"On peut toujours s'en sortir" : Miel Abitbol raconte la détresse psychologique et la santé mentale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle a 18 ans. Elle a grandi entre San Diego et Paris. À 11 ans, elle rentre en France et tout bascule.
Harcèlement scolaire, humiliation, viol, revenge porn. À 13 ans, tentative de suicide, hospitalisation, traitement, reconstruction. 3 ans plus tard, elle crée Link, une application et une fondation pour aider les jeunes à parler de ce qu'elle n'a pas pu dire.
Elle attend. Aujourd'hui, 3 millions d'abonnés la suivent sur les réseaux. Elle parle de santé mentale, de honte, de solitude, de survie et de joie.
Elle est notre première invitée pour info. Mielabit bol. Venez miel, bienvenue.
Merci infiniment d'être la première invitée de pour info. Installez-vous confortablement. Avec plaisir.
Merci. La première. Comment vous vous sentez déjà ?
Bah ça va franchement très bien, tranquille. Vous avez fait quelques petits formats YouTube, plein de podcast. Vous avez écouté.
Qu'est-ce que vous pensez déjà de notre studio ici ? Franchement ouais, c'est propre, c'est qualif. C'est sympa.
Je valide. Bon alors moi je trouve j'ai trouvé aussi que vos contenus étaient propre et cali mars dernier vous avez adressé un message au président de la République française. Monsieur le président Emmanuel Macron, il y a 4 ans, je vous ai envoyé un message le lendemain de ma première tentative de je n'ai jamais eu de réponse.
J'avais seulement 13 ans, mais j'étais déjà révoltée face à l'inaccessibilité aux soins. Même en dépression et sous cacheton, j'étais déterminée à faire entendre ma voix et à faire changer les choses. Monsieur le président, c'est 163 milliards d'euros de coût direct et indirect estimé en 2023 pour la santé mentale.
Je vous promets qu'on va faire changer les choses. Et vous avez fait changer les choses. Déjà, parlez-moi de votre état d'esprit à ce moment avant de voir la réponse du chef de l'État et la suite.
Au moment où vous postez ça, que vous ressentez à ce momentlà, je me suis dit allez, j'ai rien à perdre he vas-y, je poste la vidéo et on verra bien. On verra bien ce que ça donne. Et et c'est c'est exactement ce que j'ai fait au final.
Donc là, on est le 21 mars dernier et quelques jours plus tard, neuf pour être précis, le président de la République vous répond ceci : "Bonjour miel, j'ai bien vu votre message. D'abord, je suis désolé s'il y a pas eu de réponse à votre précédent message alors que vous traversiez une période difficile et que vous aviez eu une expérience inacceptable en effet à l'hôpital. On est en train d'essayer de réorganiser en effet tout notre système mais on a besoin de vous." Et donc je vais bientôt organiser une rencontre à l'Élysée avec des associations désengagées et miel je vous propose de venir avec votre groupe pour qu'on en parle pour qu'on travaille ensemble et que vous nous aidiez dans ce travail.
Il vous propose de venir vous venez mais au début il vous reçoit pas. Non ce sont deux ces conseillers qui vous reçoivent. Racontez-moi.
Non. Ben on a eu on a eu cette vidéo réponse. Du coup on a été mis en contact avec les conseillers du président.
Quand vous dites on c'est qui ? C'est bah moi euh mon père et le docteur Morin qui est du coup donc c'est la psy qui vous a suivi et votre père aussi tous les trois vous avez créé l'application Link et la fondation dangereux. D'accord.
Donc vous allezé vous pensez un peu recevoir le chef et puis en fait il s'agit de Gilles Albou conseiller éducation enseignement supérieur et recherche et innovation et William Elman, conseiller sport vie associative et solidarité. C'est ça. Du coup on est reçu par les deux conseillers qui aiment beaucoup euh nos nos idées, nos démarches et tout.
Enfin, ils étaient vraiment en accord un peu avec tout ce qu'on disait, tout ce qu'on proposait. Mais c'est vrai que bah c'était pas le président encore qu'on avait rencontré comme comme c'était dit. Nous on s'était dit bon bah on verra ça se trouve en fait on va pas le rencontrer mais bon donc vous faites des interviews pour dire je suis contenté mais j'aurais bien rencontré le président et vous finissez par le rencontrer Emmanuel Macron.
Regardez. Bon les gars ça y est je suis avec le président de la République Emmanuel Macron. On s'est rencontré aujourd'hui pour échanger par rapport à la santé mentale des jeunes.
Bah oui, on a passé 1h et3 ensemble avec plusieurs autres associations professionnelles. On avance tout savoir notamment ce que vous n'avez jamais dit parce que on essaie de un peu des infos exclusives dans pour info. Donc dites-moi ce que vous n'avez pas encore dit de j'ai un peu déjà tout dit parce que du coup dès que j'étais sorti du rendez-vous, j'ai fait un débrief sur les réseaux en direct de ce qui s'était passé et bah non, c'était c'était intéressant comme rendez-vous.
Il y avait du coup moi, mon père, d'autres acteurs engagés pour la santé mentale des jeunes comme des professionnels de la santé, des associations et tout. Hm hm. Et donc on a parlé justement de santé mentale pendant 1 heure et demi et euh bah on a chacun présenté un peu ce qu'on faisait, nos idées, nos propositions et à la fin du rendez-vous, le président il a fait un peu un débrief euh bah de ce qui a été dit.
Du coup bah c'était un peu agir plus en sur la prévention, mieux coordonner les acteurs qui sont tous engagés pour la santé mentale des jeunes du coup et et mettre en lumière davantage les initiatives qui existent déjà pour la santé mentale des jeunes. C'est quoi votre combat principal ? truc vous les faire avancer parce qu'il y a plein de réunions, tout le monde en parle, soitisant des grandes priorités puis à la fait à la fin ça ne bouge pas.
C'est ce que vous racontez avec un grand talent sur les réseaux. Si vous deviez si vous aviez une mesure vraiment importante pour vous, c'est quoi ? Bah une mesure en vrai, on en a plein mais il y a un axe qu'on sur lequel on développe pas énormément de choses en France.
Enfin, c'est pas très français de faire ça, c'est la prévention. Tu sais, par exemple, je sais pas, pour le cancer des ponts à cause des clopes, ben on va se dire, on va rajouter des des médecins qui vont traiter les cancers. Mais en fait, on on n' pas cette approche de prévention vraiment euh pour faire en sorte que les gens aillent bien plus par rapport à la santé mentale du coup parce que tu sais les conditions d'hospitalisation aujourd'hui c'est catastrophique.
