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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 23 juillet 2025 22 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Affaire Rachida Dati: l'interview en intégralité des deux avocats de la ministre

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 52 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse partielle

    Pourquoi a-t-elle changé d'avocat ?

  • 0:39OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça veut dire que c'est un changement de stratégie ?

  • 0:41OuverteRéponse partielle

    Puisqu'aujourd'hui il y a un procès à l'horizon, on connaîtra le procès au mois de septembre.

  • 1:10OuverteRéponse partielle

    Donc la magistrate lui avait dit, les yeux dans les yeux, ça sera classé.

  • 1:53RelanceÉludée

    Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur de croire que ça aurait pu aboutir à un non-lieu ?

  • 2:39RelanceÉludée

    Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur, quand on est mis en examen depuis 4 ans, de penser qu'on...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51InvitéFait
    « Elle a vraiment cru qu'elle aurait un non-lieu. »
  • 0:58InvitéFait
    « Lorsque ce dossier a commencé, sur la plainte, le parquet national financier a été dirigé par Mme Oulette qui lui a dit on classe sans suite. »
  • 1:02InvitéFait
    « Ce n'est pas constitué. »
  • 1:57InvitéChiffre
    « Sachant qu'elle est mise en examen depuis plus de 4 ans. »
  • 1:59InvitéFait
    « Qu'elle a déposé énormément de recours. »
  • 2:04InvitéFait
    « Recours qui ont été rejetés. »
  • 2:08InvitéFait
    « La question de la prescription, elle n'a pas obtenu gain de cause. »
  • 3:45PrésentateurFait
    « Il a démenti. »
  • 3:59PrésentateurFait
    « On ne pouvait pas jeter le discrédit sur l'autorité judiciaire et saper la confiance légitime des citoyens dans la justice. »
  • 4:35InvitéFait
    « Que Rachel Haddati a travaillé en qualité d'avocate et de députée européenne pour le groupe Renault, en vertu tout simplement d'une convention… »
  • 5:22InvitéFait
    « Pardonnez-moi, c'est parfaitement compatible. »
  • 5:45InvitéChiffre
    « C'est 30% d'avocats. »
  • 6:40InvitéFait
    « La diplomatie des affaires, c'est aujourd'hui quelque chose qui est affiché dans tous les grands cabinets de la place. »
  • 7:33InvitéFait
    « qu'elle a sauvegardés ou qu'elle a permis d'installer. »
  • 8:24InvitéFait
    « Des attestations de témoins qui vont dire, oui, elle a bien travaillé, elle a bien travaillé sur ces dossiers-là. »
  • 8:46InvitéFait
    « Aucun des témoins entendus dans la procédure n'objective les interventions de Rachida Dati au Maghreb ou au Moyen-Orient. »
  • 12:01PrésentateurChiffre
    « on parle de 900 000 euros en 3 ans, donc 300 000 par an »
  • 14:01InvitéChiffre
    « que le parquet national financier, qui existe depuis peu de temps, 2013. »
  • 16:51InvitéFait
    « ce procès, l'ordonnance aurait peut-être pu tomber aussi plus tôt s'il n'y avait pas eu une multitude de recours déposés par Achida Dati. »
  • 20:40InvitéFait
    « Il y a une convention d'honoraires qui serait prétendument le pacte de corruption passé pour Renault en 2009, renouvelable trois fois »

Temps de parole

  • Invité49 %
  • Invité 227 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 311 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

La contre-attaque de Rachida Dati. Je reçois avec Vincent Vantigan, bonsoir Vincent, ses deux avocats, Maître Berton, Franck Berton, bonsoir. Bonsoir. Basile Adder, bonsoir. Bonsoir. Pourquoi a-t-elle changé d'avocat ?

0:13
Invité

Elle n'a pas changé, Basile Adder est là depuis le début du dossier. Vous venez d'arriver ? Moi je viens d'arriver parce que je pense qu'elle a envie de changer son équipe de défense et voilà, nous nous sommes aujourd'hui ensemble à sa défense. Je ne sais pas véritablement... Je crois qu'il n'y a rien décidé. Il n'y a rien décidé. Je pense que c'est prématuré de dire qu'elle change son équipe.

