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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 14 avril 2024 55 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesImmigration & asile

Olivier Faure dénonce une "dérive illibérale absolument scandaleuse" de la majorité présidentielle

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 45 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:43OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction à l'attaque directe de l'Iran contre Israël ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes solidaire du peuple israélien ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    L'engagement français dans cet affrontement doit-il aller plus loin ?

  • 5:04OuverteRéponse partielle

    Qui est responsable du conflit selon vous ?

  • 5:55RelanceÉludée

    Donc vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon ?

  • 6:27OuverteRéponse directe

    Que doit faire la France pour finir sur ce dossier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:47InvitéFait
    « C'est effectivement la première fois depuis 1991, depuis Saddam Hussein, qu'un État souverain s'attaque très directement à Israël. »
  • 2:22InvitéFait
    « Et nous sommes là face à une escalade qui est potentiellement dramatique. »
  • 3:28InvitéFait
    « Mais bien sûr, à chaque fois qu'Israël sera attaqué, est attaqué ou sera attaqué, nous serons à ses côtés. »
  • 13:11InvitéFait
    « Tout le monde voit que le mur se rapproche et le voilà qui nous dit je garde le cap. »
  • 14:00InvitéChiffre
    « Vous avez, depuis que ce gouvernement est en place, 50 milliards de cadeaux fiscaux qui ont été donnés chaque année aux plus riches et aux grandes entreprises. »
  • 14:09InvitéChiffre
    « Vous avez 125 milliards des deux entreprises dont une part sont en fait des effets d'aubaine. »
  • 18:37InvitéChiffre
    « Il y a 50 milliards de cadeaux fiscaux depuis le début de ce quinquennat tous les ans offerts aux grandes fortunes. »
  • 20:00InvitéFait
    « On s'attaque en réalité par les impôts. »
  • 20:12InvitéFait
    « La politique, c'est choisir. »
  • 21:26InvitéFait
    « Vous avez là une dérive illibérale de ce gouvernement qui est absolument scandaleuse. »
  • 23:11InvitéFait
    « Oui, malheureusement ça peut finir mal. »
  • 23:24InvitéFait
    « On est au bout du bout du bout et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs je plaide pour que nous puissions faire évoluer ces règles constitutionnelles. »
  • 27:30InvitéFait
    « Je reviens à la démocratie sociale il réunit les syndicats il ne leur évoque même pas ce qu'il évoque ensuite à la télévision et à la radio. »
  • 34:12InvitéFait
    « moi je défends ce qu'on appelle le Buy European Act, c'est-à-dire l'idée que nous puissions réserver nos marchés publics aussi à une offre locale. »
  • 36:02InvitéFait
    « ce pacte asile-immigration ne règle pas la question du sauvetage en mer des migrants. »
  • 36:12InvitéFait
    « on va mettre en centre de rétention des enfants entre 6 mois et 9 mois dans certaines situations. »
  • 39:16InvitéFait
    « quand je vois tant de gens aujourd'hui qui à droite se battent contre le pacte vert. »
  • 46:30Locuteur non identifiéFait
    « c'est une des ambiguïtés de la Constitution d'ailleurs parce que c'est pour ça que dans le livre je parle souvent des divergences entre le président et le premier ministre. »
  • 52:46InvitéFait
    « il suffirait de transférer d'abord le droit de dissolution du président de la république vers le premier ministre et ensuite de rendre le premier ministre totalement responsable devant l'assemblée. »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur12 %
  • Locuteur non identifié12 %
  • Locuteur non identifié 27 %
  • Locuteur non identifié 35 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. L'affaire peut être considérée comme close, estime la mission iranienne de l'ONU. L'ONU qui doit réunir son conseil de sécurité ce soir. Quel sera le rôle de la France dans cette crise ? On en parle avec notre invité Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste. Il est ce dimanche dans Questions politiques. Et on parlera aussi bien sûr des élections européennes et du candidat socialiste pour l'instant dans une bonne dynamique. Allez, on est comme toujours en direct et ensemble jusqu'à 13h. Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Olivier Faure. Bonjour Karine Bécard. Merci d'avoir accepté notre invitation avec moi pour vous interviewer ce dimanche.

Françoise Fressos du journal Le Monde et Guillaume Daray de France Télévisions. Bonjour à tous les deux.

1:26
Locuteur non identifié

Bonjour à tous.

1:28
Présentateur

Je le disais à l'instant, une attaque sans précédent cette nuit de l'Iran contre l'état d'Israël. Une attaque largement condamnée par toute la communauté internationale. C'est le cas du président Macron, notamment, qui condamne et qui s'inquiète d'une déstabilisation de toute la région. Quelle est votre réaction ce midi, vous Olivier Faure ?

1:47
Invité

D'abord, c'est effectivement la première fois depuis 1991, depuis Saddam Hussein, qu'un État souverain s'attaque très directement à Israël. C'était le cas depuis longtemps pour l'Iran qui s'attaquait à travers ce qu'on appelle des proxys, des sous-traitants. C'est le cas du Hamas, c'est le cas du Hezbollah, c'est le cas des milices en Irak, c'est le cas des Houthis au Yémen, qui, jusqu'ici, faisaient le travail pour l'Iran.

Et pour la première fois, on a une attaque directe que je reconnais évidemment très fermement et sans aucune concession possible à cette théocratie, qui, évidemment, agissait en riposte, en représailles à l'attaque de son consulat en Syrie par Israël, mais rien ne le justifie. Et nous sommes là face à une escalade qui est potentiellement dramatique. Et c'est la raison pour laquelle, à mon tour, j'appelle à la retenue, à la désescalade, au fait qu'Israël ne se lance pas à son tour dans une riposte qui serait une riposte qui pourrait nous emmener dans une régionalisation du conflit que nous cherchons à éviter depuis le début.

Et de ce point de vue, je soutiens les efforts qui sont menés depuis quelques semaines, même, je devrais dire, depuis quelques mois, par Perro Sanchez, qui est à la fois Premier ministre espagnol socialiste en action et puis, en même temps, président de l'international socialiste, qui, lui, cherche, par une solution diplomatique, à faire en sorte que soit réglée cette question par une solution politique qui permette à cesser le feu, qui permette de libérer les otages détenus par le Hamas et qui permette aussi la reconnaissance d'un État palestinien.

3:23
Présentateur

Est-ce que vous êtes solidaire, comme le dit Emmanuel Macron, du peuple israélien ?

3:28
Invité

Mais bien sûr, à chaque fois qu'Israël sera attaqué, est attaqué ou sera attaqué, nous serons à ses côtés. Nous étions aux côtés d'Israël le 7 octobre et il n'y avait aucun doute dans la condamnation que nous avons, à ce moment-là, énoncé face au groupe terroriste du Hamas. C'est une évidence. Et nous avons, dès cette période-là aussi, appelé à la retenue de la part d'Israël pour éviter une punition collective qui, aujourd'hui, se solde par une tragédie sur le peuple palestinien, victime à la fois du Hamas, mais aussi désormais d'un siège, d'une façon, de la volonté d'affamer un peuple qui est bombardé, dont les infrastructures sont complètement détruites.

Et donc, oui, effectivement, il faut garder cette capacité à dire le droit international partout et un seul poids, une seule mesure.

4:21
Locuteur non identifié

La France a fait usage de moyens aériens, dit ce matin Paris, pour protéger ses propres bases. Est-ce que l'engagement français dans cet affrontement entre l'Iran et Israël doit aller plus loin ?

4:34
Invité

Écoutez, je pense que les choses ont été dites. Il faut d'abord avoir conscience que le rôle de la France doit être un rôle d'équilibre dans la région, qu'il doit permettre de trouver une solution politique et donc de ne pas participer à un engrenage. Quand il s'agit de défendre Israël contre une attaque qui est portée contre elle, l'évidence, c'est que nous devons être à ses côtés. Mais nous ne devons pas participer maintenant à une offensive qui serait une offensive qui conduirait potentiellement à une régionalisation du conflit, ce que nous réprouvons par avance.

5:04
Locuteur non identifié

Qui est responsable, à votre avis, du conflit ? Est-ce que vous diriez, comme Jean-Luc Mélenchon, que c'est Netanyahou qui mène la guerre totale et qui conduit à cette situation où vous n'êtes plus mesuré ?