Il y a trop de monde en fait, il y a trop de demandes pour les psychologues, pour les psychiatres, pour les hospitalisations et tout. Et donc au lieu de se dire "OK, on va juste alors former des nouveaux médecins, on va rajouter des places à l'hôpital et tout, bah pourquoi on fait pas en sorte qu'il y ait moins de gens en fait qui ait besoin de de ces soins-là pour pour libérer de la place à ceux qui ont des pathologies qui sont pas évitables ? Et c'est un peu tout l'enjeu sur lequel on travaille nous, c'est vraiment développer un peu cette culture du bien-être.
J'ai remarqué que tu étais passé au tuto avant ce qui me plaît parce que je Non, il y a pas de pardon, c'est super, tant mieux. J'ai remarqué aussi que sur ton appli et dans ta fondation, tu essay de créer des safe space. Alors si tu le veux bien, on va créer ici de on va essayer ici de créer une safe space.
Je trouve qu'il y a beaucoup de lumière donc je vais te proposer qu'on baisse un peu les lumières. Allez voyons tout doucement. Voilà, c'est plus sympa non ?
Ça a baissé là. Regarde derrière nez en jaune ou c'est vrai j'avais pas vu un petit les lumières sont un petit peu t'amusé parce que si tu es d'accord j'aimerais qu'on parle de toi et de ce qui a fait aujourd'hui que tu avais un combat et que tu étais devenu un peu une porte-parole sur la question de la santé mentale auprès de la jeunesse. Je rappelle que tu as 18 ans et que tu parles comme si tu en avais beaucoup plus que tu parles comme une minist je trouve en terme d'élocution et je trouve que une ministre c'était un compliment je t'assure.
Ça m'intéresse que tu me parles de ta vie. Donc je l'ai dit au tout début pour te présenter. Au début tu es aux États-Unis.
Ouais. jusqu'à jusqu'à tes 11 ans. H tu arrives en France et l'arrivée en France est super violente.
Tu racontes ce que tu veux mais j'aimerais que tu nous racontes ce qui t''est arrivé. Bah ouais. Écoute, moi j'étais du coup à San Diego de mes 6 à 11 ans, j'ai vécu là-bas et bah déjà tu sais quand tu as 6 ans et que tu changes déjà de pays de continent même, c'est pas évident parce que tu dois te refaire tes amis et tout.
Et quand je suis arrivé là-bas, j'ai pris un peu de temps à me faire des potes. Surtout que en plus, j'avais sauté une classe, j'avais sauté le CE2. Donc ça a encore été un peu une brisure de liens sociaux.
C'està-dire le fait de sauter une classe plus regarder trouve avec les plus grands direct. Du coup bah tu es plus vraiment ami avec les gens de ta classe mais il faut que tu sois amis avec les plus vieux mais toi tu préfères les plus jeunes. Mais en fait tu parles beaucoup de solitude.
Tu dis qu'à la base il y a vraiment la plupart des mots sont liés à d'abord un truc de solitude. Tu très vite senti seul. C'est c'est se couper des des liens sociaux, je pense dès le départ en fait.
Et euh et du coup ben bref, aux États-Unis voilà, au fil du temps ça va, je m'en remets et tout, je me fais des potes, j'avais mes meilleures copines et puis à 11 ans bah je rentre en France du coup bah j'ai plus mes copines des États-Unis donc un peu relou et je vais dans une école américaine à Paris et là-bas bah je me sentais pas nécessement à ma place parce que dès le départ quand j'avais 11 ans parce que bah je sais pas, j'étais pas vraiment pote avec les gens de ma classe et puis tu sais c'est pas les mêmes mentalités hein même Si l'école où j'étais, c'était beaucoup de gens internationaux, d'expat et tout. Euh, c'était pas pareil que là-bas, qu'aux États-Unis. C'est tout un autre monde en vrai pour moi.
Et donc pendant un certain temps, j'avais pas trop de potes. J'étais souvent toute seule à l'école. Ça se passait pas mal mal mais ça se passait pas vraiment bien.
Et voilà, le début du collège, je suis pas ouf. Mais mais bon, tu as vécu vraiment des choses extrêmement traumatisantes qui ont qui ont abouti à quelque chose par dans quelques instants, une tentative de suicide. Qu'est-ce que tu veux nous dire de ce que tu as vécu ?
Tu as prononcé à un moment le mot de viol. Est-ce que tu veux nous raconter ? Alors ça ça c'était encore autre chose.
Mais si tu veux du coup quand j'étais à l'école, ce que je t'ai dit c'est que j'étais assez seule à la base et et quand j'avais quoi 12 ans, bah c'était pas dans le confinement tiens du Covid 2020. Et ben je commençais du coup à plus parler avec certaines personnes de ma classe notamment des garçons de de mon école et tout. À la base si tu veux, j'ai jamais été une fille populaire moi.
Genre, j'ai toujours été ce que tu es devenu aujourd'hui. Ouais, on si tu as 3 millions d'abonnés, on peut dire que tu es une populaire. Mais à l'époque, c'était vraiment pas ça.
Et c'était vraiment Moi, j'étais super triste he par rapport à ça parce que genre c'était un peu mon objectif de vie d'être la meuf cool, tu sais, à l'école et c'était pas du tout le cas. Je crois que beaucoup de gens sont comme ça. Ils ont Ouais.
Énormément au collège he surtout. Ouais, bien sûr, même après, hein. Le lycée encore.
Ouis. Et du coup, j'ai voulu m'intégrer un peu plus du coup pendant le confinement. Surtout que c'était plus simple, tu sais, c'était que par message et tout.
Donc pas besoin de voir les gens vra en 2020 exactement j'avais 12 ans à ce moment-là et donc je commence à parler avec un mec de ma classe qu'en plus moi j'avais un peu un crush sur lui. Je trouvais beau et tout. Bref, sauf qu'on parle, on parle, on parle et puis il me demande des nude et sauf que je dis bah bizarre un peu tu vois genre non.
Sauf qu'au fil du temps en gros il me disait que si je lui faisais pas bah et on arrêtait de se parler. Donc bah moi j'ai 12 ans, déjà j'ai pas d'amis. Je me dis bon c'est mon seule façon mon seul moyen d'être intégré, je vais le faire.
Donc je l'ai fait et sauf que bah quelques mois plus tard, ils ont tourné dans toute l'école. Wou la violence. Pas cool.
Pas cool du tout. Pas cool du tout. Vraiment pas sympa.
J'ai pas récible, faut le dire. C'est plus que pas cool. Ouais, c'est vraiment pas très pas bien de faire ça.
Pas du tout même. C'est ce qu'on appelle le revenge porn. Exactement.
Et ou ça a été ça a pas été facile he en vrai parce que à ce moment-là, moi j'en parlais pas vraiment de ça, même à mes parents et tout parce que bah tu sais, déjà je suis pas censée envoyer des photos comme ça donc la honte c'est ma faute genre tu sais on a tous été adolescents, on fait tous des bêtises. Mais bon, dans ma tête c'est ma faute que ça m'est arrivé vu que c'est moi qui a envoyé ces photos là. Du coup bah je me suis un peu retrouvé dans une galère. sans nom pendant bah c'était mon année 3e du coup h euh c'était après le confinement en septembre 2020 h et c'était très compliqué quoi.
