L'incendie qui touche le Cap-Ferret vu du ciel
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et c C'est un mur de fumée qu'on voit ici sur ces images exceptionnelles, filmées en direct depuis l'hélicoptère BFM TV. Un mur colossal avec ces fumées qui sont rabattues vers l'océan, ce qui montre bien d'ailleurs de façon très claire à quel point les vents viennent de la Terre, à quel point les vents sont importants et ce sont des vents très secs, très chauds qui qui pousse les flammes. Là, on voit bien le sens du flux, le sens du vent qui domine actuellement.
Effectivement, c'est ce vent de nord-est qui souffle en direction de l'Eschkappferd, justement. Il porte ces fumées, en réalité, sur des centaines de kilomètres sur l'océan. Mais il y a un duel de vent aujourd'hui, un peu comme hier.
Le scénario est sensiblement le même. D'abord ce vent de terre qui va persister tout au long de la journée. Puis cet après-midi, quand les terres vont se réchauffer, c'est l'air marin qui sera aspiré.
C'est une brise marine qui va se lever. On aura vraiment la convergence de ces vents, des rafales particulièrement erratiques, très difficiles à anticiper. Ce vent marin va accélérer tout au long de l'après-midi.
Alors, la fenêtre la plus critique, ce sera probablement entre 14h et 18h. Mais en soirée, on va surveiller une goutte froide en approche qui remonte en ce moment du Portugal, ce qui va provoquer un coup de galerne. C'est une inversion du sens des Là, c'est un vent d'ouest, clairement, qui va souffler vers la côte, vers Biscarros et en direction de l'Eche -Cap-Ferret jusqu'à 60 voire 70 km heure.
Éric Gulli, lorsque vous découvrez ces images particulièrement impressionnantes et spectaculaires que nous diffusons en direct, qu'est-ce qu'elles vous inspirent ? Est-ce que vous dites que les situations vont être très difficiles à contrôler dans les heures qui viennent ? Effectivement, le point météo qu'on vient d'avoir nous montre que le vent va encore alimenter un peu plus ce feu.
Effectivement, il va y avoir très probablement des stratégies à avoir pour protéger nos populations en premier, les habitations. Ça, c'est ce qui fait partie de l'anticipation. Avec ces points météo qui sont faits régulièrement, c'est d'essayer de pouvoir anticiper au maximum tout ce qui pourrait être amené à être touché et donc de pouvoir disposer les colonnes afin de protéger et les populations et les biens au maximum et on voit ces images filmées depuis l'hélicoptère on va y aller à bord de l'hélicoptère entendons un petit peu l'oreille parce que laura combo vous êtes à bord de cet hélico racontez nous expliquez nous ce que vous voyez en ce moment Il y a moins de 48 heures.
La liaison est évidemment très difficile avec l'Aura Combo, mais c'est évidemment très important de l'entendre pour en savoir plus sur la propagation des flammes sur également la capacité d'évacuation parce qu'on vous rappelle que pendant ce temps-là sur une route qui se trouve quelque part dans cette petite bande entre le bassin d'Arcachon et les fumées, il y a cette route unique, cette route départementale, la D106 sur laquelle passent en ce moment même des milliers et des milliers de personnes pour évacuer de crainte que le feu ne gagne davantage encore cette péninsule. Jérôme Pellistrandi. Oui, mais paradoxalement, le sens du vent est favorable pour l'évacuation parce que les nuages vont vers l'océan.
Imaginez là si les nuages venaient vers l'intérieur des terres. Ce serait catastrophique pour l'évacuation des gens et avec notamment les problèmes respiratoires. Donc, pour le moment, c'est un vent sec.
Donc, c'est défavorable pour les feux. Mais en termes de santé et d'évacuation des personnels, tant que le vent est dans ce sens-là, on peut faire pousser tous les véhicules de la Presqu'Île vers bordeaux image toujours aussi saisissante un évidemment de ces fumées filmé il ya quelques minutes par sonia renault depuis notre hélicoptère bfm tv alors c'est vrai que la situation Sur météo, c'est évidemment le point le plus important pour essayer d'anticiper les choses, d'anticiper la progression de ces feux. Et les indices et les éléments que vous nous donnez, Loïc, ils ne sont pas très favorables, même si comme le souligne Jérôme ici sur un plan strictement de l'évacuation on peut se dire que ce sens des vents en revanche permet une évacuation plus favorable pour les gens.
Oui en réalité ce qui va se passer dans le courant de l'après-midi avec la la levée de la brise marine. Ce panache de fumée que vous voyez là, qui est en limite...
