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interviewSud Radio (sur YouTube)· 17 décembre 2025 27 min

Peut-on encore sauver l'agriculture française ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les vraies [musique] voix qui font tourner la France. Et les vraies voix qui font tourner la France. On attend toujours notre ministre Stéphane, notre ancien ministre Stéphane Traver, député du groupe Ensemble pour la République et ministre de l'agriculture.

On Jean-Louis Mariniger sera avec nous dans quelques instants, influenceur rural sur les réseaux sociaux. Et puis vous au 0826 300 300. On va revenir dans quelques instants dans si vous bien sûr vous voulez parler agriculture et si vous êtes euh par exemple agriculteur ou agricultrice, vous êtes les bienvenus.

On va revenir bien sûr sur cette actualité que l'on vit avec les agriculteurs depuis une semaine. Oui, le mouvement des gr agriculteurs a commencer maintenant il y a quelques jours. Vous êtes agriculteurs, vous êtes dans votre ferme, vous êtes tiens chez vous dans votre salle à manger en train de préparer le dîner ou dans votre cuisine.

Vous êtes sur les barrages, où que vous soyez, vous voulez témoigner. Ha et les vraies voix attendent vos appels au 0826 300. [musique] Les vraies voix qui font tourner la France.

Les vraies [musique] voix qui font tourner la France. Les vraies voix qui font tourner la France. Et on est ravi de de d'accueillir Stéphane Travers qui est avec nous, député du groupe ensemble pour la République et ministre, ancien ministre de l'agriculture.

Monsieur le ministre, merci d'avoir accepté notre invitation. Dans quelques instants, Jean-Louis Marginier sera avec nous aussi influenceur rural et sur les réseaux sociaux. On vous souhaite la bienvenue.

On est ensemble jusqu'à 20h. Les vraies voix sud radio. Stéphane travers.

On vit en ce moment une période qui ressemble étroitement à celle de 2023 pour les agriculteurs. On a l'impression que cette question en tout cas des des agriculteurs et de de et de l'international et même c'est plutôt endogène aujourd'hui ne s'arrêtera jamais. Qu'est-ce qui se passe et pourquoi aujourd'hui ces ces agriculteurs sont encore en colère ?

Est-ce qu'il y a un dysfonctionnement ? Est-ce qu'il y a une mécompréhension ? Comment on explique ça ?

Mais vous savez euh l'agriculture, elle connaît des crises structurelles, conjoncturelles depuis euh depuis que l'agriculture existe. Et qu'est-ce qui fait que aujourd'hui le monde agricole est en et moi ? C'est parce que on a un cocktail aujourd'hui autour de la crise sanitaire que nous sommes en train de vivre. ce qui va se passer demain à Bruxelles avec une énorme manifestation contre le Mercosour pour protéger nos filières viande, nos filières volailles, nos filières sucres, nos filières éthanol, euh un certain nombre de de taxes européennes sur les engrais qui menacent nos filières euh sur les végétaux et cetera, sur les céréales.

Voilà. Euh vous rajoutez à cela des crises liées au changement climatique, le manque d'eau dans un certain nombre de département qui explique aussi quelque part la crise sanitaire que nous sommes en train de vivre avec la dermatose nodulaire contagieuse et vous avez ce cocktail de de colère. Et qu'est-ce qui fait que les gens là aussi considèrent que il faut soutenir nos agriculteurs et l'agriculture en général ?

Parce que l'agriculture, c'est notre alimentation. Trois fois par jour, nous nourrissons et trois fois par jour, nous avons besoin de cette alimentation et nous avons besoin de soutenir ces agriculteurs parce que l'agriculture française, elle est reconnue dans le monde entier comme étant la plus sûre, la plus saine et la plus durable. Mais il faut qu'on la protège.

Mais il y a 2 ans, les agriculteurs manifestaient contre la baisse de leur revenus, la hausse des charges, la concurrence des loyales à cause du libre échange. On en parle, les normes et réglementations françaises et européennes. On a l'impression que rien n' bougé.