Tu sais je recevais sur Insta des comptes anonymes que je connaissais pas des gens que je connaissais pas qui m' envoyé mes photos et je faisais ben comment ils savent comment ça s'est passé en fait j'ai pas compris et le mec il me disait mais non c'est pas moi. Bah allez bah oui tu tu les avais envoyé qu'une personne donc ça pouvait être que lui. Qu'est-ce que tu veux dire par galère sans nom ?
Bah c'est que tu sais euh tu vas à l'école, tu sais ce que tout le monde a vu de toi. Donc tu es pas bien tu es pas bien d'aller à l'école comme ça. Donc c'est de la honte, c'est un gros sentiment de culpabilité de comme si c'était ma faute.
H alors qu'au final bah c'est pas vraiment à moi, tu vois, d'avoir honte ou tu sais aujourd'hui que tu n'y absolument pour rien. Oui aujourd'hui aujourd'hui je l'ai je l'ai plus digéré. Tu as compris quand qu' était pour rien ?
Tu as mis combien de temps ? Ouais. Non, je l'ai compris un peu après quand même.
J'ai compris bien longtemps après et puis tu sais c'était beaucoup de moquerie à l'école, l'humiliation et tout. Enfin, tu as des exemples qui t'ont marqué ? Non, juste les gens qui qui me sortaient des phrases pas cool quoi dans les couloirs, trucs comme ça.
Bah, plein de choses en vrai, mais pas sympa. H Et euh et tu as surmonté ça mais avant tu as sur tu as aussi vécu un viol. Ouais.
Bon, ça c'est encore autre chose hein. Mais ça c'était vraiment pas cool. Mais c'était rien à voir avec l'école.
C'était un mec un un bâtard qui c'était le fils des amis de mes parents. Mais ça c'est h c'est encore une autre histoire, j'ai envie de te dire. Ça c'était encore moins cool en vrai.
Mais c'était concomitant, c'était au même moment que tu avais vécu tout ça. Ouais, c'était bah l'été 2020 donc j'ai eu un bon enchaînement. Ouais.
Ouais, j'ai eu un bon enchaînement de merde. Mais comment tuas comment tu as vécu ? Comment tu as réagi ?
Qu'est-ce que tu as fait ? Ah ben, j'étais pas bien juste. J'étais je pleuré puis j'ai commencé à me faire du mal et tout.
Enfin, c'était pas cool qualification. Ouais, mais après ça, je faisais depuis plus tôt mais enfin ça a été compliqué pour moi. Ça a été compliqué depuis un peu un peu avant même.
J' un peu fragile, tu vois, mentalement. Mais ça, bah forcément ça a pas aidé, ça a bien empiré la chose et ça a été encore plus compliqué de d'avancer après ça. Mais Et tu te sens seul ?
Ouais. Tu as 12 ans et demi, début 13 ans. C'est ça ?
Ouais. 13 ans. Et là, tu en viens à prendre des médicaments.
Ouais. Et tenté de te suicider. Super dramatique.
Mais ouais, une tentative de suicide. Ouais, c'est vrai. Ouais.
Ouais. À 13 ans, bah du coup, j'allais vraiment pas bien. J'étais vraiment au bout de ma vie.
Et euh en plus, j'avais perdu mes meilleurs ma meilleure amie et tout. Enfin, plus personne pour en parler autour de Franchement, j'étais j'étais au bout de ma vie. Tu pensais pas en parler à tes parents à l'époque ?
Non. Bah, j'avais un peu évoqué les sujets rapidement, tu vois. J'avais demandé à mes parents de voir un psi mais je voulais pas leur dire à eux.
En fait, j'avais raconté. chercher de l'aide auprès de d'autres pour raconter et le revenge porn et le vieux plus c des amis de de tes parents donc tu osais pas en parler à tes parents forcément c'était c'était compliqué et du coup bah j'ai tout gardé pour moi et puis c'était en mars 2021 du coup où c'était un peu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase une embrouille mais un truc rien à voir une embrouille avec ma mère mais moi ça m'avait fait beaucoup de mal mais c'était pas ça avait vraiment aucun rapport du coup du tout mais c'était un peu le truc de trop et et puis bah voilà j'ai pris des mo et et je suis allé à l'hôpital. Ouais.
Tu te souviens donc tu as pas perdu conscience ? Non. Et tu t'es dit quoi là ?
Parce que ton rebond il est ouf qu'près tu vas créer une fondation, une assaut aujourd'hui tu es tu es une des références sur la santé mentale. Raconte-moi le déclic du rebond. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Comment tu passes de il y a trop victime d'un viol de revenge porn de solitude d'extrême à je tu vas devenir la meuf que tu es aujourd'hui qui a 3 millions d'abonnés et qui a rencontré le président de la public sur la santé mentale. Il y a eu beaucoup de chemin entre ce moment-là et raconte-moi entre là et là qu'est-ce que je peux te raconter ? Bah écoute, si tu veux, euh à cette période-là, du coup, quand je commence à aller dans les hôpitaux et tout, euh bah c'est le chaos total pour moi, pour ma famille, pour tout le monde.
Donc euh enfin, personne s'y attendait en fait euh ce genre de chos euh personne pensait que ça arriverait, tu vois. Et puis ils sont un peu dit que ouais bon, une tentative, c'est un appel à l'aide. Sauf que bon, il y en a eu plusieurs qui ont suivi après.
C'està-dire ben de semaines 10 jours après, j'étais heureux à l'hôpital et puis après, tu sais, j'ai entamé un un parcours judiciaire pour les trucs que j'ai vécu du coup. Les viols. Ouais.
Tu veux pas qu'on emplace moi ? Peut-être quoi ? Tu veux pas que j'emplace moi ?
Euh, ouais, j'aime pas trop ce mot mais c'est OK. On parle plus, il y a pas de problème. Tu as porté plainte ?
Euh, j'ai pas porté plainte, c'est l'hôpital qui a fait un signalement. D'accord. Du coup, ça t'a aidé du coup parce que toi tu osais pas, tu tuis pas, tu c'est pas vraiment que j'osais pas, c'est que j'avais peur de pas vraiment être cru prise au sérieux et c'est un peu ce qui s'est passé.
Du coup, l'affaire, elle a été classée sans suite plus tard. Enfin, c'est un bordel la justice, franchement, c'est une horreur. Et euh parce que j'avais quand même beaucoup d'éléments de preuve et tout.