0:39
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que c'est un changement de stratégie ? Puisqu'aujourd'hui il y a un procès à l'horizon, on connaîtra le procès au mois de septembre.

0:46
Invité

Je vais vous dire le fond des choses. Elle a vraiment cru qu'elle aurait un non-lieu. Lorsque ce dossier a commencé, sur la plainte, le parquet national financier a été dirigé par Mme Oulette qui lui a dit on classe sans suite. Ce n'est pas constitué. Ce qui n'a pas été le cas, il n'y a eu aucune décision de classe sans suite. Parce qu'elle l'a dit hier dans son interview sur LCI, on nous a annoncé un classement sans suite. Quand on lui dit les choses, elle ne les croit pas forcément.

1:12
Présentateur

Donc la magistrate lui avait dit, les yeux dans les yeux, ça sera classé.

1:18
Invité

Ça sera classé, il n'y a pas matière par rapport à la plainte. Et après, elle a eu un statut de témoin assisté pendant un temps. Et à chaque fois, elle a cru que ça se terminerait. Et donc moi, je suis très content que Franck Berton nous rejoigne. Parce que maintenant, la lutte change de nature. Et surtout, je suis content qu'elle ait décidé enfin de s'expliquer. Il y avait une espèce de respect sur l'institution. Elle a été garde des Sceaux. On lui faisait des promesses en disant, écoutez, ce dossier nous paraît vide. Nous ne paraît pas pouvoir constituer des charges suffisantes pour justifier un renvoi. Et bien finalement, elle a ce renvoi.

Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur de croire que ça aurait pu aboutir à un non-lieu ? Sachant qu'elle est mise en examen depuis plus de 4 ans. Qu'elle a déposé énormément de recours. Notamment devant la cour d'appel, devant la chambre de l'instruction. Recours qui ont été rejetés. Certains ont été acceptés, mais la plupart ont été rejetés. La question de la prescription, elle n'a pas obtenu gain de cause. Est-ce que finalement, il n'y a pas... Non, non. Alors, je ne peux pas vous laisser dire qu'elle n'a pas obtenu gain de cause. On ne lui a pas permis de poser la question parce qu'elle avait été mise en examen depuis 6 mois.

Vous savez que la règle désormais, c'est que si on a un incident de forme, on ne peut pas valoir. Mais je reprends la question. Les pièces qui justifiaient que tout était connu de Renaud, nous sont arrivées postérieurement à ces 6 mois. Donc elle a été déclarée irrecevable. Et à chaque fois, on nous dit, mais même l'avocat général à l'audience devant la chambre de l'instruction, vous aurez tout lieu d'exercer vos droits de la défense à l'audience. Mais je repose la question. Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur, quand on est mis en examen depuis 4 ans, de penser qu'on... – Chacun croit à la justice de son pays. Je vais laisser Franck Berton. – Moi, je ne la connaissais pas.

Moi, Rachida Dati, elle me fait l'honneur de me confier sa défense. Et j'en suis heureux. J'ai découvert ce dossier qu'elle porte avec ses avocats depuis tant d'années. Ce n'est pas de la candeur. Vous savez, quand les gens sont innocents et quand ils sont persuadés qu'ils vont arriver à démontrer... M. Vendiquet, on en a vu, nous, des gens qui, coûte que coûte, sont convaincus qu'ils vont arriver à démontrer leur innocence. Moi, lorsque je prends connaissance de ce dossier, lorsqu'on fait nos réunions de travail, on se dit, mais ce n'est pas possible. On marche sur la tête. On marche sur la tête. – Et en réalité, pour répondre à votre question, ce qu'on veut...

– Elle ne peut pas croire que ce soit uniquement les raisons politiques qui l'amènent. Si vous voulez, elle a peut-être cette candeur-là. Mais ça, c'est d'une autre nature.