Si il y a en plus maintenant la dermatose nodulaire contagieuse en plus. Oui, on vient rajouter une crise sanitaire à une crise économique dans certains dans certains secteurs. Il faut couper la France en quatre déjà.

Voyez le discours que je tiens, je le tenais en en 2024 lors des grandes manifestations agricoles en disant que il y a des territoires qui ne vivent pas la même la même crise. On peut considérer aujourd'hui que le Grand Ouest et la filière laitière se portent un peu mieux qu'il y a quelques années. Les prix du lait sont se remontés.

Sauf que nous venons de vivre des épisodes euh de d'épidémie avec euh tout ce qui a été autour de la de la FCO et cetera, avec euh le risque de de baisse de naissance et donc moins de production de lait, moins de production de de viande. Vous avez la sécheresse dans le sud-ouest qui pénalise nos viticulteurs, qui pénalise nos céréaliers. Et c'est vrai que quand vous rajoutez une crise sanitaire par là-dessus, et bien vous avez euh ce qui est en train de se passer, une colère des agriculteurs qui ne comprennent pas euh tout à fait ce qui se passe et qui voi aussi une population qui est qui est à leur côté.

Et moi, je veux profiter aussi de de cette antenne pour rappeler parce que mes anciennes fonctions aussi me disent que nous avons travaillé depuis un certain nombre d'années pour faire progresser notre agriculture et pour l'emmener le plus haut le plus haut possible. Nous avons une une voix française au niveau européen aujourd'hui qui est attendue et qui est entendue et nous avons besoin de réaffirmer un certain nombre de principes. C'est ce que nous faisons sur le Mercosour par exemple.

Demain, est-ce que le Mercosur sera signé ? Nous sommes un certain nombre de pays à considérer que ce traité, cet accord commercial ne correspond pas à ce dont nous avons besoin. Il va fragiliser nos filières et donc là aussi nous devons continuer à je dirais faire le forcing et à nous battre avec toutes celles et tous ceux qui veulent que l'agriculture française reste une agriculture de qualité et une agriculture compétitive et qui fasse vivre ces agriculteurs. l'ancien député euh euh Jean-Baptiste Morau, pardon, avec Élveur Beauvin est avec nous.

Euh Jean-Baptiste Morau, merci d'avoir accepté notre notre invitation. Alors vous vous êtes agriculteur, ancien député, donc vous avez vu les deux côtés, on posait la question à Stéphane Travers il y a il y a quelques instants de se dire que on a l'impression que tous les 2 ans ou tous les 3 ans où ça s'accélère que les agriculteurs souffrent de plus en plus entre les suicides, entre le climat, entre les normes, entre l'Europe en fait c'est protéiforme. Oui, bonsoir. reconstitution de Ligue du Soud puisque Stéphan était ministre à l'époque et moi rapporteur de la loi Galime.

On a essayé on a essayé juste Bonsoir Stéphane. On a on a justement essayé de de d'apporter un certain nombre de solutions au monde agricole avec notamment la loi Galim en 2018 et à 2020. Bon voilà, on n pas été suffisamment loin.

Sans doute cette crise de du monde agricole et notamment du monde de l'élevage, elle remonte à très loin. Elle remonte à à sans doute plusieurs dizaines d'années avec la décapitalisation d'échetel, avec la diminution d'éleveurs dans des zones intermédiaires qui se retrouvent où les éleveurs sont de plus en plus isolés alors que c'est des c'est des boulots quand vous bossez avec les vaches. Je suis ancien éleveur parce que j'ai arrêté il y a 2 ans.

J'ai transmis à mon ancien à mon ancien salarié euh parce que parce que voilà, c'est le prix de mon engagement politique, on va dire, mais je le regrette pas et voilà, mon ancien salarié travaille très bien aujourd'hui, mais mais c'est compliqué pour un éleveur aujourd'hui de de s'en sortir. Oui. Et et effectivement, le traumatisme de l'abattage total qui est au cœur finalement des revendications par rapport à la DNC ne se compensera jamais par des indemnisations financières.

