Face à Face : Thomas Cazenave - 07/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:48OuverteRéponse directe
Où en est-on ? Combien il manque ? À quelle hauteur est-ce qu'il y a un trou dans les comptes publics ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
On s'arrête où entre 10, 12 et 20 milliards d'économies ?
- 3:04RelanceÉludée
Est-ce qu'on ne peut pas se dire aujourd'hui que ça va finir à 0,8% de croissance ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Avec cette prévision de 1%, vous avez un objectif de repasser sous 3% de déficit ?
- 5:37FerméeRéponse directe
On sera donc au-dessus de 5% de déficit ?
- 9:47OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire que par exemple les aides au secteur du cinéma, vous vous dites pendant quelques années on gèle tout ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:51Invité politiqueChiffre
« On a annulé 10 milliards d'euros de dépenses avec l'ensemble des ministères. »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« On a déjà 3 000 milliards de dettes. »
- 2:25Invité politiquePromesse
« Notre objectif, avec le président de la République, le Premier ministre, c'est ramener notre déficit public sous 3% en 2027. »
- 3:06Invité politiqueChiffre
« On a 1% de croissance. »
- 3:37Invité politiqueFait
« On a une des croissances les plus fortes en Europe. »
- 4:05Invité politiqueFait
« On a une bonne croissance et il faut qu'on continue les réformes. »
- 6:18Invité politiqueChiffre
« On a perdu en fin d'année près de 8 milliards d'euros de recettes. »
- 6:48Invité politiqueFait
« On annule 10 milliards d'euros parce qu'on est dans la sincérité. »
- 8:35Invité politiqueChiffre
« Vous avez 1 600 milliards de dépenses publiques. »
- 8:44Invité politiquePromesse
« On saura faire 20 milliards en 2025. »
- 11:08Invité politiqueFait
« On sait qu'on va faire un effort sur ma prime rénov'. »
- 20:05Invité politiqueChiffre
« Les 10 milliards qu'on a demandé au ministère ça ne représente même pas 2% de leur budget. »
Temps de parole
- Thomas Cazenave57 %
- Présentateur41 %
- Locuteur non identifié2 %
≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thomas Cazenave. Bonjour. Merci d'être ici pour répondre à mes questions. Elles sont nombreuses parce que vous êtes le ministre des Comptes Publics, autrement appelé ministre du budget. C'est une interview essentielle ce matin. J'allais même dire vital parce que, et je l'ai compris en travaillant hier, en me plongeant dans les dossiers, en vous écoutant aussi puisque vous étiez face aux députés hier. C'est comme un budget familial. La famille, c'est nous. Le gérant, c'est vous. Et on se demande si vous continuez à gérer en bon père de famille, comme on disait.
Et j'aimerais ce matin qu'on réussisse à se parler en sincérité parce que c'est toute la question. Où on en est ? Combien il manque ? À quelle hauteur est-ce qu'il y a un trou dans les comptes publics ? Et où est-ce qu'il va falloir trouver ces sous ? On a un peu l'impression que le compteur s'est emballé. Il y a deux semaines, Bruno Le Maire nous disait qu'il manquait 10 milliards. Et qu'on ferait des milliards d'euros d'économies ensuite. Hier matin, Bruno Le Maire nous disait qu'il faudra 12 milliards l'an prochain. Et hier après-midi, vous avez dit qu'il faudrait 20 milliards d'économies. On s'arrête où ?
Alors, quelle est la situation ? On est, comme tous les pays européens, face à une dégradation de la conjoncture internationale. L'économie va un peu moins bien parce que c'est plus difficile en Chine, parce qu'il y a des crises géopolitiques, la guerre en Ukraine, un certain nombre d'incertitudes. Donc, la croissance ralentit. Regardez, les Allemands sont rentrés en récession l'année dernière. Ils ont révisé leur croissance à 0,2%. Nous, on résiste. Notre croissance résiste. Mais Bruno Le Maire a révisé la croissance de 1,4% à 1%.
