Colette Capdevielle, députée : face aux violences sexuelles, "nous avons une justice qui n'est pas à la hauteur"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:12FerméeRéponse directe
C'est un fiasco ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Les moyens, lesquels ? Ceux de la justice, ceux de la police ?
- 3:18OuverteRéponse partielle
Comment ça marche, ce silence ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est parce que la parole se libère ou parce que ces crimes sont en augmentation ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en attendez ? Ce n'est pas la projection d'un film qui va changer quelque chose ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54Colette CapdevielleChiffre
« l'État n'a pas mis en place, n'a pas doublé le nombre de magistrats, le nombre de greffiers, le nombre d'enquêteurs. »
- 2:15Colette CapdevielleChiffre
« L'Allemagne a le double de magistrats que notre pays. »
- 2:35Colette CapdevielleChiffre
« on a 6 000 dossiers en attente de jugement devant les cours criminelles départementales qui arrivent au bout des délais de détention. »
- 4:01Colette CapdevielleChiffre
« uniquement 3% des plaintes pour les violences sexistes et sexuelles aboutissent à une condamnation de leur auteur. »
- 4:14Colette CapdevielleChiffre
« Et quand il s'agit d'inceste, c'est 1%. »
- 4:35PrésentateurChiffre
« 2500 victimes de violences intrafamiliales au sein des familles. »
- 4:40PrésentateurChiffre
« 950 victimes de violences sexistes et sexuelles. »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Présentateur 227 %
- Présentateur 36 %
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Ici Pays Basque, premier sur l'actu locale au Pays Basque, ici matin. Il est 7h47, l'invité d'ici Pays Basque ce matin, Colette Capdeviel, avocate députée PS de la 5ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques. C'est celle de Bayonne, Colette Capdeviel, qui organise ce soir à Montciné, à Anglette, un ciné-débat sur le thème violences sexuelles et sexistes, briser le silence, protéger les victimes. Elle est votre invitée, Bichon Tavrégnon. Et Gounon, Colette Capdeviel, bonjour. Et Gounon, Bichon Tavrégnon. Merci d'avoir accepté notre invitation, ce ciné-débat. Ce soir, la projection du film, c'est une adaptation du livre de notre consoeur Julia Foyce, qui est chroniquée sur France Inter.
Dans ce livre, elle témoigne de l'agression sexuelle qu'elle a subie, du viol, sa reconstruction, comment ça se passe. Les femmes victimes, tout simplement parce qu'elles sont femmes, l'actualité, malheureusement, parle de ces violences. Le dernier candidat, c'est celui de la petite Liana. On a appris hier soir qu'un corps a été retrouvé, qui portait ses vêtements. L'autopsie devrait prouver que c'est celui de cette petite collégienne de 11 ans, levée dans le Gers. L'homme placé en détention dans le cadre de cette affaire était pourtant connu. Il a été visé par plusieurs plaintes, dont une plainte pour viol sur mineurs depuis août 2025. Il n'avait toujours pas été entendu. C'est un fiasco ?
C'est une tragédie. C'est une catastrophe. Et malheureusement, ce ne sera pas la seule affaire. Il y en a d'autres, déjà, qui sont en cours, de victimes qui ne sont pas entendues. La parole s'est libérée, effectivement. Le nombre d'affaires de violences sexistes et sexuelles explose. Dans le pays, c'était étouffé tellement longtemps. Et à côté de ça, les enfants également parlent. Les femmes adultes parlent, mais les enfants également parlent. Et cette parole n'est toujours pas prise en compte par les pouvoirs publics.
Et puis, si d'un côté, on a une explosion de ces violences sexistes et sexuelles, à côté, l'État n'a pas mis en place, n'a pas doublé le nombre de magistrats, le nombre de greffiers, le nombre d'enquêteurs. Et donc, les dossiers s'empilent, dont les gendarmeries et les commissariats. Et je ne mets personne en cause, mais simplement les moyens. Nous avons une justice qui n'est pas du tout à la hauteur, avec des moyens qui ne sont absolument pas à la hauteur. Les moyens, lesquels ? Ceux de la justice, ceux de la police ? Les deux. Absolument les deux. L'Allemagne a le double de magistrats que notre pays. Les services de police, aujourd'hui, sont totalement embolisés par ces plaintes.
C'est compliqué. Ce sont des enquêtes qui nécessitent beaucoup d'investigation. Et le temps est une catastrophe, puisqu'on laisse des présumés violeurs dans la nature. Et je dirais même encore plus grave. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a 6 000 dossiers en attente de jugement devant les cours criminelles départementales qui arrivent au bout des délais de détention. Et donc, on aura des présumés violeurs qui vont devoir, dans les jouets, qui vont être libérés. Qui vont être libérés. Qu'est-ce que ça dit de notre société ? On minimise ces violences ? On les tolère mieux que d'autres violences ? Écoutez, je crois que c'est une évidence. Malheureusement, oui. Oui, l'affaire Bruel nous le dit.