Enfin, je veux dire, c'est le perdre le boulot de plusieurs générations d'éleveurs, de ses parents, de ses grands-parents. Euh voilà, donc il faut l'entendre, il faut le comprendre. Euh maintenant, il faut on entend que sur les sur les barrages que c'est pas la seule revendication, que çaen est une.

Il faut savoir si on veut éradiquer totalement du coup qui remonte. D'autres problématiques ? Oui.

Qui qui remontent bien évidemment. Qu'est-ce qu'on veut l'éradiquer totalement ? Si on veut l'éradiquer totalement, la seule méthode c'est celle-là.

C'est grâce à celle-là qu'on a éradiqué la fièvre afteuse, qu'on a éradiqué euh la la grille. Voilà, il y en a pas 50. Et après, si on veut vivre avec, et ben on peut vivre avec en vaccinant comme on fait avec la FCO, mais avec des impacts économiques et politiques qui sont qui sont assez dramatiques.

Donc donc voilà. Donc oui, on entend sur le mercur les inquiétudes. Je pense que le président de la République est assez clair et et le premier ministre et la ministre de l'agriculture que j'ai vu euh à travers une publication a dit que la France allait s'opposer au Mercure.

Il faut espérer qu'il y a une minorité de blocage au Conseil de l'Europe pour pour s'opposer pour que ce traité funeste pour l'agriculture française ne rentre pas en On est avec Jean-Louis Marginier qui est influenceur rural. Bonsoir Jean-Louis Marginier. Monsieur Oui, merci.

Merci de vous donner la parole. Est-ce qu'il y a un mal-être paysan et de la France rurale ? Vous êtes un influenceur très suivi sur les réseaux sociaux en tant qu'agriculteur.

Il y a un mal-être paysan et de la France rurale. Oui, il y a un gros malaise. Vraiment un gros malaise.

Et je sais pas si les gens se rendent compte du malaise qui qui se passe actuellement en François. Hm hm. Euh Jean-Louis, vous restez avec nous, hein.

Sylvie est avec nous aussi au 0826 300. Bonsoir Sylvie, vous nous appelez de Rodèz, vous êtes femme et mère d'agriculteur, vous vouliez réagir ? Oui, parce que j'entends souvent des émissions qui parlent du mal des agriculteurs, des conditions de travail.

Euh, je voulais vous dire que nous on est une famille où c'est la vie en vache hâ 24. Les weekends, je vais aider et malgré tout ça et ben mon fils et mon mari ne peuvent pas se sortir de salaire parce qu'en fait on est lié au prix du marché. Ils font du veau sous la mer en filière la rouge.

C'est une production très qualitative de niche. Mais on était au prix du marché le il y a un seul marchand qui vient acheter les bêtes, il prend les bêtes, on sait pas combien il nous les paye. Il nous les paye en fonction du classement.

Alors les agriculteurs qui entendent, ils savent que cette production c'est une production qui demande énormément de travail. D'ailleurs, il y a peu de gens qui font ça. Euh il faut dire que le veau que vous achetez en barquet dans les supermarchés, c'est du veau qui est élevé en intégration.

Ce sont les veau des vaches qui sont ramassés réunis dans des établ dans des bâtiments immenses nourris avec du lait en poudre bourré l'antibiotique sortir un produit très formaté avec une couleur unie une taille d'escalope et de côtelettes uniformes mais les animaux en fait ils sortent pas d'une chaîne d'usine ils ont chacun leur spécificité et si vous voulez aider les agriculteurs, faut favoriser les surquis court, il faut aller acheter directement chez eux parce que les intermédiaires se gazent sur le dos des producteurs. Alors, je rebondis, pardon, je rebondis sur ce que vous dites, Sylvie. C'est-à-dire que lorsque vous euh vous ne connaissez pas à l'avance, le prix de vous attendez, je me je me tourne vers le la difficulté effectivement et lorsque l'on a avec Jean-Baptiste porté la loi égalim, c'était avec l'ambition de construire un prix en marche avant, c'est-à-dire partir de son prix de revient pour définir le prix qui vous permet de tout simplement bien de gagner votre vie. de bien négocier.