3:31
Présentateur

– Mais elle a quand même une stratégie, on l'a entendue hier, sa première réaction publique, très offensive. Elle attaque directement les magistrats. Elle dit que le chef du parquet, Jean-François Bonnert, le procureur national financier, lui aurait dit que finalement, les accusations ne tenaient pas. – Il a démenti. – Que son équipe au sein du parquet a été désorganisée. Alors, il a démenti. Il y a le président du tribunal de Paris qui également a défendu la magistrature en disant qu'on pouvait certes se défendre, mais qu'on ne pouvait pas jeter le discrédit sur l'autorité judiciaire et saper la confiance légitime des citoyens dans la justice.

Est-ce que c'est une bonne stratégie de s'en prendre frontalement au juge, en fait ?

4:04
Invité

– Mais je reviens à ce que je vous disais il y a quelques instants. Quand vous êtes convaincu que vous allez faire triompher votre innocence, elle, elle est persuadée qu'on lui en veut. – Et qui lui en veut ? – Les magistrats lui en veulent ? – Non, l'institution, ou qu'il y a un combat politique derrière qui est mené, que les choses ne sont pas claires. Écoutez, vous savez, j'ai ramené un bout du dossier là. Il y a près de 40 attestations qui ont été versées par les avocats à la procédure qui viennent établir quoi ? Que Rachel Haddati a travaillé en qualité d'avocate et de députée européenne pour le groupe Renault, en vertu tout simplement d'une convention…

– Uniquement comme avocate pour le groupe Renault, pas comme députée européenne. – On est bien d'accord. – Mais elle était en ce moment-là députée européenne. – Oui mais la question qui est posée au départ, et pardon, vas-y, la question qui est posée, on dit mais comment on peut être à la fois avocat et député ? – Vous savez, ça jette le discrédit et le trouble, on se dit mais c'est pas possible. Je vais vous prendre quelques exemples. Corinne Lepage par exemple, actuellement, elle est avocate, mais elle est aussi députée européenne.

5:08
Présentateur

– Est-ce qu'il n'y a pas un conflit d'intérêts ? – Mais… – On pourrait soupçonner que Renault… – C'est le bâtiment. – Pardon, on pourrait soupçonner Renault de faire appel à Rachel Haddati pour utiliser son influence au Parlement européen. Ça fait partie d'ailleurs des soupçons.

5:22
Invité

– Pardonnez-moi, c'est parfaitement compatible. Il y a des règles qui font qu'il y a certains domaines dans lesquels on ne peut pas plaider contre l'État. Je vous rappelle, et ça vaut pour les parlements européens où les parlementaires ont un rôle sans doute moins important qu'au Parlement français, que notre histoire républicaine, c'est des avocats au Parlement, que ce soit en 1789-1792 ou que ce soit en 1870 au moment de la Troisième République. C'est 30% d'avocats. Donc si vous voulez, il n'y a pas d'incompatibilité que vous auditez en l'entendant bien. – Ce n'est pas du lobbying déguisé. – Ce n'est pas interdit. – Ce n'est pas interdit, c'est parce qu'on lui reproche.

– C'est même souhaitable. – Si c'est ce qu'on lui reproche, indirectement dans l'opinion publique et même aussi dans l'ordonnance qui nous a été notifiée hier, c'est ce qu'il reprochait en disant, elle s'est servie, en réalité elle se sert de sa casquette d'avocate pour favoriser au Parlement européen le groupe pour lequel elle a un client.

6:16
Présentateur

– Les magistrats s'interrogent aussi sur le bien fondé du travail effectué par Rachel Hattie, des notes auraient été supprimées. On ne retrouve pas beaucoup de traces de ce travail. Comment ça se fait ?

6:33
Invité

– Eh bien je vais vous expliquer quelque chose. La diplomatie des affaires, c'est aujourd'hui quelque chose qui est affiché dans tous les grands cabinets de la place. C'est-à-dire que quelqu'un qui sur un coup de téléphone peut permettre à une entreprise de décrocher un rendez-vous, avoir un appel d'offre, avoir la possibilité de s'installer, elle, personne ne va le contester. une notoriété et qui est légitime dans le monde du Moyen-Orient et au Maghreb, incontestable. Ce que veut, et tout de suite c'est lui qui va la chercher, Carlos Ghosn, pour le groupe, pas pour lui perso en douce, c'est qu'elle puisse lui permettre… – Pour utiliser ses compétences-là.

