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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 12 mai 2025 8 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

Droits de douane : "Depuis le début de cette offensive commerciale, la question, c'est comment ça se termine", affirme le président de France Industrie

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « la période actuelle est moins favorable »
  • 0:52Invité politiquePromesse
    « Et tout ce qu'on fait maintenant c'est pour des annonces dans 2, 3, 4 ans. »

Temps de parole

  • Invité politique64 %
  • Présentateur35 %

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0:01
Locuteur

France Info

0:02
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, comment se porte l'industrie européenne, l'industrie française prise en tenaille entre les Etats-Unis et la Chine qui semblent avoir mis leur guerre commerciale en sourdine ce week-end à Genève ? Bonsoir Alexandre Sobo, vous êtes à la tête de France Industrie, invité éco de France Info ce soir. Le président de la République Emmanuel Macron inaugurait tout à l'heure le laboratoire d'excellence du leader franco-italien de l'optique et si leur luxotica à Vissou près de Paris, est-ce que c'est de bon augure ? Est-ce que ça signifie que la France est toujours attractive ?

0:36
Invité politique

C'est une bonne nouvelle, toutes les implantations sont des bonnes nouvelles. Souvent ce qu'on voit aujourd'hui c'est l'état du travail qui a été fait il y a 2, 3, 4 ans et moi ce qui m'inquiète c'est que la période actuelle est moins favorable et qu'on risque d'avoir une baisse de l'attractivité de la France et des implantations en France mais surtout en Europe compte tenu de la réglementation de la fiscalité du prix d'énergie dans les années qui viennent. Et tout ce qu'on fait maintenant c'est pour des annonces dans 2, 3, 4 ans.

1:00
Présentateur

Mais sauf que vous le savez, le président de la République va réunir le sommet de Choose France lundi prochain. Vous craignez qu'il y ait moins d'investisseurs étrangers que par les années passées ?

1:10
Invité politique

J'espère qu'il y en aura autant et que la France restera attractive. Maintenant je partage avec les autorités publiques tous les risques et toute la nécessité de continuer à prendre des mesures favorables à l'industrie si on veut que la dynamique se poursuive.

1:21
Présentateur

Alors vous l'avez vu, les Etats-Unis et la Chine ont décidé de mettre leurs différents commerciaux sur pause. Est-ce que c'est une bonne chose pour l'Europe ?

1:30
Invité politique

C'est une bonne chose qu'on apaise la guerre commerciale. Les niveaux de droits de douane dissuasifs qui avaient été mis en place se traduisaient de fait par une large abrogation ou fin des échanges commerciaux entre les deux plus grandes puissances économiques du monde. Tout le monde savait que ce n'était pas soutenable. Maintenant c'est mis entre parenthèses pour 90 jours comme ce qui a été fait avec l'Europe. Ce qui est important c'est comment dans cette période les négociations vont se poursuivre et quel va être le point de sortie. C'est ça qui sera important pour la France, pour l'Europe et pour le commerce mondial.

1:57
Présentateur

Mais est-ce que vous espérez que ça permette à l'Europe de souffler un peu ? On avait dit que la Chine risquait de détourner ses produits vers l'Europe ce qu'elle n'est pas rentrée aux Etats-Unis.

2:07
Invité politique

Oui à court terme sans doute que ça allégera un peu la pression mais ce qui est important c'est le point final de la négociation. Depuis le début de cette offensive commerciale de l'administration américaine je répète et l'ensemble de nos représentants répètent que la question c'est comment ça se termine. Pas quelles sont les péripéties des négociations, des pics de tension, des moments d'apaisement. C'est quel est le nouveau paysage du commerce mondial à la fin de toutes ces négociations. Et c'est à ce moment-là qu'on pourra bien mesurer les risques.

Et dans ce contexte il est important que l'Europe reste prête à la fois à se protéger et surtout à surveiller tous les mouvements et tout ce qui se passe.

2:39
Présentateur

Sachant qu'en attendant l'industrie européenne est morose. 1400 suppressions de postes chez ArcelorMittal en Europe dont 636 en France. France Chimie parle de 15 000 à 20 000 emplois menacés en France à court terme. Est-ce que vous aussi vous êtes inquiet Alexandre Sobo ?

2:58
Invité politique

Oui, aujourd'hui on ne peut pas ne pas être inquiet quand on voit à la fois la difficulté de l'Europe à se réformer sur toute la simplification réglementaire après les constructions technocratiques un peu folles qu'on a eues pendant le mandat précédent de la commission. On ne peut pas ne pas être inquiet. On a des difficultés, on l'a évoqué, sur le prix de l'énergie. Et aujourd'hui en plus on a une conjoncture qui est assez à tonnes. Et donc dans cet environnement, on le voit dans l'automobile, on le voit dans la chimie, mais on le voit dans bien d'autres secteurs. L'activité est fragile et la croissance est insuffisante.

3:28
Présentateur

Et comment l'Europe doit réagir, notamment concernant les droits de douane ? Vous avez vu que Ursula von der Leyen a parlé d'augmenter les droits de douane sur certains produits très rapidement. Est-ce que c'est la bonne manière de faire ? Les voitures et les avions, notamment américains.