5:14
Invité

Je dirais qu'il y a aujourd'hui trop de gens qui ont un intérêt au conflit. C'est le cas d'abord du Hamas, qui, je le rappelle, cherchait depuis le début à régionaliser le conflit, cherchait à faire en sorte que, derrière les attentats qu'il avait produits, il puisse y avoir une inflammation de l'ensemble de la région et conduire à ce qu'il y ait une guerre de tous contre tous. C'est aussi Netanyahou qui, aujourd'hui, se maintient au pouvoir par le seul fait qu'il est en guerre contre le Hamas. Et quand il vise le consulat iranien en Syrie, il sait aussi qu'il peut être à l'origine d'une provocation qui peut déclencher une riposte de l'Iran.

5:55
Présentateur

Donc vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon ?

5:57
Invité

Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il y avait une co-responsabilité. Il y a des gens qui, aujourd'hui, ont un intérêt au conflit. Ce n'est pas l'intérêt des peuples. Ce n'est pas l'intérêt du peuple israélien qui, d'ailleurs, le manifeste très régulièrement dans les rues de Tel Aviv et ailleurs. Ce n'est pas l'intérêt du peuple iranien qui est en conflit aussi avec son propre gouvernement. Et ce n'est pas l'intérêt du peuple palestinien qui, aujourd'hui, vit sous les bombes et qui ne demande qu'une seule chose. C'est le répit et la paix.

6:27
Présentateur

Et donc, que doit faire la France pour finir sur ce dossier ?

6:29
Invité

La France et l'Europe doivent chercher impérativement à produire des effets, à faire en sorte de mettre la pression sur les uns et sur les autres pour arriver à une solution politique. C'est la raison pour laquelle nous appelons un cessez-le-feu. C'est la raison pour laquelle nous demandons à ce que Israël interrompe totalement le siège qu'elle conduit et qui conduit à ce qu'on ait une famine par la bande de Gaza. que nous ayons aussi cette volonté de suspendre l'accord d'association entre Israël et l'Union Européenne pour produire ce que nous n'avons pas réussi à produire jusqu'ici. Donc les Américains n'arrivent pas

7:05
Présentateur

mettre la pression sur les Israéliens mais nous on va y arriver.

7:08
Invité

Mais je ne dis pas sans les Américains. Ça doit être une offre commune.

7:11
Présentateur

Non mais eux-mêmes n'y arrivent pas.

7:12
Invité

Oui, mais enfin, à un moment, Netanyahou devra comprendre que si les Américains, ses alliés, les Européens, ses amis, le peuple israélien lui-même demandent à ce que les choses s'interrompent, il y a un moment où il faudra bien qu'il cesse. Et donc nous devons maintenir cette pression maximale sur un gouvernement qui est un gouvernement d'extrême droite et qui aujourd'hui cherche évidemment à se maintenir par le seul fait d'être en guerre.

7:36
Présentateur

Allez, revenons à présent à nos images de la semaine, à ce qui a marqué l'actualité, à ce que vous avez repéré. On commence avec vous, Olivier Faure. Quelle est votre photo ? Qu'est-ce que vous avez sélectionné ?

7:46
Invité

Alors c'est une photo que je ne vois pas si elle apparaît. C'est une photo de femme qui manifeste en Pologne et qui manifeste pour retrouver ce droit à l'avortement qui a été quasi totalement suspendu par les néoconservateurs, par l'extrême droite polonaise. Et donc, puisque depuis le début de l'année, il y a eu une victoire du pro-européen Donald Tusk avec une coalition qui comprend la gauche polonaise, et je salue le camarade Biedron qui est un parlementaire européen émérite et qui conduit la gauche polonaise, eh bien il y a aujourd'hui un réveil de la Pologne et il y a aussi un espoir pour nous tous. Il n'y a pas une montée inéluctable et irréversible de l'extrême droite.

Il est possible de la battre. C'était possible en Pologne, pays dont on disait qu'il était totalement et définitivement acquis aux thèses de l'extrême droite. Eh bien nous avons à en faire la démonstration, y compris en France.

8:39
Présentateur

Allez, on reste en Europe avec vous, Françoise Fressose. Quelle est votre image ?

8:43
Locuteur non identifié

Alors j'ai retenu le vote mercredi au Parlement européen de ce qu'on appelle le pacte asile-immigration. C'est un texte important qui a eu plusieurs années de négociations. On pensait même qu'il pourrait ne pas être voté. Et en fait, ça essaye de faire un équilibre entre plus de restrictions à l'entrée des demandeurs d'asile, notamment pour ceux qui n'ont pas de chance d'être un jour de l'avoir, et en même temps essayer d'accroître la solidarité dans la répartition des migrants qu'on accepte au nom du droit d'asile. Alors ça a été un compromis qui a été conclu par les conservateurs, la droite européenne, les sociodémocrates européens et les libéraux européens.

Mais ce qui m'a frappée dans le vote, c'est qu'en pleine campagne des élections européennes, les candidats français aux européennes, qui étaient membres de ces groupes, n'ont pas voté comme les autres. C'est-à-dire que François-Xavier Bellamy, a voté contre, et Raphaël Glucksmann a voté contre. Seule la candidate de Renaissance a voté pour. Et j'y vois au fond la duplication de ce qui s'est passé en décembre au moment de la loi immigration en France. C'est-à-dire que c'est très difficile en France d'avoir un compromis sur l'immigration.

Chaque famille politique a tendance à retrouver les siens, à faire l'union de son camp autour d'une radicalité, si bien que c'est très difficile à s'attaquer de front à cette question-là. Et le problème, c'est qu'en même temps, ça fait monter Marine Le Pen, qui est actuellement très portée par la dynamique de l'immigration. Donc voilà, c'est difficulté en France d'avoir des compromis, et difficulté aussi d'affronter la question migratoire.

10:16
Présentateur

Allez, on reste dans la politique pure, mais nationale cette fois, avec vous, Guillaume Daré.

10:20
Locuteur non identifié

Oui, c'est cette image qui m'a marquée, celle d'Emmanuel Macron avec Bruno Le Maire à Bergerac. Certains ont d'ailleurs souri, soulignant que c'était à l'occasion d'un déplacement dans une usine d'armement, plus précisément de poudre, qu'Emmanuel Macron avait tenté de mettre fin à un climat politiquement explosif. Il n'y a pas de désaccord, car cela ne fonctionne pas comme ça, a dit le chef de l'État. En clair, il n'y a qu'une seule ligne, la sienne, c'est un peu son « je décide », il exécute. Comme l'avait dit à l'époque, rappelez-vous, Jacques Chirac à l'égard de Nicolas Sarkozy.

Alors on voit qu'il y a quand même un certain nombre de divergences qu'il a tenté d'écarter, y compris sur le fond, écartant toute idée de projet de loi de finances rectificatives, poussée pourtant en coulisses par l'entourage du ministre de l'Économie et des Finances, mais qui est très risqué parce qu'effectivement, ça pourrait donner l'opportunité aux Républicains de déposer une motion de censure pour faire éventuellement tomber le gouvernement. En tout cas, ces divergences, on peut dire que l'acte fondateur, c'était ici même, Karine, en novembre, puisque Bruno Le Maire, dans cette émission, avait lancé l'offensive. Mais oui, vous étiez là.

Absolument, en quelque sorte, plus macroniste qu'Emmanuel Macron, expliquant, je cite, que nous n'avions plus le choix, plus les moyens de mener la politique du chèque. Alors aujourd'hui, dans la majorité, plusieurs parlementaires le soupçonnent de chercher une porte de sortie pour préparer 2027. Est-ce que Bruno Le Maire peut encore rester longtemps au gouvernement, partir ? Mais pourquoi faire ? Il jouit d'une popularité correcte, mais il n'a pas de parti à lui, contrairement à Édouard Philippe. Pas de troupe non plus. Il lui faudra désormais en construire un s'il veut regarder vers la prochaine présidentielle. Est-ce que notre stratégie est mauvaise ? Non, elle produit des résultats.

On est les plus attractifs d'Europe. On a une des meilleures croissances de la zone euro. On crée des emplois et on se rapproche des autres là où on avait une maladie française qui était le chômage. Plus personne n'en parle du chômage formidable. C'est notre boulot collectif. On a baissé de deux points. Et donc la ligne, elle est simple, elle a été réaffirmée. Un, on garde le cap. Plein emploi, réindustrialisation, réarmement de nos services publics. Deux, on ferme tout de suite l'hypothèse de dire qu'on va régler ce choc conjoncturel par plus d'impôts. maladie française, ça enlèverait de la confiance. Trois, on est responsable de ce choc conjoncturel.

