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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 4 novembre 2025 45 min

"Sur le terrain" : libération conditionnelle pour Cécile Kohler et Jacques Paris

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci Yann. On se retrouve tout à l'heure pour le journal de 22h. Encore une fois, on ira d'abord à New York et à 22h30 on ira en Afghanistan.

Mais pour le pour la présente et bien on ouvre la première partie de ce 2123, vous l'avez compris, édition spéciale consacrée à la libération de Cécile Colère et Jacques Paris de leur prison des vines à Tréran, c'est l'information de la soirée, on l'a appris il y a un peu plus d'une on va en parler sur ce plateau avec vous Thierryoville. Bonsoir, vous êtes chercheur à l'IRIS, spécialiste de l'Iran. Bertrand Galiché, on vous retrouve grand reporteur, spécialiste des relations internationales.

Romain Boutill, vous êtes grand reporteur pour envoyer spécial. On va voir les extraits de vos de vos documentaires. Vous avez été un des premiers envoyés spécial a été la première émission en prime time à évoquer le sort des otages des otages en Iran.

Et puis nous serons par visio avec Bernard Féan. Bonsoir Bernard. Vous êtes ancien prisonnier en Iran en 2022.

Vous nous raconterez aussi tout ce que vous avez vécu et ce que vous inspire cette libération aujourd'hui de Cécile Coler et Jacques Paris. libération mais pas complètement libre. C'est quand même l'information aussi de cette de cette soirée.

On va juste pour rentrer dans le dans le vif du du sujet, dans le vif des débats, écoutez ce que disait Jean-Noël Barreau, le ministre des affaires étrangères il y a quelques minutes sur le plateau de Léa Salamé au 20h. Vous allez voir, tous les mots sont bien calibrés et on va décoder ça juste après. Ils ne peuvent pas quitter le territoire iranien à l'heure où on se parle.

Ils sont en sécurité à l'ambassade et nous n'allons relâcher aucun effort pour obtenir leur libération définitive et leur retour en France. C'est une nouvelle très positive ce soir que nous accueillons avec le président de la République mais c'est une première étape vers cette libération définitive. Première étape et pour tout à fait complet.

Regardez ce tweet également ce poste sur X du ministre de Jean- Noël Barreau. Voilà. Cécile Coler et Jacques Paris sont enfin sortis de prison.

Ils sont en sécurité à la résidence de France, c'est-à-dire le la résidence de l'ambassadeur de France à Teran dans l'attente de leur libération définitive. Donc on comprend bien que c'est la raison pour laquelle ils sont pas dans l'avion. Ce qui arrive régulièrement hein, on a tous sur ce plateau déjà vécu des dénouements heureux avec des libérations d'otage et puis leur libération est annoncée.

Ils sont déjà à l'aéroport où des gens dans l'avion. Ils ont quitté l'espace aérien du pays où ils étaient détenus et c'est là qu'on annonce leur libération. C'est pas ce qui s'est passé ce soir.

Est-ce que vous pouvez nous nous expliquer un petit peu un petit peu cela ? Bertrand et puis ensuite Thierry et puis et puis Romain. Bien, il y a une hypothèse, c'est que cette iranienne qui a été arrêtée en France pour propagande islamiste en février dernier et qui a été récemment libéré et sous contrôle judiciaire.

Voilà, Mad Sandari, on voit sa photo à Lyon. On va y revenir au cours de cette émission mais effectivement voilà voilà qui est peut-être la clé en fait de cette libération des deux otages français retenus à Teran et donc on va voir comment ça évolue si elle peut rentrer en Iran à Teran dans les prochains jours, dans les prochaines semaines ou s'il faudra attendre son procès qui est prévu pour le début de 2026. Donc euh si effectivement c'est cette hypothèse-là qui est privilégiée, ça veut dire que peut-être euh Cécile euh Colère, Cécile euh Cécile Colère et Jacques Paris, pardon, euh peuvent encore attendre quelques temps dans cette résidence de de l'ambassadeur de France.

Euh je je connais bien les lieux parce que j'y suis déjà euh allé pour des reportages en Iran et j'avais été reçu à l'époque par l'ambassadeur. Mais euh c'est évidemment c'est ce que dit Jacques Barre d'ailleurs hein, c'est un endroit sécurisé. Ça veut dire que Jean Noël Jean-Noël Barre Jean-Noël Barre pardon qui a été euh donc qui qui dit voilà ils sont en sécurité, ça veut dire qu'ils sont pas complètement libres effectivement et que leur sort est encore réclame encore de la prudence.

C'est ce qu'on entend en fait dans les propos du ministre ce soir, Thierry Koville et puis et puis Romain puis on ira voir Bernard Féan également. Ce que ce que disait Bertrand, ils sont à la résidence de l'ambassadeur de France. L'ambassadeur de France, il est protégé notamment par des gendarmes, je crois, dans la dans la diplomatie, des militaires.

Donc quand Jean Noël Barot dit qu'ils sont en sécurité, c'est cela. Les Iraniens vont pas revenir donner l'assaut à la résidence de France pour les les recapturer sous un prétexte judiciaire ou un autre. Non non, là je pense que c'est un c'est un geste significatif.

Alors effectivement, il faut toujours être très prudent dans ce type d'affaire, mais je pense que c'est un geste significatif que le le fait que les Iraniens est accepté qu'ils sortent de prison. Alors on va voir quand est-ce qu'ils pouront revenir sur le territoire français. Je pense que c'est un geste très significatif de la part de l'Iran rang et on voit mal un retour en arrière si la question que vous posez.

Donc je pense que c'est voilà, on va dire c'est une étape significative. Alors ensuite, on verra quand est-ce que vous disiez, quand est-ce qu'ils pourront revenir en France, mais je pense que c'est un geste très important. Euh euh avant de de venir à vous, Bernard Féan parce que je voudrais que vous nous rappeliez les les conditions de votre libération.