Il risque de s'inverser. Il est en limite de cette fameuse départementale 106 qui sert à l'évacuation. Il était important d'évacuer ce matin puisque cet après-midi, le panache va probablement basculer en direction du bassin, notamment sur cette fameuse D106.
Donc si vous nous dites ça, ça veut dire que le piège va se refermer d'une certaine façon cet après-midi ? C'est clair. Aussi bien sur les évacuations que sur les interventions sur le terrain, la fenêtre la moins défavorable, c'est ce matin, cet après-midi, ça va s'activer en termes de vent et surtout les températures vont s'envoler jusqu'à 37-38 degrés sur ce secteur.
C'est le pic de chaleur de la semaine. Un premier pic de chaleur avant probablement de très fortes de chaleur à venir pour la semaine prochaine. Vous voyez sur ces images non seulement le panache de fumée blanc qui longeait le sol...
Alors là, on est maintenant de l'autre côté. On aperçoit la dune du Pila ici. On est côté Arcachon.
On voit ici le port qui sert à des évacuations maritimes. On voit la dune du Pila, cette zone qui avait été elle-même très durement touchée en 2022 par les incendies de l'Enduras. Alors les fumées, elles sont de l'autre côté et en ce moment, il y a des milliers de personnes qui sont évacuées par bateau dans cette zone pendant que d'autres milliers de personnes partent par la route.
Comment faire Ludovic Pingano d'ailleurs pour envoyer des équipes de pompiers sur la presqu'île en sachant qu qu'éventuellement ça va se refermer, il n'y aura plus d'accès possible pour aller sur la presqu'île ? Oui effectivement, ça fait partie des difficultés. J'imagine qu'on a été anticipé par le commandant des opérations de Il faut arriver à la fois à organiser cette évacuation dans un sens et puis d'un autre côté organiser la rentrée de moyens massifs pour pouvoir protéger cette presqu'île.
Alors j'imagine qu'il y a déjà pas mal de moyens puisqu'il y avait cette ligne d'appui qui a été mise en place cette nuit, enfin hier plutôt, pour pouvoir empêcher ce feu de rentrer en presqu'île. Donc une ligne d'appui ça se fait avec de très nombreux moyens, j'imagine plusieurs dizaines d'engins. Mais effectivement il y a aussi ce vrai sujet de la répartition des forces de part et d d'autres, côté presqu'île et puis côté continent.
Tout cela c'est vraiment un travail qui est réalisé au sein du poste de commandement à la fois par la cellule anticipation mais qui est également appuyée par des cartographes etc. C C'est vraiment toute une équipe qui travaille dans l'ombre pour pouvoir aider le commandant de l'opération de secours dans la prise de décision. Il y a l'autre incendie qui est en cours dont tu as parlé Laurent Nunez qui est aussi très important.
On aperçoit les fumées, c'est Biscarros au fond à gauche qu'on voit François. Oui alors là on est dans une situation du coup un peu inversée par rapport à tout à l'heure, le feu de Somos est dans le dos de la caméra et devant vous sur la gauche vous voyez tout en haut sur la gauche un étang. Et c'est l'étang de Biscarros et juste derrière cet étang on voit le panache de fumée.
Il y a à peu près 70 km entre les deux incendies mais ce sont les mêmes moyens aériens qui vont être utilisés par la préfecture de Gironde donc tous les moyens aériens sont sur le secteur donc quatre canadaires, deux dashs, huit avions airtractors, ce sont des plus petits avions avec 3000 litres d'eau et trois hélicoptères bombardiers d'eau qui vont donc se dispatcher entre ces deux secteurs là le secteur Biscarros et le secteur Somos-Lège-Cap-Ferret au fur et à mesure de la journée en fonction des besoins et en fonction des risques et des enjeux qu'il faudra protéger. Oui parce qu'il y a les évacuations du Cap-Ferret mais il y a aussi les évacuations de Biscarros qui sont massives. 23 000 personnes évacuées, de nombreux campeurs mais également des habitations avec des zones urbaines puisqu'il s'agit de Biscarros-Lebourg qui est concerné, nous a dit tout à l'heure le ministre de l alors qu'on voit ici cette péninsule presqu'île bien connue avec cette configuration qui est évidemment unique, magique.
C'est un petit paradis le Cap Ferret avec d'un côté la côte atlantique et puis de l'autre ces rives du bassin d'Arcachon et ce que vous voyez ici ce ne sont pas des nuages, ce sont bien les fumées massives filmées en direct depuis l'hélicoptère BFMTV par Sonia Reynaud, ces images et ce mur de fumée très impressionnant. Loic Rivière. Une très dense qui provoque d'ailleurs une forte dégradation de la qualité de l'air en ce moment sur ce secteur.