On doit y répondre de manière appropriée et tout de suite. Ça a été les premières économies sur le financement de l'État. Et c'est deuxième partie après le même taux d'effort d'économie pour tenir un déficit de 5,1.

12:42
Présentateur

Vous en parliez, Guillaume, le président Emmanuel Macron. Donc, jeudi, à Bergerac, pour poser cette première pierre d'une nouvelle usine qui va fabriquer de la poudre d'obus. Il est donc revenu sur la situation économique et financière de la France. Votre réaction, Olivier Faure, vous avez l'air blasé. On maintient le cap ou pas ?

13:00
Invité

Je trouve ça extraordinaire. Vous avez quelqu'un qui vous annonce un déficit qui, en fait, explose entre le moment du vote ou en plus, enfin, du vote, beaucoup dire, 49,3 sur la loi de finances. Tout le monde voit que le mur se rapproche et le voilà qui nous dit je garde le cap. C'est juste incroyable. Vous avez quelqu'un dont on a, à un moment, dit qu'il était le moindre de la finance mais c'est un requiem. C'est un requiem pour nos finances publiques. On est aujourd'hui dans une situation qui est proprement inconsidérée avec une forme d'improvisation permanente.

13:35
Présentateur

Mais il le dit quand même qu'il faut trouver 10 milliards, qu'il y ait des économies à faire.

13:38
Invité

Tout le monde peut le dire mais il faut comprendre quand même quelque chose. c'est que si aujourd'hui l'État est un pécunieux, c'est parce que en fait, c'est ce gouvernement qui l'a rendu en fait un pécunieux. C'est l'histoire de quelqu'un qui vous dit

13:50
Locuteur non identifié

un petit peu participé avec la politique

13:53
Invité

du quoi qu'il en coûte. Moi, je me souviens des séances

13:55
Locuteur non identifié

de l'Assemblée nationale

13:56
Invité

où toutes les oppositions... Moi, je vous défends une idée simple, c'est que vous avez, depuis que ce gouvernement est en place, 50 milliards de cadeaux fiscaux qui ont été donnés chaque année aux plus riches et aux grandes entreprises. Vous avez 125 milliards des deux entreprises dont une part sont en fait des effets d'aubaine. Alors, évidemment, la question se pose de savoir, quand il manque 10 ou 20 milliards, de savoir où il faut les prendre. quand le chef de l'État vous dit je ne veux pas augmenter les impôts.

14:23
Locuteur non identifié

Impôts, maladie française.

14:24
Invité

Maladie française. Enfin, personne ne parle d'augmenter les impôts des plus modestes, des classes moyennes, etc. En revanche, est-ce que vous trouvez logique qu'il y ait des gens qui profitent de toutes les crises sanitaires, géopolitiques, énergétiques et à qui on ne demande rien ? Donc, vous demandez les taxés ? Mais bien sûr.

14:40
Présentateur

Les super riches ?

14:40
Invité

Mais je demande à ce que les super profits soient évidemment taxés. Il y a des gens qui profitent de la guerre. Il y a des gens qui profitent des crises sanitaires. Comment se fait-il qu'on ne pense pas ? Alors, les super profits, en fait,

14:51
Locuteur non identifié

le gouvernement appelle ça des rentes. Donc, vous êtes plutôt d'accord là-dessus ? Rente énergéticien, par exemple. Ah non, rente et super profits, c'est deux choses différentes. Est-ce qu'il faut aller plus loin que ça ?

15:00
Invité

Je ne peux pas y revenir. Moi, je pense qu'il faut taxer la spéculation. Je pense qu'il faut taxer les gros patrimoines. Je pense qu'il faut faire en sorte aujourd'hui que, puisque le chef de l'État parle de réarmement civique, mais il vise qui ? Qu'il vise d'abord les grandes fortunes, tous ceux qui n'ont pas de problème de fin de mois et qui peuvent participer civiquement à l'effort qu'il faut aujourd'hui entreprendre, qu'il s'agisse de l'effort militaire pour aider l'Ukraine ou qu'il s'agisse de la transition écologique ou qu'il s'agisse de la redistribution nécessaire entre les uns et les autres dans un pays qui malheureusement souffre. Vous parliez tout à l'heure de l'extrême droite.

Mais elle monte pourquoi ? Elle monte aussi parce que vous avez des gens qui sont malheureux. Et quand les gens sont malheureux, ils se tournent vers les solutions qui sont parfois les plus extrêmes parce qu'ils sont au bout. Eh bien, moi, ce que je veux, c'est qu'on fasse en sorte que la cohésion dans ce pays soit assurée et d'abord en faisant en sorte qu'il y ait de la justice sociale et fiscale. D'accord.

15:51
Locuteur non identifié

Alors, cette justice sociale fiscale, est-ce qu'elle peut se faire dans un seul pays ? Par exemple, est-ce que si vous voulez taxer les grandes fortunes ou ce que vous appelez les super riches, est-ce qu'on peut le faire tout seul ou est-ce qu'il faut le faire au niveau européen ? Et si oui, comment ?

16:05
Invité

Eh bien, on peut le faire et c'est ce que nous plaidons avec Raphaël Glucksmann au niveau européen. C'est l'initiative lancée par Paul Magnette et Aurore Laluc d'un ICE, d'une initiative européenne qui permettrait, avec un million de signatures, d'obliger la Commission à produire un débat sur cette question-là qui s'appelle Tax the Rich et l'idée, elle est évidemment celle-là, c'est d'arriver à faire en sorte que sur tout le continent européen, on puisse aller chercher l'argent de ceux qui en ont. C'est quand même un truc extraordinaire, c'est que vous avez des gens aujourd'hui qui font des profits qui n'ont pas fait un seul gain de productivité, il n'y a aucune innovation.

Regardez ce que fait Total quand Total, aujourd'hui, amasse des profits inconsidérés. Ce n'est pas parce qu'ils ont réussi quoi que ce soit, c'est simplement parce qu'ils profitent de l'organisation du prix de l'énergie. On parle toujours de Total,

16:49
Présentateur

vous avez un autre exemple à donner ou pas ? Qu'est-ce que vous mettez

16:51
Invité

effectivement dans les rentes ? Quand Sanofi n'a pas réussi en fait à trouver le vaccin contre la Covid, ça ne les a pas empêchés d'encaisser des profits gigantesques. Donc il faut qu'ils rendent à l'argent ? Ça ne les empêche pas aujourd'hui de détruire de l'emploi, de mettre leurs recherches et développements ailleurs. Enfin, comment est-il possible qu'on laisse se faire les choses ainsi ?

17:09
Locuteur non identifié

Sur cette question des finances publiques, on voit que ça transcende tous les partis pour des raisons différentes. Les Républicains se veulent plus durs quasiment que certains membres du gouvernement. il est plané toujours la menace d'une motion de censure. Si les Républicains sur cette question budgétaire déposaient une motion de censure, est-ce que vous, les députés socialistes, vous la voteriez ?

17:29
Invité

Je ne l'exclus pas, mais j'attends de savoir sur quelle base. Si la motion de censure est rédigée sur une base qui est celle de demander à ce qu'il y ait un débat à l'Assemblée qui serait un débat parfaitement légitime, là, j'accepte. En revanche, c'est pour nous dire qu'il faut être plus dur encore que le gouvernement. Là, pardon, mais enfin, je ne suis pas prêt à embrayer le pas des Républicains qui sont prêts à demander. Il faut se rendre compte qu'on parle là de 10 à 20 milliards d'économies, 50 milliards sur les prochaines années, et où est-ce que le gouvernement a prévu de les prendre ? Moi, je vous ai dit où je voulais les prendre. Eux, qu'est-ce qu'ils font ?

18:03
Locuteur non identifié

Attendez, vous n'avez pas dit que vous voulez les prendre. Vous avez dit

18:06
Invité

je suis pour taxer les riches. Ça s'appelle prendre de l'argent là où il existe.

18:09
Locuteur non identifié

Oui, mais combien ça rapporte ? Soyons précis. Combien ça rapporte ? Quelles riches vous touchez ? Vous vous souvenez de l'expérience Hollande où il avait dit la taxe à 75% et finalement, c'est les classes moyennes qu'on payait et une sorte d'allergie fiscale qu'on a résulté ? Donc, soyez précis dans vos propositions. Qu'est-ce que vous faites ?