Justement, on va en parler avec vous et avec d'abord Romain Romain Boutilli. Vous avez fait deux deux documentaires pour notre émission envoyé spéciale sur les les otages et les prisonniers français en Iran. Euh racontez-nous d'abord le premier reportage que vous faites qui va notamment parler de la libération de de Bernard Féan qui est avec nous.

Ça se passe dans des conditions différentes de ce qu'on voit ce soir pour Cécile Colère et Jacques Paris et y compris dans des conditions un peu particulières ici pour pour France Télévision parce que vous avez un reportage, vous avez réalisé votre documentaire, il est prêt à être diffusé, c'est un jeudi soir. Qu'est-ce qui se passe ? Alors, on avait euh bouclé ce reportage d'une trentaine de minutes euh qu'on avait commencé début 2023 où on avait rencontré toutes les familles d'otage.

Euh à l'époque, il faut savoir que ce cette problématique, elle passait sous les radars médiatiques. Il y avait Benjamin Brière et Bernard Fellan qui étaient détenus. Mais les familles d'otage s'exprimaient très peu, gardent le silence à la demande notamment du K d'orsais et on devait diffuser ce reportage et on a appris euh la veille que Benjamin Brière et Bernard Féan allait être libéré euh et pour ne pas interférer dans la fin des négociations, on a différé euh la diffusion du reportage de 24 heures.

Donc c'est c'est vous dire que le le contexte là qu'on vit aujourd'hui avec Cécile et Jacqu, il est très particulier, c'est que à la différence de Louis Arnaud, un autreage qui a été libéré ou de Benjamin Brière et Bernard Felan, il semble que les négociations n'aient pas totalement aboutis, ce qui nous invite et nous incite à la grande prudence puisque manifestement les discussions ont encore lieu sur les monnaes d'échange. Alors, on va voir justement et juste après, on ira voir Bernard Féan, on va voir un extrait de votre reportage. que à l'époque en mai 2023 euh votre reportage romain et on en parle juste après.

En mai 2022, Cécile Collère visite pour la première fois l'Iran au côté de son compagnon Jacques Paris, un professeur à la retraite dont la famille refuse que nous diffusions son visage. L'Iran, c'est vraiment un pays qu'elle avait envie de découvrir par sa richesse culturelle, historique, parce que le peuple iranien a très bonne réputation. Sur les photos prises par Cécile Coler, on peut voir un pays en apparence normale qui attire des touristes.

À cette époque, aucune manifestation antirégime. Un des derniers messages qu'elle m'est envoyé, c'est "Ce pays est vraiment incroyable." Et moi, je lui ai répondu, "J'ai hâte que tu me racontes tout ça quand tu reviendras." Mais le 7 mai, alors que le couple s'apprête à embarquer sur leur vol retour à l'aéroport de Théan, ils sont brusquement arrêtés par les services de renseignement iraniens.

C'est ma mère qui m'a envoyé un SMS. En fait, je sors de réunion, je prends mon téléphone et je vois un message de ma mère m'annonçant que que ma sœur et son compagnon sont en prison. à partir du moment où elle a été arrêtée jusqu'au 6 octobre, on avait aucune nouvelle d'elle.

Et voilà, donc il y a cette vidéo terrible qui sort le 6 octobre. Aucune preuve de vie pendant 5 mois jusqu'à cette vidéo. [musique] Elle a été diffusée à une heure de grande écoute alors que le régime était fragilisé par les manifestations.

La télévision d'État iranienne présente Cécile Coler et son compagnon comme deux espions envoyés par la France pour déstabiliser le pouvoir iranien. Il arrive parfois de croiser des personnes dont l'histoire ne colle pas avec leur apparence physique ordinaire. C'est le cas de ce couple de français.

Ils auraient très bien pu être de simples touristes étrangers venus en Iran pour visiter les monuments historiques. Je suis Cécile Colère, je suis agent de renseignement et opérationnel à la DGSE. Mon nom de code est Cécile Dirclen.

Je m'appelle Jacques Paris. J'ai été recruté par la DGSE en 2000. La première chose que je vois, c'est ma sœur qui fait de faux aveux.

Donc moi, ça a été un choc, un choc terrible, mais vraiment enfin c'était c'était horrible. Et et en fait, j'ai moi j'ai tout de suite compris ce qui se passait. J'ai tout de suite compris que c'était des faux aveux qui lui avaient été extorqués.

Dans ce reportage, on peut voir que le couple de Français a été suivi à la trace par les renseignements iraniens et filmés à leur insu pendant leurs 10 jours de voyage. Cécile Collère et Jacques Paris ont également été extraits de leurs cellules pour être placé dans un décor d'appartement servant à mettre en scène leur confessions filmées. Régulièrement, la télévision d'État diffuse ce genre d'aveu sous la contrainte.

On peut y voir des prisonniers politiques iraniens ou binationaux s'excuser d'avoir commis une faute face à des millions de téléspectateurs. Romain, juste avant de retrouver Bernard Féan, quand on voit ces ces images, ça c'est sidérant. Donc on voit que pendant 10 jours les services de renseignement iranien les ont les ont pisté, les ont filmé.

Ça c'est alors c'est la particularité du cas de Cécile Colère et Jacques Paris. la différence des autres otages français détenus depuis 2 3 ans, eux, il semblerait qu'ils aient été victimes d'une mise en scène euh du ils ont été surveillés par les services de renseignement dès leur arrivée en Iran. C'est vrai que c'est un couple, on a affaire à un couple à la différence des autres otages.

Donc il y a un moyen de pression sur eux et ils ont peut-être à l'époque commis une forme d'imprudence en rencontrant des syndicalistes puisqu'ils sont eux-mêmes syndiqués en France qui sont semblent-il impliqués dans des manifestations. Ils sont enseignants enseignant vient s'écriir dans la situation. il paralist dans payun problème.