Franchement, même les policiers, il me disaient que il y avait de quoi faire et puis il y a eu plein de de phrases de de de questions, de trucs qui ont été posés par certains autres policiers policières qui étaient franchement hyper déplacés. Tuas pas tu te souviens d'un truc quand tu veux ? Non mais c'est des trucs comme quoi genre j'étais provocante tout ça alors que j'avais 13 ans ma star et lui il était majeur donc qu'est-ce que tu me racontes genre ?
Mais bon, OK, why not ? Et euh non, c'était c'était pas facile ça. Et je pense on minimise un peu ce parcours judiciaire aujourd'hui.
Euh tu as vu, tu as 13 ans, tu te retrouves au commissariat, pris des mineurs. Euh tu es tu es filmé, il y a quatre personnes dans la salle, elle te demande de de lui raconter un truc de ouf que tu viens de vivre alors que 4 jours avant tu étais à l'hôpital pour une tentative de suicide. Tu vois, c'est pas cool.
Pas très sympa. Faut aussi dire qu'il y a quand même aussi plein de policiers qui essayent de très bien faire leur métier. La justice aussi.
Ouais. euh plus tard, pas avant. Au début, j'avoue que j'ai eu que des mauvaises expériences perso.
Après, évidemment, et c'est comme dans tout, il y a il y a toujours ceux qui font mal un peu leur métier et qui savent pas s'y prendre et ceux qui font un travail exceptionnel. Bah il y en a bah comme dans tout quand tu vas à l'hôpital, quand tu vas je sais pas n'importe où en vrai, quand tu vas à la justice, quand tu vas faire quoi que ce soit dans chaque métier, il y a des gens qui qui font mal les choses et il y en a qui font par contre un super travail et il faut pas faire une généralité, c'est une évidence. On a parlé de la police de la justice.
Merci beaucoup pour ta confiance et pour tout ce dont tu te témoignes parce que je sais que c'est c'est délicat pour toi. Est-ce que tu as rencontré dans toutes tes rencontres politiques Michel Barnier ? Tu sais qui c'est ?
C'était un éphémère premier ministre et il disait ça sur la santé mentale. Et voilà pourquoi je pense que la santé mentale qui touche tant de gens et l'affaire de tous, nous ferons si vous voulez bien de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. Bon bah la grande centre cause nationale de l'année 2025 Michel Bier il est pas resté depuis il y a eu plusieurs premier ministres.
On est où la santé mentale là vu de ta fenêtre parce que tu suis de très près toutes ces questions là. On en est où ? On en est là, on a pas beaucoup avancé hein depuis depuis cette annonce.
En tout cas, niveau pouvoir public, il y a beaucoup de choses qui vont avancé plus du côté des associations, des entreprises et tout. Bah niveau gouvernement, bah il y a pas vraiment de gouvernement qui tient plus de quelques jours maintenant. Donc c'est sûr qu'il y a pas grand chose qui peut avancer.
Je pense que l'instabilité gouvernementale, ça fait partie des choses qui aggravent ou qui font que ça n'avance pas sur la santé mentale justement. C'est sûr parce que tu vois par exemple enfin je vais parler de nous avec ce qu'on fait mais c'est de même pour tous les autres acteurs sur la santé mentale des jeunes. C'est que tu vois on a rencontré Anne Gente qui était l'ancienne ministre de l'éducation, on a rencontré Gabriel Atal qui était ancien ministre de l'éducation, on a rencontré d'autres anciens ministres de l'éducation, on a rencontré Ellisabeth B mais je me rappelle même plus.
Mais en fait à chaque fois on les rencontre sauf qu'à chaque fois ils ressautent donc tu peux rien faire tu vois tu peux pas avancer avec des gens qui qui font qui font un stage en gouvernement quoi. Tu vois le ministre des stagiaires. C'est ce que tu viens de dire rester c'est limite ça.
Non mais pas de leur faute hein. Mais quand tu as rencontré le président quand même parce que il est président de la République ça va faire quasiment 10 ans qu'il est au pouvoir. Tu l'as senti sensible à cette question là ? tu as senti qu'il allait faire des réformes parce qu'il y a quand même, on veut pas dire que rien n' été fait quand même.
Il y a quelques moyens qui ont été donnés même dans l'éducation nationale, il y a eu des aggrades mais c'est hyper minime comparé à la situation de sa qu'il y a 30 % du budget du ministre de la jeunesse qui a été enlevé. C'est pas rien quand même hein là. Alors en partie parce queils voulaient aussi augmenter les armées et comme et comme comme le gouvernement est tombé, ils ont pas encore appliqué les budgets les budgets dont tu parles.
Mais c'est vrai c'est vrai qu'il y a il y a eu une diminution des moyens. Ouais, sur plein d'autres sujets et puis même ils avaient sorti un plan d'action euh sur pour la santé mentale, sur le plan psychique psychiatrique et bah tu demandes de la vie au professionnels, ils sont pas convaincus non plus parce que c'était que des choses bah pas très chiffrées, pas très enfin qui se mettent pas vraiment en place quoi. Donc c'est toujours comme ça en fait, c'est que tu vois ça fait quelques mois que ça fait 2 ans qu'on rencontre les les politiques et tout et bah tu vois au bout d'un moment c'est beaucoup de discours et très peu d'actions qui sont mises en place.
Donc c'est vrai que bah tu vois ça décourage un peu quoi. Tu te sens découragé toi ? Tu en as marre ?
Je me sens pas découragé. Moi, je suis plutôt optimiste comme meuf, mais je sens que bah voilà, faut mettre un peu la pression parce que sinon ça avance pas et il y a rien qui se passe. Tu vois, ce qui est intéressant aussi, c'est que tu reçois énormément de messages.
Donc, on en a beaucoup parlé pendant le confinement de la détresse absolue et de la grande solitude de beaucoup de jeunes, pas que des jeunes, mais aussi les jeunes. Comment tu sens aujourd'hui ? Est-ce que tu as, je sais pas, des trucs globaux qui se dégagent dans les centaines de messages que tu reçois, sur les DM Insta, sur l'application aussi Link ?
Comment qu'est-ce que tu ressens de de l'état mental de la jeunesse française ? Moi ce que je vois beaucoup c'est que il y a beaucoup de jeunes qui se sentent incompris, qui se sentent seuls, qui ont personne à qui parler de leurs problèmes. Tu sais par exemple, ils aiment bien critiquer les les adultes et tout le fait que les jeunes ils parlent à chat GPT de leurs problèmes.
Ouais. Très difficile. Ouais.
Ouais. Et je suis d'accord que il y a des choses que voilà, c'est pas forcément la meilleure chose à faire mais ça montre que en fait ils savent même pas à qui parler de leurs problème, qu'ils vont se tourner vers une intelligence artificielle, tu vois, pour se livrer et mais moi je l'ai fait plein de fois franchement pour te dire moi aussi ça m'arrive. Voilà.