18:26
Invité

L'allergie fiscale, il y a des gens quand ils sont très riches ils sont allergiques aux moindres centimes mais en fait, ce sont eux qui payent le moins parce que la réalité c'est que par le mécanisme d'optimisation, ils sont ceux qui payent le moins d'impôts en France. Donc, je vous ai dit tout à l'heure, il y a 50 milliards de cadeaux fiscaux depuis le début de ce quinquennat tous les ans offerts aux grandes fortunes.

18:44
Locuteur non identifié

Donc, vous les supprimez tous ?

18:46
Invité

Mais il faut revenir sur une bonne partie de tout cela, évidemment et même pourquoi pas de tous. Il faut taxer les super profits et ça ramène combien si vous cherchez 50 milliards vous les avez déjà. Là, c'est 50 milliards sur plusieurs années qui sont prévues. Donc, vous avez là matière à à la fois assumer nos déficits et en même temps à entamer une transition écologique dont nous avons besoin et à mieux répartir la richesse dans notre pays. Donc là, vous avez quelque chose qui peut se faire et de manière indolore pour l'immense majorité des Françaises et des Français. Donc là, vous avez une première réponse mais la réponse qu'apporte le gouvernement aujourd'hui, elle est terrible.

En fait, regardez les annonces qui se faites les unes après les autres. Vous avez eu les retraites. Maintenant, c'est l'assurance chômage qui se durcit avec des gens qui ne seront plus indemnisés y compris des gens qui sont après 55 ans et qui sont dans une situation où on sait très bien qu'ils ont beaucoup de difficultés à retrouver un emploi et c'est eux qui sont visés prioritairement cette fois-ci après les jeunes et les précaires. Maintenant, vous avez aussi le compte de formation, le compte personnel de formation où chacun devra débrousser 100 euros désormais pour enclencher sa formation.

C'est la question des remboursements, c'est la question des franchises médicales qui sont en train de doubler mais vous voyez bien qu'on s'attaque en réalité par les impôts. En fait, il y a des impôts qui sont prélevés partout sur les Français et y compris les Français les plus modestes. Donc, il faut faire un choix. La politique, c'est choisir. Et donc, entre choisir d'aller chercher les malades, les chômeurs, les personnes âgées, etc., je préfère que les super riches.

20:19
Présentateur

Mais pour freiner le gouvernement dans tout ce que vous dites, est-ce que vous réclamez un projet de loi de finances rectificatif pour contrôler tout ça ? Parce qu'il faut rappeler aux auditeurs qui nous écoutent que le Parlement joue un rôle essentiel normalement dans le contrôle du budget.

20:31
Invité

Absolument. Le Parlement a même pour mission de contrôler l'exercice budgétaire. Or, nous avons là un budget qui a été adopté par le 49-3. Vous avez ensuite donc maintenant des décrets qui sont des décrets d'annulation de crédit et qui, en fait, ne passent absolument pas par le Parlement. Mais je pourrais continuer en vous disant qu'il y a une loi de programmation pluriannuelle de l'énergie qui va passer aussi par décret et qui contredit même la loi qui a été votée il y a quelques années. Et vous avez même sur le CETA un vote qui a eu lieu au Sénat et maintenant nous dit que le vote n'aura pas lieu à l'Assemblée et qu'on va continuer à appliquer le CETA.

21:05
Présentateur

Donc vous réclamez un projet de loi

21:06
Invité

de loi rectificatif ? Je réclame tout simplement la démocratie. Emmanuel Macron rejette. La démocratie. Vous avez aujourd'hui un gouvernement qui fait comme s'il n'y avait pas de démocratie en France et comme si le pouvoir exécutif seul devait décider de tout. Et donc vous avez là une dérive illibérale de ce gouvernement qui est absolument scandaleuse. Vous ne pouvez pas considérer que vous avez un homme seul qui décide de tout. Qui décide contre son gouvernement. On vient de le voir dans les conflits qui agitent la majorité et même son propre gouvernement. Emmanuel Macron se comporte comme s'il avait reçu un mandat qui lui donnait tout pouvoir à tout moment et sur tout sujet.

21:47
Locuteur non identifié

Ce n'est pas possible. Dérive illibérale vous dites c'est quand même extrêmement fort. C'est ce qu'on dit aujourd'hui par exemple de chef d'état comme Victor Orban. Pour vous Emmanuel Macron c'est la même chose que Victor Orban ?

21:57
Invité

Non je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'il y a une dérive illibérale. Quand on parle d'Orban on parle de démocratie illibérale de démocrature de ce que vous voulez. On est effectivement au-delà. Mais il y a une pente et la pente elle est mauvaise et donc je le dis avant qu'il soit trop tard je préférerais que maintenant il y ait un débat. Comment est-il possible que dans notre pays on ne puisse pas avoir un grand débat budgétaire y compris sur lequel on se met complètement on met tout sur la table et on met toutes les solutions. Après le président de la république choisira avec qui il veut construire une majorité.

Pour l'instant le chef de l'état écarte la construire avec les républiques pour l'instant le chef de l'état écarte tout projet de loi de finances réactivitatives. Oui je le regrette parce que le débat parlementaire doit avoir lieu.

22:39
Présentateur

Vous ne pouvez pas le contourner ça ?

22:40
Invité

Moi je ne peux rien faire je n'ai pas d'autre choix que la motion de censure parce que c'est effectivement la possibilité de rappeler à l'ordre un gouvernement et éventuellement de le faire tomber pour obliger à ce qu'il y ait ensuite une loi de finances rectificative. Je dis je n'exclus rien je n'exclus pas le fait que nous puissions avec l'ensemble de la gauche déposer une motion de censure qui permette d'avoir ce débat qui permette d'avoir enfin la possibilité de renouer avec les racistes démocratiques dans ce pays.

23:06
Présentateur

Est-ce que vous êtes d'accord avec Gérard Larcher qui dit ce matin dans la presse que ça pourrait finir mal ?

23:10
Invité

Oui, malheureusement ça peut finir mal et ce que je vois c'est qu'on est dans une situation où le président de la République a poussé à l'incandescence les limites de la Ve République. On est au bout du bout du bout et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs je plaide pour que nous puissions faire évoluer ces règles constitutionnelles parce qu'elles ont montré maintenant leur toxicité.

Que quand on a une pratique du pouvoir qui n'est pas conforme à l'esprit des institutions qui n'étaient pas celles du général de Gaulle qui n'étaient pas celles qui ont été celles de tous les présidents qui ont précédé Emmanuel Macron quand on va jusque là effectivement on prend un risque on prend un risque d'explosion de la société française parce qu'il y a aujourd'hui une exaspération qui ne se traduit plus par un débat politique il n'y a plus de débouchés politiques à cette exaspération et donc on fait monter l'extrême droite dans cette façon là.

23:59
Présentateur

Qu'est-ce que question

24:02
Locuteur non identifié

sur comment vous pouvez vous opposer donc vous dites au Parlement on est gêné parce qu'il n'y a pas de projet de loi de finances rectificatives l'assurance chômage est-ce que vous pourriez envisager un mouvement d'action avec les syndicats éventuellement si le gouvernement décidait de durcir l'indemnisation des chômeurs en tout cas de raccourcir la période d'indemnisation des chômeurs ?

24:23
Invité

Absolument Absolument mais je trouve que cette réforme de l'assurance chômage vous vous rendez compte c'est la quatrième réforme de l'assurance chômage en trois ans vous avez en fait on n'a même pas évalué en fait les précédentes qu'on est déjà dans la suivante je rappelle que Laurent Berger avait dit je crois que c'est à votre micro il avait dit si cette réforme et il parlait de la première elle est mise en place ce sera une tuerie c'est une tuerie c'est déjà observé c'est-à-dire vous avez des gens qui aujourd'hui n'ont plus accès à l'indemnisation mais que voulons-nous dans quelle société voulons-nous vivre c'est quand même l'assurance chômage porte bien son nom c'est-à-dire que nous cotisons pour pouvoir ensuite permettre à des gens qui ont un accident de parcours de pouvoir être assurés malheureusement dans leur chute la réalité c'est que l'assurance chômage elle n'est même pas en déficit et même l'état va même jusqu'à prélever dans les prochaines années 12 milliards d'euros sur cette assurance chômage et alors qu'elle n'est pas en déficit on nous dit il faudrait maintenant alors concrètement

25:24
Locuteur non identifié

qu'est-ce que vous faites si jamais il y a cette réforme est-ce qu'il y a des manifestations des journées d'action qu'est-ce qui est prévu ?