Et donc, nous, en responsabilité, il faut qu'on tienne un discours transparent, lucide, en disant qu'on doit revoir, on a moins de recettes, donc moins de dépenses. Première décision, on a annulé 10 milliards d'euros de dépenses avec l'ensemble des ministères. Pourquoi exactement ? Pour faire ce que vous disiez. On gère, un peu comme on gère le budget d'un ménage, tout de suite, on adapte pour ne pas dégrader notre déficit public.
Ça, c'est ce que Bruno Le Maire appelle appuyer sur le frein d'urgence.
Exactement. On le fait tout de suite, en début d'année, avec tous les ministères, pour garantir quoi ? Qu'on n'aggrave pas la situation des finances publiques. On a déjà 3 000 milliards de dettes. Notre objectif, avec le président de la République, le Premier ministre, c'est ramener notre déficit public sous 3% en 2027, comme on l'avait fait avant les crises. Avant les crises, notamment du Covid, la crise énergétique, c'est qu'on a beaucoup protégé les Français. Maintenant, on doit revenir à une bonne gestion de nos finances publiques et donc réduire notre déficit.
Oui, mais alors, attendez, moi, ce que je ne comprends pas, c'est qu'hier matin, c'était 12 milliards. Hier après-midi, c'est 20 milliards. Est-ce qu'on est au doigt mouillé ?
Non. Quelle est la situation ? 10 milliards tout de suite, et ensuite, la question qui nous est posée par les députés, les sénateurs, on a passé 5 heures avec eux, c'est que va-t-il se passer pour 2025 ? On a toujours dit, pour 2025, qu'il nous reste encore à trouver au moins 12 milliards. Ça, c'était avant qu'on revoie notre croissance, quand on avait 1,4% de croissance. Là, on a 1% de croissance.
Mais là aussi, j'ai un peu l'impression qu'elle est au doigt mouillé. Non, non, non.
On a 1% de croissance, donc il va nous falloir trouver un peu plus d'économie. Et donc, c'est d'ailleurs l'interpellation des sénateurs, on est plus proche des 20 milliards que des 12.
Prenons les choses les unes après les autres. On va revenir aussi sur les explications. Vous dites quand même que c'est la faute à l'international. C'est un peu facile.
Ah non, c'est la réalité ?
Non, non, mais que l'international n'ait fait qu'empirer les choses, on veut bien le croire. Que les taux d'intérêt ne vous aient pas arrangé parce qu'elles rendent la dette encore plus insupportable au quotidien, on veut bien le croire. Mais il y a quand même aussi un problème structurel, non ?
Non, je ne crois pas. On a une des croissances les plus fortes en Europe. Regardez ce qui se passe autour de nous. Les Britanniques sont rentrés en récession. Les Allemands sont quasiment une croissance nulle. Donc, on a de bons fondamentaux, mais on est une économie ouverte. Ce qui se passe dans le reste du monde a un impact sur nous. Il faut qu'on en tienne compte et qu'on continue à se battre pour la réindustrialisation du pays. On continue à réouvrir des usines en France. Les investissements en France par des investisseurs étrangers, c'est le premier pays d'accueil de ces investisseurs.
Donc, on a une bonne croissance et il faut qu'on continue les réformes parce que le plein emploi, je veux le dire, le plein emploi, c'est le meilleur allié pour le redressement de nos finances publiques.
Alors, prenons la croissance, puisque c'est effectivement le décor et qui va ensuite faire en sorte que l'argent rentre ou non. Lorsque vous avez écrit le budget, vous l'avez écrit avec une perspective de croissance de 1,4%. Il y a deux semaines, Bruno Le Maire a dit que ce ne sera en réalité que 1%. Est-ce qu'on ne peut pas se dire aujourd'hui, si on est vraiment sincère, que ça va finir à 0,8% ?
Non, pourquoi ? D'abord, on a révisé...
Les économistes disent 0,8%. Vous continuez à dire 1%. J'ai presque envie de vous dire, plutôt que de nous dire toutes les deux semaines qu'en fait, c'est pire que prévu, pourquoi vous ne nous le dites pas un bon coup ?