En Iran c'est considéré comme comm comme ils vont tomber dans un dans un piège en quelque sorte puisque ils vont être suivis et ils sont arrêtés à l'aéroport et on va leur infliger ces ces aveux forcés qui sont qui sont filmés sans doute aux mains des services de renseignement iraniens qui comme on le voit ont l'habitude de faire ça et c'est vrai que ça rend leur cas particulier. On les accuse d'abord d'être des espions de la DGSE aux mains de la enfin au service de la France et ensuite au service du Mossade. Euh c'est ce qui fait que leur cas, il est très sensible.

Cécile Coler et Jacques Paris. Bernard Fan justement alors vous à cette époque-là Romain Bouti vous vous parlez déjà de Bernard Féan dans dans votre dans votre documentaire et c'est justement parce que votre libération Bernard arrive le jour où doit être diffusé le documentaire que Envoyé spécial décide de décaler de 24 heures la diffusion pour pas mettre en péril votre retour en France. Racontez-nous ce que vous avez vécu.

C'est un petit peu ce que vivent en ce moment Cécile Colère et Jacques Paris. pas tout à fait puisqu'ils sont pas dans l'avion. Mais racontez-nous comment ça s'est passé pour vous cette libération.

Le le 11 mai euh j'étais euh libéré de prison avec PRI en voulons contre l'ambassadeur de France et il nous a emmené à un hôpital privé. Mais on éit tous très inquiets. Moi je pense de dormir la nuit euh si des araignants aller débarquer dans l'hôpital nous nous prendre euh même le petit déjeuner le matin suivante c'était un peu stressant jusqu'à l'aéroport tout j'imagine pour moi tant qu'ils sont pas dans l'espace aérienne extérieur ils sont pas libérés.

Euh ça peut durer des semaines là-bas, je pense pas mais j'espère ça se termine bien pour eux. Mais c'est très stressant. Moi je me souviens du vol entre Machade où j'étais en prison et la frontière ranienne.

Le pilote a dit il y a 28 minutes avant qu'on clique l'espace aérienne et j'étais tendu que Benjamin il aurait personnel euh on peut savoir là l'ambassade quand est-ce que les Araiens dit à le gouvernement français euh dans 15 jour dans un mois euh et où est-ce qu'ils ont dit on s' veut libérer le ren on vous les envoie euh pourquoi cette étape de de l'ambassade J'ai trouve ça assez bizarre. Bon, alors justement, on va on va on revient à vous hein Bernard dans dans quelques minutes. Euh donc là, qu'est-ce qui se joue ?

Il y a cette histoire donc de cette de cette prisonnière de cette détenue en France qui a été libérée d'une prison de Lyon pour elle été elle était inculpée d'apologie pour terrorisme. Son procès doit se tenir en janvier prochain. Elle est donc assignée, elle est sous contrôle judiciaire mais elle a été sortie de prison.

Il y a vraiment une similarité avec ce que vivent Cécile Colère et Jacques Paris mais elle n'est pas encore autorisée à quitter le territoire français. Euh quels pourraient être les scénarios ? Parce que là on part, on se dit Cécile Colère, Jacques Paris Sona résidence à l'ambassade de France.

Évidemment le on a entendu le ministre, il a pas voulu s'avancer hein, quelques heures, quelques jours plus. Est-ce que ça pourrait être plus que ça vous Thierry ? Je évidemment là on est dans les on est on n'est pas dans les on n'est pas dans les scénarios fiction, c'est pour voir quelle est la mécanique à l'œuvre derrière.

Je répète ce que je dis tout à l'heure, quand même le fait qu'il soit sorti de prison, je pense que c'est important. sont quand même, on va dire, sur le territoire français. Donc je dis, je vois mal.

On voit effectivement, il y a sans doute un donnant donnant avec le cas de de cette iranienne arrêtée en France. Donc je pense vousz c'est dans ce cas-là, c'est des négociations, c'est les je pense que les négociateurs, ils savent exactement ce qui est en train de se passer. Il y a peut-être encore des choses à discuter.

Donc on va dire tout en restant très prudent, je pense que c'est quand même énorme qu'il soit sorti de prison. Donc le plus le plus dur est fait. J'ai j'ai envie tout en restant très prudent, j'ai envie de dire ça.

Alors effectivement, on a eu d'autres cas dans le passé où effectivement la personne sort de prison, ensuite elle reste en rance, elle avait pas ses papiers et cetera mais c'est quand même énorme. Donc ensuite on va voir ce qui va se passer. Je pense que là il y a ce qui est important déjà dans ces cas-là, c'est que les deux gouvernements discutent.

Vous voulez que le canal soit pas coupé ? Donc je pense que voilà, on va dire que c'est un premier pas pour On verra d'ailleurs avec un autre extrait de votre reportage romain le cas de de Benjamin Brière où aussi la libération avait été avait été un peu qu'à un cas. Mais là en ce qui concerne Cécile Coler et et et Jacques Paris, votre encore une fois on explore les pistes, y compris les pistes judiciaires possibles.

Qu'est-ce qu'elle est votre réflexion là-dessus ? S'il y a cette histoire de cette iranienne qui doit passer en jugement en France, même si elle a été sortie de prison, qu'est-ce que ça peut vouloir dire aussi ? B en fait euh ce que l'on peut comprendre ou ce que l'on peut imaginer en tout cas c'est que c'est un élément central dans cette affaire.

Pourquoi ? parce qu'il y a une antériorité de la méthode iranienne. Les Iraniens ne libèrent jamais des prisonniers ou des otages, appelons-les comme on veut, en échange de rien.

Il y a toujours une monnaie d'échange qui est souvent très importante et qui est de différentes natures, mais c'est pas du tout nouveau. Ce qui est peut-être nouveau, c'est ce que vous évoquiez, c'est-à-dire le fait que ça a été extrêmement préparé du côté iranien, que ça a été documenté de façon à essayer d'établir en fait un dossier qui est monté de toute pièce contre ces deux Français et pour pouvoir peser peut-être aux yeux de l'opinion iranienne, certainement pas aux yeux de l'opinion française qui n'est pas dupe car on connaît maintenant les méthodes du régime des ayatolas. Et donc il y a je pense effectivement une possibilité pour que ça dure un peu.