Ouais, c'est vrai. Mais je te jure qu'en général c'est plutôt pertinent. Moi ce que je vois.
Ouais, c'est bien fait. Moi des fois je l'utilise un peu pour l'aide pour les messages, bien les tourner. Il y a pas que l'orthographe mais tu vois un peu sur les tons des trucs comme ça.
Tu les utilises pour quoi toi ? Ch pt pas. Ah moi j'utilise pour le travail mais là je te parle des jeunes qui utilisent pour se confier.
Oui mais pareil sur des mais non mais sur des messages privés j'ai pas mal de copains aussi qui qui envoient leurs messages. Elle m'a envoyé ça, qu'est-ce que en pensez et tout. Ouais.
Ou même ouais je me sens comme si je me sens seule, je me sens pas bien, qu'est-ce que je fais ? Et puis il donne des réponses, tu vois. Et puis je vois aussi ça beaucoup dans mes messages privés.
Moi euh il m'envoie "Ouais miel, bon alors écoute, j'ai vécu ça, ça" et puis là, ils me font un témoignage de cinq pages. Ils me disent "Bon, tu verras peut-être jamais ce message mais en fait je sais pas à qui en parler. Il y a que toi qui peut me comprendre." Donc on revient toujours à la question de la solitude.
Tout est lié à la solitude. Comment on peut faire pour que notamment ceux qui nous regardent se sentent moins seul ? Bah je pense que aujourd'hui tu vois, il y a un énorme fossé qui s'est créé entre les jeunes et les adultes.
OK. Donc la communication plus qu'avant tu penses ? Ça pe toujours jours un peu le cas peut-être pas.
Je me souviens notamment des slogans de M68 des grandes différences entre la jeunesse et les personnes plus âgées. Tu penses que là il y a il y a une cassure ? Je pense que je sais pas s'il y a plus qu'avant je t'avou j'étais pas né mais je pense qu'il y a quand même une grosse cassure aujourd'hui qui est piable.
Enfin c'est c'est énorme tu vois. Il y a un fossé gigantesque qui s'est créé avec l'arrivée du numérique notamment, avec l'arrivée de beaucoup de choses. Les jeunes et les adultes, ils se comprennent plus parce que on vit plus dans le même monde.
Tu vois, il y a beaucoup de parents qui comprennent pas que leur enfant bah à 22h 23h il est sur les réseaux ou qui lui fasse des FaceTime avec ses potes. Il y en a plein qui comprennent pas notre délire à être comme ça, tu vois. Ils nous disent que si on a mal au ventre, c'est à cause du téléphone et tout.
Enfin après, tu vois, c'est un petit exemple. Non, mais c'est très parlant comme exemple. la génération Z et même Alpha du coup.
Ah c'est quoi la génération Alpha ? Je c'est quoi ? C'est après 2010 je crois ou 2011.
Tu me la prends. Je savais pas. La génération Alpha.
Ouais. Et après maintenant il y a la génération beta je crois. Je connaissais la betta mais j'ai loupé l'alpha.
La beta c'est effectivement 2010 je crois je dis pas de bêtises. Non 2000. Bet c'est les plus récents.
Non je crois que betta c'est 2025. Non on demand on on demandera chat GPT. Ouais je sais plus.
Mais mon petit frère il a 9 ans. C'est génération Alpha lui je crois. Je vais revenir à ma terrible question du harcèlement et du suicide.
Est-ce que tu as suivi ce qui s'est passé à Sargomine ? Tu sais une jeune fille de 9 ans prénommé Sarah qui s'est pendu et un de ses camarades a témoigné. Vous la connaissais bien Sarah, elle se faisait harceler à chaque fois.
Moi je voulais l'aider. Ils ont dit des grosses, ça faisait du mal. Toi, tu as pas vécu de grossophobie, mais tu as vécu aussi du harcèlement qui t'a conduit à faire une tentative de suicide 4 ans après la petite Sarah qui a mis un séjour à 9 ans.
Toi, tu en avais 13 quand tu as essayé. J'aimerais que tu me dises ce que tu as ressenti quand tu es arrivé à l'hôpital, ce qu'il t'ont dit et surtout qu'est-ce que tu dirais à des jeunes qui t'écoutent ou à des parents un peu des qui savent qui ne sauraient pas quoi dire. Voilà.
Donc en partant de ton témoignage, de ton ce qui t'est arrivé toi à l'hôpital, qu'est-ce que tu as envie que les les gens qui nous regardent, qui regardent pour info se disent ? Bah écoute, moi des passages à l'hôpital, j'en ai fait pas mal hein. Donc combien ?
Je sais pas. Tu as pas compté ? J'en ai fait des trines, quarantaines he je pense.
Quarantaines ? Bah puisque j'ai fait beaucoup de passages aux urgences, hospitalisation et tout. Donc j'ai fait plein d'hôpitaux hein.
Fait le tour. Mais bon, c'est bien. Tu peux comparer un peu.
Tu as des hôpitaux à conseiller ? Le bilan. Ouais.
Non mais j'ai gardé en plus je plaisante mais c'est évidemment pas drôle. Oui non c'est vraiment pas drôle. Moi je peux en rire.
C'est moi qui l' vu. Tu peux moi je peux pas mais non j'ai gardé en plus tous les bracelets et tout d'hôpitaux. J'ai une boîte à souvenirs.
Ouais je sais pas j'ai m'a fait kiffer de garder tout ça. Mais bon raconte-moi toi ce que tu as ressenti. Qu'est-ce qui me manque à l'hôpital pour Ben si tu veux il y a il y a un gros problème de place he déjà.
Ouais. Moi la première fois que j'y suis allée et c'est ce que je disais dans la vidéo pour le président, c'est que je me suis retrouvée dans une chambre sans sans sans sans rien. Genre dans une chambre pour bébé où j'étais bah super mal accueilli.
Je devais rester 48 he en isolement et après être transféré. Au final, bah j'ai je suis resté 24 heures parce qu'ils avaient pas de place et c'était super compliqué. Et ce qui est malheureux, c'est que c'est pas ça.
C'est le manque de moyen à l'hôpital qui est qui est de plus en plus criant dans tous les rapports. C'est ça. Et ce qui est malheureux, c'est que c'est pas de la faute euh des soignants et tout parce que je t'is tombé sur un super soignant incroyable, un super psychiatre qu'est-ce qu'il disait ?
Tu te souviens des mots qu'il employé des Non, je t'avoue euh si tu en as fait 40 forcément ça se mélange un peu. Mais je me rappelle quand même qu'à chaque fois que je je retournais à l'hôpital, j'avais ce sentiment de ah [ __ ] plus jamais je vais y retourner genre parce que c'était tellement horrible l'hôpital. Et en vrai euh Mais tu retourné 40 fois beaucoup de fois mais parce qu'en fait il y avait tellement de moments où je me retrouvais en état de crise que mon père il pouvait pas me garder à la maison.