Non. On a révisé d'abord en même temps que les autres. C'est très important. Certains nous disent « Ah, vous êtes insincère, vous avez changé la croissance ». Non, on l'a fait en même temps que la Commission européenne, en même temps que les Allemands. Par exemple, la Commission européenne nous dit qu'on ne sera pas dans la zone euro à 1,2% de croissance, mais à 0,8%. Et au même moment, nous, on révise, l'Allemagne révise. Parce qu'on est tous, je vais vous dire, frappés par les mêmes problèmes, le ralentissement mondial. Notre prévision de croissance à 1%, elle est très proche, quasi identique de celle de la Commission européenne pour la France qui a 0,9%.
Donc, on considère que c'est la bonne estimation.
0,9% et l'OCDE dit 0,6%.
Oui, mais vous savez, il y a beaucoup de prévisionnistes. Moi, je regarde ce que dit la Commission européenne. On est très proche. Quand on a déposé le projet de loi de finances à l'automne dernier, l'OCDE, le FMI, la Commission européenne, ils étaient tous entre 1,2% et 1,3% de croissance. Alors, prenons-vous,
on va effectivement s'arrêter sur cette prévision de 1%. Avec cette prévision de 1%, vous avez un objectif que vous continuez à poursuivre qui est l'idée de repasser sous la barre des 3% de déficit, 3% du PIB. Aujourd'hui, on nous dit 4,9%. C'est ce que disait en tout cas Bruno Le Maire il y a deux semaines. Là encore, ça a quand même dérivé. Hier soir, si j'ai bien compris, vous l'avez avoué, on sera au-dessus de 5%.
Ce n'est pas, on l'a avoué, nous on est dans la transparence. Quand on a des informations, on les partage avec les Français. On a constaté en fin d'année, en fin d'année, notamment les recettes fiscales, l'impôt sur les sociétés, l'impôt sur le revenu à TVA, une forte baisse. On a perdu en fin d'année près de 8 milliards d'euros de recettes. 4 milliards d'euros...
Mais comment on les a perdus ? Pourquoi ?
Ça veut dire que la croissance a ralenti en fin d'année. Plus fortement, à un moment qu'anticipé, puis vous avez des comportements. En entreprise, c'est difficile à prévoir les recettes, mais on voit bien. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on révise la croissance, elle était moins forte et on est tous touchés. Donc, on a perdu près de 8 milliards d'euros de recettes et ça, ça va avoir une conséquence sur notre déficit public en 2023. Et donc, nous, tout de suite, on prend des décisions, on annule 10 milliards d'euros parce qu'on est dans la sincérité, on est dans la transparence et on ne va pas cacher le problème. Et c'est pour ça qu'on a réagi tout de suite. Donc,
on a bien compris, il y a deux semaines, on disait 4,9. Hier, Bruno Le Maire a dit significativement, pardon, au-dessus des 4,9. Je vous repose la question, on sera donc au-dessus de 5, nettement au-dessus de 5. Vous prévoyez quoi ? 5,2 ? 5,1 ?
Aujourd'hui, c'est l'INSEE qui fait ce calcul. C'est l'INSEE qui est en charge de ce calcul. Elle publiera l'INSEE le 26 mars son estimation et la réalité de notre déficit public 2023. Nous, compte tenu de l'évolution des recettes, on sait qu'on sera au-dessus de 5. Mais je ne peux pas vous dire aujourd'hui à combien on sera précisément parce que ce travail est fait par l'INSEE, il est encore en cours et sera publié le 26 mars. Mais je voudrais que les Français
prennent qu'en effet, vraisemblablement, nous serons les seuls avec l'Italie à être au-dessus des 5% pour toute la zone euro.
Mais vous savez, avec Bruno Le Maire, la mission... Ça va mal quoi. La mission qui nous a été confiée, c'est de redresser les finances publiques et les ramener sous les 3% en 2027. Ça irait mal si on n'avait pas réagi. On constate quoi ? Moins de recettes. Tout de suite, en quelques semaines, on prend un décret d'annulation de 10 milliards. On n'a pas laissé la situation pourrir, même si c'est un effort. Et je veux saluer le travail de tous les ministres. Tout le monde participe à cet effort global en disant c'est un intérêt supérieur, on doit avoir de l'unité, de la solidarité et on le fait.