– Je vais vous dire le dossier rapidement, parce que moi je suis content, enfin qu'elle ait considéré qu'il fallait en parler. qu'il y avait des intérêts de Renault en Turquie, en Iran, au Maroc, en Algérie, qu'elle a sauvegardés ou qu'elle a permis d'installer. Et ça valait beaucoup d'argent. Et pardonnez-moi, mais les avocats qui interviennent dans cette matière, ils sont dans une relation directe avec le CEO, avec le président. Et il ne faut pas faire de papier, on est dans le secret des affaires, on est dans le secret industriel. – Donc il ne faut pas laisser de traces, c'est ça ? – Mais c'est précisément, mais il le dit. – Il le dit, et Carlos Ghosn le dit clairement.

– Et vous savez que quand il le dit, il est de retour au Liban après s'être échappé du Japon, il n'y a aucune concertation. Et quand vous mettez les PV de Carlos Ghosn avec les explications que donne Rachida Dati plusieurs temps avant, ça colle parfaitement. – Par contre, il y a quelque chose sur lequel j'aimerais revenir. Jean Berton, vous parliez des attestations, des fameuses attestations. Il faut dire aussi ce que les juges d'instruction en parlent. – De quoi il s'agit des attestations ? – Des attestations de témoins qui vont dire, oui, elle a bien travaillé, elle a bien travaillé sur ces dossiers-là, elle a bien travaillé au Maroc, en Algérie, en Iran.

Les deux juges d'instruction notent que ce sont, je reprends les termes de mémoire, ils ont une valeur probatoire tout de même très limitée, ces attestations, en disant qu'on ne va pas… – Laissez-moi terminer, laissez-moi terminer s'il vous plaît. Il doit pourtant, je vais les citer, il doit pourtant une nouvelle fois être rappelé que les traces de travail sont très limitées. Aucun des témoins entendus dans la procédure n'objective les interventions de Rachida Dati au Maghreb ou au Moyen-Orient, avec une illustration, qui est une illustration dont elle a fait mention hier lors de son interview sur LCI, c'est celle de l'usine de Tangier au Maroc, elle dit avoir sauvegardé.

Aucun des cadres de Renault directement en charge de ce dossier n'avait été informé, ni même n'avait eu vent d'une quelconque intervention de Rachida Dati sur ce projet d'usine qui relevait directement de leurs attributions. – Les avocats comme Franck Berton et moi, notre métier paraît tout à fait traditionnel, on va défendre nos clients devant les juridictions et lorsque c'est utile dans les médias. Vous avez catégorie d'avocats, Madeleine O'Bright par exemple, qui fait payer 3 millions de dollars ses interventions pour les entreprises qu'il permet, qui ne laissent aucune trace. Mais ça vaut beaucoup d'argent et les entreprises…

9:27
Présentateur

– Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de travail.

9:28
Invité

– Mais ça veut dire qu'il y a un service. Les juridictions ont eu la même réaction. Quand je me dis, mais où sont les traces du travail ? Mais le travail, c'est le service que vous rendez à l'entreprise. Et quand vous achetez l'exclusivité dans votre domaine d'activité, avec un contrat, ça c'est totalement habituel aussi, un contrat forfaitaire annuel renouvelable chaque année, on l'a renouvelé à chaque fois. Et parce que précisément, on veut avoir son entre-gen, sa facilité d'analyse stratégique sur ces législations locales, sur les bonnes personnes qu'il faut agiter pour ne pas fermer une usine en Turquie, pour permettre en Iran, alors qu'il y a totalement…

Eh bien ça, ça vaut beaucoup d'argent. Et c'est un métier d'avocat que, moi c'est l'ancien bastonnier qui vous parle, parfaitement honorable, parfaitement digne, parfaitement dans les clous. – Mais ça, personne ne dit le contraire. – Mais c'est ça qui s'est passé. – Est-ce qu'on peut rajouter, pour répondre à votre question, les attestations, vous savez par exemple, il y a l'ambassadeur d'Iran, il y a Jean-Pierre Raffarin, il y a des tas de gens… – Oui mais Jean-Pierre Raffarin… – Oui mais des tas de gens sont venus dire, attendez, des tas de gens sont venus dire, nous dans notre pays, il est intervenu, etc. Il y a des choses qui ont été faites réellement, en complément de ce que vous dites.