Alors pas seulement puisque ces fumées se diffusent vers l'océan, c'est moins grave. Mais en revanche, vers l'intérieur des terres également, on peut les voir jusqu'à Bordeaux et même jusqu'au midi toulousain quand le vent tourne dans le courant de l'après-midi. Sur l'après-midi, en réalité, si les capteurs n'ont pas été tout simplement détruits par l'incendie, il est impossible de sortir des données pertinentes puisque le panache ne cesse de bouger, de fluctuer en fonction des localités.
On peut avoir une qualité de l'air extrêmement dégradée, puis le ciel se dégage ensuite. Ce qui est clair, c'est qu'on a en ce moment des particules fines, on a du monoxyde de carbone qui s'est diffusé dans l'air et il y a une double pollution puisqu'il y a également une pollution à l'ozone. Ce sont ces polluants primaires dont je viens de vous parler qui réagissent avec l'ensoleillement au-dessus du panache de fumée, avec les UV.
D'où cette pollution à l'ozone qui s'ajoute pour les populations sur place, très difficile à supporter. Voilà aussi une bonne raison pour évacuer cette presqu'île du Cap Ferret, dès maintenant avant l'arrivée du panache de fumée. On est évidemment très impressionné, Ludovic Pingano, par ce qu'on voit.
Vous, vous avez un regard un petit peu différent, qui est un regard tout comme Éric Gulli ici présent, qui est un regard plus professionnel. Est-ce que ce que vous voyez vous semble inarrêtable ? Ou est-ce que vous dites « non, voilà comment il faut l'attaquer, ce feu, il faut commencer ici par le sud et faire des points relais toutes les centaines de mètres ? » « Non, alors je ne me permettrais pas moi de commenter ce que fait le commandant des opérations de secours, ça c'est clair.
Après, moi j'ai confiance dans les sapeurs-pompiers, vous savez, là on parle de guerre contre le feu et je sais que les sapeurs-pompiers sont des guerriers, des vrais guerriers, c'est-à-dire qu ils ne vont pas abandonner. » « Personne ne doute de leur détermination, mais sur la tactique à employer pour circonscrire ces flammes, pour qu'elles évitent à la fois de gagner la route et en même temps d'enfermer la presqu'île. « C'est vraiment un problème de moyens.
C'est un rapport de force entre l'incendie et les moyens qu'on va pouvoir déployer face à cet incendie. C'est vrai que cet incendie est colossal. C'est vrai que pour l'instant, tout ce qui a été mis en œuvre par le commandant des opérations de secours a échoué.
En tout cas, pas forcément en totalité. On a beaucoup parlé des maisons qui avaient brûlé par rapport au niveau du lèche cap ferré, par exemple. Et ce feu qu'a passé cette ligne d appui et qui a brûlé une dizaine de maisons.
Pour autant, il y en a...
C'est pas une dizaine de maisons. Je crois que c'est 80 maisons touchées et 50 maisons détruites. 80 maisons brûlées, 50 maisons – C'est ce que disait le ministre tout à l'heure, pour autant il y en a beaucoup plus qui ont été sauvés, ça c'est aussi important de le dire, maintenant le commandant des opérations de secours va recommencer, il va repositionner des moyens devant cet incendie, il va en positionner plus, il y a des moyens aériens conséquents qui sont égagés en même temps, il va falloir que la réponse opérationnelle apportée par les sapeurs-pompiers soit plus forte que cet incendie qui jusque-là a gagné toutes les batailles.
C'est le plus gros feu de l'année que vous avez sous les yeux, le ministre de l'Intérieur nous l'a dit il y a quelques instants avec déjà 10 000 hectares qui ont été ravagés et il y a quelqu'un qui l'a directement sous les yeux, ce feu. C'est vous, Laura Combo, en direct depuis l'hélicoptère avec Sonia Reynaud. et c'est vrai que ces images elles sont très très impressionnantes avec cet hélicoptère en direct et qui survole la zone, alors il ne survole pas directement, évidemment, parce qu'Éric Gulli, il faut rester à distance pour ne pas empêcher le travail des Canadair et des dashs et des hélicoptères.
Les autorités et notamment les forces de sécurité sont sur le terrain, bien évidemment pour faciliter le travail de nos collègues. Je voulais revenir sur ce que nous parlions tout à l'heure pour essayer de voir un petit peu de positif dans cette situation. À l'heure où on se parle, il n'y a pas de victime civile, malgré qu'on soit à plus de 10 000 hectares qui est brûlé, des milliers de personnes évacuées.
Et on parle du nombre de maisons qui ont potentiellement brûlé ou qui ont été abîmées. Mais il sera intéressant de faire le compte de tout ce qui a pu être sauvé aussi par mes collègues. Il est évident qu'on voit toujours la bouteille à moitié vide ou la bouteille à moitié pleine.