D'autant plus que vous avez laissé entendre hier que ça ne doit pas être juste ponctuel, il faudra pérenniser et continuer à baisser ces milliards. Pardon, mais si on est à plus de 5% et qu'on a l'objectif de revenir d'ici quelques années en dessous des 3%, c'est-à-dire que le tournant va être un virage terrible. Non.
Pour moi, il y a deux exigences. D'abord, il faut continuer à faire des économies. Vous savez, vous avez 1 600 milliards de dépenses publiques. Je considère qu'on sait faire, on a réussi à faire 10 milliards, on saura faire 20 milliards en 2025 et surtout, qu'est-ce qui est très important pour nous ? C'est continuer à soutenir la croissance et l'emploi. Pourquoi on a lancé France Travail ? Pourquoi on accélère les expérimentations ? Le Premier ministre a annoncé les expérimentations pour les bénéficiaires du RSA. Le retour rapide à l'emploi de tous ceux qui n'en ont pas, c'est moins de dépenses sociales, plus de recettes.
Donc pour nous, c'est fondamental dans notre stratégie qu'on ait la croissance la plus solide possible, le chômage le plus bas possible et ça, c'est une belle réussite de nos deux quinquennats, c'est-à-dire qu'on a réussi à briser le chômage de masse dans notre pays et ça, c'est bon pour les finances publiques.
Thomas Cazenave, je rappelle pour ceux qui nous rejoignent que vous êtes donc le ministre des Comptes Publics, c'est vous qui tenez les cordons de la Bourse. Il y a plusieurs pistes qui ont donc été évoquées hier. Les aides aux entreprises, les dispositifs en faveur de la jeunesse, les politiques de l'emploi, formation professionnelle, apprentissage, dispositifs médicaux, affection de longue durée, aide au secteur du cinéma, absentéisme dans la fonction publique, tout ça, ce sont des pistes, disons des lignes budgétaires sur lesquelles vous vous dites que vous allez faire en priorité les économies. Prenons-en quelques-unes.
Est-ce que ça veut dire que par exemple les aides au secteur du cinéma, vous vous dites pendant quelques années on gèle tout ? Comment vous allez faire ?
Ce n'est pas tout à fait ça. Ce qu'on a décidé, c'est qu'on a lancé ce qu'on appelle les revues de dépenses. C'est un travail qui est mené par le gouvernement et qui sera présenté aux parlementaires. On regarde tout. En fait, on regarde tout. Ça ne veut pas dire qu'on va faire des économies sur tout, mais on doit tout regarder. Où est-ce qu'on peut faire des économies ? Et moi, je vais écrire dans les prochains jours à tous les présidents de groupe, à l'Assemblée et au Sénat, en disant on a quatre mois devant nous, préparons le budget ensemble. Où est-ce que vous voulez faire des économies ?
Vous savez, autour par exemple du rapporteur général du budget à l'Assemblée, Jean-René Cazeneuve, il y a des députés qui travaillent et qui veulent faire des propositions. Le rapporteur général du budget au Sénat, il me dit quoi ? Il me dit faisons de la collégialité sur le budget. Je dis ok, on travaille pendant quatre mois. Mais ça, c'est de la méthode. C'est très important la méthode.
C'est très important la méthode. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas nous dire et c'est tout le paradoxe, vous ne pouvez pas nous dire ça va très mal mais on va s'en sortir en achetant un peu moins de stylos.
Non, ce n'est pas ce qu'on dit. Je veux dire, il y a deux étapes. Il faut être très méthodique sur le budget. Première étape, on vient d'annuler 10 milliards de dépenses et on a dit où on l'a fait. On demande une contribution sur le compte personnel formation. On fait moins sur l'aide publique au développement qui a été multipliée quasiment, qui a augmenté de 50% multiplié par deux. On sait qu'on va faire un effort sur ma prime rénov'. Donc là, on l'a fait de manière méthodique. Pardonnez-moi, je termine juste. Sur les 10 milliards, on sait où on les fait. Il y a un travail avec les ministères. Ça y est, elles sont faites.