– Et ça, ça ne suffit pas à convaincre les magistrats ? – On demande, ils ont demandé que ces gens-là soient entendus. – Vous savez ce qu'il dit dans l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel ? L'audition de tous ces gens-là qui sont des décideurs, qui sont des spectateurs du travail de Rachid Adati, ce n'est pas le directeur de l'usine de Tangier, qui forcément n'allait pas aller voir le directeur saluer de l'usine de Tangier, son boulot c'était autre chose, vous avez bien compris que ce n'était pas d'aller compter les voitures à la sortie de l'usine. Bon, que ces gens-là, dont il est demandé l'audition, viennent nous dire, ce n'est pas utile à la manifestation de la vérité.

Et comment vous faites pour vous défendre ? Vous avez, on vous dit, d'un côté on vous dit, vous ne travaillez pas, vous n'avez pas travaillé, tenez, regardez, j'ai des gens qui vous disent que j'ai bossé, et je veux que vous les entendiez, on nous dit, non, non, faire la discussion, ce n'est pas utile à la manifestation de la vérité. – Vous allez les faire citer lors du procès ? – Bien sûr !

– Oui, mais pardonnez-moi, on peut régler un dossier avant, et s'il y a une instruction, et que notamment les faits sont presqués parce qu'ils n'ont absolument pas été dissimulés, ils étaient connus de Renault, ça aussi, il a fallu qu'on fasse une action civile contre Renault pour avoir les comptes, et qu'on voit, ah ben, le cabinet Rachida Dati payé, payé. La connaissance de l'aide, pardonnez-moi, mais ça c'est un point de droit qui est quand même très important, la connaissance par la victime du fait prétendument délictueux fait courir la prescription.

11:57
Présentateur

– Ce qui interpelle, ce sont les montants des prestations, on parle de 900 000 euros en 3 ans, donc 300 000 par an, c'est autour de 25 000 par mois, j'imagine que ceux qui nous regardent et qui nous écoutent, ils disent que c'est quand même beaucoup d'argent.

12:11
Invité

– Pardonne-moi Franck, je vais dire, d'abord 300 000 euros d'honoraires, c'est des honoraires, ce n'est pas un revenu, vous avez toutes vos charges professionnelles, tout ce que vous payez aux différents organismes sociaux, et ensuite vous avez un bénéfice qui va entre 30, 40, 50% quand c'est précisément obligé, donc ce n'est pas tout à fait la même somme. Et puis, grâce à son intervention, on ne ferme pas un jour d'usine, ça il le dit, Carlos Ghosn, un jour d'usine en Turquie, ça fait gagner à la boîte 300 000 euros, c'est-à-dire qu'une journée gagnée grâce à son intervention, et ça on l'en justifie dans ses attestations, ça y est, les honoraires sont payés, sont remboursés.

Et bien, excusez-moi, ça c'est de la bonne gestion pour un champ d'entreprise, de se dire, grâce à cette personne, et uniquement grâce à cette personne, je vais éviter, parce qu'il y a plusieurs jours, et je vais largement me rembourser des honoraires.

12:58
Présentateur

– Et reconnaissez que, toujours pareil pour ceux qui nous regardent, c'est que, bon, Rajelati à l'époque, elle était députée européenne, donc elle a une fonction au Parlement, mais elle a le temps d'être avocate, d'agir au Maghreb, pour une entreprise privée, ce mélange des genres, vous me dites, c'est tout à fait légal. Mais ça interpelle ceux qui découvrent cela.

13:17
Invité

– Excusez-moi, Corinne Lepage, que j'aime, qui est une amie, j'espère encore des clients. – Mais on va prendre un autre exemple, Gilbert Collard. Gilbert Collard, que tout le monde connaît, qui est un grand avocat.

13:27
Présentateur

– Qui a été député…

13:28
Invité

– Il a été député européen, et en même temps avocat, il était même président d'une commission aux affaires juridiques. Donc, et bien évidemment, ça ne choque personne, parce que ce n'est pas interdit. Et vous voyez…

13:39
Présentateur

– Ça choque quand il s'agit des affaires, avec des grandes entreprises privées.