Alors ça a pu marcher et c'est vrai que la lo Galim a eu des répercussions positives sur la filière laitière. Mais on s'aperçoit effectivement et Jean-Baptiste pour contriera pas là-dessus que sur la filière bovine, le compte n'y est pas aujourd'hui. Nous avons du mal à contractualiser dans dans certains points de de filière et pourtant ce sont des produits de qualité.

Vous parlez madame de de d'élevage de de veau sous la mer. C'est un produit qui est recherché dans l'Avyon en particulier. Et c'est vrai que je vois mes deux collègues de l'Avyon qui défendent cette filière bec bec et ongle et qui ont des craintes avec ce qui risque de se passer demain avec les traités internationaux.

Et donc nous devons accentuer ce travail sur la contractualisation et mettre les éleveurs au cœur du dispositif et de la je Stéphane travers enfin parce que j'ai l'impression que on est tous enfin on a pas de poids là-dessus. Qui décide aujourd'hui de ne pas donner des prix en avance ? Alors, il y a le il y a le travail de l'interprofession.

Il y a ce qu'on appelle, sans rentrer dans la technique, les indicateurs de coût de production qui doivent permettre de fixer euh les prix qui permettent euh aux éleveurs euh de pouvoir euh tout simplement euh gagner leur vie. Euh et euh derrière, euh, ce sont euh effectivement euh les euh les marchés qui euh ensuite en fonction de la demande de des des clients qui vont déterminer les niveaux de les niveaux de prix. Mais je crois que moi je je crois que la contractualisation reste un modèle qui peut nous permettre de mieux anticiper à la fois à la fois les crises les crises économiques, les besoins aussi et on a besoin de planification aussi dans l'élevage dans l'élevage beauovin et euh c'est aussi une manière pour les les producteurs de pouvoir mieux négocier parce qu'ils auront contractualisé de mieux négocier leur prix en dessa duquel ils gagneront leur vie tout simplement.

Jean-Baptiste Morau en 1982 vous étiez agriculteur, la France comptait 1,6 million. Je suis pas assez Je suis pas si vieux que ça Philippe. Non non 1982 [rires] j'avais 5 ans.

Non je c'est 182. Mon père était agriculteur mais moi mais pas moi. En 19 coup de vieux pistolet.

En 1982 la France comptait 1,6 million d'agriculteurs. 400000 aujourd'hui. L'agriculture c'était 7,1 % de l'emploi en France 1,5 % aujourd'hui alors outre la mécanisation mais il y avait déjà des moissonneuses batteuses à l'époque.

Comment expliquer cet effondrement du nombre d'agriculteurs ? Ben effectivement et et c'est là qui que réside une partie du malaise hein. C'est ce que je disais tout à l'heure aujourd'hui.

Euh avant l'agriculteur, il travaillait avec ses euh quatre sa voisins quand il manipulait des animaux et tout ça. Aujourd'hui, il se retrouve tout seul. Euh quand il a de la chance, il trouve des salariés pour faire le boulot avec lui parce que bah dans les animaux, il c'est faire le boulot tout seul, c'est pas simple.

Donc voilà. Mais oui, la la raréfaction, elle est d à ça. Elle est d à à au problème économique qui fait qu'on narrive pas à vivre de de son métier et que ça a découragé un certain nombre d'agriculteurs, notamment les exploitations les plus petites.