3:47
Invité politique

L'objectif doit être qu'il n'y ait pas de droits de douane des deux côtés de l'Atlantique entre deux partenaires commerciaux, deux alliés qui partagent niveau technologique, niveau de vie, salaire. Et donc ça c'est l'objectif. Après il faut que l'Europe soit prête à utiliser tous les moyens en sa possession pour être crédible dans la négociation qui a été ouverte par la suspension il y a quelques semaines et qui va se terminer dans le courant du mois de juin.

4:10
Présentateur

Et qui sont ? Quels sont ces arguments ?

4:13
Invité politique

Ces arguments c'est dire si vous n'êtes pas prêt à aller vers de la désescalade, on est nous aussi capable de prendre des mesures qui feront mal à l'économie américaine.

4:21
Présentateur

Et donc c'est ce qu'est en train de faire Ursula von der Leyen.

4:23
Invité politique

Élabore avec les Etats, avec les secteurs, l'ensemble des mesures pour bien identifier ce qui a des effets positifs dans cette négociation, pour être le plus fort possible dans les échanges avec les autorités américaines. C'est indispensable.

4:36
Présentateur

Et vous avez parlé également de la compétitivité, notamment concernant le prix de l'énergie. On sait que les industriels français n'étaient pas contents, on va le dire, du précédent président d'EDF Lucrément. Il a été remplacé par Bernard Fontana. Est-ce que vous pensez que maintenant, les industriels français vont réussir à se mettre d'accord sur le prix de l'électricité dans les années qui viennent avec EDF ?

5:01
Invité politique

La question ce n'est pas d'être ou de ne pas être content de tel ou tel responsable.

5:04
Présentateur

Enfin, il y a quand même des industriels qui ont dit haut et fort que ça n'allait pas du tout.

5:07
Invité politique

L'important c'est que les négociations, notamment pour nos électro-intensifs, c'est une quinzaine ou une vingtaine d'implantations en France, trouvent une solution pour leur permettre d'être compétitif et de poursuivre l'activité. Au moment où le dispositif AREN va venir à son échéance à la fin de cette année.

5:22
Présentateur

Est-ce qu'ils en prennent le chemin, Alexandre ?

5:24
Invité politique

Écoutez, les négociations vont reprendre suite au changement de gouvernance. Et moi, je continuerai à défendre l'idée qu'il faut que cette négociation aboutisse vite et dans des conditions satisfaisantes pour l'industrie, pour que tout simplement ces activités puissent se poursuivre. Après, chacun a sa contrainte, chacun a sa négociation. Et ce n'est évidemment pas le rôle de France Industrie d'être au milieu de chaque négociation individuelle.

5:45
Présentateur

Alors, en France, vous l'avez vu, le gouvernement est à la recherche de 40 milliards d'euros d'économies l'an prochain. Est-ce que vous, qui représentez l'industrie, vous vous craignez d'être mis à contribution dans le cadre du prochain budget ?

5:59
Invité politique

Écoutez, on porte une conviction forte. On ne réglera aucun des problèmes du pays en augmentant les impôts. On a le pays le plus fiscalisé d'Europe, on a le niveau de prélèvement obligatoire le plus élevé. On a des sujets de compétitivité qui ont été identifiés depuis 15 ans, 20 ans, rapport après rapport. Je pense qu'on doit poser comme axiome de cette discussion, on n'augmente pas les impôts. Et réduire une niche fiscale, c'est augmenter les impôts.

6:21
Présentateur

Vous pensez à quelle niche en particulier ?

6:23
Invité politique

On a raboté le CIR plusieurs fois ces dernières années. Le Crédit Impôt Recherche, on a écrété les allégements de charges d'une façon très défavorable à l'industrie dans le budget 2025. Alors certes moins que ce que les gens avaient imaginé, mais c'est quand même douloureux quand ça s'est produit. Et donc le principe, on n'augmente pas les impôts. Et donc on recherche des économies. Et pour ça, il faut aller regarder du côté de l'organisation de l'État, du millefeuille territorial et de l'ensemble des gros postes de défense. Comme on le fait, ce n'est pas du tout comparable.

6:50
Présentateur

Des gros postes de dépense ?

6:51
Invité politique

Des gros postes de dépense. Il y a toute la sphère sociale. Toute la sphère sociale, comment on incite mieux au retour à l'emploi. On essaie de faire pas mal de choses à France Travail. Il y a plein d'autres domaines dans lesquels il faut continuer à travailler pour trouver. L'idée, ce n'est pas de faire moins, c'est de faire mieux. Et il faut se poser la question. Nos concitoyens, ils ne demandent pas moins de services publics.

Mais en revanche, je pense que si on est capable de leur rendre le service pour un coût moindre, parce qu'on est mieux organisé, parce qu'on a rationalisé les niveaux des collectivités territoriales, parce que les administrations fonctionnent mieux, je pense que tout le monde sera content. Moins d'impôts pour le même service, je pense que c'est un très bon objectif.

7:27
Présentateur

Et donc pas de hausse d'impôts, plutôt de baisser les dépenses.

7:31
Invité politique

Les hausses d'impôts détruiront de l'activité, font baisser la croissance et monter le chômage. Ça, c'est une certitude.

7:37
Présentateur

Merci beaucoup. Alexandre Sobo, président de France Industrie, invité éco de France Info ce soir. Merci.

7:43
Locuteur

Merci. Merci. Merci.