13:41
Invité

– Mais parce qu'il y a une volonté, il faut le dire, moi je rentre dans ce dossier, il y a une volonté de se payer raché d'adapti. – Mais qui veut se payer ? Parce que vous l'avez vu tout à l'heure. – Je ne sais pas, il y a un combat politique.

13:50
Présentateur

– Le parquet national financier est politique ?

13:52
Invité

– Non, on ne rentre pas, nous, dans ces considérations-là. Il n'y a pas d'individualisation au regard des magistrats. – Je peux simplement dire, et j'ai cette liberté, que le parquet national financier, qui existe depuis peu de temps, – 2013. – a une justification lorsqu'il épingle des personnalités politiques. – Et c'est presque revendiqué. C'est-à-dire que quand on fait les 10 ans du PNF, qu'est-ce qu'on annonce telle personne que nous avons ? Donc je ne vous dis pas que c'est uniquement mu par ça. – Mais en raison de l'accueil politique ? – Je ne sais pas, je ne vais pas rentrer dans ces considérations. – Est-ce qu'il y a eu des procédérations entre tous les partis ?

– Je ne vous rentre pas dans ces considérations. Je veux simplement vous dire que ça rentre forcément dans la tête de notre cliente de se dire, écoutez, au moment, parce que ça commence au moment de l'investissure, la prochaine fois, et là, vous allez lundi prochain, le comité d'investissure, cette ordonnance de renvoi, bon, elle nous était annoncée depuis des semaines et des semaines. – Mais même la date d'audience était annoncée. Vous savez qu'il n'y avait pas l'ordonnance de renvoi ? On demandait déjà aux avocats s'ils étaient disponibles.

14:55
Présentateur

– Par hasard, ça tombe au moment où l'achet d'attitude va peut-être se présenter la législative à Paris. – Mais j'en sais rien, c'est le hasard. – Oui, mais vous voyez, cette défense, ça aurait pu tomber plus tôt aussi. – Oui, alors moi, je préfère vous parler du faux. – Non, mais pardon, mais cette défense, on l'a entendue dans la bouche de François Fillon, de Marine Le Pen à chaque fois, quand ça les concerne, ça devient tout d'un coup des procès politiques.

15:15
Invité

– Mais vous ne l'avez pas entendue dans la bouche de Dupont-Moretti, par exemple ? – Si, il l'a dit aussi. – Oui, il a été relaxé ? – Oui, bien sûr. – Vous ne l'avez pas entendu dans la bouche de Bérou ? – Donc ça veut dire qu'il y a des magistrats qui veulent se payer des politiques ? – Le Premier ministre actuel, il a aussi été relaxé ? – Non, mais ça veut dire quoi ? – Ça veut dire qu'il y a des magistrats qui veulent se payer des politiques ? – Non, je ne vous dis pas ça. – Vous l'avez un peu dit. – Je vous dis simplement que… – Regardez ce qu'elle disait hier. – Par votre intermédiaire, notamment.

Si vous voulez, les magistrats, ils ne sont pas insensibles, ils sont dans la cité, d'ailleurs, ils nous l'ont dit récemment dans ce jugement que vous venez d'évoquer. Lorsqu'il y a cette pression médiatique, le déchaînement qu'on a sur un prévenu ne peut pas se présenter, et j'espère qu'on va parler de la présomption d'innocence, que des magistrats, pardonnez-moi, ils se disent, il faut que je fasse… Ils nous le disent même maintenant en jugement. Moi, je ne suis pas hors de la cité, et je suis quand même obligé de prendre en considération ce que l'opinion publique souhaite. – Et l'opinion publique veut faire tomber des têtes ? – Et l'opinion publique, elle écoute notamment votre chaîne.

16:08
Présentateur

– Alors, justement, vous parlez de ceux qui ont réagi, notamment la gauche, on est aussi dans un jeu politique, à le secrétaire général du Parti Socialiste, Pierre Jouvet, qui demande la démission de la ministre, et qu'il a d'ailleurs qualifié de voyou sur Sud Radio. – C'est une injure, ça.

