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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 31 janvier 2018 11 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Jean Leonetti : "La légitimité de Laurent Wauquiez n'est pas contestable"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Le rassemblement, c'est pour quand, à droite, dans votre parti LR ?

  • 1:11RelanceRéponse directe

    Pourquoi n'y a-t-il pas une dynamique de rassemblement ?

  • 1:27RelanceRéponse partielle

    Elle est contestée pourtant.

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Quand Valérie Pécresse entre au Conseil national, et que vous êtes sur scène, que son arrivée est sifflée, vous vous dites quoi sur scène ?

  • 2:49RelanceRéponse directe

    Et pourquoi des huées ?

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Pourquoi ne croyez-vous pas, Jean Léonetti, et c'est un vrai débat d'idées, à la thèse des deux droites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Ne pas être au deuxième tour pour la droite républicaine. Ça n'était jamais arrivé sous la Vème République. »
  • 1:16Invité politiqueChiffre
    « Il a été élu avec un score assez important. 75% avec 100 000 votants. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Donc, sa légitimité n'est pas contestable. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Il y a toujours, il y a eu des trahisons, il y a eu des calomnies. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « Mais, en tout cas, ce que l'on peut dire, c'est qu'on a déçu nos électeurs. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « Franchement, on présente quand même le même projet à peu de choses près que présentait Nicolas Sarkozy quand il a gagné les élections présidentielles. »
  • 6:50Invité politiqueChiffre
    « Moi, je suis ce que je suis, mais je pense que prélever 4,5 milliards à la CSG et les reverser sur les actionnaires, ce n'est pas une bonne mesure. »
  • 7:56Invité politiqueFait
    « Parce que demain, n'importe qui va pouvoir dire n'importe quoi sur n'importe quelle personne. »
  • 8:05Invité politiqueFait
    « Il y a une jurisprudence baladure qui disait, lorsque je suis mis en examen, ce qui est encore la présomption d'innocence, là, à mon avis, mis en examen, c'est difficile de rester en gouvernement. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il est capable, aujourd'hui, de mener à bien la mission au nom de la France dans un gouvernement de manière sereine, apaisée et efficace ? »

Temps de parole

  • Jean Leonetti75 %
  • Présentateur25 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et l'invité de France Inter jusqu'à 9h est le tout nouveau président du conseil national du parti Les Républicains, maire d'Antibes, Jean Lépin. Jean Léonetti, bonjour. Bonjour. Merci d'être au micro de France Inter. Pas un jour ne passe, Jean Léonetti, depuis l'élection de Laurent Wauquiez. Pas un jour, sans déclaration fracassante, porte qui claque, huée, fronde, couac et j'en passe. Le rassemblement, c'est pour quand, à droite, dans votre parti LR ?

0:27
Jean Leonetti

Vous savez, le rassemblement, ça passe par le débat d'idées. Et pas par l'affrontement des personnes. Donc, on a vécu une primaire qui a été destructrice. Ensuite, on a vécu une élection terrifiante. Ne pas être au deuxième tour pour la droite républicaine. Ça n'était jamais arrivé sous la Vème République. Une législative perdue. Et peut-être aussi le leur d'un président qui semblerait être plus à droite qu'à gauche. En tout cas, qui est, je dirais, quelque part, nulle part. Et qui peut donc agglutiner un certain nombre de personnalités.

1:06
Présentateur

Voilà pour le paysage et pour l'histoire. Aujourd'hui, il y a un nouveau président. Pourquoi n'y a-t-il pas une dynamique de rassemblement ?

1:14
Jean Leonetti

Un nouveau président, il a été élu. Il a été élu avec un score assez important. 75% avec 100 000 votants. Donc, sa légitimité n'est pas contestable.

1:27
Présentateur

Elle est contestée pourtant.