Maintenant, on sait qu'on a un effort continu dans le temps à le faire. Ma responsabilité de ministre du budget, c'est de dire que ça sera autour de 20 milliards qu'il faut trouver. Et on le fait de manière méthodique. On a 4 mois avant la fabrication du budget par l'État. Et je souhaite que ce soit 4 mois avec le Parlement, dans le dialogue, dans la construction avec le parlementaire. Et je sais qu'ils sont attachés à l'exigence de l'ordre en défense. On peut quand même rentrer
dans le dur à un moment. C'est-à-dire, on ne peut pas avoir commencé à lancer ces pistes comme vous l'avez fait hier avec Bruno Le Maire qui a même posé des questions qui ne sont pas que des questions rhétoriques, j'imagine. Est-il vraiment légitime et pouvons-nous encore nous permettre que notre protection sociale soit intégralement financée par ceux qui travaillent ? Est-il vraiment légitime et pouvons-nous encore nous permettre que le nombre de jours d'absence parmi les personnels des collectivités locales soit de 17 par an quand il est de 12 dans le privé et de 10 dans les services d'État ? Ça, c'est ce que dit Bruno Le Maire. Donc, il les ouvre ces pistes. On est bien d'accord.
Thomas Cazenave, regardons par exemple, vous dites les dispositifs en faveur de la jeunesse ou par exemple les aides au secteur du cinéma. Il y a un point sur lequel la dépense a augmenté ces dernières années, c'est ce qu'on appelle le pass culture. C'est 273 millions d'euros par an. La Cour des comptes dit qu'elle a beaucoup de doutes sur l'efficacité et le fonctionnement. Est-ce que vous dites, et à un moment peut-être qu'il faut que vous alliez au bout de votre logique, vous ne pouvez pas nous dire c'est la cata mais on ne fait rien, les 273 millions, on les gèle. Pendant trois ans, on ne les fait plus.
Mais je ne vous dis pas c'est la cata, on ne fait rien, je vous dis il y a une dégradation de la situation et on agit.
Alors est-ce que c'est 273 millions ? Alors attendez, 273 millions par an, ça fait déjà trois ans, c'est censé augmenter puisque pour l'instant c'était pour les 18 ans et qu'il va y avoir désormais ce dispositif aussi pour les élèves en classe de quatrième jusqu'à la terminale. Est-ce que vous dites, bon, on espérait le faire, on ne peut plus le faire, ce n'est pas le moment, on gèle.
De la méthode. La méthode c'est quoi ? 10 milliards, tout de suite, on les a fait. C'est une première étape. Maintenant on se projette, si, si, c'est en deux étapes. On les a fait ces 10 milliards. C'était le sens du décret d'annulation. Maintenant on doit se projeter. Et pourquoi je souhaite qu'on travaille tout de suite sur le budget l'année prochaine ? Parce qu'on sait qu'il est plus dur et je souhaite travailler avec le Parlement. Parlementaires ont des idées, ont des propositions à nous faire. Il faut qu'on arrive à en faire un sujet d'unité nationale.
Là c'est la Cour des Comptes qui vous fait cette proposition.
Mais la Cour des Comptes elle est investie avec nous dans le cadre des revues de dépenses. On va missionner le premier président de la Cour des Comptes sur un certain nombre de travaux. Il nous fera des propositions et maintenant on a...
Si ils ont ces propositions qu'ils vous ont déjà faites 273 millions d'euros qu'on pourrait suspendre...
On examinera toutes les propositions qui nous ont faites et on construira ensemble le budget avec les parlementaires. C'est la même méthode. J'ai dû me tromper. Mais l'urgence c'est les 10 milliards tout de suite. Si on n'avait pas pris ce décret tout de suite on nous aurait dit mais qu'est-ce que vous faites ? Tout de suite on a constaté une baisse des recettes on a pris ce décret et on est venu s'en expliquer avec Bruno Le Maire devant les parlementaires et de l'Assemblée et du Sénat. Par contre il faut de la méthode. Et préparer le budget 2025 on a le temps.