Naturellement on ne le souhaite pas. On espère que ça va s'arranger très vite. Mais le calendrier pour l'instant il est encore probablement aux mains des Iraniens.

Romain. On peut effectivement envisager une option où cette étudiante serait libérée par la France. de prison en France à lon mais qui est encore sous contrôle judiciaire mais qui n'est pas dans l'avion qui doit être jugé en janvier en France.

Donc ça paraît étonnant d'imaginer que la France ne va pas juger cet étudiant. Donc on peut on pourrait envisager effectivement que la libération de CCI et Jacques attende ce procès jusqu'en voilà. Mais dans il y a plusieurs cas de figure, il y a eu des des échanges, j'allais dire direct dans par le passé.

Il y a eu des échanges différés. Euh dans mon souvenir, la française Clotil Rice en 2009 avait aussi attendu plusieurs plusieurs semaine à l'ambassade de France. Euh voilà, il y a ça se joue aussi dans un dans d'autres terrains.

Là effectivement, ça peut paraître étranger. Ça c'est une option. Dernière question là-dessus.

Alors, vous êtes géopolitologue ou journaliste, pas juriste ou pas magistrat, mais dans le cas par exemple de cette étudiante iranienne qui doit donc passer en jugement en en janvier, la justice française est est indépendante du du de tout pouvoir et notamment du pouvoir politique. Mais une fois que ça c'est dit, il y a le la réalité des négociations, il y a les impératifs. Est-ce que ça se gère à un autre niveau ?

Est-ce que pour cette étudiante iranienne et ben s'il y a des négociations entre les ministères des affaires étrangères français et iraniens ou entre président au niveau de Macron, et bien le pouvoir politique français peut dire à des magistrats, "Écoutez, là c'est un cas de force majeure, c'est un cas de euh voilà de de voilà pour la nation. Donc bien, elle sera peut-être jugée mais elle est pas condamnée, elle est libérée. Oui.

Et il y a des exemples qui sont pas forcément en France mais qui concernent des pays d'Europe. Je pense notamment à ce diplomate iranien qui était impliqué dans une tentative d'attentat contre les moujidines du peuple en 2018 qui s'est fait prendre ensuite en Belgique, qui a été jugé et lourdement condamné à envers et qui après sa condamnation a été échangé contre un ressortissant belge qui lui-même avait très opportunément été arrêté au lendemain de la condamnation de ce diplomate iranien. condamnation qui n'étaient pas reconnue par Teran et il y a eu ensuite très discrètement une libération de ce diplomate iranien qui aurait dû purger des années de prison et ensuite la libération de se ressortisse en belge.

Donc vous voyez, il y a en fait beaucoup de précédents qui font penser que on va assister à une forme d'échange tôt ou tard. Et ben c'est exactement on va on va voir un autre extrait de de d'un autre de vos documentaires Romain Boutili. Celui-là c'est un documentaire de 2024 euh et notamment on parle ça.

Vous expliquez cela, c'est-à-dire c'est voilà cette réale politique hein, ce donnant donnant entre deux pays, entre deux puissances pour régler la question des prisonniers ou des otages. On regarde l'extrait de votre reportage romain et on en parle juste après. Donc on est en 2024.

Les Français ont-ils fait partie d'un échange plus large négocié au niveau européen ? Le 12 mai 2023, Benjamin Brière et Bernard Féan sont libérés officiellement pour raison humanitaire d'après la France. Mais de semaines plus tard, après plusieurs mois de négociation, la Belgique parvient à faire libérer l'humanitaire Olivier Vent de Castel.

Une semaine après, un Danois et deux Irano-Autrichiens sont eux aussi libérés. Quatre otages officiellement libéré en échange d'un diplomate iranien. Assadola Assadi.

L'homme qui est en réalité un espion expert en explosif a été arrêté en France en 2018 alors qu'il préparait un attentat contre des opposants iraniens réunis en Congrès à Ville-pinte. Condamné à 20 ans de prison pour terrorisme par un tribunal belge, il a finalement été libéré et remis à l'Iran le 26 mai 2023. Si on se fie à la chronologie des événements, je ne peux imaginer qu'il n'y ait pas de lien entre le cas de ce diplomate espion et la libération de Bernard Félan et Benjamin Brière.

Car à chaque fois au cours des dernières décennies que l'Iran a libéré des otages occidentaux, cela n'a jamais été pour des simples raisons humanitaire, mais cela a toujours été en contrepartie du versement soit d'argent, soit de libération euh de ressortissants iraniens, de diplomates iraniens, de responsables iraniens condamnés pour terrorisme ou violation des sanctions [musique] américaines à l'étranger. Romain. Alors effectivement, ça soulève une question, c'est le le cas de cette étudiante iranienne qui a été inculpé pour apologie du terrorisme.

En Iran, les médias en Perant parlent d'une agente de l'Iran. Parle de quelqu'un qui a de la valeur et les officiels, enfin les l'État iranien parle de quelqu'un qui servirait de monnaie d'échange. C'est pas nous qui qui pourrons le dire, c'est eux qui le disent directement.

Donc il semblerait que cette personne ait de la valeur aux yeux du gouvernement iranien. C'est ce qui ce qui pourrait faciliter les SES, c'est pour l'instant c'est un peu les informations qui nous parviennent des des vou dire que parce que l'Iran a dit que Cécile Coler et Jacques Paris c'était des espions, c'est l'Iran qui le dit, pas nous évidemment, bah il faut qu'il demande quelqu'un de la même valeur, donc quelqu'un qui est une agente alors que ça n'est peut-être effectivement qu'une étudiante qui s'est rendu en tout cas c'est ce que c'est ce qu''estime la justice coupable d'une d'un délit en France, l'apologie du terrorisme. Mais mais c'est peut-être pas comme ça que la France la considère, mais les iraniens ont besoin de la présenter comme ça.