1:28
Jean Leonetti

En revanche, il accepte, je dirais qu'il propose, qu'on rebâtisse le projet. Sur un socle qui est simple, c'est le socle des valeurs. Les valeurs de la droite, on les connaît. C'est la liberté, la responsabilité, l'autorité et d'autres. La laïcité. Et donc, il faut qu'on ait ce débat. Ce débat, il doit avoir lieu au Conseil national. Il doit avoir lieu, d'ailleurs, dans toutes les fédérations. Pour faire en sorte qu'on rebâtisse un projet. Parce que si on regarde, pourquoi on a perdu ? Il y a toujours, il y a eu des trahisons, il y a eu des calomnies. Il y a eu, peut-être, des candidats qui étaient inadaptés à la situation.

Mais, en tout cas, ce que l'on peut dire, c'est qu'on a déçu nos électeurs. Et que notre projet n'était pas en adéquation avec la volonté du peuple. Donc, il faut qu'on rebâtisse. Eh bien, on va rebâtir. Et on rebâtit que par le débat d'idées, jamais par l'affrontement des personnes.

2:19
Présentateur

Quand Valérie Pécresse entre au Conseil national, et que vous êtes sur scène, Jean Léonetti, en train de parler, de faire un discours, que son arrivée est sifflée, vous vous dites quoi sur scène ?

2:31
Jean Leonetti

Je me dis que je dis ce que je dis à la tribune de manière spontanée. Je lui dis qu'elle est dans sa famille. Et qu'elle a le droit de montrer sa différence. Et d'ailleurs, je suis en train, justement, de dire à la tribune que j'ai ma part de liberté et que je continuerai à l'affirmer. à l'intérieur, justement, du Parti de la République.

2:49
Présentateur

Et pourquoi des huées ? Quand vous parlez, vous, de débats d'idées, d'affrontements de lignes, pourquoi les huées ?

2:54
Jean Leonetti

Si elle était rentrée de manière plus discrète, si ses partisans n'avaient pas scandé son nom en plein milieu d'un discours qui était, à mon avis, plutôt écouté tranquillement. À ce moment-là, il n'y aurait pas eu cette réaction. Il ne faut pas oublier qu'il y avait des huées et des ouras. Voilà. Donc, c'est peut-être les ouras qui ont suscité les huées. Vous savez, il y a quelqu'un qui dit, je ne me rappelle plus qui, la forme, c'est le fond qui remonte à la surface. Eh bien, moi, j'aimerais bien qu'on aille plutôt vers le fond que vers la forme. Rentrer avec des cris, c'est la façon ancienne de faire la politique, la façon nouvelle de faire la politique.

Si on veut reconstruire quelque chose, véritablement, c'est le débat, l'affrontement. Il y a des moments où je ne serai pas d'accord. Et je le dirai. Il y a des moments où d'autres ne seront pas d'accord avec moi. Ils le diront. Mais tant qu'on est sur les idées, ça ne pose pas de problème.

3:42
Présentateur

Alors, pourquoi ne croyez-vous pas, Jean Léonetti, et c'est un vrai débat d'idées, à la thèse des deux droites ? C'est une question qui s'est posée à la gauche, bon, avant de l'emporter, pour finir. Mais, en tout cas, c'était une vraie question. Pourquoi bloquer cette réflexion-là, dire qu'il y a peut-être deux droites aujourd'hui et qu'elles sont conciliables, irréconciliables, ça on verra. Mais au moins, admettre le débat intellectuel.

4:06
Jean Leonetti

Il y a plus que deux droites. Moi, je viens de l'UDF, par exemple. Dans l'UDF, il y avait les libéraux, il y avait les démocrates chrétiens, et il y avait, comme moi, les radicaux, qui sont des républicains sociaux. Il y avait déjà trois familles. Ensuite, on s'est associés aux gaullistes, parce qu'on pensait qu'on avait plus de choses à mettre en commun que de sujets de discorde. Bon, donc, ça veut dire que ça fait déjà quatre familles. Donc, si vous voulez, après, on peut remonter dans l'histoire.