Il y a eu des regroupements. Voilà, il y a des sociétés aujourd'hui des G justement pour mieux organiser le travail aussi parce que parce que les nouvelles générations d'agriculteurs aujourd'hui qui sortent de l'école, elle ve les les jeunes, ils veulent pas forcément bosser tous les weekends, jour et nuit. Donc si vous avez deux ou trois associés, vous pouvez vous relayer, c'est moins dur.

Et et ce que disait madame sur le Vaud-elet, il y a pas que le va de Ségala, il y a le vote corésien aussi hein. La Belle rouge que la mer dans la Veyon, c'est plutôt le Ségala à mon avis hein. Voilà.

Jean Jean-Louis Oui. Jean-Louis Marginier oui, on parlait du mal-être paysan. Souvent vous plaignez des problèmes de paperace parce que l'expression c'est un peu comme les médecins qui disent "On passe plus de temps à faire des tableaux Excel ou les policiers." Oui. [rires] "On passe plus de temps à faire des tableaux Excel qu'à s'occuper de notre bétail ou de nos champs.

Est-ce que c'est la réalité ? Bon ben écoutez déjà je vous arrête parce que moi je suis pas agriculteur déjà. Bon je je suis un gars qui est de la terre aussi qui adore la terre et les animaux.

Bon quelques bêtes à la maison ça j'ai entendu parler que il y a beaucoup de paperas et c'est un petit peu pas tellement ça qui c'est c'est embêtant quoi. Beaucoup de papiers pour rien faire. C'est-à-dire que comme votre précédent collègue là qui qui disait que aujourd'hui il y a de moins en moins de d'agriculteurs, c'est vrai.

Et moi ce que j'ai remarqué c'est qu'il y a de plus en plus de fonctionnaires dans les bureaux. C'est-à-dire que il y a la moitié des agriculteurs et il y a le double de grat papier comme j'appelle ça. Ah ben ça c'est une vraie question.

On va poser la question à l'ancien ministre. Les agriculteurs se plaignent donc de la paperace. Quand le nombre d'agriculteurs a été divisé par 4 entre 82 et 2024, le nombre de fonctionnaires du ministère de l'agriculture a été multiplié par 2 passant de 18000 à 36000.

Comment expliquer cette inflation d'un côté, cette déflation de l'autre et on imagine qu'ils sont beaucoup moins productifs que leurs collègues d'il y a 40 ans ? Mais vous savez, moi je veux rendre hommage aux fonctionnaires du ministère de l'agriculture parce que c'est 45000 fonctionnaires au ministère de l'agriculture mais c'est pas 45000 fonctionnaires qui sont dans un bureau. Ce sont des fonctionnaires qui sont sur le terrain.

Ce sont euh des fonctionnaires qui sont dans les directions départementales de protection des populations. Ce sont des fonctionnaires qui sont dans les qui sont vétérinaires et qui travaill pas le fait qu'on les doublé pour s'occuper de quatre fois moins de monde. Et là aussi, nous avons nous avons besoin aujourd'hui de de de fonctionnaires bien évidemment pour faire tourner la machine.

On a besoin de simplification et vous parlez au rapporteur du projet de loi de simplification. On a essayé [rires] d' et vous voyez c'est toujours la même réaction quand on parle de simplification cela fait toujours sourire parce que on part de tellement loin. Je suis d'accord avec vous.

Nous avons un gros travail là-dessus à faire. Chaque fois oui, ça a commencé sous François Hollande puisque il y avait un scratariat d'État qui était dédié dédié à ça avec Claudit de Valter et Jean-Vincent Placé qui a été le le premier pour ramener les choses à ce qu'elles sont. Et donc nous avons ce gros travail de simplification à mener et lorsque nous avons travaillé sur le projet de loi simplification il y a encore quelques semaines euh au Parlement, et bien nous avions beaucoup de mal euh à simplifier parce que vous avez euh beaucoup de parlementaires qui euh à force d'un moment viennent recréer de la norme et de la norme supplémentaire.