25:29
Invité

ce n'est pas moi qui lance les manifestations j'ai un trop fort respect de ce qu'est en fait le monde syndical et de ce qu'est le mouvement social pour ne pas me substituer à lui mais à l'évidence si demain l'état syndical se réunit et appelle à un mouvement de manifestation de grève etc je m'y joindrai de toutes mes forces

25:45
Présentateur

dans la fonction publique qui appelle déjà à manifester aussi vous soutenez ?

25:49
Invité

oui absolument je soutiens je soutiens aujourd'hui là aussi on est la démocratie sociale ça n'est pas rien je suis un socialiste et donc je suis très attaché à cette démocratie sociale qui est même pour moi le fondement même de la démocratie qui est cette capacité à engager des compromis au fur et à mesure entre le monde syndical et le monde patronal ou entre l'état et le monde syndical quand il s'agit de la fonction publique vous avez là un ministre de la fonction publique qui vous explique qu'il faut modifier et qu'il faut lever le tabou du licenciement des fonctionnaires j'y viens mais moi je s'il s'agit de dire qu'il faut aujourd'hui se poser la question de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique la réponse pour moi c'est oui nous avons aujourd'hui des carrières qui sont trop mal gérées et vous avez des gens qui du moment où ils rentrent dans la fonction publique et au moment où ils en sortent qui n'ont pas changé de métier qui ont été démotivés à la fois pour des raisons salariales mais aussi pour des raisons de déroulement de carrière qui ne sont pas satisfaisants donc ça j'y suis prêt en revanche venir chercher à expliquer désormais qu'il faudrait commencer par le licenciement mais le licenciement il est possible si vous faites une faute grave dans la fonction publique 13 ans dernier dit-il c'est pas parce que ça n'est pas appliqué que ça n'existe pas ça veut dire que ça existe et que vous pouvez mettre à pied vous pouvez mais ça supposerait aussi que l'état cotise à l'assurance chômage ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et donc là aussi il y a des impensés dans cette histoire parce que vous ne pouvez pas dire que je licencie le fonctionnaire qui derrière n'a même pas le droit à l'assurance chômage il y a quand même beaucoup de choses qui ne sont pas mais au-delà de tout ça comment est-ce que les choses se passent je reviens à la démocratie sociale il réunit les syndicats il ne leur évoque même pas ce qu'il évoque ensuite à la télévision et à la radio mais j'y vois tout simplement une manipulation gigantesque une volonté d'aller séduire un électorat qu'il pense être un électorat de droite qui pourrait être sensible à ses manifestations d'autorité mais en réalité il ne fait rien pour avancer concrètement avec celles et ceux qui sont les premiers concernés

27:46
Présentateur

Olivier Faure le premier secrétaire du parti socialiste et notre invité dans questions politiques jusqu'à 13h premier baromètre Ipsos pour France Inter et pour le journal Le Parisien qui a été diffusé ce matin baromètre des intentions de vote pour les élections européennes du 9 juin prochain premier renseignement la liste de Jordan Bardella reste très nettement en tête avec 32% des intentions de vote second renseignement la liste de Raphaël Glucksmann désormais à 13% continue de progresser c'est lui qui enregistre la plus forte dynamique et puis troisième enseignement l'écart donc effectivement entre Valérie Ayet et la candidate de la majorité présidentielle à 16% l'écart vraiment se resserre entre elle et le candidat socialiste place publique Olivier Faure est-ce que vous êtes content satisfait de ce sondage ?

28:35
Invité

Je ne suis jamais content d'un sondage je serai content éventuellement d'un résultat et donc je suis trop enseigné par l'histoire des sondages pour savoir qu'en fait ils ne sont pas forcément prédictifs donc je reste prudent mais ça indique quelque chose que je retrouve chaque semaine sur le terrain sur les marchés dans les meetings je vois on était hier avec Raphaël on était à Nantes avec Johanna Roland et il y avait là une foule que nous n'avions pas connue depuis très longtemps et phénomène assez particulier beaucoup de gens qui ne sont pas des militants qui sont des gens qui sont venus parce qu'ils sont attirés par l'offre politique que porte Raphaël et qui à l'évidence cherchent une solution du côté de la gauche et qui veulent en fait que toute la gauche puisse se rassembler derrière un étendard et pourquoi pas être en mesure d'adresser un vote qui permette d'adresser un signal très clair par rapport aux chefs de l'État par rapport aux Européens aussi et peut-être pourquoi pas c'est en fait il y a de tout c'est des anciens

29:39
Locuteur non identifié

macronistes c'est des anciens mélenchonistes c'est des écologistes

29:43
Invité

ni les uns ni les autres ce sont des françaises et des français qui à chaque élection s'interrogent sur la question de savoir qui est celui qui est le plus à même de porter leurs espérances et ils ont pu voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ou pour Emmanuel Macron ou pour d'autres mais surtout la question qu'ils se posent c'est comment est-ce qu'on fait pour être à la fois aujourd'hui parfaitement européens parfaitement claires sur les questions internationales et en même temps parfaitement à l'aise avec la question de la justice sociale et fiscale et ces gens-là se retrouvent aujourd'hui dans la candidature de Raphaël Glucksmann à partir de quel niveau vous jugerez que c'est un succès ?

à partir de quel score ? Karine Becker vient de le dire en fait nous sommes face malheureusement à une vague d'extrême droite sans précédent 32% pour Jordan Bardella et je rajoute malheureusement 6 points et demi qui sont ceux de Marion Maréchal Le Pen donc une extrême droite qui est à près de 40% donc je ne vais pas me réjouir quand je vois un score de la gauche qui aujourd'hui est autour de 30% et où nous-mêmes nous sommes autour de 13%

30:48
Présentateur

mais avec 13% comment est-ce que vous allez réussir à maintenir la dynamique là ? Il reste encore 8 semaines de campagne est-ce que vous pourriez par exemple tendre la main au vert ?

30:57
Invité

mais moi je ne veux je tends la main à tout le monde à tous les électrices et les électeurs qui ont envie de trouver une offre qui soit une offre positive qui permette de battre Renaissance et de commencer à amorcer une offre politique qui puisse demain battre l'extrême droite à l'élection présidentielle même si je ne confonds pas les échéances et donc nous avons là en fait une responsabilité mais je ne suis pas là pour faire une opération d'appareil ni quoi que ce soit et donc on est voilà on doit pour les semaines qui viennent continuer à affirmer l'identité à affirmer ce que je viens de vous dire c'est à dire à la fois être clair sur la question européenne clair sur les questions internationales donc pas de ragnement

31:34
Présentateur

pas de liste commune tout ça vous oubliez ça peut exister ou pas du tout c'est sûr que non ?

31:39
Invité

moi je ne veux pas mettre la pression sur quiconque les écologistes ont fait un choix s'ils en faisaient un autre on y réfléchirait mais je ne veux pas être celui qui leur met la pression je respecte parfaitement leurs décisions ils ont fait un choix qui est respectable et donc chacun fait ce qu'il veut mais je le dis aussi il faudra penser après cette échéance aussi à se retrouver parce qu'il y a un moment où nous aurons tous une responsabilité parce que le grand événement de l'élection européenne risque, menace d'être la force la puissance de l'extrême droite en France et donc il va falloir se réveiller

32:12
Présentateur

alors on va en parler réveiller l'Europe c'est justement votre slogan au parti socialiste ça consiste est-ce que réveiller l'Europe ça consiste encore à négocier des traités internationaux le premier ministre Gabriel Attal était au Canada cette semaine pour jurer que le CETA notamment serait bien appliqué en France il y a trois semaines les sénateurs se sont opposés à la mise en oeuvre de ce grand traité commercial vous en parliez tout à l'heure est-ce que vous êtes pour ou contre vous ce CETA Olivier Faure il doit s'appliquer ou pas en France

32:41
Invité

non mais à l'initiative des communistes donc au Sénat en fait il y a eu une majorité fait extraordinaire c'était une initiative communiste et donc toute la gauche et les républicains ont voté contre le CETA pour protéger en fait notre propre agriculture et donc nous avons aujourd'hui une situation dans laquelle on a des traités qui sont des traités old school qui en fait ne permettent pas de répondre aux grands défis qui sont devant nous notamment la question écologique la question de la transition écologique

33:10
Présentateur

là quand on nous dit que ce CETA il est bénéfique pour les agriculteurs français vous n'y croyez pas ?

