnement. Actuellement, ils peuvent toujours le faire.

Nous, ce que nous demandons, c'est qu'il y a une mise en application le plus rapide possible de cette taxe pour limiter, d'ores et déjà, dès maintenant, ces relargages de pifaces dans l'environnement.

5:55
Présentateur

Merci Olivier Andro de l'UFC Que Choisir. On redit quand même pour terminer, on peut la boire l'eau du robinet.

5:59
Invité

Ça, c'est un message qui est très important. Dans la très grande majorité des cas, les dépassements qu'on le voit, ce sont des dépassements qui sont très faibles, d'une norme sanitaire qui est placée extrêmement bas en application du principe de précaution. Il n'y a que 1200 personnes en France qui sont concernées par des restrictions de l'eau du fait des dépassements en pesticides.

6:17
Présentateur

Merci beaucoup. Je vous souhaite une bonne journée.