Je rappelle qu'on le déposera en septembre et donc maintenant moi ce que je souhaite c'est dans les 4 mois qui viennent on travaille avec les parlementaires.
Sauf si d'ici là vous révisez le budget. C'est ce que vous demande d'ailleurs l'opposition de droite qui hier a dit on ne peut pas entendre à quel point ça a dérivé. Vous avez d'ailleurs revu la perspective de croissance. Est-ce qu'il ne faut pas être cohérent et revoir le budget en faisant ce qu'on appelle un budget rectificatif ? Pourquoi vous ne le faites pas ?
Non mais c'est une option qui est sur la table on l'a dit depuis le premier jour là on fait nos 10 milliards d'euros c'est des vraies économies tout de suite et en fonction de l'évolution de la situation si on a besoin d'en faire un plus tard on en fera un pour le moment on fait ces 10 milliards et on continue le travail pour documenter d'autres économies pour redresser nos finances.
Vous cherchez des milliards il y en a à l'UNEDIC est-ce que vous envisagez de les prendre ?
Il y a un travail qui est fait d'abord sur la réforme de l'assurance chômage
20 milliards d'excédents
à l'UNEDIC mais vous savez c'est important c'est-à-dire que quand vous faites des réformes par exemple la réforme des retraites la réforme sur le marché du travail ça génère aussi des excédents et donc on a quand même nos finances publiques en partage c'est quand même un sujet d'intérêt commun et donc par ailleurs sur la réforme de l'assurance chômage il y a des discussions qui ont lieu entre les partenaires sociaux nous notre enjeu c'est il faut que l'orientation du plein emploi pour tous jusqu'à 64 ans soit bien intégrée et la considération sur les finances publiques
je trouve Thomas Cazeneuve que vous restez très théorique c'est-à-dire je comprends parfaitement c'est de la finance publique mais la finance publique c'est notre vie quotidienne quand je vous interroge sur quelque chose de très concret comme le pass culture on sait combien ça coûte on sait que la cour des comptes a déjà fait des réponses là-dessus vous me dites non non mais on les trouvera les 20 milliards mais à chaque fois qu'on vous interroge précisément sur où on les trouvera vous ne répondez pas et c'est ça qui inquiète les Français
non alors je ne suis pas d'accord du tout vous avez ce que vous venez de dire on a fait une première étape à 10 milliards c'est très concret je vous ai parlé de ma prime rénov' je vous ai parlé de l'aide publique au développement je vous ai parlé du budget de tous les ministères je pourrais vous parler de l'immobilier de l'Etat des achats donc on a un plan mais il faut être méthodique moi ma responsabilité de ministre des comptes publics c'est de dire voilà où on en est voilà ce qu'il nous faudra faire dans les prochains mois et les prochaines années et par contre il faut de la méthode et la méthode c'est le travail avec les députés et les sénateurs
et les questions très concrètes elle se pose aussi pour les Français Fatima m'a appelée ce matin sur RMC au 32 16 elle est cuisinière dans le Languedoc elle a 64 ans elle était assez bouleversée par les annonces que vous avez faites hier avec le ministre de l'économie je voudrais que vous l'écoutiez
on s'attaque toujours aux gens à la population mais ça va pas j'ai été chez le médecin la semaine dernière j'ai payé 26,50 euros ce qui est normal j'ai été remboursé 15 euros et nous moi j'ai 64 ans je travaille encore je travaille encore parce que si je pars aujourd'hui j'ai 1000 euros Apolline 1000 euros vous vous rendez compte j'ai un genou en vrac et bien tant pis je travaille par exemple je devais faire une infiltration dans l'épaule on trouve pas de produit on trouve pas de produit je suis obligée de m'adresser à un ami qui est médecin à Marseille pour avoir le produit pour elle la question des sous
elle est extrêmement concrète c'est le manque de médecin c'est le fait d'être moins bien remboursé quand elle va chez le docteur c'est le fait de devoir continuer à travailler alors qu'elle se lève tôt le matin pour être cuisinière c'est le fait de ne pas avoir le produit pour l'infiltration dans l'épaule elle disait mais où va notre argent ?