Il y a les jacobins et les girondins, qu'il y a les décentralisateurs et les pro-européens, qui étaient plutôt l'UDF, et puis les centralisateurs autoritaires, qui étaient plutôt le parti bolapartiste. Mais peu importe. Aujourd'hui, acceptons cette diversité. Donc, honnêtement, il y a peut-être deux, trois, quatre sensibilités à l'intérieur de la droite républicaine. Ce qui est important, c'est qu'elle soit républicaine, c'est-à-dire qu'elle ait une étanchéité totale avec le Front National.

5:01
Présentateur

Et ça, c'est acquis pour vous ?

5:03
Jean Leonetti

Oui, c'est acquis. Je dirais même que c'est la question de survie. Et puis, la deuxième, c'est d'avoir un nouveau logiciel, d'innover. Franchement, on présente quand même le même projet à peu de choses près que présentait Nicolas Sarkozy quand il a gagné les élections présidentielles. Donc, on ne s'est pas tellement renouvelé. Et donc, je crois qu'il y a deux éléments négatifs dans notre action, et j'en porte comme les autres la responsabilité. C'est d'une part, on a déçu parce qu'on a dit des choses et on ne les a pas faites. Et la deuxième chose, c'est qu'on n'a pas assez proposé un projet qui correspond au XXIe siècle.

Et un projet qui correspond au XXIe siècle, il sécrète obligatoirement de l'espérance.

5:42
Présentateur

Ça n'est pas Emmanuel Macron qui l'a fait, ça, Jean Léonetti ? Non, je crois que... Il prend l'herbe sous le pied, il l'a coupée sous les pieds de la gauche aussi. Médiatiquement, vous avez raison.

5:51
Jean Leonetti

Enfin, politiquement, quand même. Oui, oui, et habilement, médiatiquement, il a donné l'impression qu'il avait une politique qui était différente.

5:58
Présentateur

Vous avez quand même d'anciens camarades qui sont au gouvernement et pas des moindres.

6:01
Jean Leonetti

Ça, vous savez, des gens qui disent une chose et puis qui en disent une autre lorsqu'ils rentrent au gouvernement en franchissant...

6:08
Présentateur

Oui, mais regardez ce qu'ils font. Ils font peut-être quelque chose que vous auriez aimé ou dû faire.

6:13
Jean Leonetti

Mais sur un certain nombre de mesures, il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n'y a pas de raison de dire que ce n'est pas bien. Je veux dire, on a voté les mesures d'urgence sous le gouvernement de François Hollande et on n'a pas dit, ah, c'est Hollande, on ne va pas voter les mesures d'urgence. Moi-même, j'ai été appelé par le président Hollande pour faire de manière consensuelle une loi sur la fin de vie. Donc, l'opposition, ce n'est pas du frontal, mais c'est aussi la critique. Donc, moi, ce que je trouve dans le monde d'aujourd'hui, ce qui me paraît un peu bizarre, c'est qu'on n'a plus le droit d'avoir la moindre critique vis-à-vis du gouvernement.

Moi, je suis ce que je suis, mais je pense que prélever 4,5 milliards à la CSG et les reverser sur les actionnaires, ce n'est pas une bonne mesure, ce n'est pas une mesure de justice. Si vous pensez qu'elle est de droite, elle est peut-être de droite, elle est peut-être de gauche, elle est libérale en tout cas. Mais elle est libérale, mais surtout, elle est injuste. Et donc, ce type de situation-là, moi, je ne peux pas être d'accord.

7:14
Présentateur

Que pense le président du Conseil National du Parti des Républicains, maire d'Antibes, Jean Lépin, du cas de Gérald Darmanin ? Que doit-il faire, d'après vous, aujourd'hui, qu'il est mis en cause dans l'affaire dont on a quelques éléments ? C'est la cacophonie absolue dans tout le paysage politique. Je vous donne mon avis.