33:14
Invité

non je n'y crois pas il est bénéficiaire pour quelques-uns d'entre eux il est bénéficiaire notamment pour les viticulteurs mais il ne l'est pas pour les éleveurs et donc nous avons là une menace y compris pourquoi il y a un problème avec ces traités de libre-échange ?

c'est parce que vous ne pouvez pas demander à nos agriculteurs vous ne pouvez pas leur imposer des normes sanitaires qui permettent de préserver la santé dans notre pays et en même temps accepter d'importer d'autres pays étrangers des produits qui eux ne respectent pas les mêmes normes mais d'abord il faut quand même qu'on se comprenne les traités internationaux sont un accélérateur de ce que passe international mais même sans traité international nous commerçons avec les pays étrangers et ce serait faux de dire que quand il n'y a pas d'accord de libre-échange il n'y a pas d'échange ça permet quoi un traité de libre-échange ?

ça permet de faire en sorte que les droits de douane soient abolis entre les deux pays et ça permet de faire aussi d'ouvrir les marchés publics à des pays étrangers moi je défends ce qu'on appelle le Buy European Act c'est-à-dire l'idée que nous puissions réserver nos marchés publics aussi à une offre locale nous ne pouvons pas être en permanence les idiots utiles de la mondialisation regardez ce qu'est ce fameux IRA l'IRA c'est l'inflation réduction act enfin je l'ai prononcé à la française aux Etats-Unis pour dire en fait y compris il y a une clause qui est une clause de contenu local c'est-à-dire que les américains eux se permettent quand ils se sentent aujourd'hui en situation de devoir soutenir leur industrie soutenir leurs forces économiques et bien ils sont capables d'opérer une forme de protectionnisme et bien les européens doivent être de la même façon être en mesure de le faire je ne sais pas si on parlera de défense européenne mais c'est indispensable aujourd'hui d'y revenir c'est une question de souveraineté

34:57
Présentateur

alors on va revenir sur la question de la défense européenne mais d'abord une question sur la loi le pacte asile et migration

35:05
Locuteur non identifié

voté cette semaine est-ce que vous pouvez expliquer en fait le vote de Raphaël Guzman pourquoi il s'est opposé à ce pacte qui a été soutenu par ailleurs par les sociodémocrates européens et les conservateurs et les libéraux

35:16
Présentateur

il n'y a aucun eurodéputé socialiste qui l'a voté

35:18
Locuteur non identifié

qu'est-ce qui a justifié ça ?

35:21
Invité

je crois qu'il s'en est expliqué et il l'a dit et je soutiens parfaitement cette position qui est celle des socialistes et de place publique pour la France même si vous avez raison de le rappeler il y a dans le débat européen à chaque fois vous avez à la fois un débat qui oppose des forces politiques mais aussi parfois des différences entre les différentes nations parce que nous avons aussi des intérêts parfois différents des histoires différentes des relations différentes avec d'autres états etc. et donc ça justifie parfois des positions différentes dans le même groupe bon pourquoi ?

parce que d'abord un ça ne règle pas la question de l'indignité de notre rapport aujourd'hui à cette question migratoire ce pacte asile-immigration ne règle pas la question du sauvetage en mer des migrants des personnes migrantes parce que vous avez aujourd'hui en fait des durées de rétention qui sont excessives on va mettre en centre de rétention des enfants entre 6 mois et 9 mois dans certaines situations parce que vous avez aussi ce que nous avons condamné depuis longtemps c'est-à-dire le pacte de Dublin qui fait peser l'essentiel de la charge sur les pays d'entrée qui restent en réalité en exercice Mais Olivier Faure

36:30
Présentateur

est-ce que c'est compatible avec les inquiétudes des français sur la question de la migration ?

36:34
Invité

Mais moi je ne vous dis pas que le refus ne suffit pas il ne suffit pas de dire que nous refusons ce pacte nous avons des propositions symétriquement pour dire ce qu'il faudrait faire ce qu'il faudrait faire c'est ouvrir des voies légales d'immigration faire en sorte que vous ayez des gens qui puissent aller et venir en fonction des besoins des européens il faudrait faire en sorte que nous ayons des voies légales aussi pour les réfugiés climatiques

36:59
Présentateur

Vous êtes sûr que les français sont sensibles à l'idée d'ouvrir des voies légales

37:04
Invité

d'immigration ? Mais regardez ce qui se passe en Italie c'est très significatif vous avez là une femme qui a promis un blocus en mer Méditerranée et qui finalement aujourd'hui est en train de légaliser 450 000 titres de séjour pourquoi ? Parce que son économie en a besoin la réalité c'est que nous avons aussi besoin de l'immigration

37:25
Locuteur non identifié

Vous dites aux français qu'il faut davantage d'immigration ?

37:28
Invité

Je dis que nous avons besoin de la réguler mais que nous devons aussi être humains être humains c'est aussi un devoir que nous ne pouvons pas avoir un cimetière à ciel ouvert en Méditerranée que nous devons veiller à ce que nous ne sous-traitions pas à des salopards nos frontières et je pense là quand ce sont

37:47
Locuteur non identifié

quand vous avez une question à résoudre immédiatement et qu'un compromis se dessine est-ce qu'il ne faut pas mieux aller vers le compromis que dire non non ce n'est pas suffisant donc on ne signe pas

37:59
Invité

mais à un moment il faut aussi qu'il y ait des gens qui se lèvent pour dire que les compromis à minima ça ne va pas suffire très longtemps et qu'il faut se poser les choses en face regarder les choses en face la réalité et vous le savez très bien comme nous tous autour de cette table la question migratoire elle ne va pas s'arrêter avec des murs et des barbelés la question migratoire elle dépend de quoi ?

Elle dépend d'équilibre géopolitique on en a beaucoup parlé elle dépend aussi d'un combat qu'il faut mener ardemment qui est la question du réchauffement climatique si vous avez des territoires entiers où le désert avance les gens bougeront les gens bougeront comme depuis toute éternité comme depuis que le monde existe quand il fait trop froid quand il fait trop chaud quand c'est la guerre quand c'est la famine les gens bougent alors ils bougent d'abord d'une région à l'autre et nous sommes en réalité le réceptacle de très peu des mouvements migratoires l'essentiel se passe dans l'Afrique elle-même puis après on passe d'une région à l'état voisin et là on ouvre un conflit potentiel et donc une guerre et donc on se déplace un peu plus loin et là on vient traverser une mer en l'occurrence la Méditerranée pour chercher un avenir et donc notre avenir d'européen il dépend de notre capacité à maintenir des équilibres et y compris à lutter efficacement contre le réchauffement climatique et c'est la raison pour laquelle quand je vois tant de gens aujourd'hui qui à droite se battent contre le pacte vert et bien là je me dis qu'il y a une forme d'inconscience qui est folle si nous ne faisons pas les efforts nécessaires pour aller jusqu'au bout de ce pacte et bien nous en paierons les conséquences y compris sur le champ migratoire

39:30
Présentateur

Olivier Effor Olivier Effor je ne vais pas y arriver je voudrais vous faire écouter maintenant un homme que vous connaissez bien depuis vos débuts en politique

39:39
Locuteur non identifié

après l'élection européenne si nous n'avons pas un bon score tout le monde va dire ah vous voyez il faut en revenir au centre-gauche caliner la tête de tout le monde et arrêter avec eux les insoumis si on a un très bon résultat si nous sommes nettement devant et bien nous on reviendra et on leur dira mes chéries c'est comme la dernière fois il faut faire l'union et nous nous sommes capables de faire l'union tandis que la seule chose qu'ils sont capables de faire c'est la division et de tendre les rapports entre les gens

40:06
Présentateur

vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon vous êtes le diviseur Olivier ?

40:09
Invité

non mais franchement les bras mentons qui divise en ce moment dans cette campagne électorale ? je vois en fait que l'essentiel des attaques aujourd'hui des insoumis et de Jean-Luc Mélenchon en tête s'adresse à Raphaël Glucksmann c'est ça le rassemblement ? c'est ça la volonté de mettre toute la gauche d'un même pas ? et il faudrait que ce soit la France insoumise soit devant pour rassembler ? quelle est cette conception curieuse ?

la réalité c'est que ce n'est pas moi qui ai dit et d'ailleurs je ne le pense pas que l'élection présidentielle commence avec les élections européennes c'est lui qui a dit que c'était le premier tour de l'élection présidentielle et bien si c'est le premier tour de l'élection présidentielle il devra aussi se conformer à ses résultats et s'il se trouvait que Raphaël Glucksmann était en tête de la gauche au soir du 9 juin il faudrait à minima considérer que sur les questions européennes et internationales quelque chose a été tranché par les électrices et les électeurs de France

40:59
Locuteur non identifié

le rassemblement à gauche devra se faire derrière le parti socialiste si c'est Raphaël Glucksmann qui est en tête des forces de gauche c'est ce que vous dites à Jean-Luc Mélenchon ?