Exactement. Mais comme on n'est jamais dans les coulisses de ce genre de négociation, on peut aussi envisager que les discussions se passent à un autre niveau. On sait que l'un des dossiers sur lesquels la France s discuté avec l'Iran, c'est le nucléaire.

Ça peut être le dégel des avoirs. Il y a d'autres sujets très délicats en plus d'échanges d'otage qui vont être discutés, j'imagine, pendant ces prochaines semaines. Bernard Féan, vous êtes toujours avec nous.

On parlait de vous justement dans dans le sujet de de Romain. Est-ce que question très très candide mais est-ce que vous savez si vous avez été libéré en échange ? Alors on a parlé de cette de ce de ce de cet iranien qui était qui était détenu notamment en en France mais à la demande aussi de la Belgique.

Mais est-ce que vous savez s'il y a eu d'autres choses dans votre libération ? Vous êtes franco-irlandais ? Est-ce que la France, l'Irlande sont intervenues de de d'autres manières ?

Qu'est-ce que vous savez ? Moi, j'étais reçu par le ministre affaires étrangères irlandais et à Dublin avec mon mari la ma famille et là c'était clairement expliqué que l'on devait ouvrir à l'ambassade en ils avaient dit ils avaient dit non on n'ouvre pas et lors de discussion a été rang avec les diplô les gens du ministère les iréens ont clairement dit quand que vous allez ouvrir l'ambassade et je pense des bah il y a un bloc et cette bloc s'appelle Bernard donc ça c'est pas réser nous nous ouvrons pas la faassade donc qu'encore les ont marchandé pour l'ouvriture de l'adette voilà un donnant donnant c'est toujours ils font rien pour rien toujours un donnant donnant c'est ce qu'on disait euh voilà une libération contre ouverture du d'une ambassade juste pour pour finir sur cet aspect-là L'Iran tout à l'heure quelques minutes avant le début de l'émission dit "C'est Coler et Jacques Paris sont en libération conditionnelle. Ils ont été libérés sous caution." Sous caution, ça veut dire que enfin normalement une libération sous caution, j'allais dire presque à l'américaine.

On donne de on donne de l' on paye on donne de l'argent et puis on est libéré. Est-ce que l'argent c'est ce que demandent les Iraniens ? Évidemment, on le sait, la France a déjà payé pour des libérations d'otage avec des groupes terroristes.

Là c'est un état, c'est l'Iran. Est-ce que l'Iran a quelque chose à faire de x centaines ou millions d'euros ? C'est pas là-dessus que ça se joue.

Tout dépend de la somme qui est demandée puisque comme vous venez de le dire effectivement il y a des précédents et donc les Iraniens aussi ont négocier la libération de prisonniers ou d'otage en échange de somme d'argent parfois très importante. Donc ça c'est une possibilité, c'est pas le plus probable dans la mesure justement où cette iranienne qui a été emprisonnée en France et donc récemment libérée semble effectivement être au cœur du deal. entre Paris et Teran.

Et je crois d'ailleurs que le fait que cette personne, cette iranienne ait été emprisonnée montre peut-être un infléchissement dans la diplomatie de la France vis-à-vis de l'Iran où jusqu'à présent peut-être que dans un cas comme celui-là, on l'aurait soit expulsé, soit simplement mise en résidence surveillée pour quelques temps où on l'aurait jugé et on lui aurait attribué une peine légère. Tout ça n'existe plus et c'est ce qui permet, on le voit maintenant, donc d'agir, de faire levier sur le gouvernement iranien. Donc c'est peut-être une façon nouvelle d'envisager la relation avec l'Iran.

Pour coup en diplomatie, on n'est pas dans une guerre mais un peu de rendre coup pour coup. C'est un peu ça. Oui.

Thierry, ce qu'il faut peut-être préciser, c'est le contexte notamment politique en Iran. Je pense quand même que les forces de sécurité ont toujours eu une grande importance en Iran. vous venez de le dire et notamment elles sont elles sont prioritaires et malheureusement on va dire par exemple par rapport au système judiciaire, c'est elle qui commande quoi.

Et je pense que la situation s'est vraiment aggravée à partir de 2018 parce que 2018 c'est quand même Trump qui sort de l'accord ce nucléaire iranien et l'inflation est passée à 50 % en Iran et on a eu des vrais mouvements une vraie crise politique économique et politique. Je pense à des manifestations 2019 on parle de 1500 morts plutôt des ouvriers. Donc ce qu'il faut bien voir c'est que ces forces de sécurité on va dire c'est elle qui donne le là.

Voyez, c'est comment ils raisonnent et c'est effectivement ils sont dans une logique, c'est ce qui compte pour eux, c'est des questions sécuritaires. Donc ils vont écarter toute autre considération, on va dire malheureusement. Et on rentre effectivement dans des rapports de force hein avec effectivement ces forces de sécurité.

Ce que j'entends dire en irant, c'est écoutez, avec les occidentaux, le respect du droit international et la diplomatie, ça marche pas. Ce qu'il faut, c'est exactement ce qu'on est en train de dire. Il faut leur tordre le bras.

On leur tort le bras, on crée un rapport de force et on obtient ce qu'on veut. Et malheureusement, c'est c'est ce groupe qui domine dans ces casl. Alors, pour revenir sur on va revenir un peu sur ce qu'on ce qu'on vécu Cécile Coler et et Jacques Paris.

Encore une fois, pour ceux qui nous rejoignent, ils sont libérés, ils ont été sortis de leur prison des vines à Tairan. Ils sont en sécurité à l'ambassade de France, mais ils ne sont pas encore autorisés à quitter le territoire iranien, même si factuellement l'ambassade, c'est un territoire français, mais enfin bref, ils ne peuvent pas quitter l'Iran. euh Romain.

