Message du Président Emmanuel Macron à l'occasion du Sommet P4G de Séoul.
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- 0:30Emmanuel MacronFait
« La communauté scientifique nous alerte de façon de plus en plus précise chaque année sur le fait que si nous voulons donner une chance de survie à nos écosystèmes et aux générations qui nous succéderont, nous devons enrayer la crise climatique qui s'emballe. »
- 1:00Emmanuel MacronPromesse
« La France, l'Union européenne, de nombreux autres pays se sont en effet engagés à la neutralité carbone à échéance 2050. »
- 1:30Emmanuel MacronChiffre
« L'objectif de réduction des émissions de 55 % en 2030 par rapport à 1990. »
- 2:30Emmanuel MacronChiffre
« Moins d'un quart des émissions mondiales ont un coût. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Nous travaillons à la mise en place d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« L'Afrique ne peut pas être piégée dans la trappe de l'économie fossile. »
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Bonjour, Mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Monsieur le Président MOON, cher ami. La communauté scientifique nous alerte de façon de plus en plus précise chaque année sur le fait que si nous voulons donner une chance de survie à nos écosystèmes et aux générations qui nous succéderont, nous devons enrayer la crise climatique qui s'emballe. La première exigence est de relever notre propre ambition climatique pour 2030 et sa traduction immédiate en actes.
La France, l'Union européenne, de nombreux autres pays se sont en effet engagés à la neutralité carbone à échéance 2050. Ce cap est essentiel, c'est notre référence, ce qui permettra de changer nos systèmes en profondeur avec justement suffisamment de temps, mais il n'a de sens que s'il est accompagné d'un véritable plan d'action pour y parvenir et d'un cap à plus court terme. C'est ce plan que l'Union européenne a mis sur la table avec l'objectif de réduction des émissions de 55 % en 2030 par rapport à 1990, et le fameux Green Deal pour lui donner corps.
Ce plan ambitieux sera précisé, décliné d'ici la COP. Au-delà des nouvelles technologies, l'évolution de nos modèles de production et de consommation, en particulier pour nous libérer de notre dépendance aux énergies fossiles, nécessite de donner un prix au carbone. Nous en sommes encore très loin.
Moins d'un quart des émissions mondiales ont un coût. C'est la raison pour laquelle nous devons élargir le périmètre du marché carbone, notamment au secteur maritime. C'est aussi pourquoi nous travaillons à la mise en place d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
Il permettra de préserver l'efficacité de notre propre politique climatique et d'assurer l'équité pour nos entreprises et nos travailleurs et d'inciter chacun à converger vers un modèle de plus en plus ambitieux. C'est une question de cohérence. La seconde exigence, c'est l'intégrité et la transparence.
Il est temps, en effet, de définir clairement et précisément ce qu'est un investissement compatible avec l'Accord de Paris. C'est l'objectif de l'Union européenne là aussi. C'est ce même esprit d'intégrité environnementale qui doit guider les efforts pour mobiliser les entreprises comme les investisseurs autour de la COP.
C'est l'enjeu de la task force and climate related financial disclosure, TCFD, que toutes les entreprises françaises du CAC 40 ont désormais rejoint et que j'appelle à élargir et approfondir. La troisième exigence, c'est que cette transition doit être juste et solidaire. En effet, la transition doit être juste et solidaire dans chacun de nos pays pour permettre aussi bien aux familles, à nos citoyennes et nos citoyens qu'aux entreprises de faire ce chemin et qu'ils soient progressivement rentables, mais que les plus fragiles ne soient pas laissés sur le bord.
Mais elle doit aussi être solidaire au niveau international. Le changement climatique aura en effet un impact violent sur les pays les plus vulnérables, dans une injustice absolument confondante, puisqu’ils sont les victimes des pollutions passées et des modèles de développement des pays déjà riches. Ils ont eux mêmes à s'adapter et sont les premiers à vivre les conséquences bien souvent de nos erreurs d'hier.
C'est la raison pour laquelle nous avons organisé le sommet du 18 mai sur le financement durable des économies africaines, parce que l'Afrique ne peut pas être piégée dans la trappe de l'économie fossile alors que le reste du monde serait passé dans l'ère de l'économie décarbonée. Elle doit retrouver les moyens de financer cette transition, le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables. Chers collègues, ce sommet est un moment décisif si nous voulons être au rendez-vous du grand défi de notre siècle.
J'en suis intimement convaincu, mais nous sommes aujourd'hui en retard. Il n'y a pas là de catastrophisme à avoir, nous ne sommes pas perdus et je ne fais pas partie de celles et ceux qui pensent que nous n'avons aucun espoir. Je crois même profondément que si nous savons investir, innover, accompagner le changement de manière solidaire et responsable, notre avenir est à écrire.
Mais il nous faut pour cela accélérer l'allure. Construire les bases du succès de la COP 26 sur cette triple exigence : d'ambition concrète, d'intégrité et de justice. La neutralité carbone s'impose partout comme notre horizon commun.
D'ici là, ne lâchons rien. Car le temps presse et chacun doit être au rendez-vous. Nous ferons tout pour y être en redoublant d'efforts, en redoublant d'investissements, en continuant à accélérer et nous avons besoin d'être tous ensemble pour nous coordonner.
Je vous remercie, et bon travail.