Mais c'est vrai que ces images, elles sont tellement sidérantes et stupéfiantes qu'on se demande à ce stade comment les pompiers vont pouvoir reprendre le contrôle de la situation. On espère qu'ils arrivent à le faire rapidement, puisque Louis Crévière nous disait il y a quelques instants que la fenêtre météo, c'est peut-être en ce moment qu'elle est la moins mauvaise. Jérôme Pellistrandi, expliquez-nous, puisqu'on voit bien tous les termes employés ici sont des termes militaires.
On a expliqué la configuration tout à l'heure qui ressemble à celle d'un champ de bataille avec des positions défensives, offensives. Il y a des moyens aériens, il y a des moyens au sol sur ce qu'on voit là. Dans quel ordre tout ça se met en place ?
Alors il faut bien comprendre effectivement que la météo est absolument indispensable et d'où le fait que vous avez des cellules météo qui travaillent auprès des différents postes de commandement et y compris alors à bordeaux à la préfecture il faut les opérations sont dirigées depuis le centre opération qui est à la préfecture donc sous la direction de la préfète avec tous les services de l'état qui sont réunis ensemble et bien sûr après vous avez les postes de commandement qui sont sur le terrain donc que près de de la zone de travail. Donc, pour le moment, comme le disait Loïc, la situation météo est claire avec les vents donc qui vont vers l'océan donc qui transporte toute la fumée vers l'océan et donc là l'inconvénient c'est que ce sont des vents chauds qui réchauffent encore plus sec et sec Mais le sens du vent, en gros venant du nord-est, font que les routes de sortie de la péninsule ne sont pas sous les nuages de fumée. La route !
Vous dites les routes, mais il n'y en a qu'une. C'est extrêmement important parce que ça permet, on le voyait tout à l'heure avec Julia Delage, notre consoeur de BFM qui roulait. Ça permet aux véhicules de pouvoir circuler, de sortir en sécurité.
Imaginez le contraire, ce serait catastrophique. Et en plus, avec un véritable problème, on l'a vu à plusieurs reprises avec Jean-Vilfrid, qui est sur zone, qui est obligé de porter un masque FFP2 face aux fumées. Alors imaginez s'il y a inversion des vents, notamment en fin d'après-midi, les vents vont entrer à l intérieur des terres, et vous avez par exemple l'agglomération de Bordeaux qui n'est pas excessivement loin.
Et là, vous pouvez avoir un vrai problème de santé publique, parce que les gens qui ont des problèmes respiratoires, vous rajoutez le stress lié à la situation. Là aussi, un rôle important en amont de l'Agence régionale de santé pour avoir des capacités de soutien santé par rapport à tous ces éléments-là. Les fumeurs, on les perso déjà à Bordeaux, Loïc.
On les perçoit jusqu'à Bordeaux du côté de la place de la Bourse. Elles se sont installées hier après-midi justement au moment où le vent a tourné et a rabattu ses fumées vers l'intérieur des terres. Ce panache est particulièrement impressionnant.
On en parlait avec le général Pellistrandi. Il y a des prévisionnistes sur place à la préfecture, à Bordeaux, pour une bonne raison. En réalité, les modèles de prévision ne peuvent pas anticiper un tel événement.
Ils prennent en compte de très nombreux paramètres, mais pas l incendie en lui-même. Qui crée, qui génère, vous nous l'avez déjà expliqué, sa propre météo. C'est un feu convectif, des colonnes convectives qui se forment à l'intérieur du foyer.
Ça veut dire quoi un feu convectif ? Alors vous avez des flammes qui brûlent à 1000 degrés bien au delà des températures annoncées qui sont pourtant extrêmes 37 38 degrés sur ce secteur mille degrés vous avez cet air chaud qui naturellement s'élève il est moins dense que l'air froid ça provoque cette colonne convective, en réalité qui agit comme une immense cheminée. Elle aspire l'air, elle peut réactiver le vent, on peut se retrouver avec des rafales bien au-delà des 40 km heure annoncées, voire même bien au-delà des 70, 80 km heure.
On a vu d'ailleurs avant-hier un tourbillon de feu se former avec ces fameuses colonnes convectives, c'est-à-dire que vous avez comme une petite tornade. Parlons d'une petite tornade puisqu'elle ne touche pas forcément le nuage, mais on peut aussi observer des tornades de feu qui ont ce comportement très erratique à l'intérieur du foyer et très difficile donc de cerner son déplacement. Ce n'est pas d'une minute à l'autre là, c'est d'une seconde à l'autre.