Justement dans votre 2e documentaire, vous aviez rencontré euh Benjamin Brière qui est aussi un l'ancien oage euh français en Iran. On va voir un premier extrait de ce reportage-là où il vous parlait de ces conditions de vie qui sont très certainement extrêmement similaires à celles qu'on qu'on connu Cécile Coler et et Jacques Paris. On espère qu'ils pourront le raconter en France le plus vite possible.

On regarde ce que vous confiaz Benjamin Brière. témoignage d'un ancien otage et on en parle juste après. Le français est détenu dans le quartier de haute sécurité de la prison de Vakilabad avec des prisonniers politiques et des criminels.

Ce quartier de haute sécurité, c'est une prison [musique] dans la prison. On est enfermé dans un alors c'est pas faut savoir que c'est pas des cellules, c'est des dortoirs plus ou moins surpeuplés, plus ou moins délabré. On passe des journées enfermées à peu près 21h sur 24 où on a le droit un petit peu de sortie le matin, un petit peu de sortie le l'après-midi dans une cour qui qui a les dimensions d'une piscine municipale.

En fait, on se rend pas compte déjà en [musique] prison combien ça passe très lentement. Surtout au début, moi je je suis le seul étranger. Je parle avec personne.

Je ne peux échanger avec qui que ce soit de toute manière. Et puis bah il y a rien à faire à part la télé en perçant qui gueule du matin au [musique] soir sur 2 ans et demi à Machade, j'ai vu des centaines de personnes passer leur [musique] dernière nuit en vie parce que le lendemain matin, ils allaient à l'exécution et j'en ai côtoyé et j'ai vécu avec le dans le dortoir avec certaines de ces personnes-là Et un jour, on les appelle et on les reverra plus et ils seront [musique] exécutés le lendemain matin par pendaison. Donc ouais, comment on oublie les visages [musique] de ces gens-là ?

Le français doit aussi endurer de longues semaines à l'isolement dans une cellule de 1 m/ et lorsqu'on l'autorise à appeler sa famille, les communications sont étroitement surveillées par des gardiens. En moyenne, j'aurais j'aurai un coup de téléphone toutes les 3 semaines, [musique] un mois qui durera un quart d'heure, 20 minutes. Qu'est-ce qu'on se dit en un quart d'heure tous les mois avec ses proches ?

On a rien le temps de se dire. On a juste le temps de se dire qu'on qu'on s'aime très fort et que que ça va. On passe notre temps à l'un r sur l'autre finalement.

Témoignage extrêmement fort Romain. Effectivement à l'époque donc 1 an après sa libération Benjamin Brière, il est encore très très marqué par cette détention. Euh ce calvaire qui a duré qui a duré 3 ans aussi, faut rappeler quand même qu'à la base, ce sont des touristes, hein, ce sont des Français qui se baladent en tout cas Benjamin dans son van, il fait du surf, ils sont arrêtés par des services de renseignement iraniens qui sont réputés pour être très cyniques, très violents, euh des mises en scène d'exécution, il y a de la torture psychologique.

Donc le témoignage de Benjamin donne un indice sur l'état dans lequel on va retrouver Cécile Colère et Jacques Paris, même si ils vont bien d'un point de vue santé pour l'instant, ils avaient des des le droit d'appeler leur famille mais ils avai été surveillés. Il y avait des jolés dans le dos. Ils étaient souvent les yeux bandés quand ils se déplaçaient.

Ils avaient pas de livres pendant de longs mois. C'est les gens qu'ils appelaient leur famille tous les 3 4 mois. Donc voilà être détenu à la prison d'vin c'est quand même extrêmement compliqué.

Non, mais on a on a tenu à rediffuser votre reportage édifiant romain parce que euh on se rappelle hein Cécile Coler, Jacques Paris, leur famille il y a encore très peu de temps alertait sur ça. Exactement ce que vous disiez Romain, c'est-à-dire ils sont à bout, ils n'en peuvent plus, ils vont lâcher. Il y avait de vraies craintes de les voir mourir en détention ou oui, c'est d'ailleurs ce que révèlent les témoignages des diplomates qui ont pu les voir et c'était des rencontres qui étaient à la fois assez brèves et assez rares puisque il y a eu, je crois entre 2022 et 2024 trois rencontres entre l'ambassadeur de France à Téran de l'époque et les deux otages français.

Donc ça veut dire que les conditions d'ouverture vers le monde extérieur et même de soutien psychologique de la part de la République française, de l'État, ce qui est quand même très important dans une situation comme celle-là, rencontrer un de ses compatriotes qui est ambassadeur, ça n'est pas rien. Et donc ces rencontres étaient effectivement comme une promesse qui était rarement tenue et comme un espoir qui leur permettait peut-être de vivre et d'espérer une libération. Mais à chaque fois, c'était quand même très ténu.

On voit bien quand même qu'ils ont été soumis à une pression psychologique considérable pendant euh ces ces euh 1277 jours de détention. Euh euh Bernard Féan, puis après euh Thricoville, j'aurais j'aurais une autre question pour vous, mais Bernard euh Féan, vous êtes toujours avec nous, vous avez entendu hein le témoignage de de Benjamin Brière évidemment que vous avez que vous avez bien connu enfin dont vous connaissez bien l'histoire. Ça ça réveille des souvenirs très douloureux en vous.

Ce qu' ce qu'on entend là, ce qu'on a entendu de Benjamin Brière, c'est les conditions de détention, les les camarades détenus à la à la prison qui sont qui sont emmenés pour être exécutés. Oui, c'est c'est très c'est très difficile à écouter ce que dit Benjamin. Euh moi j'avais de la chance de vous contin à ma chaîne parce que on on cellule ensemble. pendant plus de 200 jours et on a vécu des choses terribles ensemble et oui, c'est très dur mais Jacques et Cécile c'est pire je pense parce que ils étaient isolés beaucoup plus ils avaient peu de contact avec la famille quand même.