16:21
Invité

– Mais comme je vous dis, il y a quand même une coïncidence assez particulière et surprenante, on ne va pas dire autre chose, entre la notification ou un calendrier judiciaire et un calendrier politique, on est en plein dans le même moment.

16:36
Présentateur

– Un homme ou une femme politique qui a toujours un calendrier électoral ?

16:39
Invité

– Non, mais là, elle est au lendemain de l'annonce de sa candidature. – Oui, mais ce qu'il faut préciser aussi, et c'est tout à fait son droit et votre droit en tant qu'avocat, c'est que ce procès, l'ordonnance aurait peut-être pu tomber aussi plus tôt s'il n'y avait pas eu une multitude de recours déposés par Achida Dati. – Alors, attendez, ça veut dire qu'elle ne doit pas faire de recours ? – Si, c'est bien ce que je viens de dire, c'est tout à fait son droit. – Quand il y a la prescription, quand il y a, je vais vous dire les incidents, qu'il y a une prescription, on nous dit, c'est trop tard, vous irez vous expliquer. Et c'est prescrit, c'est fondamentalement prescrit.

Je serais pour Mme Michu, je serais certain de mon coup. Il y a une deuxième, dans l'ordonnance, dans le registro définitif, on a fait écarter des pièces parce qu'elle touchait au secret. On oublie un peu qu'elle est avocate. Et j'aimerais en dire un mot d'ailleurs, parce que si le PNF… – Elle a été magistrate, elle n'a pas été avocat. – Contrôlé nos comptabilités en disant, qu'est-ce que vous avez fait là ? Mais attendez, moi je ne vois pas de mémo, dites donc, il n'y a pas de compte rendu. – C'est trop cher ? – Vous êtes beaucoup trop cher, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et moi je vais le dire à la presse, que vous avez touché tant d'honoraires, pourquoi en fait ?

Mais vous vous rendez compte, pour l'indépendance des avocats, l'indépendance des membres ? Moi je trouve que c'est très préoccupant à cet égard. On ne voit que la femme politique, avec ses punchlines, etc. Mais elle était avocate. Et le bâtonnier de Paris n'a jamais ouvert une quelconque enquête disciplinaire, ni sur un des honoraires.

17:55
Présentateur

– Ceux qui disent qu'il faut qu'elle démissionne, vous leur répondez quoi ?

17:59
Invité

– La présomption d'innocence. Mais du pour moi, tu aurais dû démissionner ? – Bérou, je l'ai évoqué, aurait dû démissionner. – Il est parti d'avec le gouvernement, mais finalement il a été relaxé. – Mais vous vous rendez compte quand même ? C'est-à-dire qu'il suffit qu'on ait une affaire qui soit instrumentalisée à un moment donné, pour des raisons quelconques et variées. Nous, nous sommes légalistes, on a des pièces dans nos dossiers, on a un regard de juriste. On vous dit qu'il y a une difficulté énorme à la mise en accusation de cette affaire. – Donc elle sera reconnue innocente selon vous ? – Mais on l'espère de tout cas. – En tout cas, on croit à l'AGC dans notre pays.

– Et si on pose la question inverse ? – Sur la présomption d'innocence, parce que, si vous voulez, c'est un peu le fourre-tout, la présomption d'innocence, on n'a plus rien le droit de dire. Parlez-moi de quelqu'un qui clame son innocence sur un dossier aussi fragile. Et je pense d'ailleurs que si on lui a donné une confiance politique en très haut lieu, c'est précisément parce qu'on a compris qu'il était très fragile et qu'on n'allait pas avoir le diktat des juges, ce n'est pas les juges qui décident, je ne vous dis pas ça. Mais la pression qui est consécutive à la décision d'un juge, ça, il ne veut pas l'avoir.

Et moi, dans un autre registre, ça va vous faire sourire, mais moi je regrette que Michel Platini ait démissionné. On aurait sans doute un football qui serait encore plus pur, quoi, et moins marchand qu'il n'est devenu.

19:13
Présentateur

– Donc arrêtons de faire démissionner ceux qui sont simplement mis en examen.