Il pouvait pas me garder sous sa responsabilité et se dire bah s'il m'arrivait un truc genre c'est sa faute tu vois. Donc tu souviens de ce que disait ton papa. Ça a dû être terrible l'idée de dû se sentir désemparé.
Si tu si tu allais 40 fois. Ouais. Quand il y avait un dialogue qui marchait pas, tu arrivais pas à utiliser des mots pour expliquer ce que tu ressentais.
C'est c'est je pense c'est plus profond que ça. C'est surtout que tu vois, j'étais quelqu'un qui avait beaucoup de variations d'humeur. Moi enfin maintenant ça va mieux mais pendant très longtemps c'était très up and down tu vois.
OK. Après être super heureuse et après être super énervé, c'était un peu compliqué. Est-ce que toi tu prenais des médicaments ?
Euh moi j'en ai pris ouais. Pendant pendant un petit temps. Tu prenais quoi ?
Je sais plus, des antidépresseurs, des régulateurs d'humeur. Ouais, ça marchait ? Non, enfin peut-être je sais pas.
OK. Je t'avoue, moi j'étais un peu dans le brouillard à cette période là, donc je sais pas trop. Tu avais l'impression que c'était ou à chaque fois ils sont plantés les médecins ?
Parce que j'avais Non, ça va. Ben moi j'ai j'ai rencontré justement juste après mon premier passage à l'hôpital le docteur Morin qui est du coup c'est condatrice de Link euh qui est génial aussi. C'est pas Chloé, j'ai plus son prénom.
Non Claire Claire pardon Chloé Morin c'est une économiste. Claire Mor Claire Morin. Claire Morin qui était une super psychiatre et qui est du coup celle qui gérait un peu tout ça psychiatre de ville.
Et non après les traitements Ouais c'est pas c'est pas la folie. J'en ai pris un certain temps. Mais qu'est-ce qui a fait la différence avec Claire ?
Pourquoi ça marchait avec elle là ou ça pas marché avec d'autres ? Qu'est-ce qui a fait la différence humainement ? Je pense qu'il y a des petits qui nous écoutent qui prennent des notes.
Non parce qu'elle était elle était chill. Elle était pas Tu vois bon il y a un truc que dont j'ai j'avais horreur, c'était les médecins qui étaient en retard. Ah ouais.
Aux heures de rendez-vous. Ça mais ça me rendait folle. C'est pas leur faute des moyens aussi.
Mais non mais ça me rendait ouf et en fait je venais à la consulte et bah je parlais pas. Ça m' J'étais saoulé. Ça y est juste parce que tu étais saé qu' arriv à la bour.
Mais bah déjà que je voulais pas y aller, tu vois. Si en plus c'était en retard et puis après quand elle me parlait si elle faisait des blancs et tout ça me rendait ouf. En fait, il y avait plein de petits trucs comme ça qui me rendaient hystérique et qui du coup faisait que quand j'arrivais en consulte, bah ça me saoulait.
Ça y est, j'ai plus envie. Et clair, qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle arrivé à l'heure ?
Ouais, elle était toujours à l'heure. Elle a parlé, elle a pas laissé des blancs gênants. Non, elle a pas laissé de blanc, elle était toujours à l'écoute.
Elle en avait toutes les couleurs aussi avec moi et mais toujours été là. OK. à 2h du matin, elle répondait euh quand il me fallait un truc pour parce que j'étais à l'hôpital mais qu'il me fallait un truc du ma psycade.
Ça veut dire quoi toutes les couleurs ? J'imagine qu'il y a beaucoup de noir dans tes couleurs, même si je sais que le noir n'est pas une couleur. Ouais et puis non, il y a plein de choses hein.
En vrai, elle a elle a vu plein de choses, elle a vu un peu toutes mes facettes mais bon. C'était quoi le ton plus haut et ton plus bas ? Parce que tu avais des moments dehorie où tu avais l'impression que tout allait bien et puis après ça allait plus du tout ou comment ça ?
Euh ouais, je sais pas, il y a eu un peu de tout hein. Moi j'ai beaucoup de moi si tu veux je suis quelqu'un qui vient un peu tout dans l'extrême. D'accord.
En général très intense. Ouais, je suis très intense. Et euh quand j'allais pas bien bah j'étais vraiment pas bien, tu vois.
J'étais vraiment au fond du rouleau, au bout du rouleau. C'est quoi pas bien ? C'est c'est pas bien.
Je sais pas c'est c'est c'était pas bien. Sur la santé mentale globalement des jeunes. Ce que j'aime beaucoup dans ton appli, c'est que il y a beaucoup de retours d'expérience. tu racontes, tu as des exemples, tu anonymises et il y a beaucoup d'exemples, enfin tuas tu as raconté qu'il y avait quand même des schémas qui se répétaient et notamment sur la solitude.
On y revient encore et toujours. Qu'est-ce que aujourd'hui tu dirais à euh une enfant de 13 ans qui se sent seul et qui hésite à télécharger Link par exemple ? Qu'est-ce que tu lui dis si elle nous regarde ?
Télécharge he et qu'est-ce qu'elle va trouver ? Ben non. Euh moi je dirais dans tous les cas ça lui fera pas de mal hein.
C'est Link, c'est un peu l'application que moi j'aurais aimé avoir euh quand j'avais 12 13 14 ans et c'est pour ça qu'on l'a fait. Euh c'est un endroit où elle peut c'est peut prendre soin d'elle. Et tu vois Link, c'est même pas une application qu'on a fait pour les jeunes qui vont mal, c'est un peu pour tous les jeunes.
C'est apprendre aux jeunes à prendre soin de leur santé mentale. Parce que quand tu as une bonne santé mentale et que tu en prends soin, bah tu as moins de chance que tu vois d'un jour à l'autre elle dérape et que ça se passe mal. Tu vois ce que je veux dire ?
Donc nous c'était vraiment tout l'objectif c'est que tu vois il y a un journal intime, tu peux raconter ta vie, tes journées, tes malheurs, tes bonheurs. Tu peux noter ton humeur et tout au quotidien et voir un peu l'évolution aussi, tu vois ? Genre bah je sais pas, tu peux noter ton sommeil et tu dis "Ah ouais pourquoi est-ce que là j'étais pas bien ?
Attends qu'est-ce s'est passé ?" Et tu essayes d'adapter et de mieux te connaître. En fait 300000 personnes l'ont téléchargé.
Ouais c'est pas mal. C'est énorme. Et tu veux développer à l'international ? raconte-moi.
Tu voulais faire une école de commerce et puis tu t'es dit en fait pas besoin. Bah non, en fait ça me saoule. J'aime pas l'école.