Et je peux vous dire que ce n'a pas été une une partie très très simple et nous avons besoin de de travailler à cette simplification dans les démarches administratives mais nous avons besoin de l'accompagnement administratif. Et moi, je veux véritablement rendre hommage aujourd'hui avec la crise que nous avons et notamment la crise sanitaire. Nous étions tout à l'heure à l'Assemblée nationale en à la commission des affaires économiques que je que je préside.

Nous avons auditionné la directrice de la direction générale de l'alimentation qui nous a expliqué ce que faisait les fonctionnaires du ministère de l'agriculture sur le terrain, les vétérinaires pour aller expliquer ce qu'ils font tout au long de l'année pour je dirais euh enrayer les différentes épisodies qu'il que les agriculteurs peuvent rencontrer. Ce sont aussi les formations à travers les lycées agricoles. Nous avons l'ONF également et à chaque budget lorsque certains veulent quelque part supprimer des postes et bien vous en aurez toujours pour venir défendre le fait que on a besoin de gens pour s'occuper de nos forêts, on a besoin de gens pour s'occuper de notre sécurité alimentaire, on a besoin de gens pour surveiller nos frontières et bien vérifier si les produits qui rentrent en France sont conformes à nos attentes sociétales, environnementales, sociales et sanitaires.

Et donc tout cela c'est fait par les fonctionnaires du ministère de l'agriculture et il faut aussi leur rendre hommage mais comme le dit notre interlocuteur influenceur sur les réseaux Jean-Lou Marjie et Margier je veux dire que il a raison on a un gros travail de simplification à faire mais la montagne la montagne est haute. Sylvie quand vous écoutez notre ancien ministre de la de l'agriculture qu'est-ce que vous avez envie de lui demander ? Euh pas grand-chose.

Euh je pourrais aussi dire il parle des exploitations enfin il y a de moins en moins d'agriculteur mais c'est au fait à la prison foncière et puis aussi à l'agrandissement. tout le foncier par à l'agrandissement et parce que les gens qui sont déjà bien assis en veulent encore plus et ils laissent pas de place aux exploitations petite voire moyenne quoi. Mon mari il a débuté, il avait 10 hectares familiales après il a une double activité il était salarié dans une entreprise dans le bâtiment en faisant exploitation.

Ensuite, il a la possibilité de s'agrandir. On a installé notre 6, il a eu aussi l'occasion de s'agrandir. Là, ils sont à deux sur 60 hactares, c'est pas beaucoup.

Ils sont en GAEC. Hm. Mais ce qu'on oublie, c'est que les agriculteurs, ce sont eux qui entretiennent les espaces et les grosses structures avec 180.

Elles vont travailler les parties les plus mécanisables, mais le reste ça va devenir des friches quoi. Donc autrefois certes les petites exploitations vivaient avec quelques bêtes et maintenant c'est plus possible mais à dire que l'Europe les aides de l'Europe franchement c'est c'est un bol d'air pour la trésorerie quoi. Quand les primes tombent on peut la payer quoi.

Ça faut le dire aussi quoi. On cour un danger sur la PAC aussi. Et il y a ça aussi parce que dans les euh dans euh les la colère qui s'exprime aujourd'hui sur euh sur le terrain euh il y a la crainte d'une PACE qui ne soit pas la hauteur des ambitions de la politique agricole que nous souhaitons mener.

Aujourd'hui euh il y a l'intentation au niveau européen de fusionner euh la politique agricole commune et les politiques de cohésion. Ce qui reviendrait à dire que nous aurions une politique agricole commune à la carte qui ne serait plus à la hauteur de ce qu'elle est aujourd'hui. Et bien évidemment aujourd'hui les agriculteurs, ils ne veulent pas vivre de subvention.

Bien évidemment, ils veulent vivre de leur travail et ça moi je le partage totalement. Et il ne faut pas opposer les modèles les uns les uns aux autres. Pour autant, la politique agricole commune, la France en est un des premiers contributeurs nets.