Non mais le sujet notamment de la présence de médecins de l'accès aux médicaments c'est pas un sujet de finances publiques il y a la démographie
le maire hier a dit il faudra se poser la question des dispositifs médicaux et quand je dis que c'est une question de finances publiques c'est que l'une des premières mesures qui a été prise et qui rentre en application maintenant c'est par exemple de doubler la franchise sur les médicaments vous vous parlez finances publiques mais la traduction c'est par exemple le doublement de la franchise sur les médicaments c'est très concret
la franchise oui mais quand j'écoute votre auditrice elle dit je veux avoir accès plus facilement à un médecin il y a des produits
qui sont pas disponibles
il y a un sujet de disponibilité d'un certain nombre de médicaments on le sait c'est des sujets industriels il y a un sujet de démographie médicale c'est pour ça qu'on est revenu sur le numéro des médecins mais il faut des années pour les former et après il y a un sujet c'est qu'il faut qu'on participe à un moment tous à l'effort sur les finances publiques moi j'ai dit sur les franchises médicales elles existaient depuis 2008 jamais revalorisées elles étaient à 50 centimes on les augmente de 50 centimes tout en protégeant ceux qui sont en affection de longue durée qui ont besoin d'aller très souvent chez le médecin ou de prendre très souvent des médicaments cette décision on l'a prise également on l'a prise et c'est d'ailleurs une décision de Catherine Vautrin quelques jours après avoir été nommée
vous nous l'avez dit il y a eu un manque à gagner 7 milliards juste avant la fin de l'année 2023 est-ce qu'au moment où on se parle début mars vous avez déjà une photographie des premiers mois en termes de revenus de l'État est-ce que là aussi on commence dans le rouge
non c'est trop tôt pour le dire l'INSEE avait annoncé 0,2% de croissance donc notre économie elle continue à croître et c'est fondamental pour nous regardez ce qui se passe en Allemagne ils ont ramené leur taux de croissance de 1,3 à 0,2% ils étaient en récession l'an dernier donc notre économie elle résiste c'est pour ça qu'on continue notre politique de réindustrialisation notre politique de soutien à l'innovation parce que sans ça ce serait encore plus dur de redresser les comptes
donc il continuera à y avoir des milliards il y a aussi le Parlement qui doit se prononcer mardi en faveur de l'aide 3 milliards d'euros à l'Ukraine dans le contexte et c'est d'ailleurs une des questions par exemple que l'économiste Blanchard vous pose il dit Olivier Blanchard ancien expert du FMI attention ces milliards d'économies arrivent au pire moment parce qu'il y a danger et menace parce que la croissance est fragile elle risque donc d'être brisée et 3 milliards d'aide à l'Ukraine pourront-ils être compréhensibles pour les français dans ce contexte ?
D'abord ils sont je crois indispensables le président de la république l'a redit nous devons garantir un soutien dans la durée un soutien dans la durée à l'Ukraine le conflit la guerre en Ukraine est une guerre sur le sol européen c'est un enjeu pour notre sécurité pour notre prospérité en Europe et en France donc on sera toujours au rendez-vous de l'Ukraine après je veux un peu relativiser les propos de l'économiste Blanchard 20 milliards 10 milliards 20 milliards sur 1600 milliards de dépenses publiques 1600 milliards de dépenses publiques les 10 milliards qu'on a demandé au ministère ça ne représente même pas 2% de leur budget donc on est capable de le faire et moi mon enjeu c'est dire il faut qu'on baisse le déficit public parce qu'il faut qu'on arrête de demander à nos enfants et nos petits-enfants de financer nos dépenses sans casser le moteur de la croissance et sans peser trop lourdement sur les français
merci d'avoir répondu à toutes ces questions ce matin Thomas Cazenave qui est donc ministre des comptes publics merci à vous c'est
Thomas Cazenave