C'est la famille qui qui est important et nous on la chance pouvait échanger de message via laade euh avec nos familles. Le téléphone comme dit Benjamin, c'était très très rare. Mais Jacqu c'est pire c'est pire.

Thierry Thierry Coville euh c'est vraiment une j'allais presque dire une culture d'état en Iran. Il y a d'autres pays dans le monde qui sont comme ça, mais on a vraiment l'impression que l'Iran est devenu vraiment maître de ce de ce jeu sordide de détention d'otage ou prisonniers occidentaux de de pression psychologique. Enfin, Romain disait c'est c'est très abouti.

J'irai pas jusque là, mais c'est vrai qu'il y a déjà l'épisode de la prise d'otage de l'ambassade des États-Unis juste après la révolution iranienne. Mais je dirais que après il y a eu il y a eu un certain nombre de cas en 79 79, il y a eu un certain nombre de cas euh effectivement et l'Iran demandait toujours une contrepartie ou la libération d'un prisonnier iranien ou versement d'une somme d'argent. C'est pour ça que j'essayé de parler du contexte.

Je je il y a ça a toujours existé mais je pense qu'il y a eu une accélération. Je vous dis vraiment on sent bien si vous voulez le contexte est quand même devenu très très socialement instable enance. Je les expliquais et le régime il est si vous voulez il y a un certain nombre de conseillers autour de guide et je pense que ceux qui représentent les forces de sécurité notamment les passes d'Aran, ont pris le pas sur les autres.

C'est ce que j'allais vous demander. C'est on dit que l'Iran aujourd'hui se transforme de d'une théocratie enfin religieuse en plutôt entre vraiment entre un appareil militaire parce que il doit sa survie. Enfin, il alors attention déjà à partir de 2018, il y a effectivement le risque de de déstabilisation interne.

Donc c'est effectivement je pense que les forces de sécurité sont obsédés par ça. Bon, il faut aussi se rendre compte qu'on parle d'un pays qui vient de sortir d'une guerre sortir d'une guerre. effectivement on va dire et où la population et majoritairement je dis pas toute la population, on sait qu'il y a des y a des fidèles du régime enfin la population est quand même très majoritairement contre le régime en place.

Alors c'est plus compliqué que ça parce que justement à cause de la guerre he on a observé un vraiment un sursaut nationaliste en Iran. Et donc je vais dire que je pense que le régime alors faut être très prudent, je vois le régime avec une un soutien plus fort, c'est une conséquence non prévue de la guerre, plus fort du fait de cette guerre, du fait du nationalisme. Ce qu'on entend beaucoup avec Israël avec Israël, ce qu'on entend beaucoup, c'est qu'effectivement, on va dire, il y a toute la classe moyenne éduquée qui est pas d'accord avec le régime et dit c'est pas la République islamique qui a été attaquée, c'est l'Iran.

Donc effectivement, on a un sursaut nationaliste en Iran et et et le régime était je pense a même été surpris par ce surs nationaliste et il essaie de voir comment il peut instrumentaliser ça et on voit beaucoup de références maintenant même dans les les fêtes religieuses de Moaram. Vous savez les il commémore le le martyre de l'imam Hussein en se flagellant et cetera. Ils ont introduit euh des champs nationalistes qui même pour les religieux qui étaient inconcevables.

Donc on voit bien que le le régime est en train de jouer sur ce nationalisme et c'est quand même un pays qui sort de guerre et c'est un pays on sait pas en Iran le la majorité des gens pensent hein la population et le régime que la guerre pourrait recommencer d'un jour à l'autre. Donc effectivement cette ambiance sécuritaire avec en plus l'idée que il y a eu quand même des failles dans les services de sécurité et une grande influence des notamment beaucoup de là des véritables espions israéliens, je pense qu'il y a vraiment ce dont on parlait he ce contexte sécuritaire c'est encore amplifié du fait de cette guerre et on on le sait d'ailleurs souvent en cas de guerre des des des populations même oppressées se ressoudent autour de leurs dirigeants quand quand il y a des guerres. C'est c'est un phénomène effectivement assez assez classique.

Pour revenir sur la question de de cette ces techniques de de de prisonniers ou d'otage, on va voir un dernier extrait de votre reportage romain. On parlait donc de Benjamin Brière qui était détenu avec Bernard Féan qui qui est toujours avec nous. Et quand vous avez rencontré Benjamin Brière après sa libération, il vous confie que une première fois il a pensé être libéré et puis et puis finalement non.

Est-ce que c'était un jeu ? Est-ce que c'était du du du cynisme ou est-ce que c'était plus compliqué que prévu ? On regarde cet extrait et vous nous décryptez ça juste après.

Alors que sa santé se dégrade, à sa grande surprise, Benjamin Brière est à nouveau convoqué par le juge. Je suis acquité, blanchi euh de de tout crime et il y a un ordre libératoire qui est envoyé à la prison. On lui demande de préparer ses affaires.

Benjamin Brière s'apprête à retrouver sa liberté. Je suis arrivé à un m de la sortie et il y a un mec des gardiens de la révolution qui m'a tapé sur l'épaule qui m'a dit de retourner en cellule. Voilà.

Le français va devoir encore patienter 4 mois 4 mois après ce faux espoir. Alors est-ce que vous avez une réponse à ça ? Est-ce que c'était vraiment un jeu un jeu sadique de de chat et de la souris et il repart en cellule ou est-ce que c'est parce que les libérations, ce que disait Thierry, c'était à tous ces niveaux, le politique, le militaire, les gardiens de la révolution, la diplomatie, c'est plus compliqué.

C'est difficile d'avoir une réponse précise à ce qui s'est passé avec Benjamin Brière. A priori, les négociations sont menées par les gardiens de la révolution, notamment s'agissant du sort des otages. Donc cette affaire ne se joue pas devant une cour de justice.