41:06
Invité

mais moi je dis que quand on veut mener une coalition on respecte tout le monde et j'en ai assez soupé de ces réflexes hégémoniques ça a été le cas longtemps pour nous mais y compris quand j'ai fait le choix en 2019 de confier la tête de liste à Raphaël Glucksmann qui était encore inconnu à l'époque c'était aussi pour attraper ce signal là je ne veux plus d'un parti qui se considère comme hégémonique c'est vrai pour l'EPS ça doit être vrai pour les insoumis ça doit être vrai pour les communistes ça doit être vrai pour les verts personne n'est hégémonique à gauche et donc il faut une coalition et une coalition c'est une coalition qui fonctionne sur des règles démocratiques où on cherche à chaque fois des positions qui sont des positions communes compatibles avec ce que donc c'est la suite c'est la suite de la NUPES il n'y a pas vraiment tort la mélange pour laquelle c'est pas du tout la suite de la NUPES

41:55
Locuteur non identifié

à chaque fois qu'il y a eu une primaire à gauche qu'on a fait des règles démocratiques ça n'a pas toujours très très bien marché c'était pas ça qui allait rassembler complètement la gauche quel est le bon processus pour faire une coalition après les européennes ?

42:09
Invité

écoutez regardez en fait les exemples européens sont multiples vous avez des tas d'endroits où on sait mener une coalition non non mais on est en France là on est spécial d'accord mais enfin on n'est pas obligé d'être franco-centré et parfois réfléchir avec ce qui se passe ailleurs je regarde l'exemple espagnol par exemple vous avez la gauche radicale qui gouverne avec Pedro Sanchez et ça se passe très correctement où chacun respecte l'autre où on a la volonté de définir des positions en commun pourquoi la NUPES à un moment s'est interrompue ?

42:40
Présentateur

c'est la faute à Mélenchon si je comprends tout simplement

42:42
Invité

parce que il a l'air de répéter ça a commencé avec l'argumentaire développé par Jean-Luc Mélenchon au moment de l'affaire Quatennens qui contredisait toutes nos conceptions sur le féminisme puis ça s'est prolongé pendant le débat sur les retraites où Jean-Luc Mélenchon voulait prendre la tête du mouvement social puis ensuite qui a dénoncé la volonté d'aller jusqu'à l'article 7 ça s'est prolongé encore avec les violences urbaines où il demandait non pas le calme mais la justice la justice oui mais le calme aussi pour nous et ensuite cet octobre avec cette absence de condamnation du Hamas

43:17
Présentateur

mais ça fait longtemps que ça va pas alors avec Jean-Luc Mélenchon mais ça fait longtemps qu'il y a des alertes

43:20
Invité

oui et donc ça veut dire quoi ça veut dire qu'une coalition ça ne peut fonctionner que quand il y a des règles et d'un respect en commun la réalité c'est qu'au parlement ça fonctionnait plutôt bien et que à chaque fois que Jean-Luc Mélenchon est intervenu dans le débat pour pouvoir à chaque fois reposer ses propres conditions effectivement il y a eu quelques difficultés parce que nous ne pouvions pas suivre des positions qui étaient des positions non pas de rechercher ce qui était le point commun de la gauche mais c'est de radicaliser la gauche mais qui est l'ordonnateur sur un noyau dur qui est le sien

43:49
Locuteur non identifié

qui est l'ordonnateur pas d'hégémonie mais qui est en capacité d'ordonner ce dialogue cette coalition et le fonctionnement de cette coalition

43:59
Invité

mais moi je souhaite un fonctionnement collectif que je souhaite non mais

44:04
Présentateur

une incarnation comme on dit vous savez

44:07
Locuteur non identifié

l'incarnation ça viendra il y en a qui dit qu'il est toujours pleinement engagé dans la vie politique c'est François Hollande est-ce que c'est derrière lui que la gauche peut se rassembler pour 2027 je vous ai déjà dit que je ne voulais

44:17
Invité

comment voulez-vous faire fonctionner une incarnation une incarnation une incarnation aussi mais une coalition si comme à chaque fois on commence par dire je veux bien que ce soit une coalition si elle est derrière moi ça ne peut pas fonctionner vous avez besoin de prendre les choses par étapes et donc commencer par s'accorder sur un projet commun se poser la question de savoir quels sont les équilibres à trouver dans une coalition y compris sur le plan des législatives mais il faut sortir Jean-Luc Félanchon

44:46
Présentateur

pour réussir à faire ça mais il faut garder quelques insumis aussi ou

44:49
Invité

mais il faut travailler avec ceux qui sont prêts à travailler avec une coalition de la nature que je viens d'indiquer je n'ai pas à ouvrir ou fermer des portes ce n'est pas moi qui dirige quoi que ce soit je suis en train de vous dire ce qui est pour moi la conception qui permet à un moment de rassembler la gauche ou l'essentiel de la gauche et de faire en sorte que nous soyons demain en capacité d'aborder un second tour d'une élection présidentielle puis ensuite de l'emporter au second tour face à Marine Le Pen

45:15
Présentateur

Merci Olivier Faure vous restez avec nous bien sûr pour accueillir notre second invité pour le livre de la semaine France Inter question politique Karine Bécard prenez le temps de vous installer bonjour Patrice Duhamel bonjour bienvenue dans question politique vous êtes l'un des plus fins observateurs de la vie politique française vous êtes éditorialiste une question d'abord si vous voulez bien sur la situation de ce matin avant de parler évidemment de votre livre puisque vous êtes venu pour ce livre on va bien sûr en parler mais situation donc tendue au Proche-Orient après l'attaque lancée par l'Iran cette nuit sur Israël on attend bien sûr de savoir quel rôle va jouer la France et justement ça se passe comment en coulisses à ce moment-là comment les choses se décident

46:04
Locuteur non identifié

c'est simple sous la 5ème République depuis le général de Gaulle c'est un article de la Constitution c'est le président qui est à la manœuvre avec ses conseillers avec le conseil de défense avec j'allais dire accessoirement il joue quand même un rôle le ministre de la défense le ministre des affaires étrangères et le premier ministre mais c'est 95% la responsabilité de ce que l'on appelle le chef des armées c'est une des ambiguïtés de la Constitution d'ailleurs parce que c'est pour ça que dans le livre je parle souvent des divergences entre le président et le premier ministre c'est que vous avez deux articles dans la Constitution il y a l'article 15 qui dit le président est chef des armées il n'y a pas de problème il y a aussi le domaine réservé qui fait que sur la diplomatie parce que là il y a un problème de coalition occidentale c'est aussi le président qui est à la manœuvre mais il y a un article qui est je crois le 21 qui dit que le premier ministre est responsable de la défense nationale vous voyez

46:59
Présentateur

il y a un petit peu

47:00
Locuteur non identifié

des deux pour répondre clairement c'est le président tout seul

47:04
Présentateur

mais ça peut prendre du temps non il faut qu'il aille vite

47:07
Locuteur non identifié

oui il va vite puis en général il va vite et franchement les grands militaires français chefs d'état-major chefs d'état-major particuliers objectivement si on prend les 20 ou 30 dernières années on les connaît ils sont toujours vivants ce sont des gens exceptionnels franchement

47:23
Présentateur

alors vous êtes là pour parler de votre livre qui s'appelle le chat et le renard en référence aux fables de la fontaine je précise que c'est sorti aux éditions de l'observatoire alors si vous aimez chers auditeurs chers téléspectateurs les grandes pages de l'histoire vous allez a priori adorer le chat et le renard qui nous fait entrer dans les coulisses de presque tous les grands couples de l'exécutif Pompidou Chaban VGE Chirac Mitterrand Rocard Sarkozy Fillon Hollande Valls Macron Philippe mais ce sont que des couples malheureux

47:53
Locuteur non identifié

oui

47:53
Présentateur

on n'est jamais heureux en fait

47:55
Locuteur non identifié

il y a eu peut-être deux exceptions Chirac Juppé mais ça s'est quand même détérioré à partir des grandes grèves de la fin 95 et puis le changement de stratégie de Chirac qui avait fait une campagne sur la fracture sociale et puis qui est quelques mois plus tard à engager une politique de rigueur et je dirais l'autre c'est Chirac Raffarin mais qui ne s'est pas bien terminé parce qu'il y a eu le référendum de 2005 qui pour le président était une catastrophe politique

48:26
Présentateur

Mais pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi à chaque fois c'est compliqué ? Ou presque ?