Ça me saoule. C'est vrai. Pourquoi tu aimes pas l'école ?
Parce que j'aime pas c'est pas trop mon délire, c'est trop trop théorique. Je suis plus dans la dans la pratique moi sur le terrain. La pratique c'est Link et donc tu veux te développer à l'international.
Ouais. de peut-être dans des projets plus futurs, hein, pas c'est pas pour demain, mais on essaie déjà de faire fonctionner ça et d'avoir vraiment un un produit qui fonctionne bien et qui et qui aide vraiment qui est vraiment utile déjà en France. Puis après, pourquoi pas pourquoi pas aider des jeunes du monde entier, hein.
Pour info, c'est le nom de cette émission. Je te remercie encore d'être la première invitée et on a une radio parce qu'on est à France info et j'aimerais qu'on écoute ensemble un petit reportage. Qui a TikTok ?
Pas moi. Tu as quel âge ? J'ai 10 ans.
C'est pas interdit au moins de 13 ans TikTok ? Si. Mais est-ce que tu comprends que les adultes il s'inquiète un petit peu de votre utilisation des réseaux sociaux ?
Bah en soit moi je comprends. Il y a des bonnes choses comme il y a des mauvaises choses mais aussi d'un côté je comprends pas parce que sans on n'est pas vraiment connecté. Qu'est-ce que ça t'inspire ?
C'est vrai qu'il y a la théorie, il y a la théorie et la pratique sur les réseaux sociaux et il y a beaucoup beaucoup d'enfants de moins de 13 ans sur TikTok. Je sais que il y a 67 % des lu 10 ans qui sont déjà sur les réseaux hein d' pas ces statistiqu 67 % des lu 10 ans ouais qui sont sur les réseaux ça fait un un bon nombre de jeunes he mais pardon c'est la c'est la réalité des choses he ils y sont maintenant ça fait partie de la vie des jeunes et tu sais tous ces discours de l'interdiction des réseaux moins de 15 ans et tout ouais alors ça quand tu dis tous ces discours, il y a le prévient dans la publicque notamment il voudrait l'interdire justement pour toi c'est tu t'es déjà opposé publiquement c'est pas une bonne idée au C'est euh on dit que en gros dans les discours si je wipine un peu ce qui est dit alors attends faut sous-titrer. Wepin ça veut dire si on remixe un peu, on remélange tu vois, on fait cours.
Vas-y, on va wipiner. Si on wipine un peu tout ce qui est dit c'est que euh en gros les réseaux sociaux c'est un peu fléo de la génération Z genre c'est le mal, c'est ça qui c'est un peu de la faute de ça que les jeunes ne vont pas bien et tout tu vois. Et je pense que l'interdiction c'est un peu mettre la poussière sous le tapis.
C'est trop facile de se dire on est interdit. Bah c'est bon, on a réglé le problème, tu vois, parce que c'est un peu ça qui va se passer. OK, je t'entends.
Mais quand même, il y a de la pornographie, il y a des meurtres, il y a des trucs ou sur internet aussi. Mais comment tu fais du coup ? Faut quand même contrôler un minimum.
Mais je suis d'accord mais en fait y a il y a deux aspects, je pense quand on parle de réseaux sociaux et de jeûes, c'est l'interdiction, ça marchera pas. Tu mets un VPN, c'est bon, c'est fini. D'ailleurs, ça ne marche pas.
Oui, les jeunes, ils sont pas ils sont pas tebés, tu vois. Ils savent mieux utiliser internet que nous. Donc enfin, tu te mets encore dans tu as 18 ans rassurant, tu te mets encore dans les jeunes.
Oui. Sinon, je suis pas Mais nous, on est persuadé qu'il faut éduquer les jeunes à l'usage du numérique en général, mais aussi donner les clés aux parents, tu vois, parce qu'il y a beaucoup de parents qui sont un peu à l'ouest sur comment ça fonctionne tout ça et c'est normal parce que c'est pas de leur génération non plus. Euh, il faut mieux éduquer les jeunes aux usages et il faut aussi modérer certaines choses sur les réseaux.
Il y a des choses qui sont inacceptables. Qu'est-ce qui t'a le plus choqué par exemple ? Bah si tu veux, il y a un truc qui est horrible et ça c'est sur quasiment tous les réseaux sociaux, les algorithmes toxiques.
Tu vois, tu es sur TikTok et bah euh tu vas commencer à scroller et puis tu vas voir une vidéo d'une fille qui va pas bien et puis tu vas regarder la vidéo parce que toi aussi tu es pas très bien mais ça va et puis TikTok, il va te pousser plein d'autres vidéos de gens qui vont pas bien et en boucle et en boucle et en boucle et en fait bah forcément tu te mets dans un truc où tu vas pas bien aussi à cause de tout ce que tu vois et il y a des choses qui sont pas oufes sur les réseaux. Il y a des gens qui partagent des façons de se faire du mal des façons suicider tu sais. Enfin, je sais pas, tu as vu Skin Talk, c'est toutes les filles qui romantisent un peu Ouais, c'est c'est un peu tout ce toute cette trend où on romantise un peu les troubles du comportement alimentaire, où on dit comment perdre 10 kg en 2 semaines, tu vois, c'est un peu ces trucs là.
Ça t''est arrivé toi de voir des vidéos où tu as senti que tu étais un peu tenté par une forme de romantisation ? Comment tu gères ça toi ? Bah moi c'est bon, je swipe maintenant.
Je swipe, je m pas intéressé, ça me saoule. Ça s'appelle les sociologues, ils appellent ça aussi des bulles cognitives. C'estàdire qu' il tu t'enfonces dans des les algorithmes ne montrent que ce qui t'intéresse et du coup c'est des sacs vertux quand tu aimes.
Je sais pas les aiges ou la montagne ou les marmottes ou les lapins mais quand tu vas mal tu vas forcément de plus en plus mal. très marqué à nation il y avait un rapport sur TikTok justement il y avait un papa qui m'avait raconté que sa fille Pauline s'était pendue comme la petite Sarah un peu plus âgée et quand il avait ouvert son ordinateur quand il avait ouvert les applications, quand il avait eu les codes, il avait vu qu'il y avait que des contenus et qu'elle avait appris sur TikTok. Comment se pendre ?
Ouais. Non mais c'est horrible he mais c'est justement ce que ce que je te dis c'est qu'il y a une énorme modération des algorithmes à faire parce qu'ils peuvent être super super vicieux. Tu vois quand tu cherches sur TikTok ou Insta ou peu importe comment perdre 10 kg en une semaine, bah ça devrait pas te dire comment perdre 10 kg en une semaine.
Toi je rappelle que tu as quand même 2 millions sur Insta, 800000 sur TikTok, 200000 sur Snapchat, 2 millions sur TikTok, 800. Bref, on va dire tu as 3 million d'abonnés. Tu te vis comment ?