7:34
Jean Leonetti

Et encore plus chez les Républicains. C'est très difficile lorsqu'on est en responsabilité de subir une calomnie ou bien d'être attaqué sur le plan judiciaire. Donc, il y a un premier point, c'est que dans ce pays, si on respectait un peu la présomption d'innocence, ça ferait du bien à tout le monde. Parce que demain, n'importe qui va pouvoir dire n'importe quoi sur n'importe quelle personne. Et alors, il va être obligé de démissionner. Il y a une jurisprudence baladure qui disait, lorsque je suis mis en examen, ce qui est encore la présomption d'innocence, là, à mon avis, mis en examen, c'est difficile de rester en gouvernement.

8:16
Présentateur

Donc, vous avez peur d'une jurisprudence Darmanin où, sur un simple soupçon, il faudrait sortir, c'est ça ?

8:21
Jean Leonetti

Oui, moi, je n'ai pas de sympathie particulière pour M. Darmanin, mais en tant que ministre, il n'a pas à démissionner s'il a des arguments à apporter. Et je pense qu'on devrait, nous, je dirais, être calme sur ce sujet. Nous qui avons dénoncé en son temps le lynchage médiatique de nos candidats, on devrait avoir un peu de pudeur et ne pas se mettre dans la situation dans laquelle on demande la démission.

8:49
Présentateur

Vous dites les choses de manière très calme et sereine, Jean Léonetti. Comment se fait-il que le parti Les Républicains soit incapable de prendre une position qui fasse consensus sur ce sujet-là, puisqu'on en parle, Gérald Darmanin ?

9:05
Jean Leonetti

Ça part dans tous les sens. J'ai presque l'impression de dire que, voilà, on est un parti jeune. L'équipe dirigeante vient à peine, oui, renouvelée en tout cas. Donc, l'équipe dirigeante est nouvelle. On a besoin de discussions entre nous, de cadrage. Et donc, moi, je vous donne ma position. Ce n'est peut-être pas la position du parti.

9:26
Présentateur

Mais vous le dites à Laurent Wauquiez ?

9:28
Jean Leonetti

Mais je pense que Laurent n'a pas besoin que je le lui dise pour le savoir.

9:31
Présentateur

Ah, quand même, monsieur le président.

9:33
Jean Leonetti

Oui, oui. Non ? Écoutez, je n'ai pas entendu Laurent sur ce sujet. Mais on n'est pas obligé non plus, lorsqu'on est un dirigeant politique, comme l'est aujourd'hui Laurent Wauquiez, d'intervenir à tort et à travers sur tous les sujets.

9:44
Présentateur

Lui, il dit démission, démission, démission. Voilà les lignes du parti. Vous dites autre chose. Et je me dis qu'entre le président du Conseil national et le président président, il peut y avoir dialogue, non ? Oui, il y a un dialogue.

9:55
Jean Leonetti

Il y a un dialogue amical, en plus. Mais pas sur ce sujet. Écoutez, on ne l'a pas discuté. Mais enfin, je pense que dans ces situations-là, c'est plutôt à la personne elle-même que se pose la question. Est-ce qu'il est capable, aujourd'hui, de mener à bien la mission au nom de la France dans un gouvernement de manière sereine, apaisée et efficace ? Ou est-ce qu'il ne l'est pas ? S'il ne l'est pas, franchement, ministre, on est nommé, il démissionne. Mais c'est à lui à le voir. C'est à lui à le sentir. Et c'est peut-être à vous aussi, les médias, à considérer est-ce qu'on met la barre très haut ou est-ce qu'au moindre soupçon, on doit sortir du gouvernement ? Ça va être compliqué, quand même.

Ou bien, est-ce qu'on ne le fait pas ? Mais je rappelle quand même, le cas Ferrand, le cas Beyrou, il y a beaucoup de gens qui sont sortis de ce gouvernement sur des présomptions sans être mis en examen.

10:50
Présentateur

Jean Léonetti, on va retrouver avec les auditeurs de France Inter après la revue de presse de Claude Ascolovic.

Jean Leonetti : "La légitimité de Laurent Wauquiez n'est pas contestable" — Jean Leonetti · Pourquijevote