19:15
Invité

– Et il a été innocenté deux fois, posons la question inversement. Je vais prendre l'exemple, on a parlé d'Éric Dupond-Moretti, qui était relaxé, de François Bayrou, je vais vous parler d'Alain Grisel, ancien ministre des petites et moyennes entreprises, qui lui, en tant que ministre, a été jugé, condamné, et au soir de sa condamnation, il a donc démissionné. Admettons que Rachida Dati soit condamnée sur ce procès. Est-ce que, d'après vous, elle devra immédiatement démissionner ? – Mais ce n'est pas à nous de répondre à ça, alors c'est à nous de répondre, il faudra que ça soit une décision définitive, il faudra qu'il y ait une audience, il faudra qu'on nous entende.

Vous savez, c'est une femme de caractère, moi je la découvre, vous le savez tous, mais moi je la découvre réellement. Elle se bat, elle est combative, elle est convaincue, mais qu'on va la reconnaître innocente, et elle a raison. – Quand a rendu le procès selon vous ? – On ne sait rien, on nous a annoncé, on a écrit aux avocats, vous seriez disponible au mois de novembre. Alors moi je n'étais pas rendu destinataire d'une lettre, puisque je n'étais pas encore dans la course, mais je ne sais pas, le parquet national financier avait déjà pris les dates, a priori. On nous annonce une date fin septembre, une date de fixation peut-être. – Mais c'est une audience de fixation.

– Oui, donc bon, je ne sais pas. – Mais c'est une audience de fixation, on va vous demander d'ouvrir vos agendas, notamment en 2026, pour voir à quelle date vous êtes disponible. – On va avoir l'incident sur la pièce manquante. – Oui. – Vous voulez que je vous en dise un mot ou pas ? – Un dernier mot, puisque vous avez lancé le sujet. – Mais oui, mais c'est un sujet compliqué, mais allez-y. – Alors allez-y, parce que sinon on va rester sur notre feu, mais très vite maintenant. – Très vite, mais puisque vous avez vu le PV, vous allez très vite comprendre.

Il y a une convention d'honoraires qui serait prétendument le pacte de corruption passé pour Renault en 2009, renouvelable trois fois, et d'ailleurs pour les actes de corruption, c'était divinatoire pour des questions posées sur l'actualité en 2012. C'est-à-dire qu'on achète en se disant, tiens, peut-être que trois ans plus tard, il y aura quelque chose à être. Et il y a deux versions. Il y a une version qu'on renvoie à Rachida Dati, signée de Carlos Ghosn, et une autre version qu'on a présentée. Nous, on l'a appris au moment où il y a eu le retour du dossier de Beyrouth. Il y a une version où il est parafait, c'est-à-dire en fait contre-signé par les sachants.

Il dit, moi, je voulais que les gens qui étaient responsables, et donc en l'occurrence, dit-il, la direction juridique de Renault, Renault aujourd'hui plaignant, qu'il me prévoit bien l'endroit où je dois signer, qu'il l'ait vu en quelque sorte. On montre cette version à Carlos Ghosn lorsqu'on se déplace à Beyrouth. Il dit, vous voyez bien que c'était connu, que je n'ai pas fait ça dans le dos de tout le monde pour lui faire pour ses poules yeux. Il y a les deux paraffes. Le juge dit, mais c'est des paraffes de qui ? Ils disent, il n'y a pas de paraffes, je ne vois pas de paraffes. Ils disent, ce sont les paraffes de qui ?

Il dit, je pense qu'il y a le directeur juridique, mais il sera facile. Bon, les paraffes, c'est quelquefois difficile à authentifier. Terminé. Et nous, on nous dit, c'est un des scellés du dossier, on va voir. Il n'y a pas les paraffes. Il y a donc une version qui n'est pas indifférente. Vive le titre. Un, c'est que Renault est bien connu, mais c'est surtout que ce n'est pas occulte et que donc la prescription n'est pas la version des juges. Il faut expliquer ce que c'est. Alors là, on n'a plus le temps. En tout cas, on voit bien qu'il y a deux versions. Il y a quand même une succession de problèmes et de difficultés. On est au procès alors.

On demandera un retour à l'instruction au moment de la fixation. On demandera un retour à l'instruction au moment de la fixation.