Tu te vis justement comme une porte-parole ? J'ai remarqué tes contenus sont souvent lumineux. Tu es très souriante, tu danses, tu te vis quoi ?
Comme un espèce de phare, même quand tu vas pas bien, tu te forces à être souriante ou comment tu comment tu ? Non, pas du tout. Moi, je suis un peu full naturel sur mes vidéos.
Si j'ai envie d'en faire ou je souris, je souris. Et si et si je suis pas bien et j'ai envie d'être blasé sur ma vidéo, je suis blasé sur ma vidéo. Je m'en fous un peu.
Mais ouais, pour moi, c'est du kiff he les réseaux. Enfin, c'est pas c'est vraiment un truc de passion que je fais depuis que je suis toute petite, depuis que j'ai 10 ans, tu vois. Moi aussi je faisais partie des 67 %.
Des 8 10 ans. Bon, ça existait pas à mon époque parce que je suis né bien avant toi. Euh, à ce propos, je vais te poser une question de vieux.
Euh, il y a beaucoup de personnes âgées de mon espèce qui se disent quand même les petits jeunes, ils sont vachement narcissiques. Je prends une voix de yeux, ils posent beaucoup de selfies. Il a une forme de narcissisation dans permanence se mettre en scène et parler de soi.
Je parle pas que pour toi, je parle de façon générale. Qu'est-ce que tu réponds à cette critique ? Bah, je sais pas si c'est pas trop une critique, hein.
Il y a il y a rien de mal hein. Et puis les gens, ils confondent souvent le narcissisme et la confiance en soi. Donc c'est intéressant ça.
Ouais. Donc je pense je pense pas qu'il y ait trop trop de mal à ça à se mettre en avant tout le temps sur les réseaux. C'est un peu le principe d'avoir un compte de soi, tu vois.
Sinon, tu fais un compte de quelque chose ou d'autre chose. Mais non, il y a pas de mal. Après, ça devient un peu relou pour les utilisateurs et pour les gens qui regardent.
Quand tu sais, tu vas te mettre vraiment en valeur sur toutes tes photos et ça va vraiment être du truc où tu photoshopes, où tu retouches ton visage. Ouais, c'est totalement fake ça. C'est ça.
Ça c'est problématique pour les jeunes qui regardent, tu vois. Après si la meuf ça fait de sentir bien, bah elle est voilà c'est toi. Est-ce que ça te fait sentir bien ?
De quoi ? Ça de poster sur les réseaux. Ouais.
Ouais, j'aime bien. Est-ce que tu te vois comme une guide ? Est-ce que tu essayes de mettre en garde ?
Est-ce que tu as un message à faire passer là ? Là par exemple ou de façon générale ? De façon générale, j'essaie d'apprendre de de dire aux jeunes que déjà quand on travaille dans des périodes difficiles, on peut toujours s'en sortir.
Euh puisqu'on a souvent tendance à à se dire que c'est la fin, que c'est trop dur, qu'on va jamais s'en sortir, que voilà genre tu vois, c'est une montagne colossale devant nous et qu'on pourra pas la gravir quoi. Et en fait, faut jamais perdre espoir dans ces moments-là. Moi, c'est vraiment les messages que j'essaie de faire passer, c'est qu'on peut toujours s'en sortir.
On peut toujours s'en sortir. Si moi j'ai réussi à m'en sortir, il y a aucune raison quelqu'un d'autre n'arrive pas à s'en sortir, tu vois. Et je pars de loin.
Et heureusement que tous les jeunes ne partent pas du point d'où je suis partie et qu'il y en a c'est des trucs plus légers mais qui sont quand même pas minimisés, tu vois. Et c'est vraiment ça, c'est de l'espoir qu'il faut faire passer. Tu as un message qui t'a particulièrement marqué.
On arrive à la fin de cet entretien. Mais cet entretien, cette rencontre, c'est un mot de vie. Tu dirais ça comment ? cette vidéo, c'est une première, je me cherche.
Dis-moi cette vidéo de ce moment euh est-ce qu'il y a un message qui t'a particulièrement marqué ? Je sais que tu en reçois pas des dizaines ou des centaines, tu reçois des milliers en tout. H il y en a un Ouais.
Qui genre quand j'ai on a lu ça waouh genre dinguerie. Euh il y a une fille il y a quelques mois qui nous a envoyé un message par rapport à Link qui nous a dit qu'elle avait fait une tentative de suicide. OK. au médicament ou je sais plus quoi et elle était vraiment pas bien.
Et puis elle a ouvert l'application, elle est allé elle est allée sur le kit de secours parce qu'en gros il y a un kit de secours du coup euh avec les numéros d'urgence, les numéros tu vois 31 14 prévention sucide 38 pour le harcèlement. Donc là tu réorientes, c'est pas le link mais tu réorientes vers les services de l'État qui existent et qu'on rappelle que tu viens de faire 31 1418. Ouais. et le 112 et en fait il nous envoie un ma c'est ça nous envoie un mail pour nous dire bah merci en fait parce que j'ai ouvert Link et j'ai appelé le 112 grâce à l'application et si je les avais pas appelé bah je serai sûrement plus là et que maintenant elle allait un peu mieux et tout et n remassier pour ça et je me suis dit waouh genre tu as sauvé une vie en fait genre ouais genre ça se trouve on a vraiment sauvé une vie et je me dis waouh c'est c'est un truc de ouf tu vois je sais pas d'avoir que on peut avoir cet impact là sur la vie tu vois de jeune genre c'est un truc de ouf Je trouve Et comment tu vois ton avenir ?
Mon avenir ? H je sais pas, on verra euh je le vois bien. Je pense ça va bien se passer à mon avenir.
J'ai pas j'ai pas trop d'inquiétude. J'espère juste que je ferai un truc qui me rendra toujours heureuse et que je kifferai faire tout ce que je fais comme aujourd'hui. He moi je kiffe je kiffe ce que je fais avec Link et tout.
Donc tu as kiffé ? Donc c'est cool. Et tu as kiffé ce moment ?
Ouais ouais c'était sympa. Ça va ça va tranquille tranquille. Ouais.
Bon ben merci beaucoup. tu recommanderas, tu me ramèneras des gens, tu leur diras de venir dans pour info. Allez, merci beaucoup mi la beatbo rappelle que donc vous pouvez vous abonner à tous ses comptes et qu'elle est très abonné.
Vous pouvez aussi télécharger son application Link. C'était vraiment un bonheur de te recevoir. Je te remercie pour ta confiance parce que je sais que c'est un sujet sensible, tu nous as fait confiance.
Donc vraiment, je t' cétait bien. Moi j'ai toi tu as aimé ? C'est parfait.
Merci à tous et on vous donne rendez-vous très vite pour un autre entretien d'entour.
Emmanuel Macron