C'est 10 milliards d'euros qui reviennent dans nos fermes tous les tous les ans avec la politique agricole commune répart 10 milliards. Alors après, il y a la question de la répartition premier pilier deè pilier. [rires] Vous savez que il y a aussi des aides, ce sont des aides surfassiques et cetera et et c'est vrai qu'il y a un débat aujourd'hui et nous l'avons à l'Assemblée nationale sur la manière aujourd'hui de répartir de répartir la politique agricole commune et là nous sommes en train de discuter la maquette financière de la politique agricole commune et aujourd'hui elle n'est pas suffisamment ambitieuse.

Nous ne sommes pas au rendez-vous des attentes à la fois des agriculteurs, mais aussi des attentes du modèle agricole que nous souhaitons porter les uns et les autres. Merci en tout cas Jean-Louis d'avoir appelé au 08 2603. Merci beaucoup Sylvie en tout cas pour votre témoignage.

Comment on peut alors Jean-Baptiste Morau ou Stéphane Travers inspirer encore et et comment on peut cette situation peut nous permettre d'avoir demain des nouveaux agriculteurs qui pourront s'installer qui donneront qui se avec une une vision assez pérenne en tout cas de l'agriculture parce que forcément ça doit freiner pas mal de gens Stéphane Tréver ou Jean-Baptiste Morz qui pouront nourrir les Français parce que c'est le leur objectif c'est leur objectif c'est nourrir les Français avec des produits de de qualité moi quand je me rends dans les lycées agricoles et j'en visite un certain nombre. Il y a beaucoup de jeunes gens et beaucoup de jeunes femmes qui sont entrées dans les dans les lycées agricoles et ce qu'on appelle les Nimas, les non issus du milieu agricole et des jeunes femmes qui viennent dans dans les lycées pour se former parce qu'elles veulent apporter du soin à leurs animaux et ensuite pouvoir et bien élever des animaux et en faire des produits de de qualité et donner du sens aussi à leur à leur métier. Et je pense que on a besoin de la confiance.

Quand on a fait le le projet de loi d'orientation agricole, on a créé le Bachelore. Le Bachelore, c'est comment on donne des outils techniques de formation aux agriculteurs parce qu'un agriculteur, on lui demande aujourd'hui des capacités agronomiques bien évidemment, savoir cultiver sa terre, savoir élever ses animaux, mais on lui demande aussi de savoir gérer une entreprise, d'être un chef d'entreprise. Et donc il faut développer développer cela et nous aurons la confiance dès lors où nous aurons donner des débouchés commerciaux aux agriculteurs.

Dès lors où on leur dira vous prenez une exploitation et demain vous avez un modèle qui est pérenne, un modèle qui est compétitif, là vous aurez vous retrouverez des agriculteurs suffisamment nombre parce que nous avons besoin de travailler aussi à notre souveraineté alimentaire pour ne pas dépendre des autres pays. Et il y a une question quand même qui se pose pour une réponse rapide. On parle de l'Europe, est-ce qu'il y a pas quand même une concurrence déloyale intraeuropéenne ?

On l'a vu pour l'élevage bovin Jean-Baptiste Morau où les abattoirs allemands faisaient travailler des travailleurs détachés roumains ou tchèqu à 400 € par mois pour 48 heures de travail par semaine. Ce qui a tué nos abattoirs comme d'où par exemple. Non mais ça ça a progressé justement ça là-dessus sur la directive travailleur d'attaché, elle a été revue au niveau européen déjà de quelques années.

On a moins problème. Non, le problème des abattoirs français c'est surtout qu'il manque de marchandise en fait, c'est qu'il manque d'éleveurs et donc il manque d'animaux. Et c'est pour ça que nos abattoirs aujourd'hui ils ferment parce qu'ils ont plus suffisamment de d'animaux à abattre.