Tout le monde savait. C'est comme l'affaire Bétarame. En fait, on se rend compte que dès qu'on soulève le couvercle, la parole commence à se libérer. Vous en parlez ce soir. C'est un des axes de votre soirée. Briser le silence. Comment ça marche, ce silence ? Parce que l'affaire Patrick Bruel, c'est quand même des personnalités connues dans le monde du spectacle. Et aujourd'hui, on dit que tout le monde savait. C'est comme Bétarame, c'est comme Strauss-Kahn, c'est comme toutes ces affaires. Quand on se rend compte qu'à partir du moment où une personnalité a le courage de parler, eh bien, toutes les autres viennent parler. Mais il ne faut pas que ça s'arrête là.
Parce que libérer la parole, c'est très important. Parce que ça permet, effectivement, de dénoncer le crime. Parce que le viol est un crime. Mais surtout, là où est la difficulté, c'est qu'il n'y a plus ensuite les moyens de protéger les victimes. Protéger les victimes, ça veut dire qu'il faut tout de suite engager des enquêtes, poursuivre les auteurs et pardon les condamner. Parce que le chiffre qui est également catastrophique, c'est qu'uniquement 3% des plaintes pour les violences sexistes et sexuelles aboutissent à une condamnation de leur auteur. Et quand il s'agit d'inceste, c'est 1%. Voilà les chiffres de la France, qui sont honteux.
On est régulièrement condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme. Nous sommes très, très, très en retard par rapport à nos amis européens. 7h51 sur ICI Pays Basque, notre invité Colette Capdeviel, députée de la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Hier, les procureurs de Bayonne et de Pau donnaient les chiffres aussi sur le département. 2500 victimes de violences intrafamiliales au sein des familles. 950 victimes de violences sexistes et sexuelles. Ce sont des chiffres qui sont mauvais parce qu'ils sont en augmentation de 11% pour les violences intrafamiliales et 22% pour les autres. Alors, d'un côté, il y a la parole qui se libère aussi, vous l'avez dit.
Est-ce que c'est parce que la parole se libère ou parce que ces crimes sont en augmentation ? Les deux. Manifestement, les deux. La société est violente. On le voit malheureusement tous les jours. Mais à côté de ça, nous avons mené des politiques. Et puis, il y a eu des femmes très courageuses, et des hommes aussi d'ailleurs, très courageuses qui ont pu parler et qui ont pu justement briser la glace, briser le silence et pouvoir dénoncer les faits.
Mais malheureusement, et c'est là toute la difficulté, si on a permis, et si on permet aujourd'hui cette libération de la parole, à côté, nous n'avons pas suffisamment de policiers, de gendarmes, de magistrats, et nous n'en avons pas assez qui sont formés. Parce que le trauma est important. Parce que comment expliquer aujourd'hui à une victime que l'auteur est toujours en train de courir, qu'il passe tous les jours devant chez elle, qu'il est parfois même dans la famille, et que ses enquêtes prennent des mois et des mois, alors que ce sont des crimes ? Je rappelle que le viol est un crime. Vous donnez rendez-vous ce soir à Monsigny Anglette pour la projection de ce film.
Qu'est-ce que vous en attendez ? Ce n'est pas la projection d'un film qui va changer quelque chose ? Le film est poignant. Parce que ce sont de très très nombreuses actrices qui donnent un récit, le récit d'un viol. D'un viol, finalement, pardon pour l'expression, mais finalement, assez banal. Parce qu'il a quand même, ce viol, ce viol n'a pas été puni. Ce viol a fini par un acquittement à la cour d'assises. C'est celui de Joliot-Joliot-François qui a écrit le livre. Voilà. Et donc, ça permet aujourd'hui de réfléchir. Beaucoup de femmes qui ont été victimes m'ont appelée et seront présentes ce soir. Elles ont besoin de ces témoignages.
Elles ont besoin, certaines, parce qu'elles n'ont pas encore parlé. D'autres, parce qu'elles ont parlé et qu'on ne les a pas crues. Et donc, aujourd'hui, je pense que c'est toute une prise en compte. Et puis, moi, je le fais dans le cadre de l'examen du projet justice criminelle. Oui, qui sera débattu. Qui sera débattu à partir de lundi en commission des lois. Parce qu'aujourd'hui, il faut alerter. C'est-à-dire qu'il faut vraiment que le gouvernement, et en particulier le ministre de la Justice, comprenne qu'on ne peut plus continuer ainsi. Merci, Colette Cabdavia, d'avoir été notre invité ce matin. Et puis, vous avez rendez-vous ce soir, 17h30, au Mont-Ciné. Oui, c'est ça.
Mont-Ciné avec Julia Feuill, c'est un qui sera sur place. Merci, Bichente, et bonjour.