Euh là, Benjamin avait été condamné, Louis Arnaud a été condamné aussi comme Cécile et Jacques à 21 ans et 17 ans, mais ce sont pas les magistrats iraniens qui décident de la libération des otages. Donc là, dans le dans ce cas-là, Benjamin lui est sûr et certain d'avoir reconnu un gardien de la révolution qui lui met la main sur l'épaule et qui lui dit "C'est fini, on retourne, on n pas on n pas trouvé un terrain d'entente avec les Français." Donc c'est pour ça qu'il faut rester très prudent ce soir et que et que Cécile et Jacques ne sont pas encore dans l'avion, ne sont pas encore rentrés, les discussions continuent. les les gardiens de la révolution pour nos téléspectateurs, ce sont vraiment les c'est vraiment le bras armé du régime.

C'est les j'ais dire c'est les c'est les fidèles de la révolution de 1979 et c'est des militaires. Ils ont créé ils ont été créés pour ça. Leur non gardien de la révolution c'est une armée on va dire qu' il y a un contenu idéologique.

Il y a deux armées en Iran. Il y a l'armée traditionnelle Artech et les et les passes d'Aran. Et les passes d'ar effectivement ils ont un un sens du devoir.

Leur idée c'est vraiment préserver les acquis de la révolution iranienne. Et je pense qu'il ne rentre d'après de la constitution iranienne, il rendent pas de compte au président, ils rendent de compte directement au guide. Donc effectivement suprême au guide suprême qui est vraiment le qui est le chef de l'Iran.

Qui est le chef de l'Iran. Donc effectivement, il y a l'armée, on va dire, qui a une composante idéologique très forte en Iran. Tout à fait.

Oui, on dit souvent que les gardiens de la révolution en fait un état dans l'État. Mais pour revenir sur la question justement de qui décide pour les otages ou pour les prisonniers et dans cette relation avec la France, c'est une relation asymétrique puisque en France nous sommes dans un régime démocratique avec une justice indépendante et en Iran, c'est un régime théocratique où finalement il y a un pouvoir central qui est celui des gardiens de la révolution qui est plus ou moins parallèle avec celui des religieux et qui finalement décide de de l'essentiel. Donc c'est ça qui fait que la relation, c'est une des raisons qui font que la relation avec l'Iran est particulièrement compliqué.

En tout cas, juste dans les dans les dernières minutes qui nous restent et pour tous les téléspectateurs qui nous qui nous rejoignent donc sur cet événement de la soirée, la libération, la sortie de prison de Cécile Coler et Jacques Paris, je voulais aussi vous faire réagir à à ce qu'avait dit justement le ministre iranien des affaires étrangères il y a il y a quelques semaines. Donc l'interview que vous allez voir date d'il y a quelques semaines, mais on sent qu'effectivement quelque chose était en train de se préparer. On l'écoute et vous réagissez après.

Nous avons mené de nombreuses actions. Je peux dire que nous sommes arrivés au point où un accord sur l'échange des prisonniers français en Iran approche maintenant de sa phase finale. Alors là, ça ça fait quoi ce que vous disiez Thierry ? que même s'ils ne sont pas en France Cécile Coler et Jacques Paris le plus gros enfin sans doute le plus gros pas a été fait mais on voit que ça voilà ça fait bah de toute façon ça fait des années que la diplomatie française est à l'œuvre que on imagine que ces derniers mois ces dernières semaines ça les les les tractations se sont se sont amplifiées mais c'est un travail mais de d'hyper longue haline B c'est c'est si vous voulez dans ces cas-là d'après ce qu'on sait la pire des solution c'est quand les pays passent leur temps à s'insulter et ne se parlent pas.

Donc ce qui il faut féliciter la diplomatie française ce qui et c'est dur hein notamment avec des pays euh avec les options sécuritaire qui jouent le rapport de force. Donc ce qui est très important c'est de maintenir le contact et là il faut féliciter effectivement la diplomatie française même dans des conditions difficiles. Il a maintenu le contact.

Je voulais simplement préciser sur qui dirige l'Iran d'après ce qu'on sait. Je sais pas qui qui a la réponse à cette question. Depuis la guerre avec Israël manifestement c'est il y a une instance qui ressemble à celle qui est aux États-Unis.

C'est ce qu'on appelle le conseil de sécurité nationale en Iran qui est le secrétaire général, c'est Ali Laridjani. Euh, il y a beaucoup de sécuritaire là-dedans et des membres du bureau du guide qui a un vrai gouvernement. Le guide, il va donner son aval mais c'est vraiment là que les choses les décisions sont prises effectivement et on voit très bien la priorité qui est donnée à la sécurité nationale dans dans la façon dont don travaille.

Le mot de la fin pour résumer pour les téléspectateurs qui nous qui nous rejoignent, Cécile Colère, Jacques Paris, ils ne sont pas encore en France. Une étudiante iranienne qui était inculpée de d'apologie du du terrorisme a été libérée de prison en France. Elle n'est pas encore jugée, elle le sera en janvier prochain.

Donc est-ce qu'on peut s'attendre, vu que c'est du donnant donnant à ce que soit cette étudiante soit autorisé à partir en Iran avant d'être jugée et là Cécile et Jacques pourront peut-être rentrer, soit peut-être il faudra encore qu'il patiente euh des semaines, peut-être des mois en Iran à l'ambassade française. C'est une possibilité. C'est c'est un bon résumé.

C'est en tout cas l'hypothèse la plus probable, c'est-à-dire que effectivement ça sera purement et simplement un échange entre Cécile Coler et Jacques Paris et puis cette étudiante ou pseudoétudiante iranienne que les Iraniens souhaitent absolument récupérer. Et c'est aussi pour ça que la France l'a gardé parce que les Français ont compris, les services français ont compris qu'elle était importante pour Teran et que c'était du du donnant donnant et que ça pouvait être une monnaie d'échange. Merci à tous les quatre avec aussi Bernard Féan, ancien otage en Iran qui était qui était avec nous.

On suivra évidemment cela dans les jours qui viennent. tout de suite 22h sur France info le journal avec vous avec vous Yan et Fé et on reste