Et pour compléter ce que disait Stéphane, ce que ce qu'ont besoin les jeunes pour avoir envie de s'installer notamment en élevage, c'est d'une d'avoir du revenu évidemment parce que un vous allez pas expliquer à un jeune de venir s'installer sur une ferme et qui vivra avec rien et euh sans salaire et d'amour et d'eau fraîche, hein, ça ça marche pas. Et de deux, c'est l'organisation du travail parce qu'aujourd'hui les jeunes générations, elles veulent pas forcément comme j'ai pu le faire pendant 17 ans ou comme mes parents, mes grands-parents ont pu le faire, bosser nuit, jour, weekend compris. Ils veulent une organisation du travail différent et dans le monde de l'élevage, il faut qu'on réfléchisse sur l'organisation du travail.

D'ailleurs, pour ça que j'ai créé un cercle de réflexion il y a 2 ans pour travailler sur ces questions-là et sur la politique agricole commune. Ils ont besoin d'une vision globalement politique à mo à moyen et long terme parce que une exploitation agricole, ça se pilote pas à 2 ans, ça se pilote pas à 10 ans 20 ans parce que c'est des cycles de production très longs et ils ont besoin de savoir où on les emmène. Et c'est sans doute ça aussi qui s'exprime à travers ces révoltes, c'est parce qu'ils ont il ils voi pas où on veut les ils veulent les emmener.

On leur parle de de souveraineté mais en même temps on ne cesse d'augmenter les importations et de diminuer notre production. Donc voilà, il y a il y a il y a il y a tout ça qui est dans la colère qui est exprimé aujourd'hu ils veulent des perspective et de la visibilité. Voilà.

Bah en tout cas, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Jean-Baptiste Morau de d'avoir accepté notre invitation. Ancien agriculteur et et ancien député, merci beaucoup Stéphane Fraver de vous être déplacé aussi député du groupe ensemble pour la République et ministre de l'agriculture.

C'était entre 2017 et 2018. Merci beaucoup en tout cas. Euh dans un instant Magalie Berda.

Ah, vous êtes là mon petit. Comment ça va ? Ça va et vous ?

Oui, ça va. On vit pas dans la même France. On vit pas dans la même France.

J'espère que vous allez bien. Ouais, c'est vrai. C'est c'est passionnant.

Chaque soir, on apprend des choses en plus. Donc nous l'émission, c'est un peu la politique pour les nuls. On parle vraiment voilà d'une manière très très cool, très simple mais au moins on arrive à se faire comprendre.

Donc c'est cool. Et ce soir, on va parler d'un sujet qui est hyper d'actualité parce que demain c'est la journée de l'immigration. Et comme c'est la journée de l'immigration, on a décidé de faire un sujet là-dessus pour savoir ce que vous en pensez vous, nos auditeurs préférés.

Est-ce que la France a perdu le contrôle ? Oui ou non ? C'est un vrai débat en ce moment sur les réseaux sociaux.

Tout le monde parle, enfin il y a beaucoup de gens qui parlent de ça. Il y a beaucoup de gens qui sont pour, d'autres qui sont contre. Et ce soir, pour débattre de ce sujet, on reçoit Gamal Albina qui est condateur du mouvement des droits civiques et il va débattre avec Jean Messia qui est président du cercle de réflexion vivre français.

Ils sont pas du tout d'accord, je préfère vous prévenir, ça va être un grand moment. Allez, allez ! 0826 300 300 si vous voulez participer au débat, vous êtes les bienvenus.

On vous souhaite une très belle soirée. Merci beaucoup Maxime, merci Aude, merci ma euh Antoine, merci François Louis, merci Justine, merci Philippe David, passez une très belle soirée. Merci monsieur le ministre d'avoir accepté notre invitation.

Invitation et à bientôt et à bientôt et tout de suite Magalie Berda passer une très belle soirée. On se retrouve demain à partir de 18h. Salut !

Sudadio, parlons vrai. Sudo, parlons vrai. [musique]