48:29
Locuteur non identifié

Parce que la constitution est ambiguë parce qu'il y a des duels personnels de caractère Giscard-Chirac c'est un duel de caractère Mitterrand-Rocard Mitterrand ne supporte pas car maintenant 20 ans après on a su qu'il l'avait nommé pour le tuer ce qu'il a parfaitement réussi d'ailleurs Sarkozy-Fillon ça ne s'entendait pas très bien non plus Macron Edouard Philippe ils étaient quand même en désaccord sur un point central qui est que Edouard Philippe considère alors on verra ce qu'il fait s'il est élu président de la république mais que présider c'est une chose et gouverner en est une autre voilà grande ambiguïté de la 5ème république il y a une autre raison c'est qu'on est quasiment le seul grand pays démocratique où il y a deux têtes de l'exécutif avec autant de responsabilité dans les textes de la constitution et en réalité ça n'est clair que quand il y a la cohabitation parce qu'ils sont obligés de se répartir les rôles il y a l'article 20 mais l'article 20 en dehors des cohabitations il n'a jamais été respecté

49:27
Présentateur

mais vous dites il se répartir ses rôles

49:28
Locuteur non identifié

le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation

49:31
Présentateur

voilà il se répartir ses rôles mais moi ce que je découvre en lisant votre livre

49:34
Locuteur non identifié

il devrait se répartir les rôles

49:35
Présentateur

mais à chaque fois quand même ils en discutent

49:37
Locuteur non identifié

non ils en discutent pour les cohabitations j'avais le sentiment

49:42
Présentateur

en lisant votre livre que vraiment à chaque fois quand même il y avait une petite discussion sur bon alors tu fais quoi et moi je fais quoi

49:47
Locuteur non identifié

oui enfin elle est très rapide De Gaulle Pompidou il se connaissait très très bien ça s'est très mal terminé mais ça c'est un autre sujet mais De Gaulle considérait que de toute façon c'est lui qui décidait alors il décidait aussi de ce sur quoi Pompidou devait prendre la main Françoise sauf en 68 où là c'est le premier ministre qui vraiment était à la manœuvre Estimez-vous qu'il y a un homme de trop dans cette organisation aujourd'hui notamment depuis le quinquennat autrement dit est-ce qu'il faut aller vers un régime présidentiel ou vers une sixième république plus parlementaire quel est votre point de vue ?

Quand on voit l'expérience on pourrait dire vous avez raison qu'il y a un homme de trop et ce qui fait que des anciens présidents enfin un ancien président comme François Hollande ou François Fillon d'un moment l'avait dit aussi qu'il fallait supprimer la fonction de premier ministre je suis pas sûr que ça corresponde à la société française et à la société politique française en revanche il serait temps de clarifier les choses et de faire en sorte mais alors c'est pas dans les textes il faut que ce soit les femmes et les hommes qui le fassent que cette répartition des rôles que vous évoquiez soit parfaitement claire pas seulement pour que le gouvernement fonctionne bien mais aussi pour que les français comprennent qui décide quoi bien sûr Guillaume comment vous qualifieriez aujourd'hui le couple que forment Emmanuel Macron et Gabriel Attal au regard des précédents couples qui ont été présents entre Matignon et l'Elysée ?

51:08
Présentateur

alors du coup je prolonge moi j'ai le sentiment en lisant votre livre à nouveau que ça ressemble beaucoup à VGE Chirac même président brillant ça ressemble à VGE Chirac

51:16
Locuteur non identifié

ça ressemble à Mitterrand Fabius sauf que Mitterrand était beaucoup plus âgé que Fabius mais quand Fabius a été nommé premier ministre très jeune il a obtenu de Mitterrand parce qu'il le connaissait très bien Mitterrand avait confiance en lui il avait obtenu de Mitterrand que pendant une longue période même un peu plus de 6 mois il lui laisse la main il se fasse connaître des français et qu'il soit absent relativement sur la scène politique française là ça n'a pas dû franchement avec Emmanuel Macron il se cherche une répartition des rôles c'est compliqué parce qu'ils interviennent beaucoup tous les deux Attal annonce beaucoup de choses qui sont en réalité arbitrées à l'Elysée je pense que

52:00
Présentateur

mais ils s'entendent bien ou pas ?

52:02
Locuteur non identifié

ils s'entendent à peu près bien bon il y a des fritures sur la ligne de temps en temps parce que tous les arbitrages sont rendus au palais c'est pas la peine de se raconter des histoires les arbitrages budgétaires actuellement les réunions et se font à l'Elysée c'est un des sujets une fois j'ai posé la question comme ça à Macron on l'était une petite dizaine je lui ai dit mais pourquoi vous êtes toujours en première ligne d'autres présidents l'ont fait mais vous vous le faites vraiment beaucoup et il m'a répondu ce qu'on peut entendre mais à mon avis c'est quand même compliqué politiquement que comme les français considèrent qu'il est responsable de tout ce qui va bien et ce qui va mal autant assumer et aller sur le terrain

52:38
Présentateur

Olivier Faure vous êtes d'accord avec tout ça ou pas ?

52:40
Invité

Oui il y aurait une solution simple pour que l'article 20 s'applique mais c'est jamais appliqué Oui c'est ce que je dis mais il y a une solution simple en fait il suffirait de transférer d'abord le droit de dissolution du président de la république vers le premier ministre et ensuite de rendre le premier ministre totalement responsable devant l'assemblée et donc obligé à un vote d'investiture donc le premier ministre serait investi par une majorité parlementaire il serait obligé de la trouver c'est le cas dans toutes les démocraties européennes et il aurait inversement le droit de dissolution en cas de blocage complet et là vous avez un équilibre qui permet d'avoir à la fois un président qui reste élu au suffrage universel direct c'est le cas au Portugal c'est le cas en Autriche sans qu'ils aient les pouvoirs du président français et donc vous avez un équilibre nouveau C'est ce que vous préconisez

53:20
Présentateur

C'est ce que je préconise Vous en pensez quoi ? C'est possible ou pas ?

53:24
Locuteur non identifié

Avec l'élection du président de la république au suffrage universel et les français malgré ce que disent certains X ou Y Mélenchon par exemple les français ils tiennent énormément quand il y a des sondages c'est plus de 80% des gens c'est un avantage acquis pour les français mais les instruments politiques dont ils disposent c'est difficile de l'en priver ou alors on rentre dans une sixième république

53:47
Invité

Non mais là aujourd'hui reconnaissez qu'on n'est même pas fidèle à l'esprit de la cinquième on est en réalité avec un omni un hyper un Jupiter président qui s'occupe de tout tout le temps et qui en réalité concentre tellement de pouvoir que la question démocratique est posée on en a parlé tout à l'heure

54:04
Locuteur non identifié

Je suis partiellement d'accord mais je vous ai entendu tout à l'heure dire il a porté ça à un niveau d'incandescence là je ne suis pas d'accord parce qu'il y a une pente depuis le général de Gaulle quasiment permanente avec bien entendu l'accélération 100% avec le quinquennat mais il y a d'autres présidents qui ont été aussi hyper présidents que lui à ce point là j'ai fait plusieurs interviews de Sarkozy pour des documentaires depuis une dizaine d'années et il disait on m'a accusé d'être hyper président mais j'aurais dû l'être encore plus La réalité c'est qu'il l'est

54:39
Invité

encore plus parce qu'il a lui-même une absence de majorité à l'Assemblée et qu'en dépit de cette absence de majorité il se comporte comme s'il avait une majorité et donc là on a vraiment poussé jusqu'au bout les feux puisqu'il n'a même pas de majorité et il se comporte comme s'il n'en avait une et c'est là qu'on a un problème démocratique qui est posé

54:56
Présentateur

A tous les deux pardonnez-moi c'est passionnant Patrice Duhamel pour ce livre Le Chat et le Renard aux éditions de l'Observatoire merci à vous aussi Olivier Faure belle fin de week-end je vous dis à la semaine prochaine

Olivier Faure dénonce une "dérive illibérale absolument scandaleuse" de la majorité présidentielle · Pourquijevote